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ARRESTATION SOUS LA PLUIE


En se rendant au quartier général des aurors, ce matin, Rose était loin de se douter qu'elle entrerait dans des bureaux en branle-bas de combat. Les aurors allaient d'un box à l'autre, s'aboyant dessus, se jetant des notes et envoyant des avions en papier violet volé dans les airs. Elle croisa le regard de babette qui semblait aussi perdue qu'elle.

—Qu'est-ce qui se passe? demanda Rose.

Angus se retourna vers les deux sorcières, visiblement dépassé par les évènements.

—Apparemment, un sorcier aurait agressé trois moldus qui rentraient de soirée. Et il aurait envoyé un message aux aurors.

—Quoi? s'exclama Rose scandalisée.

Elle se précipita à son bureau et farfouilla dans la pile de dossier pour tomber sur la gazette du jour. Les gros titres annonçait l'agression des moldus.

—C'est un coup de ceux qui fabriquent la drogue? demanda Rose en se tournant vers Angus.

—Aucun, répondit Arthur à côté d'elle. On pense que c'est un fou.

Leurs regards se croisèrent et Rose eut brièvement un flash de souvenirs de la nuit qu'elle avait passé, ivre, dans le salon de son collègue. Depuis, ils n'avaient plus reparlé de ce qu'il lui avait confié mais un fossé courtois s'était creusé entre eux et ils n'arrivaient plus à se sentir à l'aise avec l'autre.

Rose se concentra sur la note. Ecrit en lettres capitales, le bout de parchemin avait été envoyé par hibou au Ministère, le lendemain de l'agression.

"PREPAREZ-VOUS A UN SECOND ROUND, METRO DE BLACKFRIARS, A 11 HEURES TAPANTES. NE SOYEZ PAS EN RETARD. JE VOUS ATTENDS."

Elle dut la relire plusieurs fois pour comprendre tellement cela lui semblait invraisemblable que quelqu'un ose les narguer ainsi. En reposant le parchemin, elle se tourna vers ses collègues.

—Il est complètement cinglé! dit-elle dans un souffle, peinant à réaliser l'absurdité de la chose.

James sortit de son bureau en trombe, les traits tirés par la colère, l'air d'en vouloir s'en prendre à tout le monde. Il tenait dans la main une copie du parchemin et serra la mâchoire en relisant à haute voix la provocation écrite.

—Le salaud! cria-t'il dans la salle en faisant trembler les plus sensibles. On va se le faire. Weasley, Castle, vous me retrouvez ce connard, c'est clair!

Rose et Arthur se dévisagèrent sans comprendre. C'était la première fois que James les envoyait en mission ensemble, sur un coup de tête et dans une intervention qui s'avérait assez musclée et risquée.

—Vous voulez une invitation? insista James en continuant à hurler. Bougez-vous!

Rose ne se fit pas prier deux fois. Elle avait rarement vu son cousin dans cet état de colère. Elle ramassa sa veste, vérifia que sa baguette était bien dans sa poche et attendit qu'Arthur se prépare. Il était venu en robe de sorcier et il prit cinq minutes pour enfiler des vêtements moldus.

—Pourquoi pas nous? osa demander Angus, dans le dos de Rose tandis qu'elle attendait.

Tous les regards de ses collègues, beaucoup plus âgés et plus expérimentés qu'elle, la contemplait avec l'air de ne pas la juger capable d'appréhender le dangereux maniaque. Elle ne pouvait pas vraiment leur donner tort. Elle-même était morte de trouille.

—C'est vrai James, tenta Glenn, un vieil auror qui avait le respect de tous, assis dans son box, tu vas quand même pas envoyer des bleus sur le terrain. On pourrait pas demander à ton père si...

—Je t'ai demandé ton avis à toi? rugit James, hors de lui à l'énonciation du chef des aurors. C'est moi qui décide et si je décide d'envoyer deux blanc-bec à peine sorti des tétines de leurs mères, alors ils y vont. Point barre! Et si ça te plait pas, t'as qu'à t'en plaindre au grand patron, vu?

Glenn ne répondit plus rien. Il baissa les yeux sur son dossier ouvert sur son bureau et n'osa plus croiser le regard de qui que ce soit. Tous les autres l'imitèrent. Babette et Angus se précipitèrent à leur bureau et plus personne n'osa ouvrir la bouche. Le stress de Rose augmenta d'un cran. Ses mains étaient de plus en plus moites, enfoncés dans les poches de sa veste.

Arthur fut enfin prêt. Il avait mis un bonnet noir sur sa tête et portait une veste en jeans sur un vieux tee-shirt délavé. En le voyant dans son jeans déchiré, Rose ne put s'empêcher de le trouver séduisant. Maigre consolation dans le torrent de désespoir que lui inspirait cette mission. Heureusement, le sourire confiant d'Arthur lui redonna du poil de la bête.

—On y va! dit-il d'une voix sûre.

Rose acquiesça et ils transplanèrent ensemble.

