15
LES TÉNÈBRES DE SCORPIUS
Gagner la confiance d'une fille comme Gwen n'était pas une chose aisée. Lorsqu'elle l'avait menacé, dès leur première nuit dans leur cellule en lui spécifiant que jamais elle ne lui ferait confiance, elle avait tenu parole. La jeune femme s'était enfermée dans un mutisme oppressant et Scorpius avait beau tenté d'entamer le dialogue, Gwen ne desserrait pas les dents. Sauf qu'il était pressé. Il se répétait qu'il avait réussi à obtenir quatre mois, confiné avec Gwen pour la travailler au corps. Seulement la menace d'Ombrage pesait encore sur ses épaules, comme une épée de Damoclès particulièrement effilée par les soins de Rosier. Du côté des néos-mangemorts, la descente de leur chef au trou les avait quelque peu refroidi. Mais Scorpius captait encore le lourd regard de certains de ses hommes qui, eux non plus, malgré leurs cervelles de moineaux, n'étaient pas dupes. La situation devenait volcanique et il allait devoir imaginer un autre plan pour s'en sortir, tout en essayant d'amadouer la belle tigresse.
Faute de pouvoir lui parler, Scorpius s'était mis à l'observer. Maintenant qu'il avait enfin pu mettre la main dessus, il ne la quittait pas des yeux. Après des semaines de recherches, il suivait du regard la métisse qui sortait dans la fosse à chaque récréation du matin ou pour les repas. Elle se tenait toujours à l'écart d'Ombrage dorénavant. Sa trahison, malgré sa grâce, ne la préservait pas des coups bas et elle en avait bien conscience. Mais Gwen avait d'autres contacts et comme Scorpius, elle avait une mission.
Il la voyait aller d'un prisonnier à l'autre en serrant habilement des mains, murmurant quelques choses à leurs oreilles puis repartait en ondulant des hanches comme si de rien n'était. Elle faisait pareil avec quelques gardiens dont Dwain qui se rinçait l'oeil au passage. Apparemment, Gwen ne fournissait pas que les néos-mangemorts. Elle avait une foule de clients qui s'approvisionnait au nez et à la barbe d'Ombrage. La vieille sorcière devait être aveugle de ne pas l'avoir remarqué plus tôt. Quoique Scorpius ne l'avait pas vu non plus, les premières semaines. Il avait fallu qu'il comprenne, qu'il sache ce qu'il cherchait pour enfin capter les gestes et les attitudes qui maintenant ne trompait personne.
Ce trafic interpellait beaucoup Scorpius. Bien sûr, il avait fait les liens les plus évidents comme le réseau à l'extérieur et la vente chez les moldus. Gwen n'avait pas nié et avait été même surprise qu'il fut au courant. Cependant, il restait encore beaucoup de questions demeurées sans réponse comme les effets sur des sorciers, même privés de baguettes; les responsables du trafic ou simplement sa fabrication. Or, c'était Gwen qui détenait toutes les clés à ces mystères.
Il trouva une idée la deuxième nuit après une autre journée complète à s'ignorer. Il demanda une autre faveur à Dwain qui lui fournit ce dont il avait besoin après le repas du soir. Lors du paiement, Dwain le rassura en lui révélant que c'était son grand-père qui s'en occupait. Il avait encore un compte et s'approvisionnait, de temps à autre, auprès du gardien pour alléger son inconfort dans sa misérable geôle.
—Il m'a dit de te donner tout ce que tu demandais, murmura Dwain en lui tendant sa commande. Et aussi… Il m'a demandé de te dire que tu n'avais plus à t'inquiéter pour Conrad…
—Comment ça?
—Ce grand connard n'arrêtait pas d'hurler qu'il allait te tuer. Ton grand-père m'a payé pour...arranger les choses. J'ai versé un petit quelque chose dans sa bouffe et il n'a plus gueulé après ça. On dit merci qui?
Scorpius n'avait rien répondu. Il était sous le choc. Dwain lui fit un clin d'oeil complice avant de disparaître et Scorpius s'efforça de ne pas penser à la mort de Conrad, empoisonné, ni à l'aide inespérée de son grand-père. Ses sentiments étaient partagés quand il repensait à Lucius Malefoy. Il ne pouvait pas oublier les crimes (dont celui récent de l'assassinat de Conrad) pour lesquels il avait été condamnés mais il était aussi touché par sa prévenance. Mr. Potter avait décidément raison sur un point: les Malefoy aimait chacun des membres de leur famille d'un amour inconditionnel, quitte à organiser le meurtre de quelqu'un.
Lorsqu'ils regagnèrent leur cellule, après le cliquetis quotidien de la clé dans la serrure, Scorpius mit son plan à exécution. Gwen était allongée dans son lit, toujours désespérément silencieuse. Il fit quelques pas, choisissant ses mots avec soin. Il cachait dans son dos ce que Dwain lui avait donné.
—Ça te dit un jeu? demanda-t'il sans oser la regarder.
Il entendit un reniflement méprisant. Il ne se démonta pas.
—Tu connais gage ou vérité?
Après un moment, Gwen passa sa tête par-dessus le lit pour le dévisager. Elle l'étudia avec méfiance.
—Oui, je connais, lâcha-t'elle.
—Je te propose des règles un peu plus...excitantes, dit-il avec un sourire.
Gwen arqua un sourcil. Ses lèvres pulpeuses esquissèrent un léger sourire. Scorpius prit ça pour un signe d'encouragement. Elle n'avait pas dit non.
—Cinq questions, ni plus ni moins. On est obligé de répondre la vérité. On a droit à trois joker qui sont remplacés par des gages.
Ce jeu était dangereux. Scorpius le savait. Si Gwen acceptait de suivre les règles, elle pourrait répondre à ses questions, s'il s'y prenait bien et la mettait au confiance au début. Seulement, si elle jouait le jeu de la vérité, lui aussi devrait s'y plier. Et si elle posait les bonnes questions, elle pouvait très bien s'approcher de vérités compromettantes. Il pensait à sa mission que lui avait confié James et Mr. Potter. Il allait devoir faire attention. Mais il se rappelait des paroles que lui avait, un jour, dites Hugo dans son laboratoire à Poudlard: la limite entre le mensonge et la vérité était élastique.
—Rien que la vérité…, répéta Gwen sceptique.
—Ça te fait peur? la provoqua Scorpius.
—Qui me dit que tu ne mentiras pas quand je te poserai des questions?
Scorpius se passa une main nerveuse dans ses cheveux blonds qui lui arrivaient maintenant aux épaules. Il sortit le flacon contenant un liquide translucide, qu'il cachait dans son dos et la tendit vers Gwen. La jeune femme, douée en toutes choses, reconnut immédiatement le contenu de ce liquide. Ils l'avaient étudié avec Parkinson en dernière année.
—Du veritaserum, dit-elle dans un souffle.
—Ça corse un peu le jeu, pas vrai. Sinon, ce ne serait pas intéressant.
—Pourquoi tu fais ça?
—Oh, c'est seulement pour tuer le temps, dit-il innocemment.
Gwen sauta lestement du lit supérieur et atterrit devant Scorpius, le flacon toujours en main. Son appât avait marché, le poisson était ferré. Gwen contempla encore Scorpius, le jaugeant, toujours aussi méfiante. Puis, ses épaules se relâchèrent.
—Très bien, dit-elle. Cinq questions. Mais je te préviens, tu risques de regretter d'avoir voulu jouer.
