Coucou tout le monde ! Voici la suite des aventures d'Hermione. L'histoire a enfin prit un tournant décisif - je suis partisante des histoires crédibles, et je pense qu'elle ne se séparerait pas de Ron magiquement. C'est ce que j'ai tenté de faire à travers mes mots ! Etes-vous convaincus ?

Après le petit chapitre, en voilà un plus conséquent.
Bonne lecture !


Chapitre 11


Hermione ferma la porte de l'entrée doucement derrière elle. Elle s'y appuya, lasse. Elle prit un instant pour respirer, tentant d'apaiser ses muscles tendus. Elle déroula son écharpe, et voulait juste rejoindre sa chambre et hiberner quelques semaines tout au plus. Ses yeux lui semblaient lourds, mais pas de fatigue. Juste pesants. La sorcière n'eut cependant pas cette chance car Ginny et Harry sortirent de la cuisine alors qu'elle posait son pied sur la première marche de l'escalier. Ils semblaient joyeux, puis l'aperçurent, et leur expression retomba jusqu'à montrer de l'inquiétude. Quoi, quelle tête faisait-elle ? Cela se lisait-il aussi évidemment sur ses traits ?

Son meilleur ami s'approcha, et posant sa main sur son bras, il lui dit simplement : "ç'a n'a pas l'air d'aller…", inquiet. Sauf qu'elle ne méritait pas cette considération. Ces mots ouvrirent les valves, et la jeune fille se mit à pleurer à grands sanglots. Le brun la prit immédiatement dans ses bras, alors qu'elle ne pouvait tarir les larmes qui dévalaient la pente de ses joues. Elle répétait telle une litanie qu'elle était quelqu'un d'affreux. Harry envoya un regard paniquée à sa petite amie, qui ne semblait pas savoir comment réagir non plus. Alors ils restèrent là un moment, attendant que le chagrin passe quelque peu pour pouvoir l'évoquer. Il savait quel était le problème, ses meilleurs amis avaient fini par rompre. Même s'il y était préparé, Harry était gêné que le moment fut arrivé et ne savait comment agir. Il avait toujours était un peu manchot sur les bords. Ginny s'approcha finalement, et il fut soulagée de voir qu'elle réussit à emmener Hermione dans sa chambre. Hésitant, il finit par les suivre et s'assit sur le bord du lit, où son amie s'était à moitié cachée sous les couvertures, triturant de ses mains un mouchoir. Ils attendaient patiemment qu'elle se livre, mais la tâche paraissait difficile. Elle ouvrait et refermait la bouche comme un poisson hors de l'eau.
- Hermione, tu veux bien nous raconter ? tenta Ginny.
La concernée hocha la tête, essayant de respirer pour calmer les pleurs qui la faisait hoqueter. Harry savait son amie sensible, il l'avait vu souvent pleurer. Mais jamais elle n'avait été dans un état pareil.
- Je… je ne sais pas trop quoi dire, vous devez… vous douter des choses.
Ils hochèrent la tête.

- Je ne mérite pas votre compassion… De mon point de vue… j'ai attendu trop longtemps. A part lui ajouter de la difficulté, ça n'a servit à rien. Moi qu'on dit miss-je-sais-tout, je me suis loupée comme jamais…
Ginny sourit piteusement à cette tentative d'humour qui n'en était pas vraiment une.
- Je ne vais pas dire que tu as agi comme il le fallait Hermione… commença Harry, maladroit des mots, mais il n'y avait pas vraiment de livre pour te décrire comment faire.
Ce coup-ci, c'est à elle qu'il arracha un petit sourire. Sa petite amie continua pour lui.
- En même temps, il n'y a pas de bonne attitude pour cela… Tu es peut-être sorcière mais tu ne peux pas tout régler d'un coup de baguette magique…
Harry comprit alors que ce qui mettait si mal Hermione; c'était "simplement" sa culpabilité. Son amie était forte, et avait affronté avec lui bien des épreuves. Mais elle n'avait jamais eu, en quelque sorte, le mauvais rôle. Il lui fallait passer par cela néanmoins.
- Comment ça s'est passé ?
- Eh bien, hésita-t-elle, on passait relativement un bon moment, alors que pourtant j'étais de terrible compagnie. C'est assez bête ensuite…

