Alors ce confinement vous plaît ? ça serait bien l'occasion d'écrire un OS spécial confinement entre nos protagonistes… Moi je verrais quelques moments bien chauds. Juste comme ça.

Enfin, merci pour votre soutient et commentaires ! Plusieurs fois ça m'a tellement fait plaisir, que j'ai saisi mon ordi et couché la suite des aventures de nos personnages sur papier !

Bonne lecture 😊


Chapitre 12


Tout le monde prit place à table, les conversations allant bon train entre les convives aux esprits échauffés par l'alcool. Severus fut un des premiers à arriver à sa place, peu surpris d'être en bout de table. Voyant Miss Granger s'approcher et ayant remarqué son nom à côté du sien, il tira la chaise de la demoiselle pour lui permettre de s'installer confortablement, dans un geste de galanterie vieux comme le monde. La jeune fille laissa apparaître un air surpris, bloquant quelques instants avant de s'avancer et de prendre place, rayonnante. C'était la première fois qu'on avait une attention comme ceci pour elle, et elle sentit ses joues se teinter de rouge. Snape ne laissa rien paraître, mais le sourire que la sorcière lui adressa eut un effet inattendu sur son estomac. Il s'assit à ses côtés, et elle entama la conversation sans lui laisser de répit.

Vous avez apprécié ma dissertation alors ? J'étais ravie !

Elle rit, et il devina qu'elle était d'humeur légère suite à la boisson qu'ils avaient consommé allègrement. Il devait avouer que lui aussi se sentait plutôt… confortable.

Apprécié certainement.

Il n'ajouta rien, mais Hermione ne se laissa pas décourager.

Je vous avoue, et vous l'avez bien compris, que j'ai un peu trop tendance à vouloir partager ce que j'ai pu apprendre. Mais il n'y a rien de mieux que l'échange de connaissances, non ?

C'est une rare part intéressante des discussions que l'on peut mener avec une personne, oui.

Des fois j'ai l'impression de ne pas être comprise… ce n'est pas que je préfère la compagnie des livres à celle des gens, mais…

Elle s'interrompit, mordant sa lèvre inférieure.

Mais parfois, elle paraît bien plus douce ?

La jeune fille le regarda, retournée, car ces mots auraient très bien pu être les siens. La discussion continua, Hermione s'animant alors que Severus restait presque impassible, mais répondait avec intérêt. Il put même surprendre le coin droit de sa bouche se hisser, en une sorte de sourire un peu tordu.

En face d'eux, Kingsley et Mcgonagall parlaient justement de la paire surprenante qui leur faisait face. La directrice de l'école des sorciers croyait qu'elle aurait eu à trainer son ami (si on pouvait le nommer ainsi) et à lui faire la sainte conversation l'entière soirée. Mais c'était sans côté sur la fabuleuse Miss Granger. Son élève préférée (fait qu'elle cachait soigneusement sans trop de succès), semblait attirer l'attention du sombre maître des cachots. Au fond, ce n'était pas si surprenant. La jeune fille était comme un soleil, innocente et pleine de bonne volonté. Elle lança un coup d'œil à Ron Weasley, bien qu'éloigné d'Hermione, il ne semblait pouvoir s'empêcher de la fixer. Mise au courant par les autres, elle pensait secrètement qu'il était mieux ainsi. Les deux étaient trop différents, le roux pas assez stimulant pour l'avide de connaissances qu'était Miss Granger.

Harry tentait tant bien que mal d'attirer l'attention de son ami, mais il semblait perdu à ses pensées. L'objet de celles-ci était plutôt évident. Lui-même lançait quelques regards curieux vers l'étrange duo, qui n'avait pas cessé de discuter depuis le début du repas. Même lorsque les entrées étaient apparues magiquement dans les assiettes, ils n'avaient pas semblé le remarquer. Ginny avait, après un grand coup de coude douloureux, montré à son petit-ami, qu'Hermione se laissait aller à boire du champagne.

Je ne sais même pas si elle a vu ce qu'il y avait dans son verre ! La chauve-souris l'a hypnotisée tu crois ?

Harry hésita une seconde en considérant l'hypothèse, puis se fustigea mentalement, se trouvant bien stupide. Au fond, il ne pouvait s'empêcher de se méfier de Snape. Mais si Hermione passait une bonne soirée, alors…

Les plats furent servis, délicieuse dinde de Noël aux marrons chauds. Hermione enfourna un morceau dans sa bouche, ses papilles se délectant des saveurs. Elle fixait Snape tout en mangeant, incapable de détourner son regard. Il dégageait une telle prestance. Elle était fascinée. Ses yeux sombres semblaient brûler, tellement ils étaient passionnés. Il discourait sur un livre dont elle n'avait jamais entendu parler, qui donnait apparemment tous les bons conseils pour étayer sa réflexion en vue de faire de la recherche sur les secrets magiques de leur monde. Lui, évidemment, s'était toujours passionné des potions. Il en vint naturellement à lui parler de la défense contre les forces du mal. Il en parlait si naturellement, avec ce ton presqu'amoureux qu'elle lui avait toujours connu qui avait pu l'effrayer lors de sa sixième année. Mais maintenant, la jeune fille décelait un intérêt dévorant que la plupart ne pouvait comprendre, un intérêt qui était pur, un intérêt qu'elle appréciait.

