Chapitre II

Quatre jours étaient passés depuis leur courte, très courte discussion. Ils ne s'étaient plus reparlés depuis ce début de soirée et avaient repris tranquillement le cours de leur vie. Seulement, Shoto ne pouvait cesser de se poser des questions sur sa camarade. Elle ne participait toujours pas aux activités physiques de leur classe et ne se liait toujours pas d'amitié avec les autres. Elle restait toujours aussi solitaire depuis son arrivée. Todoroki était assis sagement à son bureau et observait silencieusement le reste de sa classe d'un regard perdu. Leur professeur avait un peu de retard ce jour-là, alors ils continuaient à discuter avec animation. Momo Yaoyorozu, la déléguée de leur classe, s'approcha de lui curieusement, la mine renfrognée. Elle se plaça à sa gauche. Shoto tourna vers elle un regard neutre, toutefois empreint d'une lueur d'interrogation.

Ils discutèrent un instant des prochains entraînements ainsi que l'ambiance de la classe avec la nouvelle arrivante. Momo lui confia son incompréhension face à la situation : elle avait bien essayé de se rapprocher de la jeune Suzuki, mais n'avait réussi à n'essuyer que des refus de la part de l'adolescente. Le jeune homme l'écoutait distraitement, les yeux perdus dans le vague. Il trouvait sa camarade de plus en plus étrange. Qu'avait-elle donc à cacher ? De quoi avait-elle aussi honte de parler ?

Finalement, leur enseignant arriva enfin en classe et ce fut en rouspétant légèrement que tous regagnèrent leur place respective. Durant tout le long du cours, Shoto ne put détacher son regard de la jeune femme aux cheveux ébènes. Il avait remarqué, depuis un petit moment maintenant, que la jeune fille ne prenait jamais de notes, ou très peu. Les seules fois où il la voyait écrire, c'était lorsque le sujet dérivait sur autre chose que sur les sujets héroïques pourtant indispensables pour leur classe.

C'est alors l'esprit embrumé que l'heure du déjeuner sonna, et il fut alors entraîné vers le réfectoire par Izuku et ses autres amis. Ils ne furent pas longs à arriver au réfectoire, ni à recevoir leur repas. Ils trouvèrent aussi rapidement une table où ils s'installèrent. Quelques-uns de leurs camarades s'étaient joins à leur repas, le rendant alors bien plus bruyant et dynamique qu'à l'accoutumé. Mina Ashido discutait joyeusement avec la déléguée, tandis qu'Ochako Uraraka débattait avec Katsuki Bakugo avec Eijiro Kirishima comme médiateur. Tenya Iida discutait, lui, tranquillement en compagnie de Sero Hanta, et Denki Kaminari parlait avec Kyoka Jiro. Tous provenaient de la classe 1-A.

Shoto était assis en face de Deku, le disciple, le favori d'All Might, le plus grand des héros. Celui-ci possédait des cheveux verts en boucles bataillés sur le haut du crâne et de grands yeux noirs qui exprimaient toutes ses pensées. Le jeune Midoriya avait le cœur sur la main et se souciait plus que tout de ses amis. Ce ne fut, par ailleurs, étonnant pour personne que ce dernier ait remarqué l'air penseur que Todoroki affichait depuis quelques jours à présent. Il le voyait bien, c'était écrit sur son visage : son ami était préoccupé par quelque chose. Et en tout bon Deku qu'il était, il ne put s'empêcher de s'inquiéter un tantinet pour lui.

« Tout va bien, Todoroki ? interrogea suspicieusement Izuku en fronçant les sourcils. »

Ledit Todoroki releva la tête de son plat et observa silencieusement son ami. Il lui demanda sans parler ce qu'il pouvait bien dire par-là. Izuku se dépêcha donc d'éluder sa question :

« Je, Je veux dire, tu sembles très préoccupé ces derniers temps. Un problème ? »

Un problème ? Non, aucun. Il n'y avait pas de problème. Sur le coup, Shoto se sentit un peu bête d'avoir autant l'esprit accaparé par cette histoire. Ce n'était pas quelque chose de grave, et peut-être même qu'il était à côté de la plaque. Honnêtement, il se demandait pourquoi ça le préoccupait autant. Mais il ne pouvait s'en empêcher, c'était plus fort que lui. Ça l'intriguait. Voilà tout. Et les questions qu'il se posait à son sujet n'arrangeait en rien les choses.