Son assurance était excitante. Scorpius se demanda si c'était l'abstinence de ces derniers mois, voire année en songeant à sa dépression post-rupture. Gwen dégageait une confiance très sensuelle et il ne pouvait s'empêcher de frémir à chacun de ses regards pénétrant. Elle s'assit à même le sol et Scorpius l'imita. Elle arracha le bouchon avec ses dents et sentit le liquide avec un air de méfiance, peut-être croyait-elle qu'il cherchait à l'empoisonner (comme pour Conrad, pensa-t'il). Elle prit une gorgée. Il fit de même lorsqu'elle lui tendit le flacon, leurs doigts s'effleurèrent. Il vida la potion et en sentit immédiatement les effets.
—Est-ce que tu me trouves belle? demanda-t'elle pour s'assurer de la qualité de la potion.
—Tu sais très bien que oui, ne put s'empêcher de dire Scorpius.
Elle rit et son rire lui provoqua des fourmillements dans le fond de ses entrailles. Cette fille était décidément très séduisante, même si elle avait essayé de le tuer à de nombreuses reprises.
—Tu commences? demanda-t'elle en s'installant en tailleur.
—D'accord. Première question… Tu as ensorcelé Chase à Poudlard, pas vrai?
—C'est ça, ta question?
—Pas vraiment, je connais déjà la réponse. Ce que je veux savoir, c'est pourquoi?
—Pourquoi quoi? s'impatienta-t'elle.
—Pourquoi Chase?
—Je te l'ai déjà dit. Pour approcher ta godiche de copine!
—Ce n'est plus ma copine, répondit-il d'une voix sèche.
Gwen se tut en dévisageant Scorpius. La nouvelle l'avait visiblement surprise. Scorpius se maudit. Il n'avait pas pu réprimer son ton dur à l'évocation de Rose. Gwen avait certainement dû relever la tristesse dissimulée dans sa réplique. Il était sûr qu'elle allait s'en servir pour plus tard. Or c'était la pire chose qui pouvait arriver durant le jeu, qu'elle ait le dessus sur lui. Il devait, à tout prix, garder le contrôle.
—Si tu voulais approcher Rose, tu aurais pu jeter l'imperium sur n'importe qui d'autres. Sur Lily… Albus, ou même moi.
—C'était trop risqué. Vous êtes beaucoup trop unis, dit-elle sur un ton méprisant.
Parler de ses amis lui avait fait mal. C'était la mauvaise approche. Il ne devait pas dévoiler ses faiblesses devant Gwen. Mais son commentaire l'avait frappé. Il y avait plus que du dégoût dans son ton, il y avait aussi de la colère.
—Qu'est-ce que tu veux dire?
—Toi et tes copains… Vous êtes nés dans des familles de sorciers prestigieuses, légendaires mêmes. Tu te plains sans cesse qu'on te traite de mangemorts, ajouta-t'elle lorsque Scorpius ouvrit la bouche pour la contredire, mais au moins on parle de toi et de ta famille. Nous autres… Nous ne sommes que des invisibles. Des élèves propulsés dans un monde enchanté qui nous recrache direct après les études.
Elle se pencha vers lui, le visage dur.
—On ne naît pas tous égaux, Malefoy. Moi, par exemple, je suis une né-moldue et pas comme ton Hermione Granger avec deux parents aimants qui lui ont payé toutes ses études sans se poser de questions sur les sorciers… Tss! Comme si c'était normal de voir leur fille partir tous les ans dans un train vers un château magique. Moi, quand un sorcier du ministère est venu apporter ma lettre dans notre petit appartement, ma mère m'a traité de monstre et elle n'a jamais voulu dépenser le moindre sou pour Poudlard.
—Le Ministère accorde une bourse pour les élèves dans ton cas, hasarda Scorpius.
Elle eut un hoquet, un mélange de rire et d'exclamation de colère.
—Pour le matériel peut-être, mais quand il s'agissait de manger ou de se loger pendant les vacances d'été, je n'ai pas vu un centime. Le Monde de la Magie n'a aucune considération pour les préoccupations des moldus et tout le monde n'a pas la chance d'avoir des amis aussi bienveillants…
Scorpius comprit qu'elle faisait référence à Albus. Lorsque ses parents l'avaient renié, il avait pu trouver refuge chez les Weasley et les parents de son meilleur ami lui avait proposé immédiatement de l'héberger. Gwen avait dû l'observer pendant des années, le voir entouré de gens de confiance qui n'hésitait pas à lui venir en aide quand il en avait besoin. Lorsqu'il repensa à tous ses souvenirs avec Gwen, il revit la jeune fille calme et tranquille, souvent isolée dans son coin, sans vraiment de personnes de confiance sur qui se reposer. Gwen avait raison, tout le monde n'était pas égaux à Poudlard.
—Tu veux vraiment savoir pourquoi j'ai piégé Chase? Parce qu'il avait la même famille que moi, une mère moldue et un père sorcier mais pour lui, ça s'est très bien passé. Sa mère ne l'a jamais traité de monstre. J'ai voulu lui faire payer tout le bonheur dont il avait eu la chance de recevoir alors que moi...j'étais laissée sur le carreau. Il fallait qu'il paie!
Il eut un long silence. Scorpius ne savait quoi répondre.
—Ça te choque? demanda Gwen.
—J'en sais rien.
Il la dévisagea longuement. Il commençait à se faire un portrait beaucoup plus précis de la jeune femme, comme si des pièces de puzzles trouvaient enfin leur juste place pour expliquer l'ensemble. Elle capta son regard empathique et elle pinça les lèvres.
—Je ne veux pas de ta pitié. C'est tout ce que les gens comme toi peuvent me donner. Non, pas seulement… C'est soit la pitié, soit l'indifférence. Mais la pitié donne meilleure conscience.
—Qu'est-ce que je devrais te donner alors?
—Rien, dit-elle d'une voix beaucoup plus triste qu'il ne l'aurait cru. Parce que je ne t'ai rien demandé.
Il choisit le silence, incapable de répliquer quoique ce soit à cette vérité fondamentale.
—A moi, rétorqua-t'elle. Ma première question… Pourquoi Weasley t'a-t'elle larguée?
—Qui te dit que c'est elle qui a rompu.
—Y a qu'à te regarder, se moqua-t'elle. Tu es beaucoup trop en colère pour avoir largué la rouquine. C'est elle, pas vrai? Et elle a dû bien te briser le coeur… Dis-moi pourquoi.
—Tu crois pas que c'est un peu futile de parler de ma vie sentimentale dans un lieu pareil, dit-il en désignant leur cellule. On a d'autres soucis, non?
—Tu te dégonfles? demanda-t'elle avec un sourire. Ça veut dire le gage, ça…
—Très bien, va pour le gage, la défia Scorpius.
Il se savait stupide de céder son premier joker aussi facilement. Mais il n'avait vraiment pas envie de parler de Rose, surtout pas à Gwen. La jeune femme le contempla avec un sourire amusé.
—Mets-toi à poil.
—Quoi?
—A poil. C'est ça ton gage. Enlève tes fringues.
