Bonjour à tous(tes),
Désolé pour les petits bugs de systèmes de dimanche passé pour le chapitre 51. Mais je constate qu'il est fort heureusement réapparu sur le site, espérons que cela dure.
Voici le chapitre 52 (sans bug, je l'espère en tout cas). N'hésitez pas à laisser un petit commentaire, les dernières reviews m'ont fait très plaisir et je remercie ceux et celles qui me les ont laissées. Pour les plus discrets, je vous souhaite une très bonne lecture et on se retrouve de toute façon dimanche prochain pour le chapitre 53.
Prenez soin de vous !
52
L'ARCADE DE LA MORT
Albus s'arracha à la Pensine et, quelques instants plus tard, il se retrouva étendu sur le parquet poussiéreux, au pied de l'armoire, exactement dans la même pièce que le dernier souvenir.
C'était comme s'il tout vacillait autour de lui. Albus se sentit extrêmement mal. Il avait la tête qui tournait, la nausée qui montait et un flot de pensées incongrues qui lui hurlaient dans la tête que le temps lui manquait. La première chose qu'il fit, dès qu'il toucha le sol de la chambre à coucher, était de vomir.
— Albus! s'écria Liam en s'abaissant près de lui.
Vomir ne lui permit pas de se sentir mieux. Bien au contraire… Cela n'effaçait pas tous les souvenirs qui s'étaient imposés à lui. Merlin l'avait piégé à tous les niveaux. Même avec cette pensine, il lui avait imposé sa vision, son point de vue. Il l'avait fait entrer dans sa tête pour lui montrer à quel point il était plus intelligent, plus sage et plus fort.
"Tu as perdu"
Lorsqu'Albus sentit la présence de Liam à ses côtés, le sorcier se jeta dans ses bras. Il s'accrocha à lui et ses membres étaient secoués de tremblements.
— Qu'est-ce que tu as vu? s'inquiétait de plus en plus Liam. Albus, parle-moi!
Le coeur d'Albus tambourinait furieusement dans sa poitrine. À mesure qu'il essayait de rassembler ses idées, de comprendre ou de trouver une faille, la terreur le submergeait tel un raz-de-marée. Merlin avait réussi. Il l'avait réduit à de la peur.
— Al! s'écria plus fort Liam en le secouant légèrement. Je t'en supplie! Parle! Qu'est-ce que tu as vu?
— Je...peux...pas. Tout est fichu... Tout… Il sait... il sait tout… Ils vont tous mourir…
Liam le repoussa légèrement. Puis, il leva sa main et lui asséna une gifle vibrante qui fit taire les gémissements d'Albus. Liam prit son visage entre ses mains. Il le dévisagea intensément et Albus eut du mal à faire le point, à travers la douleur et la panique.
— Regarde-moi! tonna-t'il d'une voix forte. Il n'y a que toi et moi, Albus. Réduis tout à toi et moi! Ne pense à rien d'autre.
— Toi et moi…, haleta Albus.
— C'est bien. Bon, écoute. Je ne sais pas ce qu'il t'a montré mais vu ton état, je doute que ce soit sa reddition. Mais c'est ce qu'il cherche à faire en te montrant ça. Il veut te faire désespérer et il t'attaque sur tes pires faiblesses, la quête du savoir.
Albus aspira une grande goulée d'air pour réprimer un sanglot. Liam le tenait toujours. Il ne le jugeait pas. Il lui parlait de manière sensée, ce qui rassura considérablement le jeune sorcier.
— Quoi qu'il sache, dit encore Liam. N'oublie pas sa plus grande faiblesse. Quelle est-elle, Albus? Dis-le-moi! Je veux te l'entendre dire?
Albus était captivé par le regard de Liam. Il comprenait ce qu'il essayait de faire, ce qu'il voulait qu'il comprenne. Soudain, il eut un vague souvenir, quelque chose d'enfoui, qui avait été altéré à un moment. Il se remémora une longue table, une pièce claire, des lumières, la cuisine de Poudlard, les elfes, les plats, le thé chaud et surtout Liam assis en face de lui. La voix de Liam qui lui disait quelque chose d'amusant mais de pertinent: le petit détail que Merlin n'avait pas prévu, le petit grain de sable dans son engrenage infernal, l'imprévu.
— C'est toi, dit Albus.
— Je suis avec toi, corrigea Liam. On est en vie, on est tous les deux. Il n'est pas trop tard. On peut encore se battre!
Albus acquiesça. Les battements de son coeur ralentirent dans sa poitrine. Il retrouva son calme grâce au contact de Liam. Il fit quelques pas dans la chambre pour se concentrer. Liam avait raison. Il y avait encore un moyen d'empêcher la victoire de Merlin. Il devait y croire. Merlin croyait le détruire en lui dévoilant les tréfonds de son esprit. Mais s'il montrait ses forces, il n'avait pas d'autres choix que d'y montrer aussi ses faiblesses. Merlin était arrogant, narcissique et sadique. Mais surtout, il était impatient. Il lui avait montré ses souvenirs trop tôt. Il n'avait pas encore gagné.