La rousse pressa la main de son amie pour l'encourager. Hermione soupira.
- C'est ce que tu viens de faire en fait…
Ils la regardèrent, ne comprenant pas, et elle s'empressa de s'expliquer.
- Il a simplement voulu me prendre la main. Et c'est comme si mon corps avait dit non de lui-même… On s'est disputés. Mais cette fois, ça a été différent. ça se passait de mots. Il a compris, est parti. Il est parti et je ne l'ai pas retenu...
- Ron avait sans doute besoin d'être seul…

- C'est ce que j'ai pensé… alors je suis rentrée… J'espère juste qu'il est au chaud, et qu'il rentrera bientôt… Je m'en veux tellement…

Quelques minutes plus tard, les amoureux sortirent de la chambre de la Gryffondor. Se contemplant, ils se prirent dans les bras pour se donner du courage.
- Je pense sincèrement que ça va aller… dit Ginny, Hermione fera de son mieux pour se faire pardonner, même si techniquement on ne peut pas être coupable de ne plus aimer quelqu'un… et Ron a bon coeur. Il risque d'être dur à vivre pendant un temps, mais je sens qu'il saura faire la part des choses. Le plus compliqué sera à la limite maman, elle avait déjà était plutôt froide envers Hermione du temps de Skeeter...
- En tout cas, moi tu me rassures… on essaie de gérer le reste. Ces deux-là nous aurons toujours fait des montagnes russes…

- … C'est quoi des montagnes russes ?
Riant, le brun tenta de lui expliquer le concept. Après avoir promis qu'il l'emmènerait un jour, ils décidèrent d'aller à la rencontre des occupants de la maison pour leur expliquer la situation. Ce n'était peut-être pas leur rôle, mais alors qu'ils vivaient tous les uns sur les autres et que le lendemain, c'était le réveillon de noël, il valait mieux s'en charger… Les réactions furent diverses et variées. Ginny apporta plus tard un plateau repas à Hermione. Elle se doutait que sinon, la jeune fille se forcerait à venir manger avec eux par politesse, et tous savaient que ce n'était pas le moment.
Les heures semblaient défiler très lentement, et l'absence de Ron se faisait sentir. Ses frères disaient de ne pas s'inquiéter - il reviendrait quand il serait prêt. Mais le héros du monde sorcier s'en faisait un peu plus pour son meilleur ami. Du moins, il aurait surtout voulu être là pour lui, et ce sentiment d'impuissance était plutôt dur à gérer pour lui. Tous allaient se coucher un par un, et sa petite amie finit par le laisser, tombant de fatigue alors que minuit était largement passé. Harry s'installa sur les escaliers inconfortables, espérant que son ami passe le seuil de l'entrée…

Il fut réveillé violemment par le bruit d'une porte qui claque, complètement désorienté. Regardant autour de lui en essayant de distinguer à travers l'obscurité, son cerveau fini par faire le point sur des cheveux roux qui appartenaient à la personne qu'il attendait avec anxiété. Soupirant de soulagement, il se dirigea vers lui.
- Ron ! On était tous inquiets…

- Ouais ouais, comme si…

Sa façon de répondre avait été si froide que Harry se stoppa net.

- J'suis pas sûr qu'on pense réellement à moi dans cette baraque.
Il avança vers lui et le dépassa, une odeur d'alcool rance agressant les narines d'Harry.
- Donc t'as cru qu'aller te soûler résoudrait tes problèmes ? Tu pouvais pas penser que tes amis étaient vraiment là pour toi ?
Le survivant regretta aussitôt ses paroles. Il agressait limite son ami alors que ce dernier était au plus mal. D'ailleurs, ça ne manqua pas. Ron se retourna brusquement, un peu maladroitement, et le fixa avec rage.

- Bah ouais putain Harry, j'savais pas vraiment quoi faire tu vois ! J'me sens mal et con. J'arrive même pas à lui en vouloir. J'ai l'impression d'être plus nul que tout là !
Il criait et Harry grimaça, certain que tout le monde allait se réveiller s'il continuait ainsi.
- Désolé, je voulais pas dire ça comme ça…
L'autre le regarda silencieusement, puis tourna les talons pour monter à sa chambre. Le brun le suivit, espérant que la nuit porterait conseil. Alors que Ron allait s'enfermer, Harry tenta tout de même de d'exprimer son soutien à son meilleur ami;

- Hé mec… Je ne peux pas savoir ce que tu ressens, mais sache que je suis là pour t'aider, du mieux que je pourrais.
Ron le regarda, hocha la tête, et claqua la porte sa chambre derrière lui. Harry contempla cette séparation. Pour le moment, il ne pouvait rien faire de plus.