Il hésita un moment, se demandant quelle idée elle avait en tête. Son expression était provocatrice et Scorpius ne put s'empêcher d'en être titiller. Il poussa un soupir hypocrite et passa sa chemise d'uniforme par dessus ses épaules. Son torse portait encore les stigmates de la roustes de Silver. Il avait quelques bleus par-ci, par-là et il avait maigri. Il plongea son regard bleu dans celui de Gwen lorsqu'il abaissa son pantalon pour le jeter derrière lui. L'air frais de la soirée le fit frissonner mais Gwen le dévora des yeux. Scorpius se demanda ce qu'il se passerait si un gardien passait devant leur cellule à cet instant, et qu'il découvrait le dos nu, la chute de rein et les fesses de l'un de leurs détenus, plongé dans la pénombre du crépuscule. Il but pour oublier qu'il était complètement à la merci du regard de Gwen.
—Deuxième question, dit-il. Comment t'es-tu retrouvé à faire équipe avec Radcliffe?
Elle eut un petit rire.
—C'est marrant. Tu poses les mêmes questions que les aurors.
—Tu te dégonfles? dit Scorpius avant qu'elle n'aille plus loin dans son raisonnement, de peur qu'elle ne découvre la vérité.
—Un jour, j'en ai eu marre de cette vie misérable, répondit-elle après un moment. J'ai voulu en parler à quelqu'un, un professeur de confiance, capable de comprendre ma situation de moldue. Radcliffe était gentil, intelligent. Il m'aimait bien et j'aimais beaucoup ses cours. C'était un cracmol, en plus. Lui savait ce qu'on pouvait ressentir à ne pas être à la hauteur dans le monde des sorciers.
Scorpius ne pouvait qu'être d'accord avec elle. Tout comme Gwen, il avait fait confiance à son professeur qui avait l'air toujours si bienveillant. Il imaginait très bien la scène: Gwen qui l'attendait à la fin de l'un de ses cours, le professeur assis sur son bureau lui demandant ce qui pouvait la préoccuper, les yeux inquiets et un timide sourire aux lèvres qui encourageait la discussion. Une vaste mascarade, en réalité.
—J'ai pleuré ce jour-là. Je ne pleurais jamais mais là, c'était trop. Des Gryffondors s'étaient moqué de moi en me traitant de pauvre fille orpheline dans les couloirs. Radcliffe a été très gentil. Il m'a dit qu'il comprenait et lui, je pouvais le croire. Il n'y avait pas de pitié dans ses yeux, juste...de la colère. Et j'ai compris, moi aussi, que sous ses airs de gentils professeurs cracmol, se cachait une rancoeur qui faisait écho à la mienne. Il n'a pas dû insister longtemps pour que je le suive.
Elle se tut, ne donnant pas d'autres indications. Elle n'avait pas menti mais elle n'avait pas parlé du plan de Radcliffe, ni de ce qu'il avait préparé pour Poudlard ou du pourquoi de ses intentions. Gwen ne lâcherait pas les informations utiles aussi facilement.
—Pourquoi tes parents t'ont foutu à la porte? demanda Gwen.
Avec cette question, elle testait encore sa résistance. Cette fois-ci, il décida de dire la vérité, même si elle était douloureuse.
—Ils ne m'ont pas foutu à la porte. La vérité c'est que c'est moi qui suis parti. Mes parents avaient organisé une fête pour me faire rencontrer des filles de bonnes familles, de sang-pur évidemment… J'ai pété un câble et je suis parti.
—Mon pauvre chéri, railla Gwen.
—Est-ce que tu as déjà regretté d'avoir obéi à Radcliffe? demanda Scorpius pour se venger.
Le rire de Gwen mourut dans sa gorge. Elle se mit à fuir son regard.
—Dis ton gage, lâcha-t'elle d'une voix blanche.
—Embrasse-moi.
Elle parut surprise, tout comme il l'était lorsqu'elle lui avait ordonné de se déshabiller. Elle lâcha un profond soupir avant de reprendre une grande inspiration. Sa poitrine montait puis descendait sous le tissu rayé de son uniforme. Elle finit par se pencher en appelant Scorpius du doigt. Il se pencha à son tour et Gwen posa sa main chaud sur sa joue glacée. C'était le premier contact physique agréable qu'il recevait depuis des semaines. Il ne pouvait nier ce doux frissons d'excitation qui parcourait sa peau nue. Gwen chercha ses lèvres comme si elle avait oublié comment embrasser quelqu'un. Lorsqu'enfin leurs lèvres se trouvèrent, toute timidité disparut entre eux. Le désir fut plus fort que le jeu et Scorpius ne tarda pas à enrouler sa langue autour de celle de Gwen. Ils se goûtèrent ainsi pendant de longues minutes et dans ce baiser sauvage, Scorpius commença à se consumer de plus en plus. Ce fut Gwen qui s'écarta la première. Elle essuya sa lèvres inférieur de son pouce et Scorpius l'observa faire, de plus en plus excité. Seulement, il était toujours nu et il serait compliqué pour lui de cacher son désir culminant, même en croisant les jambes.
—Pourquoi as-tu agressé ces moldus? demanda-t'elle pour sa troisième question.
La première question piège... , pensa Scorpius. Encore emporté par la fièvre de leur baiser, Scorpius rassembla toute la concentration dont il était capable. C'était difficile, nu, un peu groggy par le veritaserum, fuyant le regard envoûtant de Gwen.
—Je faisais la tournée des bars, commença-t'il. A un moment, je suis sorti pour fumer une clopes. Y avait ses trois abrutis qui emmerdaient une pauvre fille. Je ne la connaissais pas mais ça m'a mis en rogne. J'étais bourré… j'ai pas réfléchi et je leur ai jeté un sort avant de m'en rendre compte.
C'était la vérité. Il avait bien sûr omis de lui préciser qu'il s'était saoulé pour justement se donner le courage d'agresser quelqu'un. Il ne voulait pas frapper un pauvre innocent. Ces trois connards étaient vraiment tombés à pic. Gwen parut contente de sa réponse. Elle ne demanda pas plus d'explication, se contentant de laisser son regard traîner sur son torse pour descendre lentement vers son bas-ventre.
—A moi, dit-il d'une voix un peu pâteuse. C'est quoi cette drogue que tu fourges aux prisonniers.
Elle joua nerveusement avec l'une de ses rastas. Scorpius crut qu'elle allait demander un nouveau gage. Mais elle se mit à parler.
—C'est une poudre. Tu en sniffes un peu et tu retrouves tous tes pouvoirs pour une heure ou deux, ça dépend des gens.
—Comment ça marche?
Elle fit non du doigt en continuant à boire.
—Ça fait deux questions… C'est à mon tour! Qu'est-ce que ça t'a fait quand la rouquine t'a plaqué? Tu as pleuré?
Gwen frappait là où ça faisait mal. Scorpius était persuadé qu'elle le faisait exprès, soit pour lui faire du mal, soit pour l'obliger à utiliser un autre de ses Joker. Il n'avait toujours pas envie de parler de Rose et le veritaserum n'y aidait pas.
—Ton gage? demanda-t'il en prenant un air sombre.
—Enlève-moi le haut...sans les mains.