Il était dix-heures moins quart. Rose vérifia l'heure sur la grande horloge de la station alors qu'ils sortaient du cagibis dans lequel ils avaient atteri. Elle ne savait rien de l'endroit où ils étaient supposés intervenir et en contemplant la foule de moldus qui s'engouffraient sur le quai, Rose craignit que tout finisse par tourner au vinaigre. Que feraient-ils si des moldus les voyaient utiliser de la magie? Rose tenta de calmer ses inquiétudes en se rappelant l'entraînement rigoureux qu'elle avait reçu ces derniers mois. Elle avait été préparée à ce genre de situation et c'était enfin sa chance de prouver de quoi elle était capable.

Par chance, Arthur connaissait bien le quartier et la station pour y avoir vécu un certain temps. Il la guida dans les couloirs de briques blanches du métro en se mêlant à la foule de gens pressés qui avançaient sans hésiter dans les galeries. Ils passèrent le tourniquet sans ticket d'un coup discret de baguette magique en direction de l'appareil.

—Par là!

Ils marchaient vite mais s'empêchaient de courir pour ne pas alerter le suspect s'il se trouvait à proximité. S'il avait envoyé une note aux aurors, il devait sans doute y connaître des têtes. Peut-être que c'était pour cela que James avait envoyé deux petits nouveaux: pour éviter qu'ils ne se fassent repérer trop vite. Ils suivirent toujours la file de gens jusqu'à débarquer sur un quai. Rose perçut le bruit strident des roues du métro qui crisèrent sur les rails. L'odeur était atroce et l'ambiance lui donnait la nausée. Elle ne s'imaginait pas voyager dans ses boîtes roulantes tous les jours. Comment les moldus pouvaient s'enfermer là-dedans sans broncher?

Il y avait des bancs jaunes, à l'air très peu confortables, tout au long du quai. Plusieurs moldus taciturnes y étaient assis attendant le prochain cercueil roulant qui devait arriver dans dix minutes d'après un cadran noir aux lettres et chiffres brillants.

—Je pense que le suspect va prendre le prochain métro. Il est peut-être déjà sur le quai…

Rose dut s'empêcher de tourner la tête de tous les côtés. C'était une professionnelle! Elle s'approcha d'Arthur comme s'ils étaient deux moldus proches, voyageant ensemble comme si de rien n'était. Prise d'une impulsion, elle serra Arthur dans ses bras. Autant passé pour un couple, cela paraîtra plus naturel. Arthur sursauta un peu sous son étreinte mais joua, tout de même, le jeu. Le visage enfouie contre son épaule, elle put lever, en toute discrétion, les yeux vers les moldus qui attendaient sur le quai.

—Tu vois quelqu'un de bizarre? lui demanda Arthur en la serrant un peu plus contre lui.

Elle repéra une vieille dame et son sac à provision, un groupe d'étudiant qui riaient bruyamment, sacs visés sur les épaules; un homme à lunettes lisait un journal aux images désespérément statiques. Ses yeux allaient de gauche à droite, sondant chaque personne en se demandant s'il ne cachait pas une baguette magique dans leur poche.

—Bon sang! murmura Arthur à son oreille.

Rose relâcha leur étreinte factice et se retourna. Elle se figea sur place en voyant un homme perdu dans la foule, attendant le prochain métro, tout près du bord. Cet homme, elle ne le connaissait que trop bien mais refusait à croire ce qu'elle avait sous les yeux. Ses cheveux blonds pendant mollement autour de son visage qu'elle avait si souvent vu en rêve, son nez fin, son menton pointu… Scorpius portait son long manteau, une main dans sa poche comme s'il cachait quelque chose de dangereux. Il regardait droit devant lui, ignorant tout ce qui se tramait autour de lui ou les personnes qui pouvaient l'observer de loin.

—C'est…, commença Rose sans pouvoir finir sa phrase.

Ce n'était pas possible. Cela ne pouvait être lui. C'était une coïncidence, voilà! Une curieuse coïncidence. L'horloge sonna onze heures et le bruit particulier du métro se faisait de plus en plus fort.

—C'est lui…, dit Arthur.

Il interrogea Rose du regard et elle vit qu'il était aussi hésitant qu'elle. Mais même si son coeur lui criait que ce ne pouvait pas être lui, le fou dangereux, une autre voix beaucoup plus raisonnable lui dictait le contraire. Il n'y avait que lui, le seul sorcier à des kilomètres à la ronde, debout sur le quai, à onze heures précises. Le seul qui avait une dent contre les aurors après son fiasco durant les épreuves.

C'était fou mais plausible. Complètement fou...comme pouvait l'être parfois Scorpius.

—Tu crois que c'est lui? demanda Arthur.

Le métro arriva en gare. Le souffle balaya les boucles épaisses de Rose qui ne quittait pas Scorpius des yeux. Il ne se tourna pas une fois vers elle, comme s'il était concentré à autre chose, avec une idée bien en tête.

—On a pas le droit d'hésiter, dit-elle tandis que les portes du métro s'ouvrirent pour laisser descendre les voyageurs.

Ils observèrent Scorpius monter à bord de la machine blanche et rouge et Rose poussa Arthur à embarquer avant que l'alarme n'indique la fermeture des portes.

