Mot de l'auteure : Un mini chapitre, tout petit, rikiki. Love u.


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Incompréhensible évidence

« Je crois que c'est la chose la plus égoïste que tu ne m'aie jamais dite. Mais c'est oui, évidement [...]. » _ Anthony Goldstein

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- Eh bien, tu as du goût, avait dit Adrian alors qu'Anthony venait à peine d'ouvrir les yeux, encore endormi. Je veux que tu viennes m'aider à réaliser les travaux. Prend ta valise.

- Quoi ? Pourquoi moi ? avait marmonné Anthony tout en tournant, dans un espoir vain de se rendormir.

- Je te l'ai dis, tu as du goût.

Puis, voyant le regard noir de son amant, Adrian avait ajouté à voix basse :

- Et puis, le manoir est gelé. J'ai besoin d'avoir ton petit corps chaud contre moi la nuit. Même si tu ronfles. Et que tu parles dans ton sommeil. Et que de temps en temps tu me mets à me baver dessus...

- Stop ! l'avait arrêté Anthony. Stop. Je crois que c'est la chose la plus égoïste que tu ne m'aie jamais dite. Mais c'est oui, évidement. Je viendrais t'aider. Maintenant ferme là, il n'est que dix heures du matin.

Ça avait donc commencé simplement. Et ça c'était installé petit à petit, presque comme une évidence, sans qu'ils ne s'en rendent compte.

Et très exactement ça avait commencé... Anthony ne s'en souvenait plus. Après Noël, peut-être ? Non, il était déjà présent à Noël. Fin novembre alors, car il se souvenait qu'ils s'étaient pelés les noisettes à changer le mobilier. Oui, ça devait être ça.

Ça faisait alors plus de quatre mois consécutifs qu'il vivait chez Adrian, dans le manoir.

Et effectivement, ça avait commencé bêtement. Alors que c'était lui qui squattait ponctuellement dans son appartement depuis plus de deux ans, Adrian avait décidé de réinvestir la demeure familiale qui lui revenait de droit suite au décès de sa mère. La bouche en cœur, il avait demandé de l'aide à Anthony pour refaire la décoration hideuse que sa mère avait installé. Anthony était alors venu avec sa valise prévue pour une semaine.

La première chose qu'ils avaient faites avait été de changer toutes les tapisseries, sous l'œil bien avisé du portait d'Alaric Pucey qu'Adrian trimballait la plupart du temps avec lui. De belles tapisseries bleu rois, que les trois hommes avaient choisies ensemble.

C'était horriblement perturbant d'ailleurs, car si le portrait d'Alaric Pucey n'avait pas de conscience propre, il avait été éduqué selon son modèle original pour se comporter comme tel. Aussi Adrian avait réellement dû le séparer du portait de feu sa mère car les deux passaient leur temps à se hurler dessus et à se mépriser, créant un horrible brouhaha partout où ils étaient installés... Durant les temps de repas, Alaric participait donc à leurs conversations autant que ses capacités le lui permettaient, et Anthony était soulagé qu'Adrian n'ai pas eu l'idée de l'amener jusque dans leur chambre. Enfin, dans sa chambre - car Anthony était toujours là en temps qu'invité.

Il avait songé rentrer chez lui mais Adrian avait voulu refaire toute les salles de bains. Anthony s'était retenu de dire que refaire six salles de bains était stupide et à la place, ils avaient fait ensemble les recherches pour trouver les pièces qui leur convenaient. Suite à cela, Anthony avait préparé sa valise pour rentrer chez lui.

- Tu sais, on peut laver ton linge ici. Avada est là pour ça.

Et Anthony avait découvert l'existence d'Avada l'elfe de maison, qui prit en charge ses affaires. Et pour plus de praticité, Anthony était repassé chez lui ramener plus de linge pour avoir une réserve d'habits et varier un peu plus ses tenues. Puis c'était des livres, des carnets de notes, ses plumes pour écrire ses articles, des draps car il n'en avaient pas assez tandis qu'Adrian entreprenait de redessiner totalement le parc arrière du manoir, puis la façade qui était trop sombre et enfin dernièrement, le toit et l'ensemble des plafonds de l'immense demeure dont ils n'utilisaient que le quart à eux deux.

Et là, alors qu'il rangeait soigneusement ses habits propres dans le grand dressing de la chambre, Anthony constatait avec perplexité qu'il vivait réellement "avec" Adrian, et non plus "chez" Adrian. Ils faisaient leur liste de courses ensemble (Anthony rajoutais plus de légumes verts car ils n'en mangeaient pas assez à leur goût), ils faisaient les travaux ensemble (Anthony se permettait également quelques arrangements comme une corbeille à linge sale discrète plutôt que de laisser Avada ramasser leurs habits pas terre). Ils préparaient les repas ensemble, prenaient tous les repas ensemble, et Anthony avait même rajouté son nom sur la boite aux lettres pour recevoir ses colis directement sur place.

Et une fois les travaux terminés... et bien ils n'y avaient plus pensés, jusqu'à ce qu'Anthony se demande quand est-ce que ses affaires étaient passées de sa valise dans un coin de la chambre jusqu'au dressing, avec les affaires d'Adrian. Il ne le savait fichtrement pas.

Puis finalement, il haussa les épaules simplement en rangeant ses chaussettes par couleurs. Car si Adrian n'avait jamais voulu dire qu'ils étaient en couple, ils en étaient effectivement un. Avec le sourire aux lèvres, Anthony se demanda intérieurement combien de temps Adrian mettrait à s'en rendre compte, s'il ne s'en était pas aperçu depuis le début...