Il s'approcha d'elle et Gwen se pencha un peu en arrière. Il capta son regard avant de mordre le tissus à la hauteur de son ventre. Scorpius prenait appui sur ses bras, de par et d'autre de Gwen. Elle avait écartée les jambes pour lui laisser la place et la position était quelque peu équivoque. A mesure qu'il tirait doucement le tissu par le haut, il sentait son odeur, un léger parfum de transpiration qui lui fit tourner la tête. Son menton caressait sa peau nue. Lorsqu'il frôla ses seins, il dut faire un effort surhumain pour ne pas perdre pied. Il la sentit tressaillir, elle aussi et la brève expiration qui suivit son frisson fut bien plus excitant que le contact de sa peau. Elle leva les bras et il fit passer la chemise par-dessus son visage. Son regard tomba sur ses seins. Il les avait déjà vu, à Poudlard, lorsqu'ils avaient couché ensemble, il y avait de cela une éternité. Mais là, dans cette cellule à Azkaban, seuls et enfermés, lui nu et elle à demi dévêtue… Ses mains tremblaient.
Gwen l'aida un peu pour se débarrasser du vêtement. Il cracha la frusque qui échoua sur le sol et reprit sa place lentement, incapable de détacher ses yeux de sa poitrine. Sa respiration était calme. Il s'y concentrait de toute ses formes pour faire taire, au fond de lui, ses bas instincts. Gwen n'avait aucune gêne à se retrouver ainsi seins nus. Elle en jouait même, souriant à Scorpius, un air de triomphe sur son visage.
—Dernière question, dit-il d'une voix rauque. Qui fabrique cette drogue?
—Je prends le gage.
Au fond de lui, Scorpius espérait qu'elle le demande. Ce n'était pas bien. Il perdait de vue son objectif mais il était beaucoup trop excité pour réfléchir à autre chose. Il n'arrivait plus à contenir son désir et il pointait entre ses jambes depuis un moment. Scorpius inspira profondément. Il brûlait de formuler sa demande sans toutefois oser prononcer les mots. A la place, il baissa les yeux vers son entre-jambe tendu, puis dévisagea Gwen, dans une supplique silencieuse. Gwen observa son sexe, le regard empli d'une concupiscence irrésistible.
Elle s'approcha de Scorpius avec la même lenteur que lui lorsqu'il lui avait enlevé sa veste. Gwen referma d'abord simplement sa main autour de son organe. Ce simple contact lui fit fermer les yeux en entrouvrant la bouche pour empêcher un gémissement maladroit. Elle le caressa de haut en bas, douce et tranquille en prenant son temps. Puis sa bouche remplaça ses doigts. Le bout de sa langue chatouilla son extrémité tout comme ses longs cheveux sur ses cuisses nues. Sa tête partit légèrement en arrière et il se mordit la joue pour ne laisser aucun son sortir de sa bouche. Celle de Gwen s'activait de plus en plus vite dans des bruits de bouches et de salive qui était trop excitants pour l'arrêter maintenant. Ses mains étaients posées sur ses cuisses devenues chaudes à son contact. Il ne se souciait plus du froid ni de l'endroit où il osait faire cela. Il n'y avait plus que le plaisir qui montait toujours plus haut et plus fort. Lorsqu'elle se mit soudain à lui malaxer ses valseuses, il perdit complètement la tête.
Ce fut bref et intense. Gwen se redressa ensuite en se rinçant la bouche avec une autre rasade de Whisky, satisfaite. Scorpius, quant à lui, avait le souffle court et les joues en feux. Il ne savait plus s'il devait avoir honte ou la supplier de recommencer. Dans la brume de son esprit, engourdi par les réminiscences de sa jouissance, il entendit la dernière question de Gwen.
—Qui t'a envoyé ici?
Scorpius crut mal comprendre. Il dévisagea Gwen, la respiration encore haletante. Elle ne riait plus, ne souriait plus. Son regard était dur. Au fond de lui, une voix lui hurla qu'elle avait tout compris et qu'il avait fait tout cela en vain. Mais une autre lui rappela qu'elle ne savait rien et qu'il lui restait un dernier joker pour éviter la vérité.
Gwen le savait. Elle n'attendit pas qu'il lui dise qu'il ne répondrait pas à sa question. Elle se débarrassa de son pantalon déchiré qui tomba à ses minces chevilles et s'assit sur son lit. Elle écarta doucement les jambes, lui dévoilant son intimité la plus totale.
—À toi de me faire plaisir... , dit-elle d'une voix rauque.
Il lui caressa l'intérieur de la cuisse, comme s'il la touchait dans un rêve. Son esprit confus lui hurlait toutes les inquiétudes que devaient lui susciter sa question mais pour l'instant, il était emporté par le désir de la contenter. Il voulait la faire taire et l'accomplissement de ce gage était la seule solution. Il se pencha doucement vers son entrejambe et y déposa d'abord un baiser. Elle était humide et cela excita beaucoup plus Scorpius qu'il ne l'aurait voulu. Il lécha un peu et entendit son premier gémissement, comme une petite exclamation de surprise. Il avait touché juste. Il la caressa ensuite avec ses doigts, pile à l'endroit qui lui avait arraché un petit bruit à peine assumé. Gwen souleva ses jambes en prenant appui sur le rebord du lit et Scorpius le prit comme un encouragement. Il remplaça sa main par sa langue tout en introduisant deux doigts en elle qui glissèrent comme s'ils avaient toujours dû être là. Gwen lui caressa la tête en passant ses mains dans ses longs cheveux blonds. Elle se mordit la lèvre pour faire taire ce qui la brûlait de l'intérieur et sa jambe tomba un peu sur le dos nu de Scorpius. Lui, continuait à lécher, à entrer et à sortir, guider par le rythme des halètements de Gwen et par la pression de ses doigts dans sa chevelure.
Il leva la tête un moment pour la regarder. Ses joues étaient rose et son regard fiévreux. Elle ne dit rien mais tout son corps le priait de continuer. Il faillit se pencher vers elle pour lui arracher un baiser mais il se retint au dernier moment. Il avait été pris d'un réflexe et se maudit pour cela. Ce geste romantique n'était pas destiné à Gwen. Il ne voulait pas lui laisser le moindre doute. Il tua cette impulsion dans l'oeuf en retournant à sa tâche, léchant de plus belle en la faisant gémir de plus en plus fort.
Il sentait son regard sur lui, les frémissements de sa peau et la sueur perler sur ses jambes. Avait-elle remarqué ce réflexe malheureux? En avait-elle envie? Ou s'était-elle simplement rendue compte qu'il bandait encore? Il ne voulait pas avoir la réponse à ses questions. Il ne voulait plus jouer.
Il eut l'impression que des heures passèrent avant qu'elle ne jouisse. Il en eut l'indice par ses gémissements plus prompts et plus forts ainsi que par le tremblement de ses jambes. Lorsqu'elle s'échoua sur les draps, secouée de spasmes, il la délaissa sans préambule et remit ses vêtements, ignorant son membre encore durci par l'excitation et ses mains tremblantes. Il se retourna ensuite sur Gwen, complètement habillé, frustré et plus accablé que jamais.
—Le jeu est terminé, dit-il alors qu'elle se relevait vers lui.
Sans ajouter un mot, il grimpa sur la couchette du haut, volant ainsi le lit attitré de Gwen, son unique et mince victoire à la fin de cette partie.
OoO
Le lendemain, les rôles étaient inversés. Scorpius ne prononça plus un son en présence de Gwen. Chaque fois qu'il croisait le regard de la jeune femme, il voyait s'épanouir sur son visage un sourire de triomphe. Scorpius ne pouvait s'en prendre qu'à lui-même. Gwen l'avait pourtant prévenu avant de commencer la partie. Il allait sans doute le regretter.
Et elle avait eu raison. Il regrettait amèrement.
