Bonjour à tous ! :)

Juliette54 merci beaucoup pour ton petit mot :) Je suis contente si le caractère de Dubois semble fidèle à l'oeuvre originale - je le vois vraiment comme un gros acharné de Quidditch ahah. Et merci pour Malia, j'espère que cette suite te plaira :)

dendroaspis polylepis je t'avais envoyé un petit MP ! Le problème de chapitre était malheureusement un bug du site, résolu depuis ! :)

JudyOswald ahaha pas tout à fait pour les cartes mais ça aurait pu être une idée oui :p Je te laisse voir ça dans le chapitre, merci pour ton mot, ça me fait toujours plaisir de te lire :)

Kirbille eh oui, ce cher Olivier est un mystère.. ;) On en sait pas plus que Malia en fait (enfin si, moi j'en sais plus quand même ahah) mais ça va bientôt se préciser :) merci pour ta review !

Shadedwords merci de toujours me laisser des petits mots :) pour Thomas/Olivier je ne peux rien spoiler mais ça se précise un peu dans ce chapitre et ça va bientôt devenir plus clair. J'espère que la suite te plaira :)

SlyGreyFox merci pour tes compliments, c'est vrai que j'essaie d'écrire très simplement.. ça plait, et parfois ça plait pas ^^ Contente que ça te plaise :)

Ci-dessous le chapitre 15, qui suit immédiatement le précédent puisqu'il s'agit de la suite de la soirée.

Histoire de remercier les personnes qui prennent le temps pour me laisser une review, je vous propose une petite chose : si ça vous intéresse, n'hésitez pas à me préciser dans votre commentaire si vous désirez recevoir un bonus d'histoire (donc, laissez-moi un mail si vous n'avez pas de compte sur ce site). Attention, c'est un vrai bonus ! Il s'agit d'une scène inédite (un indice : ça implique Thomas et Olivier) ;) L'idée c'est d'avoir quelques éléments d'information en plus pour l'histoire - sans spoiler tout à fait.

Sur ce, bonne lecture à tous et à bientôt ! :)


CHAPITRE 15 : LA SOIREE (2)

- Je crois que c'est de la triche.

- Je n'oserais pas, se défendit Malia avec un faux air outré.

- Ok, tu triches. Mais j'ai quand même gagné, répondit Dubois en posant ses cartes sur la table.

Les cartes de Malia, mécontentes, lui mordirent les mains.

. . . . . . . . * . . . . . . . . * . . . . . . . .

Malia ne savait plus trop pourquoi elle avait accepté ce plan boiteux mais elle se retrouvait dans les bois sombres avec la moitié de l'équipe de Flaquemare à la recherche de "la planque". Elle n'avait pas compris ce que ce mot signifiait, jusqu'à ce qu'ils débouchent tous dans une petite clairière qui n'avait rien de particulier si ce n'était les trois poteaux en plein milieu. Ils reproduisaient à l'identique ceux d'un terrain de Quidditch (en proportions plus modestes toutefois). Ils n'étaient certainement pas arrivés là par hasard.

- C'est Ginger qui a installé ça. Elle arrive à faire des sortilèges repousse-moldus très efficace. On s'en sert de temps en temps pour s'entraîner en dehors du centre, lui expliqua Thomas alors qu'ils avançaient.

C'était lui qui avait lancé le mouvement pour rejoindre cet endroit, interrompant sa partie de cartes avec Dubois. Ce n'était pas une mauvaise chose : Malia n'était pas très forte à ce genre de jeu et ses mains étaient remplies de morsures provoquées par les cartes. Ce n'était pas des blessures très graves mais ça n'était pas très agréable pour autant. Dubois s'était moqué d'elle et de son manque de talent aux cartes, mais cette moquerie ne l'avait pas vexée, bien au contraire : elle était ravie qu'il soit assez à l'aise avec elle pour se permettre ce genre de chose.

Et la vision d'un Dubois rieur avait achevé de faire tomber Malia sous son charme.

Elle se sentait à la fois ridicule et électrifiée. Il y avait longtemps qu'elle n'avait pas ressenti cette attirance folle qui lui faisait trembler la peau et tordre le ventre. Et en même temps elle était désolée que cette sensation soit tombée sur Olivier Dubois. Elle n'aurait pas pu faire une moins bonne pioche : il détestait son frère adoré et reportait une partie de ce mépris sur elle - même si ça semblait de moins en moins vrai ce soir.