Tout le monde n'est pas capable de l'entendre, lui disait-il, mais savoir se défendre contre les forces du mal, c'est aussi les connaître. Et pour cela, il faut s'y plonger. Tâter la frontière avec elles. Malheureusement, la limite est si mince que vous le savez, beaucoup s'y sont perdus… Moi également, un temps.

Elle le contempla, ayant l'impression qu'il lui dévoilait si peu de lui, et en même temps plus qu'il ne le faisait jamais. Son regard se porta sur son bras gauche, et il eut un mouvement instinctif de recul, se raidissant. Hermione fut tentée de poser sa main sur l'avant-bras de l'homme, dans un geste naturel pour le rassurer, mais se retint.

Monsieur, commença-t-elle maladroitement, je crois que je comprends vous savez.

Il donna l'impression de la sonder, et son regard la fit frissonner.

Vraiment, la soif de connaissances est quelque chose que je comprends. Je n'ai jamais été très proche des forces du mal… je les ai même fuis. Mais, l'année dernière… quand on chassait les fragments d'âmes de Voldemort…

Elle se sentit encore mal de prononcer son nom.

Je n'en ai jamais parlé à personne mais, quand je portais le collier empreint de magie noire… On se sentait tous mal, Ron, Harry comme moi. Il semblait insuffler différentes choses à chacun. Et moi… moi j'avais envie de comprendre.

La Gryffondor afficha un air grave, ses traits empreints de culpabilité. Severus sentait qu'elle avait du mal à trouver ses mots et en même temps, il ne pouvait rien dire, la regardant, hypnotisé par cette jeune fille qui semblait lui faire assez confiance pour lui conter une part sombre d'elle.

Je… en fait je n'arrive pas trop à l'expliquer. Des fois, la curiosité semble vraiment bénéfique, et permet de se dépasser. Sur un sujet comme les forces du mal en revanche… on ne peut pas se permettre d'aller au bout. Car on s'y perdrait… non ?

Il approuva du chef, simplement. Ils se fixèrent, semblant s'échanger un millier de choses par le regard. Hermione était pleine d'empathie, capable de se positionner à sa place. Et lui, lui accordait cette faculté d'écoute qui lui avait permis de s'étendre sur un sujet qu'il préférait garder pour lui. Elle fini par détourner les yeux, rougissant quelque peu de nouveau, et il se dit qu'elle était juste adorable.

Clignant des yeux, il se concentra sur son dessert qu'il n'avait pas conscience d'avoir commencé et entreprit une conversation avec sa collègue. Hermione resta un peu silencieuse, écoutant son amie parler d'elle ne savait vraiment quoi en fait, jouant avec sa bûche du bout de la cuillère. Elle se sentait brûlante, emprise d'une sensation qu'elle n'assimilait pas bien. Serrant les cuisses, la sorcière réalisant en fronçant les sourcils que la discussion l'avait même rendue quelque peu excitée. Son mental était donc si lié à son corps ? Un peu horrifiée de la tournure des événements, elle jetait des regards furtifs à Snape, perdue sur la signification de sa réaction corporelle.

