Une tentative de meurtre.

C'était exactement ce qu'avait conclu la police après l'enquête de l'incendie. Le feu ne s'était pas éteint, malgré les tonnes d'eau qu'ils avaient déversées dessus. C'était à ni rien comprendre. De suite après, ils avaient appelé le commissariat le plus proche pour relater les faits qui s'étaient conclus malheureusement en tentative d'assassinat après une courte enquête. Les flammes avaient été trop fortes, mais surtout bien trop inatteignables pour que cela soit classé comme un simple incendie. Mais les forces de l'autorité ne ce n'était pas affolées plus que ça. C'était courant des tentatives de meurtre de leurs jours. Surtout envers un héros connu comme la victime. Les policiers penchaient sur la théorie de vengeance.

Rui et Shoto étaient assis face aux cendres de l'ancienne bâtisse. La jeune fille tendit une bouteille d'eau en direction de son acolyte que celui-ci s'empressa d'attraper et d'en avaler le contenu. Les émotions étaient redescendues de deux crans. Cette mission les avait exténués, et ils ne pouvaient rentrer se reposer que dans deux heures d'ici là. Ils observaient les équipes s'activer autour d'eux, la tête à la fois vidée et remplie de questions. Heureusement que les victimes allaient bien. Il sera plus facile ainsi de mettre la main que le coupable avec le témoignage du père de famille.

Les deux lycéens avaient le visage un peu noirci, et les traits fatigués. Malgré leur énergie à plat, ils continuèrent leurs rondes tranquillement. Malgré l'agitation une heure auparavant, les enfants étaient toujours de sortie et les familles étaient sagement chez elles à profiter de ce week-end de repos. Et malgré la fatigue, ils continuèrent de surveiller les alentours.

« Tu sais qui était la personne visée ? questionna la noiraude.

-Non, tout est allé trop vite pour que je reconnaisse le héros en question.

-C'est quand même étrange… Tu connais un vilain qui pourrait faire cramer une maison entière sans qu'on puisse arrêter ça ?

-Non. Pas que je sache. »

Même en pensant à Crématorium, Shoto aurait reconnu ses flammes d'une couleur bleu intense. Ce n'était pas lui, et il ne voyait aucun autre vilain qui utilisait un Alter de feu. Non, il ne voyait vraiment pas. Et ça le tracassait. Qui savait quand est-ce que ce genre de chose pouvait arriver de nouveau à cette personne. Ce héros était en danger, et, connaissant cette affaire, Shoto avait à présent du mal à s'en détacher complètement. Pourtant, il savait qu'il ne devait pas interférer. Mais cette fois, sans comprendre réellement pourquoi, il ne pouvait pas. Il avait un mauvais pressentiment. Et ce pressentiment était lié à cette affaire.

Il ne pouvait pas dire exactement pourquoi il pressentait de mauvaises choses. Mais cette histoire ne le rassurait pas. C'était clairement des flammes indestructibles, qu'ils n'avaient pas su arrêter avant qu'elles ne consument entièrement cette maison. Alors oui, il était anxieux par rapport à tout ça, tout simplement parce que c'étaient eux les personnes qui avaient secouru les victimes. Ils étaient à présent liés à tout ça, et il avait cette sensation désagréable qu'ils l'étaient bien plus qu'il ne le croyait. Il n'était pas serein. Pas du tout même. Mais il s'efforçait à l'être, pour ne pas inquiéter sa camarade et surtout parce qu'il ne comprenait pas l'intérêt de cette inquiétude aussi soudaine qu'inutile. Après tout… Pourquoi cela l'inquiétait-il autant ?

Rui avançait sur les pas de son camarade, légèrement en retrait derrière. Elle observait la silhouette élancée du file Todoroki devant elle, le silence planant entre eux. Ce n'était pas un silence dérangeant, bien heureusement. Et en marchant, Rui ne pu s'empêcher de se remémorer les paroles de son ami, prononcé à peine quelques minutes avant l'incident. Comment savoir s'ils étaient une bonne personne…

Honnêtement, Suzuki n'avait pas de réponse. Elle ne savait pas comment lui expliquer ça. Elle savait juste qu'en tant qu'être humain, ils définissaient le bien et le mal. C'était une question complexe, car chacun avait son point de vue de la chose. Elle se demandait pourquoi il se demandait ceci aussi soudainement.

« Shoto ? »

Il ne répondit pas, bien trop accaparé par ses pensées. Elle lui attrapa la manche de son uniforme et fronça les sourcils d'interrogation. Peut-être que la mission l'avait un peu trop secoué, ou elle ne savait pas quoi. Mais il semblait inquiet quand son regard rencontra le sien.

« Ça va ? »

Todoroki resta silencieux, les lèvres plissées et les yeux fixés au sien.

« Tu repenses encore à ta question de tout à l'heure ? »

Sa question de tout à l'heure ? Ah… Comment reconnaître une bonne personne. Il fallait dire que ceci était un peu passé au second plan depuis l'incendie.

« On peut dire ça… »

Rui haussa un sourcil, alors que Shoto détourna son regard du sien. Sa prise sur son uniforme diminua, alors qu'elle se concentrait pour lire les traits du jeune héros. Elle voulait comprendre ce qui le tracassait. Il semblait inquiet, anxieux, bien plus qu'il ne le fut précédemment. Rui se mordit la lèvre inférieure. Elle décida donc d'esquisser un sourire. Un sourire timide mais réconfortant.

