PDV (Point De Vue) du personnage principal.
Je suis une de ces silhouettes que l'on aperçoit la nuit, sur cette île.
L'île de Revival.
Je fais partie des mauvaises herbes de ce monde depuis… Depuis quand exactement ? Je ne m'en souviens plus. Et pour être honnête, je ne me souviens de pas grand-chose.
- T'es qu'une pute qui sert absolument à rien. Essaye au moins de gagner du fric...
Je relève mes yeux face à ma peur. Je tente désespérément de me tenir debout à l'aide du mur se trouvant derrière moi. En vain. Des tremblements incontrôlés s'emparèrent de mon corps, je ne peux rien faire. Je suis la misérable brebis qu'on à donner à garder au loup. Non… C'est le Diable en personne, c'est mon drame à moi.
- Hé ! Tu regardes où là, putain ?!
Un gémissement s'échappe de ma bouche en vu de la droite monumentale que je viens de recevoir. Ses bagues aux doigts accentue le coup donné. Je tombe au sol, sol qui est jonché de détritus, au-dessous de lui. Un liquide s'écoule de mes lèvres, frayant son chemin le long de mon menton. J'ai l'impression de le connaître par cœur ce goût.
Métallique.
Ma lèvre inférieur vient de s'ouvrir.
- Rapporte-moi au moins quelque chose. Fais un effort bordel.
Une jeune femme de dix-sept ans a-t-elle le cœur assez grand, assez vigoureux pour contenir toute cette violence, toute cette rage, tout ces coups ? Probablement oui. Mon regard ne change pas, imperturbable. Pourtant j'ai si honte de ne pas avoir la force de lui résister.
- Tu m'écoutes ?!
Cette fois-ci c'était son poing qui rencontra ma joue. Ils se connaissent tellement bien ces deux là. Ma main se pose par réflexe sur celle-ci, mais ça n'apaise pas la douleur, évidement. En y pensant, c'est incroyable que toute mes dents soient encore intact, depuis le temps…
- Retourne faire le trottoir, trouve d'autres clients. T'aimes pas quand je te frappe, pas vrai ?
Il empoigne mes cheveux et je sens mes jambes quitter le sol. Il me relâche brusquement, ma tête cogne contre le mur froid et je reçois sur mes cuisses une petite boite en fer noir.
Ainsi donc le Malin possède un visage.
- Essaye pas de t'esquiver cette fois-ci… Va me faire du fric !
Il part, me laissant seule avec moi-même dans une des nombreuses ruelles de ce quartier malfamé. Je reste dans le flou pendant quelques minutes. Les chances de m'échapper de ce calvaire son si mince, mais est-ce que j'en ai envie ?
Fuir. S'évader. Partir. Se sauver. Disparaître. Se libérer. S'envoler.
Mais pour aller où ? Avec qui ? Et pour faire quoi ?
Je me remet de mes émotions, ma peur s'évaporent petit à petit, mais elle reviendra… Je le sais, je l'a connais par cœur. Après tout c'est la seule émotion que j'arrive à exprimer correctement. Je me relève, du haut de mes 158 centimètres, laissant tomber la petite boite obscure. Je remet mes chaussures à mes pieds, chancelante, complètement sonnée. Il m'avait ordonné de continuer à tapiner malgré tout mes échecs, alors je le ferais. Pourquoi ? J'en sais rien, mon crâne me fait déjà assez mal comme ça. Certaines questions n'ont pas de réponses. En tout cas, pas celle-là, et pas pour le moment.
J'erre donc dans les rues vides de cette île en quête d'un client. Je frissonne rien que d'y penser, mes poils se hérissent un par un. Je ramasse la boite en m'encourageant une énième fois mentalement.
PDV (Point De Vue) extérieur.
Un homme se balada dans les rues de ce même quartier, âgé du même âge que la jeune femme. Ce jeune homme était partit il y a maintenant une semaine en mer pour tenter de faire sa place dans le monde de la piraterie. C'était la toute première île sur laquelle il atterrissait depuis le début de son périple, depuis L'Île de Dawn.
