Blabla de l'auteur : Bonjour à tous. Après une petite séance de méditation, je vous livre le nouveau chapitre qui j'espère vous plaira mais… J'en doute. Merci à Audreyyyy (Salut miss. Ouais ça commence bien mais je doute que ce chapitre te plaise. Moi je le déteste. mdrr Ouais Mitchie a raison sur le moment mais perso, j'aurais attendu des explications avant de les envoyer au Diable par colis recommandé avec accusé de réception... Oui alors pour le secret, il va falloir attendre un peu. Bisouilles), Pims10, Mamadjo, Romane 4321, Emelyne (Salut miss. Oui ça démarre fort. J'espère que la suite plaira même si je crains que non mdrr Bisouilles), GoldenLionCub, Marine (Salut miss. Ouais va falloir attendre un peu pour savoir ce que les garçons cachent à Mitchie. Mais oui, elle n'a clairement pas caché ce qu'elle pensait d'eux, de lui. Bisouilles), Mary Kalpana, Miss Morgane, pour leur enthousiasmes et leur reviews.
Disclaimer : Tout ce que vous reconnaissez de l'univers appartient à Disney. Quant à l'histoire, pour ceux qui me lisent depuis le début où presque, elle m'appartient également puisque j'avais déjà traité le sujet dans « Les Précieuses ». Par contre, pour le méchant de l'histoire… J'en ai plusieurs copies enfermés dans mon placard si jamais vous avez besoin d'un punching-ball ! ^^
Merci à chris87 et à nouna pour leurs avis. Et merci à elles deux pour leurs commentaires. =)
CHAPITRE 01
Elle ne les revit que six mois plus tard lorsque ses parents, ainsi que sa sœur, moururent dans un accident de voiture provoqué par un chauffard, ils vinrent tous les trois à l'enterrement. Par respect pour sa famille, elle refusa de leur hurler dessus mais prit soin d'ignorer leurs regards où les gestes qu'ils esquissèrent dans sa direction. Tout comme elle veilla à ne pas les fixer lorsqu'elle prit la parole durant la cérémonie. Et lorsque les trois cercueils furent mis en terre, elle prit sa voiture, qu'elle s'était achetée un mois auparavant, et rentra directement dans la maison où elle avait grandi. Maison qu'elle allait devoir vendre, ne pouvant pas assumer les charges. A plusieurs reprises, elle les entendit venir la voir et parler à travers la porte mais refusa de les écouter et mit simplement sa musique plus forte, jusqu'à couvrir le son des moteurs qui quittèrent l'allée.
Les premiers jours sans ses parents lui parurent insurmontables tant il y avait à faire. Elle prit deux semaines pour vider la maison et engagea une agence pour la vendre, puis passa ses week-ends à trier les cartons pour savoir ce qu'elle gardait. Elle finit par retourner travailler et les jours se transformèrent en semaines qui se succédèrent jusqu'à devenir des mois. Elle trouva un appartement et le meubla avec ceux de ses parents qu'elle avait mis chez un garde-meuble, et une année passa sans qu'elle ne la voie. Sauf le soir de Thanksgiving qu'elle passa seule à pleurer la perte de son univers. Ne voulant pas revivre ça, elle demanda à travailler le jour de Noël permettant ainsi à ses collègues de rentrer plus tôt dans leur famille, puis la librairie dans laquelle elle travaillait, commença à avoir des problèmes financiers. Et lorsqu'un an plus tard, le propriétaire mit la clé sous la porte, Mitchie se retrouva sans emploi. Elle prit conscience, à ce moment-là, qu'elle n'avait plus rien pour la retenir. Ses parents étaient morts, elle avait rompu tout lien avec ses amis, pour ne plus entendre parler de ses meilleurs amis, et à présent elle n'avait plus de travail. Cependant, elle refusa de baisser les bras et dès le lendemain, elle retourna chercher du travail. Elle croisa ses deux collègues qui finirent par retrouver quelque chose. Le premier devint livreur dans un journal et la seconde reprit une formation pour devenir chef cuisinier. Seule elle ne retrouva rien et elle finit par se lasser d'aller voir chaque matin, les annonces qu'il y avait. Elle avait beau répondre à chacune, aucune ne lui proposait un entretien. Pour la plupart, elle n'eut aucune réponse et refusa d'appeler ne voulant plus entendre de 'non'. A la place, elle s'enferma dans son appartement