Ginger se pencha derrière un arbre pour attraper une petite boîte. Un coup de baguette plus tard, elle se transforma en une imposante malle. Malia sourit face à l'ingéniosité déployée par la rouquine pour installer un terrain de Quidditch de fortune. Thomas et elle devaient beaucoup aimer le Quidditch pour faire ça, et ne faisaient sûrement pas partie de ces joueurs intéressés par la célébrité et l'argent. C'était l'élément qui faisait basculer l'avis de Malia sur un joueur qu'elle rencontrait : elle essayait tout de suite de savoir s'il jouait au Quidditch par amour de la discipline ou en raison des avantages qu'il pouvait retirer d'une telle carrière. Et généralement, plus le joueur appréciait le Quidditch, plus Malia appréciait le joueur.

Ils étaient six en tout : Thomas, Ginger, Dubois, Sophie, une amie de Sophie, et Malia elle-même. Tous observèrent en silence Ginger sortir les affaires de la malle. Il y avait les balles spécifiques du Quidditch, et des balais qui n'avaient pas l'air tout récents. Malia en fut étonnée : les joueurs de Quidditch privilégiaient en général les derniers modèles, aussi bien pour le jeu que pour les entraînements.

Thomas, qui semblait avoir lu dans ses pensées, se pencha vers elle :

- Ginger a une passion pour les Comètes 212... Ne me demande pas d'où ça vient, je n'ai toujours pas compris.

Les premiers balais Comètes 212 avaient été commercialisés plus de dix auparavant. Ce n'était pas si vieux, mais pour un monde aussi évolutif que celui des balais de Quidditch, c'était presque le siècle dernier. Malia savait que ce modèle de balai avait rencontré un certain succès pendant un temps, mais il n'avait jamais été acclamé par la critique non plus... Le mystère était entier.

- ll n'y a que quatre balais, expliqua Ginger. Il va falloir faire un roulement.

Malia en profita pour intervenir :

- Le balai, ce sera sans moi ! Je ne sais pas voler.

Elle regretta presque cet aveu en voyant les autres sorciers se tourner vers elle avec des yeux ronds. Forcément, pour eux, voler était si naturel qu'ils n'imaginaient pas que cela puisse être compliqué pour d'autres. Elle n'avait pas honte de son manque de talent à ce propos car elle se rattrapait volontiers en connaissances sur le Quidditch, mais elle craignait soudain que cela ne lui porte préjudice : et si ça devenait public ? Et si plus personne ne la prenait au sérieux, en tant que journaliste spécialiste du Quidditch incapable de jouer au Quidditch ? Elle n'avait jamais pensé que cela puisse être un frein ou une faiblesse mais elle n'en était plus sûre.

Heureusement, le malaise ne dura pas plus de quelques secondes.

- Ok, Malia sur la touche. Qui se dévoue pour lui tenir compagnie ? Demanda Ginger.

- Je vais rester avec elle, répondit Thomas aussitôt, sans la moindre hésitation.

Malia lui aurait été reconnaissante de ce moment de solidarité, si elle n'avait pas été consciente que Thomas cherchait juste une occasion de se rapprocher d'elle.

- Deux contre deux, je vais avec le capitaine ! Décida Ginger en distribuant les balais.

Malia glissa son regard jusqu'à Dubois, qui semblait perdu dans la contemplation de la petite clairière. C'était la première fois qu'elle le voyait perdre son air concentré ou méfiant. Ses yeux exprimaient une certaine douceur et son profil détendu affichait un léger sourire ravi. Cette vision si paisible raviva chez elle un élan de désir. Olivier Dubois était sûrement un crétin, mais il était aussi très beau garçon et sa passion pour le Quidditch était un atout supplémentaire à son arc.

- Sophie et Dawn vont se faire massacrer, se moqua Thomas.

Ce qui fit sortir Malia de sa contemplation.

. . . . . . . . * . . . . . . . . * . . . . . . . .

