Bonjour tout le monde ! :)

Le chapitre 10 est là ! Je ne sais pas quand arrivera le chapitre suivant, je ne vous cache pas que j'ai recommencé l'écriture de Monstrueusement humain en parallèle et que je songe potentiellement à un autre projet, ce qui va peut-être ralentir les mises à jour par ici. De toutes façons vous pouvez suivre tout ça sur mon profil si ça vous intéresse :)

JudyOswald merci pour ta gentillesse ! :) Le cambriolage ça a été, je me console en me disant que ce n'est que du matériel; l'essentiel c'est que tout le monde aille bien. Je suis aussi contente de pouvoir avancer dans la fic et enfin placer des échanges entre Dubois et Malia, il était temps ! Les chapitres sont courts, je sais bien.. C'était un choix au départ, pour faire des mises à jour régulières et avoir une histoire légère, mais c'est aussi un peu handicapant parfois :) J'étais plus à l'aise sur ma fanfiction Fred x OC où les chapitres étaient en moyenne 2 fois plus longs. Je te remercie pour ton avis en tout cas :) Ca me motive ! J'espère que cette suite te plaira.

Bonne lecture !


CHAPITRE 10 : LA PROVOCATION

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Malia laissa sa cape dans l'entrée et ajusta sa tenue avant de pénétrer dans le salon de la demeure familiale des Flint. Le reste de la famille était déjà présent : Marcus, leur mère et leur père. Ils étaient tous les trois en pleine discussion à propos des derniers résultats du championnat de Quidditch. Mr Lloyd Flint était un homme chaleureux et plein d'entrain, alors que Mrs Cora Flint était plutôt froide et réservée. Néanmoins ils partageaient un amour commun pour le Quidditch qui les avait rapproché. Cet amour avait naturellement été transmis aux enfants.

- Malia, ma chérie, comment vas-tu ?

Lloyd se rapprocha de sa fille pour la serrer dans une étreinte paternelle à couper souffle. Cora, qui avait gardé de son éducation d'enfance un penchant pour la politesse française, fit une bise à Malia en guise de salutation.

- Alors comment se passe ton reportage ? Marcus nous a dit que tu travaillais à Flaquemare mais il a été avare de détails.

- Je ne voulais pas enlever à Malia la joie de tout vous raconter, répondit Marcus en enroulant son bras autour des épaules de sa soeur.

Malia se dégagea d'un pas sur le côté. Elle adorait son frère plus que tout mais refusait de lui montrer ouvertement par des étreintes affectives.

- J'ai fait deux interviews aujourd'hui ! Celles des batteurs de l'équipe de réserve, ce n'est pas le plus intéressant mais...

Elle se lança dans le récit de ses deux interviews. La fatigue avait quelque peu fané son entrain en sortant du club quelques heures plus tôt, mais l'échange avec Mr Craft l'avait revigoré et l'intérêt que portait toute sa famille à ce qu'elle disait était grisant. Il était tard et l'heure du dîner était dépassé depuis longtemps mais ils l'écoutèrent tous attentivement, partageant sa joie et sa bonne humeur. Les Flint n'étaient pas juste des amoureux du Quidditch, ils formaient tous les quatre une famille aimante et très soudée. Marcus se réjouissait autant ses succès de sa soeur que Malia se réjouissait des siens, et il en était de même pour les parents.

Après avoir expliqué de long en large les interviews qu'elle avait mené, Malia se retrouva essoufflée. Elle prit le verre que lui tendait son frère, et grimaça en constatant qu'il s'agissait d'alcool, ce qui ne l'empêcha pas de boire.

Profitant d'une petite pause dans ce récit bien fourni, la petite famille se dirigea vers la table à manger pour leur dîner de famille.

- Des détails croustillants à nous donner ? Demanda Lloyd en relançant le sujet quelques instants plus tard.

De toute la famille, c'était le plus férus de potins en matière de Quidditch. Il avait une mémoire incroyable en la matière, capable de se souvenir que Fred Ford et Grace Osborn avaient eu une liaison en 1978 alors que Fred était déjà mariée à une moldue. Cora se moquait très souvent de lui à ce sujet, le qualifiant de mine d'or des informations superficielles et inutiles en matière de Quidditch. Elle-même était plutôt incollable sur les résultats internationaux, et c'était d'elle que Malia tenait son intérêt pour le Quidditch international. Marcus était plutôt branché championnat national et c'était pour ça qu'il n'essayait pas de rejoindre l'équipe de Quidditch d'Angleterre (même si Malia était convaincue qu'il avait assez de talent pour ça).

Après une réflexion de quelques instants à la question de son père, Malia se mit à rougir.

- Je ne peux rien dire pour le moment, répondit-elle gênée.

