Billy Hargrove Sucks
Traductrice: Mestissa
Pairing: Harringrove
Rating: M
Genre: Romance, Drame, Humour
Disclaimer: Traduction de la fanfiction de flippyspoon sur Ao3. Les personnages de Stranger Things ne m'appartiennent pas.
Résumé: Hopper confie à Steve la responsabilité de dégriser un Billy Hargrove bourré un après-midi et tout à coup, les choses commencent à prendre un sens.
BlaBla de la traductrice : On continu le job, j'espère que cela vous plais autant qu'à moi ! Tous le mérite des futurs histoires que vous lirez ici revient aux auteurs anglais, rien ne vient de moi !
Billy Hargrove Sucks
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Partie 1
Steve s'ennuyait et le pire c'est que c'était vendredi. Il y avait eu un moment dans sa vie de lycéen (avant Nancy) où vendredi signifiait, au pire, sortir avec Tommy et Carol et une fille qu'il ne détestait pas. Tout le monde l'admirait, lui disant à quel point il était génial. Il avait toujours passé ce qui semblait être du bon temps, du moins avant que Tommy et Carol ne deviennent tous les deux trop toxique pour lui.
Puis il y avait eu Nancy et ça avait été un âge d'or. Pendant une brève période, quand il était avec elle, parfois (juste parfois) il avait eu l'impression d'être le celui que les gens voyaient quand ils le regardaient. Ensuite, tout était partie en couilles et vraiment il aurait dû le savoir. Il aurait vraiment dû savoir que ce serait toujours un gars comme Jonathan, « Monsieur Mystère avec la sensibilité artistique et les yeux émouvants » ou quoi que ce soit que Nancy ai vu quand elle l'a regardé. Découvrir qu'elle ne l'avait jamais aimé, ce n'était pas seulement l'amour qu'on lui enlevait. Nancy lui avait fait sentir qu'il était LE gars, le roi Steve.
Même s'il n'avait l'intelligence de cette dernière, il avait pensé qu'il pourrait être la même personne que les gens pensaient qu'il était quand elle l'aimait. Même plus que ça, une bonne personne. Ce dont il ne s'était jamais vraiment soucié auparavant. Maintenant ... pas tellement.
Steve lança un caillou sur le trottoir et soupira. Il allait chez Nancy plus tard ... pour sortir avec son frère et ses amis. La partie pathétique de tout ça était qu'il avait hâte d'y être. Nancy et Jonathan étaient probablement à un rendez-vous quelque part à vanter les vertus de David Bowie ou un truc du genre. Steve était donc laissé pour compte, sans rien avoir à faire d'autre que de traîner au centre ville de Hawkins.
Il envisageait de regarder à nouveau « The Breakfast Club ». Il l'avait déjà vu trois fois. Au départ, ce genre de film ne semblait pas être son type (Tom Cruise n'était même pas dedans) mais quelque chose l'avait touché. Le film avait été évoqué dans une conversation avec Nancy et Jonathan et Steve ne voulait pas le voir avec eux. Ça lui semblait être un moment personnel entre eux.
Il flânait devant le Bradley's Big Buy quand il entendit la voix derrière lui et il grimaça, se préparant à un combat.
«Haaaarrington !»
Billy Hargrove apparu et Steve se retourna juste à temps pour voir Billy trébucher un instant avant de s'appuyer sur la vitrine du magasin. Ses cheveux bien aimés avait l'air un peu décoiffé mais sa chemise noire était, comme d'habitude, ouverte à mi-poitrine. Il tenait un sac en papier dissimulant clairement une bouteille d'alcool dans sa main revêtu d'une mitaine. Il sourit à Steve avant de prendre une gorgée. Boire ouvertement, étant mineur, en plein jour dans le centre-ville ? Mauvaise idée et complètement stupide.
« Comment ça va, joli garçon? »
Son souffle le heurta sentant l'alcool et la cigarette et Steve recula d'un pas, alors même qu'il souhaitait lui-même une cigarette.
«Dégage, Hargrove,» marmonna Steve.
Il fourra ses mains dans ses poches en se retournant pour partir. Billy resta devant lui, marchant à contre sens sur le trottoir pour que Steve soit obligé de le regarder. Il écarta largement les bras, trébuchant à nouveau. Il était clairement bourré.
«Tu à l'air de t'ennuyer ! Et je m'emmerde comme rat mort. Faisons quelque chose ! » Il se retourna et cria « PARCE QU'IL N'Y A RIEN À FAIRE DANS CETTE VILLE DE MERDE !
-Seigneur ! »
Steve attrapa Billy par son col et le tira en arrière.
«Tu es complètement bourré imbécile ! Pourquoi tu ne rentres pas chez toi pour dormir ?
-Rentrer chez moi» répéta Billy, le fixant avec une expression vide
« Ouais ».
Il resta là silencieusement pendant un moment, debout dans la lumière, et Steve remarqua pour la première fois l'hématome autour de son œil.
«Qu'est-il arrivé à ton œil ?» Dit Steve en souriant un peu. «Max te botte le cul ? »
«Va te faire foutre, Harrington,» dit Billy en se renfrognant.
« Peu importe »
Steve roula des yeux et fit un pas sur le côté pour avancer.
« Dégage de mon chemin.
-Ouais, okay. » répondit Billy.
Et si Steve n'avait pas jeté un regard en arrière, juste à temps pour voir l'ivrogne sur le point de traverser devant un bus roulant en sens inverse, Billy Hargrove aurait pu se retrouver enterré juste à côté de Barb et Bob. Steve se déplaça rapidement, juste à temps pour attraper à nouveau Billy par son col, le tirant et le poussant contre un camion garé sur le bas côté.
« Mais qu'est ce qui ne vas pas avec toi !
-Harrington !» Dit Billy en lui souriant. «Tellement heureux de savoir que tu t'en souci !
-Seigneur.
-Allez,» dit Billy en lui faisant un clin d'œil. «Finis cette bouteille avec moi. Je n'ai rien de mieux à faire. Ma Camaro est juste là-bas… »
Il montra paresseusement l'autre côté de la rue et Steve se sentit un peu malade.
«Tu ne conduiras nulle part, idiot,» dit Steve.
«Je vais bien ,» dit Billy, le repoussant. « Ne t'inquiète pas pour moi , joli garçon...
-Je ne m'inquiète pas pour toi, je peur que tu ne tues quelqu'un.
-Merde, gamin » dit Hopper, apparaissant de l'autre coté du camion. « Encore ça ? »
Steve se redressa par réflexe et leva les mains en signe de défense.
«Je n'ai rien fait.
-Je sais. » répondit Hopper, le regardant comme s'il était stupide. «Celui là par contre... »
«Shérif» dit sombrement Billy, les yeux fixés sur le sol.
Il essaya sans enthousiasme de cacher son sac en papier derrière lui. Ce n'était la réaction qu'attendait Steve de Billy devant un flic.
«Que dirais-tu de me remettre cette bouteille ?» Dit doucement le Shérif. Il leva les yeux vers Steve et dit: «Donne-nous une minute, d'accord ? Mais ne part pas tout de suite. »
Steve eut un mince sourire et s'éloigna, mais revenant lorsque Hopper eut le dos tourné, curieux d'entendre ce qui allait se dire.
