Mot de l'auteur : Aujoud'hui, c'est quoi ? Cette chose ? Ce machin ? Le journal intime. De qui ? D'Adrian. Attention : Ça va piquer les yeux.
Note : JKR a révélé dans une interview qu'Anthony Goldstein était de confession juive. Malgré le ton léger de l'OS, il ne s'agit en aucun cas d'une moquerie sur cette religion, dont le thème sera à nouveau traité plus tard. Il s'agit de l'expression du point de vue de Adrian qui ne la connait pas.
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L'illustre Inconnu
"Il ne m'a pas frappé cette fois ; juste dit d'aller me faire foutre. Je crois qu'il commence à bien m'aimer." - Adrian Pucey
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Quatre Décembre.
Bout de Papier,
Je n'ai jamais utilisé de journal intime. Mère me l'a offert pour "combler ma solitude". Comme si j'étais solitaire. Raconter sa vie c'est pour les idiots, les gens qui n'ont pas d'amis.
Pas moi.
Dix-Huit Décembre.
Honorable Parchemin,
J'ai peut-être une chose à écrire.
J'ai surpris Marcus en train de fricotter dans les toilettes avec Wood. Dans la précipitation, il a remonté sa braguette trop vite et s'est coincé les bourses. Son hurlement a retentit dans tous l'étage. Wood a acheté mon silence pour vingt gallions. La version officielle est qu'ils se sont encore battus au détour d'un couloir. Par solidarité, j'ai gardé une minute de silence en me mordant la lèvre, car c'était quand même hilarant. Je n'ai éclaté de rire qu'une fois l'infirmerie quittée. Terence me harcèle pour savoir la vérité, mais je n'ai qu'une parole.
Dix-Neuf Décembre.
Ami Innanimé,
Cette journée était naze. Le verdict est tombé : Marcus sera exceptionnellement remplacé par Terence pour le prochain match. Il n'est pas sorti de l'infirmerie. C'est triste ça, nous sommes capables de faire repousser des os, mais il n'existe rien pour accélérer la réparation des scrotums. C'est l'accident le plus stupide de l'année.
J'aurais peut-être du refuser les 20 gallions de Wood. J'aurais peut-être gagné plus en revendant l'information à Crivey.
Note pour plus tard : Mettre le souvenir dans un flacon et le revendre quand Marcus sera au sommet de sa carrière.
Vingt-Deux Décembre.
Précieux Document,
Il neige. Je n'aime pas la neige. C'est froid, humide. J'ai faillis glisser dessus en allant en cours d'astronomie. Heureusement que je me suis rattrapé de justesse sinon la saison de Quidditch aurait été lamentable pour Serpentard. Malfoy joue comme un pied, ce qui devient vraiment frustrant. Les bons joueurs se perdent. Quoique, il est vrai que comparé à lui, nous autres paraissons encore meilleur. C'est un mal pour un bien.
Mon nez coule, je crois que j'ai attrapé froid. Je hais la neige.
Vingt-Trois Décembre.
Confident Littéraire,
Je n'ai pas eu envie de rentrer au manoir pour Noël. Mère se dispute de plus en plus avec Père. Une histoire d'adultère je crois - les deux, qui plus est, si j'ai bien compris ! Le mariage est une imbécilité civile. J'espère y échapper.
Ici tout est calme, le château est quasiement vide. Marcus s'est remis de ses blessures. On se marre bien avec Terence.
Nous sommes allé à Pré-au-Lard cet après-midi. L'ambiance était plutôt bonne, jusqu'à ce qu'un crétin de Serdaigle nous percute en essayant de rattraper son hibou indiscipliné. Il s'est excusé et a filé vers le château en dérapant dans la neige. Marcus l'a traité de sale "juiphe". Terence a renchérit et nous avons fait comme si nous savions ce que ça voulait dire.
Le garçon n'est pas dans notre année, j'en suis sûr. Je me serais souvenu de son regard.
Bleu comme la mer.
Vingt-cinq Décembre.
Outil Secret,
Je n'ai rien trouvé concernant le mot de Marcus. J'ai pensé à ce que ce soit le nom d'un pays ou d'une région nordique - le garçon avait une tête scandinave. Je n'ai rien trouvé sur un endroit que je pense être la Juivie, ou Juiphie. C'était frustrant. Je n'ose pas demander à Mère, elle me dirait que je suis un inculte.