La relation entre Martinez et Dubois était le genre d'information que son père aurait aimé connaître et Malia était peine de rien lui dire - mais elle ne pouvait prendre aucun risque ! Elle faisait confiance à sa famille pour garder ses secrets mais elle connaissait assez Marcus pour savoir que sa haine envers Dubois l'aveuglait tellement qu'il était capable de faire une gaffe. Malia n'était pas prête à prendre ce genre de risque, surtout pas maintenant que sa carrière commençait vraiment !

- Oh, répondit Lloyd avec déception.

Il n'insista pas mais Malia capta le regard désapprobateur de Marcus.

- J'espère que tu ne fraternises pas avec Dubois.

Malia eut un petit rire.

- Aucun risque.

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C'était le jour le plus important de la semaine et Malia était en retard. Mentalement elle insulta Marcus de tous les noms alors qu'elle enfilait ses vêtements de la veille et avalait un thé pour se donner des forces. Sans qu'elle s'en rende vraiment compte, Marcus lui avait servi de l'alcool toute la soirée et elle avait terminé le dîner de famille dans un état second. Son sommeil avait été à la fois profond et troublé et elle avait bêtement éteint son réveil d'agacement. Maintenant elle se maudissait ainsi que tous les Flint existants (mais surtout Marcus pour ne pas comprendre que tout le monde ne supportait pas l'alcool aussi bien que lui).

Il était neuf heures et vingt minutes; l'interview de Thomas Darcy avait déjà commencé !

Mais quand elle arriva devant le centre d'entraînement de Flaquemare, elle eut la surprise de voir Thomas Darcy lui-même ! Il aurait dû être en interview avec Hans depuis vingt minutes déjà !

- Hé, Flint. Dur le réveil ? Demanda t-il avec un sourire moqueur lorsqu'elle s'approcha.

Ses vêtements de la veille et ses cheveux attachés en queue-de-cheval étaient des indices suffisant pour comprendre qu'elle s'était réveillée dans la précipitation. Malia sentit son coeur se serrer d'appréhension, craignant un instant d'avoir tout gâché. C'était le jour le plus important, et elle donnait l'impression d'avoir fait la fête toute la nuit (ce qui était loin d'être le cas). Elle n'avait aucune chance d'être prise au sérieux si elle faisait des erreurs aussi grossières. Heureusement elle n'était pas du genre à se laisser abattre.

- Un peu, admit-elle à contre-coeur. Mais tu es en retard toi aussi.

Il haussa les épaules d'indifférence.

- C'est ma technique secrète pour me faire désirer.

Ils se dirigèrent ensemble vers le centre. Malia regretta de ne pas avoir pris cinq minutes supplémentaires pour se rendre plus présentable. Quitte à être en retard... Mais il était trop tard pour faire demi-tour et elle allait devoir assumer son apparence négligée toute la journée. Elle espérait que Hans ne lui en tiendrait pas trop rigueur.

- En parlant de se faire désirer, que dirais-tu d'aller boire un verre ce soir ?

Malia se mit à rougir, un peu prise de court par cette question soudaine. Elle savait que Thomas Darcy flirtait avec elle mais elle n'imaginait pas qu'il irait jusqu'à la proposition directe aussi rapidement. Elle n'avait pas particulièrement envie d'avoir rendez-vous avec lui; il ne l'intéressait pas dans ce sens là. Elle le trouvait agréable et elle savait qu'ils s'entendraient bien, mais Thomas Darcy était un trop grand séducteur pour lui plaire de manière romantique.

- Ma technique secrète pour me faire désirer c'est ne pas dire oui toute de suite, répondit-elle évasivement.

Ce n'était pas un refus clair et net, plutôt une invitation à retenter la proposition ultérieurement. Malia savait que ce n'était pas très honnête de sa part mais elle avait trop besoin de la sympathie de Thomas pour s'en passer. Il était le seul qui lui parlait ouvertement et - qui sait - peut-être qu'il pourrait lui donner des informations importantes le moment venu. Elle devait conserver sa sympathie. Son manque d'honnêteté la troubla légèrement, mais elle savait qu'il fallait parfois utiliser des moyens moralement peu acceptables pour arriver à ses fins. Elle avait fini par se faire à l'idée ces derniers jours, ravivant la flamme des Serpentards qui sommeillait en elle.

- C'est noté, répondit Thomas.

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Hans n'avait rien dit quand Malia et Thomas étaient arrivés (malgré le retard) mais la jeune journaliste avait capté un regard curieux et franchement désapprobateur à son encontre. Une minute de réflexion lui avait fait prendre conscience de ce que donnait la scène d'un point de vue extérieur : Thomas et elle arrivaient en même temps, alors qu'elle portait toujours ses vêtements de la veille. Hans s'imaginait sans doute qu'ils avaient passé la soirée ensemble et Malia tenta de lui faire comprendre que non d'un regard, mais son collègue refusait de la regarder.

