PARTIE XVII – DES SOUVENIRS EN BOITE - JUILLET 2028
- Scorpius, fais donc une pause, l'implora Albus.
- Il va se rendre malade, commenta Teddy.
- Je crois surtout que la veine sur son front va bientôt éclater.
- C'est vrai qu'elle est assez impressionnante !
- Je vous entends, bougonna Scorpius en terminant son rapport.
Il secoua la tête, et essaya de se concentrer sur ce dernier. L'affaire était délicate, mais pas au point de s'en rendre malade. Il n'aimait pas partir en laissant un travail inachevé. Son ventre émit un son évocateur, et les deux hommes se mirent à rire. Il referma son dossier et la porte derrière lui. Il partit devant Teddy et Albus, pour aller voir Rose, dont le bureau se trouvait à l'autre bout du couloir.
Elle avait commencé le mois dernier. Fraîchement diplômée, Rose avait obtenu un poste assez prestigieux et assistait les politiques magiques de Grande-Bretagne. Elle était passionnée par ce qu'elle faisait. Elle rédigeait des contrats à longueur de journées, négociait et parlementait. Elle ne prenait pas souvent le temps de manger, n'en ressentant même pas le besoin. Elle dormait peu aussi. Elle se mettais beaucoup de pression, pour prouver à tous qu'elle était légitime et qu'elle méritait ce haut poste.
Scorpius ne se donna pas la peine de frapper à la porte et entra. Il la trouva concentrée, en train de rédiger quelque chose, rapidement. Elle fouilla son bureau, le survolant de ses mains. Scorpius s'approcha d'elle, et enleva un post-it qui était resté collé sur son front :
- C'est ça que tu cherches ?
- Merci, murmura-t-elle en le regardant à peine.
Cela faisait deux semaines que ça durait. Il fit pivoter sa chaise et la tourna vers lui. Rose lui tira la langue et retourna écrire :
- Je n'ai pas le temps.
Scorpius ricana et se pencha vers elle pour lui mordiller légèrement l'oreille. Il déposa plusieurs baisers dans son cou et sentit son souffle s'allonger. La peau de Rose, contre ses lèvres étaient toujours douce et il ne s'en rassasiait jamais.
- Arrête, geignit Rose.
- De quoi ? Fit innocemment Scorpius.
Il passa une main sur sa taille et l'entendit soupirer de bonheur. Finalement, Rose abandonna son travail de bon coeur, et quand Scorpius la souleva pour la faire s'asseoir sur son bureau, elle avait totalement oublier ce qu'elle écrivait. Il déboutonna son chemisier et elle se laissa faire, totalement séduite :
- C'est une très mauvaise idée, murmura-t-elle en gloussant.
Elle repoussa tout de même plusieurs affaires sur son bureau pour être plus à l'aise. Quelques plumes s'échouèrent sur le sol et un cadre contenant une photo de toute sa famille tomba.
- On l'a jamais fait dans ton bureau, sourit Scorpius entre deux baisers.
- C'est pas un concours ! s'offusqua la rousse.
- On pourrait en faire un, proposa-t-il.
- Scorpius, on a presque failli se faire prendre la semaine dernière. Albus s'en est à peine remis !
Ils grimacèrent en y songeant.
- Je ne regrette rien ! Affirma Scorpius.
Ses yeux brûlaient d'excitation. Parfois, il se disait qu'il était incapable de passer une journée sans la toucher, sans l'entendre soupirer ou gémir sous ses caresses et ses baisers. Et, elle, elle se laissait faire, totalement amoureuse, totalement happée par lui. Elle le savait sans en douter : elle, elle ne saurait s'en passer, de ses caresses, de ses mots murmurés à son oreille, de son désir pour lui. Pas même pour une journée. Mille frissons parcouraient son corps chaque fois qu'il était prés d'elle. Et en même temps, elle se sentait apaisée, capable de tout faire…
- Moi non plus…, souffla-t-elle enfin alors que la main de Scorpius descendait un peu plus bas.
Elle se cambra, attendant, impatiente, un peu plus, toujours un peu plus de lui…
- T'es insatiable, la taquina-t-il.