Sa dernière question l'avait foudroyé. Au milieu de son excitation et de la torpeur de l'alcool, ses mots s'étaient immiscés au plus profond de son être, déclenchant une terreur sourde qui ne l'avait plus quitté. Gwen était une fille intelligente. Comment avait-il pu imaginer tromper la personne qui les avait piégés durant une année entière? Et qu'avait-elle deviné au juste? Le soupçonnait-elle d'être un espion? Un infiltré envoyé par le grand Harry Potter pour déjouer tout son réseau? Sur le moment, il n'avait pas su comment réagir et il ne trouva que le gage pour s'en sortir. Il n'avait pas parlé, il n'avait pas menti et il pouvait encore expliquer son geste par un besoin primal de promiscuité. Mais les faits étaient là: Gwen se doutait de quelque chose et il ne savait pas quoi faire pour la convaincre du contraire. Scorpius s'était alors muré dans le silence. Elle avait respecté son choix, plus que lui avec ses combines débiles.
La faveur de Scorpius auprès d'Ombrage ne l'escomptait pas de son travail et Gwen avait remplacé Clovis dans le nettoyage inutile des douches. Cette après-midi-là, Scorpius s'occupait du sol tandis que Gwen se reposait, assise contre le mur carrelé, observant Scorpius qui avait les yeux rivés sur sa tâche.
Il sentait une tension entre eux. Plus que sexuelle, leur silence était étouffant. Scorpius sentait que Gwen voulait lui dire quelque chose, peut-être le confondre et il redoutait le moment où il devrait véritablement mentir. Il avait peur de ne pas jouer assez bien la comédie, face à elle, qui avait un talent inégalable en ce qui concernant le genre humain.
Ce fut dans ce calme apparent qu'ils perçurent les bruits de pas. Ils étaient nombreux et Scorpius eut, tout à coup, une impression de déjà-vu. Sauf, que cette fois-ci, c'était lui qui était à la place de Clovis. Lorsqu'il regarda derrière lui, ses craintes se confirmèrent. Vask en tête, un groupe de néo-mangemorts pénétra dans la salle rectangulaire, l'écho de leur pas sur les flaques d'eau sous leurs talons.
Scorpius se redressa immédiatement. Par réflexe, oubliant ses griefs, il se plaça devant Gwen, comme pour la protéger. Elle s'était relevée, elle aussi. Son visage ne montrait aucune peur mais son regard était tout de même inquiet. Les néo-mangemorts n'avaient plus ce ton sifflant et amusés. Leurs traits étaient durs et vindicatifs. Ils n'étaient pas venus s'amuser mais pour se venger. Scorpius comprit qu'il devrait se battre, s'il voulait s'en sortir vivant, en espérant survivre à six néos en colère. Ils avaient dû apprendre la mort de Conrad et même s'il ne pouvait se vanter de leurs grands esprits, ils étaient assez futés pour faire le lien.
Vask fut le premier à s'avancer, les autres les encerclant.
—On peut peut-être discuter, non? tenta Scorpius en levant les mains en signe de paix.
—Tu vas payer pour Conrad, sale Lèchebouse! répliqua Vask en levant déjà son point.
Gwen fut plus rapide que tout le monde. Elle sortit un long tuyau métallique de sa manche et frappa le bras de Vask avec la rapidité d'un félin. Un cri étouffé s'échappa des lèvres du demi-troll qui s'écroula un peu sur lui-même. Scorpius prit cela pour une signal. Les mots ne suffiraient pas à les convaincre. Il lui restait ses poings même si son grand-père n'aurait certainement pas approuvé. Il frappa Vask au visage et sentit la douleur se répercuter dans tout son bras. C'était une chose de laisser libre court à sa colère, s'en était une autre de cogner pour se défendre. Il frappa un autre néo dont il avait oublié le nom sans se préoccuper de Gwen qui s'était déjà jeté dans la mêlée.
Un autre se précipita sur lui et il le frappa de la même manière, en visant le nez. Le néo, un gars blond, presque les cheveux blonds, s'effondra sur deux de ses potes. Il frappa encore, gorge, poitrine mais tandis qu'il envoyait ses coups calculés, un grand maigre abattit ses deux poings sur son dos. La douleur du choc le sonna et il eut du mal à se redresser pour lever sa garde.
Vask avait repris ses esprits. Il envoya une droite à Scorpius qui le fit décoller du sol. En se retournant, sur le sol qu'il venait d'astiquer, il aperçut Gwen, toujours armée de son tuyau, broyer, de sa main, les parties sensibles de son assaillant. Elle leva ensuite son arme et l'abattit sur le néo qui tomba à ses pieds, en sang.
Pour Scorpius, les coups pleuvaient. Trois néos s'acharnaient sur lui à coup de pied. Il se recroquevilla sur lui-même, protégeant son visage de ses bras. Un talon percuta l'une de ses côtes et il en eut le souffle couper. Dans un geste de désespoir, il agrippa la première cheville qu'il vit et tira de toute ses forces pour faire chuter son adversaire. Vask le frappa encore au visage, violemment et tout se mit à marcher au ralenti.
Il perçut un cri strident et discerna la silhouette floue de Gwen, jetée au sol, comme brisée, telle une brindille. Il perçut le cliquetis du tuyau de métal qui lui avait échappé de ses mains pour rouler sur le carrelage, près d'une mare de sang. Il espéra qu'il ne s'agissait pas du sien. Les coups pleuvaient toujours, plus dru et plus fort. Gwen était près de lui. A travers le filtre rouge du sang qui lui coulait dans les yeux, il rencontra son propre regard, effrayé.
Si seulement il avait eu sa baguette… Il excellait bien mieux en duel. Il les aurait tous vaincu d'un simple claquement de doigt.
Scorpius et Gwen ne bougeaient plus et cela n'amusait plus la troupe de Vask qui avait l'impression de s'acharner sur de vulgaires sacs de viande. Ils s'éloignèrent un peu. Vask reprit son souffle. Il était en sueur, rouge comme un buffle essouflé. Scorpius ne sentait même plus la douleur. Son esprit vaguait dans un mélange de peur et de résignation.
Si seulement, il avait une baguette…
Gwen s'était redressé. Scorpius ne savait pas comment. Peut-être avait-elle reçu moins de coups que lui, ou était-elle animée d'une rage de vivre plus grande que la sienne. Avec ses dernière force, elle tira le poids mort de Scorpius derrière l'un des murets qui délimitaient les zones de douche. Elle le fit s'appuyer contre le mur en lui donnant de petits claques pour qu'il reste conscient.
—Sortez de là! rugit Vask, encore hors de lui. On n'en a pas encore fini avec vous!
—Scorpius! dit Gwen en le gifflant. Reste avec moi.
—Va-t'en… Sors de là…, murmura-t'il faiblement.
—Tiens. Respire.
Elle avait sorti un petit sachet contenant une poudre blanche. Scorpius la contempla et dans les méandres de son cerveau tordu par la douleur, il comprit qu'elle lui tentait sa précieuse drogue. Il leva faiblement la main pour éventer le sachet, refusant d'en prendre. Gwen insista. Elle plaça le sachet sous son nez et le força à inspirer profondément en lui plaquant une main sur ses lèvres.
—Ils sont en manque, lui souffla-t'elle. Ils n'ont plus aucune magie en eux. On peut réussir à les battre.
