Blabla de l'auteur : Bonjour à tous. Pour fêter la fin de mon premier concernant la session défi, j'ai décide de vous livrer le nouveau de chapitre. J'espère qu'il vous plaira. (Vu le contenu, j'en suis même presque sûre mdrr) Merci à Pims10, Audreyy (Salut miss. Ouiii enfin elle est libreeeee. Oui espérons qu'il ne va pas la retrouver, ça serait con vu ce qu'elle a traversé à cause de lui. Mais comment Shane va-t-il pouvoir lui venir en aide puisqu'il ne sait pas où elle est ? Pour Nate, si tu veux, ça ne me dérange pas mdrrr Bisouilles), Romane 4321, Marina (Salut miss… Woah quel langage châtié ! mdrr Rassure-toi je me suis dégoûtée d'écrire de telles scènes. J'avais mal pour elle et j'insultais Anthony tous les trois mots mdrr Oui espérons qu'il ne la retrouve pas. Ben comment veux-tu qu'elle le retrouve ? C'est vrai qu'elle a pris l'enveloppe mais a-t-il écrit son adresse dessus, j'en doute ! Ah oui ça aurait pu être des retrouvailles intéressantes à écrire. Je suis presque jalouse de ne pas y avoir pensé Bisouilles), Mamadjo et Guest (Salut toi. Oui pauvre Mitchie. Moi aussi je suis contente qu'elle se soit libérée mais oui tant que l'épilogue n'est pas posté, il vaut mieux éviter de se réjouir trop vite. Bises) pour vos reviews. Elles m'ont fait chaud au cœur.

Disclaimer : Tout ce que vous reconnaissez de l'univers appartient à Disney. Quant à l'histoire, pour ceux qui me lisent depuis le début où presque, elle m'appartient également puisque j'avais déjà traité le sujet dans « Les Précieuses ». Par contre, pour le méchant de l'histoire… J'en ai plusieurs copies enfermés dans mon placard si jamais vous avez besoin d'un punching-ball ! ^^

Merci à chris87 et à nouna pour leurs avis. Et merci à elles deux pour leurs commentaires. =)

CHAPITRE 04

La jeune femme ignorait où aller mais elle refusait d'aller dans un hôpital ou une clinique privée. Elle était certaine qu'il la chercherait dans ce genre d'endroit. Elle réfléchit rapidement puis voyant la lettre dans sa main, elle lui donna l'adresse. Le chauffeur obéit sans lui poser de questions et lorsqu'il arriva, devant la maison, il sourcilla et allait lui demander si elle était sûre d'elle mais déjà elle commençait à sortir. Elle lui tendit l'argent de la course, qui dépassait ses maigres ressources, mais il les refusa.

« - Vous en aurez plus besoin que moi mademoiselle.

« - Merci, souffla-t-elle touchée.

D'une démarche hésitante, elle parcourut les mètres qui la séparaient de la porte mais sombra dans l'inconscience avant. Le chauffeur qui avait refusé de partir tant qu'elle ne serait pas à l'abri, klaxonna pour voir si elle était juste tombée ou non, puis sortit de son véhicule et alla prendre la jeune femme blessée dans ses bras. Il la remit dans son taxi qu'il verrouilla avant d'aller sonner à la porte.

« - C'est pour quoi, demanda une jeune femme.

« - Vous êtes la propriétaire des lieux ?

« - Non, attendez, sourit-elle avant de hurler, Shane c'est pour toi !

« - Pas la peine de brailler, répondit-il deux étages plus haut avant de reprendre d'une voix normale, j'ai fait installer des interphones banane. C'est pour quoi ?

« - Euh… Un colis qui demande une signature, pouffa-t-elle.

« - J'arrive.

Il descendit rapidement mais lorsqu'il se retrouva face au chauffeur de taxi, il sourcilla.

« - Je n'ai pas demandé de taxi.

« - Vous êtes le propriétaire des lieux ?

« - C'est bien moi. Vous êtes un voisin ? Si c'est le cas, les cris s'arrêtent ce soir, ma cousine, part pour l'aéroport dans une heure.

« - Non je vis dans le Queens, le rassura-t-il, vos cris ne me dérangent pas mais, j'ai une personne dans mon taxi qui m'a demandé de la conduire à cette adresse.