Elle posa un baiser sur sa joue, et immédiatement ils reprirent là où ils s'étaient arrêtés. Scorpius adorait la voir entre ses bras, toute pantelante, le souffle court et les rouges rosies par le plaisir qu'il lui donnait. Cette femme lui faisait perdre la tête parfois. Quelqu'un toqua, les interrompant et Rose bondit, se remettant sur ses pieds et mit de l'ordre sur son bureau.
- Je peux entrer ? Demanda la voix d'Albus.
Rose reboutonna son chemisier à la va-vite et Scorpius se recoiffa. Rose avait légèrement tendance à plonger ses mains dans ses cheveux et à y mettre un sacré bazar. Albus entra et immédiatement, comprit qu'il avait interrompu quelque chose :
- Vous êtes pas croyables, se plaignit-il.
- Quoi ? Firent-ils en même temps.
- C'est le seul moyen que j'ai trouvé pour la distraire de son travail ! Ajouta Scorpius.
- Je te demande pardon ? s'offusqua Rose. Tu fais ça uniquement pour m'empêcher de travailler ?
- Il a l'air d'y mettre beaucoup de cœur à l'ouvrage, si ça peut te rassurer, grogna Albus.
- Je croyais que tu partais manger avec Teddy ? Demanda le blond, un peu contrarié.
- On trouvait que tu mettais beaucoup de temps et sur le chemin, je me suis dit que j'allais sortir Rose de sa transe pour lui rappeler de manger. Je ne savais pas que t'étais déjà sur le coup… Je croyais que t'étais parti rendre ton rapport.
- Mes méthodes sont plus efficaces que les tiennes, se complimenta Scorpius.
Rose leva les yeux au ciel et prit son sac, s'apprêtant à sortir du bureau pour aller manger. Les deux hommes restèrent plantés devant elle, morts de rire :
- Vous comptez venir ?
- Rose…, commença Albus en riant.
- Quoi ?
- Reboutonne correctement ta chemise avant de sortir, fit Scorpius en souriant.
Rose baissa les yeux. Un trou béant laissait apparaître son nombril. Elle défit les boutons et les remit correctement, les joues rouges. Scorpius passa un bras autour de ses épaules et planta un baiser dans son cou. Ce n'était que partie remise…
Ils partirent manger tous les trois en ville. Rose s'aéra la tête au moins pendant ce repas. Scorpius s'inquiétait énormément pour elle. Il savait qu'elle était du genre à se plonger corps et âme dans ce qu'elle faisait. Sur le chemin, ils évitèrent des journalistes curieux. Depuis que le fameux incident au Chemin de Traverse tout le monde était au courant pour leur relation. Ni Scorpius ni elle ne lisaient la presse. Ils l'évitaient et tout le monde prenait soin de ne pas leur en toucher un mot, même si les Potter-Weasley, ainsi que leurs proches continuaient leur collection de toutes les couvertures. Ceci dit, il était compliqué pour eux de ne pas remarquer leur deux visages en couverture. Parfois, Rose se demandait comment ils faisaient pour les prendre en photos sans qu'ils ne s'en rendent compte. C'était insupportable. Heureusement pour elle, Rose avaient des cousins et une famille très unie. Ils prenaient tous à coeur de préserver Rose. Roxanne s'était donc arrangée pour faire la couverture de Wizarbazark la semaine dernière, en embrassant goulûment et devant tout le monde, un joueur de Quidditch bulgare de renommée mondiale. Le pauvre homme était resté béat une bonne demie-heure après ça… Quant Dominique et Fred, s'étaient eux, arrangés pour faire parler d'eux lors d'une soirée un peu trop arrosée. Molly avait fait courir la rumeur d'une grossesse, et James avait exhibé son dernier tatouage devant tout le monde. Tout était bon à prendre pour les détourner de Rose et de sa vie sentimentale…
oOo
- Tu nous manques ma belle, soupira le patron du bar.
- Je suis désolée, s'excusa Rose.
- De quoi ? Je suis heureux quand mes serveurs me quittent. Ça veut dire qu'ils réussissent leur vie !
