Chapitre 4 : Soirée Désinhibée…
Remus attendait patiemment depuis plusieurs minutes devant la porte des vestiaires d'où on pouvait entendre des rires et des cris de joies face à la glorieuse victoire qu'ils avaient eus. Cela ne faisait aucun doute que les Serdaigle méritaient cette victoire, il était heureux et fier d'être le directeur de cette maison. D'ailleurs, Miss West lui avait rappelé, un court instant, Harry lors de ses matchs de Quidditch. Elle volait aussi bien que lui, voir peut être mieux. Elle était très douée, on ne pouvait pas le nier. Il était persuadé qu'Eliane pourrait largement percer dans cette carrière, sans aucune once de difficulté à trouver une équipe. Remus soupira faiblement et s'appuya contre le mur froid en croisant les bras, réfléchissant au moyen d'aborder le sujet avec son élève…Chose ardue : il fallait qu'il y aille en douceur, sinon elle risquait de se braquer et ce n'est pas ce qu'il recherchait en premier. Il voulait l'aider ; en tant que directeur de Serdaigle, il devait s'assurer du bien être de ses élèves. Le professeur Lupin fut alors tiré de ses songes en entendant la porte du vestiaire s'ouvrir sur l'équipe dont rien ne pouvait enlever la joie…
« Oh, Professeur Lupin que faites-vous ici ? Demanda le capitaine du Quidditch.
-Je venais vous féliciter, répondit le concerné, ce qui était à moitié faux. Vous avez fait un beau match, bravo à vous tous ! Ajouta Remus, cherchant du regard Eliane, qu'il ne trouva pas.
-Merci beaucoup, dirent-ils en chœur.
-Est-ce qu'on peut faire une petite fête dans la salle commune ? Demanda Elizabeth en faisant les yeux doux.
-Eh bien, je suppose que je ne peux pas vous le refuser. C'est d'accord, à la seule condition que tout le monde soit couché à minuit. Et faites attention, je vérifierai ! Déclara t-il malicieusement en voyant les mines réjouies de ses élèves. »
Toute l'équipe partit alors, le sourire aux lèvres à l'idée de pouvoir fêter cette victoire convenablement…John remarqua que leur directeur était resté à l'arrière. Il fronça des sourcils, laissant ses amis avancer, et ajouta :
« Si vous cherchez Eliane, elle est toujours dans les vestiaires des filles. Elizabeth nous a dit qu'elle nous rejoindrait plus tard, confia t-il à l'encontre de Remus.
-Merci bien, Mr. Walker, répondit le sorcier. Néanmoins je vais l'attendre, j'aimerai la féliciter personnellement, déclara Moony d'un ton irrévocable. »
John hocha la tête et partit rejoindre ses amis qui l'appelaient au lointain, sous l'œil plus que satisfait de Lupin qui allait se retrouvait seul avec la jeune fille. Eliane, pendant ce temps-là, venait juste de prendre sa douche. Elle avait attendu le départ de son amie pour se déshabiller et aller prendre une douche pour soulager ses membres endoloris sinon Elizabeth aurait vu ses blessures…Enroulée dans une serviette de bain, assise sur le banc en face des casiers de rechange, la sorcière grimaça en s'apercevant que certaines cicatrices qui commençaient tout juste à guérir s'étaient réouvertes. Elle ne pouvait s'en prendre qu'à elle-même, elle avait trop forcé sur les accélérations…Néanmoins, un sourire apparut sur les lèvres d'Eliane au souvenir de la brusque colère de Spencer quand son équipe fut déclaré gagnante. C'était une belle revanche qu'elle avait prise sur la blonde et elle comptait bien continuer sur cette lancée. Tout en s'habillant, elle prit une nouvelle bande blanche badigeonnée de crème pour remplacer celle qu'elle avait déjà à la jambe. Eliane remarqua alors que les quelques petites cloques qu'elle avait sur le poignet n'étaient vraiment rien à côté de sa jambe…Elle ferma douloureusement les yeux au souvenir de cette matinée, beaucoup trop fraîche dans sa mémoire…Une fois que son père l'avait violemment attrapée, il l'avait jetée comme une moins que rien contre la gazinière alors qu'il y avait une casserole remplie d'eau bouillante qui tombait brutalement sur elle…La douleur avait été atroce, elle avait crié, voir même hurlé, et son père, lui, avait rit ! Il était resté stoïque puis avait ricané. Quel monstre était-il réellement ? Un frisson parcourut l'échine de son dos, lui provoquant la chair de poule…Elle ne voulait même pas imaginer ce dont son père était capable…Eliane secoua la tête comme pour chasser ces idées qui la mettaient mal à l'aise. Elle prit son balai et sortit du vestiaire, tombant nez à nez avec son professeur de défense contre les forces du mal. Que faisait-il ici ?
