Me voici alors dans cette petite ville où je connaissais la plupart des gens mais aucun d'entre eux ne me connaissaient ou se souvenaient de moi. C'était une situation assez particulière. Je ne devais pas créer de drame, je devais essayer de jouer un rôle. Celui d'un mystérieux étranger venu s'installer à Storybrooke.

Le premier jour a été mon jour de chance.

Quand je fus arrivé, j'interromps la discussion entre une jeune femme blonde et un petit garçon qui devait être son fils. Comme je l'avais vu à son procès, je reconnus tout de suite Emma. J'étais soulagé qu'elle ne me reconnaisse pas. Et le jeune garçon c'était totalement évident : c'était le fils de Neal. Il lui ressemblait comme deux gouttes d'eau.

Est ce que j'en veux à Neal d'avoir engrossé Emma ?

Il ne devait sûrement pas être au courant. Emma avait dû accoucher en prison et elle ne l'avait probablement pas gardé.

Quand je vis le visage de ce jeune garçon, c'était la douche froide. Je venais à peine de quitter son père. Je ne voulais même pas penser que c'était une nouvelle fois ma faute si cette famille avait été séparée.

Ils avaient l'air tous les deux stupéfaits de voir un étranger débarquer en ville, le jeune garçon me demandant même si je voulais y rester. C'était la meilleure façon pour moi de mettre au point tout mon plan : permettre à la sauveuse de croire en son destin.

Il fallait tout d'abord que je trouve un moyen pour me retrouver seul avec elle. Je ne pouvais pas croire que c'était elle qui allait venir à moi.

Je m'installai chez Granny, alias la grand-mère du chaperon rouge. Elle tenait un hôtel et un restaurant, ma foi très agréable et convivial.

Je réfléchis au livre de conte dont m'avait parlé l'apprenti et je compris que le jeune garçon particulier qui l'avait en sa possession était le fils d'Emma et de Neal.

Pas étonnant !

Il avait l'air d'être un jeune garçon malin qui croyait en tout ça et étant tellement certain que personne ne pouvait ni entrer ni sortir de la ville, excepté la sauveuse, quand il me vit débarquer, il avait l'air intrigué.

J'appris par Granny que ce jeune garçon s'appelait Henry et était le fils adoptif du maire de la ville Régina qui était forcément la méchante reine.

Le lendemain matin, je me plaçais exactement en face de la maison du maire. Je tentais de faire croire que ma moto était tombée en panne. Henry me posa beaucoup de questions comme ce que je venais faire ici. Je restais très vague. J'entendis de loin Régina qui ne comprenait pas qui était cette personne qu'elle n'avait pas ensorcelé.

Je me promenais et visitais cette ville remplie de secret.

J'appris que, à peine arrivé, Emma avait été promue shérif.

Le moins que l'on puisse dire c'est qu'elle savait se faire respecter et c'était très encourageant.

Elle habitait avec Mary Margaret, qui n'était autre que Blanche-Neige, sa mère, mais elles ne le savaient pas. La relation entre ces deux colocataires ressemblaient plus à des sœurs ou à des amies qu'à une mère et sa fille, étant donné que le temps n'avait pas d'emprise sur Mary Margaret. Elles avaient l'air d'avoir le même âge.

Il m'est arrivé de m'en vouloir à cause de Blanche-Neige. Elle aurait pu être avec sa fille, si je ne l'avais pas remplacé dans l'armoire, et elle ne l'aurait jamais abandonnée. Je ne sais pas ce qu'elle ferait si elle était au courant mais c'était Blanche-Neige, bien qu'elle soit une dure à cuire parfois, elle est toujours douce et généreuse donc je ne m'en fais pas.

Je devais voler le livre d' Henry et j'appris en le suivant dans l'après midi, qu'il cachait son livre dans une aire de jeu. Je devais trouver un moyen pour le lui dérober.

En réfléchissant, je me rendis au café Granny. Il y avait personne alors qu'il pleuvait.

Je pris un café. C'était ma désintox. Le sexe et l'alcool c'était fini pour moi pendant un long moment.

Il fallait que je pense à des choses plus importantes.

Et voilà que l'une des choses arriva.

Emma vint m'aborder. Elle faisait son boulot de Shérif : vérifier mon identité.

