Titre : Ni colombes ni otaries
Auteur : Sigognac
Genre : Romance + (Humour ?)
Rating : T
Résumé : Bucky semble vouer un intérêt déplacé à des colombes, des otaries et une paire de lunettes roses… au grand désespoir de Steve qui, lui, ne s'intéresse qu'à Bucky. Slash, Stucky.
Disclaimer : Les personnages et l'univers de Captain America appartiennent à Marvel.
Note : Comme beaucoup d'entre vous, je suppose, la période actuelle me déprime. J'ai beaucoup de mal à écrire. Du coup, je ressors ce vieil OS écrit il y a longtemps et jamais publié (parce que je n'aime pas le titre... si vous avez des propositions, je suis preneuse !). En espérant que ça me relancera dans l'écriture de plusieurs projets au point mort depuis un moment. Bonne lecture !
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Ni colombes ni otaries
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Comme souvent, ils avaient été appelés en urgence.
A bord de l'avion supersonique qui les conduisait au lieu de leur mission, Steve avait consulté très sérieusement les différents documents qui s'affichaient sur les écrans de l'appareil et à mesure qu'un plan d'action s'élaborait dans son esprit, il en vint à une douloureuse conclusion.
Il allait devoir former deux équipes : Bucky d'un côté et tous ses hommes et lui-même de l'autre.
« Formidable », lâcha Bucky alors qu'il prenait place à l'arrière de l'appareil, là où selon le plan de Steve, il allait être largué sans ménagement.
Ils détestaient être séparés, les autres se foutaient suffisamment de leur gueule à cause de ça. Ils n'étaient pas spécialement démonstratifs en public, ne se touchant que rarement. Ils avaient conservé leur comportement d'avant-guerre, en fait, celui de deux bons amis, mais des amis qui du matin jusqu'au soir ne se lâchaient pas d'une semelle.
« Ne le prends pas mal, Buck, avait tenté Steve. On a besoin d'un tireur d'élite sur ce coup et tes statistiques dans ce domaine sont inégalables, tu es le meilleur candidat.
– La distance de tir est ridicule, Steve, râla cependant Bucky, même Natasha s'en sortirait très bien. »
La dite Natasha haussa un sourcil dédaigneux :
« Mais je t'emmerde, Bras-en-mousse. »
Clint refusant obstinément d'abandonner son arc, c'était la meilleure tireuse d'élite après lui, et il le savait pertinemment. Mais il aimait bien la charrier.
« Pour la réussite de la mission, il faut absolument que notre entrée dans le bâtiment soit la plus discrète possible, rappela Steve, professionnel. On aura peut-être besoin de Natasha pour faire du charme au gardien. C'est la seule fille de l'équipe, ce soir.
– Tu me crois incapable de faire tourner la tête d'un gardien ? réagit Bucky, bougon. Là, tu es vexant, Stevie. »
Il était en train d'enfiler une combinaison made in Stark, à l'épreuve des balles et parfaitement imperméable. On ne pourrait normalement pas le repérer au moment où il monterait sur la plate-forme, il ne laisserait aucune trace d'eau derrière lui. Mais ce que voyait surtout Steve, c'était le corps musclé de son second moulé dans le textile et ses cheveux, ébouriffés, qu'il tentait d'attacher en arrière pour ne pas être gêné pendant la mission. De son point de vue, Bucky pouvait charmer n'importe qui. Il ne comprenait toujours pas, d'ailleurs, pourquoi cet homme magnifique, alors qu'il avait l'embarras du choix, avait jeté son dévolu sur lui, plus de soixante-dix ans plus tôt.