Il se tourna vers Liam.
— Merlin sait déjà que la source de Stonehenge est éteinte. Il sait qu'elle a été déplacée au ministère et il sait comment réveiller le Saint-Graal.
— Attends...quoi?! s'exclama Liam. Comment ça "réveiller"? Tu veux dire qu'il peut ramener la magie à la source de Stonehenge.
— Oui, souffla Albus, d'une voix triste. C'est ce qu'il a demandé au cerveau de Merlin. C'est ce qu'il veut depuis le début, aspirer la magie du Saint-Graal à Stonehenge, grâce au sceptre de Rowena Serdaigle. Mais pour ça, il doit la réveiller.
Liam poussa un grognement plaintif. Il dut s'asseoir sur le lit de l'ancienne chambre de Merlin. Il prit sa tête entre ses mains et demeura silencieux un long moment.
— Ils sont tombés dans un piège, murmura le policier. C'est ce que voulait Merlin depuis le début. Nous concentrer à Stonehenge pour qu'on ne s'intéresse pas au Ministère. Comment penses-t'il la réveiller? demanda Liam en levant les yeux vers Albus.
— La Langue-d'Or…, dit Albus. Pickquerry est avec Merlin depuis le début. Il doit accomplir un rituel grâce aux arcades de pierre au Ministère.
Le regard de Liam tomba sur la fenêtre qui donnait une vue dégagée sur la forêt et la vaste campagne autour de la maison. Liam se releva soudain.
— La nuit est tombée depuis un bout de temps, indiqua-t'il. Ils doivent être bien dans la merde à Stonehenge.
— On ne peut pas les secourir, dit Albus. Si on veut empêcher les plans de Merlin, il faut qu'on se rende au Ministère et qu'on empêche le rituel. C'est notre seule chance!
Liam acquiesça.
— Très bien, écoute… Tu vas transplaner là-bas.
— Quoi?
— Tu dois y aller, Albus. Tu iras plus vite en transplanant et tu ne peux pas m'emmener avec toi. Je partirai de mon côté. Je te promets de rouler comme un malade pour te rejoindre.
Albus ne se sentait pas très à l'aise. Se rendre au Département des mystères, seul, face à un potentiel danger qui pouvait lui coûter la vie, le rendait nerveux. Liam le sentit et il lui prit la main.
— Je sais que tu as peur et que tu n'es pas un homme d'action.
Il lui caressa la joue et lui sourit.
— Mais il ne reste que toi pour sauver ta famille et les mondes des sorciers et des moldus. Je ne veux pas te mettre la pression mais c'est un sacré morceau. Je sais que tu y arriveras.
Il l'embrassa, une de ses mains à la base de sa nuque et l'autre dans sa main.
— Vas-y, lui dit-il en se détachant de lui. Je te rejoins.
Albus sortit sa baguette de sa poche et prit une grande inspiration. Il était mort de trouille mais lorsqu'il croisa le regard de son amant, il se calma et se sentit un courage qu'il n'avait jamais éprouvé auparavant. Liam recula pour lui laisser la place de transplaner. Le policier ne le quittait pas des yeux. Il s'était montré confiant dans son discours pour sortir Albus de sa détresse. Mais, à présent, son regard trahissait son inquiétude. Albus acquiesça dans sa direction et alors qu'il transplanait, il entendit la voix de Liam:
— Je t'aim…
Dans un craquement sec, il réapparut dans l'atrium doré du Ministère de la Magie. La dernière fois qu'il avait franchi ces grilles, c'était pour la mort de Gelbero et pour sa démission. Et même en ce jour funeste, le Ministère de la Magie grouillait de vie, de foule, de bruit et de magie. À cette heure, il n'y avait plus personne et Albus se sentit profondément seul.
Il se hâta de traverser le hall en se demandant combien de temps pouvait mettre Liam pour rouler jusqu'à Londres. Il passa devant l'obélisque puis devant le bureau où la standardiste avait enregistré sa baguette. Il était vide et Albus s'inquiéta de cette absence qui ne présageait rien de bon.
Son appréhension le submergea lorsqu'il franchit les portes dorées qui permettaient d'accéder aux ascenseurs. Il appuya sur le bouton "Descente" le plus proche et une cabine apparut presque immédiatement dans un grincement strident. La grille dorée coulissa avec un grand bruit métallique qui résonna en écho dans le vaste atrium derrière lui. Albus avait peur. Il était seul, dans ce vaste lieu, seul et vulnérable.
Dès qu'il put y entrer, il s'engouffra dans la cabine et la grille se referma devant lui. Il sonda le vaste hall pour s'assurer que personne ne l'avait observé alors qu'il était de dos, prêt à l'attaquer. Mais il n'y avait toujours personne.
