Ce n'est qu'au bout du troisième mois que le jeune homme réussi à récupérer le dossier de Rui Suzuki. Cela n'avait pas été une mince affaire pour lui, mais surtout pour son père. Peu importe à quel point son statut de numéro un était important dans la société, le gouvernement n'avait pas voulu lui céder le dossier aussi facilement que le jeune Todoroki l'aurait espéré. Son père avait dû ramer presque un bon mois pour pouvoir récupérer son dossier.

Endeavor avait même eu du mal à bien vouloir accorder cette faveur à son héritier. Devenu numéro un, il n'avait pas le droit au moindre écart de comportement, aucunes erreurs. Mais c'était la première fois que son fils lui demandait quelque chose. Alors il n'avait pas réussi à lui refuser sa requête très longtemps. Et puis, malgré son attitude fière et dédaigneuse, arrogante et impérieuse, Eiji Todoroki possédait de nombreux contacts dans la communauté héroïque en qui il pouvait faire confiance. Que ce soit par peur ou amitié envers le héros. N'ayant pas pu s'investir dans cette affaire-là, Todoroki avait dû faire jouer ses relations pour réussir à récupérer ce dossier, ce qui n'avait pas été une mince affaire pour le rouquin.

Eiji avait lu attentivement le dossier. La personne qui lui avait procuré le dossier était une connaissance des unités de police. Ce dernier était un des principaux agents dans cette affaire, aussi une des personnes qui détestait l'injustice, alors il avait pu se procurer un double sans aucun mal malgré que ce dernier fût réticent à l'aider. Cependant, cette personne l'avait prévenu. Tout était censé être et rester confidentiel. Alors tout ceci l'avait intrigué et il avait observé le dossier de plus près. En l'examinant, il avait eu beaucoup de mal à y croire. De ce qu'il avait entendu de cette histoire, les enquêteurs n'avaient rien trouvé de concret. Mais le dossier était rempli de témoignage, d'indices et de preuves. Il n'y avait aucun coupable, aucun suspect, mais les preuves étaient nombreuses dans tout ceci.

En premier temps, le père Todoroki n'avait pas voulu donner ce dossier à son benjamin. Tout cela semblait tiré par les cheveux, tout dans cette affaire sentait le danger, et il ne voulait pas perdre son fils malgré tout. Mais Shoto semblait tellement concerné par cette histoire. Il connaissait son fils. Jamais il n'avait été aussi attentif et sérieux que pour ce cas-là. Il avait rapidement compris que cette camarade de classe était proche de son héritier. Pour qu'il vienne lui demander de se procurer un dossier secret, caché à la vue de tous, c'était qu'il devait réellement tenir à cette adolescente. Alors il avait cédé, et lui avait laissé le dossier. Toutefois, il ne s'était pas contenté de le lui donner et de se débrouiller.

Malgré qu'il soit grand, Shoto restait mineur et il était de son devoir de le protéger. Alors il avait parlé de ses découvertes à son professeur principal. All Might ayant pris sa retraite de héros et ne pouvant que pratiquer peu avant de s'épuiser, il ne lui était d'aucune ressource à contrario d'Eraser Head. Et étant la personne la plus proche de son fils au quotidien, il était celui amène à le surveiller le plus. Parce qu'Endeavor le savait ; s'il en avait l'occasion, Shoto n'hésiterait pas à se jeter dans la gueule du loup pour sauver son amie. Et n'ayant aucune connaissance de l'endroit où se trouvait Rui, il mènerait quelques recherches de son côté pour la sauver tandis qu'Aizawa garderait un œil sur les enfants. C'était là son plan de départ. Il ne s'était juste pas attendu à ce que son fils reconnaisse la kidnappeuse.

Lorsque Shoto avait pris dans ses mains tout ce qui contenait l'affaire Rui Suzuki, il s'était empressé de le lire entre les murs de sa chambre. Il n'en cru pas ses yeux. Toutes ces traces, ces informations, caché à tous, caché aux proches, aux principaux concernés. Tout avait été dissimulé pour que rien ne ressorte au grand jour. Tous les témoignages, les traces ADN, les indices, les preuves… Rien n'était sort. Et l'enquête avait été déclarée comme mystérieuse pour tous les japonais. Il n'y avait rien alors que tout était là. C'était un horrible sentiment qui traversait Shoto. Sa colère passa à la déception alors que ses jointures en devinrent blanches à force de serrer les poings avec puissance. On lui avait menti. La juste avait menti à tout le monde. Parce qu'il n'y avait pas question que de Rui dans cette histoire. Des enfants étaient impliqués dedans.

Après avoir lu toutes les fiches ce jour-là -il avait même fini par sécher pour la journée, une première pour lui-, il était passé au visionnage des cassettes de sécurités qui n'avaient alors jamais disparu. Il nota alors la corruption dans lequel était plongé le système, et cela le dégoûta du plus profond de son être.

Il répéta plusieurs fois les vidéos, sous les différents angles que les caméras avaient réussi à prendre. Il les avait observés dans tous les sens, persuadé au bout de nombreux visionnages qu'il n'avait plus rien à regarder ni identifier. Il n'avait de cesse d'observer encore et encore la scène horrible de ce fameux jour au parc. Son cœur se brisait à chaque observation, examinassions, mais rien. Il ne trouvait pas. Jusqu'à ce moment-là.

Todoroki avait toujours trouvé l'attitude de la jeune fille étrange depuis qu'il l'avait rencontré. Surtout envers leur amie commune. Mais il ne s'était pas posé beaucoup de question. Après tout, cette fille était une amie de la noiraude. Pourquoi lui voudrait-elle du mal ? Eh bien pourtant même maintenant, cette question restait sans réponse. Et il ne voulait toujours pas y croire.