«Qu'est-il arrivé à ton œil, gamin ?» Demanda Hopper.
Steve tendit l'oreille pour entendre Billy mais il ne put le comprendre.
«Ça ne ressemble pas à rien. Je ne peux pas t'aider si tu ne me laisse pas… D'accord… On va faire un deal okay ? Premièrement, je sais que tu as besoin de décompresser, mais que dirais-tu le faire hors de vue. Deuxièmement, ne blesse personne d'autre. Si tu poses de nouveau les mains sur Steve Harrington et..
-Je n'allais pas... » s 'offusqua Billy, indigné.
«Ou l' un de ses petits amis…»
Steve se sentait touché de voir que le chef se souciait de lui à ce point et aussi irrité qu'il soit reconnu comme étant ami avec la bande de nerds. Même si il était très attaché à cette dite bande.
«Ne me donne pas une raison de t'arrêter, compris ?
- Cela semble juste radical , monsieur.
-Allez, arrêtes cette merde.
-Bien. Puis-je partir maintenant ?
-Pas encore. Hé, Harrington !»
Il fit signe à Steve.
«Dégrise-le, d'accord ?
-Hein ?»
Hopper sortit de sa poche quelques dollars froissés et les tendit à Steve.
«Emmène-le au restaurant, gave le de café. Fais-moi une faveur. Je ramènerai sa voiture à la maison...
-Non ! » Cria Billy, son attitude passive disparu. « Non, non regardez... ». Il remit les clés de sa Camaro à Steve. »Là vous voyez ? Je ne conduis pas ».
Hopper lança un long regard à Billy.
« J'ai compris. Ouais ok. »
Il soupira et fit un signe de tête à Steve.
«Merci, Steve.»
Steve, qui n'avait en fait accepté rien, haussa simplement les épaules.
« Je suppose que je n'ai pas le choix... »
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Une fois Hopper parti, Billy croisa les bras et s'avança vers Steve, souriant à nouveau.
«On dirait que nous avons un rendez-vous après tout, Harrington.
-Ah… C'est vrai….»
Steve secoua la tête. Billy attirait toujours la merde. A chaque fois qu'il parlait à Steve, il se foutait de lui comme ça, comme s'il flirtait et si Steve ne le connaissait pas mieux, il aurait pu penser c'était pour de vrai. Mais c'était insensé. Aussi insensé que les démodogs…
«Allez, Hargrove. Allons te dessoûler. J'ai du pain sur la planche. »
Billy rit et dit: « Non, tu ne feras rien »
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Au diner, Billy était assis en face de Steve dans une cabine, écartant ses bras en arrière, sur le dossier de son siège, souriant paresseusement. Steve était tendu. Putain, c'était vraiment bizarre . Il commanda un café pour Billy et un Coca pour lui, se sentant scruté tout le temps par ces yeux bleus perçants.
Lorsque la serveuse s'éloigna, Billy se moqua d'elle.
«Il n'y a vraiment pas de filles bonnes dans cette ville. Je suppose que les plus sexy vont toutes en Cali lorsque leurs seins se mettent à pousser.
-Charmant.
-Oh désolé, mec. Je ne voulais pas offenser ta sensibilité.
-Peux-tu simplement... ne pas être un connard pendant cinq secondes ?» Dit Steve. «Essaye juste pour voir ce que ça fait.
-Qu'est ce que je devrais être alors ? »Dit Billy, en se penchant en avant pour poser ses bras sur la table. «Un chevalier blanc comme toi ?»
Leurs boissons arrivèrent et Steve haussa un sourcil alors que Billy avala une gorgée de café noir chaud et lécha sa lèvre inférieure.
« Chevalier blanc ?
-Protéger les enfants, être un héros, tout ça.» Billy eut un petit rire. «J'ai entendu Max dire des conneries folles dans son talkie-walkie alors qu'elle pensait que je n'écoutais pas. Je lui ai posé des questions à ce sujet, elle a dit que tu as combattu un ours ou une merde de ce genre. Après avoir volé ma voiture.
-Je n'ai pas combattu un ours,» marmonna Steve.
« J'espère que non. Il aurait pu abîmer encore plus ton joli visage que moi. »
La bouche de Steve se tordit et il se sentit… énervé. Sérieusement, c'est quoi ce bordel ?
« Ce que tu devrais faire, c'est t'excuser auprès de Lucas Sinclair.» dit Steve, changeant fermement de sujet. «D'avoir été une petite merde de raciste
-Je ne suis pas raciste .» Dit Billy.
« Oh vraiment ? » Dit Steve avec un grognement. «Tu t'es attaqué spécifiquement à ce gosse. Pourquoi ?
-C'est celui que Max aimait le plus,» répondit Billy, comme si c'était une évidence. «Je pouvais le voir.
-Et alors ? Pourquoi Max ne devrait-elle pas aimer quelqu'un ? Qu'est ce que ça peut te faire ?
-Pourquoi est-ce qu'elle pourrait alors que je ne peux pas ?
-Hein ?» Steve le regarda bouche bée, déconcerté. « De quoi tu parles ?
-Rien. Oublie. Je suis bourré.
Clairement. »
Ils restèrent calmes. Steve espérait que cela ne prendrait pas trop de temps. Billy le faisait se sentir à côté de la plaque, c'était le moins qu'on puisse dire, comme s'il y avait quelque chose que Billy savait, que Steve ne savait pas et qu'on lui demandait de tout comprendre. Billy rumina, les yeux fixés sur le sol. Il respirait trop fort, comme le faisaient les gens ivres.
« Alors, comment va la vie amoureuse ? »Dit finalement Billy avec un sourire narquois. «Encore à te morfondre ? S'il te plaît, dis-moi que tu as déjà oublié cette nana. »
Steve avait envie de dire à Billy que ça ne le regardait en rien mais ce n'était pas une question si dérangeante alors à la place il haussa les épaules.
«C'est une petite ville. Pas beaucoup de choix.
-M'en parles pas.»
Billy finit son café et fit signe à la serveuse de le resservir quand elle passa près d'eux.
«Je ne comprends pas» déclara Steve. Il fit un signe de tête à Billy. «Tu es nouveau, tu as le look... de mauvais garçon. J'ai vu la façon dont les filles te regardent à l'école. Même si personne n'est ton premier choix, je pensais que tu les tomberais toutes mais tu ne fais rien. Il y aurait des bruits de couloirs... Je veux dire t'es un connard, et pour un truc qu'y m'échappe, cela ne dérange pas beaucoup de filles.»
Billy passa sa langue entre ses dents et plissa les yeux vers Steve.
«Je ne fais que chercher qui je veux vraiment .
-Et c'est…?
-Hum…»
Billy se mordilla la lèvre. Steve trouvait cela étrangement distrayant.
«La mère de Nancy.»
Steve recracha son coca et Billy éclata de rire.
« Quoi ? »
«Je plaisante ! Jésus !» Billy gloussait et Steve rit malgré lui. «Mon Dieu, ta tronche…
-Eh bien, elle est plutôt sexy » dit Steve, se permettant un sourire narquois. «Et le père de Nancy n'est pas un prix, c'est sûr.
