L'enfer de l'orphelinat (1983-1984)

Désormais, je ne suis plus le pantin de bois, Pinocchio, mais une toute autre facette de lui. Je me prénomme August, dans votre monde, un homme véritable enfin honnête et épanoui avec son père et les gens qu'il aime. Mais je n'ai pas toujours été cet homme là, cela a pris du temps, beaucoup de temps. Je me suis assimilé en tant que quelqu'un de bien, comme la personne que je suis enfin digne d'être, depuis peu de temps, J'ai ainsi décidé de vous raconter mon histoire.

Il y a maintenant trente ans, j'ai fait une promesse à mon père: veiller sur la jeune princesse Emma, la fille de Blanche-Neige. A cet instant, elle n'était qu'un nourrisson, d'une peine un jour. Je devais faire en sorte qu'à son vingt-huitième anniversaire, elle rompe la malédiction de la méchante reine. Cette malédiction me permet ainsi de retrouver mon père.

Je n'avais peut-être que sept ans à cette époque mais j'étais si excité de revoir mon cher papa alors tenir cette promesse était une obligation, pour moi. Je vois encore la dernière image du visage de mon vieux père, rempli de larme, me disant adieu avant de refermer l'armoire.

Je me suis ainsi retrouvé dans un monde étrange, avec des machines qui volent dans le ciel ressemblant à des oiseaux, ou encore des bâtiments qui ne ressemblent en rien à ce que j'ai pu voir dans la Forêt Enchantée. Dans cette forêt dense et profonde où l'armoire m'a transportée, je retrouve ce magnifique bébé. Qui pourrait croire que cet enfant si innocent avait déjà un destin tout tracé? On pourrait même dire la même chose pour moi, mais l'avenir en décidera bien autrement dans mon cas. Ainsi, je porte Emma dans mes petits bras et je marche, je marche, espérant qu'une personne pourrait-être me renseigner.

Ayant gambadé pendant plusieurs heures avec un nourrisson d'à peine trois kilos, je me sentis fatigué et manquai de m'évanouir. Mais, je vis alors une pancarte où je pu lire «BOSTON» (heureusement que je suis allé un peu à l'école pour savoir lire). J'aperçois des espèces de «carrosses sur roues» sans chevaux qui avaient l'air de marcher toute seule. Un homme me cria dessus alors que je failli me faire écraser:

- Hé, fais attention où tu vas, gamin!

Je fis mine de m'excuser et moi mis sur le côté, en reculant. Je ne vis même pas que j'avais bousculé un vieux couple.

- Oh! Excusez-moi!

- Tu as l'air perdu mon enfant, renchérissais la vieille dame, inquiète, (elle se retourna vers Emma) Qui est ce petit ange et qu'est-ce qu'un jeune garçon de ton âge fait avec un bébé? Où sont vos parents?

Bien que cette femme et son mari avaient l'air très gentil, je compris tout de suite que ce monde n'avait rien à voir avec le mien, que la magie n'existait pas et que les coutumes étaient très différents. Je savais que mon principal défaut était le mensonge, mais mentir peut tout de même nous sortir de ce genre de situation et puis cacher l'existence de la magie ou de notre monde n'est pas vraiment un mensonge, étant donné que si on dit la vérité, on ne nous croirait pas.

- Oui, je suis perdu, je ... voici Emma, je l'ai trouvée sur le bord de la route, elle a été abandonnée et seule et moi aussi je suis seul, je n'ai pas de parents, mon père est parti ... et on marche depuis des heures ... et ... (je pleurais à chaud de larmes pour me faire plaindre), je ne connais pas cette ville, je suis perdu.

La vieille femme, prise au dépourvu, emporte Emma dans ses bras pour moi libérer et moi caressa les cheveux, elle s'approcha de moi.

- Oh mon ange, je suis désolée pour vous deux. On peut vous héberger pendant quelques temps si vous voulez ...

- Non ! L'interrompt son mari, Judy, on est trop vieux pour s'occuper de ces gosses.

- Mais regarde les, Paul, ce garçon est effrayé et meurt de fatigue et la pauvre petite a froid ...

L'homme n'avait pas de pitié de nous, il s'approcha de moi.