et resta devant la télé désabusée et complètement vidée d'énergie. Tout ce qu'elle voulait à présent était de retrouver sa famille. Elle ne pensait pas pouvoir tomber plus bas. Le destin lui en donna la preuve par son propriétaire qui, ne recevant plus son loyer l'expulsa. La brunette fut jetée dehors sans ménagement et resta inerte quelques instants avec ses affaires puis sa valise à la main, commença à déambuler dans les rues. Partout où son regard se posait, elle n'y vit que des visages heureux et finit par désespérer encore plus. Elle rejoignit le pont où sa famille avait vécu une fin tragique, et accoudée à la rambarde, se pencha pour regarder les bateaux passer. Plus jeune, elle passait des heures entières avec ses amis, à regarder les embarcations voguer sur l'East River. La jeune femme chassa ses pensées, en secouant la tête et continua de regarder le fleuve. A un moment, quelqu'un lui vola sa valise mais elle n'eut pas le courage de lui courir après, elle n'avait plus goût à rien. Tout ce qu'elle voulait c'était partir. Quitter cette vie où elle était seule et malheureuse. Elle songea même à se jeter dans le vide mais au moment où elle prit sa décision, quelqu'un l'appela. Surprise qu'on la connaisse, elle se tourna et sourit en voyant Anthony Grant. C'était un client régulier de la librairie et ils passaient tous deux des heures entières à parler littérature.
« - Je suis content de vous revoir, sourit-il. Comment allez-vous ? J'ai appris pour la librairie, je suis désolé.
« - Ce n'est rien, sourit-elle avec l'envie de l'envoyer balader.
« - Vous avez l'air triste, un problème ?
« - Non, mentit-elle avant de regarder le fleuve.
« - Mitchie, vous me faites peur à regarder l'East River ainsi, vous savez ?
« - Je ne vous retiens pas, dit-elle simplement.
« - Non mais moi je vais vous ramener chez vous !
« - Impossible, rit-elle nerveusement, je viens d'être mise à la porte !
« - Chez vos parents alors !
« - Ils sont morts mais c'est gentil ! Et avant que vous ne me le demandiez, je n'ai pas non plus d'amis vers qui me tourner, vous voyez, j'ai une vie passionnante, dit-elle pince-sans-rire. Un vrai conte de fée !
Il nota le sarcasme de sa voix mais décida de ne pas relever pour le moment. Elle semblait avoir besoin d'aide et sans réfléchir lui proposa la sienne.
« - C'est gentil mais je n'ai plus de travail et aucune envie d'en chercher. De toute façon, on vient de me voler ma valise avec mes papiers, ajouta-t-elle comme si ce n'était rien, alors vous voyez…
« - Ce n'est pas grave. Ecoutez Mitchie, je ne peux pas vous laisser ici seule, j'ai bien trop peur que vous fassiez une bêtise. Je vais vous amenez chez moi, et je vais vous aider à retrouver une situation stable, un travail et un appartement. Et je vous propose même de partager mes amis, si vous voulez !
La jeune femme se tourna vers lui et allait refuser lorsqu'elle s'aperçut que depuis la mort de ses parents, c'était le seul qui lui tendait réellement une main secourable et décida de le suivre. Elle savait que c'était dangereux mais elle songea qu'elle ne risquait pas grand-chose. De plus elle n'avait ni travail, ni toit pour dormir et l'hiver approchait à grand pas. « Rien ne pourra être pire, se convainquit-elle en acceptant de suivre Anthony. » Il la fit monter dans sa voiture et la conduisit dans un appartement simple mais décoré avec goût et pendant une seconde Mitchie se demanda ce qu'il faisait dans la vie mais oublia ses interrogations lorsque Anthony lui fit faire le tour du propriétaire. Il lui donna la chambre d'amis et la laissa se reposer. Durant deux jours, elle eut beaucoup de mal à croire qu'elle était chez un ami mais il réussit à la rassurer et un soir, elle lui raconta dans quelles circonstances, elle avait perdu ses amis, sa famille et son appartement. Il l'écouta patiemment, insultant avec elle, ses amis qui l'avaient abandonnée, ou le chauffard qui était responsable de son malheur.
Durant le mois qui suivit, il l'aida à démarcher des entreprises, et à se reprendre seulement un soir tout changea. Il revint énervé et elle lui en demanda la cause.