«Oh, tu crois que j'ai une chance alors ?
-Non ! Oh mon Dieu…
-Je plaisante ! »
Ils rirent tous les deux. Pendant une minute, Steve oublia à qui il parlait. Ils n'étaient que deux idiots stupides qui se charriaient. Billy se rassit, le nez retroussé, plié de rire.
«Non non, mais sérieusement, mec, je suis allé chercher Max une fois chez les Wheeler et putain Mme Wheeler était sur le point de me grimper dessus, je le jure devant Dieu ! »
Steve recracha presque de nouveau son coca et secoua la tête en y pensant.
« Oh mon Dieu…
-Je ne plaisante pas, mec. Je pourrais être le père de Nancy en ce moment. »
Cela entraîna un nouvel éclat de rire et Steve se rassit, se tenant le ventre, tellement il eu rit.
«C'est ... c'est dément !
-Je sais ! »
Leur rire s'éteignit et Billy se pencha en avant, mâchouillant ses lèvres, quelque chose le travaillant.
«Hé, j'ai entendu parler d'un endroit cool près de la carrière ? Tu veux ... traîner là-bas un jour ? Tu peux amener Sam et Diane si tu veux. Juste des bières et de l'herbe... Écouter de la musique. J'ai une bonne radio. »
Steve le fixa.
«Est-ce que tu ... essaye d'être ... ami ... avec moi ?»
Le visage de Billy se ferma et il se leva.
«Tu sais quoi, merde. Oublie. J'étais ivre, je dois être fou...
-Hey ! »
Steve attrapa sa main et Billy le regarda. C'était si évident mais ce n'était seulement lorsque Steve réalisé la vague de vulnérabilité qui jaillissait littéralement de Billy qu'il comprit vraiment, bien qu'il ne sache pas comment l'interpréter.
«Tu m'as littéralement battu à mort la dernier fois non ? Alors ... tu peux comprendre que c'est...Tu sais, bizarre non ? »
Les doigts de Billy se tordirent entre les siens et Steve le lâcha avec une secousse.
« Je suis désolé. Okay ? »
La bouche de Billy était serrée et il parut soudain beaucoup plus jeune. Steve se demanda à nouveau ce qui était arrivé à son œil. Il avait du définitivement se battre avec quelqu'un .
«Je voulais vraiment juste frapper quelqu'un d'accord ? Et tu étais là...
-Mais pourquoi ?
-Harrington, il n'y a pas assez d'alcool dans le monde pour ça» répondit sèchement Billy.
Steve pesa ses options. Vu comment les choses se déroulaient, il y avait une petit chance pour que Billy ne soit pas totalement un connard fini. Traîner avec lui ne devait, au final, ne pas être si terrible que ça. Et ce serait bien de passer du temps avec quelqu'un qui n'avait pas treize ans. Pourtant, Billy n'était pas vraiment digne de confiance…
«Si tu t'excuse auprès de Lucas Sinclair » dit Steve « Je pourrais peut-être y réfléchir. Allez la carrière, je veux dire. Ou traîner. Peu importe. Peut être...Peut-être. »
Billy se rassit juste au moment où la serveuse revenait pour servir son café et il lui sourit, un sourire quelque part entre charmant et tordu. Quand elle fut partie, Billy regarda Steve et dit: « D'accord. »
« D'accord ? »Steve fut surpris. « Vraiment ? Tu le feras ? Lundi, je m'assurerais que tu n'as pas menti.
-Mec, t'en pinces vraiment pour ces petits nerds hein ?
-Ne sois pas dégoûtant», répondit Steve. « Mais sérieusement ... Pourquoi moi ? »
Billy lui caressa le menton et dit: «Je pense que ce sont les cheveux, mec. Ces belles mèches folles, hum, elles m'attirent juste.
-T'es con mec » dit Steve, mais cette fois, il riait en secouant la tête.
Steve resta avec Billy pour deux autres tasses de café jusqu'à ce qu'il soit évident qu'il se soit redevenu sobre. Ce ne fut qu'à ce moment là qu'il lui rendit ses clés. Steve pouvait le dire parce que cet air désespéré qui entourait Billy plus tôt avait disparu et il redevenait le Billy qu'il avait l'habitude de voir lorsqu'il n'était pas en mode connard, plus renfermé sur lui et tendu.
Dommage, pensa Steve.
Ce Billy Hargrove, vulnérable était étrangement fascinant à voir. Finalement, Billy prit congé et Steve le regarda marcher. Il ne trébuchait pas ou ne se balançait plus du tout. Il portait également le jean le plus moulant que Steve ait jamais vu sur un homme et Steve pensa brièvement aux doigts de Billy qui tremblaient sous les siens.
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Quand il fut parti, Steve resta au diner encore avec quelques heures de plus car il était trop tôt pour aller chez les Wheelers et, inévitablement, il se retrouva devant The Hawk. Avec un soupir de résignation, Steve paya sa place et alla de nouveau regarder The Breakfast Club .
C'était au milieu de la description tragique de la vie de famille de Judd Nelson que Steve percuta: l'œil au beurre noir de Billy, la façon dont Hopper avait semblé plus inquiet qu'énervée comme il aurait du l'être habituellement face à ce genre de situation. La peur de Billy lorsque Hopper avait proposer de ramener sa voiture chez lui car si ses parents étaient à la maison et voyaient un flic conduire la voiture de leur fils, il allait vivre un enfer... La rage de Billy. Son désir de frapper n'importe qui ...
Dans la salle de cinéma, Steve choqué, laissa échapper un « Oh merde ! » sonore. La dame derrière lui lui tapota l'épaule et lui demanda de se taire.
Après le film, Steve s'était rendu chez les Wheelers, plongé dans ses pensées. C'était délicat. Ce n'était que des suppositions. Est-ce qu'il ne faisait pas des films juste pour trouver une excuse à Billy Hargrove, parce qu'il commençait à bien l'aimer ? Mais pourquoi diable voudrait-il aimer Billy Hargrove ?
«Yo, Steve !» lui lança Dustin avec un grand sourire et il était devenu impossible de ne pas sourire en retour quand ce gosse souriait.
Steve lui en tapa cinq.
«D'accord, nerds, qu'est-ce que tu as pour moi ?»
Steve portait un sac en papier rempli de bandes dessinées. Un sac qu'il rendait à son propriétaire car il les avait toutes lus. Il tendit le sac à Dustin et se laissa tomber sur le canapé du sous-sol. Visiblement il n'y aurait que Dustin et Will ce soir. Lucas et Max traînaient chez ce dernier et Mike était planqué dans le fort de couverture en train de parler à El sur le talkie - walkie. Même si elle se cachait encore, Mike était autorisé à lui rendre visite, et quand il n'était pas dans la cabine de Hopper, des chuchotements pouvaient être entendus sur les fréquences du talkie. Le garçon jouant avec ses lacets alors qu'il était assis les jambes croisées sur les couvertures. Parfois, il y avait même des codes en Morse. Les autres garçons semblaient déconcertés par la nécessité d'utiliser des codes, mais il supposait qu'il s'agissait des frasques bizarres de l'amour.