Rester assise auprès de Thomas s'était révélé beaucoup plus facile et agréable que ce que Malia s'était imaginée. Il ne tentait pas de la draguer par tous les moyens. En fait, il n'avait eu aucune parole ou aucun geste qui allait dans ce sens, il se contentait de la faire rire et de la regarder avec des yeux doux. Qu'il flirte avec elle de cette façon ne la laissait pas tout à fait insensible : Thomas était un beau garçon et attirer son intérêt - même si ce n'était que temporaire - était flatteur. Mais la seule personne qui occupait véritablement ses pensées, c'était Dubois. Même si elle essayait de se concentrer uniquement sur sa conversation avec Thomas, elle ne pouvait pas s'empêcher de laisser son regard glisser jusqu'à Dubois toutes les cinq minutes.

Personne ne se rendait compte de cette observation régulière puisque le terrain était tellement petit que Malia donnait l'impression de suivre le jeu avec intérêt, mais elle se sentait un peu bête. Elle avait la sensation d'être retombée dans l'adolescence avec cette habitude de regarder l'objet de convoitise sans jamais oser s'en approcher. Car même si elle était consciente de son intérêt pour Olivier Dubois, elle avait aussi parfaitement conscience que ça n'irait jamais plus loin. Malia n'était pas du genre à se lancer sur un coup de tête avec les hommes et cette soirée était très certainement la dernière fois que son chemin croiserait celui de Dubois.

- Bon allez, on échange ! Lança Sophie au bout d'un moment.

Elle avait l'air un peu fatiguée de l'exercice à balai, d'autant plus que sa partenaire n'était pas particulièrement douée pour le Quidditch.

Les quatre joueurs redescendirent au sol pour se mettre d'accord. Ils avaient tous les cheveux décoiffés et les joues un peu rougis par le froid et l'effort - et peut-être aussi l'excitation. Malia avait assez observé leurs gestes plus désordonnés qu'à l'ordinaire pour en conclure que la fatigue et l'alcool affaiblissement leurs réflexes naturels mais à, part Sophie, ils semblaient tous autant emballés qu'en arrivant.

- Ginger avec Thomas, Dawn et Olivier ensemble, décida Sophie.

Elle avait envie de se reposer et il n'était pas question de laisser quelqu'un prendre sa place sur le banc de touche.

- Tu es sûre de ne pas vouloir essayer ? Demanda Ginger à Malia.

Celle-ci fit un signe négatif de la tête. Elle n'avait aucune envie de se ridiculiser devant des joueurs de Quidditch professionnels (et devant Dubois, en prime).

- Peut-être avec le sortilège Animos ? Proposa quelqu'un.

Malia se tourna vers Dubois qui venait de parler, agréablement surprise de son intervention. Il s'intéressait assez à elle pour se souvenir d'une de leurs précédentes conversations et suggérer une idée pour qu'elle puisse jouer avec eux. Ce n'était pas grand chose pour le commun des mortels mais par rapport au mépris qu'il avait affiché à son égard auparavant, c'était un sacré pas de géant ! Elle ne pu s'empêcher d'afficher un sourire ravi à son attention ; Dubois détourna le regard, un peu mal à l'aise.

La proposition de Dubois fut suivie de quelques idées pour leur jeu improvisé qui fut modifié : Dubois se chargea de prendre le rôle de gardien et les trois autres, ainsi que Malia, devaient tenter de marquer des buts. Thomas décréta que le vainqueur gagnerait une soirée au pub du coin sans débourser le moindre centime. Malia songea qu'il était probablement le plus fêtard de l'équipe mais les autres acceptèrent la proposition sans rechigner.

. . . . . . . . * . . . . . . . . * . . . . . . . .

- Bravo Malia ! La félicita Ginger quand le Souafle passa à travers l'un des cercles.

Malia était convaincue que personne ne l'avait trop prise au sérieux avec sa baguette pour diriger le Souafle : c'était bien trop éloigné du Quidditch habituel pour avoir ses chances. Mais ils avaient tort : Malia s'était entraînée durant des années avec son grand frère, désormais talentueux joueur de Quidditch. Sa maîtrise du Souafle à travers la baguette n'était pas qu'un petit exercice d'entraînement : elle savait comment ruser et manier la balle à distance aussi bien que si elle l'avait tenu dans ses mains.