« - Ah bon ? Qui est-elle, demanda-t-il en s'interrogeant sur cette personne qui refusait de sonner aux portes.

« - Je l'ignore, elle… Venez, vous la reconnaîtrez peut-être !

Supposant que la personne dormait, Shane suivit l'homme perplexe mais ce ne fut rien en comparaison de la tête qu'il fit en voyant la jeune femme.

« - Qui est-ce, demanda-t-il.

« - Vous ne la connaissez pas ? Je ne comprends pas, elle m'a assuré que vous la connaissiez, soupira-t-il en se grattant son crâne chauve.

« - En tout cas, elle a besoin de soin. Il faut l'emmener à l'hôpital.

« - Surtout pas. C'est là que son fiancé, je pense, la cherchera en premier.

Ils restèrent à parlementer quelques instants puis la jeune femme les rejoignit.

« - Bon écoutez les mecs, l'idéal serait que tu la prennes chez toi Shane, visiblement elle te connaît, et moi je file à l'aéroport toute seule dans ce taxi. Allez, les pressa-t-elle en voyant qu'ils ne bougeaient pas.

Le jeune chanteur se reprit et s'aperçut que sa cousine avait raison, il ouvrit donc la porte et prit la jeune femme dans ses bras, avec mille précautions, tandis que sa cousine chargeait sa valise. Quand ce fut bon, il la ramena chez lui, saluant sa cousine qui ne s'en formalisa pas. Fermant la porte, du pied, il la monta dans une chambre libre et l'allongea sur le lit puis appela le médecin du groupe. Celui-ci promit de venir rapidement, quand il apprit l'état de la jeune femme, qui se réveilla au moment où il raccrochait.

« - Bonjour, dit-il doucement.

« - Bonjour… Où suis-je, demanda-t-elle en se levant inquiète.

« - Ok on se calme, sourit-il. Vous êtes chez moi. Le chauffeur de taxi m'a expliqué pourquoi vous refusiez d'aller dans un hôpital. J'ai appelé un médecin qui va vous aider à vous remettre sur pied. Mais j'aimerai beaucoup savoir comment vous vous appelez ?

« - Mon nom n'a aucune espèce d'importance. Il y a longtemps que je ne suis plus rien, de toute façon. Ecoutez, je sais que vous êtes connus et si jamais ma présence vous pose problème, je…

« - Rien du tout. Ce que je fais de ma vie ne regarde que moi, assura-t-il. Si vous vous sentez en sécurité ici, et bien soit, restez chez moi. Vous n'y serez pas dérangée. Mais comment dois-je vous appeler ?

« - Appelez-moi comme vous en avez envie. J'ai déjà eu trop de prénoms.

« - Je préfère attendre que vous me donniez votre prénom. Dites-moi plutôt, pourquoi être venue chez moi ? Et comment avez-vous eu cette adresse ? Je ne la communique jamais.

« - Si je vous répondais, vous sauriez qui je suis et il vaut mieux pour votre sécurité que vous l'ignoriez !

« - Très bien. Je vais donc vous appeler comme la princesse du conte de La belle au bois dormant. Aurore, vous convient ?

Elle haussa les épaules puis grimaça de douleur. Shane décida aussitôt de l'aider à se rallonger. Il lui poserait ses autres questions plus tard. Il ferma les volets malgré qu'il ne soit que neuf heures du matin et ferma la porte après l'avoir couverte. Il rejoignit le salon où il joua de la guitare en attendant le médecin qu'il avait sortit du lit.

Celui-ci arriva une demi-heure plus tard et s'excusa d'avoir été si long seulement il y avait eu un accident sur la route, ce qui l'avait ralenti. Shane hocha la tête et, tout en montant, lui expliqua ce qu'il savait, soit trop peu de chose selon lui. Lorsque John vit la jeune femme, il écarquilla les yeux et mit le chanteur dehors pour commencer son entretien alors qu'au même moment, à l'autre bout de la ville Anthony rentrait dans son appartement pour soigner sa princesse.

