Scorpius donna une part de pizza à Rose avant de se servir lui-même. Fatigué, mais heureux d'être avec ses amis pour leur soirée hebdomadaire, il mangea à son tour, affamé.
- Comment t'as fait alors ? Demanda Albus en regardant Oscar. Vous êtes rentrés dans la maison hantée séparément et vous en êtes sortis en vous tenant la main et en vous regardant comme Rose regarde une nouvelle portée de chatons !
- Eh ! s'offusqua cette dernière.
- Pour ta défense, les chatons, c'est vraiment trop mignons, la rassura Ryley.
Rose et Ryley entrechoquèrent leurs poings l'un contre l'autre, en signe de ralliement.
- Qu'est-ce qui te fait dire que c'est Oscar qui a fait quelque chose ? Ronchonna Telma.
- Parce que c'est lui qui te court après depuis nos seize ans.
- Et bien pour ton information, c'est moi qui l'ai embrassé la première, fit fièrement la brune.
- T'entendre t'en vanter, ça me donne vraiment envie de …, commença Oscar.
- Calme toi, le refroidit Telma en le tapant doucement sur le front. Cet abruti a hurlé comme un enfant cinq ans devant un faux zombi. J'ai cru qu'il se faisait vraiment attaquer, j'ai eu peur, j'ai vu qu'il n'était pas en danger et courrait bêtement pour échapper à un pauvre homme peint en vert. Il s'est mangé le mur d'en face, s'est évanoui, j'ai re eu peur et je l'ai embrassé.
Telma avait racontait l'histoire comme on récitait les étapes d'une recette de cuisine pas très compliquée.
- Tu manques vraiment de romantisme, grimaça Oscar.
- Qu'est-ce que tu veux que je dise de plus ? Haussa les épaules l'ancienne Serdaigle.
- Que tu m'as dit que tu refusais que je meurs en m'explosant débilement le crâne contre un mur sans que tu n'aie eu l'occasion de me dire à quel point tu m'aimais.
- Ah ouais. J'ai dit ça aussi…
Scorpius retint un rire et Telma fronça les sourcils :
- T'es jaloux chéri ?
- J'ai l'impression que ça fait bien une éternité qu'on ne s'est pas appelé comme ça, sourit Scorpius en se rappelant de leurs surnoms.
A l'époque, il s'agissait d'une simple blague entre eux, pour se moquer de la mère de Telma, déterminée à faire de sa fille la future madame Malfoy… Malheureusement pour elle, Telma avait toujours aimé Scorpius comme le frère que la vie ne lui avait pas offert.
- Et ça convenait très bien à tout le monde, grinça des dents Rose.
- T'es jalouse ? Fit Scorpius, en bombant le torse.
Rose haussa les épaules, mutine, le regard empli de malice. Il posa ses lèvres sur sa tempe et l'embrassa.
- Tu vas me mettre de la sauce tomate dans les cheveux, bougonna-t-elle.
- Surtout qu'elle en a déjà dans le cou, se moqua Albus.
Rose frotta sa peau, à la recherche de la moindre trace de sauce tomate, sans sentir de liquide à l'endroit qu'indiquait Albus sur son propre cou. Ryley, en face de Rose, plissa les yeux et se mit à rire :
- Ça, Albus, c'est pas de la sauce tomate.
Rose plaqua instantanément sa main sur son cou en rougissant.
- C'est un suçon, ajouta le métisse.
- Oui Ryley, bravo, je pense que tout le monde avait deviné, merci, ronchonna Rose.
Albus se ratatina légèrement, mais Scorpius remarqua son petit sourire franc et honnête. Son meilleur ami était heureux pour eux. Finalement, Albus s'était fait à leur relation depuis longtemps, la sachant inévitable.
- Ça fait bizarre, murmura cyniquement Ryley. Oscar et Telma, Scorpius et Rose… Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants, blablabla...
- Il reste plus que toi et moi, mon pote, soupira Albus.
Ryley était de nouveau célibataire, le coeur légèrement abîmé par sa dernière relation. La fille en question l'avait trompé et ça, Ryley s'en remettait difficilement.
- On a juste pas besoin de quelqu'un d'autre pour être heureux, se consola Ryley. On se suffit à nous-mêmes.
- Tout à fait.
- Vous voulez des cafés ? Demanda la voix d'Emma qui venait d'arriver à leur table.
- Non merci, sourit Rose en la regardant déjà partir, un plateau entre les mains.
- Moi j'en veux un ! Se précipita Albus en suivant la jeune femme jusqu'au bar.
- Je crois que tu es seul, Ryley, se moqua Telma.
Ils éclatèrent de rire et Rose regarda curieusement son cousin et Emma en train de discuter. Elle fronça les sourcils et interrogea silencieusement Scorpius qui observa à son tour son meilleur ami et la serveuse.