Et Steve lisait des bandes dessinées.
Tout avait commencé avec un immense aquarium. C'était celui de ses parents, lorsque ces derniers étaient encore dans leur phase de collectionner les poissons tropicaux, aquarium qui avait fini par être abandonné dans le garage, attendant sa chance de servir encore à quelque chose. Cela arriva plus rapidement que prévu après que le terrarium à tortue de Dustin fut détruit par Dart, le Demo-dog.
La vie était parfois merdique.
Steve avait amené l'aquarium et avait fini par traîner dans la chambre de Dustin, le regardant installer avec amour des pierres, de l'eau et une lampe pour sa tortue. C'était plutôt mignon. Et ennuyeux à mourir.
«Mec, tu as beaucoup de BD», avait murmuré Steve. «Comment est-ce que tu t'y retrouve la dedans ? J'avais un pote qui aimait ça aussi. Cela avait l'air si compliqué.
-J'ai juste commencé …» Dustin haussa les épaules. «Et tu ne t'arrêtes plus !
-Hum okay...Tu as un truc à me conseiller ? »
Il regarda le dos de Dustin alors qu'il posait soigneusement quelques cailloux multicolores. Sans un mot, il attrapa une bande dessinée sur la pile à côté de l'aquarium et la tendit à Steve.
« Batman » continua-t-il en inspectant la couverture. «J'ai entendu parler de lui. Est-ce que c'est comme ce vieux show ? Parce que c'était plutôt ringard, mais amusant.
- Ce n'est pas comme le show !» déclara Dustin avec autorité.
Quelques pages et Steve était complètement accro. Jusqu'à présent, il n'avait jamais eu aucun intérêt à lire autre chose que Batman … et Detective Comics. Qui était aussi Batman ? Il cela assez déroutant.
«Bon sang», dit Dustin en déballant le sac. «Tu as déjà lu tout cela ?
Steve s'éclaircit la gorge. «Oh, tu sais. La dernière année est plutôt cool, alors...
«Où t'es-tu arrêté ?» lui demanda Will.
Steve leva les mains. «A la putain de mort de Jason Todd ! Qu'est ce qu'il se passe !
-Ça t'as rendu triste ?
-Attends, tu as aimé Jason Todd ?» demanda Dustin, l'air vraiment confus.
« Ben ouais. »
Dustin ria.
«Personne n'aime Jason Todd !
-Moi si, je pense que c'est un perso super intéressant. Robin, enfant de la rue complètement foutu ? Le Joker qui se ramène et le bat à mort avec un pied de biche ? Conneries ! Est ce qu'il va revenir à la vie ?»
Will eut un petit rire.
«Pas Jason Todd. Il est parti pour de bon.
«Ouais » approuva Dustin. «Ce type est mort de chez mort. De plus, l'assassinat de Jason Todd par le Joker a déséquilibré Bruce, non ? Cela rend l'histoire plutôt cool.
-Je suppose »
Dustin échangea un regard avec Will et passa son petit bras de gosse de treize ans autour de Steve.
«Es-tu vraiment triste pour Jason, Steve ? As-tu besoin d'un câlin ?
-Ferme là, Henderson » maugréa Steve.
«Il y a beaucoup de larmes dans les bandes dessinées. Mais tu dois apprendre à passer à autre chose.
-La saga Dark Phoenix » énonça Will.
«Ah !» Dustin agrippa sa poitrine et retomba sur le canapé. «Steve n'est pas prêt pour ça ! Son cœur est trop pur !
-Je vous déteste tous les deux » soupira Steve.
Les garçons éclatèrent de rire et Steve, essayant d'avoir l'air décontracté, toucha la nouvelle bande dessinée qu'ils lui avaient donnée et dit, «Je peux vous demander un truc ? C'est un peu bizarre...
-On adore les questions bizarres», lui assura Dustin.
« D'accord, mais c'est sérieux » dit Steve, en mettant son masque d'adulte.
« D'accord, d'accord ! » dit Dustin. « Parles mec ! »
Il jeta un coup d'œil à Mike, toujours blotti dans sa tente avec le talkie-walkie.
«Les parents de Max sont-ils... des connards ? Ou un truc du genre ? Vous avez entendu quelque chose comme ça de la part Max ou Lucas ?
«Qu'est-ce que tu entends par connard ?» questionna Dustin.
«Est-ce qu'ils ont déjà levé la main sur Max et son demi-frère ou un truc du genre ? Ce genre de merde ?
-Oh...
-Pas Max, je ne pense pas.. » dit Will. «Mais…»
Il fit une grimace.
« Quoi ? »Dit Steve en lui donnant un coup de coude.
«Eh bien… Lucas a dit que Max a dit qu'elle avait entendu son beau-père beaucoup crier après son frère, genre vraiment beaucoup... Et puis parfois il y a des bruits forts comme ... des coups. Alors peut-être.
-Peut-être que c'était lui » enchaîna Dustin. «Je veux dire que Billy Hargrove est un connard. Il allait pratiquement tuer Lucas.
-Ouais » dit Steve avec un soupir. «Je pense que c'est pour ça Billy Hargrove est connard.
-Et il t'a battu à mort » continua le bouclé.
« Oui je sais...
-Je veux dire qu'il t'a carrément explosé. On n'avait même pas assez de pansements Snoopy pour contenir tout le sang...
-Ça va, on a comprit Dustin !
-Je dis juste ça comme ça moi. »
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Lundi, juste après le cours d'économie, Lucas Sinclair rejoignit Steve à son casier.
«Hé, Harrington.»
Steve se retourna et il lui fallut une seconde pour penser à regarder plus bas pour voir le gosse qui le regardait avec un air un peu effaré.
«Mec » dit Lucas. «Le truc le plus étrange de ma vie vient de se passer, et je suis censé t'en informer...
-De quoi il s'agit ?
-Billy Hargrove...Il est venu s'excuser auprès de moi ? » Lucas était complètement choqué.
Steve retint un sourire et croisa les bras.
« Ah ouais ? »
«Ouais, il a dit qu'il était désolé d'avoir été un connard avec moi et que je suis censé te dire qu'il a dit ça. Et je devais te dire qu'il le pensait vraiment.
« D'accord. »Steve hocha la tête. « Bien.
-Désolé mec, mais c'était quoi au juste ça ?
-Je ne sais pas», dit Steve. «Peut-être qu'il tourne une nouvelle page.
-Ouais bien sûr » dit Lucas en levant les yeux au ciel «Billy Hargrove est un connard.
-Est-ce qu'il embête toujours Max ?
-Non, pas depuis que Max a faillit le castrer avec la batte, il a été cool avec elle.»
Il secoua la tête et Steve put presque voir les cœurs dans ses yeux.
«Elle est tellement géniale.
-Ouais, Max semble plutôt cool. Bref, merci. Message reçu.
-Vous êtes tous les deux bizarres » l'informa Lucas, avant de se retourner et de partir au trot.
Steve rit pour lui-même, étrangement heureux. Il espérait que Billy le pensait vraiment. Mais il y avait quelque chose de flatteur dans la façon dont il voulait s'assurer que Steve savait qu'il tenait sa promesse.