« Professeur ! Vous m'attendiez ? Demanda t-elle en marchant un peu.
-En effet, Miss. Je voulais vous adresser toutes mes félicitations pour le spectacle que vous nous avez donné, répondit Remus en la regardant.
-Etes-vous venu juste pour ça ? Questionna suspicieusement Eliane, qui avait quelque peu rougi sous les compliments de son directeur.
-Si je vous disais oui, me croiriez-vous ?
-Non, affirma t-elle avec assurance.
-Vous êtes très intelligente Eliane, et trop observatrice pour votre âge, confia Remus, les mains dans le dos et le regard fixé droit devant lui, marchant aux côtés de son élève. Ou plutôt, devrais-je dire, vous guettez les moindres faits et gestes de tous, comme aux aguets.
-Est-ce mal ? Dit t-elle en haussant un sourcil. Je ne crois pas…Parfois on vit des…Eliane stoppa net ce qu'elle allait dire, attirant encore plus l'attention de son directeur sur elle.
-Oui ? Qu'alliez-vous dire ? Encouragea Remus.
-Rien ! Rien qui ne vous regarde, rétorqua sèchement la sorcière, surprenant l'adulte. »
Il ne l'avait jamais vue autant sur la défensive. Il savait qu'elle avait failli, à cet instant, lui révéler quelque chose qui aurait pu la mettre trop à découvert. Il avait parfois l'impression de revoir Sirius en Eliane, mais un Sirius jeune. Il pouvait encore se souvenir de Padfoot qui restait cloîtré dans son mutisme sur les affaires de sa famille et ce qu'il vivait chez lui à chaque été…Il était toujours sur ses gardes et Eliane agissait de même.
« Comment va votre jambe ? Demanda t-il en observant attentivement la réaction de la jeune Serdaigle. »
Eliane tressaillit doucement : il l'avait remarqué, comment était-ce possible ? Elle se souvint alors que son directeur était un loup-garou : ses sens plus développés que la moyenne avaient sûrement dû sentir cette douleur ou le sang sur elle. Elle serra doucement sa main. Il ne fallait pas qu'elle fléchisse. Même s'il savait pour sa blessure à la jambe, il ne savait pas ce que c'était et d'où ça venait…Il fallait qu'elle garde le contrôle d'elle-même, ce qu'elle fit aussitôt, tournant le visage vers son directeur et lui disant calmement :
« Beaucoup mieux professeur. Je suis tombée quelques jours avant la rentrée et je me suis malheureusement égratignée la jambe, rien de grave, assura t-elle à en faire douter Remus de ses soupçons. »
Serait-il possible qu'il se soit trompé ? Et pourtant…Est-ce que de simples égratignures à la jambe pouvaient faire boiter une personne, ou même l'empêcher de faire de simples accélérations avec son balai ? Il l'avait vue tressaillir…Elle mentait, il en était persuadé !