Shane retourna en bas et fit du café, songeant que sa journée allait être trop longue, puisqu'ils faisaient un concert au soir avec ses deux amis. « Mais je ne peux clairement pas la laisser seule ici, songea-t-il. Sauf que je ne peux pas également l'emmener avec moi. Il vaut mieux qu'elle soit discrète si elle veut guérir. » Perdu, face à ce dilemme, il réfléchit longuement puis sourit et sortit, à nouveau, son portable.

« - Oncle Brown, sourit-il. Tu m'aimes beaucoup, demanda-t-il comme lorsqu'il était enfant et qu'il voulait un cadeau. Je n'ai pas de sous, repasses plus tard, répondit son oncle amusé. Que me vaut ce coup de fil matinal ? J'aurais un service qui relève presque de sauver la vie d'une personne à te demander. Tu peux passer ce matin que je t'explique ? Tu te payes ma tête ? J'aimerai bien, soupira le jeune homme. Ecoute viens à la maison, je te raconterai tout. Ok, j'arrive le temps de prendre une douche !

Le jeune homme le remercia puis raccrocha satisfait d'avoir trouvé une solution. Son oncle arriva alors que le médecin était toujours au chevet de l'inconnue du taxi et il le fit entrer. Il lui servit une tasse de café puis assis au salon lui résuma la situation.

« - Si j'ai bien compris, soupira son oncle alors que le médecin les rejoignait, tu me demandes de rester au chevet d'une fille que tu n'as jamais vu, et dont tu ignores jusqu'au prénom, pendant que toi tu vas faire un concert ?

« - Tu oublies qu'elle est mal en point et en danger si elle va à l'hôpital, mais oui, c'est à peu près ça. Ecoute Brown, je sais que je t'en demande beaucoup mais… Je ne sais pas, elle me rappelle une fille que j'ai croisé récemment et… Elle est venue vers moi, en trouvant mon adresse personnelle !

« - Et si c'était une fan ?

« - Tu connais beaucoup de filles qui se laisseraient taper dessus ainsi juste pour rencontrer leur idole du moment ? Ah doc, alors, ajouta-t-il en apercevant le médecin.

« - Et bien… Si c'était un garçon et qu'elle avait une cicatrice, je penserai avoir ausculté Harry Potter, sourit-il. Elle a plusieurs côtes de fêlées, la main gauche écrabouillée, le bassin dévié, son omoplate a reçut un sérieux coup et je pense qu'elle est fêlée. Hormis ça, elle a plusieurs marques sur le corps qui suppose qu'elle a été maltraitée, ce qu'elle m'a confirmé, et au vu des griffures qu'elle a sur le corps particulièrement sur les cuisses, je pense qu'elle s'est faite violer, mais elle a refusé de confirmer. Cela dit, je suis certain de mon diagnostic. Reste à savoir comment on va pouvoir lui faire passer des examens !

« - J'arrive, dit Brown en se levant.

« - Où vas-tu ?

« - Chercher de quoi la déguiser au théâtre de mon institut. Si je n'ai pas de quoi la faire passer incognito là-bas, on est tous mort. Vous deux, restez-là, vous serez ses béquilles humaines.

Sur ces mots, le directeur repartit, alors que le médecin s'asseyait près du jeune homme qu'il observa. Il semblait fatigué mais surtout inquiet. « Heureusement que ce n'est pas un concert qui annonce une tournée, songea-t-il, il ne tiendrait pas ! » Le propriétaire se reprit et lui servit de quoi boire tout en se demandant ce qu'il s'était passé pour qu'elle soit dans cet état.

« - Elle dort, questionna-t-il.

« - Non elle se repose, je doute qu'elle puisse dormir avant de se sentir en sécurité.

« - J'arrive, je vais la voir.

Sur ces mots, il se leva et monta les étages rapidement. Il ralentit la cadence en arrivant devant la porte et frappa doucement.

« - Je peux entrer ?

« - Bien sûr, souffla-t-elle en tournant la tête pour le regarder. Que voulez-vous ?

« - Juste vous parler. Ecoute Aurore, on va te déguiser afin de pouvoir t'emmener à l'hôpital que tu passes des radios et que tu fasses plâtrer les os que tu as de cassés. Tu es d'accord ?

« - Je… Oui, souffla-t-elle inquiète.

« - Ne t'en fais pas, à part quand tu te changeras je serais avec toi d'accord ?

« - Je… D'accord.