« Mais qu'est-ce qui ne va pas chez moi ? » se demanda Steve et il tourna les talons pour rejoindre son cours de mathématiques.
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Après les math, l'heure du déjeuné arriva et il n'eut même pas le temps d'atteindre son casier qu'il se fit de nouveau abordé par une voix bien connue.
«Harrington» Billy se glissa à côté de lui, portant seulement un cahier à la main. « Sinclair t'as parlé ? »
«Yep» répondit simplement Steve.
Il jeta un coup d'œil à Billy, qui avait le cahier contre sa poitrine, tambourinant ses doigts dessus tout en s'appuyant contre les casiers comme si c'était naturel. Tentant de paraître cool.
«Alors…» Les sourcils de Billy se froncèrent et il se pencha en avant l'air conspirateur. «Suis-je absous, Votre Majesté?
«Absous » Steve traîna le mot et lui fit un sourire narquois. «Hum j'aime le terme ! »
Billy eut un sourire tordu et détourna les yeux.
Merde , pensa Steve. Est-ce que je le rends nerveux?
«Allez mec » enchaîna Billy. «Je dois te montrer quelque chose. Sous les gradins.
-Sous les gradins ?»
La première pensée de Steve était que Billy voulait fumer de l'herbe, ce pour quoi Steve était potentiellement prêt. Les gens s'amusaient aussi sous les gradins… Il rougit à cette pensée, posant son livre de math dans son casier, se demandant si Billy l'avait remarqué. Il ferma la porte en métal d'un coup et regarda Billy, méfiant.
Ce sont probablement les hormones, pensa Steve. Peut-être que Dustin pourrait l'expliquer à sa manière scientifique. Les hormones qui vous faisaient penser à des trucs bizarres qui ne vous intéressaient même pas.
Il avait déjà envisagé cette théorie par rapport à d'autres pensées similaires.
«Allez, mec.»
Billy tira sur sa manche et Steve se retrouva à le suivre, regardant ce sourire malicieux, ces yeux bleus trompeusement brillants.
Lorsque Billy sortit le joint, Steve poussa un soupir de soulagement. Il était aussi excité. Il n'avait pas fumé d'herbe depuis qu'il était avec Nancy. Il était peut-être allé un peu trop loin avec l'idée d'être M. Parfait avec elle, de l'avoir mise sur un tel piédestal. Avec le recul, il eut l'impression de la voir plus clairement que lorsqu'ils avaient été ensemble. Elle n'aurait probablement pas hésité à fumer un joint ou deux. De plus, ce n'était pas comme si Jonathan Byers ne fumait pas de l'herbe de temps en temps.
Ils s'assirent face à face, chevauchant une épaisse barre de métal. Steve regarda les ombres rayées traverser le visage de Billy, une ligne de lumière peignant ses yeux. Les lèvres de Billy se plissèrent légèrement autour du joint alors qu'il inspira rapidement et Steve vit la ligne de sa mâchoire se resserrer alors qu'il retenait la fumée et lui passait le joint, leurs doigts se touchant.
La contraction de ses doigts sous ceux de Steve .
Steve inspira et retint la fumée, son regard verrouillé dans celui de Billy. Il entendit Billy tapoter ses doigts contre l'épaisse barre en fer.
Ensuite, attends juste de le sentir , avait-il dit à Dustin. Ça va bientôt arriver , pensa Steve.
Ils expirèrent tous les deux et Steve tint la barre de métal entre ses mains pour se stabiliser, se sentant léger,étourdi et putain super bien.
«Bonne cam » marmonna Steve.
-Ouais.
-Donc...
-On t'as déjà taillé une pipe pendant que tu conduisait Harrington ?»
Billy le regardait calmement. Il était proche, trop proche peut-être.
« Quoi ?! Non !
-C'est génial,» dit Billy, parlant doucement. «Quand j'étais en Cali, il y a cette nana qui s'est jeté sur moi pendant que je fonçais sur la côte. Il faut être prudent dans ces moments là.» dit-il en riant doucement. «C'était genre quatre heures du matin, donc il n'y avait personne dehors. Juste ... le moteur qui rugit sous toi, tu vois ? Et ces putains de lèvres chaudes enroulées autour de ta bite... »
Steve se pressa contre la barre,sans vraiment se rendre compte qu'il le faisait, se frotta juste un peu, sa respiration se sous la sensation qui l'envahit. Les yeux de Billy cherchaient les siens alors qu'il parlait si doucement que Steve dut se pencher un peu pour l'entendre.
«La langue de cette nana autour de ma bite, mec… Tellement bon… Et ça vient juste…»
Merde...
Brusquement, le cœur de Steve commença à battre si fort dans sa poitrine qu'il lui fit mal et il était sûr que Billy devait l'entendre. Ce dernier n'avait pas semblé remarquer son mouvement alors qu'il prenait une autre bouffée. Ou il s'en fichait. Ou c'était délibéré …
« Tu devrais essayer un jour » continua Billy. « Ça change ta vie. »
Steve n'avait pas toujours saisi rapidement les insinuations qui lui étaient lancé au visage. Il avait eu ses moments, bien sûr. Et peut-être que cela n'aidait pas que ses nouveaux amis soient beaucoup plus jeunes que lui, et plus intelligents. La plupart du temps tout était plutôt évident.
Mais il savait maintenant, sans l'ombre d'un doute, que Billy Hargrove voulait lui faire une fellation.
« Peut-être. »
Steve ne fit rien d'autre que murmurer ces mots, ses yeux fixés sur les doigts de Billy tambourinant sur le banc. Le long pendentif que le garçon avait l'habitude de porter autour de son cou se balançait entre eux. Sa stupide chemise était déboutonnée comme à son habitude, laissant apparaître tout le haut de son torse. Le cerveau de Steve bourdonnait. La brusque image de lui saisissant ce collier pour pousser Billy en avant et l'embrasser lui traversa l'esprit.
Merde.
Il prit une autre bouffée.
« Tu veux aller voir un film vendredi ? » demanda Billy comme si de rien n'était.
« Bien sûr » accepta de suite Steve, en haussant les épaules de manière décontracté, il l'espérait.
«'Kay...»
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. .. .. .
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Steve passa le reste de la semaine à se demander s'il avait accepté oui ou non de sortir avec Billy Hargrove. La pensée qui le stressait le plus était de savoir s'il voulait que ce soit à un rendez-vous ou non. Et le fait que Billy soit partout ou il allait pendant toute cette semaine n'aida pas du tout. Il ne pouvait s'empêcher de frissonner quand Billy lui murmura quelque chose à l'oreille au milieu du cours d'économie, se penchant sur le siège de Steve, ses longs cheveux effleurant le cou du brun. Prendre sa douche au gymnase était le pire. Steve était habitué à ça, ce n'était plus dérangeant mais maintenant tout était tellement différent, surtout quand ses yeux rencontrèrent Billy, nu et trempé. L'autre lui fit un clin d'œil et Steve dut se tourner de l'autre côté craignant d'avoir une érection là, au milieu de tout le monde.