« Alors vous ne verrez aucune objection au fait que je vous envoie à l'infirmerie ? Des égratignures aussi simples soient-elles n'obligeraient pas une personne à boiter…N'est-ce pas Miss ? »
Eliane déglutit passablement. Décidément elle n'arrivait jamais à bien mentir…Elle ne pouvait pas aller à l'infirmerie, non…Si elle y allait, il en était fini d'elle…Il ne fallait pas…Son père l'apprendrait et alors…Soudainement, elle devint pâle devant les yeux ambres de Remus qui sut à cet instant qu'il avait touché au but…Le regard du sorcier s'adoucit et posa une main sur l'épaule de la jeune fille qui sursauta et recula, comme par peur…
« Vous savez Miss, je ne suis pas votre ennemi Si vous avez un quelconque problème, je peux vous aider…
-Je n'ai besoin de l'aide de personne, siffla t-elle dangereusement.
-C'est ce que tout le monde dit mais un jour ou l'autre, on craque. Qu'avez-vous à la jambe Eliane ? Demanda Remus en s'approchant d'elle.
-Rien ! S'exclama t-elle en sentant des sueurs froides couler le long de sa nuque. Laissez-moi tranquille ! Dit-elle en s'enfuyant sous les yeux ahuris du sorcier. »
Eliane courrait. Elle courrait aussi vite qu'elle le pouvait avec sa jambe, et pour la première fois depuis longtemps, elle versait des larmes, coulant désespérément le long de ses joues. Elle était tiraillée entre l'idée de tout dire et de tout garder pour elle…Jamais auparavant un adulte ne s'était conduit ainsi avec elle…Elle savait que les intentions de Mr. Lupin n'était pas mauvaises, bien au contraire…Mais si une personne venait à découvrir ses blessures, elle était certaine d'une chose : elle ne dirait rien, rongée par la peur. On avertirait alors son père, et à son retour de vacances, elle n'imaginait même pas le calvaire qu'elle devrait subir…
« Tu ne pourras pas continuer indéfiniment à tout cacher Eliane, quelqu'un va finir par découvrir ce que tu caches… » Lui dit sa conscience.
Oui peut être bien, mais cela ne serait pas avant longtemps. Son directeur n'avait aucun droit sur elle…
« En es-tu certaine ? Ton directeur de maison est ton responsable légal en ce château, tout comme la directrice…Et Ambre, y as-tu pensé ? Elle se doute de quelque chose aussi… »
Non, elle ne voulait pas y penser. Elle voulait tout oublier, oublier pour toujours…
« Est-ce si difficile pour toi ? Oublier c'est facile Eliane. Mais un jour, les souvenirs surgissent de nouveau…Il est si simple pour un enfant de tout oublier quand il ne peut pas supporter ce qu'il vit… »
La jeune fille releva alors soudainement la tête devant cette simple phrase…C'était exactement ce qu'elle vivait en ce moment, elle avait rejeté tous ses souvenirs d'enfance depuis l'accident…Non ! Et si…Et si elle avait volontairement tout oublié, tout omis parce qu'elle avait vécu une chose horrible…Eliane gémit plaintivement en sentant un mal de tête lui marteler l'esprit. Ses cauchemars, les souvenirs perdus, l'accident, la mort de sa mère ; et si tout cela avait un sens ? Et si tout cela n'était pas de tragiques coïncidences ? Elle posa alors brusquement ses mains au niveau de ses tempes, entendant des sons, des voix, des souvenirs se propager en elle… « Je t'avais interdit de faire de la magie !»….Eliane se laissa glisser le long du mur avec son balai…
« Je ne veux pas me souvenir, je ne veux pas affronter la réalité, murmura t-elle douloureusement, tandis que des larmes ne cessaient de couler de ses beaux yeux. »
