Chapitre 5

Depuis qu'elle s'était avouée la vérité, Hermione tournait en rond. Ginny l'avait questionnée, mais elle n'avait pas cédé. Elle devait réfléchir. Et ce devoir semblait être le plus difficile qu'elle n'ait jamais eu à faire.
Noël approchant, elle s'était décidée pendant un temps à s'éloigner progressivement de Ron, ne se sentant pas la force de mettre fin à cette relation pendant les fêtes, chose horrible qu'on pouvait faire à quelqu'un. De plus, les conséquences de cela s'imposaient toujours plus à elle.
Hermione avait réellement peur que leur séparation divise leur groupe d'amis, et entache ses relations avec la famille de Ron et Ginny qu'elle appréciait tant. Ron était de plus en plus mature, mais l'excessivité faisait partie de son comportement et elle craignait qu'il ne lui fasse un esclandre… Elle se sentait tellement égoïste et ridicule de penser tout de même au fond d'elle qu'ils pourraient « juste » redevenir amis. La vie n'était pas si simple pourtant, elle devait bien le savoir.

De ce fait, elle se réfugiait souvent à la bibliothèque, sachant que cela suffisait pour faire fuir ses amis. Elle se plongeait à corps perdu dans des livres pour s'échapper un peu de cette réalité. Elle grignotait alors son stylo, regardant sa feuille de parchemin qu'elle tentait de remplir le plus de noir possible en écrivant en tout petit. Elle passait tellement de temps ici que son devoir de sortilèges qui devait faire deux rouleaux de parchemin en faisait déjà trois (et elle n'avait pas terminé). Concentrée sur son travail, elle ne vit pas un certain héros du monde sorcier s'asseoir à ses côtés. Il la contempla quelques minutes, véritablement amusé. C'est le bruit qui montait peu à peu en ces lieux qui attira alors l'attention d'Hermione, prête à cracher du feu sur qui osait troubler le silence religieux des lieux. Elle vit alors son meilleur ami, ses sourcils se levant bien haut, surprise. Elle soupira, comprenant pourquoi toute cette agitation les gens ne se tenaient toujours pas en présence d'Harry Potter.

- Qu'est-ce qui t'amène en ces lieux Harry ? le questionna-t-elle.

- C'est mon amour inconditionnel des livres tu sais bien… répondit-il en levant les yeux au ciel.

Elle sourit.

- En fait Hermione, reprit-il, je voulais te parler…

Immédiatement elle se tendit, ses muscles se contractant. La brune voyait très bien où l'autre aller l'amener… Ce n'était pas très difficile.

- C'est à propos de Ron…

Elle soupira.

- Je m'en doutais un peu…

Il la regarda dans les yeux, et elle se sentit analysée par ces pupilles vertes hypnotisantes. Elle frissonna Harry avait évolué d'une manière telle qu'il lui rappelait Dumbledore dans certains moments.

- Il se pose beaucoup de questions tu sais. D'ailleurs on s'en pose un peu tous, et Ginny et moi on a pas mal parlé. On a compris que quelque chose te bloquait… Et que ça ne marchait pas vous deux, en tout cas pas comme ça. Qu'est-ce que tu ressens Hermione ?

Elle se trouva sans voix un moment, car malgré qu'elle se savait peu discrète, elle ne pensait pas que l'éloignement qu'elle avait commencé à instaurer depuis une semaine serait si flagrant. La jeune fille soupira de nouveau, prenant son courage à deux mains pour se livrer honnêtement.

- C'est un peu flou mais je crois que j'ai fini par comprendre… J'ai mis longtemps… Tu as dû remarquer que Ron et moi n'étions pas toujours aussi proche que ce qu'on pourrait penser d'un… couple. Au début c'était parfait, et j'en avais vraiment envie, d'être à ses côtés, de partager ma vie avec lui... mais si je peux le dire franchement, comme j'ai la sensation de l'avoir compris…

Elle le regarda, très gênée, et il lui prit la main, l'encourageant à parler. Elle chuchota pour continuer, craignant les oreilles indiscrètes.

