Chapitre 1 : Premier Cours…

Le lendemain matin, alors que le soleil venait à peine de se lever, un rayon de lumière vint illuminer le corps d'un homme profondément endormi entre ses draps. Il remua quelque peu dans son lit pour finalement, au bout de quelques minutes, ouvrir ses lourdes paupières emplies de sommeil. Il émit un bâillement sonore, s'étira, puis se dégagea des draps, non sans difficulté, se dirigeant d'un pas gauche vers la salle de bain pour se préparer.

Sirius se regarda dans la glace, glissa sa main dans sa barbe naissante qu'il entreprit de raser correctement pour son premier cours de ce matin. Il repensa alors aux regards de toutes ces jeunes filles qui s'étaient portés sur lui, hier soir au banquet. Ça l'avait projeté tant d'années en arrière, quand il était lui-même étudiant à Poudlard et qu'il attirait toute l'attention autour de lui, rien qu'en marchant ou lançant une œillade à une fille de passage. Combien de fois en avait-il ri avec James et ses autres amis ? Il ne les comptait plus sur ses doigts. Malgré ces années passées, il produisait toujours le même effet. Son charme n'était plus remettre en question quel que soit son âge.

Il était vraiment heureux de revenir en ce lieu pourvu de très bons souvenirs. Poudlard était toute sa jeunesse, une partie entière de sa vie et de son bonheur. Qui aurait dit qu'un jour, il y reviendrait en tant qu'enseignant ? Sûrement pas lui. Il avait hâte de faire son premier cours, d'enseigner tout ce qu'il savait. Remus lui avait confié que c'était merveilleux d'apprendre à de jeunes sorciers. Vivement qu'il en juge par lui-même.

Sirius passa de l'eau sur son visage, s'enlevant le reste de mousse à raser. Il s'essuya avec une serviette puis retira le reste de vêtements qu'il portait pour s'enfermer dans la cabine de douche, laissant couler l'eau chaude sur son corps recouvert de quelques tatouages et cicatrices. Il avait hâte de connaître ses élèves : en tant que directeur des Gryffondor, il n'allait pas pouvoir s'empêcher de faire du favoritisme. Une chose dont il était certain, c'est qu'il allait aimer cette année au château. Tout en étant dans ses pensées, il se lava, se sécha puis s'habilla tranquillement dans sa chambre, en n'oubliant pas de jeter un dernier coup d'œil dans la glace et de remettre ses cheveux en place.

Il sortit alors de son appartement pour rejoindre Remus et sa cousine dans la grande salle, assis à la table des professeurs en train de prendre leur petit déjeuné. Un sourire s'installa sur les lèvres tentatrices du maraudeur, en observant le couple discuter tranquillement. Il était très heureux que Remus ait enfin trouvé le bonheur auprès de Nymphadora. Ils étaient si différents l'un et de l'autre. Elle était si extravagante et lui si calme : la lumière et les ténèbres ! Ne dit-on pas que les contraires s'attirent ? C'était le cas pour ces deux là, inséparables depuis qu'ils s'étaient mariés, il y a quelques mois maintenant. Pourtant cela n'avait pas été une mince affaire pour les mettre ensemble. Remus était si têtu avec ses concepts de loup-garou dangereux, trop vieux et pauvre. Heureusement que Nymphadora n'avait pas baissé les bras. Elle s'était battue pour son amour envers Remus et pour lui faire accepter. Il n'y avait pas à dire, quelle joie de les voir enfin réunis et en couple.

« Paddy, enfin levé, dit Lupin avec un sourire sous-entendu. J'ai hésité un moment donné à t'envoyer ma chère femme, pour te réveiller avec douceur.

-Eh, fait attention à ce que tu dis, insinuerais-tu que mes réveils ne te plaisent pas ? déclara la jeune femme, suspicieuse.

-Pas du tout mon amour, j'adore quand tu me réveilles, répondit Remus avec un sourire en coin.

-Hum … Je ne voudrais pas interférer dans vos règlements de compte et surtout imaginer quoi que ce soit, mais je t'en supplie, ne m'envoie jamais Dora pour me tirer de mon sommeil. L'avant-goût de cet été m'a suffit, avoua Sirius en s'installant sur chaise, tout en se remémorant la matinée où sa cousine était entrée dans sa chambre, une casserole en main en tapant dessus comme une forcenée. Voyant que Sirius n'était pas décidé à se lever, elle lui avait pris ses couvertures et l'avait mis sous la douche, l'eau allumée.