L'espace était étroit et noir de monde. Toutes les places assises étaient occupés. Si Scorpius voulait faire un massacre (aussi étrange que cela puisse paraître), c'était l'endroit idéal. Elle bouscula plusieurs moldus pour se frayer un chemin plus en avant afin d'apercevoir Scorpius. Arthur sur ses talons, elle zieutait dans tous les coins, observant chaque passager comme si Scorpius pouvait surgir de n'importe où. La main serrée sur sa baguette dans sa poche, elle progressait lentement mais sûrement et faillit la brandir lorsqu'un homme blond de la même carrure que Scorpius se leva brusquement de son siège.

Arthur arrêta son geste et la rassura d'un regard. Elle se rendit compte que son coeur battait à toute allure. Il prit la tête et marcha de quelques pas, laissant derrière Rose, pétrifiée par sa peur et l'esprit embrouillé.

Elle entendit soudain le bruit d'un corps qui chute brutalement. Arthur s'effondra au sol, rigide comme une pierre et une femme moldue obèse, assise juste à côté, poussa un hurlement. Des gens se levèrent d'un bond, alerté par ce cri suspect et ce corps effondré à leurs pieds. Parmi eux, Scorpius se tenait près d'Arthur, la baguette pointée sur lui.

Stupéfix! cria Rose en sortant sa baguette.

Le jet de lumière rouge fusa dans la direction de Scorpius qui l'évita en sautant sur le côté. Il n'en fallut pas plus pour faire perdre la raison à la dizaine de voyageurs qui n'arrivaient pas à comprendre ce qui était en train de se passer. Ils se ruèrent en arrière, pris de panique, hurlant et bousculant Rose qui s'effondra sur une banquette. Scorpius profita du chaos ambiant pour s'enfuir vers l'avant du convoi.

Rose se releva, baguette tendue, criant aux moldus paniqués de s'écarter. Ceux-ci se pressaient en arrière, les visages déformés par la peur et l'incompréhension. Rose progressait prudemment mais sûrement. Elle dépassa Arthur toujours allongé sur le sol. Il respirait encore. Il ne l'avait pas tué mais simplement pétrifié. Il n'y avait plus de doute. Scorpius était bien le suspect qu'il recherchait. "Comment était-ce seulement possible?" lui hurlait une voix dans sa tête. Elle chercherait des réponses plus tard. En cet instant, elle ne devait plus penser qu'à une chose, le capturer pour sauver ces gens.

Il y avait de moins en moins de moldus au fur et à mesure qu'elle progressait plus à l'avant. Bientôt, elle se mit à courir et l'aperçut enfin, debout au milieu d'un convoi, comme s'il l'attendait. Lorsque leur regard se croisèrent, Rose n'hésita pas une seconde et lui envoya une autre sort. Il le bloqua aisément avec un bouclier. Sans lui laisser la moindre seconde de répit, Rose lui balança d'autres stupéfix dans un geyser de lumière et d'étincelle. Le bouclier de Scorpius faiblit de plus en plus et il dut riposter par un autre sort. Les deux jets de magie se heurtèrent en même temps provoquant une déflagration qui fit chanceler Rose. Les vitres du métro volèrent en éclat et plusieurs sièges prirent feu dans une horrible odeur de cuir brûlé.

Arthur déboula dans le convoi au même moment, boitant avec une jambe encore un peu paralysée. Rose se demanda comment il avait pu se défaire du sortilège mais se sentit soulagée de le savoir à ses côtés. A peine eut-elle cette pensée qu'elle vit Scorpius lancer un sort à Arthur avant même que ce dernier n'ait eu le temps de lever sa baguette.

Protego! hurla Rose en protégeant Arthur qui fila se mettre à l'abri derrière une banquette.

Scorpius s'était lui aussi caché derrière un siège et tous les trois se bombardèrent de sorts en faisant exploser tout ce qui se trouvait à proximité. Le convoi avait maintenant des allures de champs de bataille et Rose avait le souffle court.

Quelqu'un actionna le frein à main et la machine bringuebalante s'arrêta nette au milieu de la voie. Rose voyait par la fenêtre d'autres rails et des habitations. Ils étaient revenus à la surface et le ciel était particulièrement nuageux. Elle vit des dizaines de voyageurs sortir dehors, hurlant et fuyant comme des animaux apeurés. Avec l'arrêt brutal du métro, Rose se cogna violemment la tête contre la paroi métallique des sièges et elle sentit un filet chaud couler le long de sa joue.

Confringo! entendit-elle.

L'explosion fut terrible. Rose se coucha à terre immédiatement, en espérant qu'Arthur fasse de même. Les sièges volèrent dans les airs et éclatèrent ravagés par les flammes. Une partie du wagon se disloqua, créant un trou béant d'où s'échappa des panaches de fumée noire. Rose ouvrit la bouche pour crier mais elle n'entendit pas le son de sa voix, perdue dans la déflagration.

