Pendant, tout le trajet d'avion, je compris que j'avais merdé.

Faire confiance aux services sociaux, m'attacher aussi longtemps à Annie, baisser ma garde. J'avais l'impression d'avoir échoué sur beaucoup de choses et je compris désormais que je ne voulais plus qu'une personne comme Annie, Gordie ou Ezra me tente à rester avec eux.

Je devais désormais briser un couple et j'étais tellement sûr de mon coup, que je me fichais de leur faire du mal. Je n'avais plus aucune pitié pour personne. Mon père était ma seule priorité. Je ne devais plus être compatissant pour qui que ce soit.

Emma avait comme par hasard rencontré un homme de mon monde et ce n'était pas n'importe lequel. Baelfire, le fils du ténébreux, était la principale raison pour laquelle il a lancé ce sort, pour le retrouver. Mais il était devenu un voleur, qui avait volé un certain nombre de montres dans une bijouterie de luxe. Emma ne savait pas qui il était vraiment mais elle était prête à le suivre dans ces manigances. Ce n'était pas le rôle d'une princesse ou d'une sauveuse de faire ce genre de choses.

Je les vis de loin dans leur voiture, mettre au point un plan pour revendre les montres.

Je suivis Baelfire qui se faisait appeler Neal.

Il m'avait vu et avait couru croyant que je voulais l'arrêter. De toute mes forces, je l'attrapai et le forçai à se stopper.

"J'ai rien fait monsieur l'agent, j'ai même pas traversé en dehors des clous !"

"C'est pas ce que tu crois ! Tu veux protéger Emma, viens avec moi !"

"Quoi ? D'où vous connaissez Emma ?"

Je le relâchais et l'obligeais à me regarder.

"Je m'appelle August, c'est une très longue histoire mais crois moi elle va t'intéresser..."

"OK, August, apparemment t'es pas flic alors t'es qui t'as deux minutes ?"

"Un ami d'Emma, enfin considère moi comme son ange gardien..."

"Son ange gardien", se moqua-t-il, "on ne peut pas dire que t'aies fait du super boulot..."

"J'ai remué ciel et terre, je l'ai cherchée partout pendant deux ans.

C'est vrai que c'était faux, trop exagéré mais je n'avais aucun compte à lui rendre

"Et quand enfin je la retrouve, je découvre qu'elle passe son temps à voler dans les supérettes avec une petite frappe et après t'ose me dire que moi j'ai pas fait du bon boulot ?!"

"N'empêche que je suis la meilleure chose qui soit arrivée à Emma, tu l'as cherchée deux ans mais t'étais où le reste de sa vie ?"

Il avait touché un point sensible.

"J'ai jamais dit que j'étais parfait, ce monde est rempli des pires tentations et il s'avère que j'ai un peu de mal à y résister, j'y peux rien c'est ma nature mais je suis là aujourd'hui !"

"Qui t'es à la fin ?"

"Gamin, on était dans la même famille d'accueil, et tant qu'elle était prise en charge par les services sociaux, je pensais qu'elle risquait rien mais à l'époque, j'ai promis de toujours veiller sur elle."

"Et nous on s'est toujours promis de veiller l'un sur l'autre."

Je souris. C'était une histoire que je ne connaissais que trop bien

"Donc tu l'aimes ? J'en déduis que tu veux ce qu'il y a de mieux pour elle."

Quand je dis ça, je compris ce qui m'avait empêcher de dire la vérité à Annie. Je ne voulais pas qu'elle arrête complètement ses études pour moi, je voulais qu'elle ait une vie qui lui corresponde, sans dépendre de qui que ce soit.

Nous n'étions pas du même monde, de toute manière.

"Et c'est ce que j'essaie de lui offrir !"

"Dans ce cas quitte la", dis-je fermement.

"Ça jamais !"

"Elle a un destin à accomplir et toi ce que tu lui offres, c'est une vie de hors la loi, si tu l'aimes épargne lui ça, c'est clair."

Il ne dit rien

"Est ce que tu crois à la magie?"

"En tout cas toi t'y crois..."

"Tu vas y croire aussi, fais moi confiance."

Je le menais jusqu'à ma machine à écrire où j'avais tapé une phrase qui allait tout changer.

"Je vais te montrer un truc, un truc qui va changer la manière dont tu perçois les choses. Une fois que tu auras vu ce qu'il y a là dedans, tu m'écouteras et tu croiras tout ce que je te dirais."

"Oui, tu parles", dit-il, sceptique.

J'avais écrit « Je sais que tu es Baelfire ». Il avait l'air perdu et décontenancé.

"D'accord, je t'écoute..."

Je fus soulagé.