« - Le proprio vient de me choper dans le couloir, il est au courant que je t'héberge et m'a demandé de te mettre dehors. Normalement, cet appart est une colocation, expliqua-t-il, mais comme tu n'as pas de revenu, je n'ai pas voulu te faire signer de contrat… Enfin bref, soit je te mets dehors soit tu trouves du travail rapidement ou alors on sera tous les deux à la rue.
« - Je suis désolée Anthony. Je vais partir, j'ai suffisamment abusé de ta gentillesse comme ça. Et puis je vais mieux à présent, je vais voir pour entrer dans un foyer pour…
« - Tu n'as pas de revenue Mitchie, personne ne te prendra. Ecoute, je vais aller le voir pour réclamer un mois supplémentaire, ça te permettra de trouver du travail et moi de me faire à l'idée de partager mon appart avec un gars que je ne connais pas ! On est gagnant tous les deux… Mais dans un mois, si tu n'as pas de travail, je devrais te mettre sur le trottoir !
La jeune femme acquiesça penaude et dès le lendemain, elle redoubla ses efforts pour trouver un emploi même de quelques semaines. Tout ce qu'elle voulait c'était retrouver de quoi s'assumer. Seulement elle eut beau postuler partout, personne ne la prit et elle se mit à désespérer en songeant qu'elle allait devoir apprendre à vivre dehors. Seulement, la veille de son départ, alors qu'elle préparait déjà sa valise, Anthony frappa à sa chambre.
« - J'ai une bonne nouvelle pour toi, dit-il en souriant.
« - A moins que tu m'aies trouvé un travail, je ne pense pas que ça m'intéresse, soupira-t-elle en fermant sa valise.
« - Devine ce que c'est, s'amusa-t-il en montrant un papier qu'il tenait en main.
« - Une feuille pliée en quatre, je dirais.
Ils rirent de cette évidence puis il la lui tendit.
« - Voici l'adresse d'un ami qui cherche une secrétaire. Je lui ai parlé de toi et même s'il ignore ta situation particulière, il a accepté de te recevoir. Je ne te promets pas que tu seras prise mais au moins tu as un entretien !
La jeune femme regarda successivement, le papier et son ami et lui sauta dans les bras, le remerciant d'avoir fait jouer ses relations. Il lui assura que ce n'était rien et ils passèrent la soirée à imaginer l'avenir de la jeune femme à présent qu'elle était sur le point de récupérer sa situation précédente. Seulement son bonheur fut de courte durée puisque lorsqu'elle l'allongea dans son lit, pour écouter la radio quelques minutes comme chaque soir, elle entendit, à nouveau, parler de ses anciens amis. En effet, Shane, Nate et Jason avaient formé un groupe et celui-ci devenait célèbre. Elle écouta, avec un pincement au cœur, leur chanson puis changea de station refusant d'en savoir plus à leur sujet puisqu'ils étaient en pleine interview. « Ce n'est rien Mitchie, songea-t-elle en fermant les yeux. Oublies-les, visiblement tu ne leur manques pas ! » Se changeant, elle se coucha et maudit la radio quand le dernier regard de Shane lui revint avec force. Elle voulut oublier ces deux prunelles blessées qui semblaient lutter pour lui avouer la vérité sans oser et elle pleura quelques instants en réalisant qu'ils lui manquaient. La minute suivante, elle se rappela leurs secrets, et les maudit de lui gâcher sa joie. Elle s'endormit cependant rapidement et lorsqu'elle rouvrit les yeux, huit heures venaient de sonner. La jeune femme prit une longue douche, et s'habilla d'un pantalon noir basique ajoutant un top bleu clair sans manche et se maquilla légèrement afin de cacher son air fatigué. Quand elle fut prête, elle enfila une veste noire, prit son sac à main avec son CV et une lettre de motivation et partit à l'adresse qu'Anthony lui avait donné.
Quand elle arriva, elle trouva l'endroit suspect puis soupira. « Je deviens parano, songea-t-elle en frappant au numéro vingt-huit. » Un homme lui ouvrit et la fit entrer avant de lui demander d'attendre ici. A aucun moment, il ne lui avait sourit et elle fut rassurée de savoir que ce n'était pas lui son futur employeur. Celui-ci arriva, avec un sourire des plus chaleureux et lui tendit la main avant de la conduire à l'étage en lui expliquant les circonstances de ce rendez-vous.