-Je ne veux plus jamais revivre de tel matin.

-Ne tient qu'à toi de te réveiller à l'heure, marmotte, décréta Dora en riant discrètement.

-Espèce de sadique sans cœur ! Tu as traumatisé un pauvre homme qui apprécie de dormir et faire la grasse mat, grogna Sirius envers sa cousine.

-Ne fait pas l'enfant Sirius ! J'aurai pu faire bien pire que ça…confia la jeune femme.

-PIRE ? s'exclama le sorcier en manquant de s'étouffer avec son jus de citrouille. Parce que crier dans mes oreilles à 8H00 du matin en tapant dans une casserole avec une cuillère et noyer mes draps sous la douche, juste pour aller au chemin de Traverse, ce n'est pas grand chose pour toi ?

-Eh bien…laissa-t-elle en suspens…Non.

-Remus, comment as-tu pu épouser une diablesse pareille ?

-Je me le demande chaque jour, répondit le concerné en mangeant du bacon. Aie ! fit Remus en se frottant le dessus du crâne.

-Ça t'apprendra à dire des inepties, déclara Dora avec une moue moqueuse. »

Les trois amis se regardèrent puis éclatèrent de rire en cette joyeuse matinée. Sirius soupira profondément pour se calmer et continua son petit déjeuné…

« Sinon, je trouve Poudlard bien calme pour un premier jour de rentrée. Je me souviens toutes les farces que nous pouvions faire avec Prongs, dit Black de façon nostalgique.

-C'est vrai, avoua Remus, depuis que les jumeaux Weasley sont partis, Poudlard est bien tranquille.

-Oh, pas si paisible que ça, dit une voix féminine sur la gauche en prenant place aux côtés de Sirius.

-Minerva, comment allez-vous ? s'enquit Padfoot.

-Très bien, Sirius. Je disais donc que Poudlard n'était pas aussi calme que vous le pensiez, surtout le matin…Nous avons tous le droit, depuis plusieurs années, à un petit rituel assez étonnant, si je puis dire, expliqua la directrice en servant du jus de citrouille dans son verre. D'ailleurs, vous allez pouvoir observer par vous-même…ajouta t-elle en levant ses yeux vers les portes de la Grande Salle où deux jeunes adolescents venaient de se croiser et se regardaient en chien de faïence. Cela ne devrait pas tarder à commencer… »

En effet, le professeur McGonagall ne se trompa point, puisqu'on entendit des effusions de voix à faire trembler Poudlard, sous les yeux ahuris des nouveaux professeurs.

« TU N'ES QU'UN CRETIN, MONSIEUR JE SAIS TOUT ! WALKER ! TU TE CROIS SUPERIEUR PARCE QUE TU ES PREFET EN CHEF ! TU ES AUSSI STUPIDE QU'UN VERACASSE PUANT ! TON INSIGNE JE PEUX TE LA FAIRE BOUFFER ! SI J'AI ENVIE DE COURIR DANS LES COULOIRS C'EST MON PROBLEME ET PAS LE TIEN ! s'exclama Joanne avec tant de fureur qu'on avait l'impression que ses cheveux virevoltaient autour d'elle.

-JUSTEMENT SI ! MON DEVOIR EST DE FAIRE REGNER L'ORDRE ! IL EST INTERDIT DE COURIR…rétorqua John les yeux brillants de colère et les joues rouges.

-DANS LES COULOIRS, MERCI J'AVAIS COMPRIS ! MR. PARFAIT ! L'ORDRE TU N'AS QUE CE MOT LA A LA BOUCHE ! DECOINCE-TOI UN PEU !

-JE PREFERE ENCORE ETRE COINCE QUE TE RESSEMBLER SALDER !

-QU'EST-CE QUE TU INSINUES ? QUE JE SUIS UNE DEVERGONDEE ?

-TOUT A FAIT ! affirma John avec défi et entrain.

-Hum…John, appela timidement une fille de Poufsouffle. Liliane te cherche pour distribuer les emplois du temps, murmura t-elle.