Lorsqu'elle eut la force de lever la tête, elle aperçut Arthur inconscient, couché sur le sol et la silhouette de Scorpius qui s'enfuyait par l'ouverture qu'il venait de créer. Rose se remit sur pied, dégageant les débris sur son passage. Elle sauta sur les rails et se mit à courir, suivant de près Scorpius qui escaladait déjà le grillage de fer qui délimitait les voies ferrées des habitations. Elle lança un sort pour le faire tomber mais le manqua de peu. Elle escalada la grille lorsque Scorpius tomba lourdement sur le bitume sans jeter un coup d'oeil dans son dos avant de reprendre sa course. Le ciel était noir, annonciateur d'orage et l'averse ne tarda pas à suivre.

Rose ignora la douleur dans ses bras et poussa sur ses jambes pour passer de l'autre côté. Elle n'avait plus peur, plus mal. Elle n'écoutait plus que sa colère qui la maintenait en alerte. Elle se mit à courir aussi vite qu'elle le put, toujours dans le sillage de Scorpius.

Celui-ci tourna brusquement à gauche, s'engouffrant dans une ruelle déserte et mal famée qui se terminait par un mur immense. Il était piégé. Rose courait toujours lorsqu'elle le vit contempler la façade qui lui bloquait la route. Elle lui lança un sort et toucha dans le mille cette fois. Son stupéfix le frappa dans le dos, le faisant voler contre les briques humides devant lui. Rose vit Scorpius tomber à terre en gémissant. Elle ralentit, la baguette toujours pointé sur lui, prête à lui renvoyer un sort s'il levait seulement la main.

Elle s'approcha tout près de lui et donna un coup de pied à sa main pour lui faire lâcher sa baguette qui vola à quelques mètres. Scorpius l'attrapa soudain à la cheville en lui faisant perdre l'équilibre. Elle tomba à la renverse, se cognant une deuxième la tête contre le sol mouillé. La pluie lui tombait dans les yeux et elle vit trouble pendant une seconde. Dans sa chute, Rose avait lâché sa baguette. Scorpius lui attrapa les jambes, comme s'il voulait ramper vers elle. La sorcière se débattit de toutes ses forces en poussant des cris de rage. Elle roula vers lui et l'immobilisa sous elle, assise à califourchon sur sa taille.

Par le passé, ils s'étaient déjà retrouvés dans cette position mais aujourd'hui, elle n'avait plus d'amour pour cet homme qu'elle tenait à sa merci. Ils luttèrent encore un peu, se frappant, se griffant, soufflant, pestant. Rose lui colla une beigne qui le désarçonna et ses bras retombèrent mollement dans les flaques d'eau qui s'étaient formées autour d'eux.

—Tu as gagné, gémit-il, le souffle court. Je me rends.

—La ferme! lui cria Rose.

Il soupira. Son nez était en sang, ses vêtements trempés. Les cheveux de Rose complètement mouillés lui tombaient dans les yeux. Scorpius ne la regardait pas, sa tête penchée sur le côté, vaincu.

—Comment as-tu pu?! dit Rose, aveuglée par la rage. Comment as-tu osé?!

Il ne répondit pas et cela la rendit encore plus folle. Elle lui cria dessus, un son long qui témoignait de toute sa frustration. Il tourna enfin la tête vers elle et il plongea son regard dans le sien. Rose le dévisagea comme si c'était la première fois. Il n'y avait rien dans ces yeux bleus, seulement du vide. Elle ne reconnut pas le Scorpius qu'elle connaissait.

—Tu voulais que je te déteste, pas vrai? PAS VRAI? cria-t'elle encore.

Elle voulait toujours être en colère. C'était la seule chose qu'elle pouvait encore supporter d'éprouver. Mais plus elle parlait et plus elle la sentait diminuée. A la place de la rage, la tristesse prit le dessus. Les larmes de Rose se mêlèrent à la pluie qui coulait le long de ses joues.

—Je te félicite…, dit-elle en ne pouvant s'empêcher de pleurer. Tu as réussi. Je te hais!

Sans crier gare, Scorpius redressa subitement la tête, lui saisit la nuque et avança son visage pour qu'il l'embrasse. Ce baiser ne fut pas doux, il fut brutal. Dès qu'il posa ses lèvres sur celle de Rose, celle-ci la lui mordit jusqu'au sang. Scorpius tint bon et leurs langues se rencontrèrent. Peu à peu, elle perdit complètement pied. La tête de Rose se mit à tourner furieusement tandis qu'elle happait les lèvres de Scorpius pour la dernière fois.

—Je suis désolé, souffla-t'il en se détachant un peu de ses lèvres avant de l'embrasser de plus belle.

Pendant qu'ils s'embrassaient, Rose en profita pour chercher sa baguette en tâtant le sol à côté d'eux. Lorsqu'elle sentit le contact du bois mouillé entre ses doigts, elle repoussa violemment Scorpius et l'immobilisa complètement en lui jetant un sort. Son buste tomba en arrière éclaboussant le bitume sous lui. Rose ne se releva pas. Elle contempla le corps inconscient de Scorpius et elle laissa échapper un sanglot qui fit trembler tous ses membres.

Elle pleura, contre sa poitrine, longtemps.