« - Anthony m'a expliqué que vous étiez actuellement en pleine recherche de travail suite à quelques problèmes personnels et ça tombe bien puisque je cherche quelqu'un pour m'aider à classer tous mes dossiers. Je suis détective privé et je pars demain pour Los Angeles pour quelques semaines et comme mon bureau se fait dératiser, je suis contraint de vous recevoir chez moi. Mais rassurez-vous, il ne vous arrivera rien. Et puis, ajouta-t-il sur le ton de la plaisanterie, si jamais il y a un problème, vous connaissez mon adresse, pour porter plainte !
Mitchie rit avec lui, avant de lui assurer qu'elle n'avait aucunement l'intention de porter plainte, puis il ouvrit une porte et s'effaça afin qu'elle entre. La jeune femme le remercia pour ce geste et sourcilla quand elle s'aperçut que celle-ci était noire. Heureusement ça ne dura pas puisque son futur patron alluma la lumière et ferma la porte. La brunette sourcilla en s'apercevant qu'ils étaient dans une chambre et se tourna pour demander des explications seulement l'homme qui lui faisait face n'avait plus rien de celui avec qui elle venait de parler. Le regard froid, et menaçant, il s'approcha d'elle la faisant reculer inquiète quant à la suite de ce rendez-vous. « Et surtout, vais-je en sortir vivante, se demanda-t-elle. » Avant qu'elle n'aille plus loin dans ses réflexions son talon heurta un meuble et un rapide coup d'œil au-dessus de son épaule lui apprit qu'elle était contre le lit. Il dut s'en apercevoir puisqu'il esquissa un sourire de vainqueur et la fit tomber sur celui-ci.
« - Laissez-moi partir monsieur Steven, dit-elle avec courage. Vous n'avez encore rien fait de répréhensible et j'oublierai tout si vous me laissez partir tout de suite !
« - Erreur, je ne m'appelle pas Steven, ce n'est que mon prénom. Mon nom tu n'as pas besoin de le connaître, sache juste que je suis ce qu'on appelle un ouvreur !
« - Un quoi, demanda-t-elle inquiète et quelques peu perdue.
« - Un ouvreur. Les hommes m'envoient les filles qui, comme toi, sont encore vierges et je me charge de les rendre apte au travail qui les attend !
« - Je… Comment ça ?
Pour toute réponse, il sourit grandement et s'allongea sur elle. Ses pieds bloquèrent ceux de la jeune femme alors que d'une main il lui maintint les bras au-dessus de la tête. De sa main libre, il déboutonna son pantalon et glissa ses doigts dessous la faisant sursauter. La seconde suivante, elle commença à hurler. Dès lors, il retira sa main et fouilla dans le tiroir pour prendre une seringue qu'il déballa sous ses yeux. Morte de peur, elle le fixa ne comprenant pas ce qu'il se passait et le vit planter l'aiguille dans une petite bouteille pour absorber du liquide. Elle le vit enlever le bulle d'air et lorsqu'elle comprit que la piqûre lui était destinée la jeune femme se débattit de plus belle, ne voulant pas être droguée. Malheureusement il dut avoir l'habitude puisqu'il réussit à dégager son nombril et bien trop rapidement, elle sentit l'aiguille pénétrer sa peau, alors qu'il appuyait sur le piston pour lui injecter le produit. Dès que ce fut fait, il la relâcha et alla tranquillement jeter la seringue et l'emballage dans une poubelle située dans un coin de la pièce. Mitchie se leva aussitôt et se rhabilla rapidement avant de quitter la pièce. Seulement elle ne put aller bien loin que sa tête se mit à tourner et elle s'appuya contre le mur le temps que le vertige passe. La minute d'après, elle s'évanouit sur le sol.
…
Quand elle se réveilla, elle eut la désagréable surprise de voir qu'elle était complètement nue et attachée sur un lit, les bras et les jambes écartées. Entre celles-ci était assis Steven qui l'observait amusé.
« - Tu te réveilles enfin, j'ai bien cru que j'allais devoir t'injecter un autre produit pour accélérer le processus !
« - Que… Que m'avez-vous fait, demanda-t-elle en tremblant.
