POV MINARI:

Hiruma Yoichi est donc devenu ma priorité. Comment le sortir de là ? J'ai vécu des choses similaires mais j'ai tenu justement grâce à l'amour que j'éprouvais. Lui, est désespéré par ce sentiment si fort. Je me demande qui peut-il aimer autant... sûrement quelqu'un du lycée. Peut-être même quelqu'un de l'équipe. Je dois n'exclure aucune possibilités. Il est perdu, il n'a jamais connu l'amour auparavant. Il a besoin d'être seul mais il déteste ça en même temps, il veut du calme et du temps. Mais je doute qu'il n'y est que ça. Pourquoi serait-il si déprimé sinon ? La tristesse est explicable mais pas... sa dépression. Alors que je le fixe, je remarque quelque chose. C'est discret et indescriptible pour ceux qui n'y connaissent rien. Mais moi, je comprends ce que c'est. La vraie raison de sa dépression et de son malheur. Des ecchymoses légères sur son cou, traces de strangulation. Il a été étranglé. Et je ne pense pas que ce soit une expérience sexuelle désagréable. Non, ce n'est pas son fantasme ou quoi que ce soit. Les traces sont presque effacées uniquement parce qu'elles sont soignées très bien. Mais la poigne qui l'a agrippé devait être très forte. Celle d'un adulte.

Moi : "Hiruma, je dois vous parler."

Hiruma : "Vas-y."

Moi : "Je crois comprendre que vous êtes... abusé. Par un adulte. Sûrement un homme. Cela fait partit de votre tristesse mais je veux savoir qui pose ainsi ses mains sur vous et dans quel but."

Hiruma : "... Tu vis la même chose, c'est pour ça que tu peux comprendre. Tout comme toi, mon père me bat."

Moi : "Je m'en doutais. Savez-vous pourquoi il fait ça ?"

Hiruma : "C'est assez récent tu sais ? Avant on avait une bonne relation. Jusqu'à qu'il trouve sur mon ordinateur un tchat gay."

Moi : "Oh. Alors il n'accepte pas votre sexualité."

Hiruma : "Ouais. A toi. Je refuse de juste te donner mon histoire sans avoir la tienne."


Je fais partie d'une famille très riche et j'ai été dans des écoles privées jusqu'au collège. Je me suis fais des amis et j'ai travaillé de manière exemplaire jusqu'à que je rencontre un garçon. Déjà à ce moment-là, mes parents ne m'aimaient pas beaucoup car je n'étais pas capable de suivre un enseignement privé. Ce garçon était une sorte de racaille mais il m'a traité avec beaucoup de gentillesse, même sans savoir que j'étais une enfant de riches. Au fil du temps on est devenu amis et j'ai presque abandonné tout le reste. Je savais à ce moment ce que je voulais faire de ma vie, je voulais devenir un entraîneuse de rugby et supporter ce garçon de toute mon âme. Plus tard, je l'ai annoncé à mes parents. Ils m'ont battus pour la toute première fois. Mais je n'ai jamais abandonné ce rêve et j'ai persévéré. Ce garçon est devenu mon petit-ami. Nous nous aimions énormément. Mes parents l'ont appris, ont voulus le rencontrer, puis m'ont battus en découvrant que c'étais un simple rustre. Pas un riche, pas un beau garçon, pas de parents avec un bon rang social. Quelqu'un de banal.
C'est là que tout a dégénérer. Nous avons déménagés, ils voulaient m'éloigner de lui. Mais le temps ne m'a jamais fais oublier ce garçon et je n'ai jamais accepté aucune demande en mariage. Ils n'ont jamais arrêtés de me battre.
Récemment, ils ont décidés de stopper car ma santé devenait grave et qu'ils risquaient la prison si quelqu'un découvrait ce qui se passait. Ils m'ont permis de suivre les études que je souhaite à condition que je coupe mes liens avec eux.