OoO

Scorpius était assis sur une banquette très inconfortable, les pieds et les mains enchaînés. Il se trouvait dans un long couloir terne et faiblement éclairé qui menait à une grande double porte de chêne. Deux sorciers, en tenue des Brigadiers magiques, s'étaient postés de part et d'autre de son banc, le surveillant du coin de l'oeil, bras croisés sur leur poitrine, baguette à la main.

Après avoir embrasssé Rose sous la pluie, il avait perdu connaissance et s'était réveillé assis sur ce banc dans ce qu'il reconnut comme l'un des départements du Ministère. Il comprit immédiatement qu'il avait réussi: on l'avait arrêté pour ses crimes. En y repensant, il pesta contre James. Ce connard avait envoyé la dernière personne qu'il voulait voir pour sa capture. Il ne s'était pas attendu à voir débarquer Rose sur le quai de la station de métro, avec ce balaud d'Arthur qui plus est. C'était certainement encore une des combines perverses de James.

Il n'avait pas pu se retenir, il s'était déchaîné contre Arthur. Le pauvre s'était mangé un Petrificus Totalus dans la tronche en plus d'une violente explosion. James allait sûrement gueuler pour les dégâts mais enchaîné de la sorte et sur le point de se faire juger, les remontrances de James étaient le cadet de ses soucis.

Ils avaient mis au point ce plan, dans son appartement, en secret. James lui conseilla de trouver des cibles moldus et de les malmener un peu, juste de quoi leur faire peur et attirer l'attention de la Gazette du Sorcier. Scorpius avait passé des nuits à faire la tournée des bars et s'était décidé, un soir, à défendre une pauvre fille qui se faisait harceler par trois crétins. Une pierre deux coups… Il y était peut-être allé un peu fort en faisant voler l'un des moldus dans une benne à ordure mais James lui avait demandé du spectacle. Il n'allait pas se priver.

Pour ce qui était de la lettre, ça, c'était son idée. Il l'avait envoyé tôt le matin, sans en parler à James au préalable. Il devait avoir enragé à sa lecture. Le petit Potter n'aimait pas perdre le contrôle et il s'était certainement venger en envoyant Rose et Arthur. Quel enfoiré!

"Je te hais!"

Le regard perdu dans le vague, les mots durs de Rose résonnait dans son esprit qu'il essayait de rendre le plus vide possible. Elle le détestait maintenant. C'était peut-être mieux ainsi. Il avait décidé d'une voie qu'elle ne pouvait pas suivre. D'ailleurs, il ne le voulait pas. En ce qui concernait Rose, il voulait tout oublier. Il n'avait pas de place pour son souvenir dans la mission qui l'attendait.

Ron Weasley sortit par les doubles portes et Scorpius poussa un soupir. Il ne manquait plus que lui. A voir son air menaçant, Scorpius sut immédiatement que le chef de la Brigade avait envie de lui jeter un sort. Il le prenait pour un dangereux criminel et avait enfin la confirmation de tous ses préjugés. Scorpius était devenu digne de sa famille de mangemorts. Il en serait toujours comme ça, dorénavant.

—Debout! ordonna Ron d'une voix dure en se postant devant lui.

Scorpius obéit, aidé par les brigadiers qui le tirèrent par le bras. Scorpius inspira profondément. Il se préparait mentalement aux insultes qui allait suivre.

—J'imagine que tu es fier de toi? dit Ron entre ses dents.

Le prisonnier leva les yeux vers lui. Ron Weasley n'avait jamais été du genre à garder son calme, tout comme sa fille d'ailleurs. Rose avait ses yeux, ce même regard qui l'avait assassiné lorsqu'elle lui avait hurlé dessus sous la pluie.

—C'est vous qui devriez être fier, lâcha Scorpius d'une voix lasse.

—Ah bon? s'énerva Ron. Et pourquoi?

—Parce que vous aviez raison… Je suis un salaud.

Ron ne répondit pas, se contentant de le dévisager avec une pitié évidente. Il fit un signe de tête à ses hommes qui poussèrent Scorpius vers les grandes portes de bois.

Lorsqu'il entra, Scorpius fut aveuglé par les brusques lumières éclatante de la salle de justice. Il battit des paupières et balaya les gradins du regard. Il y avait beaucoup de monde. Tout autour de lui, ce n'était que sorcières et sorciers qui le suivaient des yeux. Scorpius les ignora se contentant de fixer son attention sur le fauteuil aux bras dotés de chaîne. Les brigadiers l'amenèrent devant le siège et lui retirèrent ses propres liens pour le forcer à s'asseoir. Ils se placèrent ensuite de part et d'autre du fauteuil, droit comme des piquets tandis que les chaînes du fauteuil, étincelant soudain d'une lueur dorée, s'enroulaient d'elles-mêmes autour des bras de Scorpius en l'attachant solidement à son siège.

—Scorpius Lucius Malefoy, retentit une voix, vous avez été mis aux arrêts par les aurors, ce matin, pour avoir troublé l'ordre public moldu en attaquant un...métro (lut difficilement la voix) et pour l'agression de trois moldus la nuit précédente. Vous comparaissez actuellement devant le Conseil de la justice magique, afin que nous puissions vous juger pour vos crimes…

Scorpius leva la tête vers la voix qui parlait fort, avec assurance. Il contempla un homme, vieux comme le monde, qui portait un curieux haut-de-forme qui dénotait par rapport à sa robe de sorcier de couleur rouge.