« - Rien… Pour le moment, ajouta-t-il en souriant. Vois-tu j'ai pour principe de ne jamais violer une fille si elle dort, ça manque de classe je trouve et puis… Elle ne s'en souviendrait pas, ça ne vaut pas le coup ! J'ai simplement profité de ton sommeil pour t'attacher après t'avoir déshabillée, ça va de soit, et j'ai appelé Anthony afin de lui faire savoir ce qu'il faudrait te faire afin que tu sois présentable ! Certains endroits sont bien trop négligés, ajouta-t-il en fixant le haut de ses cuisses.
Mitchie rougit en comprenant ce qu'il disait et tira sur ses poignets pour les libérer le faisant rire de plus belle. Tranquillement, il se leva et se déshabilla complètement avant de venir sur elle, la faisant déglutir. Tout en se faisant, il lui expliqua qu'il avait fait des nœuds coulants. Plus elle tirait sur ses poignets, plus ceux-ci se resserraient sur sa peau, lui coupant la circulation du sang.
« - Et maintenant petite fille, tu vas te laisser faire, je vais t'apprendre les bases de ton travail et tu vas obéir !
Avant qu'elle n'ait pu dire un autre mot, il la bâillonna puis reprit ses caresses là où il les avait stoppés une heure auparavant.
C'est une Mitchie complètement brisée qui rentra chez Anthony au soir. Elle lui tendit cent dollars puis alla dans sa chambre où elle s'allongea sur son lit. Elle avait naïvement cru qu'il l'aiderait mais il venait de lui prouver qu'elle ne pouvait avoir confiance en personne, mais surtout qu'à présent, plus personne ne pourrait l'aider. Elle ignorait pourquoi elle était revenue ici au lieu d'aller porter plainte mais quand elle s'imagina devant un policier, elle eut honte de ce qu'il s'était passé et décida qu'elle partirait le lendemain. Pour le moment, elle voulait juste s'endormir et tout oublier.
Lorsque Mitchie ouvrit les yeux le lendemain, elle eut la surprise de voir une femme l'observer.
« - Et bien, dit-elle amusée, quand tu dors, tu dors toi dis donc !
« - Je… Où suis-je ? Et qui êtes-vous ?
« - De calme la nouvelle, intervint une autre femme. Et Ambre, laisse-là respirer ! Moi c'est Saphir ! Tu es dans la véritable maison d'Anthony.
« - Et son appartement ?
« - Juste un piège à nana disons ! Allez lève-toi il n'aime pas qu'on soit encore couchée à midi !
Machinalement, la jeune femme se leva mais à peine fut-elle debout que la journée de la veille lui revint en mémoire, la faisant vaciller. Elle commença à tomber et fut rattrapée par Saphir qui la fixa perplexe.
« - Tu reviens à peine de chez l'ouvreur, je me trompe ?
« - Non, en effet, dit-elle en se retenant de vomir.
« - Tu es partie chez lui à quelle heure ? T'as mangé avant ton rendez-vous ? Après ?
« - J'avais rendez-vous à neuf heure trente et rien ne passe jamais avant dix heures, répondit-elle machinalement, et en rentrant je me suis juste couchée ! Pourquoi ? Et puis c'est quoi tout ça ?
« - D'accord. Emy prépare un repas pour la nouvelle, elle va avoir besoin de force !
« - Et tout ça c'est chez Anthony, répondit Ambre plus que ravie. Tu vois, on a toute eu, à un moment ou un autre, un passage à vide.
« - Laisse je lui explique, reprit celle qui semblait être la plus ancienne. En général, Anthony nous repère très vite. Si tu lui plais, il peut même s'arranger avec ton boss pour qu'il te vire ou ton proprio qui te jette dehors. Ensuite, il passe, comme par hasard dans le coin et te propose de t'héberger le temps que tu te reprennes. Et en acceptant, tu signes ton propre arrêt de mort !
« - Saphir, tu dis n'importe quoi, s'énerva la jeune femme qui portait une robe orange. Anthony est quelqu'un de gentil et il ne fait que nous sauver !
« - Bien sûr, pouffa celle habillée en bleue, c'est d'ailleurs pour ça qu'il nous envoie nous faire violer chez un sadique qui adore nous faire souffrir et qu'après il nous met sur le trottoir ? Excuse-là, elle est atteinte du syndrome de Stockholm* comme beaucoup ici. Ah merci Emy. Je te présente Emeraude, la seule autre fille normale de ce harem !