Les gens avaient également remarqué. Personne n'avait vraiment saisi le truc jusqu'à présent, mais il était évident que ce putain de Steve Harrington avait commencé à fréquenter l'idiot tout juste débarqué de Californie. Surtout quand Steve sortit de sa voiture à 8 heures du matin et se retrouva à sourire à la vue d'un Billy appuyé sur sa camaro, une cigarette accroché aux lèvres, prêt à le rejoindre.
«Qu'est-ce qui se passe entre toi et Billy Hargrove ? »
Steve ferma son casier et baissa les yeux pour rencontrer Nancy, dont les lèvres étaient pincées de désapprobation.
« De quoi tu parles ? » demanda Steve en haussant les épaules, essayant de jouer l'innocent.
«Steve » rétorqua Nancy. « Allez, tout le monde en parle. Vous êtes soudain comme cul et chemise. Ai-je raté quelque chose ? Ce n'est pas lui qui t'a pas frappé le visage il n'y a pas si longtemps ? »
Steve se hérissa et traversa le couloir à grands pas, lui lançant un regard ennuyé.
«Il y aussi quelqu'un d'autre qui m'a frappé au visage et tu ne semble pas avoir de problème avec lui.
-C'était différent et tu le sais très bien.
-Ouais, eh bien explique ça à mon visage.
-Steve. C'est un abruti.
-Il s'est excusé auprès de Lucas » répondit Steve, un peu sur la défensive.
Elle plissa les yeux vers lui.
« Vraiment ?
-Tu peux demander au gamin. Billy n'est pas si mal une fois que tu apprends à le connaître. »
Elle haussa juste les sourcils en réponse.
Steve s'arrêta dans le couloir et la fusilla du regard.
«Y a-t-il autre chose ou tu va simplement rester là à me juger ?
-Je suis juste inquiète pour toi.» expliqua-t-elle. « Vraiment. »
Steve soupira. Bien sûr qu'elle l'était. Il posa ses mains sur ses épaules et sourit gentiment.
« D'accord. J'ai compris. Mais sérieusement, je vais bien. En fait, on pensait traîner la carrière bientôt. Peut-être un feu de camp ? Tu peux amener Byers.
-Billy mettra du Metallica » demanda Nancy en plissant le nez. «Je déteste Metallica.»
«Je les aime un peu.» Steve haussa les épaules, lui donna un coup de poing à l'épaule et se tourna pour aller en maths.
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Vendredi, Steve avait mis quarante-cinq minutes de plus que d'habitude pour avoir les cheveux parfaits. Il était réconforté par l'idée que Billy prenait probablement autant de temps, voire plus. Il changea de vêtements trois fois et opta finalement pour un t-shirt noir et sa veste noire Members Only car cela lui l'impression d'être Tom Cruise et toutes ses autres chemises, tous ses vêtements rayés faisait vraiment gamin. Breakfast Club était toujours le seul film à jouer en ville. Steve était surpris que Billy s'y intéresse. Et il n'avait pas du tout l'intention d'admettre qu'il l'avait déjà vu quatre fois. Il arriva dix minutes plus tôt et fit les cent pas devant The Hawk, se sentant ridicule. Il salua les gens qu'il connaissait lorsqu'il passèrent devant lui. Il s'attendait à ce que Billy soit en retard. ça semblait bien être son genre. Mais à exactement cinq heures pile, la Camaro surgit en rugissant et se gara en émettant des accélérations inutiles. Billy sortit et se tourna vers Steve, une chemise violette brillante offrant une vue plongeante sur la peau, les cheveux ébouriffés et prêt pour faire la fête. Un trait d'eye liner semblait souligner son regard.
Ce n'est pas sexy , pensa Steve. Ce n'est certainement pas sexy. Merde !
« Vraiment ? »
Frankie Colfax était un étudiant en deuxième année qui travaillait au cinéma et quand Steve vint pour acheter un billet, ses yeux s'ouvrir en grand.
« Encore une fois ? Je veux dire que le film est bien mais...
-Tais- toi !» Steve grogna, jetant un œil à Billy qui fumait en fixant la rue.
Il n'y avait que deux autres personnes dans la salle. Billy voulait s'asseoir à l'arrière au milieu. Était-ce étrange qu'ils s'assoient l'un à côté de l'autre, sans siège entre eux, alors que le théâtre était presque vide ? Steve n'était pas sûr. Il ne voulait pas y penser. Il était assez embrouillé par l'odeur de l'eau de Cologne de Billy qui lui embrumait l'esprit ainsi que la façon dont il s'assit, jambes grandes ouvertes et prenant tellement de place que sa jambe reposait presque contre la sienne.
Ils regardèrent la bande annonce ou le gars de Family Ties voyageait dans le temps à bord d'une DeLorean. Billy se pencha et lui murmura à l'oreille :«Les DeLorean ça craint. »
Steve gloussa et chuchota en retour : « Je pense que ce film parle de la mère qui veut coucher avec son fils. »
Billy gloussa. «Pourquoi la voix de ce type varie-t-elle autant ?
-Il n'a pas encore atteint la puberté, je suppose. »
Steve apprécia le film pour la cinquième fois, bien qu'il ait dû s'empêcher de réciter une partie du dialogue. Il regardait Billy à chaque fois que ce dernier riait aux parties amusantes. Il avait l'air si différent quand il passait un bon moment, plus ouvert et plus doux. Il ne pouvait s'empêcher de regarder le visage de Billy quand Judd Nelson entra dans sa grande tirade et mima son père entrain de la frapper. Et bien sûr, Billy se tendit tout de suite, ses mains agrippant fermement les accoudoirs, ses yeux effrayés.
Merde.
« Ça va ? » Chuchota Steve.
Il s'attendait à ce que Billy soit sur la défensive mais à la place il haussa légèrement les épaules et murmura. « Ouais, ouais.. ». Steve ne le croyait pas vraiment.
Lorsque Judd Nelson et Molly Ringwald s'embrassèrent sur le parking, il sentit une main se poser sur son genou.
Sa bite frémit... Il voulait...Son cœur battait la chamade..
« Qu'est-ce que tu fais ? « demanda Steve en s'écartant brusquement.
Molly Ringwald pressa son oreille dans la main gantée de Judd Nelson, et Billy et Steve se firent face, bouche à quelques centimètres l'une de l'autre.
« Je...je me fous juste de toi, Harrington » répondit Billy, l'air essoufflé et paniqué.
La lumière de l'écran passa sur le visage de Billy, ses yeux bleus brillaient, semblant le supplier.
« Tu en es sûr ? »Chuchota Steve.
Simple Minds commença à jouer, Billy se leva de son siège et courut vers la sortie.
« Merde. »
Il trouva Billy recroquevillé dans l'allée, sa main tremblant alors qu'il essayait d'allumer une cigarette. Il se redressa quand il vit Steve et s'appuya contre le mur de briques, le menton relevé, l'air prêt à se battre.
«Le film est terminé» dit Billy en serrant les dents. «Je voulais une cigarette.
-D'accord. » accorda Steve avec un grognement. «Tu m'en files une ? »
Steve attrapa le Zippo de Billy et alluma sa cigarette pour lui et Billy en sortit une autre, ses doigts tâtonnant le paquet.