Albus avait oublié à quel point les ascenseurs pouvaient être bruyants. Ce vacarme aurait dû alerter tous les agents de sécurité présents dans le bâtiment mais lorsque la cabine s'arrêta, l'habituelle voix féminine annonça normalement:
— Département des mystères.
Il sortit aussitôt dans le couloir où rien d'autre ne bougeait que les flammes des torches agitées par le souffle d'air qu'avait provoqué l'arrivée de l'ascenseur. Albus marcha rapidement vers la porte noire et stoppa sa main prête à tourner la poignée. Il avait peur de ce qui l'attendait derrière. Une fois son seuil franchi, il ne pourrait plus fuir et sa défaite annoncerait la mort et la fin de tout.
Les doigts tremblants, sa baguette serrée dans sa main, il ouvrit la porte noire. Il entra dans la grande salle circulaire. Albus la découvrait comme si c'était la première fois. Car il savait qu'on lui avait aussi effacé ce souvenir. Tout y était noir, du sol au plafond. Identiques, sans aucune marque, dépourvues de poignées, les célèbres portes noires s'alignaient à intervalles réguliers le long des murs également noirs. Des chandeliers fixés entre les portes éclairaient la pièce de flammes bleues dont la lueur froide, vacillante, se reflétait dans le marbre brillant du sol en lui donnant l'aspect d'une eau sombre.
Le premier réflexe d'Albus fut de vérifier qu'aucune porte n'était ouverte. Il ne savait plus laquelle contenait quoi et il devait se fier aux souvenirs de l'histoire de son père, à ses quinze ans, dans l'espoir de sauver son parrain. Toutes étaient encore closes. Cela ne rassura pas pour autant Albus. Il ne savait pas où se trouvait celle de la source ou celle de l'arcade de la mort. Il ne savait plus ce que contenait chacune de ces portes.
Il fit quelques pas pour se retrouver au centre du hall noir et sombre. Il n'entendait que sa respiration haletante qui s'accélérait avec la peur et l'angoisse de son échec. Il tourna sur lui-même ne sachant par laquelle commencer. Soudain, la porte par où il était entré, s'ouvrit à la volée. Albus tendit sa baguette. Son esprit pensa ensuite à Liam. Il venait l'aider.
— ALBUS!
— Papa?! s'exclama Albus.
Harry se précipita sur son fils. Il était couvert de sang et il avait plusieurs éraflures sur le visage. Ses lunettes étaient cassées et il boitait légèrement en courant dans les bras de son fils. Albus baissa sa baguette et laissa son père l'enlacer.
— Tu es vivant! dit son père d'une voix vibrante d'émotion.
— Qu'est-ce que tu fais là… Tu devais…
— Ils sont tous morts, murmura-t'il à son oreille. J'ai fait tout ce que j'ai pu mais il était trop fort. Ils...ils sont tous morts.
Albus le repoussa, hébété. Il vit le visage de son père en pleurs. Albus pensa à sa mère, ses oncles, ses tantes, ses amis, Scorpius…
— Non...non...,non…
— C'était un piège, Albus. Il nous attendait depuis le début. Mais il nous a dit ce qu'il comptait faire. Il veut réveiller la source. On doit l'en empêcher. Il faut faire vite.
— Non…, souffla encore Albus.
Il recula de quelques pas, comme sonné. Une profonde vague de désespoir le submergea. Il n'arrivait plus à réfléchir, à penser. Il ne vivait que le défilement des personnes qu'il venait de perdre d'un seul coup. Harry le saisit par sa robe et le força à se redresser.
— Je sais que c'est dur, s'exclama son père dont les yeux verts perlaient encore de larmes. Mais il faut agir. On doit continuer à se battre.
— Je...je ne sais même pas où est la porte de l'arcade de la mort...
— Moi, je le sais… Viens!
Il attira son fils devant une des douze portes noires. Albus le suivit, toujours foudroyé par la tristesse et le choc. Mais les paroles de son père lui rappelaient celles de Liam. Celles-là mêmes qu'il lui avait répétées après son voyage dans la pensine.
"Réduis tout… Ne pense à rien d'autre…"
"C'est ce qu'il cherche à faire."
"Créer le désespoir."
— Viens, entre! lui cria son père.
Albus entra, se répétant sans cesse les paroles de Liam. Il s'engouffra dans la pièce plongée dans l'obscurité. Son père se tenait dans l'encadrement de la porte qu'il venait d'ouvrir. Albus se concentra sur son environnement. Il chassa tout le reste sauf le moment présent.
— Ce n'est pas l'arcade de la mort, dit-il en serrant la mâchoire.
Il fit volte-face et tendit sa baguette vers son "père". Celui-ci jouait avec sa propre baguette magique, la tapotant le long de sa cuisse. Il sourit en voyant Albus le mettre en joue.
