Chapitre I
Un héros... A présent, cela désignait les personnes possédant un Alter. Cela représente des personnes aux pouvoirs exceptionnels, à la morale héroïque, réfléchi, des personnes à la communauté aussi énorme que les montagnes de l'Himalaya.
Un héros était héroïque, sage, réfléchi et bon.
Un héros était un métier, une passion.
Un héros était une allégorie, un exemple.
Un héros était un mensonge.
C'étaient les pensées les plus profondes de la jeune Rui Suzuki, ses pensées les plus secrètes. Ce n'était pas une chose qu'elle dirait librement dans la rue, devant ses camarades à Yuei ou encore à son père. Ça, non. Elle ne pouvait clairement pas. Alors elle les gardait au fond d'elle, sans en parler à quiconque. Il fallait dire que cela n'était pas très innocent dans la plus grande école de héros, alors elle se taisait et enfouissait ses ressentis, ses avis, faisant de la liberté d'expression une incroyable ineptie.
Elle ne croyait pas en ce genre de chose, la bonté, la gentillesse... Elle ne croyait pas en la parole de leurs héros, leurs modèles à tous. Elle ne croyait pas en leurs promesses, mais cela ne voulait pas dire qu'elle était d'accord avec l'idéologie des vilains. Elle était neutre, un parfait mélange de noir et de blanc qui ne prenait parti pour aucun des deux camps. Elle les trouvait si inutilement puéril de se faire la guerre ainsi, de massacrer des vies pour rien.
Rui ne supportait pas les regards et les faux sourires de ses camarades. Ils lui semblaient tous étrangement niais, naïfs. Cela ne faisait pas longtemps qu'elle avait intégré la classe 1-A de Yuei, sous la recommandation d'un héros venu un jour dans son ancien lycée pour de la prévention. A présent, ça devait faire bien un mois qu'elle était entrée dans cette classe et qu'elle ne s'était liée d'amitié avec aucun des élèves de cette école. Ce n'était que des enfants engrainés parce qu'ils appelaient « la société », bouffant les principes et les idéaux de cette dernière. Ils n'avaient aucun avis objectif. Alors la totalité du temps, elle était seule. Elle préférait ainsi. Elle n'avait pas à sourire faussement face à leurs avis. Quelques-uns avaient essayé de parler avec elle, seulement, Rui n'était pas enclin à la conversation. Alors ils abandonnèrent rapidement, laissant la jeune fille tranquille.
Cependant, cela ne sembla pas plaire au professeur All Might qui essayait de la sociabiliser à sa nouvelle classe. Mais c'était sans issus. Il avait beau essayé de parler avec elle ou ses camarades, c'était toujours la même excuse des deux côtés : elle est asociale.
« Oï, Suzuki. »
La jeune fille se retourna vivement en reconnaissant là la voix de son professeur principal, faisant en même temps virevolter ses cheveux noirs mi courts coupé en un parfait carré. Son regard bridé se posa sur la silhouette nonchalante de son prof et ses pupilles argentées l'interrogèrent du regard. Monsieur Aizawa était l'homme le plus étrange qu'elle avait rencontré jusque-là, sans compter Katsuki Bakugo, son camarade de classe, et Madame Kaginawa, sa voisine. Tout en lui reflétait la flemme, tout en lui dégageait l'ennui, et tout sur lui démontrait sa lassitude et ses non-ambitions. C'était même flagrant.
Lorsqu'il arriva à sa hauteur, il lui tendit un petit papier plier en deux. Rui le prit sans pour autant savoir ce que c'est et lança un regard interrogateur à son professeur auquel celui-ci répondit par un simple :
« Donne-le juste à Todoroki. »
Avant de s'en aller nonchalamment vers la salle des profs. Rui resta un moment sans bouger, telle une imbécile ne sachant que faire, puis parti directement au réfectoire. Rui n'était pas d'une nature extrêmement curieuse lorsque cela ne l'intéressait pas, alors elle se contenta simplement de mettre ce petit bout de papier dans la poche de son uniforme sans chercher à savoir ce qui se trouvait à l'intérieur. Elle se doutait que son professeur le sache.
Lorsqu'elle arriva là-bas, elle prit rapidement un plateau et s'installa dans la file d'attente pour recevoir son repas, patiente. Quand elle fut enfin passée cette file, elle chargea du regard une place où s'installer, le réfectoire blindé, tout en avançant sans vrai destination précise. Puis au loin, elle aperçut le jeune Todoroki, assit avec quelques autres de leur camarade.
Elle s'avança vers eux, sans grande conviction, puis déposa son plateau sur leur table, les rendant surpris par une telle interruption, avant de prendre le mot du prof dans sa poche et de le tendre vers l'adolescent aux cheveux blancs et roux. Le regard vairon du jeune garçon, l'œil droit gris sombre et l'autre d'un bleu froid, se posa sur sa personne, perdu.
« Monsieur Aizawa m'a demandé de t'amener ça, lança-t-elle finalement face à son regard incompréhensif. Je n'en sais pas plus. »
Sans plus de discours, la jeune fille reprit son plateau et repartit à la recherche d'une place libre. Son camarade la regarda partir toujours aussi perdu avant de concentrer son attention sur le papier. Il le déplia et y lit rapidement ce qu'il y avait écrit.