"Il y a des années une malédiction s'est accomplie et elle doit être rompue. Emma est la clé"

Il soupira

J'ai été chargé de veiller à faire ce qu'on attend d'elle et toi, mon ami, tu te retrouves là au milieu sans le vouloir. Je vais te raconter une histoire. Quand j'aurai fini, tu devras prendre une décision : ou tu acceptes de faire ce que tu devrais faire ou tu refuses. Alors est ce que tu es prêt ?"

Je lui narrais toute mon histoire : ma promesse, mon abandon, puis ce que je savais sur la sienne par Merlin : que son père l'avait abandonné parce qu'il voulait garder sa magie, tout ce qu'il était prêt à faire pour le retrouver, bien que Neal n'ai aucune envie de se confronter à lui.

Emma s'était fait arrêter, à la place de Neal. C'était la seule solution pour qu'à sa sortie de prison, elle puisse enfin reprendre une vie normale.

J'ai assisté à son procès, à Phoenix me faisant tout petit. Elle avait pris onze mois. Nous avons eu un échange de regard quand ils l'ont emmenée en prison, elle avait été trahie mais elle n'était pas en colère, elle était triste, triste et déçue.

Deux mois plus tard, je rejoins Neal à Vancouver. Il voulait me parler. Je l'attendis au bord du port. Neal se sentait mal, je le voyais bien mais ce n'était pas mon affaire. Il s'en remettra comme je m'en remettrai pour Annie.

"Je suis venu te parler d'Emma..."

"Tu vas pas essayer de la contacter j'espère", le menaçais-je.

"Je crois que si j'étais sûr qu'elle va bien, j'arriverai mieux à passer autre chose. Elle va bien ?"

"Elle ira bien, elle a pris onze mois."

Il était fou de rage, il bougeait dans tous les sens. Je restais impassible

"Ça aurait dû être moi, c'est moi qui devrait être en taule à sa place !"

"Elle est dans une des prisons les moins dures de Phoenix et non il n'est pas question que je te dise laquelle. Elle va sortir dans quelques mois et tout ira bien, si tu tiens ta promesse, si tu gardes tes distances, elle aura une très belle vie et quand l'heure sera venue elle pourra accomplir son destin."

"Écoute, si je peux pas veiller sur elle, il faut que tu me promettes que toi au moins tu le feras." (J'espérais pour une fois y arriver)

"Je te le promets !"

"Alors je veux que tu fasses un truc pour moi..."

Il sortit de sa poche une liasse de billets, l'équivalent de vingt mille dollars et une clé de voiture. En voyant cet argent, j'étais sous le choc.

"J'ai réussi à fourguer les montres, fais pas cette tête c'est pour elle que je l'ai fait, je veux qu'elle ait la voiture aussi, je me suis arrangé tous les papiers sont en règle y aura pas de soucis comme ça j'aurai l'impression d'être un peu là bas avec elle."

"C'est pas d'argent dont elle a besoin, tu sais pas pour ce qui l'attends..."

"Tu peux lui faire parvenir ?"

Je pris son dû.

Mon esprit s'égara sur ce qu'il pourrait se passer ensuite. Je n'avais plus d'argent, j'avais tout dépensé pour que ma moto soit avec moi pendant le trajet d'avion. Ma promesse du début n'avait déjà plus aucun intérêt.

"Si tu veux !"

"Encore, une dernière chose, si la situation évolue, qu'Emma accomplit sa mission, que cette histoire de dingue s'arrête et qu'elle est libre.."

"Je t'enverrai une carte postale !"

Je partis, lui faisant un au revoir à peine discernable.

Je ne détestais pas Neal, je me reconnaissais un peu en lui, nous avions tous les deux dû vivre dans ce monde que nous ne connaissions pas mais lui ou un autre, ça aurait été pareil.

Je décidais de garder l'argent mais je réussis à envoyer les clés de cette petite voiture jaune à Emma, de manière anonyme.

Avec cet argent, je me suis mis à voyager, à pouvoir être hébergé dans des résidences plus habitables. Et oui, je me sentais très seul.

Un jour, je trouvais dans une poche le numéro de Danielle. Je décidais de l'appeler. Je voulais m'assurer, comme Neal pour Emma, qu' Annie allait bien, qu'elle était heureuse, sans moi.

Danielle n'était même pas en colère contre moi, je lui expliquais que j'avais trouvé une piste pour retrouver mon père et que je ne voulais pas qu'Annie me regrette et qu'elle cherche à me retrouver ou à me recontacter, qu'elle ne pense plus au Sri Lanka et qu'elle avance. Elle m'a dit que je lui avais fait beaucoup de peine mais qu'elle était désormais épanouie. Elle a intégré la CIA et tout lui réussissait.

J'étais vraiment soulagé pour elle mais il y avait un vide incessant que je ne savais comment combler...