« - Ne t'inquiète pas, je reste là. Et ce soir, pendant que je serais sur scène, mon oncle veillera à ce qu'il ne t'arrive rien. On a pensé que… Ça serait plus simple pour toi si tu restais cachée quelques temps sauf pour aller à l'hôpital. Bien sûr, tu pourras aller là où tu voudras quand tu iras un peu mieux, loin de moi l'idée de te séquestrer, mais pour le moment, c'est plus sage je pense. Qu'en dis-tu ?

« - Je suis d'accord. Mais où allez-vous trouver un déguisement ?

Il sourit et lui expliqua que son oncle s'en chargeait. La jeune femme sourit doucement avant de grimacer quand elle eut mal. Shane la regarda quelques secondes perplexe puis chuchota :

« - Y-a-t-il un endroit où tu n'as pas mal ?

« - Oui cette main n'a rien eu. Pourquoi ?

Sans un mot, il prit la main en question et embrassa son dos avec tendresse avant de lui souffler de rester tranquille. Bientôt elle serait en route pour avoir des soins. Cinq minutes plus tard, on sonna à la porte et Shane sourcilla en voyant Caitlyn, une de ses amies, avec son oncle.

« - J'ai pensé que notre inconnue serait plus à l'aise d'être déguisée par une fille.

« - Et j'irais doucement, rassure-toi. Allez donnez-moi ça, je vous préviens quand elle est prête.

Sur ces mots, elle monta à l'étage et entra dans la chambre calmement.

« - Salut. Je m'appelle Caitlyn, mais tu peux m'appeler Cat même si je suis allergique aux poils de chats, rit-elle. Et toi, tu es ?

« - Une survivante, soupira la jeune femme en s'asseyant.

« - Ok d'acc Harriette Potter. Tu permets que je m'occupe de toi ?

La jeune femme acquiesça et Caitlyn lui mit une perruque, avec beaucoup de douceur, puis ajouta quelques accessoires pour cacher certaines blessures. Elle entreprit de lui laver le visage et le cou, où il y avait du sang séché puis lui proposa de la laver.

« - Je bosse à mi-temps en tant qu'aide soignante dans une maison de retraite, précisa-t-elle. Je sais qu'en général on n'aime pas trop…

« - Je m'en fiche. J'ai connu pire.

« - D'accord. Tu as fait la guerre de Corée, se moqua-t-elle gentiment.

La brunette la regarda et sourit sincèrement, avant de suivre la jeune femme dans la salle de bain. Caitlyn ne fit aucun commentaire en voyant ses vêtements qu'elle trouva trop provoquant, mais se félicita en songeant aux vêtements et sous-vêtements qu'elle avait pris au cas où. Avec beaucoup d'attention, elle la lava complètement l'habilla décemment avant de terminer de la déguiser. Elle lui mit de grosses lunettes mouches qui cachèrent une partie de son visage et ajouta une étole pour camoufler les bleus sur son cou. Enfin elle mit des mitaines aux mains de la jeune femme afin que personne ne voit l'état de sa main et lorsqu'elle fut prête, elle l'aida à descendre.

« - Attendez, je vais vous aider, intervint Shane en portant la jeune inconnue jusqu'à sa voiture qu'il avait sorti. Il l'installa sur la banquette arrière et John monta avec eux alors que Brown et Caitlyn les suivait dans la voiture du directeur. Ils arrivèrent et le docteur Ruff se présenta à l'accueil où il resta cinq minutes avant qu'un médecin de l'hôpital ne l'appelle.

« - Bonjour Randy. Excuse-moi de venir sur ton lieu de travail mais tu te rappelles de la faveur que tu me dois ?

« - Je sens que je vais la regretter mais oui, je m'en souviens.

« - J'ai besoin que tu me renvoies la pareille.

« - Je t'écoute.

« - Un ami a reçu la visite d'une fille qui a été battue et j'aurais besoin que tu l'auscultes sans lui demander son prénom ni rien. Elle est…

« - Je comprends. Je vais chercher un fauteuil et je vous rejoins. Karine, ajouta-t-il quand une infirmière passa, tu peux emmener John et ses amis dans la salle numéro trois.

Elle acquiesça et quelques minutes plus tard, il les rejoignit et observa la jeune femme avant de soupirer.