« Qu'est-ce qu'il y a, Todoroki ? demanda son camarade qui répondait au nom de Midoriya. Qu'est-ce que te veut Monsieur Aizawa ?
-Je dois aller le voir avant de retourner au dortoir, ce soir, lui dit le jeune homme. On va surement parler de l'orientation.
-Ah oui, reprit son ami. Il te posera quelques questions, comme tu sais ce que tu souhaites faire précisément, dans quel domaine héroïque tu voudrais le plus te spécialiser et cetera. »
Le jeune Todoroki acquiesça silencieusement de la tête. Il tourna la tête et regarda un peu partout dans le réfectoire jusqu'à apercevoir au fond de la salle Rui, assise seule sur une grande table et dégustant tranquillement son repas.
Il l'observa silencieusement. Depuis qu'elle était arrivée dans leur classe, Shoto l'avait toujours vu seule. Lui, au départ, avait aimé la solitude mais ne restait jamais aussi longtemps sans parler à qui que ce soit, que ce soit une vraie discussion ou quelques paroles échangées. De plus, si elle avait été transférée dans leur classe, c'était surement car elle possédait un Alter puissant. Or, depuis son arrivée, personne ne l'avait vu l'utiliser et elle refusait catégoriquement de l'employer lorsqu'on lui demandait. Elle ne leur disait pas non plus quel était son Alter. Elle l'intriguait. Shoto la trouvait étrange, trop étrange. Elle n'avait pas une attitude normale, était froide et très distante, bien trop pour que ce soit naturel. Comme si elle avait quelque chose à cacher. Cependant, ses amis et ses camarades n'avaient pas l'air de voir ce qu'il voyait. Peut-être se trompait-il.
Rui fini rapidement son déjeuner. Elle ne mangeait pas lentement et n'aimait pas traîner à table. Elle se retrouva rapidement à la bibliothèque à lire toutes sortes d'histoires. Elle aimait beaucoup la lecture, mais n'en consumait pas beaucoup tout de même. Généralement, elle prenait un livre pour se détendre et son type de lecture était rare ici. Alors elle se contentait de relecture, seulement, cela usait à force.
Elle s'était installée au fond de la bibliothèque, évitant les regards indiscrets des autres classes et voulant un peu de calme. En effet, pour les autres, les 1-A ne devait pas se retrouver dans la bibliothèque. Vous comprenez, ils devaient s'entraîner pour devenir plus fort, sans s'arrêter, et ne pas prendre de bon temps. Ils étaient la « 1-A » après tout, les élèves les plus « talentueux » de Yuei, la classe des héros, ceux qui étaient censés avoir toutes les chances pour devenir héros. Alors il fallait bien se douter qu'une 1-A dans une bibliothèque ne faisait pas bonne figure. C'était logique. Elle était censée suer, pas se divertir.
Cependant, sa tranquillité fut réduite à néant lorsqu'elle entendit le son de quelques voix s'élever jusqu'à elle. Instantanément, elle referma brutalement et sèchement le bouquin entre ses mains.
« Tiens, tiens, mais voilà Arinna* ! Qu'est-ce qu'une 1-A pourrait bien faire ici, tu n'as pas autre chose à faire la miss ? »
La voix moqueuse de Monoma remonta jusqu'à ses tympans qui vibrèrent immédiatement d'agacement. Elle se retourna et fusilla le blond du regard. Neito Monoma, l'élève numéro un de la classe 1-B. Un jeune garçon au regard océan aux airs arrogant et moqueur en permanence. Rui n'aimait pas son camarade. Il était, à lui seul, tout le vice et le narcissisme d'un héros.
« Monoma, salua-t-elle platoniquement. Qu'est-ce que tu fais ici ?
-Ce serait plutôt à moi de te demander ça ! Qu'est-ce qu'une 1-A vient-elle faire dans une bibliothèque ? Tu ne devrais pas t'entraîner au lieu de te prélasser ? »
Rui leva les yeux au ciel. Que de clichés. Elle avait presqu'oublié qu'il était la jalousie et l'envie même. Pauvre petit blond qui n'avait pas réussi à intégrer la classe 1-A... Il lui faisait presque pitié. Ce n'était pas comme si elle avait choisi sa situation. Mais évidemment, des gens comme lui ne pouvait pas comprendre. Ils étaient trop étroit d'esprit. Trop simple pour comprendre.
Elle ne répondit pas. S'embrouiller maintenant ne servait à rien et elle ne voulait pas ça. Elle ne voulait pas se battre avec ce blond arrogant. C'était comme débattre avec un pigeon répétant la même chose en boucle. La jeune Suzuki n'aimait pas les embrouilles de toutes façons. Au contraire, elle se leva et le dépassa. Il faisait un peu moins d'une tête de plus qu'elle, mais restait tout de même assez grand. Elle partit sans un regard vers lui alors qu'il continuait de proférer des remarques à son égard.
