Pour le défi 114 de la Bibliothèque de Fictions il fallait : après des années de séparation, deux de vos personnages se retrouvent enfin. Ils sont bien évidemment heureux, mais doivent réapprendre aussi à se connaître. J'y ajoute le défi « je ne peux pas » 79 : je ne peux pas tourner les talons et partir, le « je t'aime » 66 : je t'aime, je veux passer ma vie avec toi
Note de l'auteure : Si vous n'avez pas vu cette pure merveille je vous conseille d'y remédier. Sûrement la meilleure adaptation du roman de Mary Shelley ! En plus, voir Gilderoy Lockhart et Bellatrix Lestrange en couple aussi sulfureux ça fait rêver (les acteurs ont été en couple dans la vraie vie pendant une période) ! Puis bon, à l'époque Kenneth Branagh avait des abdos sur lesquels on ne crache pas dans le film !
Léger AU après le mariage.
Victor avait dû tout quitter pour ses études de médecine : Genève, son père, son petit frère mais surtout sa bien-aimée Elizabeth. Le couple était fiancé, ils avaient promis de se marier une fois le blond de retour de ses études.
Une fois arrivé à Ingolstadt, le jeune homme n'avait pu vaincre son envie de découverte. Il était curieux, et surtout, il voulait vaincre la mort ! En effet Victor avait été traumatisé par la perte de sa mère qui n'avait pas survécu à la mise au monde de son petit frère. Avant de partir pour l'université, le futur médecin avait donc juré sur la tombe de sa mère qu'un jour, il réussirait à vaincre la mort. Ce qui avait le plus déplu à son professeur était qu'il avait des idées modernes. Victor voulait améliorer les conditions de médecine actuelles. Au bout d'un moment, le blond arriva à la conclusion que pour vaincre la mort il fallait créer la vie. Il s'était donc lancé à corps perdu dans cette expérience contre l'avis de son mentor le professeur Waldman. En effet la théorie de créer la vie pour vaincre la mort venait de lui, mais il avait tenté l'expérience plusieurs années auparavant cependant celle-ci s'était montrée infructueuse. La chose qui en avait résultée n'était qu'une abomination. Victor n'avait rien voulu écouter et continuait ses expériences, il voulait tenir la promesse qu'il avait fait à sa mère avant son départ.
Les mois passaient et le blond restait enfermé dans son travail. Il était obsédé par son objectif au point d'à peine dormir et manger, malgré les mises en garde de son ami Henry. Victor voulait réussir, et pour ça il en oubliait tout ce qui l'entourait, même sa chère et tendre Elizabeth. En effet il avait juré à la brune de lui écrire tous les jours, mais en réalité il ne lui avait pas écrit aussi souvent que prévu depuis son arrivé à l'université, il était bien trop happé par son boulot. Dans un coin de sa tête l'aspirant docteur se réprimandait en se disant qu'il devrait écrire à la jeune femme, mais d'un autre côté il n'en prenait jamais le temps car son expérience l'accaparait beaucoup trop.
Un jour, sans crier gare, Elizabeth vint le voir. Elle en avait assez de son silence et de ne pas savoir si il l'aimait toujours ou non. Le blond n'était pas sûr de son sentiment face à cette intrusion. Il était à la fois heureux de la voir mais aussi agacé car elle venait perturber son rendement. Il n'avait même pas vraiment envie de la voir au début. La jeune femme prit le visage de son fiancé dans ses mains et l'observa :
-Tu as une mine épouvantable, on dirait un fantôme ! Je suis sûre que tu ne dors et ne manges pas assez.
-Tout va bien.
-Sur quoi travailles-tu ? Est-ce qu'il t'arrive d'ouvrir tes fenêtres ? Ça empeste, tu caches un cadavre ici pour que ça sente si mauvais ?!
-Non s'il te plaît, ne pose pas de questions sur mon travail et n'essaie pas de comprendre.
Il la serra dans ses bras et l'embrassa longuement, comme si il réalisait enfin qu'elle était face à lui :
-Je suis désolé. Je suis heureux que tu sois là, je suis simplement surpris que tu sois ici alors que la ville est en quarantaine !
-Je ne supportais plus d'être loin de toi, sans nouvelles ! Sur ta dernière lettre pourtant tu semblais toujours autant épris de moi, tu disais même des choses très osées, je pourrai réciter cette lettre par cœur. Pourtant depuis pas un seul mot, j'ai dû écrire de fausses lettres pour que ton père ne s'inquiète pas !
-Je suis désolé, j'ai été si obsédé par mon travail que j'ai totalement perdu la notion du temps.
-Tu vas revenir à Genève avec moi, je crois qu'il est temps que tu laisses toutes ces choses derrière toi.
Le blond se passa une main sur le visage, il n'était pas sûr d'être prêt pour ça. Elizabeth l'embrassa tendrement :
-Marions-nous, comme nous nous l'avions prévu. Tu n'as pas besoin de cette expérience étrange qui sent mauvais pour être reconnu comme un vrai médecin.
-Je sais mais j'ai fait une promesse à ma mère avant de partir.
-Je suis sûre qu'elle comprendra si tu ne la tiens pas. S'il te plaît, reviens à Genève et épouse-moi.
-Je ne peux pas tourner les talons et partir, j'ai travaillé trop dur. C'est l'œuvre de toute une vie.
-En parlant de vie, je t'aime et je veux passer ma vie avec toi, pas loin de toi sans plus avoir aucune nouvelle jusqu'à ce que je fasse enfin le déplacement. Honnêtement, si je n'étais pas venue je ne sais pas quand j'aurais reçu une lettre de ta part.