-LA FERME ! s'écrièrent les deux adolescents en même temps. »

John tourna alors la tête vers Joanne qui souriait à pleines dents, heureuse de lui avoir fait perdre le contrôle.

« Un à un, Walker, annonça Joanne en s'en allant vers la table des Serdaigle pour prendre son petit déjeuné. »

Quant au jeune homme, il serrait fortement les poings de rage d'avoir perdu à ce point le contrôle de lui-même. Quelle sale petite peste ! La mâchoire contractée et le regard noir, il détourna les yeux et s'en alla voir sa coéquipière, la Préfète en chef, Liliane O'Connor, tout en s'excusant devant la jeune fille de Poutsouffle. Qu'est ce qu'il pouvait haïr Salder du plus profond de son cœur ! Parfois, il avait envie de l'étrangler pour la faire taire. Le jeune Walker soupira lourdement, tout en chassant ces idées folles de son esprit, en rejoignant Liliane, qui lui donna les emplois du temps à distribuer. Pendant ce temps là, à la table des professeurs, il y en avait plus d'un surpris :

« Ce sont deux de mes élèves ? remarqua Remus ouvrant fortement les yeux.

-Oui, tu as sûrement dû les avoir dans ta classe en deuxième année, répondit Minerva. Depuis deux ans, c'est la même chose. Au début je les réprimandais avec Filius, mais rien à y faire, ils continuent de se chamailler dès qu'ils se croisent au détour d'un couloir.

-La haine se rapproche souvent de l'amour, déclara Nymphadora le sourire rêveur. Je suis certaine que ces deux là sont amoureux.

-Tu rigoles, dit Sirius éclatant de rire. Je n'ai rien vu correspondant au mot « Amour » dans leurs yeux, mais plutôt à celui de la haine. Ils se détestent, ça se voit au premier coup d'œil.

-Moi, ils me font penser à James et Lily Potter, confia la directrice. Même si j'avoue que James ne criait jamais sur la jeune Evans. C'était plutôt le contraire. Je suis d'accord avec Sirius, je ne pense pas réellement qu'ils s'aiment…C'est juste une haine féroce.

-Eh bien moi, je maintiens qu'ils sont amoureux et que, d'ici fin juin, ils seront ensemble, affirma Dora, déterminée.

-Oh, non, souffla Remus, pas de pari, pitié…

-D'accord, combien ? demanda Padfoot, n'écoutant pas les supplications de son ami.

-5 Gallions, répondit la jeune femme.

-Ça marche ! Si tu perds, et j'en suis persuadé, tu me devras la monnaie, chère cousine, ricana Sirius.

-Rira bien qui rira le dernier, cher cousin, déclara Dora, sous les yeux désespérés de son mari. »

Remus leva les yeux au ciel devant les gamineries de ces deux là, qui ne changeraient jamais. Un pari entre eux était souvent synonyme de guerre pour celui qui aurait le plaisir de gagner. La plupart du temps, c'était Sirius qui avait gain de cause… Il doutait fortement que sa femme gagne sur ce coup ci. Enfin ! Les femmes et leurs folies… Il ne valait mieux pas s'interposer, surtout avec Nymphadora, qui se révélait dangereuse dans ces cas là. Lupin reporta son regard sur la table des Serdaigle où mangeait la jeune Salder. Quel sacré bout de femme, n'empêche ! C'est vrai qu'elle avait un petit côté Lily, et ces cheveux roux prêtaient à confusion. Etonnant qu'elle soit à Serdaigle avec son caractère de feu ! Lui qui croyait que les Serdaigle étaient calmes et studieux, il se mettait le doigt dans l'œil…Minerva avait raison en fin de compte, Poudlard n'était pas si paisible que ça ; l'année se prévoyait intéressante…