[...]

Le jour s'éveillait, et la réalité de l'instant se rappelait à nos protagonistes. Hermione ouvrit les yeux en se sentant dépassée par la situation. Étrangement, elle avait dormi très lourdement, d'un sommeil sans rêves. Peut-être qu'elle avait trop pleuré. La jeune fille avait l'impression qu'un trou avait prit place dans sa poitrine, et les rebords de celui-ci l'élançaient régulièrement alors qu'elle ressassait la journée d'hier. Elle resta de longues heures dans son lit, à penser à tout et rien à la fois. Immobile. Ressassant les souvenirs, s'interrogeant sur ce qui avait pu aller de travers.
Ron dormait encore lourdement, ronflant bruyamment, n'ayant trouvé le sommeil qu'après avoir vomi ses tripes et subi les effets secondaires d'une cuite. Harry rentra dans la chambre de son meilleur ami, et ressorti en constatant qu'il dormait.
Ginny faisait pareillement, mais l'étage au dessus. Constatant les petits yeux d'Hermione qui la regardait lorsqu'elle passe sa tête dans l'entrebâillement de la porte, la rousse se glissa à ses côtés dans le lit. Elle fit à son amie un petit sourire penaud, et cette première lui rendit. La plus jeune des Weasley fut soulagée. Hermione ne pleurait pas; elle semblait triste, mais apaisée.
- Je sais que tu n'as sans doute pas envie de l'entendre… mais il va falloir te lever.
Hermione soupira, sachant que son corps devrait effectivement s'activer à un moment ou à un autre.
- Je te propose d'aller prendre une bonne douche en premier. Je t'attendrai, et après on ira manger, d'accord ? Maman a prévu léger ce midi, vu qu'on va se gaver ce soir…
La jeune fille hocha la tête, un autre soupir franchissant la barrière de ses lèvres. Prenant son courage à deux mains, elle se leva alors que Ginny la regardait en souriant, encourageante. Hermione prit son amie dans ses bras, la remerciant.
- Tu es là pour moi alors que… qu'il s'agit aussi de ton frère. J'avais si peur de tous vous perdre dans cette histoire. Cela me rassure énormément, et je tenais juste à te dire… merci pour ta présence.
La rousse la regarda droit dans les yeux, comprenant les inquiétudes de son amie, mais la trouvant tout de même peu confiante en elle.
- C'est normal Hermione, c'est comme ça quand on est amies… Aie un peu confiance en moi, je ne vais pas partir.
La sorcière eut un sourire penaud, hochant la tête. Elle fila ensuite se laver, et prit sans doute la douche la plus longue de l'humanité. L'eau chaude la délassa plus qu'elle n'avait espéré, et sentir l'odeur familière de son savon la rassura. Après tout le négatif ressenti, une autre émotion fit surface dans le coeur de la jeune fille. Du soulagement. Elle se sentait libre, délivrée d'une chaîne lourde qu'elle portait depuis trop longtemps. De la honte y était mêlée ; Hermione se sentait comme si elle devait à Ron de purger une sorte de "peine", la sentence pour les souffrances occasionnées. Mais à la fois, c'était si bien de se dire qu'elle n'aurait plus à se forcer de rien - même si elle était terrible actrice avouons-le. Sortant de la cabine, elle se sentait presque comme une nouvelle personne. Essuyant la buée sur le miroir, la jeune fille fixa son reflet d'un air critique. Ses yeux étaient légèrement gonflés, mais pas rouges. C'était déjà ça. C'est après avoir séché ses cheveux que Ginny la rejoint dans la salle de bain, tenant des cuillères dans ses mains. Hermione la regarda comme si elle était stupide un instant.
- Hé, me regarde pas comme ça, tu vas me remercier… Je les ai mises au frais pour toi. C'est pour tes yeux.
- Oh, je vois ! Merci !
Hermione savait que jamais elle n'aurait jamais pensé à une astuce pareille, n'étant pas réellement du genre à prendre soin de son apparence…
- On se préparera ensemble cette après-midi ? lui demanda Ginny.
- Bien sûr ! Il faut que je fasse honneur à tes talents.
Son amie rayonnait de bonheur.