-Je sais, je suis désolé je n'ai pas écrit aussi souvent que ce que j'avais promis, mais j'ai eu beaucoup de travail.
-C'est pour ça que j'aimerais que tu rentres avec moi. Après tout, tu peux travailler à Genève aussi. Mais je refuse que nos fiançailles durent éternellement parce que tu n'arrives pas à te décider à quitter ton travail de temps à autre !
-Je suis désolé, je ne voulais pas te blesser. Tu as raison, rentrons chez nous et marions-nous enfin.
Le blond embrassa passionnément sa fiancée avant de rapidement faire ses bagages. Après ça le couple quitta la ville, partir loin était préférable puisqu'une horrible épidémie rongeait Ingolstadt.
Le duo arriva enfin à Genève, sous l'accueil plus que joyeux de leurs proches. Henry était venu avec eux bien sûr, depuis leurs études les deux hommes étaient devenus les meilleurs amis du monde et étaient devenus presque inséparables.
Le mariage eut lieu quelques jours plus tard, le couple était impatient de s'unir enfin, surtout Elizabeth. De son côté Victor n'était plus aussi insouciant qu'avant son départ, il continuait de penser à son expérience. Le blond sourit à sa femme et l'embrassa en la serrant contre lui. La jeune femme se blottit contre lui, elle se sentait si bien. Le blond lui sourit :
-Te voilà officiellement Madame Victor Frankenstein maintenant.
-Oui, c'est le plus beau jour de ma vie !
La jeune femme lui sourit mais fronça rapidement les sourcils :
-Quelque chose ne va pas ?
-Si, tout va très bien ma chérie.
-Je vois bien que non. Tu as changé Victor. L'ancien toi se serait jeté sur moi pour me couvrir de caresses et de baisers. Le nouveau toi me regarde à peine, il est distrait et semble ne même pas être intéressé par son propre mariage !
-Si, je suis très intéressé par notre mariage ma chérie. C'est simplement que j'ai du mal à réaliser que ça arrive enfin. J'ai rêvé tant de fois de notre mariage et de notre nuit de noces que c'est compliqué pour moi de me dire que c'est enfin le grand jour.
-Tu n'as jamais été un bon menteur Victor Frankenstein. Je te rappelle que je te connais par cœur et que je sais voir dans ton regard quand tu me mens.
Le blond soupira :
-Désolé, je vais faire des efforts.
Il l'embrassa de nouveau, il allait avoir toute la vie pour convaincre sa femme qu'il était concerné par leur union.
Le couple dîna avec leurs proches et dansèrent une bonne partie de la soirée et de la nuit avant de monter accomplir leur devoir conjugal.
Le mariage était célébré depuis un peu plus d'un mois à présent. Elizabeth devait avouer qu'elle trouvait que la situation n'avait pas beaucoup changé. Victor était toujours aussi distrait, comme si une drôle d'ombre planait au-dessus de sa tête. Elizabeth essayait de comprendre ce qui préoccupait tant son mari, de voir pourquoi la lueur de joie avait disparu de ses yeux. La brunette faisait pourtant de son mieux pour lui apporter de la joie. Il semblait toujours avoir l'esprit ailleurs, c'était très étrange. Elizabeth l'embrassa et se blottit contre lui :
-Victor je t'en prie, parle-moi. Raconte-moi ce qui ne va pas. J'ai l'impression d'être mariée à un fantôme.
-Je suis très heureux d'être avec toi ma chérie mais je n'arrive pas à oublier que je n'ai pas pu finir mon expérience.
-Tu pourra toujours soigner des gens ici.
Le blond hocha la tête et se força à sourire, sa jeune épouse ne pouvait pas comprendre ce que le fait d'avoir abandonné le travail le plus important de sa vie signifiait. Elle n'avait jamais travaillé, elle passerait son temps à s'occuper de leurs enfants s'ils en avaient un jour. Il resserra ses bras autour d'elle :
-Je te jure que je fais des efforts ma chérie, mais c'est compliqué.
-Je ne sais pas quoi te dire... j'espère que je vais retrouver le Victor dont j'étais amoureuse avant son départ pour l'université.
Le médecin n'aimait pas non plus celui qu'il était devenu, il avait parfaitement conscience de ses changements. Elizabeth, elle, n'avait pas changé. Elle était encore plus belle qu'avant son départ, semblait encore plus vive et drôle aussi. Le médecin se jura qu'il arriverait à oublier sa fichue expérience. Sa mère était morte, il ne pourrait pas la ramener, et il ne pourrait pas créer la vie d'après des morceaux de personnes mortes. À la place, il créerait la vie avec sa sublime et aimante femme.
La vie était revenue à la normale chez les Frankenstein. Victor était enfin redevenu comme avant et heureusement car Elizabeth attendait leur premier enfant. Il avait fallu un peu plus de quatre mois à la brunette pour que son bien-aimé redevienne l'homme qu'elle aimait. Il avait fallu repartir de zéro, le ré-apprivoiser, le réhabituer à la vie qu'il menait avant. Il pouvait toujours être médecin, mais à Genève et ne plus faire ses expériences étranges. Après tout, il n'avait pas voulu raconter à sa femme ce qu'il trafiquait à Ingolstadt. Elizabeth s'en fichait bien au fond, tout ce qu'elle voulait c'était que Victor soit enfin heureux et apaisé.
Fin.