—Avant votre arrivée, nous avons entendu les témoignages des deux aurors qui ont procédé à votre arrestation ainsi qu'à plusieurs témoins qui ont confirmé votre insolence et votre dédain total pour nos lois.

Scorpius ne put retenir un rictus. James avait dû mettre le paquet pendant son témoignage, trop heureux de pouvoir balancer toutes les vacheries qui lui avait lancé à la figure. Le juge continuait à énoncer tous ses crimes qui relataient la dégradation de biens moldus ainsi que la panique provoquée pendant l'explosion. "En ces temps de tensions entre nos deux mondes….blablablabla." Scorpius détourna les yeux et se concentra sur l'assistance. Il croisa le regard d'Harry Potter, assis en arrière. C'était le seul qui n'avait pas un air de dégoût ou de mépris. Lui, seul, savait… Scorpius aurait voulu sourire mais cela aurait paru trop étrange. Il se contenta de contempler le chef des aurors qui lui adressa un discret signe de tête.

—Heureusement pour vous, vos attaques n'ont fait aucune victime. Toutefois, au vue, du grand désordre que vous avez occasionné et la preuve évidente de vos intentions préméditées, je prévois une peine d'emprisonnement de six mois à compter d'aujourd'hui. Ainsi... que de la destruction de votre baguette avec interdiction d'en recevoir une nouvelle, à vie!

Scorpius ne broncha pas. Il savait ce qui l'attendait bien avant qu'il ne commette ses crimes. James et Harry l'avaient averti. Le chef des aurors avaient d'ailleurs influencé le jury pour réduire un maximum sa peine. Lorsque James lui avait annoncé qu'on allait détruire sa baguette, le choc l'avait fait hésiter. Mais il avait fini par l'accepter.

—Je demande aux jurés, reprit le juge d'une voix tonitruante, de lever la main s'ils sont d'accord avec la peine encourue.

La majorité des jurés levèrent la main dont celle d'Harry Potter. Dans le silence solennel de la prise de décision, un cri semblable à un sanglot retentit dans la salle et Scorpius tourna aussitôt la tête. Son sang se glaça d'effroi lorsqu'il reconnut sa mère assise dans les gradins aux côtés de son père qui la tenait dans ses bras. Astoria Malefoy eut un haut-le-corps et s'effondra sur le banc.

—Emmenez-le! ordonna le juge aux brigadiers.

Les chaînes se délièrent et deux poignes fermes le forcèrent à se relever. Scorpius ne quittait pas des yeux le corps frêle de sa mère qu'on éventait pour la secourir. Il se mit à se débattre en criant. La présence de ses parents n'étaient pas prévu. Il cria vers son père qui se tourna vers lui, le regard féroce. On le traîna à l'extérieur et les portes se refermèrent sur Draco Malefoy qui sortait des gradins.

Il mit du temps à se remettre. L'image de sa mère, s'effondrant de tout son long, le hantait encore. Qu'avait-elle pu penser de lui? Il n'avait plus parlé à ses parents depuis leurs disputes à Noël, il y avait tant d'années de cela. Et ils se revoyaient dans de pareilles circonstances. Il n'avait jamais voulu cela; pas comme ça!

Sous la surveillance de Ron Weasley, les brigadiers l'enchaînèrent à nouveau. Il ne se débattait plus mais n'arrivait plus à émettre une pensée cohérente. Sa mère était à son procès. Cela n'aurait pas dû se passer comme ça. Tandis qu'ils patientaient dans le couloir pour son transfert, la double porte de bois s'ouvrit avec fracas. Draco Malefoy, vêtu d'une robe d'un vert sombre, marcha à grand pas vers son fils, l'air de vouloir en découdre. Ron l'arrêta avant qu'il ne s'approche trop.

—Laisse-moi passer, Weasley, cracha Draco. C'est mon fils!

—Je le sais bien, répondit Ron d'une voix calme. Mais tu n'es pas autorisé à lui parler.

Draco le foudroya du regard. Les deux sorciers se dévisagèrent avec un regard de haine, de vieilles tensions resurgissaient à la surface. Scorpius contempla l'échange, incapable d'émettre le moindre son. Il s'inquiétait toujours pour sa mère.

—Ne m'empêche pas de lui parler, Weasley, murmura Draco d'une voix dure.

Le père avait l'air envahi d'une rage sourde mais ses lèvres tremblaient. Ron l'observa un moment, hésitant, puis, à la surprise de tous, acquiesça. Il fit signe à ses hommes de s'éloigner de Scorpius de quelques mètres, pas assez pour qu'il tente de fuir, mais juste ce qu'il faut pour laisser un peu d'intimité entre le père et le fils.

Draco ne remercia pas Ron. Il se contenta de baisser la tête pour calmer sa colère et s'approcha de son fils qui dévisageait son père avec appréhension.

—Comment va maman? demanda Scorpius.

—Tu fais bien de t'en inquiéter, rétorqua Draco, les mains tremblantes. Qu'est-ce qui t'as pris?

