Coucou tout le monde !
Merci pour vos commentaires, c'est vraiment très agréable !
Bonne lecture !
Le lendemain, lorsqu'elle s'éveilla, la semaine à affronter lui sembla inenvisageable. Sachant qu'elle n'avait cours de Runes qu'à neuf heures, elle se dit qu'exceptionnellement elle pouvait traînasser un peu au lit... Et la vérité était que si elle se levait, elle devrait voir Ron. Mais elle n'eut pas voix au chapitre lorsqu'une rousse énergique tira ses rideaux avec fracas.
- Debouut !
Et elle se jeta sur son lit en riant. Hermione ne put s'empêcher de sourire elle aussi.
- Une petite souris m'a indiquée que la raison de ta bonne humeur date d'hier soir, je me trompe ? lui dit la brune, malicieuse.
Ginny rougit sous ses tâches de rousseur, mais son sourire ne diminua pas.
- Je pense que tu es bien renseignée... comment d'ailleurs ? l'interrogea-elle. - Eh bien hier Ron vous a surpris visiblement... il était un peu pertubé. - Oh c'était lui alors la cravatte ! On se disait bien aussi...
Elle rougit plus franchement cette fois-ci, regardant Hermione dans les yeux, cette dernière se laissant gagner par la curiosité. En tant qu'élève studieuse, on l'avait déjà traitée de "coincée", mais en vérité, elle ne voulait que connaître ce qu'était la fusion des chairs qui agite tant le monde. Elle avait même eu quelques lectures érotiques, qui l'amenaient régulièrement à explorer son propre corps, dans l'intimité de ses draps...
- Alors ? lâcha Hermione, n'y tenant plus. - Eh bien, c'était... lui répondit Ginny, cherchant ses mots, maladroit !
Elle rit, et reprit.
- Ce n'était pas du tout prévu... Je suis arrivée, on s'est regardés... Et là, ça s'est fait ! J'avais un peu peur, mais Harry aussi, et en parler nous a vraiment aidé. Je ne dirai pas que c'était une explosion, mais à priori c'est toujours ainsi une première fois, non ? Après je suis super heureuse. Je dois t'avouer que je n'ai pas dormi dans mon lit cette nuit...
Hermione leva les sourcils, et Ginny se cacha de ses mains, ses yeux se dévoilant entre ses doigts.
- On a recommencé plus tard... avec un sort de silence cette fois...
Elle termina sa phrase d'une voix timide. Les deux amies rirent encore un moment, et Hermione lui demanda quelques détails encore, de ceux qu'on veut tous savoir et qui nous inquiètent. Elles allèrent manger un toast avant de se diriger en cours de Runes, où la discussion continua de plus belle. Mais Hermione trouva son humeur refroidit lorsque son amie la questionna un peu plus sur la réaction de Ron. Avec tristesse, elle lui raconta la scène et les mots de son frère. La rouquine fit la grimace.
- Je comprends qu'il s'interroge, dit Ginny, et j'avoue que sa question est sensée... pourquoi pas vous ?
La brune regarda les gens autour d'elle, ne souhaitant pas être entendue, et chuchota à son amie qui dut tendre l'oreille pour l'entendre.
- Je... n'en ai pas l'envie.
Il y eut un silence entre elle.
- Tu n'as pas envie tout court... ou de lui ?
Hermione n'eut pas besoin d'y réfléchir. Elle regarda Ginny avec gravité, et cela suffit à la sorcière pour comprendre.
[...] Les jours suivants, Ron et Hermione agirent comme à leur habitude, quoiqu'avec une politesse excessive, ce qui surprit leurs amis. Visiblement, aucun des deux n'était prêt à admettre la vérité. Ils les virent même rire ensemble lorsque en cours de défense contre les forces du mal, Ron envoya un informulé sur la gryffondor qui la fit danser une gigue endiablée, son expression paniquée pas du tout raccord avec ce que son corps effectuait comme prouesses. Leur jeune professeur, seule volontaire à ce poste pour cette nouvelle année, avait annulé les effets du sortilèges elle-même tellement le gardien des gryffondors était plié en deux de rire. En potions le jeudi soir, cela fut plus compliqué. Harry ayant tenu à faire équipe avec Ginny, pour une potion à réaliser en duo, ils se retrouvèrent ensemble pour effectuer leur boulot. Mais comme à chaque fois que la lionne et le rouquin devaient travailler ensemble... cela aboutit à quelques complications. Ils étaient incapables de se coordoner et de s'entendre. Pendant une heure et demie, ils purent manager leurs efforts et s'en tenir à des piques qui les faisaient tous deux grincer des dents, jusqu'à ce que Ron ajoute un ingrédient de trop et fasse virer leur potion de sa couleur supposée lilas, à un vert marais.