En parlant de Mère, j'ai reçu un hibou de sa part. Elle m'a offert un magnifique livre sur le Quiddtich, dédicacé par Krum. Je l'ai caché avec toi, Outil Secret. J'aimerai m'en vanter, mais je préfère l'avoir en sécurité.
Le cadeau de Père m'a déconcerté en revanche. C'est un livre pour apprendre le Fourchelang. A moins qu'il se soit rappelé de ma fasciniation pour les serpents, je pense qu'il a juste eu de la chance. Enfin, pour une fois il n'a pas visé à côté et l'ouvrage est assez intéréssant. Il n'est pas neuf, je crois qu'il doit venir de sa réserve personnelle. C'est ce qui rend la chose la chose encore plus étrange.
Je dois m'entrainer avec Terence et Marcus cet après-midi. L'avantage des vacances, c'est qu'il n'y aura pas la tribu Weasley pour nous déranger sur le terrain.
Vingt-Six Décembre.
Conseiller Insoupçonné,
Lors de l'entrainement d'hier, j'ai appris beaucoup de chose. Terence m'a dit que d'après Parkinson qui connait toujours tout sur tout, le Serdaigle est en troisième année - un an de moins que nous, donc. Son nom est Goldstein (j'avais donc en partie raison sur ses origines) et il sortirai - je mets un doute sur les potins de Pansy -, avec cet idiot de Davies. Ambitieux, le jeune, mais aucun goût. Davies est un crétin d'un ennui mortel. Un Serdaigle, en somme. Enfin, si cette rumeur est vraie, Davies est donc gay, ce dont je doute car il s'affiche toujours avec les pottiches Gryffondor.
Et je ne suis pas seul à avoir fait des recherches sur le mot de Marcus. Terence m'a dit que c'était le nom d'une religion. Peut-être un sang-de-bourbe ou un sang-mêlé dans ce cas, car je ne connais rien aux religions moldues. Il parait que dans un temps mes ancêtes étaient anglicans. L'affaire m'intéresse, je veux savoir.
Vingt-Sept Décembre.
Complice de Papier,
Par le caleçon de Merlin, je l'ai fait ! Je ne peux le dire à personne. Ce serait une honte. Rends-toi compte, Complice de Papier, que ce serait un scandale si ça se savait. Je suis allé dans la bibliothèque cette nuit. Jusque là, rien d'exceptionnel, j'y vais régulièrement pour avancer mon travail lors de mes insomnies. Mais cette fois, j'ai bravé les interdits que je m'étais fixé. Je suis allé, rends-toi bien compte, dans la section des livres des moldus. Mère en ferait un malaise, Père me crucifierait sans aucun doute. Mais passons, j'ai trouvé ce que je cherchais mais Rusard à bien fallis m'attraper ! Je suis parti en vitesse, mais j'ai retenu certaines informations.
La juivie n'existe pas, c'est donc bien une religion (d'ailleur, ça s'écrit "juif", et non "juiphe", je dois le corriger). On y parle d'un homme de Dieu ayant séparé la mer en deux, mais il n'y a aucun doute qu'il s'agissait d'un sorcier.
J'ai rapidement retenu d'autres bricoles et quelque noms, mais je suis fatigué et mon rhume persisite. Je vais m'allonger.
Vingt-Huit Décembre.
Camarade Lettré,
Les vacances se terminent dans une semaine. Aujourd'hui, Terence et moi sommes allé avancer du travail à la bibliothèque, pour avoir nos soirées libres après les vacances. Il faut dire qu'il y a tellement peu de choses à faire...
Goldstein y était, plongé dans les livres de la section de Potion. Je me rappelle avoir fait de même l'année dernière, quand Rogue nous a donné un devoir particulièrement complexe durant les vacances. Durant un moment de pause, je suis allé le voir - nous étions cinq au total dans la bibliothèque.
J'ai réussi à lui parler un peu mais je n'ai eu que peu d'informations. Son prénom est Anthony. Il était surpris que je vienne le voir. Nous avons un peu discuté et j'ai pu voir qu'il est gaucher. Nous avons un peu parlé de Quidditch et il a reconnu que j'étais plutôt bon joueur - je me suis retenu de dire que j'étais plus "meilleur" que "plutôt bon". Il n'a rien dit sur Davies, ce qui était dommage car j'aurai voulu pouvoir devancer Parkinson à la rentré.