Scorpius ne répondit pas. Qu'y avait-il à répondre? Il ne pouvait pas dire la vérité, même pas à ses parents. C'était le marché. Draco attendait une réponse qui ne vint pas. Ses yeux bleus étaient durs mais Scorpius y décela des larmes, ce qui lui brisa le coeur.

—Je voulais mieux pour toi, dit-il d'une voix brisée. Je me suis battu pour que tu ais une meilleure vie que moi. Je voulais que tu…

Il détourna la tête, laissant la fin de sa phrase en suspens. Scorpius voulait entendre la suite, ces mots que son père ne lui avait jamais dit avant et qu'il avait si souvent espéré entendre. Mais ses vieilles blessures se rouvrirent et Scorpius se souvint de sa colère envers son père.

—Tu voulais quoi? dit-il. Que je me marie avec une sang-pur? Que je reprenne les affaires familiales? C'est pas une vie, ça.

—Parce que celle que tu as choisi est mieux peut-être? Tu vas à Azkaban, Scorpius!

Draco avait élevé la voix. Scorpius était mal placé pour lui donner tort, les mains entravées par ses chaînes.

—J'ai vu mon père partir en prison, deux fois, lâcha Draco. Il le méritait mais je pensais que c'était la dernière fois que je laissais la justice emporter quelqu'un qui m'est cher.

—Papa, je…, commença Scorpius ne sachant comment terminer sa phrase.

—Tu as brisé le coeur de ta mère…, l'interrompit son père. Et tu as brisé le mien...à jamais.

Scorpius retint sa respiration. Le visage de son père était impassible mais ses yeux étaient humides. Sa voix avait été tranchante, comme un couperet et sa sentence lui fit plus mal que celle du Conseil de la justice magique. Il ne pouvait même pas se défendre dans ce procès.

—C'est l'heure, annonça Ron.

Draco ne lui dit pas au revoir tandis que les brigadiers le prirent, à nouveau, par le bras pour l'amener vers les portes de l'ascenseur. Scorpius ne quittait pas des yeux son père qui fuyait, à présent, son regard. Il aurait voulu lui hurler qu'il n'avait pas eu le choix. Que ce n'était pas par haine qu'il avait agi mais pour sauver des vies. On le traîna de force et Scorpius vit son père s'effondrer sur un banc, la tête dans les mains, secoué de profonds sanglots.

OoO

James avait passé une bonne demi-heure à lui hurler dessus, dans son bureau. Malgré les vociférations accompagnées de postillons de son cousin, Rose n'avait pas écouté un mot. Depuis qu'ils avaient emmené Scorpius, elle avait l'esprit terriblement vide.

Elle n'avait pas soigné sa blessure et le sang avait séché sur sa tempe. Elle était encore trempée de la pluie et ses cheveux frissotaient dans tous les sens. Sa première arrestation… Pourquoi cela devait être Scorpius?

Rose capta les mots "dommages", "oubliator", "discret", dans les cris de James mais elle s'en fichait. Elle avait été si malmenée par ses émotions violentes et l'adrénaline de sa poursuite, qu'elle n'était plus capable de ressentir quoique ce soit. Elle voulait seulement oublier et ne jamais se rappeler les dernières paroles de Scorpius.

"Je suis désolé…"

Rose sortit du bureau de James et marcha dans la salle du quartier général des aurors plongé dans l'obscurité. Il était tard et les fenêtres magiques montraient un ciel noir sans étoiles. L'heure était sombre tout comme le moral de la rouquine. Ses mains tremblaient à chaque fois qu'elle repassait les évènements dans sa tête. Scorpius l'avait embrassé. Il avait osé, comme un dernier adieu, comme celui qu'elle lui avait donné à la gare. C'était la pire des vengeance, la plus odieuse, ce qui pouvait lui faire le plus mal.

Elle devait l'effacer, faire qu'il ne compte plus. Rose ne prit même pas le temps de rassembler ses affaires. Elle transplana avec une idée en tête, une issue qui arrangerait tout. Ses vêtements sentaient le brûlé, elle était encore couverte de poussière et avait de la boue sur le visage. Plus rien n'avait d'importance, d'autant plus son apparence. Elle avait besoin de se sentir en vie et de combler le vide qui avait pris possession d'elle.

Rose apparut dans le couloir d'un immeuble. Heureusement pour elle, il était désert. Elle se ne soucia pas du craquement étrange qu'avait dû entendre les voisins. Elle marcha jusqu'à la porte qui l'intéressait et toqua plusieurs fois. Elle fut soulagée de voir la porte s'ouvrir. C'était tout ce qu'elle espérait: voir la personne qui se présenta dans l'encadrement de la porte.

Arthur avait mauvaise mine, un peu pâle. Après l'explosion du wagon, il avait été conduit à Saint-Mangouste où les guérisseurs l'avaient bien vite remis sur pied. Arthur fut surpris de découvrir Rose à sa porte. Il tenait une poche de glace sur sa tête et la dévisagea d'un air étrange. Avec du recul, elle devait avoir l'air d'une folle, encore dans ses vêtements sales, les cheveux pendant tristement sur son visage et le regard fiévreux.