- Je pense que j'ai un peu confondu attirance et amour… J'ai vu cette situation idéale où tous les quatre, chacun en couple avec son meilleur ami... L'image parfaite... Mais... J'ai beaucoup d'affection pour Ron, j'ai été attirée par lui, mais c'était passager et ma tête commence à bien trop me le crier…

Elle se la prit d'ailleurs entre les mains, Harry se rapprochant pour entourer son bras autour d'elle, la laissant s'exprimer. Il n'émettait aucun jugement, il essayait de la comprendre, et c'est bien ça qui la fit continuer de parler.

- Et on arrive aux fêtes, je n'ai pas envie de les lui ruiner… Donc je m'éloigne progressivement de lui, mais je ne sais pas m'y prendre…

Des larmes roulaient sur ses joues, et Harry se pencha pour les essuyer.

- Hermione calme-toi… Même si tu essaies de te faire du mal, ce n'est pas de ta faute. On ne contrôle pas ces choses-là, tu le sais toi-même. C'est comme moi avec Ginny, j'ai mis du temps à m'admettre les choses, et j'avais peur des conséquences, mais on ne peut pas aller à l'encontre de soi-même.

Elle ne répondit rien, comme il le disait, elle le savait elle-même.

- C'est si frustrant, je pourrais être vraiment heureuse avec lui et…

- C'est comme ça… Maintenant, et même si c'est dur pour lui, il faut que tu-

Mais Harry ne termina pas sa phrase, une voix froide l'interrompant.

- Mais qu'avons-nous ici… Il me semblait encore il y a peu qu'une bibliothèque n'était pas un lieu prévu pour de navrants batifolages prépubère…

Ils sursautèrent tous les deux, plutôt violemment pour Hermione qui tenta de s'essuyer les yeux comme elle put. Harry fusilla Snape du regard, ce dernier lui renvoyant un regard noir bien senti.

- Je suis sûr que votre petit couple peut trouver d'endroits pour exposer à quel point…

Mais la phrase du professeur se perdit dans le vide lorsqu'Hermione, les yeux rougis, emplis de larmes encore et les joues humides lui lança à son tour un regard noir. Il comprit clairement que quelque chose n'allait pas au point de la faire pleurer, et cela le perturba quelque peu, cette vulnérabilité dévoilée, qu'elle ne cherchait même pas à lui cacher. Elle se releva prestement, jeta ses affaires dans son sac de manière désordonnée et sortie de la pièce en claquant la porte, faisant sursauter les deux hommes un peu surpris par la tournure du moment. Harry se précipita à sa suite, préférant éviter le contact avec l'autre homme.

Hermione avançait furieusement dans les couloirs, énervée par l'attitude du professeur Snape.

- Mais quel ! Il ne peut vraiment pas s'en empêcher !

Elle ignora les élèves qu'elle croisait et qui la regardait bizarrement, véritablement agacée par cet homme qu'elle aurait aimé aider mais qui la mettait hors d'elle en recommençant encore et encore les mêmes choses inutiles, cherchant toujours plus le conflit avec Harry dans des joutes verbales devenues redondante.

Elle se figea au bout du couloir, s'exhortant au calme. Elle ne savait même pas où elle voulait aller.

Harry la rejoignit alors, essoufflé. Il la regarda, un mélange de différentes interrogations présentes dans son regard.

- Ne dit rien ! J'en ai juste marre de ces moments où on se prend la tête pour rien alors qu'on a vécu si terrible et qu'il y a pire au possible dans la vie.

Elle s'en voulut alors qu'elle voyait Harry grimacer, des souvenirs défilant devant ses yeux elle le savait. Elle s'accrocha donc à son bras et tenta de changer de sujet, le lançant facilement sur le Quidditch et ses joueurs fantastiques et autres discours fort (peu) intéressants à ses yeux.

Hermione évitait le sujet. Elle l'avait d'abord fait inconsciemment, puis de plus en plus sciemment. Lorsque Ron tentait d'établir un contact avec elle, pour discuter, elle lui lançait un beau sourire et commençait une discussion sans importance. Elle ne tenait pas à parler plus avec Ginny et Harry, et Hermione ne s'était jamais sentie aussi lâche de sa vie. Elle passait alors beaucoup de temps à pleurer, tiraillée entre ce qu'elle allait devoir faire inévitablement, et le désir de laisser le plus longtemps possible la situation en tant que telle. Mais Harry avait ouvert la brèche, elle ne pouvait plus fuir. Se rappeler de la guerre lui donna cette leçon; une rupture n'était pas ce qu'il y avait de plus grave dans la vie. Ils avaient vécu des choses si affreuses, si insoutenables, et pourtant ils étaient là. Ils en étaient revenus.