Par pitié, je lui ai indiqué de meilleurs ouvrages pour son devoir - qui n'était pas fameux du tout. Pour un Serdaigle, j'ai bien apprécié notre conversation. J'ai voulu me rappeler de quelques chose pour faire croire que j'étais un connaisseur. Je crois d'ailleurs que c'est à ce moment que j'ai fais une erreur.
Quand il a voulu partir, au moment de nous serrer la main, je lui ai dis que je trouvais également qu'Adolf était un type sympa, qui avait fait beaucoup pour notre monde. Je voulais juste l'impressionner. Son attitude a immédiatement changé, il a fermé son livre d'un claquement sec et m'a giflé avec avant de partir en me lançant un regard noir !
Ma joue me fait mal, Terence s'est bien foutu de moi et j'enrage.
Quelque chose m'échappe, il va falloir que je relise attentivement ce livre.
Vingt-Neuf Décembre.
Ami Relié,
Je suis retourné dans la bibliothèque cette nuit - Merlin m'en préserve !
Il semblerait qu'en effet, je me sois plutôt trompé. Les dirigeants moldus sont curieux. Un homme petit, laid et brun a décidé un jour de créer une race suprême ("Ariens", si je ne me trompe pas) blonde aux yeux bleus - quel comble. Encore un qui aurait du se regarder dans une glace. Le Adolf que je pensais être plutôt sympathique est responsable d'un immense génocide de "juifs" mais également de personnes handicapées ou d'autres origines. Si cela ne s'était pas passé plus tôt dans l'histoire, j'aurais pensé qu'il aurait tenté de copier Celui-Dont-Le-Nom-Ne-Doit-Pas-Être-Prononcé. La situation me laisse perplexe par rapport à Goldstein - je ne crois jamais avoir dit une telle idiotie avant.
Ce dernier m'ignore proprement, ce qui est gênant au vu que nous ne sommes qu'une poignée à être resté au château. Terence me demande ce qu'il s'est passé. Je n'ose rien lui dire. Je vais trouver un moyen de me rattraper.
Trente Décembre.
Journal,
Mère m'a envoyé un nouveau hibou ce matin. Père est malade. Je me disais aussi qu'il y avait quelque chose d'étrange dans son comportement.
Trente-et-un Décembre.
Inséparable feuillet,
Demain a lieu une petite fête dans notre salle commune pour célébrer la nouvelle année. Nous sommes si peu nombreux que Terence a décidé d'inviter quelques élèves des autres maisons. Marcus a râlé - moi aussi d'ailleurs -, mais il est vrai que nous sommes cinq au total chez Serpentard.
Terence a demandé à un de ses cousins de nous faire parvenir de la bierraubeurre par hibou, ainsi que quelques gâteaux pour la soirée. C'est en allant les chercher que nous sommes à nouveau tombé sur Goldstein qui essayait d'attraper son courrier en dépit de son hibou capricieux qui le faisait courir partout dans la volière. Un animal stupide, mais assez drôle finalement.
Terence est allé receptionner nos affaires et pendant ce temps, je me suis amusé à regarder Golsdtein se faire malmener. Puis c'était épuisant, alors je l'ai aidé à attraper son hibou. Cette sale bête m'a mordu le doigt et je me suis retenu de la fapper. J'ai essayé de me rattraper envers Goldstein, mais il semblerait que je ne sois pas doué pour ça. Dire que j'avais fait un effort pour m'excuser - ce qui n'arrive presque jamais. Pas que je sois orgeuilleux, ou un peu, mais j'ai souvent raison, alors dans ce cas m'excuser ne sert à rien.
J'ai donc dit que j'étais désolé, mais qu'il n'avait pas à prendre mal mon commentaire, car - et c'est vrai -, si cette guerre stupide avait éclaté aujourd'hui, il serait encore en vie de toute façon, étant blond aux yeux bleus. Cette dernière phrase devait être un compliment. A la place, Goldstein m'a traité de connard et m'a donné un coup de pied dans le tibias. Il a aussi lâché son hibou d'un coup, ce qui m'a déséquilibré et je suis tombé par terre. Sa lettre à la main, il a quitté la volière en me hurlant de ne plus jamais l'approcher.
Je ne sais pas si c'est la neige ou la chute, mais ses yeux bleus étaient particulièrement beaux ce jour-là.
Premier Janvier.