- Mon garçon, je connais un très bon orphelinat horizonschildren , il s'appelle, il n'est pas loin d'ici, je vais t'emmener avec ta petite protégée. Tu auras sans doute la chance de rencontrer une bonne famille qui t'adopteras.

- Je ne veux pas être séparé d'Emma, exclamais-je en embrassant la petite sur le front

- Vous ne serez pas séparés, je te le promets, petit.

Il me sourit, me prit la main et m'emmena vers l'orphelinat, à pied. Sa femme, nous suivirent, toujours avec Emma, dans les bras.

Nous arrivâmes devant un guichet où une jeune femme nous attendait.

- Vas-y, dis lui toutes les informations qu'elle te demandera, me recommanda l'homme (je me dirigea vers elle).

- Bonjour madame.

- Bonjour, jeune homme.

- Il me faut un foyer, à moi et à Emma que j'ai trouvé dans la rue.

- Quel âge avez-vous?

- J'ai presque 8 ans et Emma vient de naître ...

- Où sont vos parents?

- On a été abandonné ...

- Je dois juste faire un article pour la petite, si jamais ses parents la recherche ... Très bien, Comment vous appelez vous?

- Je m'appelle Pi ... (c'est peut être un nom étrange pour ce monde mais je vis écris August sur un papier qui se produit devant elle, c'était le premier mot que j'avais lu, sans réfléchir) August , je m'appelle August.

Je suis resté plus d'un an dans cet enfer: de la bouffe pourrie et surtout des hommes et des femmes qui nous torturent physiquement et mentalement ... Je me souviens d'un certain Mr Raskind qui ne voulait pas que je répare le berceau d'Emma et qui m'a frappé. Mais, j'ai promis à mon père que j'ai veillé sur Emma alors j'ignorai ma souffrance, jusqu'au jour où des enfants de mon âge sont venus me proposer quelque chose qui a fait basculer cette promesse.

- Salut, moi dis le plus bedonnant.

- Salut, répondis-je, intimidé.

- Tu sais garder un secret? (Je fis oui de la tête. Il sortit de sa main une grande quantité d'argents. Je fus émerveillé et surpris).

- Où t'as trouvé cet argent?

- Dans un tiroir à chaussette, on a assez pour se tirer tous d'ici et partir voir le monde ... Alors tu veux venir?

Ce garçon avait l'air plutôt sympa et ses quatre amis qui me regardaient avec un grand sourire l'étaient aussi et souhaitaient m'aider à quitter cet endroit effroyable, j'étais tout de suite preneur ... Mais, j 'allais oublier le plus important: Emma!

- J'ai promis à mon père que je veillerai sur Emma, elle peut venir? S'il te plaît!

- On ne pourra pas s'occuper d'un bébé. Tu veux vraiment rester ici toute ta vie, c'est toi qui vois.

- Que faire? J'avais l'impression de revenir en arrière. Quand j'étais encore un pantin et que l'on m'a proposé d'aller sur l'Île des plaisirs et de laisser mon père tout seul. J'ai jamais vraiment été fier de cette époque.

Je regarda Emma, si mignonne, avec sa petite bouche qui essayait de me dire: «ne pars pas, reste». Mais, je devais les rejoindre. Comment un gamin de sept ans pouvait-il vivre dans ce nouveau monde sans rien connaître? Je me suis rendu compte que mon père m'en avait trop demandé et qu'après un à avoir vécu, auprès d'Emma dans un endroit austère et effrayant sans n'avoir rien découvert, j'en pouvais plus. Je voulais vivre ma vie sans avoir quelqu'un qui me dicte ma conduite. Je finirai bien par la retrouver, plus tard. Et puis, ce n'est qu'un bébé, les services sociaux s'occuperont bien d'elle. Si j'avais su ce qu'elle aurait vécu plus tard, je ne l'aurai jamais laissée ... Aujourd'hui, je regrette d'avoir fait confiance aux services sociaux. Je m'approcha du berceau et lui caressa le front. Je dis simplement:

- Je te demande pardon, Emma.

Puis, je partis rejoindre mon groupe d'amis sans me retourner ...