— Tu oses menacer ton père, Albus? Voyons, fiston...Ce n'est pas comme ça que je t'ai élevé.
— Vous n'êtes pas mon père! cracha Albus. Stupéfix!
— Protégo!
"Harry" dévia le sort et Albus se mit à douter. Les hommes de Merlin n'utilisaient pas de baguette ou les sorts des sorciers. "Son père" remarqua son trouble et son hésitation. Il en profita pour agir. Il leva sa baguette au-dessus de sa tête.
— Alohomora Maxima…, tonna-t'il.
Tout autour de lui, Albus perçut le cliquetis de verrous et de serrures. La pièce était toujours plongée dans l'obscurité et un curieux râle se mit à s'élever dans la pièce.
— Amuse-toi bien, rit son père.
"Harry" sortit d'un pas de la pièce et ferma la porte derrière lui. Albus se précipita vers la sortie en espérant la franchir avant qu'elle ne se referme. Il se cogna contre le panneau noir, englouti par l'obscurité, les râles et le froid glacial. Albus jeta plusieurs sorts sur la serrure mais rien n'y fit.
— Où est-ce que je suis! cria Albus en tapant furieusement sur la porte.
— C'est vrai…, admit la voix de son père, derrière la porte. Tu as tout oublié.
Albus se retourna pour faire face à la pièce. Il se sentait soudain désespéré. L'air était si froid que sa respiration faisait de la buée. Il se mit à trembler plus de peur que par le souffle glacé qui semblait avoir envahi la pièce.
— Lu...mos…, articula-t'il faiblement.
Une petite lueur s'illumina au bout de sa baguette. Mais à peine fut-elle invoquée qu'aussitôt elle fut happée par les ténèbres qui grossissaient de plus en plus. Tout semblait mourir petit à petit et cette force se rapprochait dangereusement d'Albus.
— Tu es dans la salle des fantômes, dit encore la voix. Ceux des plus en colère, les moins en paix, ceux qui refusent de partir. Et tu sais ce que deviennent ces fantômes meurtris?
— Des détraqueurs…
Le râle devint un son strident qui lui vrilla les tympans. Albus hurla de terreur et de rage. Les idées noires qu'il s'était efforcé de chasser, tout lui revint tel un tsunami d'émotions. Il ne voyait pas les ténèbres mais il percevait à présent, leur présence, tout autour de lui. Albus était encerclé de Détraqueurs qui réveillaient en lui ses pires blessures.
Il savait comment les combattre. Il l'avait appris. C'était le meilleur sorcier de sa génération. Le plus doué, le plus sage, le plus intelligent, le digne héritier de son père, celui qui avait été nommé en hommage du sorcier le plus puissant de tous les temps.
— Spero Patronum! cria-t'il en brandissant sa baguette.
Il ne réussit qu'à produire une volute blanche qui fut, elle aussi, dévorée par l'obscurité et aspiré par le râle profond de ses créatures monstrueuses.
La vague montait pour l'engloutir. Il revivait des moments atroces. L'enterrement de James, la mort de Radcliffe de sa main, la déception dans les yeux de Lily, les larmes de sa mère, l'étreinte de son père.
— Spero...Spero Patronum! dit-il en tenant toujours sa baguette fermement dans sa main.
Il avait tué sa famille. Il avait tué son meilleur ami. Il avait tué sa cousine. Il leur avait menti. Il les avait manipulés parce qu'il avait peur. Sa lâcheté les avait tous tué. Ils ne reviendraient pas. Il échouerait. Car au fond, il méritait de mourir. C'était sa faute. C'était sa faute si James était mort.
La vague l'engloutit. Il ne sut s'il était encore debout ou au sol. Il ne savait pas s'il se trouvait dans les bras des détraqueurs, prêt à subir le baiser mortel. Ils allaient aspirer son âme pour retrouver la leur. Parce qu'ils étaient comme lui. Ils étaient des êtres meurtris, terrassés par la culpabilité. Ils étaient lui et il n'était plus vivant.
— Tu penses vraiment des conneries. Je l'ai toujours dit.
Albus releva la tête. Il n'était plus dans la pièce. Il n'était même pas sûr d'être encore en vie. Il était debout, dans une pièce qui n'avait pas de limite, pas de couleur ni de substance. Il n'y avait que lui et celui qui le regardait, avait un sourire espiègle.
James était là, devant lui. Comme il s'en souvenait, peu avant sa mort. Il portait encore sa robe d'auror et une barbe de plusieurs jours. Ses yeux noisette étaient rieurs comme lorsqu'il était enfant. Il semblait heureux et Albus sentit les larmes lui monter.
— Qu'est-ce que tu fais là?
— Ben, comme d'habitude. Je viens te sortir des ennuis, minus!
Albus le dévisagea en sachant pertinemment qu'il n'était que dans un rêve. Il savait que son frère n'était pas vraiment là. Il savait que tout ceci n'était pas réel. Il n'était qu'un souvenir, un dernier pour échapper à la mort et celui-ci lui brisait un peu plus le coeur.