L'effet fut immédiat. D'abord, il ressentit comme une sensation familière, comme si son corps avait manqué d'un élément vital pour se sentir bien et tout à coup, il recevait enfin le complément dont il avait cruellement besoin pour se sentir enfin entier. La douleur disparut peu à peu, dans chacun de ses membres. Il respirait mieux, voyait mieux, son esprit était concentré et bouillonnait d'action. Il eut un besoin irrépressible et décharger quelque chose et il sut qu'il avait simplement besoin de faire de la magie.
—Montrez-vous, espèce de Gobefanges, cria encore Vask.
Comme ses victimes ne daignaient pas à lui obéir, il décidé de venir à eux. Les pas lourds de Vask se rapprochèrent et il se posta, soudain, devant Scorpius et Gwen. Celle-ci venait juste de respirer une partie de sa poudre. Ses pupilles étaient extrêmement dilatées. Quant à Scorpius, il était toujours avachi par terre, adossé au mur, les bras ballants et le menton contre sa poitrine.
Vask ne se soucia pas immédiatement de Gwen. Il laissa la belle s'enfuir tandis qu'il levait encore son poing pour frapper Scorpius. Il l'arrêta brutalement à la seule force de sa paume. Scorpius referma ses doigts autour du poing serré de Vask et leva la tête vers lui. Scorpius avait les pupilles extrêmement dilatées et le blanc de ses yeux étaient devenus rouge, lui donnant des airs de démon. Il cassa le poignet du troll qui poussa un hurlement terrifiant. Il se leva ensuite et propulsa, sans le moindre effort le mastodonte contre le muret qui se fracassa sous son poids, dans un brouillard de poussière de plâtre et de jets de pierre.
Le groupe de néos se figea sur place devant la scène. Il contemplèrent la silhouette de Scorpius, mouillée par les jets d'eau des tuyaux cassés. Scorpius était terrifiant et il avait encore une énorme dose de magie à dépenser. Soudain un mangemort leva les bras dans une position bizarre. Sa tête craque sur le côté, ses jambes se arquèrent comme s'il venait soudain de monter sur un cheval invisible. Il pris la pose ridicule d'un pantin de bois tiré par des fils invisibles et Gwen s'avança ses doigts tendues dans une position qui faisait curieusement écho à celle de sa victime. Le néo-mangemort se mit à attaquer ses compagnons qui se débattaient en vain, contre un cadavre.
Vask s'était relevé, le nez en sang, le bras pendant mollement sur son flanc. Il tenait dans son autre main, la barre de fer de Gwen et il la brandit contre Scorpius. D'un simple geste, il rendit le métal aussi mou qu'une corde et le fit s'enrouler autour de la gorge de Vask. Celui-ci prévint l'étranglement en coinçant son bras valide entre sa pomme d'Adam et le métal rendu élastique. Scorpius lui donna un coup de pied à l'estomac et il vola dans la pièce, percutant de plein fouet ses compagnons qui tombèrent comme un jeu de quilles.
Les autres restèrent à terre, sachant pertinemment qui venait de l'emporter. Mais Vask, en plus d'être débile, était têtu. Il libéra sa gorge à force de tirer sur le métal et se releva encore, plus féroce que jamais. Il empoigna un énorme gravas et le jeta, avec beaucoup de puissance, sur Scorpius qui arrêta le projectile en le fracassant à main nue. Vask s'était précipité à la suite de son boulet de canon et apparut devant Scorpius dans la poussière du débris, en hurlant toute sa rage. Il empoigna Scorpius par la taille et le plaqua violemment contre le mur, le rouant de coup. Mais Scorpius ne sentait aucune douleur. Il observa Vask s'échiner, pris d'un fou rire. Gwen et les autres contemplaient la scène, dans un silence uniquement ponctués par les cris de colère de Vask.
Scorpius se saisit du bras encore valide du néos en le cassa comme une brindille. Vask poussa un hurlement déchirant, entre la surprise et la colère. Il frappa encore de son épaule, s'acharnant jusqu'au bout. Scorpius et lui étaient couverts de sang, d'eau et de poussière blanche. Scorpius le saisit à la gorge et entendit les gargouillis inaudible de sa proie. Il le fit mettre genoux à terre, devant lui et le domina de toute sa taille.
—Arrête ou je te tue, dit-il à Vask et à lui-même.
Il ne perçut aucune hésitation dans les yeux de l'homme qu'il tenait à sa merci. Au fond de lui, Scorpius l'aurait voulu. Il savait que si Vask continuait, il devrait le tuer et il ne voulait pas obéir à la pulsion meurtrière qui était née en lui, en même temps que la puissance qui l'avait soudain envahie sous l'effet de la drogue de Gwen.
Pour toute réponse, le second de Conrad lui cracha un glaire de sang. Ainsi sonna le glas de l'innocence de Scorpius. Il prit la tête de Vask entre ses mains et la tourna, d'un geste rapide, dans un angle étrange. Il eut un craquement sinistre et le néo-mangemort tomba en arrière, sa tête dodelinant étrangement sur son cou rompu. Le bruit de son corps frappant le sol fut suivi par un silence de mort.
Scorpius contempla le corps comme s'il s'agissait d'une scène hors du temps, comme s'il s'était trouvé là, en observateur constatant, sans horreur, le cadavre qui gisait tout à coup à ses pieds. Il sentait encore la magie dans chacune de ses veines, grouillant sous sa peau et ne désirant qu'une seule chose: sortir à tout prix. Il leva la tête vers son public et dévisagea chacun des néo-mangemorts, tétanisé sur place, craignant de subir le même sort que leur chef.
—À partir de maintenant, dit-il d'une voix calme mais sans appel, c'est moi qui commande. Si vous voulez votre dose, il faudra passer par moi!
Et lorsqu'il se tourna vers Gwen pour chercher son assentiment, elle lui sourit.
OoO
Scorpius était encore sous l'effet de la drogue lorsqu'il vint à la rencontre d'Ombrage. Il s'invita sans s'y faire prier et il ne ressentait plus aucun appréhension à se retrouver face à la toute puissante Mère. Il traversa le tunnel, d'un pas rapide et sûr, les néos-mangemorts sur sur talons. Ombrage se tenait sur son trône de pierres, flasque et ridée comme à son habitude. Elle sirotait un gobelet en métal alors que sa cour l'entourait de petites attention.
Rosier lui barra la route de sa haute stature. Scorpius fut tenté d'user un peu de magie sur lui, ayant toujours la défaite de Vask en tête. Mais il avait une autre idée en tête et il adressa son plus beau sourire au garde-du-corps d'Ombrage.
—Je suis venu voir la Mère, dit-il
—Elle ne t'a pas appelé, répliqua Rosier de sa voix particulièrement grave.
—Je viens lui apporter ce qu'elle m'a demandé.
Le garde-du-corps hésita. Il étudia Scorpius, son visage qui portait encore des traces de sang et de coups. Puis, il sonda l'obscurité du tunnel derrière Scorpius, là où attendait la dizaine de mangemorts, Gwen dans le lot.
—Ils sont avec toi?
—Ce sont mes otages plutôt… , ne put-il s'empêcher de rire.
Rosier acquiesça lentement même s'il n'était sûr de comprendre réellement le sens de sa phrase. Il s'écarta et Scorpius entra, seul, dans l'antre du crapaud.
Il y avait moins de monde que d'habitude. L'heure des activités manuelles n'était pas encore terminé et la plupart des hommes et femmes, sous la coupe, d'Ombrage, travaillaient dans les différents secteurs de la prison. Il ne restait qu'une poignée de prisonniers qui veillait au confort et aux milliers de petits caprices de la vieille sorcière.