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Au même moment, Remus revint à son appartement, un dossier sous le bras droit qu'il avait pris en passant à son bureau. Il était persuadé que son élève cachait quelque chose de grave et il le découvrirait…Il rentra dans le salon où brûlait un feu de cheminée. Il vit alors sa femme assise dans le fauteuil en train de fixer les flammes rougeoyantes et le bois qui craquait sous la chaleur…Son habituelle chevelure rose laissait place à de longs cheveux bruns : elle avait repris sa véritable apparence comme à chaque fois qu'elle était seul avec lui. Elle était terriblement belle, les joues légèrement rougies et les yeux rêveurs. Il était le plus heureux des hommes…Il s'approcha doucement et posa ses mains sur les yeux de Nymphadora qui sourit et dit :
« Je t'ai reconnu Remus. »
Un bref sourire apparut sur les lèvres du sorcier qui se pencha vers sa compagne pour s'emparer de sa bouche. Il savoura cet instant avec ardeur et passion sous le gémissement de sa femme qui passa ses mains derrière sa nuque. Ils approfondirent le baiser qui se fit plus audacieux, leurs langues s'entremêlant diablement comme si leur survie en dépendait…Remus pressa encore plus sa bouche contre la sienne alors que Tonks laissa vagabonder ses mains sur le corps de son mari qui lâcha le dossier, un râle venant du fond de sa gorge en ayant senti ces mains froides qui étaient passées sous sa cape puis sous son pull…Merlin ce n'était pas possible ! A chaque fois, elle lui faisait perdre la tête et tout bon sens de la réalité avec ses caresses…Il rompit alors l'étreinte et déposa des baisers dans son cou en mordillant sa peau si délectable…Elle lui souffla alors à l'oreille :
« Je t'aime. »
Un je t'aime qui fit frémir Lupin tandis qu'il laissait courir ses doigts habiles sous les vêtements de sa femme qui s'arquait contre lui et gémissait au creux de son oreille…Il l'aimait plus que tout, jamais une femme ne lui avait apporté autant de bonheur qu'elle. Son cœur ne battait rien que pour elle…Il aimait tout en elle : sa maladresse, son humour, son sérieux, son corps, sa bouche, ses yeux, son rire, sa voix…Elle était son joyau le plus précieux en ce monde. Il ne regrettait rien avec elle. Il voulait tout partageait avec elle. Dora était simplement sa vie tout entière. Il sentit alors les mains de sa femme parcourir ses cheveux alors que sa bouche descendait lentement aux abords de sa poitrine…Demeurant les yeux clos et la respiration haletante, l'atmosphère se faisait aussi brûlante que les braises dans la cheminée. Remus remonta sa bouche sur celle de Nymphadora qui le regarda droit dans les yeux et dit :
« Je veux un enfant de toi. »
Elle vit alors Remus blanchir et reculer d'elle en tournant la tête vers la fenêtre. Elle ne pouvait pas lui demander ça…Il était impossible d'avoir un enfant ! Il était un loup-garou et il y avait de forts risques pour que son futur enfant en soit un. Il ne voulait pas que sa fille ou son fils subisse la même chose que lui : rejeté en permanence par les autres, la douleur des pleines lunes…Il n'avait pas le droit d'imposer ça à leur enfant !
Il sentit alors les bras de Tonks s'enrouler autour de sa taille et poser la tête sur son épaule.
« Je sais à quoi tu penses Remus mais il y a un risque infime pour que notre enfant soit un loup-garou. Je suis métamorphomage, il peut hériter de mes gênes…
-Je ne prendrai pas le risque, répondit Remus en se tournant vers elle, le regard grave. Imagine qu'il devienne un loup-garou….Imagine ce qu'il ressentira ! Tu ne peux pas comprendre.
-Et toi, ne veux-tu pas comprendre que je veux un enfant de l'homme que j'aime ? Il y a un risque minime pour que le bébé hérite de tes gênes. Es-tu trop borné pour le voir ? S'exclama Nymphadora, les yeux flamboyants.
-Et toi ? Es-tu trop prise par ton désir d'être mère pour voir le danger ? Répliqua Remus en colère. Il n'est pas question d'avoir un enfant Tonks, on en a déjà parlé ! Tu connais ma réponse !»
