Coucou tout le monde !

Je m'étonne moi-même de poster si vite le chapitre 1, pour ceux qui ne me connaissent pas, j'ai tendance à écrire de très longs chapitres. Mais j'ai décidé de me forcer pour publier plus vite à plus scinder mes histoires.

Mais bon, ce chapitre pose surtout quelques bases, ce devrait devenir un peu plus passionnant les prochaines fois !

Aussi, je précise que j'ai tendance à utiliser des noms en Anglais. Très peu en fait, mais je précise au cas où ça vous perturberait !

Bonne lecture :)


Chapitre 1

Toute l'atmosphère de la pièce était troublée par les volutes de fumée qui se dégageaient en masse des chaudrons. Aucun élève ne voyait très loin, et de toute manière, leur attention se focalisait uniquement sur la potion qu'ils tentaient, avec plus ou moins de mal, de réussir. Leur voisin de table restait flou, seuls des éclats de noir venant de leur uniforme signalait leur présence. Après presque deux heures de dur labeur, les Gryffondors et Serpentards de dernière année n'en pouvaient plus de tant d'efforts. Seules trois têtes se démarquaient des autres, étant relevées. Ces personnes attendaient la sonnerie, ayant finit et réussit avec succès leur potion.

Ginny Weasley avait toujours apprécié cette matière, et arrivait à se démarquer des autres par sa persévérance et son efficacité, son seul défaut étant celui de faire trop souvent exploser son chaudron, en voulant expérimenter de nouveaux mélanges. A ses côtés, son voisin de table, Draco Malfoy, n'était pas en reste, et sa fierté se lisait sur son visage. Malheureusement pour lui et son ego, l'actuelle meilleure élève de Poudlard le dépassait encore et toujours.

Hermione Granger, les cheveux ébouriffés et attachés en un chignon volumineux, revérifiait mentalement pour la quatrième fois qu'elle avait bien respecté toutes les étapes. Miss-je-sais-tout aurait pu se voir reprocher une nouvelle fois par son professeur de trop suivre le manuel, mais celui-ci était bien trop occupé à s'acharner sur ses pauvres meilleurs amis.

Severus Snape, malgré la guerre et tout ce qu'il avait traversé, n'avait point changé niveau caractère. Il avait miraculeusement survécu à ses blessures d'après la presse, mais quelques uns savaient qu'il le devait juste à une des têtes rousses de la famille Weasley. La guerre finie et Voldemort vaincu depuis quelques secondes, Ginny avait utilisé le retourneur de temps qu'elle cachait sous son pull en subtilisant la cape d'invisibilité de son petit-ami. Elle s'était posée dans un coin de la cabane hurlante, et avait attendu. Elle manqua de s'évanouir devant son pire ennemi, mais se retint de justesse. Juste avant que le serpent ne morde, elle lança à son professeur de potion un sort informulé qui permit de le protéger, suffisamment pour qu'il ne meurt pas, bien que son état restait grave. Tout se passa comme il le devait, Snape confiant ses larmes à Harry, avant de s'évanouir, ce dernier le croyant mort. Puis, le trio d'or partit. Ginny sortit de sa cachette et soigna du mieux qu'elle pu son professeur, évitant les pires horreurs, avant de le réveiller. Depuis, la chauve-souris des cachots la respectait et la traitait convenablement.

Sauf qu'il ne savait pas que l'idée était venue de Miss Granger, qui avait incité Ginny à faire tout cela. Elle s'était procurée le retourneur de temps en cinquième année, au ministère, juste avant que le stock ne se fasse détruire. Elle l'avait conservé en mettant en place ses idées au fil du temps, ne s'en servant jamais. Elle avait convaincu sans trop de mal sa meilleure amie au milieu du champs de bataille, cette dernière ne posant pas de questions, obéissant juste.