« - Ravie, dit-elle machinalement. Et comment fait-on pour sortir de cet enfer ?
« - C'est ça le hic ! Comme il nous héberge, et qu'il paye notre patron ou notre proprio pour qu'on soit à la rue, on a une dette envers lui qu'on doit rembourser. Et en théorie, après, on est libre… Seulement compte au moins dix ans pour pouvoir acheter ta liberté, cinq ans si tu bosses bien et que tu tiens des comptes. Je suis ici depuis sept ans pour ma part, et je suis la première arrivée. Je sais que j'ai remboursée tout ce que je lui devais seulement, je suis devenue accro à tout ça ! Aux hommes qu'il nous présente, aux cadeaux qu'il nous fait et j'en passe.
« - Mais pourquoi ne pars-tu pas, demanda Mitchie perdue.
« - Tout simplement parce que j'ai perdue le compte de ce que j'ai remboursé et que lui ne tiens aucun compte.
« - Tu verras, comme nous toute, tu tiendras tes comptes au début, intervint Emy, et puis tu oublieras, parce que tu rentres trop fatiguée, parce que tu ne sais plus combien tu lui as apporté ou autre. Et petit à petit, t'habitueras à tout ça.
« - Jamais, répondit la brunette le regard brillant de conviction.
« - C'est ce qu'on dit toute, sourit tristement Saphir. Bien maintenant que tu crois avoir entendu le pire, voilà les règles de cette maison. Ce repas t'est offert ainsi que ta première douche mais si tu refuses de bosser, alors tu n'as plus le droit de manger ni de te laver. Ensuite sache qu'ici on a toute un surnom et on ne doit s'appeler que par celui-ci. Tu ne connais pas nos prénoms et on ne connaît pas le tien. Ensuite on doit toutes être en robe ou en jupe toute la journée et ne jamais porter de sous-vêtements.
« - De toute façon, on en a que quand on va bosser, rit Emeraude.
« - Exact. Ensuite, sache que les douches sont publiques. Ici on ne peut rien cacher. Certaines ont commencé des journaux intimes ou autres mais… Honnêtement ça n'a servi à rien. Si l'une de ces folles le trouvent, elles le liront à voix haute et iront le porter à Anthony qui se fera un plaisir de t'expliquer comment lui voit les choses. Le réveil est à dix heures, midi si on a eu une grosse soirée, on est libre jusqu'à dix-huit heures, après quoi, on se prépare et on va travailler. De temps à autre, il autorise l'une d'entre nous à rester ici mais ne compte pas te reposer hein ! Si tu restes, c'est parce qu'il a décidé que tu passerais la nuit avec lui et crois-moi une nuit dans ses bras, c'est très long et très fatigant.
« - Et pas payé !
« - Aussi mais il est très égoïste. Il ne pense qu'à lui et deviens fou si tu refuses quelque chose ou que tu ne le fais pas comme lui le voudrait… Je crois que je t'ai tout dit !
« - Non, intervint une nouvelle fois Emeraude. Nos clients ne doivent pas connaître notre prénom, ni rien de nous. S'ils te demandent ton prénom, répond par celui-ci qu'Anthony te fournira à son retour.
Mitchie qui avait écouté tout le récit avec attention, tout en mangeant, retrouva sa nausée et repoussa son assiette. Elle était incapable de croire à de telles histoires et songea brièvement qu'on s'apercevrait rapidement de son absence lorsqu'elle se souvint d'un point essentiel. Elle était seule. Ceux qui n'étaient pas mort n'avaient plus de ses nouvelles depuis tellement longtemps qu'elle doutait qu'ils se souviennent encore d'elle. Elle ne put y réfléchir plus longtemps puisque Anthony arriva à ce moment-là avec une valise qu'il lui tendit. Elle crut un instant que c'était ses affaires mais déchanta lorsqu'elle l'ouvrit. Elle était remplie de jupes, de robes ou de haut très révélateurs, et tous étaient rouges.
« - Mesdemoiselles, dit-il, je vous présente Rubis, votre nouvelle collègue. Tâchez de lui apprendre ce qu'elle doit savoir et occupez-vous d'elle afin qu'elle soit présentable ! Voilà la liste de ce qu'i faire, dit-il en tendant une feuille que Marine prit en souriant.