La jeune femme serra les poings fortement tout en se retenant de pleurer. Elle avait cru que son mari céderait, qu'il verrait au final que le risque était peut être là, mais pas plus élevé que s'il avait été un simple sorcier. Elle avait d'ailleurs déjà parlé de sa situation avec un gynécomage. Il lui avait confié que le risque était de 50 pour que l'enfant naisse comme son père, en dépit de son propre don de Métamorphomage. Seulement rien à faire, Remus était trop buté pour écouter ses arguments. Ne pouvait-il pas comprendre qu'elle avait envie d'avoir un enfant avec lui ? Sentir ce petit être grandir peu à peu en elle pour ensuite le choyer de tout son amour avec Remus ?
« Ne ressens-tu pas le désir d'être père ? Demanda Nymphadora en le regardant droit dans les yeux. »
Elle vit alors Remus ciller et ses traits de visage se crisper…
« Bien sûr que si, répondit vivement son mari, mais…tu sais très bien que ce cadeau ne nous est pas réservé...
-Seulement parce que tu ne le veux pas, rétorqua la sorcière avec hargne. Si tu le voulais vraiment tu m'écouterais, tu réfléchirais avant de dire non ! »
Remus ne trouvait rien à dire face aux paroles et aux arguments de sa femme qui lui donnait le vaste sentiment qu'elle allait craquer à tout moment…Il n'aimait pas la voir dans cet état : il avait l'impression de la revoir au début de leur relation, quand elle essayait de lui faire entendre son amour pour lui…Il s'avança vers elle et la prit dans ses bras. Elle enfouit alors son visage dans le creux de son épaule et il murmura :
« Alors nous verrons…Nous allons y réfléchir avant de s'engager… »
Sa femme hocha la tête en signe de compréhension. C'était toujours mieux que rien…Elle s'imbiba alors de l'odeur de son mari et releva la tête vers lui. Il lui fit un maigre sourire et passa un doigt sur sa joue en l'embrassant chastement comme pour clôturer cette discussion, au plus grand regret de Nymphadora, les yeux emplis de tristesse…
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Pendant ce temps là, c'était la fête dans la salle commune de Serdaigle. Les élèves avaient ramené des bièraubeurres, du whisky pur feu, du jus de citrouille, des gâteaux, de la nourriture, pour festoyer dignement en l'honneur de leur victoire. Une grande banderole avait été attachée à l'entrée de la pièce où il avait été marqué « A nous la victoire, vive Eliane ! ».La jeune fille qui venait juste d'arriver sourit devant cette ovation en son nom…Le sourire aux lèvres, elle s'avança vers ses coéquipiers qui la serrèrent dans leurs bras, disant qu'ils n'attendaient plus qu'elle pour que la fête commence. Rien ne montrait qu'Eliane venait de pleurer quelques minutes plutôt…Elle agissait comme si rien ne s'était produit, elle voulait profiter de ce moment au maximum avant de retourner dans ses sombres pensées et dans les limbes de son passé. Les fauteuils bleus avaient été déplacés pour laisser place à une petite piste de danse, les Bizzar's Sisters faisant office de musique de fond. Un whisky pur feu à la main qui la réchauffait, elle chercha du regard ses amies ainsi que John mais ne vit personne à part Ambre, les joues toutes rouges et les yeux brillants. Elle s'avança alors vers la jeune Corvalis qui avait apparemment un peu trop bu, prise d'un hoquet sous le regard moqueur d'Eliane.
« Alors, on ne tient pas l'alcool Ambre, dit t-elle.
-Même pas, s'arrêta la concernée par un hoquet, vrai…Oh, ça tourne…Gémit t-elle. »
Ayant pitié d'elle, elle prit son amie par le bras et l'emmena vers un fauteuil libre pour l'y faire asseoir…
« Merci, merci amour de ma vie, dit Ambre en rigolant.
-Tu es vraiment soûle ma pauvre, déclara Eliane en se retenant de rire. Où sont John et Joanne ? Questionna t-elle en espérant que son amie comprendrait.
-John et hic ! Joanne, répéta la sorcière qui posa une main sur son crâne comme pour faire passer le mal de tête, je-je les ai hic ! enfermés.
-Tu les as quoi ? S'exclama West, horrifiée.
-Enfermés, prononça Ambre en éclatant de rire. Dans un hic ! placard à balai, ajouta t-elle prise d'un nouveau fou rire.