« - Bon tout le monde dehors, que j'ausculte cette jeune femme.

Ils obéirent mais restèrent devant la porte attendant qu'elle s'ouvre, à nouveau. Même si personne ne la connaissait, ils s'inquiétaient tous de son état et quand le médecin les fit rentrer ils notèrent qu'elle était dans la chaise roulante prête à partir.

« - On va faire des radios afin de confirmer les os cassés et après quelqu'un viendra lui poser des plâtres.

Avant que quiconque n'ait pu réagir, Shane prit le fauteuil et le conduit en suivant le médecin qui les amena au bon service avant de repartir en chirurgie où il officiait.

Ils ne ressortirent de l'hôpital qu'à seize heures et Shane aida la jeune femme à monter se reposer dans sa chambre où elle s'endormit grâce aux cachets qu'elle avait reçue. Au même instant, on sonna à la porte et Caitlyn ouvrit à Nate et Jason qui s'inquiétèrent de n'avoir pas eu de nouvelles de leur ami.

« - Désolé, j'étais occupé aujourd'hui.

« - Traduction, ta cousine est partie et tu t'es octroyé une sieste, traduisit Jason amusé.

« - J'aurais préféré. Je reviens de l'hôpital. C'est une longue histoire, ajouta-t-il en le voyant ouvrir la bouche. Bon je suppose qu'il faut qu'on y aille ?

« - Vu qu'il y a un soundcheck avant… Ouais, admit Nate.

« - Salut les jeunes. Rassure-toi Shane, je reste là.

« - Ok. Si t'as faim ou autre… Tu fais comme chez toi quoi !

« - D'accord, allez hop dehors, j'ai besoin de calme.

Les trois garçons sortirent et John les suivit voulant s'assurer qu'ils n'étaient pas fatigués. Caitlyn partit également mais glissa, auparavant, un mot dans le plâtre de la brunette qui dormait déjà.

Elle resta endormie toute la nuit et ne rouvrit les yeux que le lendemain alors que sonnait dix heures. Elle se demanda, l'espace d'une seconde où elle se trouvait puis se souvint de la nuit qu'elle avait passé dans les bras d'Anthony. Se levant doucement, elle nota la présence du papier et le posa sur son chevet avant de sortir de son lit avec du mal. Elle grimaça en sentant sa douleur se réveiller et décida d'aller prendre ses cachets. Lorsqu'elle ouvrit la porte, une douce musique s'échappait du salon et elle sourit avant de réaliser qu'elle était habillée comme la veille. « Tant pis, de toute façon, je n'ai rien d'autre, songea-t-elle. » Doucement elle descendit les escaliers et suivit la musique pour voir Shane en pyjama. Les yeux fermés, il donnait le rythme à l'orchestre et elle l'observa quelques secondes avant qu'il ne sente son regard. Ouvrant les yeux, il lui sourit.

« - Bonjour. Bien dormie ?

« - Comme un bébé, admit-elle. Et vous ?

« - Pareil. Tu as faim ?

Elle hocha la tête et il lui proposa, vu le temps, qu'ils mangent dehors, ce qui l'intrigua.

« - Hier, après le concert, je suis monté te voir et tu marmonnais que tu voulais sortir. Je pensais que ça te ferait plaisir mais si tu veux on peut…

« - Non c'est parfait. C'est juste que… J'ai l'impression que ça fait des années que je n'ai pas mis le nez dehors.

« - Il était puni ?

« - Moi surtout. J'ai fait une erreur de jugement que j'ai payé cher.

« - Je comprends. Enfin ta réaction pas ce que tu as vécu, je ne sais que peu de choses, dit-il en ouvrant la baie vitrée.

Il voulut continuer de parler mais en la voyant fermer les yeux et inspirer l'air à plein poumons, il se tut, préférant la laisser profiter de ce moment. Il s'éloigna doucement dans la cuisine et alla chercher de quoi manger, et ajouta les médicaments de son invitée dont il ignorait le prénom. Lorsqu'il revint elle était contre le mur, les yeux toujours clos et le visage offert au vent.

« - Rubis, souffla-t-il la faisant sursauter. C'est toi, n'est-ce pas ?

« - Disons que tu m'as connu sous ce pseudonyme, admit-elle.