L'interview commença et Malia se lança dans la prise de notes, un peu gênée par ce que Hans pouvait s'imaginer sur elle.

- Et quels rapports entretenez-vous avec vos coéquipiers ? Demanda Hans après plusieurs questions sur le jeu technique de Thomas.

Le poursuiveur se cala un peu plus sur le dossier de sa chaise, visiblement content de passer à des questions plus légères. Malia avait noté qu'il n'était pas très à l'aise sur les questions techniques et elle était convaincue qu'il manquait de connaissances à ce sujet. Visiblement le club de Flaquemare souffrait d'une faiblesse à ce sujet; Malia était convaincu qu'un bon joueur dans une équipe devait connaître un minimum de technique. Dubois prenait tant de place dans la construction d'une stratégie de jeu que ses coéquipiers n'avaient sans doute pas l'occasion de s'y intéresser.

- Oh, de très bons rapports.

- Vous pouvez explicitez ?

Thomas sembla gêné et Malia comprenait d'où venait le problème : Mrs Zelda leur avait demandé de ne pas fouiller dans la vie intime des joueurs et Hans jouait avec le feu avec sa question. Les rapports entre joueurs étaient complexes, et relevaient aussi bien de la vie professionnelle que de la vie privée. Mrs Zelda avait dû demander à ses joueurs de ne pas parler de leurs vies hors du terrain, ce qui expliquait le malaise de Thomas. Néanmoins il sembla se décider - sans doute qu'il n'avait rien à cacher.

- Ginger est ma colocataire, on s'entend extrêmement bien. Patty est un ami de l'extérieur également. On est une équipe très soudée et on ne se voit pas qu'aux entraînements et aux matchs, on partage aussi des moments à l'extérieur.

- Ca doit créer des liens particuliers, n'est-ce pas ? Ca n'a jamais de répercussion sur l'ambiance d'équipe ?

Malia comprit où Hans voulait en venir. Il ne voulait pas parler directement de Dubois et de Martinez mais il essayait de poser quelques questions qui amenaient à ce sujet - une façon de se renseigner tout en subtilité.

- Non, jamais. Nous sommes une équipe soudée, répondit Thomas.

Mais sa réponse sonnait un peu creuse, comme un discours appris à l'avance.

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Thomas Darcy avait laissé sa place à Patty Whitacker pour la suite des interviews, puis à Sophie. La matinée s'était terminée après ces trois interviews (ce qui donnait un total de quatre réalisées, sur les sept à faire, puisqu'ils avaient déjà fait l'interview de Ginger). Le planning de Malia et Hans prévoyait une pause déjeuner et la jeune journaliste avait manifesté son souhait de rentrer. Elle avait expliqué à Hans que sa tenue débraillée était dû à un repas de famille (elle avait dû insister car Hans avait un air dubitatif) et avait été très heureuse de pouvoir aller se changer. Une bonne douche, un repas et une nouvelle tenue plus tard, elle était de retour au centre d'entraînement d'excellente humeur.

Hans, lui, affichait un air sombre.

- Mrs Zelda veut me voir dans son bureau avant les nouvelles interviews.

Il n'était pas difficile de comprendre pourquoi la coach de l'équipe voulait s'entretenir avec lui. Malia était un peu agacée d'être laissée de côté pour ces échanges-ci (comme si elle était une simple assistante et pas une journaliste à part entière) mais pas peinée d'éviter de faire face à une Mrs Zelda agitée. La coach avait dû avoir un compte-rendu des interviews du matin et était sûrement peu ravie de savoir que Hans posait des questions à la limite de la vie privée.

- Pas de problème, on se rejoint tout à l'heure. La prochaine interview n'est qu'à quinze heures, répondit Malia.

Ils avaient prévu de s'entretenir ensemble pour faire le point de la matinée et préparer l'après-midi d'interviews mais ce n'était pas réellement indispensable ; ils feraient une impasse sur cette étape.

Hans s'éloigna et Malia décida d'aller l'attendre dans la salle réservée à la presse, avant qu'une vision sur le terrain de Quidditch ne la fasse changer d'avis.

Quelqu'un s'entraînait sur balai - alors même que ce devait être le jour de repos. Et ce quelqu'un était forcément Olivier Dubois. Lui seul était assez zélé pour pousser l'effort aussi loin.

Malia savait que ses échanges avec Dubois ne mèneraient sûrement nul part, mais essayer de l'amadouer ne lui coûtait pas grand chose (d'autant qu'elle n'avait rien de mieux à faire). C'est donc déterminée à en savoir plus, mais sans espoir particulier, qu'elle se dirigea vers le terrain de Quidditch par une des portes vitrées (elle arrivait à les repérer facilement maintenant, et il y en avait absolument partout).