« Tu te rappelles, lança Steve, cette fois où tu m'avais traîné à la plage de Coney Island ? Tu étais venu me chercher à la sortie du boulot, à l'improviste, et je n'avais aucune envie de te suivre… Ce n'est qu'en arrivant là-bas que tu t'es rendu compte que nous n'avions pas de maillot… »
Les « costumes de bain » des années 30 n'avaient rien à voir avec ceux du XXIe siècle. A dire vrai, Steve avait quand même un tout petit peu l'impression que les gens de maintenant se baladaient quasi-nus mais il ne formulait plus ce genre de pensées à voix haute parce qu'il était immanquablement taxé de pudibond.
« On y est allé en sous-vêtements, poursuivit Bucky, le souvenir semblant lui revenir en même temps qu'il parlait. Et à la première vague, tu as perdu ton slip parce qu'il était beaucoup trop grand pour toi : tu ne trouvais jamais ta taille dans les magasins. »
Cette réminiscence se termina sur un éclat de rire comme à chaque fois que Bucky se souvenait d'une anecdote ridicule à propos de Steve.
« Y avait une fille, aussi, non ?
– Bucky, avec toi, y avait toujours une fille…
– Elle s'appelait Debbie ? Debrah, peut-être ?
– Déborah, corrigea Steve, tu m'as bassiné longtemps avec celle-ci. Elle avait une petite sœur, parfaite pour moi, tu disais. »
Bucky hocha la tête.
« Oui, oui, approuva-t-il, elle était blonde ! Avec une paire de seins… - Il fit des gestes devant son torse avec ses mains - Oh, merde ! Presque aussi beaux que les tiens. »
Tout l'appareil pouffa à ce dernier commentaire et Steve, froissé d'être une source de moquerie, croisa les bras sur sa poitrine comme à chaque fois qu'il était sur la défensive. Cela ne fit que mettre un peu plus ses pectoraux en avant et Bucky le regardait, les yeux rieurs et ses dents blanches éclairant son visage sombre. Et même s'il était tourné en ridicule, Steve adorait voir Bucky rire comme quand ils étaient jeunes et encore insouciants. L'espace d'un instant, la page Hydra n'existait plus. Il trouva Bucky si beau qu'il en manqua d'air une seconde et dominé par un instinct stupide, les mots qui tournaient dans sa tête depuis des mois sortirent de sa bouche avant qu'il n'ait pu les ravaler.
« Épouse-moi », murmura-t-il.
D'un coup, le silence se fit dans l'avion. Steve n'avait pourtant pas eu l'impression de parler si fort. Il ignora les faces éberluées de ses coéquipiers pour ne se concentrer que sur Bucky en face de lui.
Son visage avait retrouvé tout son sérieux, cette impassibilité habituelle des missions. Il avait simplement penché sa tête légèrement sur le côté comme s'il doutait de ce qu'il venait d'entendre.
Une lumière apparut sur sa droite, indiquant que la trappe allait s'ouvrir d'un instant à l'autre. Bucky se positionna sans quitter Steve des yeux.
« C'est autorisé à cette époque, hasarda un peu platement Steve pour meubler le silence.
– Je sais que c'est autorisé », répondit Bucky.
Mais il ne put rien ajouter d'autre car la trappe s'était ouverte et il avait disparu.
Le silence perdura dans l'habitacle, chacun dévisageant Steve.
« Il n'a pas répondu, marmonna ce dernier au bout d'un moment.
– Évidemment qu'il n'a pas répondu, éclata Natasha, c'était la pire demande en mariage de toute l'histoire de l'Humanité ! »
Steve haussa les épaules.
« Comme s'il y avait une bonne manière de s'y prendre avec lui…
– Il te parlait de la poitrine d'une fille, Steve, rappela-t-elle. Et ça, ça te donne envie de l'épouser ? »
Il lui adressa un regard impuissant et tout en sachant qu'il n'allait pas arranger son cas, il murmura :
« Chaque seconde avec lui me donne envie de l'épouser… »
Elle leva les yeux au ciel. Du Steve tout craché, ce genre de réplique gnangnan, mais elle ne put s'empêcher de sourire faiblement parce qu'ils étaient touchants quand même, tous les deux, avec leur histoire d'amour intemporelle et Steve avait ce regard droit, inflexible, de celui qui est sûr de lui-même. Elle s'étonna même qu'il ait pu se retenir si longtemps : Steve était tellement le genre de gars à vouloir se marier.