— Eh ben?! dit James. T'es censé me dire que tu es plus grand que moi! T'es rouillé ou quoi?
— Mort plutôt... , rectifia Albus.
— Pas encore, petit frère. Faut te sortir de là.
— Pourquoi? s'exclama Albus, la voix tremblante.
Il désigna le décor autour de lui, dans un geste d'impuissance.
— Pourquoi s'en sortir? Pourquoi échapper à une mort inéluctable?
— Pour Liam…, sourit tranquillement James.
— Liam…, répéta Albus.
James s'approcha tout près de son frère. Il lui posa une main sur son épaule.
— Pense à lui, dit-il. Et tout ira bien.
— Il n'y a que toi et moi…, souffla-t'il en se remémorant les paroles du policier. Il m'aime. IL M'AIME!
Albus ouvrit les yeux. Son frère avait disparu, l'autre pièce aussi. Tout était sombre. Il était étendu sur le sol glacé et fixa, une seconde, la gueule béante du détraqueur sur le point d'aspirer son âme.
— SPERO PATRONUM! hurla-t'il en levant sa baguette.
Un éclair blanc, aveuglant, éclata dans la pièce en éclairant ses recoins les plus sombres. Albus ne voyait plus rien. Il dut se protéger les yeux de la lumière qui pulsait dans la salle. Le sorcier ne perçut que les râles stridents des détraqueurs autour de lui qui faisaient le bruit de chauves-souris affolées. Albus se releva. En jetant le sort, il s'était attendu à invoquer son renard mais le patronus qu'il venait de créer n'avait rien à voir avec un quelconque animal. Il avait changé. Il avait, à présent, la taille et la forme d'un homme. Un humain particulièrement grand qui évoqua, pour Albus, les grandes statues dans la grotte de Stonehenge.
Cet homme marchait dans la salle et un rayon de lumière vibrait autour de lui. Albus crut avoir devant lui une sorte d'esprit très puissant qui dépassait complètement ses compétences de sorcier. Le patronus chassa tous les détraqueurs en les obligeant à retourner dans leur cage. Lorsqu'il fut sûr qu'aucune autre créature obscure ne traînait dans les environs, Albus verrouilla chaque cellule d'un coup de baguette magique. Même s'il ne craignait plus rien, le patronus restait près de lui, illuminant toujours la pièce de sa lumière.
— Ouvre la porte, lui ordonna Albus.
Le Patronus n'avait pas de visage, pas de traits. Il n'était qu'une grande silhouette blanche mais elle semblait le comprendre parfaitement. Il acquiesça et fonça comme une flèche sur la porte. Il la fracassa d'un simple coup de coude et le panneau vola en éclat dans une explosion de magie incroyable.
Albus courut dans son sillage. Il émergea dans le hall et aperçut un homme à terre, reprenant peu à peu connaissance. Albus serra sa baguette dans sa main, laissant exploser sa colère. Il reconnaissait cet homme. C'était Erec, l'un des chevaliers de Merlin qu'il avait vu dans ses souvenirs. Il était celui qui avait pris l'apparence de Kaléo et de son père pour lui tendre un piège. Il allait payer.
D'un mouvement de poignet vif et rapide, Albus propulsa Erec contre l'une des portes noirs qui demeuraient closes. Erec poussa un hurlement de douleur et retomba lourdement sur les dalles noires du hall.
— Tu n'aurais pas dû prendre l'apparence de mon père, dit Albus en s'approchant.
— J'ai trouvé ça plutôt marrant, rit Erec en se relevant.
Albus leva encore sa baguette et à chacun de ses mouvements, une profonde entaille zébrait le corps d'Erec qui gémit de douleur à chaque coup. Albus approchait toujours.
— T'es... tombé si facilement dans le panneau, dit Erec en s'efforçant de continuer à rire.
A chacun des mots qu'il s'entêtait à prononcer, Albus le punissait. Il leva sa baguette, le regard braqué sur Erec et le corps de celui-ci s'éleva dans les airs à toute vitesse en frappant de plein fouet le plafond. Albus abaissa son bras et Erec retomba lourdement sur le sol.
Il ne bougea plus cette fois. Albus s'approcha tout près de lui. Il le tira par sa veste et l'obligea à le regarder dans les yeux. Erec était en mauvais état. Ses gros muscles ne lui servaient plus à rien. Il était tuméfié de partout et sa lèvre saignait abondamment.
— Dis-moi où est Pickquerry! éructa Albus en le menaçant de sa baguette.
— C'est...Merlin qui m'a dit de prendre l'apparence...de ton père… Il m'a dit que ça ferait son petit...effet. Il ne s'est pas...trompé, rit-il.
— Dis-moi par quelle porte il est parti! cria plus fort Albus.