-Mais où ? Et pourquoi ?
-On-on devait aller hic ! chercher des provisions à la cuisine hic ! et hic ! ils n'arrêtaient pas de se disputer. Alors moi hic ! d'un hic ! coup de baguette hic ! enfermés dans un placard à balais, termina Ambre en éclatant d'un rire incontrôlable. »
Eliane se tapa la main contre le front en levant les yeux au ciel. Merlin ! Qui lui avait donc fourni des amis pareils ? Elle n'imaginait même pas la réaction de John et Joanne en se retrouvant seuls dans un placard à balais. Il valait mieux qu'elle parte à leur recherche avant qu'ils ne s'entretuent ou pire, que Rusard tombe sur eux…Alors qu'elle s'apprêtait à partir, elle fut retenue par la main d'Ambre :
« Reste avec moi, amour.
-Désolée Ambre, mais je dois aller chercher John et Joanne pour réparer tes bêtises et éviter un massacre.
-Tu me promets de revenir après, prononça Ambre d'une toute petite voix, se tortillant nerveusement les doigts comme une enfant prise en faute. »
Eliane sourit devant le comportement désinhibé de son amie : l'alcool ne lui réussissait pas, elle agissait assez bizarrement.
« Je reviendrai, promis ! Attend-moi ici…Et pas de bêtises surtout, ne bois pas ! Enfin si mais de l'eau…Ajouta t-elle tandis que la jeune Corvalis éclatait d'un rire cristallin sous les yeux ahuris de son amie qui se demandait si Ambre n'était pas devenue folle. »
Se frayant un chemin vers le portrait tout en secouant la tête, Eliane sortit de la salle commune sous les yeux brillants d'Ambre qui éclatait de nouveau de rire…
Au même moment, à quelques couloirs de là, seule la lumière d'un briquet qu'avait Joanne éclairait les quatre pans de mur du placard à balais sombre où ils étaient cloîtrés. Non mais qu'est ce qu'il avait pris à Ambre de les enfermer dans cette pièce minuscule ? Elle était à moitié folle. Comment allaient-ils sortir d'ici ? Et Walker qui restait assis sur cette caisse depuis le début, il ne pouvait pas se bouger un peu pour trouver une solution ? C'était bien les hommes ça, ils se tournent les pouces pendant que la femme agit ! La jeune Salder soupira d'exaspération devant la situation qui l'énervait au plus au point ! Son pire cauchemar venait d'être réalisé sans aucun doute ! Qu'avait t-elle fait à Merlin pour subir ça ?
« Tu peux arrêter de soupirer une seule seconde ? Ça m'agace ! S'exclama John agressif.
-Je t'agace ? Eh bien tu n'as qu'à trouver une solution pour nous sortir d'ici ! Tu ne pouvais pas avoir ta baguette sur toi ? Dit férocement Joanne qui était prête à éclater et à se déchaîner sur le jeune homme.
-Je te retourne la question Salder. Tu es une sorcière aux dernières nouvelles, pourquoi n'avais-tu pas ta baguette toi aussi ? Demanda John en posant ses yeux verts sur elle.
-Ça ne te regarde pas ! Rétorqua Joanne en colère.
-Pff, réponse stupide pour une fille totalement idiote, soupira John en levant la tête.
-Puisque tu es si intelligent, pourquoi sommes-nous toujours ici Walker ?