Scorpius s'avança lentement dans la lumière, suivi de près par Rosier. Ombrage leva son nez empâté de son verre et sonda l'importun, les lèvres légèrement pincées.
—Mr. Malefoy, vous ici… Sans la moindre invitation. J'espère que vous m'apporter de bonnes nouvelles, dit-elle de sa petite voix aiguë.
—D'excellentes nouvelles, corrigea-t'il avec un grand sourire crispé.
Elle fronça le nez et les sourcils en découvrant l'apparence du sorcier. Scorpius était encore poisseux de sang et d'eau des fuites de la salle de bain. Il avait encore des yeux de fous et il ne pouvait s'enlever ce grand sourire sur son visage, encore sous l'effet de la drogue. Elle lança un regard exorbité à Rosier comme pour lui signifier de se tenir sous ses gardes. Celui-ci se tint très près de Scorpius, près à intervenir.
—Alors? dit-elle en essayant de paraître calme. M'apportez-vous ma réponse?
—Oui sinon je ne me serais pas permis de m'inviter ainsi, dit Scorpius en imitant son ton pompeux.
Ombrage ne réussit pas à s'en réjouir. Ses lèvres se crispèrent dans un petit sourire inquiet. Celui de Scorpius était effrayant. Elle sentait que quelque chose clochait chez lui et cela ne présageait rien de bon.
—Alors? Comment font les néos-mangemort pour utiliser la magie?
—Grâce à une drogue, avoua Scorpius, toujours hilare.
—Une drogue? répéta Ombrage, sceptique.
Scorpius sortit de sa poche le sachet que lui avait donné Gwen. Il n'en restait qu'une infime partie mais il secoua le reste devant Ombrage.
—C'est cela…votre drogue?
—Oui, répondit Scorpius en l'agitant sous le nez de Rosier. Il suffit de l'inhaler. Vous allez voir.
Il ouvrit le sachet, plongea son nez dedans et inspira profondément. Rosier, Ombrage et les autres prisonniers le regardèrent faire, interdits. Scorpius rejeta la tête en arrière en s'essuyant les narines et en serrant la mâchoire. Les traits d'Ombrages s'assombrirent.
—Je ne vois toujours pas de magie, commenta-t'elle de plus en plus sceptique.
—Vous allez voir… Comme ceci!
Il agita soudain sa main vers le sol de pierre aux pieds de Rosier. Aussitôt, la terre devint meuble et le garde-du-corps s'enfonça rapidement comme s'il était soudain pris dans des sables mouvants. Bientôt, il ne resta que sa tête qui dépassait, au ras du sol, solidifié dans la pierre.
—ROSIER! s'écria Ombrage, soudain paniquée.
Scorpius siffla et à son signal, ses néos-mangemorts, gorgés de magie, envahirent la caverne, menaçant les pauvres détenus qui se rendirent immédiatement. Ombrage s'était levée, blême, ses yeux plus exorbités que jamais, la faisant ressembler à un énorme crapaud, suant à grandes eaux. Sa lèvre inférieure se mit à trembler comme si elle allait se mettre à pleurer.
—Qu'est-ce que ça signifie? cria-t'elle encore, refusant de comprendre ce qui était en train de se passer.
—Je vais vous expliquer, dit Scorpius en gravissant l'amas de pierres pour rejoindre Ombrage. J'ai piégé Conrad, je vous piège à votre tour. Je commande les néos-mangemorts et j'ai le contrôle total sur l'approvisionnement de cette poudre magique, dit-il en agitant le sachet sous les yeux horrifiés du crapaud.
Ombrage était pâle comme la mort. Ses gros doigts boudinés tremblaient tandis que Scorpius s'approchait tout près d'elle. Elle s'agita, tenta de se lever pour fuir mais Scorpius la plaqua contre son siège de fortune.
—Vous ne pouvez pas! bredouilla-t'elle. Silver me protègera.
—Silver et les autres gardiens aiment plus ma drogue que vous, rétorqua Scorpius d'une voix sifflante. Vous êtes finie… Vous allez passer le restant de votre vie à nettoyer la merde de vos anciens protégés.
—Espèce de sale petit…, cracha Ombrage.
Scorpius la coupa d'un simple geste de la main. Aussitôt, sa voix de petite fille désagréable s'éteignit. Ombrage ouvrit la bouche, bougea ses lèvres mais aucun son ne sortait. Scorpius se mit à rire devant les vociférations muettes de l'ancienne Mère. Il la saisit par la peau du dos et l'éjecta de sa place. La vieille carcasse du crapaud roula sur l'amas de pierre jusqu'à s'écrouler au sol, aux pieds de Gwen, toute aussi hilare que son nouveau maître.
Scorpius prit place sur le trône de la Mère et contempla les néos-mangemorts qui se mirent à l'acclamer.
OoO
Après des heures de magie miraculeuse, la descente fut atroce. Scorpius avait rit, pris d'une hilarité étrange face aux évènements qui s'étaient enchaînés à une vitesse folle. Il riait encore lorsqu'il avait regagné sa cellule avec Gwen. Son rire s'était atténué lorsqu'il s'était assis sur son matelas et il mourut petit à petit.
Toute la puissance qu'il avait ressenti, s'évanouit tout à coup. Il ne sentit plus qu'un grand vide et une brusque lucidité le ramena sur terre. Alors que la nuit tombait sur la prison des sorciers, Scorpius se repassait tous ces derniers souvenirs, l'esprit clair et avec la culpabilité qui l'accompagna. Qu'est-ce qu'il avait fait?
"Tu as tué un homme…", lui chuchota la voix de Rose dans son esprit.
Une angoisse profonde le saisit. Il se sentait faible, faible et coupable. Tout ce qu'il avait toujours rejeté, tout ce pour quoi il s'était battu toute sa vie… Réduit à néant par une simple dose. En quelques heures, il était devenu son pire cauchemar et il avait tué… Il entendit, en boucle, le craquement de la nuque de Vask entre ses doigts. Le regard vide que lui avait ensuite lancé son cadavre et le pire de tout, son propre rire à la vue du corps sans vie de sa victime. Il avait tué… Il était un assassin. La nausée se fit plus violente. Il se dégoûtait lui-même.
Gwen se tenait dans l'ombre à l'observer. Elle avait remarqué son changement d'attitude. Elle savait ce qu'il se passait en lui. Elle avait l'expérience. Elle s'approcha, à pas feutrés et s'abaissa vers lui. Scorpius n'avait cessé de fixer le vide qui faisait écho à celui dans lequel il plongeait. Elle posa ses mains sur sa peau devenue froide comme de la glace et le caressa pour le réchauffer.
—Tout va bien, murmura-t'elle doucement.
—Donne-moi une nouvelle dose, dit-il sur un ton froid et agressif!
—Non, répondit-elle simplement.
Il la rejeta en dégageant son bras. Il se cacha ensuite le visage entre ses mains. La tête lui tournait. Il avait un goût de sang et de vomi dans la bouche. Ses doigts tremblaient. A vrai dire, tout son corps était parcouru de spasmes incontrôlables. Il avait envie de pleurer mais il était trop asséché pour produire la moindre larme. Il se dit que de toute façon, il n'avait pas le droit de s'apitoyer. Il n'était qu'un meurtrier. Il méritait cette souffrance. Il devait en reprendre pour oublier. Il le fallait à tout prix.