- Tu ne le regretteras pas ! Il faut donner le max' sur le maquillage, avec nos vieilles robes de sorcières classiques de l'ancien temps ! J'ai hâte qu'on porte les tenues moldus… Elles sont tellement…
Elle écarta les bras en l'air, ne semblant pas trouver les mots pour exprimer son admiration.

- Bientôt ne t'en fais pas ahah.

Propre et de meilleur humeur, Hermione sentit toutefois son estomac se tordre alors qu'elle suivait la rouquine à cuisine, où tout le monde se trouvait déjà.
- Ron dort encore, ne t'en fais pas pour le moment… lui dit Ginny alors qu'elles entraient dans la pièce bondée.

Elle put sentir des regards furtifs sur elle, mais tout le monde semblait l'aborder avec précaution. Le nom de son ex-petit-ami ne fut pas prononcé du repas simple mais animé qu'ils échangèrent. Kingsley était déjà arrivé, apportant avec lui les dernières nouvelles du ministère. La pièce semblait prête à exploser, et il manquait encore quelques personnes à l'appel. Hermione comprit bien que le message avait été transmis, et ça la soulagea énormément. Des discussions désagréables viendraient sans doute tout de même, vu comment Mrs Weasley claqua avec véhémence la cuillère de purée dans son assiette. Harry était comme à chaque fois tout occupé à son filleul. Mais au dessert, il échangea de place pour se mettre à ses côtés. Hermione saisit l'occasion de suite, ouvrant la bouche pour l'interroger sur leur meilleur ami à tous les deux. Mais le brun, devinant ses intentions, la devança.
- Il est rentré dans la nuit, ne t'en fais pas.
Le soulagement envahit les traits de la jeune sorcière.
- Il était mal, mais je pense que ça va aller… Il dort encore. Il faut juste lui laisser un peu de temps…

- Je ferais tout ce qu'il faut pour le soulager… J'espère que ça ira pour lui, et qu'il me parlera à nouveau. Je suis égoïste, et je n'ai pas envie de le perdre non plus… C'est mal de vouloir tout à la fois comme ça, non ?
Sa question était rhétorique. Tout vouloir et tout avoir, c'était impossible…
- Je pense que vous y arriverez… lui dit Harry, mais c'est certain que ça ne sera plus comme avant. Mais j'ai bon espoir que sa douleur passe et que vous puissiez être amis. Après, il est trop tôt pour le dire…
- Harry, je…
Sa gorge nouée lui coupa les mots, mais elle continua quand même, baissant le ton de sa voix. Elle ne voulait pas qu'on l'entende. Son ami se pencha vers elle, pour entendre ce qu'elle chuchotait.
- Je me sens comme la plus… affreuse des personnes. C'est presque comme si je me sentais… libre ? Bien ? Oh Harry, je ne sais pas quoi penser de tout ce que je ressens…
Voyant que les larmes lui montaient encore, Harry s'empressa de lui répondre.
- Mais c'est normal Hermione !

Elle le regarda, choquée.
- Enfin normal… je comprends quoi. Tu étais dans une situation qui ne te convenait plus, où tu te forçais par peur et tu étais pleine d'incompréhensions… Mais tu as pris la meilleur décision pour toi, vu que tu te sens soulagée au fond de toi. Je ne te dirais pas de le crier sur les toits… mais tu ne peux pas t'en vouloir de ressentir ça.
Elle agita ses épaules, de haut en bas.
- Un peu quand même…
- Heureusement quelque part… ça montre que tu as de la considération pour les autres. Mais je pense également que c'était la meilleure pour Ron. Il mérite d'être aimé, réellement. Et rester avec lui, c'était gaspiller son temps.

Hermione lança un regard moitié étonné, moitié critique à Harry.

- Depuis quand es-tu devenu aussi sage ?

Ils rirent en coeur quand le survivant monta les mains paumes vers le ciel et leva haut les sourcils, plissant les lèvres, l'air de dire "ça, personne ne peut le dire".

Hermione prit par la suite le temps d'aider aux préparatifs de la soirée. Le grand salon était parfait pour accueillir du monde, et ils eurent la surprise de découvrir la salle de repas. Rénové, le lieu était majestueux. La salle était tout en longueur, avec une table en acajou massif qui imposait le respect. Elle était faite d'une telle façon qu'on pouvait y asseoir trente personnes sans que les coudes de chacun ne s'entrechoquent.

