J'ai très souvent repensé à cette discussion avec Kaylie, qui m'avait permis de voir les choses dans leur globalité.

Je voulais retrouver Emma, mais je ne savais pas du tout où elle se trouvait, actuellement, où elle avait décidé de se rendre après sa libération de prison. Et puis, je n'avais aucune idée de comment contacter Merlin.

Néanmoins, j'ai décidé de mettre au point un plan et de réfléchir à la manière dont je pourrais faire croire Emma en son propre destin. Avec toutes ces escapades, je reconnu que j'avais accumulé quelques atouts qui pourraient m'aider.

Le premier, c'était l'écriture. Je devais écrire mon histoire : de ma transformation en pantin jusqu'à ma transformation en petit garçon mais il fallait laisser un suspense pour qu'elle comprenne que mon histoire n'était pas finie, que c'était elle qui devait la continuer en rompant la malédiction. Mes deux autres qualités, je dois bien l'avouer, c'était la séduction et le mystère, le mystère était un bon moyen pour qu'elle ait envie d'en savoir davantage sur moi et la séduction pour qu'elle me fasse confiance.

Je gagnais beaucoup d'argent grâce à mon roman, plusieurs centaines de dollars étaient débités de mon compte, un peu tous les mois, encore aujourd'hui et ça m'a permis de vivre comme je le voulais.

Néanmoins, je voulus ne pas dépendre que de ça. Je travaillais en tant que gardien dans une boite de nuit. Je devais également apprendre les arts du combat si jamais une bagarre éclatait.

J'ai fait le Sud de l'Asie, tout ce qu'Annie et moi n'avions pas eu le temps de faire et je me suis retrouvé en Thaïlande où j'étais absolument séduit par ces plages de rêves. Je me disais que je pouvais y rester seulement quelques mois, que rien ne pressait.

Que j'étais pathétique et faible !

J'avais encore échoué, encore épris par ces tentations. Je voulais tout de même continuer à travailler, pas dépendre de mon succès, encore une fois.

Je décrochais un job en tant que professeur de Taekwondo grâce à mes cours de combat, l'année d'avant. C'est dans un de mes cours que j'ai rencontré Isra. C'était une jeune femme de cinq ans de moins que moi, extrêmement belle. Elle avait des origines vietnamiennes. Elle s'était beaucoup attachée à moi, pendant les cours et m'avait souvent proposé des rendez-vous.

Je ne voulais plus m'attacher et être tenté par qui que ce soit. J'ai refusé ses avances pendant plusieurs mois même si je l'aimais bien, elle était drôle et avait du caractère. Elle a accepté que l'on soit juste amis et m'a appris un peu plus le thaï et la culture thaïlandaise.

Un soir, je n'ai pas résisté et j'ai couché avec elle. Mais le lendemain matin, il m'est arrivé quelque chose qui était au delà de mes espérances.

Dès que l'horloge de mon réveil s'est changé en 8h15, j'ai commencé à recevoir une douleur lancinante dans la jambe. C'était totalement incompréhensible, ma jambe devenait du bois.

Pourquoi ?

Je réveillais Isra, totalement paniqué. Elle ne voyait que ma jambe, pas le bois. Elle me prit pour un fou quand je lui affirmais que je voulais me rendre à l'hôpital.

Mais, je n'étais pas fou et j'en étais certain, je me transformais bien en pantin.

Je pris toutes mes affaires et me rendis dans le meilleur hôpital de Hong Kong. Voir tous ces gens malades me donnaient la nausée.

Lorsque je fus dans la salle d'observation, je montrais ma jambe gauche.

Il ne voyait rien.

J'essayais de prouver que je n'étais pas dingue. Je pris un scalpel et me l'enfonça dans la jambe. C'était plutôt malin puisqu'il n'allait pas voir le sang ! Mais il était tellement terrifié et surtout il ne voulait pas chercher à comprendre. Il désirait de suite m'emmener en psychiatrie.