"Vous avez un comportement suspect !"

"Quoi, assis là, dans un lieu public, en train de boire un café, j'ose pas imaginer les réactions que j'aurais provoqué si j'avais commandé un donut..."

Elle était sur ses gardes et c'était très amusant à voir.

Dans toutes les villes où j'ai vécu, aucun shérif ou policier irait voir un homme étranger.

Je la rendais nerveuse. Elle n'appréciait pas ma façon de roder et surtout le fait de m'être entretenu avec son fils.

Elle fut ensuite très intriguée par ma mystérieuse boite où se cachait ma machine à écrire.

J'avais envie de faire durer le suspense. Avec sa nervosité à mon égard, je pris ça comme un jeu et j'aimais m'amuser avec ses nerfs.

"Je vais vous faire mariner, vous allez devoir attendre très longtemps et me regarder la trimballer partout sous votre nez, dans des endroits étranges, mystérieux voire inquiétant. Chaque jour, le mystère deviendra de plus en plus fascinant, votre imagination s'enflammera et votre frustration avec à force d'essayer de deviner sans jamais savoir tout ce qui pourrait être planqué dans cette valise. S'agit-il d'une tête tranchée ? D'une machine infernale ?

Puis je vis une contrepartie qui pouvait davantage m'arranger pour que je puisse me rapprocher d'elle

"Ou alors vous pourriez me laisser vous offrir un verre à l'occasion comme ça je vous dirai immédiatement ce que c'est", dis-je avec une délicate sensualité.

"D'accord, je vous y autorise."

Je lui montrais ma machine à écrire, lui expliquant que j'étais écrivain et que cette ville m'intriguait. Elle avait l'air déçue, je ne savais pas à quoi elle s'attendait.

Néanmoins, j'aurai le droit à un rendez-vous avec elle et c'était déjà la première étape.

Je réussis, le lendemain à me saisir du livre d' Henry.

Je lis, tout d'abord un peu tout. Ce livre était magnifique : grand, doré, avec de très beaux dessins.

L'apprenti m'avait donné des pages adaptées à ce livre. Je réécris mon histoire sur ces pages.

J'avais élaboré un passage à propos de l'île des plaisirs mais j'avais tellement honte et ce n'était pas le plus palpitant.

Cela me prit plusieurs jours pour insérer mon histoire. C'était un travail extrêmement minutieux, je devais démonter le livre puis le rassembler comme il était avec mon histoire en plus.

Une page a attiré mon attention. C'était sur un lac magique, le lac Nostos qui pouvait tout réparer. Et en me promenant dans Storybrooke, je découvris un puits, le puits à souhait. C'était tout à fait captivant de comparer ces deux lieux.

Je savais où je voulais emmener Emma, désormais...

Un après midi, je vis Henry seul et triste. Il était dégoûté d'avoir perdu son livre, mais il allait le retrouver avec une nouvelle histoire. J'avais presque l'impression d'être le père-noël à ce moment là.

Lorsque je partis de chez Granny, je vis dans la rue, la mère supérieure et le psychiatre Archibald Hopper. La mère supérieure était la fée bleue, elle était un peu comme ma mère puisqu'elle m'avait donné la vie. Elle avait empêché mon père de me mettre dans l'armoire et il ne l'avait pas écouté, pour me protéger. C'était encore une personne que j'avais trahi. Je n'avais jamais vu ce psychiatre, avant, mais sa voix me paraissait très familière. Et je savais que les professions avaient un grand rapport avec le genre de personne que nous étions dans la forêt Enchantée. Régina avait bien marqué le coup. Par exemple, toutes les fées étaient devenues des religieuses grâce à leur pureté donc le docteur Hopper devait être Jiminy Cricket, ma conscience. Il était un cricket dans mon monde, pas un humain, c'était plutôt étrange.

Je l'entendis parler d'un certain Marco, son meilleur ami. C'était forcément mon père, c'était évident. Si je le voyais, je ne sais pas ce que je ferai...

Le lendemain, Henry avait été séparé d'Emma parce qu'Emma avait tenu des propos à Régina qui n'avait pas plu à cette dernière.

Emma était interdit de voir Henry jusqu'à nouvel ordre.