Et les autres devaient être touchés aussi ou mal à l'aise parce qu'on parlait d'un mariage entre garçons dans un avion qui débordait de testostérone, elle ne savait pas trop. En tout cas, personne ne se moqua de la mièvrerie de Steve.
Il s'en sortait bien : Stark, s'il avait été là, ne l'aurait pas loupé.
« Dites, grésilla la voix de Bucky dans leur oreillette, vous connaissez un gars du nom d'Elton John ? »
Steve fronçait déjà les sourcils, le soldat ayant repris le pas sur l'amoureux transi. Il s'apprêtait à taper le nom donné par Bucky dans l'ordinateur. Il ne se souvenait pas l'avoir lu dans les différents dossiers qu'il avait consultés et il détestait les invités de dernière minute.
« Steve ! l'arrêta Sam en lui coupant l'accès à l'ordinateur. C'est un chanteur ! Elton John est un chanteur !
– C'est ça, confirma Bucky, c'est ce que me dit Wikipédia, un chanteur anglais.
– C'est peut-être le nom de code d'un des terroristes, tenta Steve.
– Crois-moi, non, Steve, le détrompa Sam. Aucun terroriste qui tient un tant soit peu à sa réputation de gros dur ne prendrait « Elton John » comme nom de code. Ce gars porte des lunettes roses en forme de cœur…
– Pourquoi Bucky nous en parle, alors ? interrogea Steve.
– Hm ? sembla se souvenir l'intéressé. J'ai tapé « mariage gay » sur Google et c'est le premier nom qui est sorti.
– Tu quoi ? hurla presque Steve. Bon sang, Bucky, nous sommes en mission !
– Et ? Tu vas me dire qu'on est pas censé s'occuper de trucs perso pendant qu'on travaille ? Qui a commencé ?
– Tu es en chute libre, rappela Steve, tu n'as pas autre chose à faire que de surfer sur le net ?
– Bah, maintenant que le parachute est ouvert, non, j'ai pas grand-chose d'autre à faire. Je peux bien me renseigner deux minutes. »
Il se tut une seconde.
« Okay, mer en vue, les affaires reprennent. Ça va couper un moment. »
Après ça, il n'y eut plus que le silence. Bucky avait été largué à bonne distance de la plate-forme pour ne pas être repéré. Il devait maintenant la rejoindre à la nage et se débarrasser des ennemis en présence. Un jeu d'enfant pour un gars comme lui mais Steve n'était pas tranquille pour autant et il aurait préféré qu'il soit parfaitement concentré.
« Il se renseigne, avait cependant relevé Natasha, c'est bon pour toi, ça. »
Leur avion survolait le bâtiment dans lequel ils devaient entrer, officiellement une usine de nourriture pour animaux, officieusement une base terroriste, mais il fallait attendre que Bucky ait éliminé les potentiels renforts et soit en position pour les couvrir à leur sortie.
Quand Bucky rétablit le contact, Steve et les autres purent distinctement entendre les bruits de coups et d'armes à feu. Au grand soulagement de Steve, il ne reconnut pas la voix de Bucky dans les différents cris de douleur poussés.
« Phase deux terminée, informa finalement Bucky à peine essoufflé, je me dirige vers la grue. »
Steve fit signe à ses hommes de se tenir prêts ils entraient en piste à la phase quatre.
« Dis, Steve, interrogea Bucky avec une intonation plus légère, tu savais qu'à cette époque deux mariages sur trois finissent par un divorce ? C'est pas très folichon…
– Bucky ! s'énerva Steve. Tu es en pleine phase trois ! Ce n'est pas le moment de zoner sur internet !