- Je n'étais juste pas très bien préparé, se défendit Dubois.

Comme les autres, il avait sous-estimé Malia même si il savait qu'elle maîtrisait l'Animos. Il pensait faire un arrêt facile, ce qui avait été son point faible pour qu'elle le batte. Elle était aussi convaincue que l'alcool devait limiter ses capacités et son temps de réaction : il avait arrêté le Souafle de Ginger et de Dawn, mais pas celui de Thomas. Son taux de réussite était beaucoup plus bas que d'habitude - même pendant ses mauvais jours.

Ils jouèrent pendant encore un moment. Ginger se lassa la première, suivi de Dawn, et finalement il ne resta plus que Thomas, Malia et Dubois à jouer.

- Dernier point ! Décida finalement Dubois.

La nuit commençait à avancer et, maintenant que l'alcool quittait leur sang petit à petit, le froid gagnait du terrain. Même Malia avait envie de rentrer.

Elle observa Thomas avec attention. Il était concentré sur son balai, Souafle en mains. C'était le point décisif : Malia était en tête avec une avance d'un point ; si Thomas égalisait, ils gagneraient tous les deux.

Mais Malia n'avait pas envie d'être déclarée gagnante ex-aequo. Elle voulait sa victoire à elle. Cette partie de Quidditch improvisée faisait ressortir son esprit de compétition, d'autant plus qu'elle affrontait des joueurs de Quidditch professionnels (même si leur talent naturel était grandement affaibli ce soir-là).

Quand Thomas lança le Souafle, elle croisa les doigts... !

. . . . . . . . * . . . . . . . . * . . . . . . . .

Ginger avait rangé tout le matériel et ils se dirigeaient maintenant vers la maison en traversent les bois. Par un heureux hasard (qui n'en n'était pas un du tout) Malia s'était retrouvé à côté d'Olivier Dubois. Elle avait craint que la disparition de l'alcool dans son sang le rende aussi méfiant et désagréable que d'habitude, mais il semblait avoir conservé sa bonne humeur. Il semblait même sensible à toute l'énergie dégagée par Malia - ravie d'avoir gagné cette partie improvisée. Thomas avait raté son tir et elle avait été déclarée gagnante.

Ils avançaient tous à pas lents dans les bois : comme ils ne pouvaient pas lancer un Lumos qui risquait d'être vu par les voisins moldus, ils devaient avancer grâce à la lumière du clair de lune - qui n'éclairait pas grand chose à vrai dire.

- C'était bien joué, la complimenta Dubois.

Le compliment lui alla droit au cœur, la remplissant davantage de plaisir et de fierté personnelle.

- Tu as vu ça ! Et encore, je suis handicapée avec mes mains... Pleurnicha Malia dans le seul but de se faire plaindre.

Et peut-être de se faire consoler un peu. Mais Dubois ricana. Raté.

- C'est le prix à payer quand on est nul aux cartes...

Elle pouvait entendre la moquerie dans sa voix. Leur partie de cartes avait été complètement désastreuse pour Malia, qui avait tenté de tricher pour sauver son honneur, et qui avait été battue de très loin quand même. Elle n'était jamais douée à ce genre de jeu, et plus globalement à tous les jeux qu'elle entreprenait. Ce qui rendait sa victoire au Quidditch encore plus belle.

- Je ne suis pas si nulle, se défendit-elle pour la forme.

- Je suis simplement meilleur alors, mais ne t'inquiètes pas, ça s'apprend.

- Peut-être que tu pourrais m'apprendre.

Et Malia rougit presque aussitôt en se rendant compte de ce qu'elle venait de dire. Elle n'avait absolument pas prévu de rendre officielle son attirance pour lui, et d'en parler à qui que ce soit (sauf peut-être à Freya), et voilà qu'elle la rendait transparente en une seule phrase. Auprès de Dubois lui-même. Car sa remarque ne laissait pas de place au doute : elle réclamait de passer du temps avec lui.

Dubois resta silencieux et, dans le noir, Malia se concentra pour essayer de deviner son expression de visage. Mais elle ne voyait rien à cause de cette fichue obscurité !

Quel enfer !