Je vis souvent Henry, chez Granny extrêmement seul et perdu. Je pense qu'il avait besoin de quelqu'un parce que sa mère adoptive n'est pas la meilleure personne pour l'aimer. Je ne savais pas comment m'occuper d'un garçon de dix ans mais je l'aimais beaucoup et j'étais le seul à le croire dans ses histoires de conte de fée. Il avait besoin d'une figure paternelle ou simplement d'un ami qui le comprenait, Emma lui ayant annoncé que son père était mort en héros. Je conclus alors qu'elle n'était pas la seule à mentir pour protéger son fils. C'est comme ça que Henry devint un véritable allié.

Tous les jours, nous traînions ensemble, il lut mes nouvelles, nous nous baladâmes dans Storybrooke, nous mangions des glaces.

Regina était au courant de tout ça, elle était même venue me parler un jour en me faisant des menaces, mais elle n'avait rien de solide contre moi et je n'étais pas en position d'avoir peur de la méchante reine. Malgré tous ces grands airs, elle n'avait pas de pouvoirs, elle ne pouvait rien faire.

Le jour de la St Valentin, je croisais Emma dans la rue. Je sentais qu'elle n'avait pas très envie de me voir, mais discuter avec elle m'amusait. Je lui proposais enfin le rendez-vous tant attendu. Elle était encore sur ses gardes et ça devenait moins drôle. Je fus obligé de lui donner mon nom et encore, elle en rajoutait une couche.

"J'ai des principes, je refuse de sortir avec quelqu'un qui me dit pas son nom, ça élimine les mecs qui aiment garder des petits secret comme le fait qu'ils sont mariés ou qui ont un mort planqué dans le congélateur, ravi d'avoir discuté..."

"Je m'appelle August, August W Booth."

"Et c'est pour quoi le W ?"

"Simplement pour Wayne, vous n'avez plus aucune raison pour ne pas me retrouver ici après votre travail !"

Quelques heures plus tard, je vis Emma m'attendre depuis peut-être plusieurs minutes déjà, à l'extérieur du café. Elle discutait avec Granny, en attendant.

Je la fis signe en vrombissant ma moto.

"Vous entrez pas ? On devait prendre en verre ?"

"Bien sûr, mais qui à dit que ce serait là, grimpez !"

"Vous voulez que je monte sur ce terrible engin ? Je peux vous amenez quelque part en voiture !"

Est ce que c'était vraiment monter sur une moto qui la terrifiait ou aller dans un endroit que seul un inconnu voulait l'emmener ?

Je refusais catégoriquement qu'elle me dise « non », je ne pourrais pas supporter qu'une fois, une fille me refuse une invitation, en particulier Emma.

"Moi je voudrais que vous arrêtiez de tout contrôler et que vous ayez un peu foi en moi, vous me devez un verre alors montez !"

Et, malgré mes espérances, ce fut Granny qui la convint en acceptant d'y aller à sa place si elle refusait.

Emma se dirigea vers moi, je lui donnais un deuxième casque et elle se cramponna.

J'avais pour une fois la sensation de l'amadouer malgré son envie de toujours avoir le contrôle.

Nous arrivâmes devant une sorte de pré, où se tenait le puits. J'avais ramené dans mon sac de jolies petites tasses.

Emma pensait évidemment, que ce rendez-vous était synonyme d'alcool et de bar mais premièrement, je ne voulais pas qu'elle s'imagine des choses. Elle était comme ma sœur et la traiter comme les filles que je draguais dans les bars, ce n'était pas envisageable et deuxièmement, cet endroit était idéal pour lui parler de la magie de ce monde, remarquer son esprit sceptique ou non.

Elle faisait encore son boulot de shérif en essayant de comprendre pourquoi je me trouvais ici et ceci m'exaspérait.

"Puits au souhait, vous y croyez vraiment ?"

"Je suis écrivain je dois avoir l'esprit ouvert !"

"Oui mais la magie ?" Se moqua t-elle.

"L'eau est un élément très puissant, depuis la nuit des temps, les hommes ont vénéré l'eau, elle traverse toutes les terres et relie toutes les régions du monde si quelque chose a des propriétés mystiques, si quelque chose doit être magique alors je dirais que c'est l'eau", dis-je en m'appropriant mes cours de géographie.