- Tu n'étais pas encore venue ici ? lui demanda Ginny, alors qu'elle installait des bougies tout le long de la table, sur une belle nappe rouge et or.

- Non, jamais… C'est sublime…

La décoration étaient d'époque, conférant à la pièce une atmosphère chargée et étouffante. Des toiles étaient tendues sur les murs, représentant de nombreuses scènes mythiques, tel Merlin amenant la formation de la célèbre Table ronde. Mais le plus impressionnant restait le miroir recouvrant entièrement le plafond, donnant une sensation vertigineuse dès qu'on levait les yeux. Des tâches noires d'ancienneté avaient un peu terni son reflet, mais pas suffisamment pour abîmer l'oeuvre en elle-même. La jeune fille était soufflée. Le Square Grimmaurd recelait encore nombre de pièces inexplorées; son trajet habituel consistait souvent simplement à des allers-retours entre la cuisine, où ils prenaient les repas, sa chambre et la bibliothèque. Sa curiosité de Gryffondor était ravivée, et elle se promit d'explorer la bâtisse avant de repartir à l'école des sorciers.

- Bon, tu m'aides un peu oui ? la secoua Ginny.

- Oui bien sûr !

- Là je suis en train de placer tout le monde, maman a fait des étiquettes…

- Effectivement c'est sans doute plus simple, vu le monde attendu ce soir…

- Si tu te demandes qui est Audrey, c'est Percy qui nous a informé qu'il ramenait une invitée…

- Oh, il a trouvé quelqu'un ?

- Quelqu'un pour le supporter ? Oui, faut croire que les miracles existent…

Hermione rit.

- Bon, comme la situation est délicate, je pense que je vais te placer à côté de moi, Harry de mon autre côté, et Ron ensuite…

Elle grimaça.

- Mais généralement on met les couples face à face, non ? Ta mère ne va pas dire quelque chose ? interrogea Hermione.

- Non vu la situation ça devrait aller… Je vais juste caser des célibataires en face de nous, et les autres couples face à face… Il n'y en a pas beaucoup… Tiens regarde, on va faire ça.

La rouquine déplaça les petites étiquettes qu'elle avait étalé sur la table pour lui montrer ses idées.

- On va mettre George en face de Ron, et Charlie à côté. Comme ça, ils feront la conversation facilement à Ron. Ensuite en face de moi, mettons Andromeda… comme ça elle sera proche de Harry et Teddy ne sera pas loin s'il se réveille. Kingsley ensuite… du coup autant mettre McGo à côté, ils adorent parler ensemble. Ce qui nous laisse… Snape en face et donc à ta gauche. ça te va ? Je sais que la chauve-sourie est pas toujours drôle, mais bon, tu es la plus à même de le supporter.

Hermione n'avait pas pu en placer une, tellement son amie avait réfléchit et agit vite. Elle hocha donc simplement la tête, grimaçant d'avance à l'idée de s'asseoir si près de son professeur. Ne l'ayant jamais côtoyé pour ce genre d'occasions, elle espérait qu'il serait plus agréable… Peut-être pourraient-ils même reprendre un de leurs débats. La jeune fille s'étonna. Elle semblait ressentir… de l'impatience ? Elle, de l'impatience, vis-à-vis d'une conversation avec Snape ?

Fronçant les sourcils, elle continua de déposer les petits cartons avec les noms. Elle se sentait perturbée.

Plus tard dans la journée, un des moments que redoutait le plus Hermione arriva. Alors qu'elle grimpait les escaliers pour commencer à se préparer pour la soirée, la jeune fille croisa Ron. Le silence était d'une telle intensité qu'elle avait envie de crier pour le couvrir. Le roux était dans un état ne laissant pas place à l'imagination quand à comment il se sentait. Au bout de quelques secondes, il hocha la tête pour la saluer et se dirigea vers la salle de bain. Hermione le suivit des yeux, et le regarda disparaître derrière la porte.

- Bon, ça s'est passé mieux que prévu…

Soupirant, elle rejoignit Ginny dans la chambre qu'elles étaient censées partager. Celle-ci avait disposé tout son matériel sur le lit, la pièce étant dans un bordel monstrueux. Heureusement que son amie dormait avec Harry, elle n'aurait pas supporté la ribambelle de rituels qui suivirent. La sorcière lui posa des produits sur le visage et les cheveux, ajouta "des touches de couleurs" et autres choses qui firent grimacer Hermione. Mais en se voyant dans le miroir deux heures plus tard, elle dut s'avouer que c'était très agréable. Ses cheveux reposaient soigneusement sur ses épaules, lisses comme jamais elle ne les avait connu. Ses yeux ressortaient fardés de teintes de bleus, leur couleur doré soulignée subtilement.