Une fois sortie de la bibliothèque, Rui soupira. Ce genre de personne l'agaçait à se croire au-dessus de tout le monde. A peine eut-elle dépassé le premier couloir que le temps sembla l'arrêter dans sa course en faisant s'écrier les voix du temps dans tout l'établissement. Ce fut alors avec un deuxième soupir que la jeune fille rangea son livre dans son sac et se dirigea avec mauvaise fois vers sa salle de classe.
L'après-midi sembla durée une éternité pour l'adolescente. Ils n'avaient fait que s'entraîner, et comme d'habitude, elle fut dispensée de la séance. Ses camarades avaient râlé tout le long. Elle réussissait toujours à trouver un moyen d'esquiver cette partie de son emploi du temps par ils ne savaient quel stratagème. Eux, ils voulaient juste voir à quoi ressemblait son Alter. Ce n'était tout de même pas la mer à boire ! Shoto, lui, n'avait pas fait attention, à présent habitué à leur mécontentement collectif par rapport à la noirâtre. Il n'avait pourtant pas pu s'empêcher de lui jeter des coups d'œil, de temps en temps. Après tout, si elle avait un quelconque problème avec le sport elle ne serait pas dans cette classe. Alors pourquoi ne bosser-t-elle pas elle aussi ? Ce n'était pas qu'il était curieux, mais il fallait avouer que c'était un peu étrange. Pourquoi être en classe héroïque sans effectuer ses entraînements ? Ça n'avait pas de sens. Aucune logique.
L'après-midi se finit enfin sous une pluie de sueur. Les élèves de la 1-A se ruèrent vers leur dortoir respectif dans l'espoir de prendre une bonne douche sous la puanteur de leurs efforts. Shoto, lui, se dirigea immédiatement dans le bureau de son prof où l'attendait déjà celui-ci.
Comme l'avait prévenu Izuku, Monsieur Aizawa ne lui posa que quelques questions sur son avenir, visant à savoir les intentions et les souhaits de son élèves. Shoto répondait automatiquement qu'il était sûr de vouloir devenir héros, un héros bon, sauvant les gens des personnes qu'il jugeait de « mauvais ». Son professeur l'avait ensuite un instant regardé sans rien avant de soupirer, de baisser les yeux pour écrire sur une feuille et de conseiller son élève de partir, en ayant fini avec lui. Todoroki avait alors pris la route de son dortoir.
Alors que ses pas le menaient vers sa chambre, au détour d'un couloir, il croisa la silhouette familière de la petite Suzuki, assise sur les marches des escaliers de leur dortoir. Elle avait le regard perdu dans le vide. Elle semblait complètement vidée d'énergie, et aussitôt, en constatant cela, Shoto se mit à s'inquiéter pour sa camarade. Ses sourcils se froncèrent sans pour autant qu'il ne perde toute impassibilité. Il n'était pas Katsuki Bakugo, il n'était pas aussi démonstratif de ses états d'âme. Il s'approcha donc de sa camarade de classe afin de poser se main sur son épaule, la sortant de sa torpeur.
« Tu vas bien, Suzuki ? »
L'adolescente hocha doucement la tête avant de se reprendre et de se frotter frénétiquement les yeux. La fatigue.
« Qu'est-ce que tu fais-là, Todoroki ?
-Je reviens de mon rendez-vous avec Monsieur Aizawa.
-Ah oui, c'est vrai... Le mot de ce midi...
-Je pensais que tu ne savais pas ? haussa-t-il un sourcil.
-Simple déduction, hocha-t-elle nonchalamment des épaules. »
Rui se leva en époussetant sa jupe d'uniforme. Elle entama alors de retourner dans sa chambre dans un silence des plus total.
« Pourquoi ne participes-tu pas aux entraînements ? lança-t-il au bout d'un moment de silence derrière elle.
-En quoi ça te regarde ? demanda Rui sans agressivité mais en relevant tout de même un sourcil.
-En rien. Je ne comprends juste pas pourquoi avoir rejoint cette classe si tu ne voulais pas t'épuiser à la tâche.
-Ce ne sont pas tes affaires, Todoroki. »
Elle accéléra sa marche soudainement pour presque courir vers son côté du dortoir. Shoto l'observa faire, perturbé et méfiant, mais la suivit tout de même avant de lui-même rejoindre ses appartements. Etrange réaction. Suspicieuse fille. C'est en se posant une myriade de question sur son étrange camarade que le jeune Todoroki parvint à trouver le sommeil en plongeant doucement dans les bras de Morphée...
*C'est son nom de code. Fait aussi référence à la déesse-soleil du panthéon hittite.
Bonjour ! Ou bonsoir !
Alors, c'est ma première fanfiction ici depuis looooooooongtemps. Comment ça va ici ?
J'ai voulu écrire une histoire avec Shoto et un OC à moi, afin de voir ce que ça donnait, et je me suis complètement perdue dedans ! J'espère que ce premier chapitre vous aura plu ! N'hésitez pas à me laisser vos impressions ! J'espère que vous continuerez à suivre cette histoire !
Bye bye !
Motaku.