« - Pourquoi être partie ? Si vite ? Et sans me laisser le temps de te rattraper ?

« - Je… Tu ne devais pas savoir.

« - Quoi donc, demanda-t-il en lui faisant signe de s'asseoir.

« - Promets-moi que tu ne m'en voudras pas ?

« - Bien sûr. Je ne pourrais pas t'en vouloir.

« - D'accord. Tout d'abord excuse-moi d'avoir jeté tes affaires par la fenêtre et d'avoir volé ton argent. Je te rembourserai, je te le promets.

« - Ne t'en fais pas pour ça… On n'a qu'à dire que c'était le prix à payer pour passer la soirée avec toi, rit-il.

« - Tu ne devrais pas rire de ce genre de chose !

« - Je… Désolé c'était méchant, et très insultant pour toi.

« - Non enfin… Cet Anthony que tu dis si réputé dans votre univers pailleté, c'est surtout un proxénète.

« - Comment le sais-tu ?

« - Je faisais parti des filles qu'il…Tu te souviens je t'ai dit qu'il m'a sauvé la vie ?

« - Oui, fit-il perdu.

« - Et bien en vérité il m'a empêché de me tuer et m'a recueilli chez lui et ensuite m'a affamé jusqu'à ce que je signe un contrat qui spécifie que je devais lui rembourser la somme de cent mille dollars si je voulais être libre.

« - Tu travaillais pour lui, demanda-t-il encore perdu avant de comprendre en voyant ses joues rougir. Oh, tu étais une… une des filles qu'il…

Ne sachant pas comment formuler ça proprement, il se tut et elle soupira.

« - Oui tu as couché avec une prostituée et…

« - Non, je n'ai pas couché avec toi. Pas à mon sens. Pour moi ce qu'il s'est passé dans cette chambre, ne peut être qualifiée de coucherie. C'était plus fort que ça. Tu ne pouvais pas simuler l'abandon dont tu as fait preuve alors que je te déshabillais, ni la douceur de tes gestes.

« - Ce n'était qu'un plan, dit-elle. Je devais te séduire et t'amener à ce que l'on couche ensemble et… Profiter que tu dormais pour te voler.

« - Alors tout était prévu ? Jusqu'à tes soupirs ?

« - Non, avoua-t-elle gênée. Au début, je jouais un rôle mais… Tu as été le premier à être vraiment doux avec moi depuis le début et… Quand tu m'embrassais ou me touchais, j'avais vraiment l'impression d'être fragile, précieuse et ça m'a monté à la tête disons. J'ai arrêté de jouer très vite. Quand tu m'as embrassé pour m'empêcher de partir pour être exact. Mais au début, tout était calculé pour que je te séduise.

« - Même cette histoire avec Mitchie ?

« - Non, admit-elle. Cette histoire malheureusement est réelle. Le seul fait que j'ai changé c'est ce voyage que je n'ai jamais fait. J'étais présente dans la salle et tu m'as vu mais… Visiblement je n'étais pas ton genre à l'époque.

« - Non je suis certain que tu n'étais pas là.

« - Si j'ai assisté à la cérémonie, j'ai écouté Mitchie dire adieu à ses parents. J'ai vu ses larmes et ses mains se tortillaient de malaise. Je l'ai vu embrasser les cercueils de ses parents, en leur chuchotant qu'elle les aimait. Je l'ai vu vous fuir après la mise en terre et je vous ai vu la poursuivre jusqu'à chez elle. Sonner à plusieurs reprises puis abandonner.

« - Pourtant, je ne me rappelle pas de ton visage.

« - C'est normal, tu n'as pas lâché Mitchie des yeux.

« - C'est vrai, admit-il pas très convaincu. J'aurais tellement voulu qu'elle soit encore en vie.

« - Pas moi. Comprends-moi, se reprit-elle, j'étais quelqu'un qui la soutenait. Si je me suis fait embarquer dans ce réseau de prostitution, qui aurait veillé sur elle ? Elle n'avait plus personne !

« - Elle serait venue vers nous, dit-il confiant.

« - Non, elle ne serait jamais venue. Vous l'avez trahi à ses yeux, souviens-toi. Elle se serait fait embarquer elle aussi, c'est tout.