– J'attends l'ascenseur, se justifia Bucky, et je n'ai pas encore regardé ce que ça donnait sur Google quand je couplais « mariage gay » avec « vidéo ». »
Steve allait tuer Stark. C'était lui qui avait appris à Bucky à se servir d'internet. Et maintenant, c'était comme un passage obligé, Bucky consultait son téléphone pour tout et n'importe quoi…
« Sans déconner ? s'insurgea ce dernier, sa voix résonnant parce qu'il venait d'entrer dans la cabine de l'ascenseur. Y a des gays qui filment leur mariage et qui mettent les vidéos sur internet ? Je viens d'en lancer une, là : ils jettent des colombes dans un jardin. Des colombes, Steve.
– C'est très à la mode, il paraît, intervint Natasha.
– Ma sœur l'a fait à son mariage, cet été, ajouta Harvey, un des militaires recrutés pour l'occasion, c'était très réussi !
– Oh mon dieu, articula Bucky qui avait cliqué sur une autre vidéo, dans celle-ci ils ont dressé des otaries. Les alliances sont dans une boîte posée sur le nez de l'otarie. Il y a une otarie à côté de chaque marié et elles applaudissent en même temps que les invités.
– Non, là, c'est too much, admit Sam.
– Tu n'as pas idée, renchérit Bucky.
– Y aura pas d'otaries, interrompit Steve au comble de l'agacement, ni colombes, ni chanteur anglais à lunettes roses ! Juste toi et moi et on se marie ! C'est si compliqué à comprendre ?
– Ah, l'ascenseur est arrivé, lâcha Bucky, ça va couper. »
Steve était au bord de l'implosion. Il fallait vraiment que Bucky termine la phase trois pour qu'il puisse aller taper sur des gens. Ça lui éviterait de frapper le type qui lui servait de petit-ami et qui le faisait injustement mariner. Un « oui » ou un « non », c'était tout ce qu'il demandait.
Sam et Natasha lui adressèrent des regards compatissants.
« Pas d'otarie, alors ? grésilla de nouveau la voix de Bucky au bout de quelques minutes.
– Ta position ? interrogea Steve avec impatience.
– J'escalade la grue. Phase trois terminée dans approximativement trois minutes.
– Pas d'otarie, répondit alors Steve d'une voix plus douce.
– Et rien d'autre ?
– Rien d'autre. Je te promets.
– Okay, je suis arrivé en haut. Y a du vent mais rien d'insurmontable. Faut que je prépare le matos. Laissez-moi deux minutes. »
Ça s'activa dans l'appareil, on allait les débarquer. Natasha posa une main affectueuse sur l'imposante épaule de Steve.
« Il est chiant, j'admets.
– Oh, sembla se souvenir Bucky, si y'a ni colombes ni otaries, c'est d'accord. Pour t'épouser. Quand tu veux. »
Steve resta stoïque une seconde avant que l'information ne s'ancre dans son cerveau. Alors, il s'imagina Bucky, mal à l'aise dans son costume, et Stark complètement ivre avant le début de la cérémonie, et Thor qui ne passerait pas du tout inaperçu au milieu des autres invités. Et sa main tenue par des doigts de métal pendant que de l'autre on lui passerait l'alliance et Bucky qu'il pourrait présenter à tout le monde comme étant son mari.
« Empêche-le, Nat, s'te plaît, implora la voix de Bucky.
– L'empêcher de quoi ? demanda la rousse au bout d'une seconde.
– De sourire. Il doit sourire comme un idiot. Et on ne peut pas le laisser faire ça, c'est quand même le visage de l'Amérique.
– Pour être tout à fait honnête, Bucky, on sourit tous comme des idiots, là. »
Ils l'entendirent nettement soupirer.
« Irrécupérables, vous êtes. Phase trois terminée. »
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Fin
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Alors, pire demande en mariage du monde ? J'attends vos avis !
Merci d'avoir lu !