- Je suis encore là, moi, bougonna Emma.
- Plus pour très longtemps, ajouta le patron en lui faisant un clin d'œil.
Rose aida Emma à préparer une commande et mit des pailles dans chacune des boissons, concentrée. Ce travail lui avait tant apporté. Il lui avait permis de s'ouvrir un peu plus aux autres, et de sortir, timidement mais sûrement, de sa zone de confort.
- Quand il dit que tu ne seras plus ici pour très longtemps, ça veut dire quoi exactement ? l'interrogea Rose.
- Ça veut dire, que j'ai enfin terminé mes études moi aussi.
- C'est super ! s'enthousiasma la rousse.
Rose ne savait pas exactement ce qu'étudiait Emma à vrai dire. Ça avait un rapport avec l'Histoire, ça elle en était sûre. Emma était passionnée, tout comme elle, par les musées et les expositions. Ce qui avait grandement aidé leur amitié, avec Telma, elle aussi, grande fan d'art. Emma était même venue, au dernier vernissage de Telma.
- J'arrête dans deux mois, le temps de me faire une petite réserve d'argent supplémentaire.
- Tu vas y arriver.
- J'y compte bien. Tu vas me manquer, fit-elle enfin un peu triste.
- Ne dis pas n'importe quoi. On pourra se revoir !
- Rose, tu n'as pas de téléphone portable, pas d'adresse mail… Tes petites réunions hebdomadaires avec tes amis ont l'air très privées, plaisanta-t-elle. Comment on va garder contact ?
- Je peux te donner mon adresse. Enfin celle de mon appartement.
Emma éclata de rire. Rose oubliait parfois qu'elle était plus jeune d'un an… Emma pouvait paraître si mature parfois… Mais quand elle riait, elle faisait vraiment son âge.
- Je pourrais te rendre visite ? Demanda-t-elle.
- Oui bien sûr.
- J'en serai enchantée, fit la jeune femme un grand sourire aux lèvres.
Une personne entra dans le bar, et Emma ouvrit grand la bouche. Elle fit pivoter la tête de Rose, tout doucement et cette dernière écarquilla les yeux. Aaron s'approcha d'elle, un léger sourire sur le visage :
- Bonsoir, Rose. Tu travailles toujours ici ? s'étonna-t-il. C'est fou, je passais dans le coin, et … Je sais pas, je me suis souvenu de cet endroit.
Rose savait qu'Aaron n'avait pas remis les pieds au bar depuis qu'ils avaient rompu.
- Salut Aaron, murmura-t-elle. Non. Je ne travaille plus ici.
- Ça fait longtemps, répondit Aaron.
- Je te sers quelque chose ?
- Je croyais que tu ne travaillais plus ici ? Haussa un sourcil le brun.
- C'est vrai, rit Rose. Mais je peux quand même faire ça.
Il hocha la tête, et elle lui servit un café malgré l'heure tardive. Rose apporta une commande à une table en extérieur et alla rejoindre Aaron. Ils discutèrent un bon quart d'heure et elle ne vit pas le temps passer. Finalement, quelqu'un toussota derrière elle. Rose se retourna et fit face à Scorpius, et tous ses amis, enfin arrivés.
Quand ils étaient entrés, Scorpius avait immédiatement cherché Rose des yeux, et quand il l'avait trouvée en train de bavarder avec Aaron, une bouffée de jalousie l'avait assailli. Possessif, il embrassa longuement Rose. Loin d'être démonstratifs en public, Rose ne s'en étonna pas pour autant, et profita de son baiser. Scorpius avait un don certain pour lui faire perdre tout sens des convenances. Aaron, lui riait narquoisement :
- Ça ne me surprend même pas !
- De quoi ? Murmura Rose.
- Toi et le blond.
- Je suis désolée, grimaça Rose.
- De quoi ?
Rose réfléchit. Finalement, elle ne trouva pas de réponse. De quoi pouvait-elle être désolée ? Elle avait été correcte avec Aaron, et avait rompu dès le soir elle avait prit conscience de ses sentiments pour Scorpius. Elle ne lui avait jamais mentit, jamais rien caché. Elle ne s'excuserait jamais d'être tombée amoureuse de Scorpius…
- C'était sympa de te revoir Rose, la salua Aaron.
