Mot de l'auteure : Après... 3 mois d'absence ? (Hem...), Me voici de retour avec un nouvel opus des aventures d'Adrian et Anthony. En attendant la suite de AF et de TFT qui ne devraient pas tarder trop longtemps ;) Bonne lecture !

Note : Pour rappel, les petits fragments de cette histoires ne sont pas forcément dans l'ordre chronologique, mais plutôt selon mon envie de les écrire. Nous retournons en arrière, juste après le 2ème opus d'Oxymore. Point de vue d'Anthony cette fois, Enjoy !


Culot réservé

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Tandis que les températures semblaient chuter de plus en plus, Anthony frottait frénétiquement ses mains les unes contre les autres en soufflant dessus, dans un inutile espoir de les réchauffer un peu. Autour de lui, c'était l'effervescence. Tous les élèves réunis hurlaient leur propres commentaires sur le match opposant Serdaigle à Serpentard.

- SORS-TOI LES DOIGTS DU CUL, DAVIES ! criait Terry en sautant compulsivement sur les gradins jusqu'à les faire trembler. Non mais c'est pas possible quand même !

Son ami se laissa tomber lourdement, la tête entre les mains, dépité du score qu'affichait le match. Tout autour d'eux, c'était la cohue alors que Marcus Flint percutait de plein fouet Roger Davies, soulevant de nombreuses protestations de la part de l'équipe des bleus. Anthony serra les dents en voyant Roger grimacer de douleur avant de se ressaisir. Tout le monde savait que Flint était une petite ordure, un fouteur de merde qui s'amusait à prendre pour cible Roger, dont c'était la première année en tant que capitaine de l'équipe de Serdaigle. Mais il n'y avait pas que ça, Anthony n'était pas dupe. Son petit doigt lui soufflait que l'histoire avait un lien avec Adrian Pucey, l'autre poursuiveur de Serpentard et meilleur ami de Flint. A l'aide de sa longue-vue, il pouvait voir son petit air satisfait chaque fois que Roger ratait une passe, se prenait un cognard, ou se faisait tout simplement percuter.

Ce n'était pas compliqué, Serpentard allait gagner le match. Ils en avaient les capacités, car leur équipe était la mieux soudée et la mieux entrainée. Ils pouvaient gagner tout de suite s'ils le voulaient. Malfoy n'était pas une perle, mais il était beaucoup plus à l'aise sur un balais que Cho, qui se faisait harceler de cognards. Non, ils ne voulaient pas gagner. Pas tout de suite. Anthony était persuadé que le but de l'équipe de Serpentard était d'humilier celle de Serdaigle. Roger n'avait plus aucun contrôle sur son équipe, dispatchée dans le terrain alors que Pucey, Flint et même cet idiot complètement miro de Montague marquaient buts sur buts et que Malfoy semblait cueillir des champignons avec son petit air de prince royal. C'était de l'acharnement, et Anthony avait une boule dans le ventre en sachant qu'il en était très certainement la cause.

- J'avais misé treize gallions sur Davies, se lamentait Terry tandis que Pucey exécutait une nouvelle petite danse aérienne une fois son but marqué. Pourquoi il est aussi nul bon sang ? Tu l'as trop fatigué ou quoi ? accusa Terry en lui lançant un regard noir.

- Fermes-là ! intima Anthony, espérant que personne n'ait entendu autour d'eux.

Heureusement pour lui un tonnerre de réclamations autour d'eux couvrait leur conversation. De tout son entourage, Terry était le seul à être au courant de sa relation avec Roger. Déjà parce qu'il était son seul confident, et aussi parce qu'il le couvrait lors de ses petites escapades nocturnes.

- Je ne l'ai pas rejoint, si c'est ce que tu veux savoir, répliqua Anthony en ajustant sa longue-vue sur le sourire narquois éclatant de Pucey.

- ATTENTION AU COGNARD ! DERRIRE-TOI CRETIN ! OH MAIS MERDE, NON ! jura Terry à côté de lui. Oh, pour un coup comme ça t'as intérêt à le priver de ta lune pendant une semaine...