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Au même moment, Eliane et Ambre sortirent de leur dortoir avec leurs affaires, se dirigeant vers la grande salle, ne se doutant pas de la nouvelle dispute entre John et Joanne. Les deux jeunes filles étaient un peu plus en retard que d'habitude. Pour cause, Ambre avait eu quelques difficultés à réveiller sa jeune amie qui dormait profondément. La jeune Corvalis avait souvent remarqué qu'Eliane avait beaucoup de mal à se réveiller durant le premier mois suivant les vacances d'été. Comme-ci elle était très fatiguée et qu'elle récupérait au maximum ses heures de sommeil perdu. La jeune fille ne savait pas à quel point son hypothèse était juste. Aux yeux de la jeune Corvalis, Eliane était un mystère. Parfois, ils ne savaient pas beaucoup de choses sur elle, ne se confiant que très rarement sur sa vie. Tout ce qu'elle connaissait de la jeune West était qu'elle avait perdu sa mère étant petite fille, qu'elle vivait avec son père et que les parents de John étaient des anciens amis de sa mère et par la même occasion parrain et marraine de la jeune fille. Ambre aurait voulu savoir ce qu'Eliane faisait de ses vacances. Elle ne les racontait jamais, à croire que c'était un secret d'état…Bien sûr, elle se gardait bien de dire tout ça à son amie. Cependant, elle aurait aimé être aussi proche d'elle, qu'Eliane l'était avec John. Elle appréciait énormément la jeune fille, une grande amie de confiance et de gentillesse même. Elle voudrait tellement connaître la cause de cet éclat de tristesse dans les yeux sombres de la jeune fille. Pourquoi se plongeait-elle parfois dans un mutisme, sans pouvoir lui décrocher un seul mot ? Ambre était certaine qu'Eliane leur cachait quelque chose de grave, sans trop savoir quoi…Elle fut alors tirée de ses songes par la voix de son amie :

« Joanne s'est levée assez tôt ce matin, tu en connais la raison ?

-Je crois que c'est dû à un garçon de Gryffondor qu'elle a repéré en juin dernier. C'est un élève assidu et très lève tôt ; je me demande combien de temps elle restera avec lui !

-Aucune idée, sûrement quelques jours ! Je ne sais pas ce qu'elle recherche exactement. avoua Eliane en réfléchissant. J'ai l'impression qu'elle veut se prouver ou prouver quelque chose à une personne en particulier.

-Tu penses à John ? demanda Ambre intéressée.

-Oui ! Ces deux là sont intenables. J'espère qu'ils vont un peu se calmer cette année, sinon j'ai peur que mes oreilles ne le supportent pas, dit la jeune West en rigolant.

-Et moi dont. Et toi ?

-Moi ? répéta Eliane étonnée.

-Oui, tu as quelqu'un en vu ? interrogea Ambre.

-Vous vous êtes passées le mot avec Joanne, répliqua Eliane.

-Non, c'est juste par curiosité…Alors ?

-Personne en vue ; pour l'instant je me concentre sur mes études. Je n'ai pas envie de m'engager dans une relation. Et toi ?

-Moi, eh bien oui, j'ai peut être quelqu'un en vue…mais c'est compliqué …

-Compliqué ? C'est à dire ? questionna Eliane intriguée.

-Oh, on en reparlera une prochaine fois au calme, on arrive dans la grande salle, dit Ambre en esquissant la conversation. »

La jeune Eliane lança un regard suspect vers son amie puis hocha la tête affirmativement. Ambre semblait véritablement gênée d'en parler ; bien étrange…Elle se demandait bien par quel garçon sa jeune amie pouvait être attirée. Elle le saurait bien assez tôt.

Eliane suivit Ambre qui la mena droit à la table des Serdaigle, s'installant en face de Joanne qui semblait radieuse. Etonnant, quand on savait que la jeune Salder n'était jamais du matin. Eliane remarqua alors que John déjeunait avec une Poutsouffle, Liliane O'Connor et non pas avec elle comme tous les autres matins. La jeune West porta de nouveau son regard sur son amie qui discutait chaleureusement avec Ambre. Elle fronça les sourcils et demanda à Joanne :

« Pourquoi John ne déjeune t-il pas avec nous ce matin ?

-Tu m'en poses des questions, répondit la concernée en dérivant son regard noir vers le couple en question. A croire qu'il préfère draguer que passer du bon temps avec une amie.

-Joanne, tu t'es encore disputée avec lui ? questionna Eliane, pratiquement certaine de sa déduction.

-Il l'a bien cherché, ce petit…

-Crétin ? proposa Ambre amusée.

-C'est ça. Il m'énerve. J'ai des envies de meurtre quand je vois sa petite face de bourgeois, ragea Joanne en s'énervant sur ses céréales. Monsieur a les chevilles gonflées parce qu'il est préfet en chef et se permet de m'engueuler parce que je cours dans les couloirs.