—Rose? dit Arthur. Ça va?

Elle ne répondit pas et il ouvrit un peu plus la porte pour la faire entrer.

—J'ai appris qu'on avait envoyé Scorpius à Azkaban, dit-il en refermant la porte derrière lui. J'imagine que tu…

Rose avait fait quelques pas pour se rapprocher de lui. Elle le poussa doucement contre sa porte et prit son visage dans ses mains froides. Elle l'embrassa avant qu'il n'ait pu finir sa phrase, s'emparant de ses lèvres sans lui demander son avis.

Arthur détourna la tête, surpris. Rose en voulait plus, elle ne voulait pas arrêter. Il la contempla d'un air décontenancé sans toutefois la repousser.

—Qu'est-ce que tu fais? murmura-t'il, leurs lèvres encore toutes proches.

—C'est toi qui m'a dit que tu te serais battue pour moi parce que j'en valais la peine…, répondit Rose d'une voix suave.

Il la contempla comme si c'était la première fois qu'il la voyait. Il ne s'était sans doute jamais imaginer cette partie-là de Rose, celle qui lui prit sa poche de glace des mains pour la jeter en arrière tout en se pressant contre lui.

—C'est le moment de le montrer, dit-elle encore contre son oreille en passant ses mains sous son tee-shirt pour caresser sa peau.

Elle passa son tee-shirt par-dessus sa tête et il se retrouva torse nu. Ses bras se refermèrent autour de sa taille et il répondit à ses baisers avec plus de convictions. Rose attrapa sa nuque pour approffondir leur baiser, enfouissant sa langue dans sa bouche, comme une assoiffée. Elle dévora sa bouche tout en se pressant contre lui tandis qu'Arthur la guidait jusqu'à sa chambre.

Une fois dans la pièce, Arthur fit passer sa veste sur les épaules de Rose tout en l'embrassant dans le cou. Celle-ci poussa plusieurs gémissements, pressée. Ils se dévêtirent rapidement, les mains tremblantes, dans des gestes brusques et rapides. Rose déboutonna le jeans d'Arthur tandis qu'il dégraffait son soutien-gorge et passait ses mains sous ses fesses en les pétrissant sous ses doigts. Contemplant la nudité progressive de l'autre, ils plongaient, de temps en temps, leur regard dans celui de l'autre pour y lire le même désir.

Rose fit glisser sa main dans le caleçon d'Arthur qui poussa un faible gémissement lorsque ses doigts touchèrent son sexe. Sa propre peau était devenue incandescente et lorsqu'elle embrassa encore Arthur elle se sentit prête à l'accueillir en elle.

Il la fit tomber dans ses draps et la rejoignit immédiatement. Elle pressa son bassin contre le sien, ondulant des hanches tout en s'accrochant à ses épaules, griffant même son dos. Elle ne voulait plus que ressentir du plaisir et le vivre dans sa totalité. Il la touchait à peine, qu'elle tremblait de tous ses membres, irradiée par une chaleur lui faisait perdre la tête.

Arthur lui malaxa un sein, jouant avec son mamelon tout en continuant à l'embrasser. La tête de Rose partit en arrière, dans des halètements qu'elle ne parvenait plus à contrôler. Il se redressa légèrement et lui enleva son pantalon et sa culotte qu'il jeta au bas du lit. Rose était complètement nue, Arthur entre ses jambes. Il la contempla un moment, le souffle court, son sexe en érection. Il caressa doucement son ventre et Rose tressaillit en poussant un gémissement. Elle faillit crier lorsqu'il caressa sa toison rousse pour finir par insinuer ses doigts en elle. Il fit quelques va-et-vients et Rose ferma les yeux en se laissant emporter par la vague de plaisir qui montait en elle.

—Dis-le…, lâcha Arthur d'une voix rauque. Dis -le maintenant.

Jamais elle n'avait entendu Arthur parler avec un tel ton. Il était devenu autoritaire, presque dominateur. Rose ne savait pas ce qu'il voulait entendre mais elle lui dit la seule chose qu'elle désirait le plus au monde en cet instant.

—Je te veux.

Il lui sourit, avec une expression féroce et victorieuse. Il se coucha contre elle en l'embrassant de plus belle. Rose s'accrocha à ses épaules en se mordant la lèvre lorsque ses doigts furent remplacés par son membre turgescent. Elle arqua ses hanches pour mieux l'accueillir et il la pénétra profondément d'un seul coup de rein. Rose ne put retenir plus longtemps ses cris. Arthur gémit contre son épaule en s'enfonçant de plus en plus vite en elle lui arrachant des halètements de plaisirs.

Elle atteint le paroxysme avant lui, se concentrant uniquement sur son propre plaisir. Elle retomba, tremblante, envahie de soubresauts dans ses draps imprégnés de leur sueur, la peau incandescente et l'esprit embrumé. Arthur termina dans un violent coup de rein et un râle avant de s'effondrer sur elle.

Elle le tint serrer dans ses bras, peau contre peau, pendant un long moment, bercée par sa respiration profonde.