« - Non Mitchie n'aurait jamais accepté de signer un contrat de ce genre !

« - Anthony a une technique bien rôdée. Il t'affame, t'empêche de te laver, t'isole de tout. Tu es seule, tout le temps, personne ne te parle, tu sens de plus en plus mauvais et tu as faim… Tellement faim que tu signes ! J'ai dix neuf témoins qui peuvent te l'assurer.

« - Dix-neuf ? Il y a encore dix-neuf filles avec lui ?

« - Mais elles ne veulent pas partir. Elles aiment cette vie, je crois. J'ai été la seule à me laver à l'eau froide pour ne pas payer l'eau chaude, manger que pour rester en vie pour ne pas trop dépenser d'argent. Je me suis privée de tout et il m'a privé du reste.

« - Pourquoi me racontes-tu tout ça, finit-il par demander perplexe. Je veux dire, tu as vécu un enfer, à mes yeux, mais tu en parles comme si ça ne te touchait pas.

« - Je sais que je peux avoir confiance en toi et… C'est facile de te parler le temps que tu ne te souviens pas de mon prénom. Après ça sera plus difficile.

« - Alors je connais ton prénom ? S'était-on déjà parlé avant cette soirée ?

« - Oui, sourit-elle malgré elle.

« - Alors pourquoi je ne me souviens pas de toi ?

« - Tu ne le désires peut-être pas assez ? Oh le temps que j'y pense, merci pour ta lettre. Elle m'a valu d'être dans cet état mais, j'ai apprécié que tu veuilles me revoir malgré mon vol, ma fuite et… Tout le reste.

« - Je t'en prie. Etrangement, je ne regrette pas de l'avoir envoyé. Même si tu as souffert par ma faute !

« - Ce n'est rien. Ces blessures partiront vite.

« - Au contraire, du souvenir de ton viol, tu veux dire ? Excuse-moi, se reprit-il en voyant ses yeux s'écarquiller. Je n'aurais pas dû mais d'après John tu as… Enfin bref, je…

« - Non ce n'est rien. Je suppose que tu l'aurais appris un jour où l'autre. Peu importe que ce soit avant ou après mon départ.

« - Où vas-tu aller ?

« - Je ne sais pas, rien ne me rattache plus à cette ville et j'y ai trop de mauvais souvenirs. Je pense quitter l'état… Peut-être même le continent. Pendant deux ans, j'ai été enfermée entre quatre murs, aujourd'hui, je veux rattraper ce temps perdu.

« - Mitchie disait que c'était impossible.

« - Je lui prouverai qu'elle a tort.

« - Tu reviendras me voir ?

« - Si tu veux toujours me voir après avoir découvert qui je suis, oui. Sinon je ne t'en voudrais pas.

Il voulut ajouter quelque chose quand une voiture se gara dans l'allée plutôt rapidement. Avant qu'il n'ait pu dire un mot, la jeune femme rentra et se cacha derrière le canapé.

« - Que fais-tu ?

« - C'est Anthony, il doit avoir découvert que je suis ici et…

« - Je vais ouvrir et si c'est lui, j'appelle la police, rassure-toi.

La jeune femme le regarda absolument pas convaincue mais il la rassura, ce n'était que des amis à lui. Elle se releva et retourna à sa place pour continuer de prendre son petit-déjeuner, mais se stoppa en entendant les voix.

« - Chouette le concert hier hein ?

« - Carrément démentiel tu veux dire ? J'ai encore du mal à croire que des fans soient montés sur la scène Jay, rit-il.

« - Ouais heureusement qu'elles ne font pas ça tout le temps ! On devrait monter sur scène avec nos gardes du corps, ça craint !

Rubis reconnut cette voix entre mille. Ses trois anciens meilleurs étaient réunis sous le même toit qu'elle. Elle se leva sans bruit et entendant les voix se rapprocher, elle longea la façade et commença à partir.

Et voilà pour cette semaine. Qu'en avez-vous pensé ? Des retrouvailles Shane-Rubis ? De la rencontre Caitlyn-Mitchie ? Des stratagèmes qu'utilisent Shane et compagnie pour cacher Mitchie ? Et où part-elle encore ? Réponse au prochain chapitre :p

Miss Tagada (L)