- Tu crois que je devrais intervenir ?
- Surtout pas, la retient Scorpius. C'est son problème, pas le tien.
- Emma n'est pas un problème.
- Toutes les filles sont des problèmes.
- T'es vraiment un crétin ! Soupira Rose.
Elle posa sa tête sur son épaule, fatiguée à son tour et observa tous ses amis. Elle adorait leurs soirées, et maintenant qu'ils étaient tous heureux et épanouis, elle était fière des adultes qu'ils étaient devenus.
Au moment de rentrer, Albus tapota l'épaule de Rose. Scorpius était déjà rentré chez elle, et devait probablement déjà dormir à poings fermés.
- Faut qu'on parle de Scorpius.
- Comment ça ? s'inquiéta Rose.
- Faut que tu saches qu'il a toujours été comparé à son parfait cousin Quentin, qui a toujours agit en parfait représentant de la noblesse sorcière, qu'il en a toujours souffert et que si jamais tu …
- T'es en train de me faire le discours du « si jamais tu lui fais du mal je te tue » ? Le coupa la jeune femme, interloquée.
Albus se mit à sourire :
- C'est mon meilleur-ami, Rose. Et t'as beau être ma cousine, tu bénéficies d'aucune immunité.
- C'est juste, soupira Rose. Et surtout trop mignon de ta part !
Albus balaya l'air de la main, faisant mine d'ignorer cette dernière remarque.
- Scorpius est plus fragile qu'il ne le pense. Et toi, t'es plus forte que tu ne le penses.
- On fait vraiment bien la paire, murmura Rose en s'appuyant contre sa porte.
Albus approuva d'un signe de tête. C'était fou, ce qu'ensemble, ils avaient l'air d'être apaisés, elle qui avait toujours peur de tout, et lui qui était incapable de tenir en place. Albus avait toujours pensé que Scorpius était le positif du négatif de Rose, et qu'ils s'assemblaient parfaitement. Ses deux meilleures-amis étaient les meilleurs versions d'eux-mêmes quand ils étaient ensemble et au final, ça avait toujours été le cas…
- Tu sais, il a beau faire comme si sa situation familiale lui importait peu, on sait que ça le touche. Il n'a jamais écouté son père quand il lui faisait du chantage, quand il se moquait de lui parce qu'il pleurait à la mort de ses animaux de compagnie… Mais au fond, Scorpius aimerait que ses parents s'occupent de lui et s'intéressent vraiment à lui.
- Je sais, avoua Rose.
Scorpius n'avait pas besoin de l'approbation de ses parents en vérité, ni même de leur reconnaissance. Il voulait juste un peu d'attention, mais ça, il ne l'aurait jamais avoué, même sous la torture. Rose savait que Scorpius avait essuyé les violences de la guerre à travers l'attitude froide de son père. Elle savait qu'on s'était moqué de lui pour son nom, pour ce qu'il était, un garçon un peu trop impétueux, pas assez réservé et pas assez hautain, noble, un enfant trop sympathique. Elle savait qu'on avait cherché à le brider, à faire de lui quelqu'un qu'il n'était pas et qu'au final, ses parents avaient eu des attentes le concernant. Des attentes que Scorpius n'avait jamais su satisfaire… Le blond parlait de son enfance par épisodes et à de rares occasions. Rose le serrait toujours fort contre elle dans ces moments là, comme pour combler tout l'amour qu'il n'avait pas eu et qu'il aurait mérité d'avoir, comme tous les enfants.
- Promets-moi de ne rien attendre de lui. De ne pas essayer de le changer, exigea Albus.
Rose se mit à sourire.
- Je le connais depuis nos onze ans. Et même quand il m'énervait et que j'avais envie de le tuer, je n'ai jamais cherché à le changer. Je n'attends rien de lui. Rien de plus que ce qu'il attend de moi.
Elle aimait Scorpius comme il était. Avec ses sourires arrogants et taquins, sa façon de croire que tout lui était du, ses blagues, sa loyauté, son intelligence et sa sensibilité…
- J'avais juste besoin de l'entendre.
- T'es très doué pour ce genre de discours, plaisanta Rose. Tu lui en as fait un, à lui aussi, par rapport à moi ?
- Évidemment ! Leva les yeux au ciel son cousin.
Rose le tapa violemment sur l'épaule avant de l'embrasser sur la joue :
- Ça t'apprendra à entretenir des années de patriarcat !
- Alors quand je te menace vis-à-vis de Scorpius c'est mignon, mais que je menace Scorpius vis-à-vis de toi c'est du patriarcat ? s'offusqua Albus.
Rose éclata de rire et lui souhaita une bonne nuit, le sourire aux lèvres.