Après plusieurs minutes de marche, le jeune homme fut interpellé par plusieurs bruits venant d'une ruelle assez sombre, à quelques mètres de lui. Des poubelles renversées, des coups, des injures et des gémissements se fit entendre.
Un homme d'une trentaine d'année sortit aussitôt de ledit ruelle, remettant en place sa ceinture tout en grommelant des insultes.
- Putain, fais chier, cette salope ! Sérieux, elle a osé me frapper…
Il continua sa route en prenant les escaliers en direction d'une autre rue toujours aussi énervé sous le regard méfiant du jeune homme. Les sourcils froncés, la tête légèrement penchée sur le côté.
Alice était la source de tout ce boucan. Elle venait tout juste de pousser son client vers des poubelles sous l'affolement. Son souffle était saccadé. Son sang pulsait dans ses veines, son cœur tambourinait à ne plus s'arrêter. Allait-il exploser ?
- C'est quoi mon problème...
Elle s'assit sur une caisse en bois, soupirant lourdement tout en tirant le bas de sa robe noir de ses deux mains. Cette robe était beaucoup trop courte, mais bon c'était le but après tout. Sans parler de sa paire d'escarpins qui lui donnait l'impression de marcher sur des centaines et des centaines d'aiguilles chaque seconde.
Elle décide de prendre la boite qu'il lui avait jeté à la gueule, elle l'ouvre et avale d'une traite l'une des pilules blanches.
Elle reste comme ça, la tête vide, se contentant de regarder ses pieds. Elle était dans les nuages, comme complètement absente de ce monde, quasiment transparente, inexistante.
Ainsi, elle ne remarqua pas tout de suite la paire d'œil qu'il l'a regardait depuis bientôt cinq minutes.
C'est lorsque qu'il s'était assis à côté d'elle qu'elle sortit de son absence, lui faisant face. Il possédait des cheveux ondulés noirs et des tâches de rousseurs. Elle en compta 31.
Leurs deux visages étaient proches et les deux jeunes se toisaient du regard. Le garçon lui tendit un mouchoir en tissus blanc.
Franchement, de quoi devait-elle avoir l'air ? Elle avait saigné du nez en plus de sa lèvre inférieur qui s'était ouverte. Elle avait des hématomes sur son cou et ses bras ainsi qu'une énorme paire de cernes qui lui donnait mauvaise mine. Son teint était pâle contrairement à lui, sans oublier ses cheveux bruns qui eux étaient beaucoup trop longs et mal entretenu. Les ecchymoses qu'elle avait étaient pour certains violets ou encore jaunes. Honnêtement ? C'était tout à fait ignoble.
Le temps de réaction de d'Hana était lent, elle n'avait pas réagit face au mouchoir qu'il lui avait tendu, elle avait seulement l'air surprise. Cette ainsi qu'il mouilla le mouchoir d'eau grâce à sa gourde avant de nettoyer soigneusement son visage.
Les deux restèrent ainsi plusieurs minutes, lui nettoyant ses blessures et elle…
Et elle ses yeux revenaient sans cesse à lui, c'était un supplice d'ignorer son visage. Elle prenait à le contempler un plaisir aigu et douloureux, un plaisir désespéré, celui de l'être mourant de soif qui, sachant la source empoisonnée, se penche pour y boire longuement.
- Pourquoi est-ce que tu m'aides ?
Il arrêta tout mouvement et la regarda hésitant. Il finit par lui sourire franchement.
- J'en sais rien, une intuition. Je dois le faire.
La jeune femme arqua un sourcil, sceptique face à ce qu'on venait de lui répondre.
- Tu dois ? Mais tu veux le faire ?, le sourire du garçon s'estompa rapidement et sa réponse ne se fit pas attendre
- Ouais.
Son visage était maintenant propre et rayonnait malgré les quelques ecchymoses et coupures.