Elle hocha la tête, et alla suivit ses amis jusqu'à la banquette à laquelle ils s'asseyaient habituellement.
- T'avais vraiment besoin de marquer ton territoire ? Reprocha la rousse à Scorpius.
- Je n'aimais pas son regard.
- Il était très normal son regard ! Couina Rose.
- Non. C'était le regard de quelqu'un de nostalgique et qui comprend ce qu'il a perdu !
- Scorpius..., souffla Rose. Aaron n'a rien perdu. Il ne m'a jamais vraiment eue. En plus, je ne suis pas un objet. On ne me gagne pas, on ne me perd pas ! Pesta-t-elle. On ne me possède pas.
- Je sais, sourit le blond en embrassant son front. Je voulais juste te rappeler à toi que tu m'avais moi. Pour que toi, tu ne te sentes pas nostalgique …
Scorpius était toujours sûr de lui et confiant. Sauf quand il s'agissait de Rose. Il avait toujours un peu peur de la perdre, qu'elle se rende compte un jour qu'elle serait bien mieux avec quelqu'un de moins turbulent et plus … posé.
- T'es vraiment un crétin débile ! Soupira Rose.
Elle l'embrassa furtivement et les doutes de Scorpius se firent la malle. Ils rejoignirent leurs amis, déjà en train de faire du bruit. Ryley était tout sourire. Il avait finalement ouvert sa boutique de potions et tout allait à merveille. Les peintures de Telma partaient comme des petits pains, autant chez les moldus que les sorciers. Oscar allait sûrement devenir le prochain plus grand médicomage de tous les temps …
- Oscar et moi, on a quelque chose à vous dire, avoua Telma en faisant tourner le parasol de son verre.
- C'est pas vrai, je le savais ! s'exclama Ryley. T'es enceinte !
Telma prit le parasol et le jeta sur son ami pour le faire taire :
- Absolument pas. Aucun être humain en devenir n'envahira mon utérus avant au moins dix ans.
- J'ai négocié les dix ans, annonça fièrement Oscar. Avant c'était trente !
- Belle marge de progression, l'applaudit Albus en ricanant.
- Qu'est-ce qui te fait penser que je suis enceinte, d'abord ? Se vexa Telma.
- T'as prit une limonade, observa Ryley. D'habitude tu prends un cocktail. Avec du rhum. Beaucoup de rhum.
- Quelle est la nouvelle ? Demanda Scorpius, curieux.
Telma sortit son collier, cachée derrière sa blouse. Une bague en argent, finement ouvragée, y pendait. En rougissant elle la désigna, en regardant Oscar :
- On va se marier !
Rose sautilla sur ma place et se leva pour aller étreindre sa meilleure-amie et regarder la bague de plus prés. Les garçons se mirent à applaudir et à siffler. Oscar était sur un petit nuage. Peut-être que les choses étaient un peu précipitées. Telma et lui n'étaient pas ensemble depuis très longtemps… Il avait craint un instant que ses amis ne soient pas vraiment ravis. Mais en les regardant et les écoutant parler des préparatifs du mariage, il se disait qu'il avait été bien ridicule. Finalement, ils savaient tous que Telma et lui s'aimaient depuis très longtemps et qu'ils n'avaient pas besoin de plus. Albus voulait être témoin, juste pour faire un discours embarrassant. Ryley, lui, prévoyait déjà de demander le plus de photos embarrassantes des futurs époux pour les afficher en grand et en faire profiter leurs invités.
- On n'a encore rien dit aux parents de Telma.
- C'est pour ça que la bague n'est pas à ton doigt ? Devina Scorpius.
- Bien deviné, répondit la brune. Ils vont péter un câble en l'apprenant. Je crois qu'ils espèrent toujours secrètement que je me marie avec toi pour que j'hérite du nom des Malfoy et m'anoblisse.
- Il est déjà pris, grinça des dents Rose.
- Je suis pas un objet qu'on peut posséder, chérie ! s'offusqua ironiquement le blond, une main sur le cœur.