Mitchie la regarda et nota qu'elle ne portait qu'une robe de couleur turquoise. « Elle doit représenter les aigues marine, songea-t-elle. » Elle ne put hélas y réfléchir longtemps puisque la jeune femme commença à lire à voix haute.
« - Epilation complète. Peau à nettoyer. Dent à blanchir. Souplesse à travailler. Sourcils à affiner. Cul à muscler… Ok je me charge de sa peau, ajouta-t-elle ravie en s'approchant. Je vais avoir du boulot, soupira-t-elle après quelques secondes à l'observer de très près.
« - Si t'es pas contente, tu me lâches, répondit la brunette avec agressivité.
« - Oh ! Une vraie tigresse qu'il va falloir dompter, rit-elle.
« - La ferme le schtroumpf, soupira Saphir quand Anthony fut parti. Bon voyons ça, ajouta-t-elle en prenant la feuille. Emeraude est une ancienne danseuse, elle se chargera de la souplesse et de muscler ton fessier. Ambre est esthéticienne de formation, elle va s'occuper des épilations et des sourcils. Pour les dents, tu vas faire comme nous toute, une cure de citron et pour la peau, Marine s'en charge ! Des questions, demanda-t-elle aux concernées.
Aucune n'en posa et la doyenne des filles fit signe à Ambre de commencer. Celle-ci se leva et emmena Mitchie dans la salle de bain pour commencer les épilations, seulement celle-ci refusa de se laisser faire et la jeune femme habillée en orange sortit de la pièce en se massant la joue.
« - Va falloir la dompter, on ne pourra rien faire avant !
« - Vous connaissez les règles, soupira Emeraude. Elle est interdite de douche et de repas !
Les huit jeunes femmes qui étaient présentes hochèrent la tête et chacune vaqua à ses occupations. Certaines lisaient, d'autre dessinaient, toutes s'adonnant à leur passion.
De son côté, Mitchie resta dans la salle de bain craignant la suite. Elle sourcilla en entendant Saphir rappeler qu'elle n'avait ni le droit de manger, ni celui de se laver et elle se recroquevilla contre le mur regrettant, plus que jamais, d'avoir suivi Anthony. Elle était certaine qu'elle ne pourrait jamais le détester plus, puis se mordit la langue. Depuis qu'elle avait perdu ses parents, chaque fois qu'elle pensait cette phrase, elle tombait encore plus bas. « Ouais enfin là, je ne vois pas ce qui pourrait arriver de pire, songea-t-elle. Je n'ai pas de papiers, plus d'appart, plus de liberté et je me suis faite violer… Hormis mourir, je ne vois pas. Mais je suppose que ça serait un mieux, non un pire. »
Elle resta ainsi à réfléchir, durant une partie de la journée et s'endormit sur le carrelage glacé. Quand elle se réveilla, elle était, une nouvelle fois, dans la grande chambre mais aucune des filles ne lui parlaient. La jeune femme trouva ça puéril mais ne fit aucun commentaire et décida, afin de se dégourdir les jambes, de visiter la maison où elle allait devoir vivre, le temps de trouver le moyen d'en sortir. Elle commença par observer la chambre qu'elle n'avait que peu regardé et s'aperçut qu'il y avait dix lits dont neuf étaient occupés. A côté de chacun, se trouvait une petite table de nuit, de la couleur de sa propriétaire et la jeune femme se tourna vers la sienne se demandant ce qu'elle devait contenir. Il y avait une lampe rouge sur le dessus, mais le tiroir et la porte étaient vides. « Visiblement j'y rangerai mes cadeaux songea-t-elle dépitée. » Chaque lit avait une couette de couleur précise ainsi qu'un oreiller. Mitchie refusa de faire un commentaire et se leva doucement. Sans faire attention aux filles qui la suivaient des yeux, elle sortit de la chambre et ferma la porte avant d'observer la salle de bain. Il y avait quatre lavabos côte à côte, puis les douches qui lui firent penser à un vestiaire d'école. Elles étaient les unes à côté des autres, sans aucune cloison pour se cacher. « C'est du voyeurisme à ce niveau, songea-t-elle dégoûtée. » Elle nota la présence d'un meuble et supposa que le linge de bain y était rangé et sortit sans même vérifier. Elle descendit un escalier et se retrouva dans un petit couloir qu'elle traversa pour rejoindre une salle à manger immense. Il y avait trois tables de quatre places chacune ainsi qu'un buffet, pour le moment vide. La jeune femme ouvrit les portes pensant y trouver de la vaisselle aussi fut-elle surprise d'y voir également des serviettes et des nappes.