Je m'enfuis de l'hôpital avec toute la vivacité qu'il me restait. La douleur était temporaire. C'était totalement étrange, je n'ai jamais réussi à m'y habituer.

Un homme me prit à part, je me démenais mais il me fit signe de me calmer.

"Qui êtes vous ?"

"Une personne qui peut vous aider, je vous ai entendu raconter ce qui vous arrive, je travaille pour un homme qui résout ce genre de problèmes. Le genre que la plupart des gens ne voit pas, si on y met le prix, il peut tout guérir. On l'appelle le Dragon..."

Le dragon ? J'avais l'impression que c'était encore une blague de mauvais goût.

Je me trouvais dans une grande salle ressemblant à un sanctuaire.

Un homme asiatique avec une barbiche et une toge rouge était assis, tel un bouddha. C'était un homme qui me paraissait très énigmatique.

Je lui montrais ma jambe droite, pour le piéger et vérifier s'il était aussi incroyable que les gens le disent.

"Vous voyez ça ?"

"Non, parce que le problème concerne ton autre jambe"

Je riais, il n'était pas si mauvais. Je lui montrais, ensuite, ma jambe en bois

"Tu deviens un pantin de bois, Pinocchio..."

Je ne pus en croire mes oreilles. Qui était-ce ? Encore un homme de mon monde. Avec Merlin et Neal, ça faisait déjà beaucoup.

"Qui vous a dit comment je m'appelle ? Qui êtes vous ? Vous venez du même monde que moi ?"

"August tu es malade", m'interrompt-t-il, "ne gaspille pas ton énergie à chercher d'où je viens mais à lutter contre ce qui te ronge, ce que tu dois te demander, c'est si je peux t'aider ou pas et la réponse à cette question est oui en effet."

"Ravi de l'entendre", dis-je, soulagé.

"Mais uniquement à certaines conditions. Tu dois me laisser un objet ayant de très grande valeur pour toi... Cela doit être quelque chose de très cher à ton cœur, quelque chose d'irremplaçable..."

Le seul objet irremplaçable était le bracelet d'Annie mais je ne l'avais malheureusement pas sur moi, je l'avais laissé dans mes affaires, à l'hôtel de Hong Kong.

Mais le dragon me montra le collier que je portais au cou.

"Ce collier a été un cadeau de ton père, c'est la seule chose qui te reste de lui, ici. C'est le prix que ton âme devra payer si tu veux être sauvé ! Par ailleurs comme tous les commerçants de ce monde, je souhaite aussi être payé avec des billets de banque, cela te coûtera dix mille dollars. Apporte l'argent ce soir et je te promets que jamais tu ne te transformeras en pantin."

Je n'avais que très peu d'argent liquide sur moi et je ne trouvais aucun distributeur. Je ne savais plus quoi faire, j'étais pour une fois totalement perdu jusqu'à ce qu'une surprenante sauveuse vienne à ma rencontre. Je traînais dans les rues de Hong Kong à réfléchir.

La cliente que j'avais rencontré avant de voir le Dragon m'avait reconnu et me fit signe d'entrer dans le bar où elle se trouvait. Elle était de très bonne humeur pour une malade, j'aurai sûrement dû me méfier. Elle m'offrit une bière. Pour payer, elle sortit une enveloppe avec des liasses de billets.

"Je me suis dit qu'un guérisseur n'accepterait peut être pas la carte de crédit, se moqua t-elle, en voyant ma tête, alors, au seconde chance !"

"Qui aurait cru qu'elle coûterait une telle fortune !"

Je me sentais bien avec cette fille mais c'était différent des autres filles que j'avais rencontré. Je sais que j'avais fait une erreur de coucher avec Isra, j'étais en plein changement, je pouvais, pour une fois, simplement parler avec une fille sans penser à me jeter sur elle, après.

Je le savais, je n'étais plus ce genre d'homme et ça faisait du bien.

"Pourquoi vous l'avez consulté ?", l'interrogeais-je.

"J'ai un cancer, une forme très rare.