-Tu sais très bien que John a raison, approuva Ambre en soutenant le jeune homme, on n'a pas le droit de courir…

-Dans les couloirs ! Merci, je sais ! Elle est belle la solidarité féminine, marmonna Joanne.

-Ecoute Jo, commença Eliane, tu devrais vraiment essayer de connaître John et non te fier aux apparences. Je t'assure que c'est un garçon génial, assura-t-elle.

-Jamais je ne serais amie avec cet imbécile congénital ! Peut être quand les poules auront des dents ! En tous cas, je l'ai bien remis à sa place, ricana la jeune fille. La journée est belle, vous ne trouvez pas ? demanda la jeune Salder sous les regards désespérés de ses amies. »

Les trois amies finirent de manger tranquillement. Elles reçurent leur emplois du temps, se préparant pour leur premier cours de la journée qui se trouvait être la Métamorphose.

Joanne était toute existée de voir Sirius, ne cessant de chanter ses louanges sur son physique et d'affirmer qu'il ne pouvait être qu'un bon professeur en étant aussi sexy. Eliane devait avouer que le professeur Black avait énormément de charme ; néanmoins il restait un enseignant et un homme avec vingt ans de plus qu'eux.

Les amourettes envers un professeur n'étaient bonnes que pour les gamines de dix ans aux yeux d'Eliane. Il fallait être réaliste, combien de chance pouvait-il y avoir, pour qu'un professeur ait une relation avec une élève ? Très peu, voir aucune ! C'était irrationnel ! Sauf que Joanne ne paraissait pas du même avis, ainsi que la jeune Ambre qui n'arrêtait pas de baver et de parler de lui. A croire que toute la population féminine était contaminée. Le pire c'est qu'il n'avait fallu qu'une seule soirée, qu'un seul sourire, pour que toutes les filles tombent à ses pieds.

Eliane réprima un frisson en pensant au genre d'hommes que pouvait être le professeur Black. Un homme à femme sans aucun doute. Elle l'avait vu dans son regard, dans son allure, son assurance. Eliane n'était pas particulièrement attirée en règle générale par les hommes. Oh non, ne croyez pas qu'elle aimait les femmes ! Disons plutôt qu'Eliane avait la fâcheuse habitude de s'éloigner de ce qui pouvait être considéré comme du sexe opposé. A part son ami John, elle ne se sentait en confiance avec aucune autre personne. Elle avait reçu des propositions de la part de plusieurs garçons pour sortir avec eux mais, à chaque fois, sa réponse était non. C'était automatique, instinctif chez elle… Elle ne comprenait pas pourquoi elle réagissait ainsi. Elle en avait parlé plusieurs fois à John, qui était tout aussi dans le néant qu'elle. Peut être qu'un jour, elle aurait enfin la réponse à cette fameuse question qui lui trottait dans l'esprit…

Tout en marchant avec ses amies vers la salle de classe, Eliane avançait du mieux qu'elle le pouvait, avec sa jambe droite qui lui envoyait une douleur sourde jusqu'au cerveau. Heureusement, elles arrivèrent rapidement, au plus grand plaisir de la jeune fille qui apprécia de s'asseoir au fond de la classe, seule à un bureau. Joanne et Ambre s'étant mises ensemble au premier rang.

Eliane haïssait se mettre aussi près du bureau de l'enseignant. Plus elle était loin, mieux elle se portait. Tout ce qu'elle souhaitait, c'était que le professeur l'oublie, être simplement tranquille.

Alors qu'elle dérangeait ses affaires, elle sentit une personne s'installer à ses côtés. La jeune West se retourna et vit John prendre place, le sourire aux lèvres.

« Que fais-tu ici ? demanda Eliane, étonnée qu'il s'installe avec elle. Tu n'es pas avec ton copain ? »

John lui montra alors d'un signe de tête la table d'à côté où était assis un jeune homme grand et brun aux yeux marrons, qui n'était autre que le capitaine de Quidditch de leur maison. Thomas Beket discutait avec une jeune fille de Gryffondor qui semblait totalement sous son charme.

« Je vois, répondit la jeune fille.

-J'aurai pu m'installer avec James Parker – le second batteur de leur équipe de Quidditch – mais j'avais envie d'être avec toi. Tu devras supporter ma présence durant tout le cours.