Il saisit Gwen par les épaules. Scorpius avait des yeux de fous, embués de souffrance.
—C'est normal, dit encore Gwen nullement impressionné. Ça ira mieux bientôt.
—Je te dis de m'en donner! s'énerva-t'il de plus en plus.
—Tu te sentiras mieux. Je te le promets.
Les doigts tremblant, sa détresse se transforma en colère. Il dévisagea Gwen avec l'envie de lui faire du mal, de lui faire payer son état. Il sut, à cet instant, qu'il était perdu. Dans son hallucination, en isolement, Rose lui avait parlé des ténèbres dans lesquelles il lui faudrait plonger tout entier. C'était ce qu'il faisait. La rage se mêla à la souffrance, la tristesse au désir, tout se résumait au regard pénétrant de Gwen. Il oublia Vask, Ombrage, les Potter, ses parents et Clovis. Tous ces visages se mélangeaient dans les ombres, dans une fresque grotesque qui ne le concernait plus.
Seulement, dans l'obscurité la plus totale, demeurait encore un petit carré de lumière. Et dans cette clarté, quelque peu aveuglante, se tenait Rose. Courageuse et franche, innocente petite Rose qui lui lançait un regard inquiet. Il épouvra de la colère à la voir ainsi, le juger ou s'inquiéter pour lui. Il ne savait plus. Gwen avait raison: la pitié était la pire chose qu'on pouvait recevoir.
—Il faut que tu te soulage. Il y a d'autres moyens que les doses, dit Gwen d'une voix rauque en caressant sa joue creusée.
L'image de Rose compatissante toujours en tête, Scorpius se tourna vers Gwen, le visage sombre. Sans crier gare, il la prit à la gorge et la plaqua contre le mur de leur cellule. L'image de Gwen et de Rose se mêlait dans sa tête. L'une était responsable de ses ténèbres, l'autre les lui gâchait. Gwen parut surprise mais se mit bientôt à rire, comme si elle avait deviné ce qui se passait en lui. Leur respiration profonde était le seul son qui venait troubler la tranquillité de la nuit.
Gwen l'embrassa la première, dans un baiser violent et passionné. La main de Scorpius, sur sa gorge, passa derrière sa nuque et il se pressa contre elle. Elle tentait de le repousser, tout en continuant à l'embrasser et une lutte étrange débute entre eux deux. Scorpius la poussa, à nouveau, contre la pierre froide du mur et elle laissa échapper un petit cri qu'il étouffa avec sa bouche. Il tira sur son pantalon et déchira sa chemise pour dévoiler sa poitrine. Gwen le frappa à l'épaule, violemment et il lui attrapa le poignet pour le maintenir au-dessus de sa tête.
Ils s'embrassèrent encore et encore, se griffant et se frappant déjà. Scorpius enleva sa propre chemise et colla sa peau brûlante contre celle de Gwen. Celle-ci réussit à le repousser. Scorpius se cogna contre les barreaux du lit superposé. Gwen s'approcha et glissa ses mains sur ses fesses en tirant le tissus de son pantalon sur ses chevilles. Scorpius souleva Gwen dans ses bras et elle passa ses jambes autour de sa taille. Il la pressa, à nouveau, contre le mur froid et elle gémit à son contact.
Il embrassa sa gorge, ses épaules, lécha sa peau jusqu'à la pointe de ses seins. Gwen lui lacérait le dos du bout de ses ongles et elle poussa un faible cri lorsqu'elle sentit son érection entre ses cuisses, sur le point de la pénétrer.
Le souvenir de Rose le frappa brutalement. Etait-ce sa culpabilité, les gémissements de Gwen ou le fait qu'il n'avait plus été aussi intime avec une fille depuis des mois? Ce réveil douloureux le remplit de rage et l'excita tout autant. Il reposa Gwen au sol et l'obligea à se retourner, face contre le mur. Il se pressa contre sa peau, son aine contre ses fesses. Il goûta sa sueur dans son dos et lui pétrit les seins en savourant chacun de ses halètements.
Il la pénétra d'un coup de rein, violent et impatient. Elle gémit sous lui et il plaqua sa main contre sa bouche pour étouffer ses cris. Il avait soudain peur que tout le monde ne les entende dans la prison d'Azkaban. Elle lui mordit les doigts jusqu'au sang mais il tint bon, ne ressentant plus aucune douleur, seulement le plaisir. Il commença ses allées-venues, claquant son bassin contre le rebondis de son postérieur, suivant le rythme des gémissements étouffés qui s'échappait entre ses doigts en sang.
Lorsqu'il fut près de la jouissance, il guida Gwen pour qu'elle lui fasse face et avança son visage pour l'embrasser. Elle le poussa brutalement et Scorpius perdit l'équilibre et tomba au sol, les cheveux dans les yeux.
—Pas maintenant, murmura-t'elle dans l'ombre.
Il tenta de se relever et elle le repoussa encore, le plaquant au sol, ses mains sur son torse. Elle s'assit sur lui et s'unit à lui pour un deuxième round. Elle ferma les yeux, bouche entrouverte, tandis qu'elle montait et descendait sur lui. Tout comme pour elle, Gwen avait posé sa main sur sa bouche et haletait légèrement en se concentrant sur son propre plaisir. Scorpius la laissait faire, fasciné par le spectacle. Sa poitrine rebondissait à chaque claquement. Il leva une main pour la caresser et Gwen la balaya d'une claque. Cela dura un moment jusqu'à ce que Gwen ouvre un peu plus la bouche, comme emportée par une vague de plaisir silencieuse auquelle elle ne pouvait plus résister. N'y tenant plus, Scorpius lui donna une fessée et elle le gifla en retour. Il se redressa soudain, empoignant le fessier de Gwen pour la guider vers leur deux orgasmes muets. Au bord de l'explosion, elle le mordit à l'épaule et il poussa un râle dans le creux de sa nuque.
OoO
Quelques heures plus tard, Scorpius s'éveilla, en sursaut, d'un affreux cauchemar. Il mit du temps à se souvenir de l'endroit où il se trouvait et en fut d'autant plus étonné lorsqu'il découvrit le corps nu de Gwen, allongée à côté de lui.
Il reposa sa tête sur l'oreiller en essayant d'oublier ses rêves. Son esprit était encore embrumé par le sommeil, les dernières traces de drogue dans son organisme et le plaisir qu'il avait éprouvé à coucher avec Gwen. Il ne voulait pas que ça s'arrête. Il ne voulait plus jamais sortir de cet état.
Gwen s'agita sous les draps et ouvrit les yeux pour contempler son amant. Elle remarqua immédiatement quel mal l'avait saisi et elle se mit à caresser les poils blonds de son torse pour l'apaiser. Scorpius tentait de calmer sa respiration et le relents de culpabilité qui tentaient à tout prix de refaire surface.
—Ma vie est finie, murmura-t'il en luttant encore.
—Elle n'est pas finie, répondit Gwen dans un souffle. Elle ne fait que commencer.
Elle s'allongea un peu sur lui, le contact de sa peau nue le faisant frissonner. Gwen posa un doux baiser sur ses lèvres comme si elle n'avait jamais rien ressenti d'autre, pour lui, que de l'amour.
—Je vais m'occuper de toi, dit-elle encore dans un murmure. Je vais te montrer ce qu'est la véritable magie.
Elle lui donna un nouveau baiser et il se rendormit, bercé par cette promesse.