« Tu sais, elle commença, je ne pense pas qu'on puisse juger nous-même si on est de bonnes personnes ou non. Je pense que ce sont nos actions qui définissent si nous le sommes. En ce qu'il te concerne, tu n'as pas besoin de t'inquiéter. Tu es une bonne personne, Shoto. Parce que c'est grâce à toi que je peux te donner cette réponse. »

L'adolescent sentit son cœur gonfler à la réplique de la jeune femme. Inconsciemment, il fini par attraper la main de ladite jeune femme pour la serra délicatement dans la sienne et plongea son regard dans le sien. La noirâtre ressentit son cœur commencer à battre à une vitesse supérieure.

« Dis, tu ne ressens vraiment rien quand tu es avec lui ? »

Ce soir-là, lorsque Mina et elle avait discuté dans sa chambre, Rui lui avait jeté un regard courroucé.

« Enfin, tu n'as pas ce besoin de tout le temps vouloir être avec lui ? De vouloir le voir ? Je sais pas… T'as pas l'impression de… d'être plus légère à côté de lui ? elle rit. Je sais pas comment expliquer. Si je te devais une explication, je te demanderais si tu ne ressens pas des papillons dans le ventre à ses côtés, si ton cœur ne bat pas la chamade ou si tu frissonnes pas à son toucher… Mais ça sonne outrageusement niais ! »

Mina avait ri nerveusement après sa tirade, les joues rougies. A cet instant-là, Rui avait juste détourné un regard pensif.

Bien sûr qu'elle ressentait quelque chose de différent lorsqu'elle était avec le jeune Todoroki. C'était bien loin de l'amitié qu'elle éprouvait pour Mina ou Mari. Elle savait parfaitement ce qu'elle ressentait pour lui, se l'avouait elle-même. Elle se sentait bien avec lui, plus légère, à sa place. L'impatience de le voir la désemparait. Son cœur frissonnait lorsqu'il était là, et une douce chaleur venait l'envelopper toute entière. Bien sûr qu'elle avait sût définir ces sentiments. Bien sûr qu'elle l'aimait. C'était tellement évident… Elle ne pouvait pas dire qu'elle l'aimait d'un amour passionné, d'un amour infini. Non, ce n'était pas comme ça. Elle l'aimait simplement. Doucement. Légèrement. Un amour simple, aussi léger qu'une plume emportée par le vent. C'était aussi doux et aussi simple que pouvait l'être un premier amour, sans prise de tête.

Shoto Todoroki. Un apprenti héros qui lui avait doucement ouvert les portes du monde héroïque et qui le lui avait fait découvrir dans les moindres détails. Un ami. Qu'elle avait su déchiffrer, d'une curiosité étonnante, d'un besoin de réponses affolant, de gentillesse et de générosité aussi pur l'un que l'autre. Ce type de héros auxquels elle avait arrêté de croire depuis son enfance. C'était lui qui l'avait soutenu dans tous ses choix jusqu'ici.

Elle resserra son emprise sur sa main. Le jeune héros continua un moment d'observer ce petit bout de femme. C'était à son tour de prendre un air pensif. Il espérait ne pas lui transmettre ses craintes. Shoto ne voulait pas qu'elle s'inquiète pour, surement, quelque chose d'inutile. Alors dans l'optique de lui changer les idées, Todoroki l'entraîna à sa suite, reprenant leur ronde assez longtemps stopper. Un peu choquée par cette reprise soudaine, Rui jeta un regard à son ami avant de poser ses iris argentées sur leurs mains toujours liées.

« Merci. »

Elle releva de nouveau la tête surprise.

« Pour penser que je suis… quelqu'un de bien. »

Suzuki afficha un petit sourire. Elle devina bien la gêne évidente que ressentait Shoto en la remerciant. Pour ce qu'elle lui avait dit. Et ça la fit sourire. Peut-être l'était-elle devenue. Peut-être était-elle devenue un peu niaise en étant amoureuse…


Je suis en retard... Je suis désolée, mais j'étais tombée malade entre temps, j'espère que vous ne m'en voulez pas trop :(

Sinon, ça va ?

Et voilà un chapitre qui vous introduit dans le mystère ! Ça va vraiment être un truc de ouf, j'espère vraiment que la suite ne va pas vous décevoir.

Je me suis dit que c'était le moment pour Rui de s'avouer ses sentiments, que c'était le moment de l'écrire. Elle n'est pas du genre à se voiler la face, et elle n'est pas bête ou innocente, donc je me suis dit que c'était la meilleure façon pour elle de se l'avouer et de rendre ça encore plus concret. Bon, comme d'habitude, un petit rapprochement entre les deux lycéens, le but premier de cette histoire quand même, il serait temps qu'ils se mettent ensemble haha. Bah non. Vous allez devoir encore attendre, nyahahaha !

Enfin bon, voilà tout pour aujourd'hui !

J'espère que le chapitre vous aura plu et on se retrouve la semaine prochaine pour un nouveau ! Sur ce, je vous dis bye bye !

Bien à vous,

Motaku.