Compagnon de Graphie,
Selon un certain point de vue, il semblerait que j'ai encore fait une erreur. Immense, cette fois. Pas les petites bourdes, les maladresses que j'ai déjà commises - non, rien de tout ça. Encore pire que lorsque Potter a avalé le Vif d'Or. Pire que lorsque Goyle a vomis sur la robe neuve de Parkinson et qu'elle lui a jeté un maléfice cuisant. Pire que Marcus se coinçant les bourses. Vraiment, pire que tout.
Mes ancêtres - paix à leur âme -, vont me maudire sur des générations entières.
Mes parents - s'ils venaient à le savoir -, seraient anéantis. Mère en ferait une attaque et Père m'enverrai rejoindre les Elfes morts dans le jardin - à condition qu'il soit guéri, car je n'ai plus de nouvelles de lui.
La nouvelle année à été merveilleuse. Du moins, c'est ce que j'en pense.
De toute les personnes dans notre salle commune, personne n'a gardé de souvenir précis ; nous avons tous été malade. Il semblerait que les bières fournies par le cousin de Terence aient été artisanales - et je veux dire par là, illégales. J'ai le vague souvenir de Marcus ayant arraché la chemise brodée de Terence quand celui-ci a traité Wood d'idiot sans cervelle.
Je me souviens également que nous nous sommes amusé à faire une course dans les escaliers jusqu'à la Salle Commune des Gryffondor. Arrivé en dernier, Terence a eu pour gage de faire une déclaration d'amour à la Grosse Dame. Cette vache a hurlé et nous nous sommes séparés pour que ne pas que Rusard nous attrape.
C'est là qu'est le drame. C'est là que je ne me souviens de rien.
Il y a donc un intervalle de cinq heures de blanc durant lequel je n'ai pas de souvenir ; cinq heures de blanc entre le moment où nous avons fui Rusard, et celui où je me suis réveillé dans la tour de Serdaigle.
Avec Golsdtein.
Nus.
Outre le fait que je me sois envoyé en l'air avec un sang-mêlé sans titre, c'était... intéréssant.
La situation ne m'était pas vraiment inconnue, mais elle avait un petit goût inédit merveilleux. Plusieurs choses se sont donc déroulées, passé ce moment de stupeur. Dejà, j'ai pu constater qu'il était vraiment gay - plutôt une bonne nouvelle, donc. Ensuite, il a une jolie peau lacté, une constellation de grains de beauté sur l'omoplate gauche. Il dormait avec ses cheveux en pagaille devant les yeux.
C'était assez sexy.
Jusqu'à ce qu'il se réveille. Le choc a semblé immense pour lui, car il s'est levé si précipitement qu'il a faillis tomber du lit. Après, il est devenu rouge, ce qui a davantage fait ressortir la couleur de ses yeux. Puis il s'est lamenté, s'est excusé - je n'ai pas compris beaucoup de choses. Mais il semblerait néanmoins que Parkinson ait eu raison ; il sortait bien avec Davies et m'a fait jurer de ne jamais répéter notre petit "écart". Je ne sais pas ce qu'il m'a pris d'accepter sans contrepartie.
Paniqué, il m'a jeté mes habits au visages et traité de pervers parce que je prenais le temps de le regarder s'habiller. Il m'a quasiment mis dehors, et j'ai rejoint notre Salle Commune, histoire de me doucher avant de prendre le petit déjeuner dans la Grande Salle. Terence dormait encore, nous n'étions même pas une dizaine et nous avions tous une sale tête. Goldstein y était, et il a mangé très vite. Il a évité mon regard et est partit sans terminer sa pomme. Je l'ai prise et la lui ai rapportée. Il m'a à peine remercié du bout des lèvres, le regard fuyant. La situation était trop belle, alors je lui ai demandé si en échange de mon silence, il serait prêt à retenter l'expérience.
Il ne m'a pas frappé cette fois ; juste dit d'aller me faire foutre.
Je crois qu'il commence à bien m'aimer.
C'est tout pour cette fois !
Comme promis, c'était un petit morceau sur leur relation, relatant entre autre leur rencontre, mais aussi plus centré sur Adrian et son personnage. Ses pensées, ses envies, sa vie. Assez perfide, intéréssé, curieux... Le prochain drabble sera plus centré sur Anthony.
Le format du journal intime était tout nouveau pour moi, je n'étais pas trop à l'aise mais je me suis prêtée au jeu. N'hésitez pas à dire ce que vous en avez pensé, si vous souhaitez voir à nouveau ce format dans cette histoire ;)
Je vous dis à bientôt et vous souhaite une bonne soirée !