— Il...m'a aussi dit...que cette apparence...te ferai...particulièrement...mal…., sourit-il.
Et aussitôt, ses traits se métamorphosèrent: ses cheveux blonds s'assombrirent peu à peu, sa carrure devint moins imposante, ses yeux gris devinrent marron. Albus tenait à sa merci son frère. James le regardait, blessé, en sang, et il lui souriait avec cet air moqueur.
Le sorcier eut un frisson d'effroi. Erec profita de son trouble. Il se releva soudain, toujours sous les traits de James. Il possédait son apparence mais aussi sa baguette. Il la brandit rapidement devant Albus.
D'un sort informulé, le frère décédé fit décoller Albus du sol pour l'envoyer voler au milieu de la salle, parmi les décombres de la porte aux détraqueurs. Albus eut le souffle coupé par le choc et il se recroquevilla sur le sol, en gémissant de douleur.
— Allez, relève-toi, l'encouragea Erec. J'ai envie de voir ton regard lorsque ton frère te tuera.
— Ça ne marchera pas…, articula Albus en s'efforçant à se remettre debout. Mon frère est mort.
Le regard vibrant de colère, Albus leva sa baguette vers James.
— Il te faudra autre chose pour me déstabiliser.
— D'accord, sourit Erec. Tu préfères ça…?
Ses traits changèrent à nouveau et très vite, il prit l'apparence de Scorpius. Albus n'avait pas bougé, il se préparait mentalement au combat, envisageant toutes les possibilités. Erec tenait toujours une baguette dans la main, mais c'était celle de Scorpius, à présent. Il comprit que la baguette n'était qu'un leurre, une illusion comme les apparences qu'il pouvait voler. Et il s'efforçait de copier la magie. Albus se souvint alors des paroles de son ancien maître.
"Ce n'est pas le sort en lui-même qui représente la force magique mais la conviction de son utilisateur."
— Se faire tuer par son meilleur ami…, dit Erec avec la voix de Scorpius. C'est bien aussi.
— Expelliarmus! cria Albus.
Le sort fila droit vers sa cible mais avec une puissance exagérée et terrifiante. Erec, sous les traits de Scorpius, leva la sienne assez vite pour riposter avec son propre sort. Un jet de lumière verte frappa de plein fouet le sort d'Albus et les deux bataillèrent dur pour supplanter l'autre. Finalement, la magie d'Albus l'emporte et frappa de plein fouet Scorpius qui s'effondra sur le sol.
— J'ai compris ton pouvoir, dit Albus. Tu ne copies pas uniquement l'apparence. Tu copies aussi leur magie et leurs capacités. Tu ne pourras pas me vaincre avec l'apparence de Scorpius. Je suis plus fort que lui.
Erec se redressa en essuyant le sang sur son menton. Il ne riait plus et il commençait à écumer de rage. Albus le voulait dans cet état. Il voulait le pousser à l'erreur.
— Alors, il faut que je prenne quelqu'un à ta hauteur…, cracha Erec en changeant encore d'apparence.
C'était comme si Albus s'était placé face à un miroir. Il se fit face dans le moindre détail. Erec avait pris son apparence, pensant faire jeu égal avec lui. Mais il était tombé dans son piège. Les baguettes se levèrent en même temps. Erec copiait chacun de ses gestes avec un naturel extraordinaire comme s'il était directement connecté à son esprit. Il agissait en miroir et Albus sut immédiatement quel sort il allait lui jeter.
— Expelliarm…, cria la voix d'Albus.
— SPERO PATRONUM! hurla le vrai.
Il n'y avait plus de détraqueurs et c'était pour cela qu'Albus était sûr que son double n'y penserait pas. L'être de lumière apparut de nouveau, aussi aveuglant et puissant que la première fois. Sa force magique souffla tout autour de lui et il fonça, dans toute sa majesté et son omnipotence, vers Erec.
— Non! hurla Erec en se protégeant de la lumière et de cette apparition effrayante.
Albus avait couru lui aussi. Il avait suivi son patronus, porté par son courage et par sa puissance. Il leva le poing et frappa de toutes ses forces Erec au visage, comme l'aurait fait Scorpius, comme l'aurait fait Liam, bien loin de ses premiers réflexes et instincts. Terrassé par la peur, la surprise, le choc et le coup, Erec s'écroula sur le sol, vaincu.
Le sorcier contempla son exploit, la respiration haletante, la sueur coulant le long de sa nuque. Il n'avait plus peur et l'adrénaline du combat pulsait encore dans ses veines. Il vit qu'Erec respirait encore. Il fit apparaître une corde avec sa baguette et la fit s'enrouler autour du corps de son ennemi.
— Dis-moi où est Pickquerry! s'exclama Albus en le secouant.
— C'est trop tard…, murmura Erec avec difficulté. Il a déjà activé la source. Tu ne peux plus rien faire.
