Mot de l'auteure : Eh bien, il me semble être en bonne voie pour reprendre toutes mes histoire (RIP). Allez, pour ce nouvel OS, un petit détour du côté d'Adrian. Love !


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Obscure clarté

."Je ne savais pas que l'Astrologie te faisait cet effet-là..." _ Adrian Pucey

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Il faisait nuit, et il faisait froid. Très froid. Assis sur la rampe, les pieds ballotant dans le vide, Adrian croquait pensivement dans sa pomme, le nez pointé vers les étoiles, emmitouflé dans son long manteau doublé de fourrure. Poudlard avait cet avantage d'être en hauteur, ainsi les nuit où le ciel était clair étaient souvent constellé d'étoiles. Depuis son enfance, son père Alaric s'était efforcé de lui apprendre l'art de l'Astronomie. A ce jour, Adrian connaissait plus de deux cents étoiles différentes, et presque une bonne trentaine de constellations, ainsi que les histoires qui y était associées. Mais son plus grand plaisir, c'était d'en inventer de nouvelles. Pouvoir dessiner dans le ciel, inventer ses propres histoires. Être l'architecte du Monde.

Aussi, sous la Grande Ours se trouvait celle du Sorcier à la Marmite Sauteuse. C'était la première qu'il avait dessinée à six ans, car elle ressemblait à un chaudron penché sur le côté. Les yeux perdus, il tenta d'en repérer plusieurs tout en mastiquant son fruit jusqu'au trognon. Qu'allait-il dessiner dans le ciel, cette fois ? Ses dent grattaient pensivement son trognon quand il entendit du mouvement dans les escalier en bois, derrière lui. Un sourire satisfait fleurit sur ses lèvres quand il se redressa et jeta le vestige de son fruit au loin.

- Salut, lança Anthony quand sa tête blonde fut visible alors qu'il finissait son ascension des terribles escaliers.

Adrian pouvait deviner ses joues rougies par l'effort tandis qu'il s'approchait de lui, un gros livre contre sa poitrine. Des rouleaux de parchemins dépassaient de sa poche, et Adrian fut persuadé qu'il avait encore oublié sa plume.

- Je suis désolé pour le retard, souffla-t-il. Je suis tombé sur Miss Teigne dans les couloirs alors j'ai du faire un détour...

- Tu n'es pas très en retard, après tout, ce n'est pas un rendez-vous, n'est-ce pas ? répondit Adrian avec un sourire plein de dents.

Il fut ravi de constater que depuis la troisième fois qu'ils se voyaient, ses petites remarques avaient toujours le même effet sur Anthony qui soupira et secoua la tête de dépit. Sauf qu'à chaque fois, ses soupirs étaient un peu moins crédibles... Adrian n'avait donc aucune raison de désespérer.

- Bon. Sur quoi est ton devoir cette fois ? Et qu'est-ce que tu as fais comme recherches associées ? embraya Adrian avant qu'Anthony ne puisse reprendre son souffle.

- Sujet libre. Mais je ne sais pas quoi choisir du tout... On a déjà fait ensemble toutes celles que je connais.

Prenant son rôle de professeur très au sérieux, Adrian se tourna vers la rembarre, les mains dans le dos.

- Nous avons déjà parlé des signes astrologiques et de quelques héros. Que dirais-tu d'une légende, cette fois ?

Il se tourna finalement vers lui et lui tendit la main pour le rejoindre. Un rictus amusé au coin des lèvres, Anthony l'ignora délibérément et se plaça à côté de lui. Adrian nota qu'il était un peu plus près de lui chaque fois. Leurs genoux se touchaient tandis qu'Anthony sortait un parchemin de sa poche. Cependant, Adrian n'attendit pas qu'il sorte tout son attirail d'encres et de plumes.

- Prend la mienne, le coupa-t-il en plein élan en dégainant une longue plume stylisée de la poche intérieure de son manteau. Tu me fais pitié avec tout ton bordel, justifia-t-il devant l'air aussi surpris que méfiant de son camarade.