Je fus décontenancé, ça me rappelait l'histoire de l'ex d'Annie, ce n'était pas un très bon souvenir cette discussion

"Quand il me l'a annoncé, le spécialiste m'a clairement fait comprendre que j'étais en sursis désormais. Depuis, je parcours le monde pour trouver un remède, j'ai rencontré des médecins, des guérisseurs et j'en passe dans l'espoir que quelqu'un accomplisse un miracle mais ça n'a rien donné et il y a quelque temps, j'ai entendu parler du dragon."

Je commençais à souffrir de la jambe, elle avait l'air compatissante.

"Vous avez quoi vous ?"

"C'est une maladie de peau !"

"De l'acné", ria t-elle, "il y a d'excellentes crèmes pour ça..."

"Oh, si seulement, non, en réalité si la maladie en question se propage, elle me sera fatale..."

"Je suis contente qu'il puisse vous guérir aussi"

Je la remerciais.

"A vous aussi, il vous a demandé un objet personnel ? Qui se ramène avec un objet dans la poche, c'est vrai ? Heureusement j'avais une photo de ma grand mère et moi dans mon portefeuille, du coup, je ne l'ai plus mais bon si j'ai plus de cancer, non plus."

Nous fûmes interrompus par un coup de téléphone. Elle me demanda gaiement de lui garder son sac.

Je m'exécutais mais j'étais complètement dingue de voir tous ces billets dans son sac. Je n'avais que très peu volé dans ma vie, je n'allais pas faire quelque chose de pire que j'aurai jamais pu faire auparavant, mais j'avais tellement mal. Je n'ai même pas réfléchi et je n'ai même pas voulu pensé à sa maladie, que à l'instant où son regard n'était pas sur moi, je fuis avec l'argent.

Il y avait exactement le compte exact. Je m'empressais de rejoindre le dragon, essoufflé.

"Pour un homme qui a passé toute sa vie à fuir, je ne te trouve pas très en forme..."

"Ça devrait s'arranger, vous avez ce que vous m'avez promis ?"

Il me montra l'antidote. Ce remède avait l'air magique, je voyais sa couleur changer quand il l'a remuait.

Je lui donnais la liasse de billet mais ma douleur revint lorsque je vis la photo de ma cancéreuse avec sa grand-mère. Il cacha la photo.

"Notre corps nous envoie parfois d'étranges messages, n'est ce pas ? Le plus difficile n'est pas de les entendre mais de comprendre leur véritable sens... Cette potion t'évitera de te transformer en pantin de bois mais ce n'est qu'un symptôme. Le seul à pouvoir réellement te guérir de ce dont tu souffres, c'est toi !"

Il avait parfaitement raison, et j'en étais conscient mais je n'arrivais pas à devenir la personne honnête que je voulais être depuis le début. C'est peut-être ma nature de pantin mais je pouvais changer, simplement une fois que j'aurai pris cette potion.

J'ai été idiot de ne pas l'absorber de suite, j'ai attendu de descendre l'escalier, me trouvant une cachette.

Mais Tamara m'avait vu, furieuse.

"Qu'est ce que tu fais ? C'est à moi !"

Je préférais courir pour échapper à tout ce monde, pourvu qu'elle ne me pique pas la potion ou qu'elle n'attende pas que je la rembourse. Un couple me bouscula et me précipita au sol, la fiole étant tombée par terre.

Ma jambe me faisait tant souffrir, je ne pus m'empêcher de me plaindre. Je me tordis de douleur, j'étais réellement à l'article de la mort.

Tamara récupéra la potion.

"Je ne sais pas de quoi tu souffres mais tu mérites ce qu'il t'arrive !"

Je ne pus m'échapper de fondre en larme, seul dans la rue étendu par terre. Elle avait vu juste. Je méritais tout ça et peut-être que je méritais aussi de mourir avec toutes les mauvaises actions que j'avais pu commettre. Je ne pouvais pas me résoudre à me faire du mal encore une fois et à faire du mal à mon entourage...