En plongeant dans son regard presque éteint, Albus comprit qu'il ne lui révèlerait rien. Qu'il n'était là que pour le retenir suffisamment longtemps pour l'empêcher de contrer les plans de son maître. Albus brandit sa baguette sur Erec. Il ne voulait pas utiliser ce sortilège mais il n'avait pas le choix.
— Impero! souffla-t'il.
Aussitôt, les yeux d'Erec se voilèrent.
— Dis-moi où se trouve Pickquerry! tonna Albus.
— Il...il est dans la salle de...l'Arcade de la mort… Il est sur le point...de la traverser…
— Laquelle est-ce?! s'impatienta Albus.
Erec désigna l'une des portes de gauche de la tête. Albus l'abandonna à son sort et se précipita vers la porte noire. Il l'ouvrit à la volée et fut rassuré de voir les gradins, l'arène sombre et silencieuse et surtout le socle de pierre où siégeait l'un des dolmens de Stonehenge.
Avec horreur, il vit Pickquerry escalader les gradins pour atteindre le centre de l'immense amphithéâtre.
— PICKQUERRY! hurla Albus dont le cri se répéta en écho. Ne faites pas ça!
La Langue-d'or fit volte-face et contempla, un instant, Albus. Puis ses gestes furent plus pressés et Albus comprit qu'il ne réussirait pas à le convaincre de renoncer à son projet. Il se mit à descendre quatre à quatre les marches des gradins pour le rattraper. Jamais il n'avait dévalé un escalier aussi vite et il manqua plusieurs fois de tomber et de se rompre le cou. Il avait du mal à se concentrer sur sa descente tout en tentant de viser Picquerry pour l'immobiliser.
— Petrificus Totalus! cria Albus en essayant de viser Pickquerry qui gravit maintenant le socle de pierre.
Le sort ricocha sur l'arcade et Pickquerry s'abaissa pour éviter les prochains sorts. Albus atteignit enfin la butte et brandit sa baguette, prêt à se battre.
— Vous n'avez pas à faire ça, Pickquerry! cria encore Albus en le cherchant des yeux. Tout ce qu'il veut c'est que vous vous sacrifiez. Merlin se fiche de vous.
— Tout comme vous…
Albus ne réfléchit pas. Dès qu'il entendit la voix de la Langue-d'or, il jeta un sort dans sa direction. La pierre frappée du sort vola en éclat. Pickquerry ne se montrait toujours pas. Il avait disparu derrière les derniers gradins. Albus était seul sur la butte. Il se mit devant le voile noir du dolmen de la mort. S'il se mettait devant l'entrée, alors Pickquerry n'aurait aucune chance de la traverser.
Après un temps, terriblement silencieux, sans qu'aucun des deux ne pense à jeter de sort, Pickquerry sortit enfin de sa cachette. Albus le vit monter la butte et marcher devant lui. Sa longue robe noire se confondait avec l'obscurité ambiante. Sa longue barbe blanche et ses cheveux argentés se détachaient d'autant plus dans ce décor lugubre. Il avait des airs de messagers de la mort.
— Je ne sais pas ce qu'il vous a dit, commença Albus, mais si vous franchissez cette arcade, vous allez perturber le réseau des sources et elles exploseront toutes pour rejoindre leur point initial. Si vous la traversez, beaucoup de gens mourront, vous le premier. Vous détruirez le monde des sorciers.
— La mort n'est que le commencement, Mr. Potter. Il faut détruire pour reconstruire.
Albus secoua la tête, désespéré. Il leva sa baguette vers Pickquerry.
— Je ne peux pas vous laisser passer, haleta-t'il. Il en est hors de question. Si vous faites le moindre pas...je...je n'hésiterai pas à vous tuer.
— C'est là où se trouve toute votre erreur, répondit Pickquerry d'une voix extrêmement calme. Contrairement à vous,Mr. Potter, je suis prêt à mourir depuis longtemps.
Tout se passa ensuite très vite. Pickquerry eut un mouvement de poignet et Albus le prit comme un signal. Il hésita, malgré ses dires un peu plus tôt. Il savait que son seul espoir était le sort de mort mais il hésita une fraction de seconde qui lui coûta absolument tout. Les deux sorts se frappèrent l'un l'autre dans une explosion de puissance terrifiante et Pickquerry avançait toujours.
Il prenait le dessus, pas à pas et bientôt Albus se retrouva acculé. Le sort de Pickquerry fut plus puissant et la baguette d'Albus sauta de sa main. Alors, la Langue-d'or se mit à lui sourire. Il le prit par les pans de sa robe et ils basculèrent ensemble à travers le voile de la mort. La dernière pensée d'Albus avant de disparaître fut un long hurlement d'agonie et de révolte contre ce qui venait de se passer et surtout face à son impuissance.