« - On se croirait limite dans un hôtel, remarqua-t-elle. Si fallait pas vendre son âme au diable pour manger !
Sur ces mots, les premiers depuis presque vingt-quatre heures, elle continua sa visite et arriva dans la cuisine où plusieurs personnes pouvaient cuisiner sans se gêner. « Je suppose que c'est logique, puisque visiblement on se démerde du matin au soir, supposa-t-elle. Je me demande pourquoi personne ne sort ? » Sur cette pensée, elle rejoignit l'entrée et tenta de sortir, sans succès, puisque la porte était verrouillée. « Evidemment, pensa-t-elle déçue. Je m'attendais à quoi ? Qu'il nous laisse la clé. Crétine ! » Enervée contre elle-même, la jeune femme se retourna et rejoignit le salon qui contenait quatre canapés avec seulement une télé. Sans un mot, elle revint sur ses pas et aperçut une sorte de grande armoire qu'elle ouvrit piquée par la curiosité. Elle fut cependant déçue de n'y trouver que les vêtements de chacune, triée par couleur. Refermant le meuble, elle alla s'asseoir à une des tables et fixa la fenêtre. Elle devait être dans un immeuble puisqu'elle ne voyait que des toits et s'imagina un instant chez elle. Dans son petit appartement où elle était libre. « Si j'avais su, j'en aurais profité pour sortir, plutôt que de rester enfermée entre quatre mur ! Allez et venir selon mes envies me manque, s'aperçut-elle. » Elle ne put réfléchir plus longtemps que des filles descendirent. Une était habillée en beige, une autre en bleu et la dernière portait une robe violette. Elles la regardèrent l'espace d'une seconde puis allèrent dans la cuisine. Comprenant qu'elles allaient manger, Mitchie remonta dans la chambre et se coucha sous la couette, refusant de les voir s'accommoder de cette situation qui était presque inhumaine.
Seulement elle finit par avoir si faim qu'elle accepta les diverses transformations qu'on lui imposait. Elle eut l'autorisation de prendre une douche, ce qui ravie ses colocataires. Cependant, celle-ci fut froide afin qu'elle n'en profite pas, ce n'était qu'une mesure d'hygiène pour le moment. Elle aurait le droit d'utiliser de l'eau chaude que lorsqu'elle rapporterait de l'argent, comme le lui expliqua Anthony lorsqu'il la vit enfin propre. Elle avait passé la journée à se laisser faire et à présent, elle était épilée, ses sourcils avaient été redessinés et elle commençait la cure de citron. Mitchie ne mangea cependant que très peu, refusant d'augmenter sa dette. Elle avait compris qu'il leur faisait payer la nourriture qu'elles consommaient, puisque chacune devait écrire ce qu'elle mangeait, ainsi que l'eau chaude qu'elles utilisaient. Mitchie apprit donc rapidement à se laver à l'eau froide, et à ne manger que par nécessité. Tout comme elle refusa d'allumer sa lampe de chevet ou de lui demander quelque chose pour s'occuper. Saphir, qui l'observait depuis le début, sourit. Elle aussi avait commencé à lutter de cette manière mais les douches chaudes et l'occupation avait fini par lui manquer et elle avait demandé quelque chose à Anthony. Chaque demande était, bien entendu, ajouté à la dette qu'elles devaient payer et il grimaça en notant que celle de Mitchie n'augmentait pas. Et lorsqu'il commença à lui présenter ses premiers clients, elle fit ce qu'ils lui demandèrent, si bien que sa dette commença à baisser. Il se promit donc de trouver le moyen de la faire augmenter. Pour cela, il devait trouver ce qu'elle préférait au monde. Seulement comme elle refusait de parler avec les autres, se contentant de badiner, il ne sut pas qu'elle adorait jouer de la guitare ou écouter de la musique.
…
* : Le syndrome de Stockholm : La victime (de maltraitance, d'abus, de kidnapping) s'éprend de son agresseur. Elle en vient à le défendre, lui trouver des excuses et peut même en tomber amoureuse.
Et voilà pour ce soir c'est terminé. J'espère que ça vous a plu ? Même si je paris que non, rassurez-vous.
Miss Tagada (L)