Hermione avait eu le temps de penser à la question, et avait conclu qu'elle ne pourrait sauver que les personnes qui respectaient certaines conditions. Et malheureusement, seul Severus Snape avait pu l'être. Quelle ne fut pas sa souffrance en brisant l'éclat d'espoir dans les yeux de Ginny qui avait pensé à son frère Fred. Il y avait aussi Dumbledore, Tonks, Remus... Mais il ne fallait pas changer le passé. Snape pouvait être sauvé car il avait été tué dans un endroit complètement isolé, sans personne pour le voir. Pas comme les autres. Et aussi, la personne voyageant dans le temps devait se cacher le temps de rattraper le moment présent où elle était partie. Et cela éliminait les dernières possibilités.

L'image de Snape s'était imposée dans l'esprit d'Hermione, en plein milieu de la bataille en apercevant Ginny. L'image de ce pauvre homme s'étant toujours sacrifié pour les autres, pour eux, sans jamais avoir eu la chance de vivre. Et avant de plus réfléchir, elle avait agit. Hermione préférait que Snape ignore que cela venait d'elle, son orgueil préférant qu'il la remarque et la respecte en tant qu'élève exemplaire, et non comme sa sauveuse.

Ce fut cinq minutes plus tard que la sonnerie retentit enfin, apportant la délivrance à bon nombre d'élèves. Ils ne bougèrent pourtant pas de leur place, connaissant parfaitement l'attitude à prendre face à leur terrible professeur. Celui-ci prit le temps de revenir à son bureau, puis en reprit en attendant que la fumée se dissipe suffisamment pour être bien vu.

- Bien. Déposez un échantillon de votre mixture, le terme « potion » ne méritant sans doute de n'être appliqué qu'à certains élèves...

Son regard tomba sur son filleul qui bomba le torse de fierté, lançant un regard supérieur aux autres, puis, très brièvement, sur Ginevra Weasley. Il oublia délibérément Miss Granger, ce qui fit serrer les dents à cette dernière, et reprit la parole :

- Sur mon bureau, dans une fiole, au cas où Monsieur Potter se poserait la question. Maintenant, exécution, et déguerpissez ! dit-il d'une voix forte et tranchante.

Harry se leva, les yeux lançant des éclairs et prêt à répliquer, mais la main de Ron sur son épaule l'en dissuada. Il prit donc une grande respiration, avant de mettre sa potion en bouteille et de l'apporter au tyran sans le regarder. Les autres élèves firent de même, et tous franchirent le seuil de la porte, soit en soupirant de soulagement,, soit en souhaitant une « bonne soirée » à leur directeur de maison. La seule exception de la maison Gryffondor fut une jeune rousse, qui elle aussi salua le tyrannique professeur.

Ses élèves partis, Severus se laissa tomber sur sa chaise, laissant tomber son attitude frigide en cette fin de journée. Si cela pouvait en étonner certains, lui aussi se disait pourtant que le week-end serait le bienvenue. Il était sans doute las d'enseigner à de réels cornichons, mais encore plus de ne pas avoir laissé tomber son attitude caractéristique à la fin de la guerre. Il avait continué, continué d'être odieux, et l'entente qu'il aurait pu créer avec ce monde extérieur... il avait laissé passé sa chance. Encore une fois. En vérité, Severus aimait transmettre, mais lui même se fermait aux bons côtés du métier d'enseignant. Entre ce que l'on aimerait être, et ce que l'on est, il y a tellement... Et puis, il n'était pas un homme courageux. Du moins sur ce point.

Peu enclin à des réflexions profondes durant plus de cinq minutes, il se leva à nouveau pour faire une pause dans ses appartements. Après, il irait dîner.

[...]

- Et ch'est là donc que j'lui ai dit, avec brio peuchtêtre, même chûr que...