-A mon plus grand malheur, dit Eliane en soupirant légèrement. Je rigole bien sûr, reprit-elle en riant. Quoi que…

-Espèce de petite friponne, déclara John en la décoiffant. Ah, voilà le professeur, annonça t-il.»

En effet, Sirius venait tout juste de rentrer dans la classe qu'on pouvait déjà voir les filles en admiration devant lui, chuchotant sur son passage. Le spectacle était :

« Affligeant, souffla t-elle sous le regard rieur de John.

-Si elles t'entendaient, tu serais déjà morte à l'heure qu'il est. Toutes les filles n'ont que son nom à la bouche…murmura John en regardant son professeur installer ses affaires sur son bureau. N'es-tu donc que la seule ayant survécue à son sourire fatal au dîner d'hier soir ?

-A croire qu'oui, soupira lourdement Eliane. Je trouve ça vraiment débile de s'extasier ainsi devant un professeur sachant qu'on est là pour étudier et non pour autre chose.

-Eliane, Eliane, parfaite petite Serdaigle. Tu ne changeras donc jamais ! Les études, il n'y a que ça qui compte à tes yeux ? demanda John, tout en essayant de faire attention à ce que le professeur ne les remarque pas.

-Oui, répondit sincèrement la jeune fille, clôturant ainsi la conversation. »

Au même moment, Sirius releva la tête et fit rapidement un tour de classe du regard. Un cours en commun avec les Serdaigle et les Gryffondor… Black sortit sa baguette de sa poche et la maintint en main tout en ouvrant son cahier où figurait une liste d'appel de sa classe. Un à un, il appela les noms, essayant de mémoriser les visages de ses élèves. Il ne pouvait s'empêcher de sourire et de rire devant la façon dont ces filles l'observaient avec avidité. Jamais il n'aurait cru avoir autant de succès. Il allait de surprises en surprises… et encore plus quand il arriva au nom de :

« Eliane West ?

-Présente. »

Sirius était ahuri de voir que c'était la seule fille restant sérieuse et qui ne le dévorait pas des yeux. A croire qu'il ne lui faisait aucun effet. Vraiment incroyable ! Vu son écusson, c'était une sorcière venant de Serdaigle, assise à côté de ce fameux garçon qui s'était disputé avec une autre fille ce matin. Le sorcier la détailla rapidement du regard et la trouva plutôt jolie à son goût. Retrouvant ses esprits, Sirius reprit là où il s'était arrêté et il se présenta aux élèves en annonçant le programme qu'ils allaient suivre tout au long de cette année.

« Vous avez des questions ? »

Sirius vit alors une main se lever, observa le visage de la jeune fille et dit :

« Miss Spencer ?

-Oui, j'aurais aimé savoir si nous allions réviser en classe, les sorts que nous avons déjà pu apprendre les années précédentes ? demanda de façon mielleuse Tracy.

-Non, le professeur McGonagall est excellente dans cette matière qu'elle vous a enseignée durant six ans ; je ne juge donc pas nécessaire de vous faire réviser des sorts que vous devez connaître sur le bout des doigts Miss Spencer, dit Sirius en la regardant intensément. Je serais intransigeant sur le travail en classe et en dehors des cours. Si vous voulez avoir vos Apiscs alors il faudra vous en donner la peine ! ajouta d'un ton irrévocable Sirius avec un regard plus que sérieux. Bien, je pense donc pouvoir commencer le cours. Tous à vos plumes et parchemins, notre premier cours sera sur la Métamorphose d'un animal en un objet, dicta Sirius en passant à travers les rangs. »

Eliane écrivait tout ce que disait son professeur avec attention, elle appréciait énormément sa méthode de travail: simple mais efficace. Le professeur Black était vraiment excellent. En plus, il était très gentil et toujours disponible pour expliquer de nouveau le cours à ceux qui n'avaient pas compris.

L'heure passa terriblement vite, trop vite au goût de la jeune fille qui n'avait qu'une seule hâte : être à demain pour passer à la pratique. Seul problème, ils devaient ramener leur animal de compagnie. Or Eliane n'en avait pas, ainsi qu'une autre fille de Gryffondor qui semblait très sympathique au premier abord…

Les deux jeunes filles attendirent que tout le monde parte pour en discuter avec leur professeur qui arriva vers elles en ne les voyant pas sortir de la classe.