Le blond sembla hésiter un instant de s'en saisir du bout des doigts comme si elle était faite en cristal. Le Serpentard compris à sa tête qu'il n'avait probablement jamais vu ce modèle. Ça le rendait encore plus fier.

- Laisse-la faire. Elle sait se débrouiller, se contenta-t-il d'ajouter avec un immense sourire, sachant que son suspense volontaire promettrait un merveilleux effet chez le Serdaigle. Bien. Alors cette fois je vais te parler du Gobelin Malicieux.

Et la tête d'Anthony quand la plume s'envola de sa main pour gratter toute seule le parchemin valait vraiment le coup. Adrian ne lui laissa pas le temps de parler et raconta son histoire, les mots venant tous seuls tandis qu'il désignait le ciel de ses doigts. De temps en temps, il désignait une étoile ou deux, traçait des lignes colorées avec sa baguette en racontant les aventures d'Eargit l'Affreux et du Trésor enfoui bien plus profondément que les salles les plus secrètes de Gringotts. Et Anthony dévorait ses histoires, le nez perdu dans le ciel, posant une ou deux questions que la plume grattait toute seule. Au bout d'une heure, le parchemin était déjà noircit d'une prise de note très complète qui permettrait à Anthony de remporter un très joli Optimal à son devoir.

- Je te remercie vraiment, dit Anthony en roulant son parchemin dans sa poche, une fois que Adrian eut finit.

Avec un air qui transpirait la fausse modestie, Adrian haussa les épaules en posant ses coudes sur la rembarre. Il était prêt de minuit mais la fatigue ne se faisait pas encore sentir. Ou peut-être que c'était lui qui ne voulais pas la ressentir.

- J'ai l'impression que cette histoire t'as beaucoup plus intéressée que les autres, commenta Adrian, notant que son camarade n'avait pas encore amorcé le moindre geste pour partir.

Et ça lui convenait. Au fur et à mesure de leurs temps passés ensembles, Anthony restait toujours un peu plus avec lui, prolongeant le plaisir de sa compagnie.

- Oui, c'était bien plus intéressant que les cours d'histoires, concéda Anthony. Est-ce que ce trésor existe réellement ? Il y a déjà eu des preuves pour le confirmer ?

- Il existe des choses qui existent réellement sans pour autant qu'il y ait des preuves, répondit Adrian avec un sourire goguenard.

Les coins des lèvres d'Anthony se souleva un instant tandis qu'il tentait de réprimer un sourire faussement blasé. Adrian en profita pour retracer du regard la ligne de grains de beauté qui descendait de sa mâchoire jusqu'à son cou, où elle disparaissait sous l'écharpe en laine du blond.

- Vas-tu maintenant me dire ce qu'est cette plume ? questionna Anthony en le ramenant sur terre.

Le Serpentard fit mine de réfléchir un instant.

- Non.

Puis il rajouta :

- Comme le dit votre expression moldue déjà : « Un magicien ne révèle jamais ses secrets ». C'est bien ça ?

Et le doux rire d'Anthony était juste incroyablement agréable à son oreille.

- Je suis surpris que tu connaisses des proverbes moldus, avoua le Serdaigle.

- Tu serais encore plus surpris de ce que j'apprends chaque jours sur les moldus, rétorqua Adrian, pensant lui clouer le bec avec sa tirade.

Ce fut momentanément le cas car Anthony s'appuya d'un coude sur la rambarde en le toisant du regard, comme s'il cherchait à évaluer la véracité de ses propos. Pas une seule fois son camarade ne rompit le contact visuel.

- Interessant, acquiesça le plus jeune. Je te rend ta plume, alors.

- Non, je te la donne, c'est un cadeau.

Et c'était redondant comme Anthony le toisa à nouveau, comme s'il tentait de le cerner par la force même de ses iris bleus, rendus plus sombre avec le clair de lune.

- Vraiment ?