Elle était si mortifiée par son propre comportement qu'elle en oublia de faire attention à où elle marchait, et son pied se coinça dans une racine, la faisant trébucher en avant.

Dubois la sauva d'une chute certaine (et d'une perte de dignifié) en la rattrapant par le bras.

Sa poigne était ferme et assurée ; il n'avait pas totalement perdu ses réflexes de joueur. Ca rapprochement inattendu aurait presque pu devenir agréable mais Dubois ne s'attarda pas. Il retira bien vite sa main une fois qu'il fut certain qu'elle avait retrouvé son équilibre.

- Euh, merci, balbutia-t-elle.

Elle était affreusement gênée ; à la fois à cause de sa bourde monumentale et également à cause de sa maladresse physique. Sans compter que l'empressement de Dubois à la lâcher manifestait clairement son peu de désir de sa rapprocher d'elle. Elle ne s'était pas fait d'illusion, Dubois semblait trop la mépriser pour avoir un quelconque intérêt pour elle, mais le voir aussi clairement n'était pas très agréable.

- Tout va bien ? Demanda-t-il après un instant de silence.

Ils étaient figés au milieu des bois, quasiment seuls puisque les autres n'avaient pas ralenti l'allure. Et Malia réalisa qu'elle était si tendue que ses membres refusaient de se mouvoir pour avancer. Elle aurait voulu rentrer sous terre et se cacher jusqu'à ce que toute trace de vie humaine disparaisse.

- Hum oui oui, ça va. On n'y voit rien ici, c'est difficile d'avancer.

Et contre toute attente, elle sentit la main de Dubois glisser de nouveau sur son bras, juste au-dessus du coude. Sa poigne n'était plus ferme cette fois, mais bien présente, et douce.

- Je vais t'aider, expliqua-t-il.

Pendant quelques pas elle se laissa faire docilement, posant ses pieds avec soin au milieu des racines pour ne pas tomber. Mais très rapidement, la seule chose à laquelle elle pouvait penser était la main de Dubois sur son corps, sur son bras. Ça ne signifiait sans doute rien pour lui, il tentait simplement de l'aider à avancer pour se débarrasser plus vite de sa présence. Mais plus les secondes passaient et plus Malia pouvait sentir la chaleur de sa paume à travers le tissu de vêtements, et grande était la tentation de venir enfin toucher ce corps chaud.

Avec les hommes, Malia n'avait jamais été du genre rapide. Si elle rencontrait quelqu'un qui lui plaisait, elle attendait toujours un ou deux rendez-vous pour être certaine que son attirance n'était pas un caprice passager. Mais elle se sentait d'un coup moins raisonnable et moins patiente : l'idée de se rapprocher de Dubois là tout de suite n'était pas pour lui déplaire.

- Je ne savais pas qu'on pouvait être aussi précis avec un Animos, lança soudain Dubois (la sortant de ses pensées tordues).

- Oh si, mais ça met du temps. Ça s'apprend ! Reprit-elle en souriant.

Elle reprenait exactement ses termes. Elle n'était peut-être pas très douée avec un jeu de cartes mais savait très bien manier le sortilège Animos, et il fallait lui reconnaître cette qualité-là. Elle en était fière car c'était la seule chose qui la rapprochait du Quidditch d'un point de vue pratique. Sans ça, elle aurait dû se contenter exclusivement de la théorie.

Dubois s'arrêta alors, et Malia dû l'imiter. Elle se tourna vers lui. Il faisait un peu moins sombre dans cette partie-là du bois : elle distinguait les traits de son visage sans pouvoir toutefois deviner l'expression qui s'y lisait.

Il retira sa main de son bras. Prise d'une inspiration soudaine, Malia posa sa propre main sur le bras de Dubois, quelque part entre son poignet son coude. Son pull ne lui permettait pas de sentir sa peau mais ce simple contact l'électrisait de sensations.

Son geste était incohérent et sortit de nul part et elle pensait qu'il allait se dégager de sa poigne. Mais il ne le fit pas.

Au contraire, il se passa l'impensable : en réponse à son geste, Dubois sembla se pencher un peu vers elle, légèrement. Elle pouvait sentir son souffle sur son visage et pendant une seconde elle reste figée, pleine d'appréhension et d'excitation. Il était très proche, si proche qu'elle voyait ses yeux briller à la lueur de la lune.