Le dîner toucha à sa fin, après de nombreuses heures à table. Minuit était déjà dépassé depuis longtemps, mais les petits dormants, il fut confirmé comme prévu d'ouvrir les cadeaux le lendemain. Ils se dirigèrent vers le salon de nouveau, mais de manière plus leste. Georges en profita pour aller se coucher, c'était encore bien trop dur pour lui de maintenir la face. Hermione, elle, fila pour s'éloigner de l'homme qui l'intimidait d'un seul coup. Elle prit le parti d'écouter un long moment Percy, qui parlait et parlait encore de son fabuleux travail. La jeune fille ne surprit donc pas le regard de Snape lorsqu'elle passa devant lui, l'ancien mangemort aussi perturbé que son élève, bien qu'il le cachât habilement. Il lui vint la pensée qu'elle n'était pas du tout avec Weasley ce soir. Etrange. Ils n'étaient même pas assis en face, ni à côté. L'avait-on sacrifié pour lui tenir compagnie, en l'éloignant des ânes ? Il sourit intérieurement, pas mécontent. Assis sur un fauteuil dans un coin de la pièce, il observait les convives discuter et rire. Effectivement, le dernier garçon des Weasley était éloigné de Miss Granger, mais lui lançait des regards fréquents. Il avait mauvaise mine. Severus savait bien qu'ils entretenaient une relation – qu'il ne comprenait absolument pas, mais s'il y avait un problème entre ces deux-là, il n'était pas au courant. En même temps, les ragots lui passaient au-dessus du crâne et il était vite exaspéré des racontages que se faisaient les collègues. Finissant sa coupe, relaxé, ce qui était si peu à son habitude, il sorti de la pièce et se dirigea un peu au hasard dans la maison. Le sommeil était un luxe pour lui et se coucher dans le lit qu'on lui avait attribué pour la nuit présentait bien peu d'attraits à ses yeux. Ouvrant les portes et les refermant, le sorcier sourit intérieurement en découvrant la bibliothèque dont il avait oublié la localisation dans la maison. Les ouvrages des Black devaient être fort intéressants. Regardant les couvertures, il prit son temps pour trouver le livre qui lui ferait envie. Se décidant finalement pour le premier tome de ce qui semblait être une trilogie, par sa juxtaposition à trois ouvrages de la même couleur bordeaux sombre, il s'assit près du feu ronflant dans l'âtre. Intrigué par le livre qu'il tenait entre les mains, il n'avait aucune idée de ce qu'il allait lire, celui-ci ne présentant pas de titre. Les années ne tarissaient pas sa soif de découverte.

Plongé tout à son œuvre, les minutes s'écoulèrent sans qu'il en prenne notion. Ce n'est que lorsque la porte s'ouvrit, et qu'un « oh ! » retentit dans la pièce qu'il daigna lever les yeux sur l'intrus. Ou plutôt, intruse. Elle se trouvait là, sur le seuil, ne sachant pas quoi faire. Prenant soin de noter mentalement le numéro de page, il ferma sèchement le livre, la faisant sursauter. Il se réjouit de cette réaction et de son malaise.

Eh bien, pourquoi restez-vous plantée là ?

Oui, pourquoi en effet se dit Hermione. Elle tombait par surprise sur la personne qu'elle préférait éviter sans se l'expliquer, en plus dans son antre à elle, où elle pensait trouver un peu de paix avant d'aller se coucher. Soupirant, elle s'installa dans le fauteuil en face de son professeur, qui la regardait faire, l'air indifférent. Se saisissant du livre qu'elle avait laissé sur le guéridon à côté du fauteuil confortable, la Gryffondor l'ouvrit à la page laissée précédemment et entama sa lecture. Severus continua de l'observer, alors qu'un froncement de sourcil apparaissait peu à peu sur le front de celle-ci tandis qu'elle se concentrait de plus en plus sur les lignes de son ouvrage. Il lit lui aussi quelques minutes, mais à sa grande surprise, il ne put contenir sa curiosité de comprendre un peu plus l'esprit en face de lui.

Je pensais être seul à me réfugier dans ce genre d'endroits lors de soirées mondaines.

Elle lui répondit sans même lever les yeux de son livre.

On est jamais vraiment seul à faire quelque chose. Au moins, vous aurez appris cela.

Son insolence, si en temps normal l'aurait fait monter sur ses grands cheveux, ce soir l'amusa.

Quel honneur vous me faites.

Hermione leva les yeux sur lui, ses yeux semblant bien plus sombres avec le peu de luminosité de la pièce.

Vous partager mes réflexions en est un autre.

Un sourire en coin naquit sur ses lèvres, et il sentit qu'il avait l'attention pleine de la jeune fille.

Dois-je en conclure que je devrais me sentir redevable de corriger vos travaux ?

Tout à fait.

Ses sourcils se relevèrent légèrement alors qu'elle disait cela, et il ne la trouva que plus charmante.

Dans ce cas, vous ne verrez pas d'inconvénient à me rendre votre prochain devoir sur un unique rouleau de parchemin, afin de me démontrer cette grandeur.

Hermione tiqua mais essaya de ne rien laisser paraître. Elle avait déjà fait bien plus que la longueur évoquée. Mais l'expression qui s'affichait sur le visage de Snape, qu'elle n'avait jamais encore vue – un air joueur ? et le défi qu'il lui tendait, persuadée qu'elle ne pourrait refuser, voir même qu'il l'en savait capable, gonflait son ego et son esprit de compétition.

Severus fut surpris de la façon dont elle le transperça du regard, hocha de la tête en toute simplicité, et retourna à sa lecture. Elle le surprenait plus à chaque moment qu'ils passaient ensemble. Une fois de plus, il admira les traits de son visage. Ses cheveux, étonnamment lissés aujourd'hui, venaient entourer son doux visage en forme de cœur. Des reflets orangés couraient sur ceux-ci à la lumière des flammes. Un esprit aussi impressionnant dans un corps si délicat. La douceur mêlée superbement à un mental féroce. La lionne n'avait jamais semblé aussi belle que près du feu dansant.