- Oui, acquiesça Adrian en se rapprochant un peu pour se mettre à son niveau. Comme ça tu sera obligé de revenir me voir quand l'enchantement se sera dissipé, ajouta-t-il avec un air narquois.

Tout le temps où il s'était avancé, l'autre n'avait pas bougé alors il prit cela comme un encouragement. C'était un jeu qui l'excitait tellement. Voudra ? Voudra pas ? Adrian ne pensait vraiment pas s'en lasser de sitôt. Et Anthony sourit quand il se détourna au dernier moment vers le ciel, laissant Adrian coi et légèrement frustré. Il était si près de l'embrasser...

- Raconte-moi une autre histoire, quémanda Anthony.

Et l'excitation d'Adrian revenait tandis qu'il avait le nez juste au dessus de son chemin de grain de beauté.

- Très bien, si c'est ce que tu veux, murmura Adrian en comblant la distance entre eux d'un pas.

Son torse appuyait légèrement sur le dos de son camarade tandis qu'il baissait la tête, parlant d'une voix plus douce que celle qu'il avait prise pour son exposé quelques temps avant. Il poussa même le vice jusqu'à poser son menton sur l'épaule du Serdaigle et a passer ses bras autour de sa taille. Tellement confortable...

- Il existe une étoile solitaire. Elle est curieuse car elle ne fait partie d'aucune constellation existante. Elle est complexe et semble isolée pour les autres mais un œil bien avisé peu la reconnaître en mille. Son nom est la Pierre d'Or*...

- Tu te moques de moi ? s'exclama Anthony en se tournant face à lui et Adrian eut un immense sourire satisfait.

- Chuut, ce n'est pas toi qui raconte, le réprimanda Adrian en se permettant de poser un doigt sur ses lèvres.

La mine faussement agacée de l'autre était un pur délice et Adrian prit une grande inspiration pour calmer l'excitation qui revenait. Tout en inventent son histoire au fur et à mesure, son doigt quitta les lèvres d'Anthony pour suivre un tout autre genre de constellation, la ligne de grains de beauté du Serdaigle qu'il reliait les un aux autres en déblatérant son récit abracadabrant, sans queue ni tête. L'encouragement qu'il cherchait vint quand Anthony pencha sa tête de l'autre côté, lui laissant le champ libre, comme une invitation silencieuse à continuer d'explorer sous son écharpe.

- ... et c'est donc ce qui fait de cette toute petite étoile, une étoile bien plus particulière que les autres. Intéressante, éloignée, insaisissable et pourtant si proche, termina Adrian en tirant l'écharpe pour dévoiler la peau blanche et chaude cachée dessous.

Durant le silence confortable qui succéda à ses paroles, ses lèvres remplacèrent son doigt, retraçant le chemin inverse en un contact plus léger, aérien. Puis un minuscule bout de langue pointa entre elles et Adrian sentit Anthony frissonner contre lui en même temps que sa respiration qui s'accélérait. Il était proche de craquer... Et il craqua beaucoup plus vite qu'Adrian ne l'avait prévu, empoignant ses cheveux jusqu'à amener leur visage à la même hauteur, avant de leur imposer un baiser qui ravit d'autant plus Adrian qu'il ne s'était pas attendu à autant d'ardeur.

- Je ne savais pas que l'Astrologie te faisait cet effet-là, commenta Adrian entre deux baisers tandis que ses doigts défaisaient la chemise du blond avec un empressement qu'il ne se connaissait pas jusqu'alors.

- Ferme-là et retire ton pantalon, ordonna Anthony et bon dieu, Adrian ne regrettait absolument pas de lui servir de professeur particulier.

Même s'il devait jouer contre Gryffondor le lendemain, avec un sacré rhume dû à leur escapade nocturne.


*Gold Stein signifie "Pierre dorée" en Allemand


Tadam ! Une reprise toute douce, toute fluide (ou pas...) en attendant les gros chapitres. Love on you.