- Qu'en penses-tu ?

- Je mentirais si je disais que ce n'est pas super…

Ginny rayonna, elle aussi prête pour la soirée. Le bruit des conversations allait bon train au rez-de-chaussée, et il fallait qu'elles se dépêchent. Elles enfilèrent avec précaution leurs robes de sorcière, et Ginny tentait de convaincre Hermione de se laisser parfumer lorsque Harry frappa à la porte.

- Les filles ? Tout le monde est arrivé.

- Oui oui on arrive, répondit Ginny, le ton râleur.

- Ginny, je t'ai dit que j'avais mon propre parfum, je n'ai pas envie de changer…

- Bon ça va !

Elle reposa le flacon avec un peu trop de violence, mais se calma bien vite.

- Prête à affronter cette soirée ?

Hermione prit une grande inspiration, tout de même stressée de voir autant de personnes… et surtout Ron.

- Prête !

Elles descendirent les escaliers, se dirigeant vers le grand salon où les gens étaient déjà réunis. Certains avaient même des coupes à la main, et les conversations allaient bon train. Harry accueillit avec joie sa petite amie, la couvrant de compliments. Ginny lança un regard complice à Hermione, satisfaite. Cette dernière repéra vite son ex-petit-ami, qui semblait en meilleure forme. Il parlait avec ses parents. Soulagée, elle se déplaça jusqu'à la table improvisée pour les boissons. Occupée à choisir, elle ne vit pas que Ron la regardait avec une peine intense. Pour lui, Hermione était magnifique. Il ne se souvenait pas l'avoir déjà vu coiffée ainsi, et même s'il adorait sa coiffure tout en frisottis qui allait si bien à son caractère, il devait avouer qu'elle était très belle ainsi. Il aurait eu envie de se placer à ses côtés, et de glisser sa main autour de sa taille. Il aurait eu envie de comprendre pourquoi elle regardait avec surprise et contentement une bouteille qu'il n'avait jamais vu, sa soeur levant le pouce en l'air en la voyant s'en servir. Il aurait eu envie qu'elle lui explique encore des choses, qu'elle lui en apprenne d'autres. Son père lui posa la main sur l'épaule, sentant que son fils avait besoin de soutien. Sa mère ne put s'empêcher de fusiller son ex-belle-fille du regard, et Ron tenta de lui expliquer qu'elle n'avait en soit rien fait de mal. Elle avait simplement… arrêté de l'aimer.

Celle qui n'avait pas conscience d'être l'objet de toutes ces tristes pensées, se délectait elle dans son coin de goûter un des vins moldus acheté avec Ginny. Ce petit bonheur avait un goût empli de mélancolie, car elle y voyait un lien avec ses parents. Regardant la belle robe de l'alcool rouge, elle le fit tourner dans son verre afin de l'oxyder comme on lui avait appris.

- Que faites-vous donc avec cette boisson Miss ?

C'était McGonagall qui l'avait apostrophée, entourée de Bill et du professeur Snape. Elle les rejoignit, rougissant quelque peu.

- J'ai cru vous avoir perdu un instant, lui dit la directrice.

- Mais non Minerva ! dit Bill en rigolant, c'est du vin.

- Et ? Qu'a-t-il de spécial ce vin des elfes ?

- Non professeur, celui-ci est une boisson moldu très populaire, expliqua Hermione, et il y a une très grande variété de vins. Mais aussi différentes façons de les déguster.

- C'est Fleur qui pourrait vous en dire plus… Le vin est un alcool français. Attendez je vais la chercher, elle doit être avec les enfants...

Il partit à sa recherche, se faufilant entre les convives. Hermione dansait d'un pied sur l'autre, entre Mcgonagall qui suivait Bill des yeux et Snape qui alternait le regard entre son verre à elle et ses yeux, intense comme habituellement. Etait-il curieux ?

- Le mieux est encore de goûter, dit-elle, vainquant sa gêne, tenez-moi ça professeur s'il vous plaît.