Elle le fusilla du regard, et il se ravisa :
- Enfin, si ça peut te faire plaisir… ! Se reprit-il.
- T'as aucune volonté, soupira Albus à son meilleur-ami.
Scorpius haussa les épaules et trinqua avec Oscar. Il s'imaginait déjà danser jusqu'au bout de la nuit, lors de leur mariage… Emma ne tarda pas à arriver avec de nouvelles boissons, pour fêter ça. Rose remarqua le long regard qu'elle échangea, avec son cousin Albus, dont les joues avaient légèrement rosies…
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- Ça fait bizarre, commenta Scorpius du dentifrice partout autour de la bouche.
- De quoi ?
Rose se rinça la bouche et attacha ses cheveux en une longue tresse.
- Oscar et Telma, qui vont se marier.
- Je ne trouve pas ça particulièrement bizarre, répondit Rose, pensive. Ils s'aiment. C'est ce qu'on fait quand on s'aime. On s'engage.
Scorpius fronça les sourcils, un peu paniqué. Est-ce qu'elle essayait de lui faire passer un message subliminal ?
- Détend-toi, leva les yeux au ciel la rousse. Je ne veux pas me marier.
Le cœur de Scorpius repartit avant de s'arrêter en réalisant ce que sa petite-amie venait de dire :
- Maintenant, tu veux dire ? Dans un avenir proche ? Ou jamais ?
Rose sortit de la salle de bain. Elle ne portait qu'une culotte et un top si petit qu'il dévoilait son nombril chaque fois qu'elle bougeait un tout petit peu ses bras. Elle était si belle… Et il s'imaginait bien la défier de l'épouser, un jour…
- Je ne veux pas me marier maintenant, répondit-elle de la cuisine.
Il la rejoignit, un peu rassuré. Parce que finalement, lui, se marier avec Rose, dans quelques années, ça ne le dérangerait pas…
- Alors quand tu parles d'engagement…
- Le mariage est un engagement parmi d'autres. C'est tout. Nous, on s'engage autrement.
- Comment ça ? Demanda Scorpius, pas certain de comprendre.
- Quand tu viens me chercher tous les midis pour me rappeler qu'il faut que je mange. Quand je te force un peu la main pour qu'on aille dîner chez tes parents. Quand tu m'apprends à voler, que je te vomis dessus, et que tu persistes quand même…
Elle se tortilla sur son lit, sur lequel elle s'était assise en tailleur :
- Quand tu laisses traîner toutes tes affaires chez moi, parce que tu dors ici toutes les nuits.
Scorpius observa l'appartement de Rose. C'est vrai qu'il était remplis de ses affaires. La penderie de Rose était même sous le point de s'écrouler sous le poids de tous leurs vêtements. Aux murs, il avait même accroché des posters de son équipe de Quidditch préféré. Son balai traînait dans un coin.
- Scorpius, ça fait combien de temps que tu n'as pas dormis chez toi ?
Il essaya de compter sur ses doigts. En fait, il n'en avait absolument aucune idée.
- Mais j'aime être avec toi ! Tu veux que je m'en aille ? s'étonna-t-il.
Il savait parfaitement que Rose avait besoin d'avoir son petit espace personnel, et du temps pour elle seule. Peut-être qu'il l'envahissait un peu trop.
- Non, bégaya Rose. Tu n'y es pas du tout. Ce n'est pas ce que j'essaie de te dire !
Elle s'était relevée, alarmée et bougeait nerveusement en se mordillant les lèvres. Elle attrapa ses mains et les serra tout doucement :
- J'aime aussi être avec toi. Ce que j'essaie de te dire…
Elle inspira calmement en fermant les yeux :
- C'est que tes affaires sont déjà toutes ici et que tu dors ici tout le temps, c'est même toi qui a le double des clés alors…
- Attends, l'interrompit Scorpius en comprenant. Tu veux qu'on habite officiellement ensemble ?
- Oui, couina-t-elle.
Elle rouvrit un œil, en craignant sa réponse.
- Toi, Rose Tonks Weasley, tu me proposes d'habiter officiellement avec toi ?