«J'étais juste en train de plaisanter avec toi,» dit faiblement Billy, comme s'il était sur le point de pleurer.
Steve alluma sa propre cigarette et prit une longue bouffée et s'appuya contre le mur à côté de Billy.
« Non, tu ne l'étais pas. » dit Steve. «Mais je… Euh… Ce n'est pas grave si tu ne l'étais pas. »
Billy le regarda bouche bée, les lèvres entrouvertes, la cigarette pendante.
«J'ai paniqué.» marmonna Steve. «Je n'ai jamais ... je n'ai jamais ... avec ...
-C'est ce que je pensais...» dit doucement Billy.
Et tout à coup, c'était là, la vérité vraie.
« Mais toi...Oui ? » finit par demander Steve.
« Eh bien, tout le monde en Californie est bizarre alors.. » répondit Billy.
«Va te faire foutre !» dit Steve, riant malgré lui.
Ils fumèrent leurs cigarettes en silence puis Billy se tourna vers lui pour lui faire face laissant la fumée s'échapper sur le côté de de sa bouche.
«Tu veux ma bite.» dit Billy, les yeux brillants.
« Euh, c'est toi qui veut ma bite » rétorqua Steve, écrasant sa cigarette.
« Oh ouais, Harrington » dit Billy, se rapprochant, laissant tomber sa cigarette. »Chaque. Putain. De centimètres. »
Steve chuchota un « Merde. » Et Billy Hargrove l'embrassa.
Billy était dur, chaud, envahissant… Sa langue sonda la bouche de Steve, le ramenant sur terre. Il avait toujours été le plus agressif, celui qui embrassait les filles en premier. Ce fut un choc viscéral de sentir un corps plus grand et plus dur pressé contre lui, lui faisant part de son désir. Mais Billy n'était pas aussi agressif qu'il s'y attendait. Au contraire, c'était lent...Juste délibéré...Sûr de lui... Steve le retourna contre le mur, ses doigts s'égarant le long de la poitrine de l'autre garçon. Il déchira le tissu synthétique de la chemise et ses pouces sentirent la peau chaude, les pectoraux puissants… Billy se mordit la lèvre inférieure et gémit, oubliant tout, jetant sa tête en arrière là où il rencontra le mur de briques.
« Oh putain » souffla Steve.
Billy lui mordit le lobe de l'oreille et dit: « Je le savais , je savais que tu me voulais.
-Attends, attends…»
Steve le repoussa doucement juste pour reprendre son souffle. Il jeta un coup d'œil à l'entrée de l'allée. Il faisait sombre mais il y avait des lampadaires, des passants.
«Juste…»
Billy baissa les yeux sur l'entrejambe gonflée de Steve et lui tapota les côtes.
« J'ai compris. Allons y. Allons ailleurs.
-Attends, attends, réponds moi d'abord» dit Steve. « Vraiment ? »
« Pouah ! » Billy roula des yeux et leva les mains. « Quoi ? »
«Est-ce que ... ton père t'a battu ? » Demanda Steve.
Steve regarda le visage de Billy s'affaiser lentement puis il poussa Steve contre le mur.
« Merde ! Va te faire foutre, Harrington ! Génial. J'ai saisi hein ! Le chevalier blanc Harrington veut sauver la merde ? C'est ça ? M. le héro ?! Va te faire foutre ! »
Il lui vint à l'esprit que ce n'était peut-être pas le moment idéal pour en parler.
Il commença à partir et Steve attrapa son bras.
«Vas-tu arrêter de fuir tout le temps ? Merde. Je suis désolé. Okay ? Je n'essaye pas de… Je ne suis pas un héros, crois-moi. Je veux juste… »
Billy s'arrêta et le regarda avec ce regard brisé et vulnérable qu'il ne semblait pas pouvoir contenir.
« Oui. »Billy haussa les épaules. «Tu veux la foutue vérité ? Il me déteste. Il l'a toujours fait, puis il m'a surpris en train de sucer un mec quand j'avais quatorze ans. Comment pense-tu qu'il a réagit ? Et putain Susan n'en a rien à foutre ! Tant que Max va bien, tout est rose...
-Ce n'est pas sa faute »dit Steve.
« Je le sais ! »
Il donna un coup de pied dans une poubelle et haleta fortement, se passant les mains dans ses cheveux.
«Je sais bien.»
Steve le tira plus près.
«Et ton œil ?
-C'était pour le D en math. C'est pour ça que j'ai eu envie de me bourrer la gueule, d'accord ? »
Steve hocha la tête.
« Je suis désolé. Ça craint. » Il fit un signe entre eux. « Mais ce n'est pas pour ça que c'est ... Ça explique juste beaucoup de choses. »Il sourit légèrement. «Tu es comme John Bender.»
Billy roula des yeux à cela.
«Et qu'est ce que ça fait de toi ? Molly Ringwald ?
-Ferme la. » dit-il en souriant.
Il tripota la manche de la veste de Billy, le cuir était usé et doux.
«Tu veux venir traîner chez moi? Il n'y a personne. Des bières ? » Il imita la voix rauque de Billy. «Écouter de la musique ?»
Billy eut un large sourire.
«Tu essaies d'être chanceux, joli garçon ?
-Je ne voulais pas dire ça comme ça.
-Ouais, ouais. » Il tira sur la manche de Steve. « Allez, amigo »
Ils prirent chacun leur voiture jusqu'à la maison de Steve et c'était bizarre d'être seul dans sa BMW avec ses pensées, la réalité s'installant. Il se parla tout en conduisant.
«Putain. Et alors ? Un jour, je vais avoir un putain de boulot ennuyeux, épouser une fille et vivre dans un pavillon de banlieue, non? Soit ça, soit la putain de porte s'ouvre à nouveau et nous tue tous » Il rit de façon un peu hystérique. « Bon, la fin du monde peut bien arriver, pourquoi ne pas céder à la folie ? Pourquoi ne pas laisser Billy Hargrove me sucer ? Merde ! »
Billy charria un instant Steve sur sa belle maison avec une si belle piscine, mais il était heureux de retirer sa veste, d'enlever ses bottes et de s'asseoir sur le bord cette dernière, trempant ses pieds dans l'eau. Steve sortit son enceinte et un pack de six bien fraîches puis s'assit à côté de lui, lui donnant une bière. Il enleva sa propre veste, ses chaussures et chaussettes et laissa tomber ses pieds dans l'eau, poussant les orteils de Billy avec les siens. Il faisait froid mais il aimait la façon dont les yeux de Billy parcouraient son torse dans son t-shirt moulant et l'eau était chaude. Van Halen jouait en arrière plan.
«Alors pourquoi moi ? » Dit Steve. « Sérieusement. Mis à part les cheveux, bien sûr. Parce que sois honnête, mec. Tu M'aime bien.
-Je ne sais pas. » dit Billy. «On dirait que tu as tout. Et ... tu ne sais même pas quoi en faire. »
Steve renifla. «C'est pour ça que tu m'aimes ? »
« Ça m'a rendu curieux. » dit-il avec un haussement d'épaules. « C'est aussi la première fois que j'ai vu ton paquet sous la douche.