Et enfin, elle comprit ! Il s'agissait d'une invitation : elle pouvait l'embrasser. Il était trop galant pour le faire lui-même mais cet instant figé n'était-il pas une opportunité qu'il lui laissait ?

Il ne lui fallut pas longtemps pour se décider et...

- Vous êtes à la traîne ! Lança une voix dans le dos de Malia.

L'instant se brisa sans qu'elle ait eu le temps de réagir. Dubois se décala vivement, comme si la voix de Thomas l'avait rappelé à la réalité et sorti de ses pensées.

Malia cligna des yeux, pleine d'incompréhension et d'incertitude. Que venait-il de se passer ? Avait-elle rêvé ? Dubois l'ignorait soudain.

- Vous venez ? Insista Thomas.

Au prix d'un effort, Malia se retourna et afficha une expression neutre. Dubois se remit à marcher en direction de Thomas et elle n'eut pas d'autre choix que de le suivre, un peu en retrait.

Elle se concentrait mais, au fond d'elle et de son coeur, un trouble sans nom venait de s'installer.

. . . . . . . . * . . . . . . . . * . . . . . . . .

- Tu ne vas pas rentrer toute seule, protesta Ginger.

Malia avait enfilé sa cape et attrapé ses affaires pour rentrer chez elle. Les autres s'étaient affalés autour de la table en rentrant des bois mais elle se sentait trop fatiguée pour tenir face à cette ambiance un peu plus molle. D'autant plus que son esprit troublé ne lui laissait pas de repos et elle n'arriverait pas à se concentrer sur une conversation si Olivier Dubois était dans la même pièce qu'elle. Le Quidditch (et certaines émotions un peu fortes) l'avait littéralement vidé de ses forces et elle ne rêvait que de sn lit douillet et chaud.

- Ca va aller, ce n'est pas très loin, répondit Malia.

En vérité, faire le chemin retour jusqu'aux bois ne l'enchantait pas. Crapahuter dans ls bois à une heure aussi avancée et dans un tel état de fatigue n'était pas la meilleure idée qu'il soit. Elle ne regrettait pourtant pas d'avoir fait ce petit détour à la maison de Ginger et Thomas : sans ça, elle n'aurait jamais eu la chance de se rapprocher de Dubois. Elle préférait ne pas encore réfléchir sur la signification de cet instant, trop précieux et trop récent pour être décortiqué dans tous les sens.

D'autant plus que cette seconde précieuse s'était envolée et que depuis il l'ignorait royalement. Il ne lui avait plus parlé, ni même regardé. Heureusement que Thomas était là. Malia ne savait pas trop ce qu'il avait vu ou non - soit il ignorait tout, soit il ne lui en tenait pas rigueur.

- Le Chaudron Baveur vient d'ouvrir, tu devrais passer par leur réseau de cheminette, insista Ginger en regardant sa montre.

En réalité l'établissement ne fermait jamais vraiment mais Malia n'eut pas le coeur de la corriger, d'autant plus que ce n'était pas une mauvaise idée. Elle s'éviterait de marcher trop longtemps et vu l'heure avancée, elle éviterait également le mouvement de foule au sein du pub.

- Oui d'accord, merci. Bon et bien, bonne soirée.

Sophie et Dawn lui firent un sourire, Thomas agita sa main en salut avec une expression ravie, et Dubois se contenta d'un bref coup d'oeil dans sa direction. Rien d'autre.

Malia songea qu'elle avait dû se tromper, qu'à aucun moment Olivier Dubois n'avait été partant pour échanger un baiser avec elle. Elle s'était fait des idées. Pire ! Elle avait profité de la situation de flou qui régnait pour tenter de se rapprocher de lui. Elle se sentait idiote et ridicule.

Ginger lui donna quelques instructions mais Malia eut toutes les peines du monde à se concentrer pour l'écouter et appliquer les consignes.

Quand les flammes se levèrent autour d'elle pour passer par le réseau de cheminées, elle ferma les yeux.

Ce qu'elle était fatiguée...

Mais pas tout à fait : elle n'était pas juste fatiguée, elle était déçue. Et cette déception portait le nom d'Olivier Dubois.