Inconsciemment, ses sourcils se froncèrent à son insu. Peut-être ne se trompait-il pas après tout. Et si tout ce qu'il supposait était vrai ? Et si elle n'était pas de leur côté depuis le début ? Mais cela n'avait pas de sens, elle se serait entraînée pour ne pas nuire à sa couverture. Ou peut-être ne s'entraînait-elle pas afin d'examiner leur faiblesse ? Il secoua la tête. Cette fille était un vrai casse-tête. Et s'il en parlait à Izuku ? Celui-ci était bien plus doué que lui pour examiner les gens, et ses plans étaient remarquables ce qui pourraient l'aider à réussir à en savoir plus sans attirer la curiosité de quiconque. Oui, parler de cette histoire à Izuku Midoriya semblait être la décision la plus réfléchi et stratégique.

« Je vois, déclara le vert après l'explication de son camarade. Elle est un peu bizarre tout de même... »

Shoto acquiesça en hochant légèrement la tête.

« J'avais aussi remarqué qu'elle ne participait pas aux entraînements. Mais je me suis dit qu'elle avait peut-être une faible condition physique. Vu ce que tu me dis là, elle devrait être en forme... »

Il l'écouta attentivement, concentré.

« Yuei étant l'établissement le plus performant pour futurs héros, elle n'aurait pas dû avoir déjà fait ces exercices dans son ancien lycée. Pareil pour les entraînements solo, seul Yuei peut avoir accès à tous ces engins pour une amélioration confirmée. Et puis, son arrivée ici est quand même un gros mystère. On ne sait pas comment elle a pu entrer en 1-A alors qu'elle n'a jamais utiliser son Alter jusqu'ici. Mais si elle était du côté des vilains, on l'aurait vu prendre des notes en entrainements, ou elle se serait au moins battue avec nous non ? Et les professeurs ne l'auraient pas laissé entrer ici si elle avait été une ennemie... »

Shoto observait son ami faire des suppositions, un peu agacé et surtout impatient. Tout ça, il se l'était déjà demandé. Il n'avait pas arrêté de se poser des questions depuis leur discussion et il avait largement eut le temps de s'imaginer toutes les choses les plus farfelus et incongrues qui puissent exister ici-bas.

« Je pense que tu devrais insister, pour qu'elle te réponde, supposa alors soudainement le verdâtre. Je trouve que Suzuki est ce genre de personne calme, qui ne veut pas s'attirer de problème. Qu'elle est une personne à avoir une vie tranquille. Alors je pense que si tu insistes un peu plus, elle craquera et te dira pourquoi. La théorie de Vilains reste encore loin, mais pas impossible. Tu ferais bien de te méfier quand même, on ne sait jamais. »

La mine soucieuse et sérieuse de Midoriya le percuta, et il hocha la tête. Ils continuèrent ensuite tous les deux leur discussion avant de changer de sujet pour parler de choses plus joyeuses, moins déprimantes.

« J'ai oublié de te demander, souligna soudainement Izuku, comment s'est passé ton rendez-vous avec Monsieur Aizawa l'autre jour ? »

Todoroki resta un instant silencieux avant de répondre :

« Ça va. Il m'a posé quelques questions, c'est tout.
-Quels genre de questions ?
-Si j'étais sûr de vouloir devenir héros, le parcours à faire, ajouta-t-il assez évasivement. »

L'esprit du fils d'Endeavor, l'éternel deuxième héros après All Might, dériva alors sur l'entretient qu'il avait eu l'autre jour avec son professeur principal. Celui-ci lui avait posé quelques questions sur son futur auquel il avait répondu sans hésiter. Il était sûr de vouloir devenir héros. Malgré son histoire et l'Alter maudit de son paternel, le jeune homme n'aspirait qu'à devenir ceci : un héros, afin de montrer à son géniteur ce qu'était un vrai sauveur. Aussi loin où remontaient ses souvenirs, il n'aspirait qu'à cela. Parce qu'un héros était quelqu'un de bon. Quelqu'un au cœur d'or, aussi gentil et généreux que courageux. C'était une vérité générale, quelque chose qu'on entendait partout dans les rues. C'était une réalité cruciale, auquel tout le monde croyait, y compris lui-même. On le lui avait tellement dit, on le lui avait tellement répété que cela ne pouvait être que vrai pour Shoto. Parce qu'un héros, c'était comme All Might. Quelqu'un d'héroïque et qui avait le cœur sur la main.

Il ne pouvait pas remettre en question tout ce en quoi il croyait. C'était comme demandé à un chrétien de cesser de croire en Dieu, ça n'avait aucun sens. Shoto avait toujours vécu dans cet optique qu'un jour, il deviendrait un héros. Il avait toujours cru en ces idéologies qu'étaient le bien et le mal. C'était son crédo, sa vocation. Il ne pouvait pas se détourner du chemin qui était déjà tout tracer depuis son enfance. Ce serait absurde. Sans logique.