-Peut être que ta stupidité est si grande qu'elle m'a contaminé ! »
Un bruit de gifle retentit alors dans le placard à balais. Joanne venait à l'instant de frapper fortement John sur la joue qui était désormais rouge, portant la marque des cinq doigts. Il se frotta alors le visage pour faire passer la douleur et leva les yeux vers celle dont les yeux flamboyaient à la flamme du briquet. Elle n'y avait pas été de main morte, une véritable tigresse cette fille ! Comment avait-elle osé le toucher ? Aucune fille ne l'avait traité de cette manière avant ! Pris d'un accès de fureur, John se leva et entoura ses mains autour des bras de Joanne qu'il plaqua contre le mur derrière eux, la flamme du briquet s'éteignant aussitôt lorsqu'il tomba par terre…Désormais, ils se retrouvaient dans le noir le plus complet, seules leurs respirations venaient à troubler le silence…Les bras bloqués au-dessus de sa tête par John, elle pouvait sentir son souffle chaud contre son cou…Elle ne put alors s'empêcher de frémir en sentant le jeune homme aussi proche d'elle, son corps collé contre le sien…Sans qu'elle ne sache pourquoi, son cœur se mit à battre à la chamade…Non, il ne fallait pas qu'elle cède, ce n'était qu'un vantard et un arrogant, imbu de sa personne…Elle n'était rien à ses yeux, il lui avait déjà dit, pas la peine de se faire de fausses illusions…Elle ne l'aimait pas, ou plutôt ne voulait plus l'aimer…Doucement, elle sentit alors son souffle se mélanger au sien, l'avertissant que ses lèvres n'étaient pas loin…John ne savait pas ce qu'il faisait. Il savait seulement qu'à l'instant même où il franchirait les derniers centimètres les séparant, il le regretterait amèrement…Alors pourquoi cette attirance irrésistible vers elle ? Un sourire s'installa sur son visage : peut être tout simplement parce qu'il n'aimait pas qu'une femme lui résiste. Il la voulait comme toutes les autres, l'ajouter à son tableau de chasse… C'est alors qu'au même moment on entendit le verrou de la porte faire un déclic et s'ouvrir sur Eliane qui vit Joanne mettre un coup de pied bien placé dans l'anatomie du jeune homme… John se plia en deux, le souffle coupé, puis tourna ses yeux vers Joanne qui dit :
« La prochaine fois que tu essayes de me toucher, ce sera cent fois pire Walker ! Sache que tes souffrances ne font que commencer ! »
Sur ces paroles, la rouquine se retourna, ses cheveux voltigeant, remercia Eliane puis partit en direction de la salle commune, tandis que la jeune West regardait John en se retenant de rire et déclara :
« Je crois que tu l'as bien mérité celle-là, John.
-Merci pour ta solidarité Ely, répondit t-il en marchant avec difficulté, sous le regard rieur de sa meilleure amie. Ce n'est franchement pas marrant, ça fait vachement mal…
-Tu m'aurais dis le contraire, ça m'aurait légèrement étonnée, dit Eliane qui laissa John assis le long du mur, pour reprendre un peu contenance. Je vais rejoindre Joanne, je crois que tu ferais mieux de l'éviter maintenant…On se revoit tout à l'heure si tu arrives bien sûr à marcher… »
John bougonna alors dans sa barbe naissante, comme quoi les filles étaient des sadiques sans cœur…Joanne, quant à elle, était furieuse et c'était peu dire ! Elle avait failli se laisser embrasser par ce crétin ! Si Eliane était arrivée quelques minutes plus tard, il lui aurait fait du bouche à bouche…Beurk…La rouquine secoua alors la tête, elle avait échappé au pire et en plus, elle s'était bien vengée de Walker…Hum, peut être devrait-elle remercier Ambre pour cette petite farce…Décidément, son amie faisait des choses bien extravagantes. Les enfermer dans un placard à balais…Et la prochaine fois que ferait-elle ? Non, il ne valait mieux pas imaginer, avec l'esprit tordu d'Ambre…Elle arriva alors à la salle commune de Serdaigle suivie de près par Eliane. Celles ci retrouvèrent leur amie entourée de verres d'eau et d'une bièraubeurre. Ambre avait toujours le teint rougi par la chaleur et l'alcool…Joanne lui arracha alors son verre et dit :
« Non mais qu'est ce qui t'a pris de m'enfermer avec Walker ? Tu es tombée sur la tête ma parole ?
-Tu devrais voir hic ! ta tête, éclata de rire la jeune Corvalis. Elle est à mourir hic ! de rire.