- De toute façon il ne verra plus ma lune, puisqu'on est plus ensemble, déclara Anthony tandis que Pucey le fixait du regard et lui envoyait un baiser avec sa main depuis l'autre bout du terrain.

Non mais quel crétin celui-là...

Le visage éloigné de Pucey fut brusquement remplacé par la narine de Terry en gros plan, faisant sursauter Anthony alors que Terry lui arrachait son instrument des mains.

- VOUS AVEZ QUOI ?

Les yeux grands écarquillés, Anthony recula sur son siège alors que Terry lui attrapait le col, complètement fou.

- VOUS AVEZ QUOI ? MAIS QUAND ?

- On s'est séparé ce matin, c'est tout, se défendit Anthony en songeant que s'il continuait à s'énerver comme ça, Terry finirait par se transformer en goule. Je lui ai juste dit que je ne voyais pas où on allait et que je préférais arrêter...

- PARCE QUE C'EST TOI QUI L'A LARGUE ? MAIS TU POUVAIS PAS ATTENDRE CE SOIR, APRÈS LE MATCH ?

Terry le secouait à présent comme un prunier trop mûr si bien qu'Anthony crut que ses cervicales allaient se briser.

- Je n'ai pas de comptes à te rendre ! se défendit-il en essayant de libérer son col de l'emprise de Terry.

Il le repoussa fermement et se leva d'un bond et plongea sa main dans les poches de sa robe bleue et argenté.

- Tiens, le voila ton argent puisque c'est si important pour toi ! s'écria-t-il en lui lançant une poignée des gallions qu'il avait en poche, sans même prendre la peine de les compter.

Agacé et vexé, il tourna les talons dans un mouvement cape qu'il espérait impressionnant et quitta les gradins d'un pas vif, tandis que Lee Jordan scandait la victoire de Serpentard sous un tonnerre de réclamations.

oOo

Alors que l'après-midi commençait à décliner, Anthony suivait ses pas, perdu dans ses pensées. Il avait pris l'habitude de prendre le chemin des vestiaires pour saluer l'équipe après chaque match, quel que soit son score et papoter avec Roger avant qu'ils se donnent rendez-vous plus tard. Sauf que ce soir, il ne savait plus quel comportement adopter. S'il ne venait pas, ce serait contraire à sa promesse envers Roger de continuer à rester ami, et aussi un peu dégueulasse envers les autres joueurs. Avec le temps, ils pensaient qu'Anthony était réellement un de leurs supporters. Ce qui n'était pas tout-à-fait vrai. Anthony aimait bien regarder le quidditch. Sans plus.

Mais dans le cas contraire, se forcer à venir le rendait tout aussi hypocrite. Il n'était pas méchant. Il ne voulait pas donner l'impression d'être méchant. Mais à trop faire passer les autres avant lui, il s'était coincé tout seul.

La boule au ventre, il s'approcha des vestiaires de Serdaigle, plus calme que celui de Serpentard dont lui parvenaient des échos de rires et des blagues bien lourdes.

Bien. Il y était. La porte était face à lui. Derrière il y avait l'équipe de Serdaigle. Et il y avait Roger. Roger qui avait réellement été peiné de leur rupture.

Merde.

Il n'avait pas envie d'y aller.

Comme à chaque fois qu'il essayait de se donner du courage, Anthony passa les doigts dans sa crinière blonde, dérangeant encore plus ses mèches rebelles. Qu'est-ce qu'il allait bien pouvoir dire ?

- Eh, Thony, lança une voix dans son dos qui le fit se figer en plein mouvement. Tu viens voir à quoi ressemble un vrai champion ?

Anthony regrette aussitôt d'avoir tourné la tête pour fixer Pucey dont il avait reconnu la voix railleuse. Il détourna immédiatement le regard en tournant le dos, une main sur les yeux.

Pourquoi, Seigneur ? Pourquoi ?

- Oh allez, ne fais pas ta chochotte, Thony. Je pense qu'on a dépassé ce stade-là, non ?

- C'est Goldstein, corrigea Anthony d'une voix sèche. Et je te conseille de mettre une serviette. Tu es ridicule.

- La nudité te gênes vraiment ? plaisanta Pucey tandis qu'Anthony entendait le bruit de ses pas mouillés se rapprocher de lui.