- Oui, insista-t-elle.
Il l'embrassa sur le bout du nez, mais elle le repoussa vivement en riant :
- T'as du dentifrice partout autour de la bouche !
- Je m'en fiche.
Il l'embrassa plus amoureux que jamais. Rose venait de trouver le courage de lui demander quelque chose d'important pour elle. Elle n'avait pas eu besoin d'être mise au défi pour ça. Son coeur semblait prêt à sortir de sa cage thoracique tant il battait fort. C'était un premier pas qu'elle se sentait prête à franchir avec lui…
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Rose mordillait ses lèvres tout en regardant Albus et Ryley porter des cartons. La chambre de Scorpius venait à peine de se libérer qu'elle était déjà reprise… Après avoir lancé un sort d'extension sur sa penderie et ses placards, tout était rentré. La vieille guitare du blond avait été sagement posée prés de la Yué Lua, tout était rangé et il ne restait plus qu'à aider les garçons à en faire de même pour eux. Connaissant Ryley et Albus, Rose doutait qu'ils se montrent aussi organisés qu'elle ne l'avait été. La jeune femme devait bien admettre que Scorpius l'avait bien aidé, et s'était montré relativement et étonnement efficace.
- T'as de la poussière dans les cheveux ! Lui apprit une voix à son oreille.
Elle passa une main dans sa tignasse, qu'elle n'avait pas prit le temps d'attacher. Les mains de Scorpius se baladèrent jusqu'à la poche ventrale de sa salopette et elle s'appuya contre son torse, le sourire aux lèvres.
- Ce serait quand même plus simple de se servir de la magie, ronchonna Scorpius.
- L'immeuble grouille de moldus ! s'effara Rose. Et avec les sorts que j'ai lancé, tout rentre dans un seul carton, je te signale. Comment Ryley y a organisé ses affaires à l'intérieur, ça je n'y peux rien. Je suis sorcière. Pas faiseuse de miracles !
Scorpius s'esclaffa joyeusement et la tira doucement un peu plus vers lui, jusqu'à ce qu'ils se retrouvent dans son appartement. Il déposa un baiser dans ses cheveux et s'installa sur le lit, heureux. Il était chez lui. Partout où Rose était, il était chez lui…
Rose le rejoignit, un sourire taquin aux lèvres et l'enlaça, toujours debout et aux pieds du lit. Son pieds buta contre une boîte. Elle fronça les sourcils et se pencha pour la ramasser. Le visage de Scorpius pâlit légèrement. Rose tenait désormais dans ses mains, une grande boîte blanche, avec les inscriptions « ne pas ouvrir », écrites en rouge.
- C'est quoi ? Demanda-t-elle.
- Rien d'important, la rassura Scorpius.
- Si tu as introduit une bombe dans notre appartement, je veux au moins être au courant !
Elle avait dit « notre appartement », naturellement, comme s'il l'avait toujours été. Et ça, ça faisait battre le coeur de Scorpius à une allure presque insoutenable.
- Si j'introduisais une bombe dans notre appartement tu serai bien la dernière au courant.
- Pourquoi ? s'offusqua Rose.
- Tu serais la première à me dénoncer ! Plaisanta Scorpius.
- N'importe quoi !
- Ton sens moral est infaillible et tu penserais à tous les gens que je mettrais en danger …
Rose réfléchit. Il n'avait pas tort. Elle haussa finalement les épaules.
- Je l'aime bien ton sens moral, murmura Scorpius. C'est grâce à lui qu'Albus et moi sommes encore vivants.
- Tu penses au jour où je vous ai dissuadé de faire ce défi avec le saule cogneur ?
- Entre autre.
En fait, ils l'avaient fait ce défi. Albus avait même failli y perdre un œil. Mais ça, Rose n'avait pas besoin de le savoir.
- Il y a quoi dans cette boîte ? Trépigna Rose.
Il l'attaqua, enserrant sa taille de ses bras et la força à venir avec lui. La boîte dans les mains, Rose se laissa faire et plongea ses yeux dans les siens. Il ouvrit le couvercle avec elle.