"Je trouve ça assez dur à croire même avec un peu de foi."

Elle était horriblement sceptique et ça ne m'arrangeait pas du tout.

La plupart des personnes que j'avais rencontré, certes ne croyait pas en la magie mais avait la foi et croyait à des forces supérieures.

En Asie, c'était le lieu idéal pour toutes les croyances.

Annie croyait au destin et aux fins heureuses, Ezra avait la sincère impression que les romans nous aidaient à comprendre la vie et Kaylie a réussi à avoir la foi pour réussir dans son sport.

Toutes ces personnes croyaient en des choses différentes et ça leur faisait ressentir espoir et bonheur.

Mais Emma était beaucoup trop terre à terre et c'était exécrable.

"S'il vous faut toujours des preuves à tout, Emma, vous risquez d'être coincée et de faire du surplace pendant très longtemps..."

"Peut-être ou peut-être je trouverai la vérité avant les autres..."

"Peut-être mademoiselle, j'y crois pas, en tout cas y'a une chose dont je suis sûr, qui ne demande pas à avoir la foi et pour laquelle vous serez d'accord avec moi..."

"Qu'est ce que c'est ?"

"Cette eau est bonne !"

Je reconnus que la suite serait compliquée.

Emma finit par me parler un peu de sa vie, de l'abandon d'Henry en prison, la façon dont Henry l'a trouvé et l'a ramené à Storybrooke mais aussi de toutes ces familles qui n'ont pas voulu d'elle. C'était certainement pour cette raison qu'elle se méfiait de tout et de tout le monde mais j'avais du mal à la comprendre, à ce moment là. Nous n'avions pas vécu les mêmes choses même si notre histoire ici a commencé de la même manière.

Dans la soirée, je mis le livre dans une boite métallique et le posais en dessous de la voiture d'Emma. Elle était heureuse de pouvoir le rendre à Henry. Je voulais qu'elle se dise que c'était le puits à souhait qui avait fait apparaître ce livre mais je ne devais pas me faire trop d'illusions.

Les semaines qui ont suivi n'ont pas été simple pour aborder Emma.

Mary Margaret avait été suspecte pour soi-disant le meurtre de Kathryn Nolan, la fausse fiancée de David alias le prince charmant.

Je pus me consoler en parlant de mes voyages à la serveuse de chez Granny, Ruby, le chaperon rouge. C'était une jeune femme extrêmement sexy et enchanteresse qui aurait très bien pu faire partie de mes prétendantes à l'époque. Même quand j'étais enfant, elle était un fantasme. Elle s'intéressait beaucoup à mes voyages et c'était agréable d'en discuter sans parler de mes erreurs.

Ruby se sentait prisonnière de sa grand-mère et voulait vivre sa vie hors de Storybrooke.

Après avoir découvert le soi-disant cœur de Kathryn Nolan lorsqu'elle était adjointe du Shérif, elle était terrifiée et ne savait plus quoi faire de sa vie. Je suis venue la voir et j'ai essayé tant bien que mal de la rassurer. Elle me faisait un peu penser à Kaylie dans la personnalité. Je l'ai incitée à revenir voir sa grand-mère, et lui affirmais, d'après ma propre expérience, que les voyages pouvaient être merveilleux mais, que l'on finissait toujours par être déçu. On finirait par se sentir seul et avoir sa famille à ses côtés était le plus beau des trésors. Et c'est ce qu'elle a fait.

En entrant dans le café, j'entendis leur discussion et sa grand-mère voulait lui donner le restaurant, elle avait confiance en elle.

Que ne ferions nous pas pour notre famille ?

J'aidais Henry et Emma à tenir le coup avec la condamnation de leur amie. J'incitais Henry à croire aux personnages de son livre. Je lui affirmais que tout ça était réel, que j'étais le guide pour Emma, que je désirais l'orienter vers la lumière et lui faire croire en son destin.

Je retrouvais Emma, quelques jours plus tard, complètement perdue par la situation, essayant de tout faire pour sauver son amie (sa mère). Je lui fis comprendre qu'elle devait reprendre tout à zéro.

