La suite, vous la connaissez mieux que moi.
Lorsque la malédiction fut brisée et comme la magie était revenue, je pus bouger mais j'étais encore un pantin de bois. Je m'étais peut-être pardonné mais ça ne suffisait pas, je devais être sincère, altruiste et courageux.
Et je ne l'étais pas assez.
C'était un combat que je devais livrer seul, personne ne pouvait m'aider. J'étais le seul et unique responsable de mes erreurs et j'avais encore honte que mon père, maintenant conscient me voit dans cet état. Je m'étais déjà confronté à Blanche-Neige, c'était déjà beaucoup. L'espoir l'avait aidée à retrouver son prince mais moi il m'avait fait du mal pour retrouver mon père.
J'ai tout fait pour moi, pour honorer ma promesse et pour être guéri et je comprends que c'était égoïste et lâche. Je devais donner ma vie et me sacrifier pour ma famille, toute ma famille. J'aimais profondément ces habitants (les strorybrookiens?) et je voulais les protéger même si ça pouvait coûter ma propre vie. Et c'est ce qui est arrivé, mais la fée bleue m'a retransformé en petit garçon sans souvenir et même si mon père était heureux de me retrouver, tous les deux, nous étions obligés d'échapper à la vraie réalité.
Beaucoup de choses se sont passées et à cause de mon sort, je ne me sentais responsable de rien et c'était pire que tout. Neal était mort pour ressusciter son père et je n'ai rien pu faire. Régina avait eu la chance d'être pardonnée après toutes les erreurs qu'elle avait commises même si elle était certaine que les méchants n'avaient pas le droit au bonheur. Je trouvais cette affirmation très hasardeuse parce qu'on ne peut pas dire que je sois dans la catégorie méchant.
Et pourtant, je n'avais pas eu le droit à une fin heureuse, à ce moment là. Je ne sais même pas si être avec mon père est ma vraie fin heureuse. Mais je suis convaincu que tout n'est pas tout blanc ou tout noir, même pour des personnages de conte de fée. Qui pourrait penser que la méchante reine pouvait changer ? J'ai pu suivre son évolution et c'était très encourageant.
Et puis, lorsque Gold m'a retransformé en adulte, je ne m'étais jamais senti aussi bien même si il l'avait pour lui. Je préférais davantage avoir fait des erreurs que de ne pas me souvenir que je les avais faites, parce que ces erreurs qui me sont arrivées dans ce monde m'avaient fait grandir, elles faisaient partie de moi, sans elles je ne serais pas August.
J'avais fini par m'accepter et être un enfant amnésique m'avait forcé à tout recommencer et ce n'était pas mon souhait, ce n'était pas la seconde chance que je voulais. Lorsqu' Emma m'a secouru quand je suis redevenu moi même, elle m'a dit qu'elle était heureuse de ne pas avoir attendu vingt ans pour me retrouver tel que je suis. Je m'étais formé une personnalité bien à moi et Emma m'appréciait en tant qu' August et non comme ce jeune garçon Pinocchio, timide et naïf. J'avais changé et j'étais enfin la personne que je voulais être mais maintenant il fallait que je sois comme la personne que mon père voulait.
Ce n'était pas simple pour lui que le garçon de 7 ans qu'il connaissait si bien puisse se transformer en un homme de 38 ans qui avait eu un grand rite initiatique.
Peu de temps après que je sois redevenu August, le moment final de mon histoire commença. Avoir une discussion sérieuse avec mon père sans avoir honte de moi.
Je rentrais chez moi, chez lui, presque comme d'habitude. Je sonnais à la porte... Il était sous le choc. Il me reconnaissait comme son assistant pendant la malédiction mais il n'était pas idiot il avait compris qui j'étais. Finalement, je reconnus que c'était lui qui avait honte.
"Je crois qu'il faut qu'on parle, enfin, Papa !"
"Tu as raison", soupira t-il. "Tu as tellement changé. Le temps a eu un si grand impact, je n'arrive même plus à te reconnaître, c'est affreux."
"Oui mais c'est toujours moi. Est ce que après tout ce qu'il s'est passé, après ma promesse rompue et le fait que j'ai grandi, tu me vois encore comme ton fils ?"
"Évidemment, mais pour ce qui est du changement, ça prendra du temps pour s'y habituer, mais c'est ça qui est amusant, je serai ravi de savoir ce que tu es devenu. En ce qui concerne ta fonction de fils, tu l'es toujours et je t'aime. Ce sont les mots les plus importants à dire dans une vie et je t'avais dit il y a quelques années que avoir un fils me suffisait amplement et c'est toujours le cas, avec toi. Et pour tes erreurs tout est de ma faute, je sais que rien de ce que je dirai ne pourra rattraper ce que j'ai fait ce jour là, j'ai menti à tout le monde et je n'aurai pas dû. C'est dur encore de regarder Blanche et de faire comme si de rien n'était parce qu'à cause de moi elle ne se serait pas séparée d'Emma et toi, je ne peux pas imaginer tout ce que tu as pu vivre, par ma faute, tu as vécu ta vie seul."
"Tu ne faisais que me protéger ! N'importe quel père l'aurait fait..."
"Non, je t'ai fait porter un horrible fardeau qu'aucun enfant devrait avoir à porter, j'ai prétendu que c'était par amour. Et je le vois encore, ça te hante, et j'ai peur que ça te hante toute ta vie, si tu as vécu toutes ces choses que j'ai hâte de t'entendre me raconter, c'est de ma faute, j'aurais du te garder et te protéger... Je crois que je suis peut-être le seul mais j'en veux encore à Régina d'avoir lancé cette malédiction qui nous a séparé."
"Tu ne devrais pas. Tu sais, si la malédiction n'avait pas été lancée, tu serais sûrement mort avec l'age, à l'heure qu'il est et je serais seul mais là après toutes ces années, toutes ces épreuves qu'il a pu m'arriver, ça m'a fait grandir, et ça m'a fait réaliser beaucoup de choses et je suis heureux que après tout ça, un nouveau chapitre se tourne enfin et je suis convaincu que désormais malgré mes erreurs, malgré ma honte, malgré mes peurs, tu seras toujours présent pour me tendre la main et moi aussi, je serai là pour toi, à chaque coup dur, à chaque doute. Je ne sais pas ce que l'avenir nous réservera et je suis heureux de le découvrir car je suis enfin la personne que je rêvais d'être depuis tant d'années et surtout je suis avec la personne que j'aime le plus au monde... Alors laisse moi t'aimer, laisse moi être enfin le fils que tu as toujours désiré !"
"Tu es le fils que j'aime et, tu sais quoi, que tu me dises ça, ça prouve que je n'ai jamais été aussi fier de toi ! Pinocchio !"
"August, je veux que tu m'appelles August, maintenant !"
"Soit, mais je ne peux pas te garantir que je m'y habituerai, blagua t-il ! Je ne peux pas me faire à l'idée que mon petit garçon ne reviendra pas..."