- Mais ce n'est pas possible Ron, tu le fais exprès ou quoi ! dit Hermione en élevant la voix. Il n'en fallait pas plus pour ajouter du feu aux poudres. - C'est toi qui ne m'a pas dit aussi, pourquoi ce truc est sur la table si on ne doit pas l'ajouter ! répondit le concerné, argneux.- Mais parce qu'on doit prendre son jus, pas le balancer comme un vulgaire ballon !- Parce que t'as besoin de ramener ça à un ballon ? Je fais que taper la babale tu crois ?
Harry fit une grimace, et ferma les yeux... Mais c'était déjà trop tard. Snape fondit sur eux, sa cape le rendant plus impressionant encore que sa haute taille qui les dominait déjà.
- Weasley ! Granger ! Qu'est-ce que ce foutoir ?
Et une tendance au vulgaire qui se manifestait dans ses accès de rage...
Les deux concernés tentèrent de s'exprimer en même temps, mais c'était peine perdue. De cette autorité naturelle qui le caractérisait, il leva simplement sa main face à eux, les faisant se taire. Craignant le pire.
- Je pense pouvoir supputer sur la situation. Notre miss-je-sais-tout nationale a sans doute voulu prouver une fois de plus ses talents...
Hermione eut un "mais" scandalisé, mais Snape continuait de s'exprimer.
- ... tandis que Weasley, incapable de réfléchir et de faire fonctionner ses membres de manière coordonnées - de la même façon qu'il se voit incapable de d'assurer la sécurité de ses buts, à ce qu'on m'a dit...
Quelques élèves ricanèrent, mais l'ambiance était surtout tendue. Snape les regardait d'un air jubilatoire, un rictus au coin des lèvres.
- ... a tenté quelque action désespérée. Quoi qu'il en soit, la concentration s'exige dans ce cours, où je tente de vous enseigner, j'ai bien dit tente, de vous montrer un art qui dépasse sans nul doute vos petites personnes. Vous viendrez donc chacun en retenu pour réfléchir à ceci. Je vous contacterai pour vous en donner les détails.
D'un coup de baguette, il vida le contenu de leurs chaudrons. Lançant un regard au reste de ses élèves, qui baissèrent subitement leur tête sur leur propre mixture, le professeur retourna s'assoir à son bureau, satisfait.
Harry fut désespéré de constater que suite à cette affaire, ses amis repartirent dans leur jeu préféré : se faire la tête. Ils ne s'adressaient plus le moindre mot, et ses efforts ne servirent à rien. Ils se retrouvaient entre les deux, à faire le perroquet, quand ce n'était pas Ginny qui s'y collait. Lassé de leur comportement, il retrouva bien vite le moral avec sa petite amie, avec qui de nouveaux horizons s'ouvraient.
Hermione reçut le lendemain déjà un mot de la part de son professeur, apporté par un deuxième année visiblement très impressionné de pouvoir lui parler. Une écriture fine et élégante lui confirmait une retenue pour le lundi soir de la semaine suivante. Elle soupira. Elle savait bien que ce n'était pas très futé de sa part se s'être énervée pareillement, de se mettre en binôme avec Ron tout court était une erreur. La lionne se sentait énervée dès qu'elle y repensait ; elle détestait qu'on gâche son travail ! Et encore plus avec le professeur Snape. Elle avait une envie irrépressible de lui prouver qu'elle était plus qu'une machine qui retenait ce qu'elle lisait par cœur. Elle voulait retrouver une conversation telle qu'ils en avaient eu il y a déjà un trop long temps, selon elle, à la bibliothèque. Il animait en elle le feu du non-résolu, de l'aventure, telle une énigme bien compliquée qui ne demandait qu'à être démantelé jeune fille secoua la tête, comme pour secouer ses idées. Elle divaguait. Cette histoire avait au moins le mérite de l'avoir sortie de ses idées noires. Son esprit lui semblait plus posé, plus apte à admettre et à agir. Peu de temps la séparait de la période des fêtes ; la situation était supportable elle le reconnaissait. Et... être en colère comme elle se sentait avait au moins le mérite de la rendre pleine d'envies...