Nous retournâmes à l'endroit où Ruby avait trouvé le cœur et nous vîmes un bout de pelle. Emma savait pertinemment qu'elle appartenait à Regina et elle voulait enfin montrer à tout le monde qui était réellement le maire de cette ville.

Son intelligence et sa volonté faisaient plaisir à voir.

Néanmoins, lorsque nous étions à cet endroit, ma jambe recommença à me tordre de douleur. Je sentais la fin imminente. Je ne pensais pas que faire croire Emma pouvait être la solution la plus rapide, ça pouvait prendre des semaines, à quel point elle était sceptique et ma vie serait déjà finie...

En plus de cela, la pelle avait disparu quand elle est revenue demander à Regina un mandat. Elle était certaine que c'était moi qui avait prévenu le maire.

Pourquoi j'aurais fait ça ?

J'étais incroyablement déçu de sa part. J'étais certain qu'elle me faisait au moins confiance et qu'elle m'appréciait au minimum. Je préférais me dire que c'était le coup du stress. Mais, j'espérais qu'elle avait assez foi en moi pour savoir que jamais je ne l'aurai trahie ou menti.

Regina me rendit visite chez Granny, toute fière d'avoir salopé ma relation avec Emma. Elle avait tellement la sensation d'avoir gagné qu'elle me proposa de faire équipe avec elle. Elle commençait à comprendre qui j'étais vraiment mais cela m'était égal, la méchante reine ne m'aidera pas. Je déclinais son invitation et sortis de chez Granny.

Je fus soulagé de voir Emma à la sortie, voulant s'excuser d'avoir douté de moi, comprenant qu'elle n'avait pas fait confiance aux bonnes personnes. Bien que je fus contrarié, je sentais que son geste était sincère et je ne voulais pas lui faire croire que je lui en voulais...

Le lendemain, le bois se prolongea encore jusqu'à mon ventre, ça faisait horriblement mal. Quand ça ira jusqu'au cœur, ce sera fini pour moi. Je désirais faire avancer la situation pour rompre la malédiction ou me sauver.

Je demandais des conseils à Neal, par téléphone. Je ne pouvais pas lui parler de son fils, ce n'était pas mon rôle. Il me conseilla de m'adresser à son père. Le ténébreux. La solution était de me faire passer pour Neal ou plutôt pour Baelfire et d'utiliser sa dague pour qu'il me soigne. Neal était convaincu que la dague était l'arme la plus puissante au monde et qu'elle était magique dans un endroit comme Storybrooke.

C'était un jeu beaucoup plus dangereux que de se confronter à la méchante reine. Mais j'étais capable de prendre tous les risques.

Je crois que Rumplestiltskin ou Mr Gold, comme il se faisait appeler dans ce monde orchestrait un peu tout, ici et donc se souvenait de sa vie d'avant, comme Regina.

Je rodais dans sa boutique, dans la rue. Je remarquais de suite que je l'intriguais.

Je parlais à la mère supérieure sur une séparation douloureuse que j'avais eu avec mon père, qu'il m'avait abandonné et que c'était dur de venir lui parler. Tout ça était vrai dans mon cas mais c'était exactement la même chose pour Neal et lorsque j'entendis la fée bleue rapportée mes paroles à Gold, il se doutait que j'étais son fils.

Je le rejoins près d'une cabane abandonnée. Il croyait savoir qui j'étais et ça marchait, pour un moment. Ce con me donnait envie de pleurer, pas que pour Neal mais aussi parce que ma situation était très proche. « chaque heure que j'ai pu passé je l'ai passé à te chercher... Je sais que je ne peux pas revenir sur le passé ou effacer le temps perdu. Tout ce que je peux faire c'est te demander d'être comme tu as toujours été, je t'en prie sois bon, pardonne moi je regrette tellement mon fils ». Ces paroles avaient l'air sincère, mais cet homme était un monstre, il avait préféré son pouvoir à son propre fils, donc me faire passer pour son enfant et le manipuler ne me gênait pas le moins du monde.

Je l'accompagnais dans la foret où je dus creuser pour prendre la dague. Il me la donna pour que je la détruise. Mais je décidais de l'utiliser contre lui pour le forcer à m'enlever le mal qui me rongeait. Il découvrit le poteau rose tout de suite. Cette dague était peut-être très puissante mais à Storybrooke, il n'y avait aucune magie. J'étais vraiment idiot, à ce niveau là, mais je crois que j'étais encore trop désespéré.

