Ce texte a été écrit en 2018. En espérant que toute cette guimauve ne donne pas trop de carie et que ça vous plaira :)

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Saccharose

En plein mois de décembre, l'effervescence grimpe au fil des jours. La période des fêtes approche à grand pas, et la capitale est déjà redécorée entièrement d'immenses guirlandes, d'installations lumineuses et de vitrines fantaisistes. Ce qui attire en grand nombre les habitants comme les touristes. Dans cette période, aussi, les affaires criminelles sont réduites à de simples braquages ou quelques fois des histoires sans intérêt de querelles familiales ou conjugales. Pour une période normalement festive, ce n'est en rien un cadeau pour Sherlock ! Depuis quand les criminels se font discrets durant le mois de Noël ? Cela le met hors de lui, si bien que l'affaire qu'il a accepté cette après-midi vient d'être résolue ce soir.

Comme toujours, les détails ont parus évidents uniquement aux yeux du détective, puis à ceux admiratifs de John. Sherlock a décidé depuis longtemps de ne plus compter toutes les expressions fascinées de son ami. Mais cela ne l'empêche pas d'être amusé à chaque fois que le blond dit Fantastique ! ou Incroyable ! Ce n'est pas une question d'égo, quoiqu'un peu quand même, mais c'est que Holmes aime les retours de John. Son ami est depuis le début son meilleur spectateur et témoin. Mais si ce n'était que ça. Il est déjà un très bon ami, mais aussi un fantastique amant. Pas parfait, ce serait ennuyeux, mais il est fantastique.

Alors, quand ce soir-là, après avoir quitté Lestrade quant à la résolution de l'enquête, Sherlock a cédé à la demande, même au caprice de John, celui d'aller au marché de Noël. Le brun ne voit aucun intérêt à aller dans ce genre d'endroits, où la moindre babiole fabriquée en Chine en millions d'exemplaires est vendue hors de prix. John justifie cette venue pour les décors. Le médecin adore les harmonies de couleurs et de lumières crées par les guirlandes, les statues et tout le tintouin. Sherlock n'y porte aucune attention, mais préfère regarder l'expression émerveillée de John. On dirait presque un enfant avec ses yeux pétillants et son grand sourire.

À un moment, les deux hommes passent devant un petit chalet semblable aux autres, mais il attire bien plus l'attention de John. Ce dernier va voir de plus près, et Sherlock comprend ce qui attise la curiosité de son ami. Une odeur de friture et de sucre se dégage, tandis qu'un homme en tablier utilise une machine avec une grande manivelle. Le détective attend au milieu de l'allée, puis au bout de quelques minutes, John revient avec un sachet rempli de churros. Le médecin en prend un et le dévore. Il en propose à Sherlock, ce dernier refuse. Il ne voit pas l'intérêt de manger quelque chose pour le plaisir, qui plus est un machin aussi sucré et certainement trop gras.

Le duo progresse de nouveau parmi la foule, jetant à peine un œil aux stands. La petite marche dure une dizaine de minutes, et John continue encore de s'empiffrer de ces stupides churros. Sherlock prend une mine dégoûtée. Il n'a pas envie que John grossisse. Perdre sa masse musculaire pour la remplacer par de la graisse en excès serait une de ses plus grandes erreurs. Il doit rester tel qu'il est, il le faut. Il doit garder son corps bien tracé par les muscles. À penser cela, Sherlock sent sa poitrine chauffer. Et lorsqu'il regarde de nouveau son amant, il remarque quelque chose. Un détail insignifiant, même logique dans une telle situation, vu la gourmandise de John.

En mangeant aussi rapidement, le médecin n'a pas l'air d'avoir vu qu'il a du sucre collé autour de la bouche, le rendant encore plus enfantin. Sherlock sourit malicieusement, et il ne peut empêcher ce geste si tentant. John sursaute quelque peu lorsqu'un long doigt fin passe délicatement sur ses lèvres. En suivant du regard ledit doigt, il voit alors Sherlock porter son index désormais couvert d'un peu de sucre, et le porter à sa bouche, le suçant d'un air plus que suggestif. Le blond se sent rougir, voyant tout de suite un défilé d'images moins innocentes. Lorsque son ami et amant a une idée derrière la tête, il ne prend pas quatre chemins...

Ainsi, il comprend totalement les intentions du détective. John passe furtivement sa langue sur ses lèvres, chose qui n'échappe pas aux yeux de Sherlock. Le médecin est soulagé de réaliser qu'ils sont à la sortie du marché. De plus, il connaît bien Londres. Baker Street n'est donc pas très loin... Avec un sourire aussi communicatif que celui du brun, il prend sa main, et l'entraîne d'un pas vif hors de la place du marché. Le sachet de churros maintenant vide est jeté à la va-vite. Durant le petit trajet qui mène à l'appartement, aucun mot n'est prononcé, mais leurs pensées sont si fortes qu'elles pourraient presque être entendues sans télépathie. John a cette pensée quelque peu absurde, lorsque le duo arrive -enfin- à la porte du 221B.

Avec la période des fêtes, leur logeuse n'est pas là, étant aller voir sa sœur. Parfait. À peine que la porte du bâtiment est fermée que John se retrouve contre le mur du petit hall d'entrée, les lèvres de Sherlock sur les siennes, taquines et gourmandes. Dans cette danse de langues, puis de mains, le cerveau du détective continue toujours de tourner à plein régime. Mais seule une pensée fuse. Le sucre est bien meilleur avec John...