[...]

Harry se trouvait dans son dortoir, emballant ses derniers cadeaux. Quelle idée il avait eu ! Mais au fond, il était fier comme un coq. Il avait pensé à chacun. Un joli bracelet pour Mrs Weasley, sa mère de substitution, un set de bricolages moldus pour Mr Weasley, même une chaîne de lunettes pour Percy (il s'était tellement épuisé pour trouver celui-là !). Au fond, il voulait juste rendre tout le monde heureux, même si rien ne remplacerait l'absence des aimés perdus. Ce serait leur premier noël sans toutes ces personnes. Il sentit son estomac se contracter, mais tint bon. La joie de revoir son filleul l'aidait à tenir. Il lui avait tellement acheté de choses qu'il se disputerait sans doute encore avec Andromeda, qui lui demanderait où elle allait caser tous ces jouets ou pourquoi il tenait tant à faire de Teddy un "pourri-gâté". Le brun sourit. Il avait hâte déjà de l'entendre le rouspéter.

On frappa à la porte, et Harry vit apparaître la chevelure rousse de sa petite amie. Elle avait cet air malicieux qu'il adorait. Il se releva pour la réceptionner dans ses bras. Ils étaient seuls, et leurs corps s'échauffèrent avec force l'un contre l'autre, alors qu'ils se cachaient à l'abris des regards dans son lit à baldaquin. Harry nota que son coeur allait sans doute sortit de sa cage thoracique, tandis qu'il se risquait à explorer des zones du corps de sa petite amie qu'il n'avait fait que rêver jusqu'alors.

[...]

Ron resta figé de longues secondes sur le seuil du dortoir, avant de refermer la porte doucement derrière lui, dégoûté d'avoir entendu ce qu'il aurait au grand jamais ne jamais entendre. Neville arrive, et le roux lui barra le chemin.

- Mon vieux, t'as pas envie d'entendre ce qu'il se passe là-dedans... lui dit-il d'un air sombre.

Il retira la cravatte de son uniforme et l'accrocha à la poignée. Son camarade comprit son geste, et avec un petit sourire contrit lui tapota l'épaule alors qu'ils descendaient dans la salle commune. Ron alla se vautrer dans un des fauteuils près du feu, où se trouvait sa petite amie qui lisait tranquillement, comme à son habitude. Elle releva les yeux d'un air interrogateur, se demandant ce qui le mettait dans cet état. Il secoua la tête, mais prit tout de même le temps de lui grogner une explication. Hermione se sentit tout de suite mal à l'aise.

- Il fallait bien que ça arrive un jour... tenta-t-elle de lui dire doucement.

Ron soupira, et se redressa soudainement, lui lançant un regard de ses yeux bleus perçants qui la décontenança totalement. Sans hésitation, il lui dit la phrase suivante, sans agression, sans changer le ton de sa voix qui demeura calme et posée :

- Pourquoi nous, ça ne nous arrive pas ?

La brune ouvrit la bouche, et la referma à intervalles réguliers. Se reprenant, elle ferma son livre qu'elle posa sur l'accoudoir de son fauteuil.

- Je...

Elle sentit que sa voix était trop faible, alors elle tenta de se râcler la gorge pour se donner une convenance. Elle cherchait des mots, des mots qui ne lui venaient pas, alors qu'elle était pourtant de celle qui en connaissait tant.

Ron soupira, l'air résigné, et se leva pour sortir de la salle commune. Hermione le regarda passer, honteuse. Elle sentit les larmes lui monter aux yeux, alors elle partit s'isoler dans le dortoir. Elle devait réfléchir. Ron lui, partit prendre l'air en se baladant dans le parc du château. Tandis qu'il respirait les effluves de ce début de mois de Décembre, il se dit qu'au fond cela faisait quelques temps qu'il savait. Mais qu'est-ce que la perdre lui semblait douloureux...


Alors, que pensez-vous de la suite des aventures d'Hermione ?

N'hésitez pas à me laisser vos idées...

A la prochaine !