"Alors, à quoi bon garder un objet inoffensif ?"

"Je ne dirais pas qu'il est inoffensif, il a de quoi tailler et trancher la chair, et maintenant tu vas répondre à quelques questions, comment savais tu pour moi et le couteau ? Ici personne n'est au courant !"

"Non personne ici ne peut se le rappeler !"

"Et toi tu as ce don, tu es de là bas, n'est ce pas ? de mon monde ?"

"Le fait que tu poses la question veut dire que tu connais la réponse !"

"Bien, ce point s'étant éclairci

Il m'emporta jusqu'à un arbre et me brandit sa dague jusqu'à mon cou, j'étais sûr qu'il allait me tuer mais j'étais davantage dépité qu'effrayé.

"Si tu sais qui je suis et tu sais qui je suis n'est ce pas, tes chances de survivre à cette rencontre touchante sont plutôt limitées alors pourquoi prendre ce risque ?"

"Parce que je sais que je vais mourir

Il se relâcha.

"Je suis malade et j'ai besoin de magie, je devais convaincre la sauveuse d'y croire mais cette fille est vraiment, je ne vivrais sûrement pas assez longtemps pour voir le résultat."

"Elle a confiance en toi, ça suffira peut-être, essaie encore"

Il partit et me laissa dos à cet arbre

"Tu vas me laisser vivre ?"

"Tu as dit que tu allais mourir comme ça j'y gagnerai peut-être un petit quelque chose !"

Je commençais à le saisir, comme il n'avait pas de pouvoir, il ne pouvait pas me faire du mal. De même pour la méchante reine, il voulait jouer le rôle du méchant mais dans ce monde, c'était beaucoup moins impressionnant que dans la Forêt Enchantée.

Mais contrairement à la méchante reine, nous avions des intérêts communs. Pour retrouver Neal, il voulait absolument que cette malédiction soit levée et il était presque convaincu que je pouvais y arriver. Je lui demandais de l'aide.

Emma avait besoin de lui, en tant qu'avocat pour qu'elle récupère son fils face à Regina. Mais la meilleure solution, de mon point de vue, c'était qu'elle sache d'où elle venait et que Regina était la méchante reine, la femme qui veut le mal de tout ce monde.

Je le retrouvais dans sa boutique, mais quand je franchis la porte je vis un vieil homme. Sa voix était la dernière que j'avais entendu quand j'étais dans ce monde. C'était mon père.

J'étais certain que Gold l'avait fait exprès pour se venger de ma mise en scène de la veille et je ne l'avais pas volé.

Avec mon père, nous partageâmes un long regard. J'étais sous le choc, après toutes ces années. Il n'avait pas changé, c'était le même, mais il ne se souvenait pas de son propre fils, le fils qu'il a toujours rêvé d'avoir. Mais, je savais au fond de moi que je ne méritais pas de le voir, que ma honte face à lui était infinie. Je ne savais pas comment me pardonner. Mais cet homme n'était pas encore mon père, il avait d'autres souvenirs et ne me connaissait pas.

Je ne savais pas ce qui était le pire entre le vide et la honte.

"C'est la première fois que tu vois ton cher papa depuis ton arrivée à Storybrooke. J'avoue que j'ai du mal à comprendre comment un homme qui prétend être à l'article de la mort n'arrive même pas à se résoudre à dire bonjour à son père, dis moi tu as peur de quoi ?" Se moqua Rumplestiltskin. "Et pour un homme dont la fin est censée être proche, je ne te trouve pas tellement pressé de réussir de faire croire Emma en son destin."

"Ce n'est pas moi qui fait traîner les choses c'est elle, son seul objectif en ce moment, c'est d'obtenir la garde de son fils. Elle a prévu de t'engager comme avocat."

"Et toi tu voudrais que moi, je la renvoie vers toi ?"

"Je sais que je vais y arriver, elle va y croire fais moi confiance"

Il ria.

"Ne te vexe surtout pas mais sachant qui tu es et quelle est ta vraie nature, je trouve que c'est beaucoup demandé, rassure toi, je vais faire en sorte de te donner un petit coup de pouce."