Mais il restait encore des gens bien dans ce monde...

Un homme, ayant vu toute la scène m'offrit sa main et me releva.

C'était un homme assez vieux et bedonnant.

Il m'accompagna en bus jusqu'à ma chambre d'hôtel.

Ce n'était pas n'importe quel homme.

C'était l'Apprenti sorcier. Il était dans ce monde depuis le début de la malédiction et avait été envoyé par Merlin pour que cette malédiction soit enfin rompue. Il n'était pas un hologramme mais un homme comme vous et moi, sans magie, simplement avec des informations très utiles. Il m'annonça que j'avais encore de l'espoir, que ce qui me rongeait était tout simple.

C'était un rappel, celui qu'Emma était à Storybrooke et que grâce à sa venue, le temps avait repris son cours dans cette ville touchée par la malédiction. Et que à ce moment là, je me devais d'être auprès d'elle. Cette douleur était un arrière-goût de ma promesse rompue. La seule manière de me guérir c'était de tout réparer et de faire le maximum pour qu'Emma croit en la magie et puisse rompre le sort.

J'étais soulagé de pouvoir enfin m'en sortir. Il était très compatissant et ne voulait pas que j'abandonne. Il me fit admettre que l'espoir était ma seule option pour m'en sortir.

Il me parla également d'un livre de conte, gardé par un jeune garçon assez spécial, et que l'histoire que j'avais écrit sur ma vie devait se rajouter à ce livre.

Avant de partir pour Storybrooke, je voulu revoir une personne à qui j'avais fait du mal mais qui même à cause de ça, m'avait fait confiance.

Je me devais de raconter à Neal la suite des événements, qu'il avait lui aussi de l'espoir de retrouver Emma. Il fallait au moins que l'un d'entre nous retrouve la femme qu'il avait perdu. Ce serait aussi un moyen pour moi de me pardonner.

Je retrouvais Neal, à New York. Il avait eu une vie plus tranquille que moi. Il avait arrêté le vol et travaillait dans un bar depuis une dizaine d'année. Il avait un appartement et vivait sans crainte. J'étais heureux de le revoir. Je lui racontais que je commençais à me transformer en pantin de bois et qu'il fallait obligatoirement que je rejoigne Emma.

Neal semblait sceptique parce qu'il savait que si elle rompait la malédiction, son père voulait le retrouver et ça le terrifiait de se confronter à lui. Mais c'était peut-être un moyen de réconciliation entre eux.

Quand je le rejoins, la nuit était tombée, Neal me déconseilla de prendre la route. Je ne sais pas pourquoi j'avais mérité autant de gentillesse de sa part.

Mais, ce soir là était comme un dernier repos, avant le grand travail.

Nous sommes allés au bar, comme des vieux copains et avons discuté toute la nuit. Neal était de mon monde et il connaissait tout de moi, je n'avais rien à lui cacher et je me sentais bien. Je lui parlais d'Annie, de tout ce qu'il m'était arrivé. Neal comprenait très bien, il ne m'a pas jugé et a été très amical. Il m'a dit qu'il s'en était sorti grâce à mon intervention et à une femme qu'il avait rencontré qui l'avait beaucoup aidé à trouver cet appartement et à obtenir un job. Je l'avais finalement mal jugé.

Le lendemain matin, il m'accompagna devant chez lui et me souhaita bonne chance. Je gardais ses coordonnées pour le tenir au courant.

En repensant à tout cela, je me dis que Neal et moi étions très liés et pas que par Emma.

Ce qui a provoqué le malheur de tout le monde à Storybrooke, c'était la faute de nos deux pères qui ont voulu tout faire pour nous. Rumplestiltskin voulait tout faire pour retrouver Neal, c'est pourquoi il a créé la malédiction et a manipulé la méchante reine pour qu'elle la lance et d'un autre coté, mon père pensait que si j'étais dans le sort, je redeviendrais une marionnette, c'est pour cette raison, qu'il m'a envoyé dans l'armoire avec Emma et ceci a perduré le sort...