Le repas reprit un peu plus calmement. Le temps pour eux d'aller rendre leur plateau arriva. Ce fut alors dans les rires et la joie de vivre que Shoto et ses camarades se dirigèrent vers les tapis roulants où ils y déposèrent leur déjeuner avec frénésie et empressement. Ils se dirigèrent alors tous vers la salle d'entraînement, certain voulant montrer aux autres les nouvelles techniques acquises récemment avec fierté. L'adolescent aux cheveux blancs et rouges les suivait sans conviction, les mains dans les poches de sa veste grise.

Puis alors qu'il marchait sagement, une silhouette attira son attention en se dirigeant vers la bibliothèque. Sans plus attendre et quémandant des réponses à ses questions, il abandonna pathétiquement ses amis pour rejoindre la silhouette avec rapidité sous leurs regards rempli d'interrogation. Il réussit à la retrouver assez rapidement. Elle était assise là, à l'arrière de la bibliothèque, lisant sereinement un bouquin dont il ne connaissait ni le nom, ni l'auteur. Il fronça les sourcils en constatant que c'était un ancien livre du monde, écrit par ces personnes qui ne possédaient toujours pas ce gène de super héros. Un certain Molière.

Reprenant constance, il s'approcha d'elle et mit sa main sur son épaule. A son contact, Rui sursauta et se retourna vivement vers celui qui venait d'interrompre sa lecture avec un regard agacé. Puis en s'apercevant que c'était Todoroki, son regard agacé se changea rapidement en un regard surpris.

« Oh c'est toi..., elle chuchota en espérant que la bibliothécaire ne l'ait pas entendu avec son Alter d'audition. Qu'est-ce que tu veux ?
-Pourquoi ne viendrais-tu pas t'entraîner avec nous ? osa-t-il sur le même ton.
-Tu es sérieux ? Suzuki rit doucement presque moqueusement. Tu sais que je ne participe pas aux entraînements de la classe et tu me proposes un entraînement privé ?
-On ne sait jamais. Peut-être préfères-tu la solitude.
-Et le fait que je reste constamment seule ne t'as pas donné une idée sur la réponse à ta question ? »

Il ne répondit pas, et elle referma brusquement son livre, contrariée.

« On ne peut même plus lire tranquillement, ici, pesta Rui entre ses dents.
-Je veux savoir.
-Quoi donc, sa majesté ? lança-t-elle ironiquement.
-Pourquoi tu ne t'entraînes pas avec nous. C'est bizarre.
-Mais c'est que tu lâche pas facilement l'affaire toi, se fâcha la jeune fille. Pourquoi ne pas simplement te mêler de ce qui te regarde, Todoroki ? En quoi ça te regarde que je participe ou pas aux entraînements collectifs ?
-On est une équipe, reprit-il.
-Justement, non. Vous êtes des inconnus pour moi. On ne se connaît pas, et je n'aime pas l'idée de faire équipe avec toi et tous tes amis, camarades.
-Pourquoi ?
-Mais t'es vraiment chiant toi ! Si je ne m'entraîne pas avec vous, c'est parce que je n'en ai pas besoin et que je ne veux pas me mêler à vous, c'est assez clair pour toi ? J'ai bien répondu ?! »

Au loin, ils purent tous les deux entendre le « chut » mécontent de la bibliothécaire face à l'élévation de la voix de l'adolescente. Cependant, Shoto comme Rui n'y prêtèrent pas attention, bien trop occupés à se fusiller du regard. Coupant leur lien visuel, Rui s'en alla, furieusement, de la bibliothèque. Shoto, lui, resta quelques instants, figé sur place avant de bouger soudainement et de sortir lui aussi en trombe de ce lieu rempli de livre. Il voulait vérifier les dires de cette fille. Si elle n'avait pas besoin des entraînements, alors leur prof le saurait étant donné qu'il ne lui disait jamais rien sur son inactivité. Ainsi, il en aurait le cœur net. Advienne que pourra.


Il est très tard lorsque je poste ce second chapitre, mais étant donné l'avance que j'ai sur mes autres applications, je me suis dit qu'il valait mieux tout poster dans la même soirée ici !

Si vous êtes encore là, c'est que l'histoire vous intrigue ! Dans ce cas, je suis heureuse de voir ça !

J'espère que l'histoire vous plaît jusqu'à maintenant !

Alors, vue que je n'ai rien de plus à ajouter, je vous souhaite une bonne soirée, ou fin de journée !

Bye !

Motaku.