- T'es mieux comme ça.
En se levant, il aperçu la petite boite noir sur les genoux de la brune. Il ne se gêna par pour la prendre et l'a regarder. C'était de la drogue. Les consommateurs de celle-ci devenaient dociles et vides de toute émotions. Clairement, vaux mieux ne pas se mettre là dedans.
- Pourquoi tu prends cette merde ?
Il jeta la boite en l'air a plusieurs mètres de leur emplacement et se retourna vers elle. Un sourire se dessina sur les lèvres d'Hana pendant qu'un voile de tristesse s'empara de ses yeux. La nuit allait tomber, la même scène allait se répéter.
- Pars maintenant, sinon il va encore me frapper.
- Qui ça ?
- Arron. Qui d'autre ? C'est la première fois que tu viens ici je suppose.
Un sourire fourbe apparu sur les lèvres du garçon.
- Et tu pourrais me dire où est-ce qu'il se trouve ?
…
Un gémissement de plaisir s'échappa de la bouche d'Arron suite aux plaisirs que lui donnait une de ses « femmes ». Il était assis sur un Chesterfield en cuir rouge une femme proche de son entre-jambe. Il venait tout juste de terminer son affaire avec celle-ci. Il lui sourit et lui donna de suite une claque sans aucune raison apparente. Le bruit résonna dans la pièce. Elle partit aussi vite qu'elle le pu, complètement nu.
Arron avait bientôt 33 ans. Il était malheureusement tout aussi séduisant qu'il était mauvais. Il avait monté un petit réseau de prostitution il y a une dizaine d'années qui s'était désormais propager dans la moitié de l'île, il en était fière. Il était riche, il possédait des vingtaines et vingtaines de femmes, il était craint par tout le monde. Et d'après lui, rien ni personne ne pouvait lui en empêcher.
Il sourit de plus belle, en pensant à sa nouvelle recrue. Il avait estimé qu'elle avait enfin l'âge de commencer à lui faire gagner de l'argent en se prostituant. Sans parler qu'elle était contrainte de coucher avec lui vu qu'elle était sous…comment on appelle ça déjà ?
Ah oui, « soumission chimique »
Il se leva de son fauteuil, léchant ses lèvres en remettant son pantalon en place.
- Il est temps d'aller voir ma délicieuse petite Hana.
- Pas cette fois-ci.
Rien ni personne ne pouvait lui en empêcher ? Ça c'est s'en compter sur un garçon de 17 ans aux joues pleines de tâches de rousseurs.
Le coup de poing que lui donna ledit garçon envoya Arron à l'autre bout de la pièce. Il atterrit sur son propre bureau et le cassa en deux sous son propre poids.
La faucheuse était proche du « Exotic » et de son propriétaire en cette fin d'après-midi.
…
Le bâtiment était dans un sale état, encore plus que d'habitude. Plus aucune fenêtre n'étaient encore en état et la moitié des murs étaient détruits. Tout le monde courait dans le sens inverse du mien. Impossible d'en connaître la raison, tout le monde était affolé.
- Qu'est-ce qu'il se passe ?
- Un mec se bat avec Arron...
Hana entra enfin dans le bâtiment après sa course effrénée jusqu'à celui-ci. Le bâtiment était totalement vide. La musique tournait toujours et les lumières tamisés étaient elles aussi toujours allumées. Elle monta les escaliers deux par deux sans prendre compte son horrible paire d'escarpin noir, sa robe beaucoup trop courte qui remontait un peu plus haut à chaque enjambés ou sa poitrine qui rebondissait à chaque marche.
Elle vit devant elle ce long couloir, elle connaissait le chemin par cœur. La source de tout ses problèmes se trouvait au bout de ce couloir.
La porte qui mène vers son Enfer.