- La déception est grande, bougonna Rose, en constatant que la boîte ne contenait qu'un amas d'objets divers.
- Regarde bien, souffla Scorpius.
Il prit une bougie dans les mains :
- Ça, c'est la bougie que tu as décrochée pour moi en septième année.
- Tu l'as gardée ?
- Évidemment.
- Scorpius, ça appartient à Poudlard ! Tu as volé un bien public ! Je sors avec un voleur. Par Merlin…
Il plaqua ses lèvres aux siennes pour la faire taire et l'empêcher de paniquer.
- Personne ne s'en est rendu compte, rit-il. Et je ne m'en serai séparé pour rien au monde.
Le regard de Rose s'adoucit et elle prit la bougie pour la poser sur leur table de nuit. Elle jeta un coup d'oeil à l'intérieur de la boîte et couina en y prenant un objet :
- Mais c'est l'une des chaussures de cette fille que j'avais rencontré lors de ma première année à la fac !
- Ouep ! Confirma Scorpius. Celles que t'as lancé du haut de mon balcon.
Elle la reposa délicatement, le sourire aux lèvres. Dans la boîte, il y avait un flyer du pub où Rose avait travaillé, celui pour la soirée karaoké. Il y avait un exemplaire du Wizarbazark où ils s'embrassaient en couverture, il y avait les lettres que Rose lui avait envoyé du Japon. Il y avait un morceau de plâtre, avec son écriture dessus. Il y avait des araignées phosphorescentes, qui venaient de la maison hantée, là où ils s'étaient embrassés pendant plusieurs minutes, pris de basorexia.
- T'as gardé tout ça…, s'extasia-t-elle.
- Je suis un sentimental, que veux-tu, plaisanta-t-il pour cacher sa nervosité.
Cette boîte, c'était si intime, si important pour lui. Il avait parfois d'impression qu'elle contenait l'étendue de tout ses sentiments pour Rose. Pendant toutes ces années, il l'avait alimenté de ses souvenirs, comme une pensine.
Rose était d'un romantisme étrange. Quand il s'agissait de belles histoires romanesques, elle se surprenait à soupirer et à en rêvasser. Mais quand il s'agissait d'elle, elle n'osait jamais y croire et était étrangement terre-à-terre. Elle l'embrassa sur la joue et prit un dernier papier, une feuille assez grande pour être dans un manuel.
Les joues de Rose se mirent à rougir quand elle détailla les dessins qui y figuraient. Cette page du kamasutra, que Scorpius avait glissée dans son livre d'enchantements en septième année, était un peu chiffonnée et jaunie. Elle fit remonter en elle une multitude de souvenirs…
- Je t'ai tellement détesté le jour où t'as fait ça, se rappela-t-elle en riant.
- Je savais que t'en rirai avec le temps ! Se félicita-t-il en se redressant.
Elle lut la feuille, un sourire énigmatique en tête :
- Tu m'as écoutée et tu en as gardé un exemplaire.
- Tu m'avais dit à l'époque de le lire attentivement et de prendre des notes. Que ça me permettrait peut-être de garder une petite-amie plus de deux semaines …
Les joues de Rose s'enflammèrent soudainement et Scorpius ricana, traça les traits de son visage à l'aide de ses pouces :
- Pour ça aussi, tu m'as écoutée ? Demanda-t-elle timidement.
- Je sais pas.
- Je devrais peut-être vérifier ? Fit-elle, malicieuse. Voir si tu as bien fait tes devoirs depuis le temps…
- Sûrement. Ce serait même honteux de ne pas le faire.
Rose lâcha la page du kamasutra, identique à celle que Scorpius avait mis dans son manuel d'enchantement quand ils étaient encore à Poudlard. Elle ferma la porte à l'aide d'un sort et enleva le t-shirt de Scorpius.
Elle n'avait jamais été autant chez elle que jusqu'à maintenant.
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- Demain, il faudra reprendre le travail, bougonna Rose.
Elle se blottie un peu plus dans les bras de Scorpius qui soupira :
- Pas forcément. Tu peux prendre des vacances.