« Vous avez un problème ? Demanda gentiment Sirius.

-Eh bien, bafouilla Eliane, vous nous avez demandé de ramener notre animal de compagnie. Or il se trouve que moi-même et…

-Laura Floyd, se présenta la jeune Gryffondor.

-Nous n'en avons pas, compléta Eliane.

-Que suis-je bête, dit Sirius en étonnant les deux élèves face à la façon dont se traiter leur professeur, j'aurais dû penser que certains élèves ne possédaient pas forcément un animal. Bien, ne vous tracassez pas les filles, vous êtes les seules à ne pas en avoir ?

-Oui, répondit Eliane tandis que Laura hocha simplement de la tête.

-D'accord ! Demain je ramènerai tout simplement un animal pour vous deux, vous travaillerez en duo. Ça marche ? demanda Padfoot avec un grand sourire aux lèvres. »

Les deux jeunes sorcières affirmèrent de la tête et remercièrent leur professeur qui regarda Eliane sortir d'une démarche assez raide. Cela intrigua Sirius qui finit par chasser ces idées.

La jeune fille arriva pile à l'heure au prochain cours qui n'était autre que Potion avec les Poufsouffle. Elle prit alors place aux côtés d'Ambre puisque Joanne était assise avec un jeune homme plutôt charmant…

Le professeur Slughorn leur fit le même discours sur les Aspics que leur précédent professeur avant de leur donner la potion qu'ils devaient préparer… Eliane alla chercher les ingrédients tandis qu'Ambre, très douée dans cette matière, préparait la potion méticuleusement avec l'aide de son amie.

« J'ai vu que tu étais restée à la fin du cours avec la Reine des glaces, dit Ambre en mettant un crin de licorne dans la potion.

-La Reine des glaces, répéta Eliane ne comprenant réellement pas, tu veux parler de Laura Floyd ?

-Oui. Tout le monde la surnomme ainsi. Cette fille est un véritable glaçon et est peu sociable avec les gens. Elle n'a d'ailleurs aucun ami et est très solitaire.

-C'est sûr que de se faire appeler ainsi ça n'encourage pas à aller vers les autres, décréta Eliane, qui n'aimait pas qu'on rejette des personnes juste parce qu'elles étaient un peu différentes.

-Désolée, murmura Ambre en rougissant, tu as raison. Elle semble très renfermée sur elle-même. Une fois j'ai voulu lui demander de l'aide sur un devoir de sortilèges à la bibliothèque et elle m'a envoyée balader.

-Je vais travailler avec elle demain en Métamorphose, je verrai bien comment elle agira…

-Oui. Sinon, qu'as-tu pensé du cours avec le professeur Black ? s'enquit Ambre, légèrement curieuse de l'avis de son amie.

-Très bien, c'est un bon enseignant. J'ai vraiment adoré son cours. On va apprendre de très bonnes choses avec lui, confia Eliane en tournant la potion dans le sens des aiguilles d'une montre.

-Je le pense aussi. Joanne n'a pas cessé de soupirer durant tout le cours ; elle le trouve toujours aussi sexy mais trop exigeant, rigola Ambre. Elle est intenable.

-Je n'en pense pas moins la même chose, mais on l'aime ainsi, grimaça Eliane en sentant une douleur aiguë lui traverser la jambe.

-Ça va Eliane ? demanda, inquiète, la jeune fille en ayant vu son visage se crisper.

-Oui, oui, ce n'est rien, je-je me suis juste cognée au pied de la table, inventa la concernée.

-Tu es certaine ?

-Mais oui ! s'exclama Eliane, ne t'inquiète pas. »

Ambre hocha simplement de la tête, jetant des coups d'œil furtifs et emplis d'inquiétude envers sa jeune amie qui ne savait vraiment pas mentir, ne voulant pas s'attirer les foudres de la jeune Eliane. Dès lors qu'elle se mettait en colère, il ne valait mieux pas se trouver sur son passage… Elles continuèrent donc en silence la potion qui fut un succès et reçurent toutes les deux un Optimal de leur professeur, alors que la jeune West ne souhaitait qu'une seule chose : aller dans son dortoir, prendre une potion anti-douleur et passer une crème sur sa jambe, qui la faisait souffrir…