OoO
La première chose que perçurent les sorciers et sorcières autour de Merlin, fut le tremblement de la pierre sous leurs pieds. Tandis que Merlin continuait à rire, Scorpius sentit une angoisse monter en lui. Quelque chose était sur le point d'arriver, quelque chose de terrible. Il le sentait dans toutes les fibres de son corps. La magie vibrait en lui et entrait en écho avec une source extraordinaire, une puissance qu'il n'avait jamais envisagée auparavant. Il lui fallut quelques instants pour comprendre réellement ce qui était en train de se passer. Lorsqu'il ouvrit la bouche pour prévenir les autres, il était déjà trop tard.
Les lianes qui enroulaient le corps de Merlin se vidèrent soudain de toute magie. Elles jaunirent à une vitesse affolante et se brisèrent sous les mouvements de leur ancien prisonnier. Dans des gestes rapides et précis, Merlin se releva. Il saisit le sceptre que Ginny brandissait devant lui pour le menacer. Il lui arracha des mains sans qu'elle ne pût faire quoi que ce soit. Et lorsqu'elle fit mine de se défendre, Merlin la saisit à la gorge.
— GINNY! hurla Harry en se précipitant sur elle.
Mais Merlin la relâchait déjà. Et tandis qu'il éloignait sa main de sa gorge, il lui volait en même temps toute sa magie. Un long filament lumineux s'extirpa du corps de la sorcière et Ginny tomba en arrière, soudain sans force.
Le sol tremblait de plus en plus. Neville, Ron et Hermione se précipitèrent sur Merlin pour le contrer une nouvelle fois. Scorpius voulut les en empêcher car il savait qu'autre chose était sur le point d'arriver.
— Arrêtez! hurla-t'il en vain.
Harry tenait sa femme dans ses bras lorsque le Saint-Graal retrouva toute sa magie. Un long bruit étrange, profond et terrifiant précéda le grand geyser de magie qui pourfendit le néant de ses entrailles. La source vomit sa puissance en un long jet puissant qui frappa le plafond de la grotte et vrilla le ciel comme un signal à un prochain renouveau. Le souffle de la puissance magique balaya tout le monde. Scorpius vit les Potter se retrancher derrière un débris de pierre assez grand pour les protéger de la lumière éclatante de cette magie originelle.
Ron et Hermione furent projetés sur plusieurs mètres, loin de la source. Le professeur Londubat réussit à s'accrocher à l'une de ses lianes mais elle ne tint pas bien longtemps face à la puissance de la source. Scorpius résista. Il fut le seul debout à l'exception de Merlin dont les capacités extraordinaires lui permettaient de se tenir tout près de la source. Scorpius utilisait son bouclier pour se protéger. Il puisait dans la magie ambiante pour s'en servir afin de s'en défendre. Il était le seul parmi les combattants à avoir appris cette capacité de l'ennemi. Le seul à pouvoir observer Merlin brandir son sceptre près de la source. Le seul à savoir ce qu'il comptait faire et ses répercussions sur leur avenir. Le seul à avoir la force de marcher vers lui pour l'en empêcher.
Merlin abaissa son sceptre vers le geyser qui ne cessait de grossir en dégageant son souffle d'énergie. Il commença à aspirer la magie. Scorpius fit un premier pas, puis un autre, difficilement, dans la douleur. Plus il avançait et plus il avait l'impression que la magie essayait de déchiqueter son corps comme s'il n'avait pas le droit de lui résister. Il se demanda comment Merlin était capable de se tenir aussi près.
Plus il avançait et plus Merlin aspirait la magie de la source grâce au sceptre. Au fur et à mesure, il devint plus facile pour Scorpius de se déplacer. Il réussit à approcher suffisamment de Merlin pour tendre le bras et espérer le toucher.
Au moment où il s'apprêtait à prendre son élan pour lui arracher le sceptre des mains, tout explosa. Le rituel était accompli, Merlin avait réussi à absorber toute la magie. Il eut une déflagration qui fut bien trop forte pour que Scorpius ne puisse l'absorber. Il valdingua dans les airs et s'écroula dans la roche en gémissant de douleur.
Après l'explosion, tout devint soudain très calme. Ce silence fut la chose la plus terrifiante que Scorpius n'ait jamais vécue. Il annonçait bien pire et il en eut la confirmation lorsqu'il releva la tête pour contempler la source.
Merlin se tenait en son centre, le sceptre de Rowena Serdaigle dans la main qui flamboyait de mille feux en produisant à lui seul, toute la lumière dans la grotte immense. Merlin était changé. Il ne faisait plus qu'un avec le sceptre. Son corps véhiculait la magie puis la retransmettait à son bras qui tenait l'artefact le plus puissant jamais créé. Merlin avait réussi. Il était devenu le maître du Saint-Graal, le maître de la magie originelle.
Tandis qu'il se relevait, Scorpius eut le brusque désespoir de se demander comment ils allaient bien pouvoir vaincre celui qui avait réussi à voler la puissance d'un dieu.