Snape prit son verre, levant un sourcil intrigué. Souriante, elle partit de nouveau au buffet de boisson et leur servit à chacun une dose du breuvage. Hermione en profita pour respirer pour se détendre. La sensation était très étrange, parler et boire en compagnie de ceux qui étaient ses professeurs. Dans cette pièce, ils étaient égaux. Elle devait faire attention à ses cheveux, plus longs que d'habitude vu que lisses. C'était étrange de les sentir bouger dans son dos, mais pas désagréable.

Revenant vers eux, chacun prit son verre respectif. Sentant le sien, McGonagall grimaça.

- ça n'a pas une odeur très appréciable à première vue…

- On dit qu'il faut développer son palais.

- Exacteument, intervint Fleur en arrivant à leurs côtés avec son mari.

Elle prit le relais pour expliquer les subtilités de l'activité, et tout le monde l'écouta avec attention. Hermione fut soulagée de ne plus être le centre de l'attention, et prit plaisir à participer à la discussion, intervenant pour agréer ou préciser ce que la française leur apprenait. La directrice de l'école ne prit pas plus de deux gorgées avant de refiler son verre à son collège, qui leva les yeux au ciel, gardant cependant celui-ci. Etrangement, il se mêlait bien à leur groupe. Hermione pensait qu'il ne ferait que rester dans un coin, à faire tâche, embarqué de force. Mais il se tenait droit, dans une robe de facture correcte, noire comme toujours. Seuls ses cheveux semblaient égaux à eux-même, gras, constata la sorcière en grimaçant intérieurement.

Snape se disait pareillement que la conversation était fort agréable. Le vin proposé ravissait ses papilles, et il était bien surpris de découvrir un breuvage inconnu. Cette soirée n'était pas d'une totale inutilité en fin de compte.

Riant un peu plus fort alors que la bouteille était vidée, Hermione se sentait légère. Elle allait sans doute s'arrêter là et se contenter de jus de citrouille, elle était trop peu habituée aux effets de l'alcool. La jeune fille se laissa même à aller à glousser lorsque Ginny constata qu'il n'y avait plus de vin.

- Mais Hermione je voulais goûter !

- Oups !

- Eh bien, si ça te rend comme ça j'en amènerai plus souvent… Pour une fois que tu aimes un alcool.

- Non je ne veux pas abuser. C'était exceptionnel, pour faire découvrir à tout le monde…

- Bon, ce n'est pas grave, j'en goûterai au nouvel an… Tu devras en prendre également, pour me faire découvrir.

Hermione prit une expression mi-amusée, mi-agacée. Ginny disait clairement cela pour la faire boire… La rousse savait qu'elle ne lui refusait rien. Mais ce que la gryffondor n'entendait pas, c'étaient les pensées de la plus jeune; "au lieu d'une, j'en prendrai deux ou trois… ça devrait être amusant de voir miss-je-sais-tout pompette".

Un brouhaha emplissait la pièce, mais des voix se démarquèrent. Poussé par quelqu'un, Harry dut se mettre debout sur une chaise, attirant l'attention de tous. Visiblement, c'était le premier toast de la soirée. Il s'éclaircit la voix, mal à l'aise mais résigné.

- Bonsoir à tous ! Merci d'être là. Que dire… La présence de chacun est très importante ce soir. Nous sommes là, et nous sommes toujours liés.

Le silence se fit intense, les quelques mois écoulés depuis la guerre n'étant pas encore suffisant pour panser leurs plaies.

- C'est notre premier Noël en paix depuis de nombreuses années. Rien ne pourra combler l'intensité des pertes que nous avons subi. Mais comme nous avons avancé ces derniers mois, il est important que nous fassions de notre mieux pour passer d'agréables fêtes. Je suis vraiment très heureux et chanceux d'être si bien entouré. Alors je lève mon verre, dit-il, joignant le geste à la parole, aux disparus que nous aimons fort. Faisons la fête en leur honneur ! Santé !

Chaque personne de l'audience relança le mot, les verres levés. Mrs Weasley avait les larmes qui coulaient le long des joues, mais elle souriait avec férocité.

- On m'a également chargé de vous dire que vous pouviez vous diriger vers la salle pour dîner… Le repas est servi.

Le bruit ambiant revint, alors que l'émotion vive qui les avait saisi passait son chemin. Se dirigeant vers le lieu dit, Hermione croisa le regard de Ron. Elle tenta de lui sourire penaudement, mais il détourna le regard. Elle ne devait pas en attendre plus.