Et pourquoi il n'ouvrait pas cette porte ? Ah oui, il n'en avait pas envie. Dans sa tête, la voix de Terry plaisantait :"Nouveau dilemme ! Tu préfèrerais... aller voir ton ex après votre rupture pour un match qu'il a perdu lamentablement, ou rester avec Pucey à poil ?". Sauf que ce n'était pas un dilemme. C'était la vérité. Quitte à choisir, il se surprit à préférer rester avec Pucey, même s'il lui tournait le dos. Au fond, le Serpentard n'était pas si pénible que ça. Il était un peu spécial. Et Anthony était réellement stupéfait des efforts qu'il faisait pour l'approcher avec sa discrétion digne d'un éléphant dans un magasin de verre. Cette manie qu'il avait de débouler dans tous les endroits qu'Anthony fréquentait avec une attitude détachée comme s'il y allait tous les jours. Drôles de hasards. Comme s'il n'avait que ça à faire en fait...

C'était finalement devenu une sorte de routine bizarre, à la limite du flirt. Pucey le cherchait en permanence, et Anthony faisait semblant de le trouver lourd alors qu'il apprenait à apprécier un peu sa présence et les quelques mots qu'ils échangeaient. Au moins, il ne pouvait pas dire que Pucey n'était pas tenace. C'était presque remarquable.

- C'est Davies que tu viens voir, pas vrai ? fit Pucey en s'appuyant sur l'encadrement de la porte.

Proche. Très proche. Trop proche depuis leur seule et unique nuit ensemble.

Mais vas mettre un boxer, nom de Dieu !

- Je voulais saluer l'équipe, corrigea Anthony en fixant obstinément le blason de sa Maison sur la porte.

- Tu te trompes d'équipe. Les gagnants, c'est le vestiaire d'à côté.

- C'est plutôt celui des beaufs, je dirai, répliqua Anthony.

- Tu es dégoûté du score du match, avança Pucey.

- Je suis dégouté de l'attitude de l'équipe, objecta-t-il en tournant finalement le regard vers Pucey.

La surprise qu'il lu dans les yeux de son interlocuteur l'étonna tout autant. Mince. Qu'est-ce qu'il avait dit ?

- Son attitude ?

Anthony chercha un instant ses mots, déstabilisé par le regard du Serpentard. Même le rictus qu'il avait habituellement au coin des lèvres était parti.

- Son attitude, répéta Anthony en cherchant ses mots, elle n'est pas fair-play. Les vrais sportifs ne se comportent pas comme ça.

Un sourcil sombre se releva et le Serdaigle resta muet pendant que Pucey le jaugeait. C'était curieux de le voir ainsi, sans sarcasmes, sans narcissisme, comme mis à nu.

Ah oui. Nu.

Merde, remonte les yeux !

Ses joues chauffèrent alors qu'il remontait son regard qu'il avait laissé trainé un peu trop à son goût, sans s'en rendre réellement compte. Une immense Ola montait à présent depuis le vestiaire de Serpentard, faisant se retourner Pucey un instant. Il sourit et se décolla de l'encadrement de la porte.

- Très bien, Thony. Et que dirais-tu alors de venir me montrer à quoi ressemble une "attitude fair-play" un de ses soirs ?

Puis il se rapprocha et lui murmura à l'oreille :

- Je traine régulièrement près de la tour d'Astronomie après vingt-deux heures.

Et tranquillement, il recula, lui offrit un de ses petits clins d'œils dont il avait le secret avant et parti tranquillement regagner son vestiaire.

- C'est Goldstein ! corrigea Anthony à son intention. Et tu peux toujours rêver !

Le ricanement de Pucey fut noyé par le vacarme alors qu'il rejoignait ses Anthony était immobile, à fixer le blason Serdaigle. Il n'en avait toujours pas envie. Non. De quoi avait-il envie alors ? Pas de ça, c'était sûr.

En tournant les talons pour quitter le bâtiment, les formes musclées du Serpentard toujours imprimées dans son visage, Anthony se prit à penser qu'après tout, il avait bien envie de visiter la tour d'Astronomie ce soir...