C'était un léger détail qu'il avait omni d'observé sur une des vidéos qui le titilla. Ce furent ses yeux qui la trahir. Ses deux pupilles roses.

« Impossible… »

Il n'y croyait pas. Il pensa rationnellement. Mais sa conscience lui criait d'aller au moins lui poser des questions. Pourquoi lui aurait-elle fait ça ?

L'adolescent s'était levé en trombe et avait foncé en dehors de sa chambre. Ses pas fendirent l'air, rapidement, et son souffle cardiaque s'accéléra brusquement. Il ne voulait pas y croire. Ne le pouvait tout simplement. Parce que c'était insensé pour lui. Parce que ça serait une énorme et douloureuse trahison pour Rui. Parce qu'elle en serait terriblement blessée si cela s'avérer être une vérité. Pourtant, ce doute qui s'insinua dans son esprit le força à avancer encore et encore à sa recherche. Car les yeux roses étaient les plus rares dans leur monde.

Ses pas dans les couloirs furent recouverts par les discussions bruyantes des autres élèves marchant à ses côtés. Ses yeux transperçaient la détermination. Ses poings serrés trahissaient l'inquiétude. Puis soudain, tout se passa très vite. Du coin de l'œil, il vit la chevelure argentée de la jeune femme et d'un coup se retourna pour l'empoigna par le bras et l'emmener dans un coin tranquille, où aucun regard indiscret ne viendrait les déranger. Dans un endroit désert, le jeune héros plaqua la jeune fille contre le mur et se mit devant elle, les yeux dans les yeux. Comme toutes les précédentes semaines, le regard rosé de Mari était voilé par la fatigue et l'absence d'esprit. Elle l'observait dans le vide, sans aucune émotion, des cernes violettes sous les yeux. Shoto serra la mâchoire et quémanda :

« Est-ce que c'est toi… Est-ce que tu as quelque chose avoir avec l'enlèvement de Rui ? »

Shoto ne passait pas par quatre chemins, et sa voix saccadée et emplie de doute réussir à allumer une flamme dans les yeux trop vides de l'étudiante. Un fait qui confirma la question du jeune Todoroki. Il déglutit difficilement à cette révélation.

« C'est toi qui l'as enlevée… »

Il ne comprenait pas. Ne parvenait pas à comprendre. Jamais. Juste… Pourquoi lui avait-elle fait ça ? Contre toute attente, la jeune femme ne se mit pas dans une colère noire d'avoir été découverte. Elle ne paniqua pas, ou ne nia même pas ses paroles. Elle se contenta juste… de sourire. Un sourire soulagé.

« Enfin…, laissa-t-elle échappée. Tu en auras mis du temps pour agir… »

Ses mots résonnèrent dans son crâne alors que toute forme de raison sembla disparaître, écrasé sous le poids de la vérité. C'était elle. Elle qui avait enlevé leur amie. L'adolescente le vit se décomposer devant elle. Elle vit toute émotion quitter les iris vairons du garçon. Elle assista à cette scène, impuissante. Tout ce qu'elle s'autorisa à faire fut de prononcer ces quelques mots avides de sens :

« Quand la rue tomba sous Hachimaru, arrivèrent après trois-cent-soixante-quinze hommes auparavant enfermés. C'est alors au matin que sous Pierre, au sol, gisait encore dans la pénombre le petit chat noir affamé. Quant à ces hommes, l'aide était bienvenue. »

C'est sous les yeux rempli d'incompréhension que la lycéenne se volatilisa soudainement, ne laissant derrière elle qu'un grand vide emplissant le silence. Quelques secondes plus tard après sa disparition, Shoto s'en alla. Il fallait qu'il trouve de l'aide.

Quand elle se téléporta là-bas, elle ne réfléchit pas et se dirigea d'un pas assurée vers les escaliers. Elle les descendit, le regard vide et ne pensa pas réellement à ce qui allait suivre. Cela faisait des mois qu'elle vivait ainsi. C'était comme une routine bizarre qui s'était installé pour elle. Une coutume malsaine pour elle. Des cris s'intensifiaient à chaque marche qu'elle descendait. Une fois qu'elle fut en bas, elle fit face à une porte fermée devant elle. Elle resta impassible et immobile face à la porte quelques secondes. Les cris de douleurs et de souffrances qui s'en échappaient la brisèrent au plus profond d'elle-même. Pourtant, elle ne bougea pas et son visage resta d'un calme alarmant. Elle ne réagissait pas, les yeux vitreux. Finalement, elle appuya sa main jusqu'à la poignée et l'abaissant, ouvrant la porte qui grinça bruyamment à son entrée.

« Te voilà enfin, toi ! »

La voix criarde de Rita s'éleva dans la pièce toujours non illuminée. La noirceur l'enveloppait délicatement, ses cheveux clairs s'assombrissant. Malgré son cœur pompant rapidement dans son torse, elle se contenta d'avancer tranquillement jusqu'à la femme au blouson blanc qui l'attrapa par les épaules. D'un geste bourru, elle lui attrapa le menton pour lui relever la tête. Elle pouvait sentir le souffle chaud et le regard fou de l'adulte sur sa personne. Elle resta tout de même sans émotion. Rui ouvrit grands les yeux face à la scène. Elle ne pouvait faire que ça.

« Mari… »


Weeeesh,

Alors, alors ? Choqué ou pas choqué ? Qui s'attendait à ce que ça soit Mari qui l'ait kidnappé ? Pas moi mdr !

Bon bah voilà c'est tout pour aujourd'hui, on se retrouve la semaine pro pour un nouveau chapitre, mercredi ! Sur ce, je vous fais de gros bisou et vous dit à bientôt ! Bye !

Bien à vous,
Motaku.