Au final tout était enfin plus calme. L'endroit était tout aussi désert et ni la musique ni le brouhaha de la foule présente dehors ne se faisait entendre. Elle avança pas à pas, sur ses gardes, prête à se défendre à tout moment. Elle pénétra dans la pièce, la porte tenait à peine. Et elle observa, crispée.
Elle vit tout le désordre, tout le massacre, le sang, les bouts de verres au sol, les meubles détruits… Ses yeux se perdent dans la pièce sombre, elle ne savait plus ou regarder, ni quoi penser. Même les plumes contenu dans les coussins volaient de par et d'autre dans la pièce. Et encore du sang, du sang… Du sang partout.
Une tempête était passée. Mais cette tempête là était humaine.
Le garçon que qu'elle avait rencontré tout à l'heure était accroupi au milieu de la pièce. Il saigne du nez, et son corps est rempli de coupures. Sa chemise jaune est déchiré et à présent bicolore, taché de sang.
- Il ne fera plus rien à personne maintenant, il se leva en époussetant ce qu'il reste de ses vêtements
Et c'est maintenant qu'elle remarqua la masse au sol. Tout était rouge, elle avait l'impression de pouvoir voir que cette couleur depuis son arrivée dans la pièce. Elle s'approcha du corps ensanglanté et se laissa tomber près de lui. Elle tendit sa main vers son visage, ou du moins ce qu'il en restait. Son crâne était défoncé, ses yeux étaient ouverts mais il ne respirait déjà plus.
Ses yeux s'écarquillèrent tellement qu'on avait l'impression qu'ils allaient sortir de ses orbites. Ses dents se serrèrent tellement qu'on pensait qu'elles allaient se briser en un instant.
- Tu me l'as pris !, sa voix se brise dans le crie que qu'elle poussa
Ses mains rejoignirent sa tête, se tirant les cheveux, secouant sa tête. Elle voulait exprimer sa haine en hurlant. Elle voulait crier jusqu'à s'arracher les poumons. Mais impossible, elle n'en avait pas la force. Un torrent de larmes se déversèrent sur ses joues. Elle voulait s'arracher la peau, ne plus être dans ce corps qu'elle venait de récupérer.
Ses mains quittèrent sa tête pour entourer sa propre taille, toujours assise sur le sol.
- Viens avec moi et rejoins mon équipage.
Il tendit sa main dans sa direction. La colère coulait dans mes veines, mon cœur se mettait à battre si fort. Si fort que qu'elle était certaine qu'on ne pouvait entendre que ça dans la pièce. Si fort qu'elle l'entendait résonner dans chaque parcelle de son corps. Si fort qu'elle croit bien qu'il va transpercer sa poitrine pour se dévoiler au grand jour.
Il lui avait prit la seul chose qu'elle possédait. C'était son seule moyen de survie, la seule chose à qui elle pouvait s'accrocher.
- Tu dis ça comme si c'était la chose la plus logique qui te venait à l'esprit ! On ne se connaît même pas !
- Tu t'appelles Hana, j'ai pas besoin d'en savoir plus, son bras tendu vers elle ne bougea pas d'un millimètre
Pourquoi elle hésita tant ? Où est donc passé la colère que qu'elle avait il y a quelques secondes ? Où est donc toute cette rage ?
Elle hésita avant d'accepter. Elle avait quoi à perdre après tout ? Elle ne possédait rien si ce n'est que ses propres vêtements. Hana n'avait jamais pris la mer de sa vie, elle était née sur cette vieille île mal fréquentée. Son seul rapport avec l'eau était celle qu'elle buvait ou celle avec laquelle elle se lavait, rien de trépidant clairement.
Au pire, dans tout les cas, elle mourra dans un naufrage ou mangée par un de ces monstres marins que regorgeait l'océan.
- T'as pas intérêt à me le faire regretter…
- J'essaierai… En attendant, moi c'est Portgas D. Ace.
- Hana.
Elle attrapa sa main et se releva. En à peine 3 petites heures sa vie venait de changer. Ce n'était que le début d'une longue série de cauchemars.