Hermione détourna la tête en souriant, habituée à la manière de manger de son petit ami. On ne le referait pas ! Ginny, en face d'elle, lui lança le même sourire, celui qui veut dire "c'est triste, mais on l'aime comme ça !". Depuis qu'elles partageaient le même dortoir, étant de la même année suite aux événements de la guerre, la rousse et la brunette s'étaient encore plus rapprochées que précédemment. Hermione ne considérait pas qu'elle faisait une huitième année à Poudlard, étant donné l'inexistence de sa septième. Mais le fait étaient que les dits derniers années étaient deux fois plus nombreux, tous ayant été tenus de venir finir leur scolarité. Après la bataille, l'école avait été rapidement restaurée, et vivre dans celle-ci, toutes traces de guerre effacées, du moins à l'œil visible, avait quelque chose d'étrange. Seulement, force était de constater que se retrouver tous ici, ensemble, reprenant une vie normale avec des premières années conscients sans trop l'être de ce qui s'était déroulé, qui étaient juste adorables par leurs yeux fascinés et leurs grands rêves, avait vite fait de leur faire reprendre les bons côtés de l'école. Et puis, elle avait été nommée préfète-en-chef, comme elle l'espérait depuis ses débuts en tant qu'élève de Poudlard ! En ce début de Novembre, tout semblait pour le mieux.

Harry passa alors un bras autour de la taille de Ginny, lui déposant un baiser sur la tempe. Ces deux-là avaient finalement repris leur relation après de nombreuses disputes, la furie des Weasley étant décidée à faire comprendre à Harry qu'elle était une personne indépendante, et que bien qu'il fasse au mieux pour elle, ce n'était pas à lui de décider de sa vie. Ils se remettaient donc doucement de ces événements, reconstruisant peu à peu leur relation. Ginny sourit à son petit-ami et l'embrassa chastement, sous l'œil vigilant de son frère. Ron avait beau faire des efforts, il ne se débarrasserait pas si facilement de sa tendance à voir sa sœur comme une gamine. Mais il se détourna vite d'eux dans l'intention de câliner pareillement Hermione.

- Eurk, Ron, essuie-toi la bouche d'abord ! dit cette dernière, une moue dégoûtée sur le visage.

Sans rien dire, ce dernier s'essuya prestement le visage en vitesse, avant de se tourner à nouveau vers elle en souriant grandement, fermant les yeux et tendant le visage de manière significative. Elle soupira, mais lui accorda tout de même le baiser qu'il attendait. Ce n'était juste qu'un petit contact, et honnêtement rien ne se produisait, l'exaltation des premiers baisers et donc de l'inconnu parti. Hermione était mal à l'aise. Cela faisait déjà deux mois, deux mois qu'elle s'était rendue compte qu'elle n'aimait pas Ron d'un véritable amour. Et elle ne faisait rien ; ça la dégoûtait d'elle-même, car elle avait l'impression de tromper l'autre qu'elle estimait tant.

Elle se leva alors vivement de son banc, bien décidée à chasser ces mauvaises pensées de son esprit et à entraîner les autres faire leurs devoirs, mais elle fut vivement renvoyée contre la table, se rattrapant douloureusement sur ses paumes de mains.

- Miss Granger, il faudrait peut-être songer à regarder autour de vous parfois... Vous n'êtes pourtant pas le centre de l'univers... laissa entendre le professeur Snape, de sa voix doucereuse et pourtant agressive.

Hermione se retourna vivement, lui lançant un regard noir. Il lui en renvoya un sarcastique et s'éloigna. La préfète-en-chef se sentit bouillir, dire qu'elle était celle qui avait sauvé cette homme ! Une seule envie se faisait ressentir en le voyant s'éloigner dans ses grandes capes : lui dire la vérité.

Mais elle sentit une main se poser sur son épaule.

- Allez viens Mione, entama Ron, c'est pas plaisant mais c'est toi qui ne voulait pas lui dire. On le changera pas malheureusement.

Elle le regarda avec déception, mais opina du chef.

- Bon ! Direction la salle commune, on a à faire le devoir de métamorphose pour lundi.

Hermione se mit en marche, et Ron grimaça derrière elle. Il jeta un regard à Ginny et Harry qui faisaient semblant de n'avoir rien entendu, et il se résigna à subir seul la torture de sa petite amie. Il se dit, comme elle l'avait fait précédemment pour lui, qu'il ne la changerait pas.


Je l'avais dit que ce serait court, mais c'est pour le mieux ! :)

A la prochaine !