-Fais gaffe que ce ne soit pas toi qui meurt de mes propres mains si tu me refais un coup tordu de ce genre ! Dit Joanne tout en prenant place dans un fauteuil, véritablement furieuse.
-Ah ah, je parie que vous hic ! vous vous êtes embrassés hic !
-Pas du tout ! S'insurgea Joanne le regard noir envers son amie.
-Rohh hic ! Avoue que tu es amoureuse de lui, dit Ambre
-Tu délires ma pauvre, c'est l'alcool qui te fait fabuler ainsi !
-Oh la menteuse, elle hic ! est amoureuse. Oh la menteuse, hic ! elle est amoureuse…Répéta inlassablement la jeune Corvalis en ne cessant de rire.
-Fais la taire, par pitié, Eliane, prononça Jo. Elle prit alors un verre d'eau et le renversa sur la tête d'Ambre qui arrêta aussitôt de rire et de parler. »
Le silence était absolu entre les trois amies. Ambre était comme figée par ce qui venait de se passer. Elle était complètement trempée et semblait s'être soudain calmée au plus grand bonheur d'Eliane et de Joanne. Leur joie fut de courte durée, puisque quelques minutes plus tard, Ambre rigolait à gorge déployée …La soirée allait être longue….
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Dans l'appartement du couple Lupin, Remus était assis dans son fauteuil favori entrain de lire le dossier de son élève, tandis que Nymphadora préparait le dîner avec l'aide d'un elfe. Il lisait attentivement ce qu'il y avait écrit.
Apparemment, la jeune Eliane vivait avec pour seul parent son père, sa mère étant morte dans un accident de voiture il y a maintenant dix ans alors que la fillette se trouvait elle aussi dans le véhicule. Selon son dossier médical, elle allait voir tous les mois Mr Bones à l'infirmerie.
Remus fronça alors les sourcils.
Pourquoi devait-elle aller rencontrer ce médicomage tous les mois ?
Était-elle malade ? Pourtant ce n'était pas marqué dans son dossier.
Peut être que s'il demandait à Mme Pomfresh, elle lui en dirait plus ?
Il lut alors la fin du parchemin qui indiquait que c'était un bon élément etc.
Il n'avait pas appris grand chose, mais c'était toujours ça de pris, comme ça, elle vivait seule avec son père…
Il se rappela alors de la forme que l'Epouvantard avait pris en face d'elle au tout début de la rentrée ; un homme qui semblait la terrifier, puis il s'était ensuite transformé en une femme blonde…
Et si c'était ses parents ? Oui, son hypothèse tenait la route.
Cependant, pourquoi aurait-elle peur de son père ? Il devait réfléchir et réunir tous les éléments un à un…
Eliane était une sorcière née de parents moldus, sa mère Anna Ginger était morte dans un accident de voiture et sa fille s'en était sortie vivante.
Elle vivait seule avec son père et, depuis le début de la rentrée, il avait des soupçons sur une blessure à la jambe ; ce qui se révélait vrai vu sa réaction quand il l'avait interpellée à ce sujet.
Que lui avait-elle dit déjà ? Ah oui, qu'elle était tombée…
Hum, peut être était-ce vrai, mais si au lieu de tomber seule quelqu'un l'avait poussé ? Ce qui expliquerait sa peur d'aller à l'infirmerie ?
Non, ça ne collait pas, elle ne serait pas effrayée seulement pour cette blessure. Il lui suffisait d'inventer un beau mensonge à Pom-Pom et elle ne dirait rien sauf…Sauf si la blessure n'était pas ordinaire ou pire encore, elle en avait peut être d'autre ?
Remus soupira profondément, il avait trop peu d'élément en main. Ce n'était que des hypothèses, il n'irait pas bien loin avec ça.
A son plus grand regret, il allait falloir attendre que quelque chose vienne confirmer ses soupçons.
Attendre pour combien de temps ? Le sorcier referma le dossier scolaire d'Eliane et le reposa sur la table basse.
Bientôt les réponses viendraient par elles-mêmes…