Gold avait réussi. Emma se rendit dans ma chambre d'hôtel et accepta que je l'aide à vaincre Regina.

Je l'emmenais, lui prétextant que je voulais lui parler de moi, jusqu'à l'endroit où j'avais rencontré Judy et Paul, à Boston, près de l'orphelinat. Ce lieu était inscrit dans l'article de son abandon. C'était ici qu'elle a cru être trouvée.

Quand elle mit pied à terre, elle était furieuse. Elle connaissait cet endroit. Elle avait dû s'y rendre pour connaître des réponses sur ses origines.

"Je croyais que tu m'avais fait venir pour me parler de toi ?"

"C'est le cas, ça c'est mon histoire et c'est aussi la tienne..."

"Qu'est ce que ça veut dire ?"

"Le garçon de sept ans à peine qui t'a trouvé, c'était moi !"

J'avais l'impression de remonter le temps, 28 ans en arrière. L'instant où tout a commencé.

Je l'emmenais dans la forêt. Je lui expliquais que j'avais menti sur l'endroit où je l'avais trouvée pour la protéger de cet arbre. Elle n'arrivait pas à me croire. Mais je la convainc en lui affirmant qu'elle était enveloppée dans une couverture et que le prénom Emma était brodé dessus avec du fil violet et ça, ce n'était pas dans l'article.

Je dus enfin dire toute la vérité :

"Tu as bien lu le livre d'Henry ! Tu es au courant pour la malédiction et le rôle que tu dois jouer ? Tout est vrai Emma, on nous a tous les deux envoyés dans ce monde, à travers cet arbre..."

"En fait tu me demandes de croire que tu es un personnage de conte ?"

"Pinocchio."

"Pinocchio, bien sûr ça explique les mensonges", se moqua t-elle, "alors c'est toi qui a ajouté les pages aux livres d'Henry. Et t'es même pas un si bon menteur, pourquoi t'as pas ajouté une fin à ton histoire ?"

"Parce que c'est ça la fin, toi et moi on l'écrit maintenant."

"Et comment c'est censé se terminer ?"

"Par toi qui croit en ton destin..."

"Ça n'arrivera jamais..."

J'avais échoué.

Ma jambe me faisait encore mal. C'était incessant.

Je n'avais plus d'autres choix que de lui montrer ma jambe de bois, peut-être qu'elle la verra, peut-être qu'elle refusait juste d'y croire volontairement pour ne pas penser réellement que Mary Margaret était vraiment sa mère. Mais si elle y croyait juste un peu, ça pouvait marcher.

Elle n'était pas comme ces médecins ou Isra. En parlant d'Isra...

"T'es déjà allée à Phuket en Thaïlande, c'est vraiment une île magnifique, le paradis, des plages de rêve, l'endroit idéal pour tout oublier, c'est là bas que j'étais au moment où toi t'as décidé de rester à Storybrooke..."

"Comment tu peux savoir quand j'ai décidé de rester à Storybrooke ?"

"Je le sais parce qu'à 8h15 ce matin là j'ai été réveillé par une douleur lancinante dans la jambe il était 20h15 à Storybrooke, ça te rappelle quelque chose, c'est à cet instant précis que le temps a repris son cours ici, normalement j'aurai du être à tes cotés, mais j'y étais pas je me trouvais à l'autre bout du monde, c'est pour ça que j'ai eu un rappel cuisant de l'engagement que j'avais pris et que j'ai pas su tenir, si cet arbre ne peut pas te faire croire en ton destin peut être que ça ça pourra"

Je remontais ma jambe de pantalon

Elle ne la voyait pas.

J'avais l'impression que tout ce que je pouvais dire ou faire ne servait plus à rien. J'étais ensorcelé par mon propre sort, je n'avais plus d'espoir pour m'en sortir, plus rien. J'étais à la fois en colère contre elle et contre moi et je me sentais déplorable pour tout.

"En fait t'es encore plus dans le déni que je le croyais, ça t'empêche carrément de voir la réalité, après tout ce qu'il s'est passé ces dernières semaines, pourquoi tu veux pas ouvrir les yeux ? Tout le monde, moi y compris, a besoin de toi !"