Alors qu'elle entrait sur le terrain, Dubois descendit vers le sol. Elle pensa un instant qu'il faisait un effort pour elle, mais c'était trop demander ; il se contenta de se diriger vers la caisse contenant les accessoires de matchs, visiblement décidé à utiliser une autre balle que le Souaffle (le vif d'or était pratique pour s'entraîner à la rapidité, et les cognards servaient à l'agilité donc les joueurs s'entraînait avec toutes les belles).

- Hé salut, dit-elle en approchant.

Il se retourna vers elle, comme si il venait de la remarquer, alors qu'un joueur de Quidditch professionnel ne pouvait pas ne pas l'avoir vue.

- Oui, Flint ? Demanda t-il sur la défensive sans la saluer.

Elle se rapprocha de lui, bien consciente toutefois que sa présence n'était pas désirée. Mais c'était presque le prix de consolation : à défaut de pouvoir recueillir quelques confidences de Dubois, elle pouvait au moins s'amuser un peu à l'agacer.

- Personne ne t'as jamais dit que le jour de repos était essentiel ? Tu risques de te blesser, fit remarquer Malia.

Elle n'essayait pas de faire sa miss-je-sais-tout mais c'était plus fort qu'elle... Elle avait toujours un avis sur tout dès qu'il s'agissait de Quidditch et ne ratait jamais une occasion de l'exprimer. Dans sa jeunesse, Marcus et elle s'étaient beaucoup disputés à cause de ça mais elle n'avait pas changé de comportement pour autant.

Dubois se détourna de sa caisse pour la regarder, visiblement agacé : ses sourcils étaient froncés. Malia réalisa son impair - un peu tard. Elle venait encore de critiquer sa façon de faire.

- Je sais ce que je fais, merci. Tu as d'autres conseils à donner sur mon équipe et ma façon de gérer les choses ?

Il la provoquait et il attendait sûrement le moindre prétexte pour se montrer franchement désagréable avec elle. Malia aurait pu répondre à la provocation et se lancer dans une joute verbale avec lui - c'était probablement ce qu'elle aurait fait à une époque et dans un autre contexte - mais elle refusait de se laisser aller à la colère et à la frustration. Sa détermination était sans faille et sa volonté sans souplesse : elle était décidée à se montrer sympathique et elle s'y tiendrait. Alors elle haussa les épaules et se força à sourire d'un air insouciant.

- Non tu te débrouilles bien, répondit-elle.

Dubois sembla complètement pris au dépourvu.

Il l'observa, d'un regard scrutateur mais un peu perdu.

- Mais qu'est-ce que tu me veux ?

Son ton était un peu agressif mais surtout désabusé. Il ne croyait pas à sa sympathie naturelle. Rien d'étonnant : Dubois et Flint n'étaient pas fait pour s'entendre.

Mais Malia était plus maline.

- Rien, j'attends Hans.

Cette fois-ci, Dubois perdit patience. Il se retourna vers sa malle d'accessoire, comme si il voulait l'ignorer, mais lâcha finalement :

- Et ça te semble être une bonne idée d'attendre ici ?

- Tu ne peux pas être un peu plus poli, Dubois ? Répondit Malia, finalement prise au piège de l'agacement elle aussi.

Pour qui se prenait-il à se montrer aussi franchement impoli ? Elle n'avait rien fait pour mériter tant de mépris. Certes, il y avait eu quelques remarques maladroites mais elle savait que ce n'était pas la raison de cet agacement de Dubois envers elle. Il l'avait détesté à l'instant où il avait su son nom. Elle ne ressemblait pas à son frère mais il devait penser à lui dès qu'il la regardait. Et si i il y avait bien une chose que Malia détestait, c'était être éternellement cachée derrière son frère.

Dubois lui jeta un regard méchant.

- Pas avec toi, Flint.

Ils se fusillèrent du regard.

- Je ne suis pas mon frère, dit-elle finalement.

Dubois ricana, sans jamais la regarder. Malia observait son profil figé, ses sourcils froncés, sa mâchoire tendue et sa peau qui luisait de sueur. Elle se calma aussi rapidement qu'elle s'était agacée ; elle avait toujours été très sanguine dans ses émotions, capable de passer d'un extrême à l'autre en quelques secondes.

- Ca doit être de famille alors, ce don de m'agacer...

- C'est ce qui fait notre charme.

Ils se dévisagèrent le temps d'une seconde, juste avant que Hans n'arrive et ne mette une nouvelle fois terme à la conversation. Malia s'éloigna vers son collègue, un peu agacée mais aussi - même si elle ne l'aurait jamais admis - un peu amusée.