-Sssshut…»
Billy lui donna un coup de coude puis ils s'embrassèrent à nouveau. Steve sentit l'excitation monter en lui et il se laissa glisser sur le sol, laissant Billy se mettre sur lui et glisser sa bouche dans son cou. Steve n'était absolument pas sûr de lui. Quelles étaient les attentes de Billy? Mais ce dernier ne semblait pas avoir de plaintes. Les mains de Steve se glissèrent sous sa chemise, pétrissant cette peau chaude et sentant les muscles du dos de Billy se mouvoir. Billy se redressa au retira sa chemise pendant que Steve enlevait son tshirt, son coude se rappant sur le sol, la bite dure tendant son pantalon. Puis la poitrine de Billy se pressa à nouveau contre la sienne et un frisson le traversa à la sensation, cette chaleur et cette fermeté... La chaîne en argent de Billy étant la seule source de froid sur sa peau. Billy mordit le mamelon de Steve et il haleta, cambrant le dos.
«Je veux te sucer.» murmura Billy en levant les yeux vers lui.
Steve hocha la tête, sa tête oscillant sauvagement. « Hum.. »
Puis sa braguette fut baisser et Billy promena ses dents sur le sexe tendu de Steve, à travers le tissu de son caleçon.
«Bon sang.»marmonna Steve. «Putain de merde.»
Billy savait ce qu'il faisait. Il tortura Steve pendant un moment avec ses dents et sa langue. Il abaissa finalement le slip de Steve, ses ongles s'enfonçant dans la peau de sa cuisse et prit la bite de Steve dans sa bouche. Steve oublia littéralement comment respirer et vit des étoiles. Il ne dura pas longtemps.
Quand ce fut fini, Steve s'allongea, la bouche ouverte, clignant des yeux, et Billy s'allongea à côté de lui, appuyé sur son coude. Il le regarda, souriant, arrogant. Steve était venu sur son visage et Billy sembla satisfait à ce simple fait. Il gloussa et s'essuya le visage avec sa chemise. Steve regarda le clair de lune briller sur la boucle d'oreille en argent de Billy. Il remonta son slip mais enleva son jean et poussa Billy sur le dos, embrassant son sourire satisfait.
«Je veux voir à quoi tu ressembles» dit-il, juste avant de plonger sa main dans le pantalon de Billy. « Quand tu viens. »
Billy agrippa ses épaules et s'enfonça dans sa main. «Steve…»
Entendre Billy l'appeler par son prénom semblait étrange mais aussi chaud et Steve l'embrassa en caressant sa bite. Billy essayait de rester silencieux mais il tira Steve contre lui et laissa échapper un gémissement impuissant quand il jouit. Steve regarda sa main couverte de sperme comme s'il essayait de lui donner un sens. Mais rien de tout cela n'avait de sens. Pourquoi essayer d'en donner ? Il se pencha et et plongea sa main dans la piscine et l'essuya sur sa chemise. Il tendit la main vers la bière de Billy, prenant une gorgée alors que ce dernier reprenait son souffle avant de s'asseoir pour allumer une cigarette.
«Est-ce que tu t'es déjà branlé en pensant à un autre gars avant ? Dit Billy, prenant une bouffée avant d'échanger la cigarette contre la bière.
«Hum…» Steve souffla et se gratta la tête. «Quelque chose comme ça ouais... »
Billy rit et lui a frappa l'épaule. « Qui ? »
«Euh ... ce gars de Red Dawn et ... The Outsiders ? Tu l'as vu ?
Patrick Swayze,» Billy acquiesça sciemment. « Ouais. Il est canon.
-C'est tellement bizarre», déclara Steve.
Qu'est-ce qui est bizarre ?
-Juste ... parler de mecs sexy avec un autre mec ?
-Plus étrange que moi qui te suce ?
-Ouais. Définitivement. »Steve haussa les épaules et Billy se moqua de lui.
Après avoir fini la cigarette, Steve arracha le pantalon de Billy et le poussa de force dans la piscine, s'y enfonçant aussi avant qu'il ne puisse réagir.
«Tu as flingué mes cheveux, connard.» dit Billy en l'éclaboussant.
Steve pencha la tête. Avec ses cheveux lissés en arrière, Billy avait l'air encore plus beau.
« C'est pas gentil, joli garçon » dit Steve d'une voix traînante et Billy secoua la tête et l'éclaboussa à nouveau, puis ce fut de plus grosses éclaboussures.
Puis ils se rapprochèrent l'un de l'autre et s'embrassèrent dans le coin de la piscine, baigné par la lumière bleu des néons, écoutant les Thompson Twins.
Steve s'éloigna un instant et déclara: «Tu sais… je veux dire, si ton père s'en prends encore à toi, tu pourras venir squatter ici. »
Billy le regarda de travers.
«Je ne pense pas que tes parents m'apprécieraient beaucoup. »
«Eh bien, sois gentil et ils ne te remarqueront même pas. Crois-moi.
-Peut-être.» répondit Billy.
«Alors si tu n'aimes que les garçons, pourquoi flirte-tu toujours avec les filles ?
-J'aime l'attention. » dit Billy en haussant les épaules. « Je me sens bien quand Mme Wheeler ou une autre veut coucher avec moi. Et, tu sais, c'est… pour cacher tu sais quoi...
-Okay...Et nous, qu'est ce qu'on est ?
-Petit copain ? » répondit-il moqueur
-Ne sois pas si arrogant, Hargrove. Tu as commencé ça. »
Billy hocha la tête et enleva soudainement son collier, se penchant pour l'attacher autour du cou de Steve. Il évita de le regarder dans les yeux et joua avec l'eau en attendant sa réaction. Steve toucha son cou et saisit le médaillon en argent les yeux écarquillés.
« Vraiment ?
-Eh bien ... tu n'as pas encore de boucle d'oreille.
-Encore ? » reprit Steve, le coin de sa bouche se soulevant.
-Oh oui. Je vais faire de toi un méchant garçon Harrington
-Ah oui ? Tu peux essayer.
-Je le ferai. » Il fit un signe de tête vers le collier. « Porte-le sous ta chemise. Je ne voudrais pas ça se sache.
-A Hawkins? » Dit Steve. « Moi non plus. »
Ce sera nouveau, songea Steve. Il n'était jamais sorti avec quelqu'un en secret auparavant. Ça finirait par se savoir. Garder le secret sur des enfants aux pouvoirs télékinésiques et les monstres était une chose. Mais garder le secret sur une était presque impossible.
« Je n'ai jamais eu de petit ami » l'informa Billy. «J'ai dit que je n'en voudrais jamais. Je voulais juste du sexe... »
-Je vais te dire un secret. » marmonna Steve, en embrassant un point particulier sous l'oreille de Billy. « Des choses plus étranges se sont produites à Hawkins en Indiana.
-Je vais aussi te dire un secret. » répondit Billy. « J'ai vu Breakfirst Club trois fois. »
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Fin de la première partie ! Je le rappelle encore une fois le mérite de cette histoire revient à flippyspoonsur Ao3, je ne fait que traduire !