"Tu veux dire que je suis responsable du bonheur de tous les habitants de la ville c'est pas possible, j'ai jamais demandé à l'être et je veux pas l'être..."

"Pour l'instant mais y'a quelques temps tu voulais pas non plus d'Henry et puis il est venu te voir et maintenant t'es prête à te battre jusqu'au bout pour lui..."

"Pour lui uniquement parce que c'est tout ce que je peux gérer à l'heure actuelle et même à ce niveau là, j'ai l'impression de ne pas assurer alors viens pas me dire que je dois sauver tout le monde c'est complètement ridicule, je ne veux pas être mêlée à tout ça."

Elle était en larmes

"Tu vois c'est bien dommage parce que c'est la vérité, que tu le veuilles ou non, tu es notre seul espoir !"

"Alors vous êtes tous mal barrés !"

J'avais trouvé les mots justes pour Kaylie mais après tous mes efforts, je n'y arrivais pas avec Emma, elle n'y croyait pas et je ne pouvais plus rien faire.

J'étais perdu.

J'avais beaucoup abandonné pour que ça marche. J'avais abandonné la femme que j'aimais pour Emma et ça m'avait fait du mal par la suite et maintenant, j'allais me retransformer en pantin de bois et je savais encore que c'était ma faute. Je me sentais très fatigué, comme un vieil homme à qui il manquait des membres.

Mais, il fallait que je fasse un dernier truc bien pour moi. Mon souhait le plus cher était de passer mes derniers instants avec ma seule famille.

Mon père était le menuisier de la ville.

Après avoir ramené Emma chez elle, sans mots, je circulais devant l'atelier de mon père.

Il essayait de réparer une petite horloge que lui avait donné Mr Gold, quand je suis passé. Cette horloge était mon jouet, quand j'étais enfant, c'était un jolie petit souvenir. Je lui dis comment la réparer. Il était heureux et me fit un sourire. Je le lui rendis, amicalement avec un poids lourd au cœur.

"Qui vous a appris ça ?"

"Mon père ya longtemps !"

"Il doit être très fier de vous."

"Oh ça j'en sais rien je crois que je ne suis pas devenu l'homme qu'il voulait que je sois..."

"Et vous avez essayé de vous rattraper ?"

"Je lui ai fait une promesse, ya déjà un bon bout de temps et quand j'ai enfin eu la possibilité de l'honorer, je crois que c'était trop tard..."

"Donc vous avez tenu votre promesse, vous avez reconnu votre erreur et vous avez essayé d'arranger les choses, c'est ça le plus important, si j'avais un fils ça me suffirait amplement !"

C'était la phrase la plus réconfortante que j'ai pu entendre jusque là. Peut-être que mon père n'était pas conscient mais entendre ces paroles de sa bouche m'apaisait. Je voulais continuer à passer du temps avec lui. Savoir ce qu'il était devenu. Mon père était toute ma vie et j'avais besoin de ne pas finir ma misérable existence, tout seul...

"Vous avez l'air de manquer de personnel ?"

"Oh je me débrouille."

"Je voulais vous demander ça vous dirai d'engager un assistant ?"

"Je ne pourrais pas vous rémunérer..."

"Ça ne fait rien j'ai juste envie de réparer des trucs..."

Il était absolument adorable. Il avait gardé son empathie et même si je n'étais pas resté très longtemps, il m'appréciait. Lui aussi était souvent seul, dans son atelier et avait besoin d'un peu de compagnie et de jeunesse pour le rassurer.

Je passais la journée avec lui et ça me faisait presqu' oublier ma situation. Je me sentais épanoui et accepté et ma honte était un peu envolée.

Néanmoins, après une discussion avec Henry, il y avait une petite chance d'être sauvé.

Ma vie était désormais entre les mains d'un jeune garçon.

Et non ? C'était trop tard.

Emma frappa un long moment à ma porte et elle me vit, distinctement, allongé sur mon lit comme un mort. Elle était confuse mais je ne pouvais plus rien faire pour elle, j'étais immobile et impuissant.

C'était fini... Mais j'étais rassuré, depuis que je suis arrivé dans cette ville, je n'ai pas fait de mauvais pas. J'ai été honnête avec le plus de gens possible et j'ai été présent pour Emma, mon père et Henry... Je m'étais enfin pardonné...