- Que penseront les gens ? Je viens à peine d'être nommée à mon poste !
- Et tu as déjà beaucoup fait !
- Pas vraiment, grogna la rousse. Et puis, je serai un peu en vacances à travers toi. Tu pourras ranger l'appartement, me faire à manger quand je rentrerai, s'extasia-t-elle.
Scorpius s'esclaffa sous les couvertures et caressa son ventre nu du bout des doigts :
- Ou alors, tu poses deux semaines de congés, et on part à l'aventure ! Proposa-t-il.
Elle secoua vivement la tête et se tourna vers lui. Il battit des cils, le regard suppliant.
- Ne fais pas ton chattemite avec moi ! s'exaspéra-t-elle.
- Chattemite…
- Personne affectant des manières doucereuses et hypocrites pour tromper ou séduire quelqu'un, expliqua Rose.
- Allez ! Insista-t-il en riant franchement. Ca te fera du bien.
- Je peux pas.
Le regard de Scorpius s'éclaira, illuminé par une lueur dangereuse que Rose connaissait par coeur.
- Oh non, commença-t-elle.
- Oh si !
- Hors de question !
- Rose…
- Tais-toi.
- Je…
- Par Merlin, ne termine pas…
- Te…
- Ta phrase…
- Défies…
- J'ai dit non ! Rit-elle à gorge déployée.
- de prendre deux semaines de congés ! Termina-t-il en souriant de toutes ses dents.
Scorpius comptait bien abuser un peu de son pouvoir sur Rose. Et elle, elle se disait que sa vie serait bien morose, sans les défis de Scorpius, et lui, il se disait que la sienne serait bien vide sans les soupirs de désirs de Rose quand il la touchait et l'embrassait, après qu'elle lui ait appris un nouveau mot farfelu.
Elle accepta.
Bien sûr qu'elle accepta.
La peur au ventre de partir précipitamment et sans aucune préparation l'assaillait déjà.
Mais qu'importe. Rose ne serait pas seule. Ils seraient deux…
Bonjour, bonsoir !
Voici le dernier chapitre de ma fanfiction ! Je suis très heureuse d'avoir partagé cette histoire avec vous, qui me tenait vraiment à coeur. Aussi, j'espère que vous avez apprécié votre lecture, et je vous remercie sincèrement d'être arrivé.e.s jusqu'ici ! Ca me touche énormément ! Un grand merci encore à Sahkina pour son travail de beta !
Dans ma petite tête, Rose et Scorpius vivent heureux à leur façon, pendant trèèèès longtemps, parce que je suis une grande romantique, très cucul la praline et tout et tout. Si je considère cette histoire comme terminée, j'écrirai peut-être quand même d'autres morceaux, comme le mariage d'Oscar et Telma, des petits trucs sur Rose et Scorpius, surtout ce-dernier, qui affronte son passé familial, qui tente de nouer une relation saine avec ses parents... Ce dernier chapitre ouvre plusieurs portes mais, j'espère, qu'elle vous laisse satisfait ! Si j'écris d'autres morceaux, ils seront totalement additionnels et ponctuels.
Je vous remercie encore pour vos lectures. "Les mots et les maux" était ma première fanfiction longue publiée ici, et j'en suis sincèrement fière.
Pour la suiiiiiiiiiiiiiite de mes récits... Ceux qui attendent la suite de "La valeur d'Opaline" vont être comblés, parce qu'elle va bientôt débarquer. Je prévois vers mi-décembre :)
Une petite review pour le dernier chapitre ? Ca me ferait super plaisir :)
Bon sinon ATTENTION CE QUI SUIT EST ASSEZ NEGATIF DONC SI VOUS ETES PAS DANS LE MOOD, PASSEZ. Très clairement, j'en ai eu un gros ras-le-bol de faire traîner la publication de cette histoire. Ce site me gave à un de ces points vous pouvez même pas imaginer : entre les bugs, les mises en page qui sont totalement salopées dès que j'importe mes documents ici, le peu de commentaires, les mails d'alerte pour les reviews que je reçois même plus... WTF ? Ce site est codé avec les pieds, et ça devient franchement de plus en plus lourd.
