Chapitre 6 : Révélation d'Ambre

Sirius revenait lentement vers l'appartement de Remus ou l'attendait Nymphadora, assise tranquillement dans son fauteuil, le regard dans le vide, fixant le feu qui brûlait dans l'âtre. Apparemment Moony n'était pas encore revenu, sans aucun doute occupé à remettre en place Spencer et ces compères. Comment des filles pareilles pouvaient atterrir à Gryffondor ? Etait-il possible que le Choixpeau magique avait été drogué ce jour là ?

Il s'approcha de sa jeune cousine qui semblait plongée dans ses pensées. Tonks avait été outrée qu'on puisse lancer un tel scandale lors d'un repas et devant tout le monde, s'il ne l'avait pas retenu, elle aurait étranglé ses élèves sur place. Sacrée cousine, y'en n'avait pas deux comme elle ! Pourtant ces derniers temps, il avait remarqué une certaine tristesse et lassitude sur son visage…Il savait que cela ne le regardait pas, mais Tonks faisait partie de sa famille et son bonheur était important à ses yeux…Peut être avait-elle un problème de couple avec Moony ? Il aurait bien voulu en parler avec sa cousine, seulement comment aborder le sujet ? Peut être se faisait-il du souci pour rien ? Ah les femmes elles étaient décidément bien compliquées ! Il ne put alors s'empêcher de repenser à la jeune West qui l'avait mordu. D'ailleurs il avait toujours la marque de ces dents dans sa chair, elle avait une sacrée dentition. Pourquoi avait-elle eu cette réaction ? Son comportement était des plus étranges…. Elle avait eu peur, peur de lui ! Mais pourquoi ? Qu'avait-il fais de mal ? Il ne l'avait pas brusqué, bien au contraire ! Il passa une main nerveuse dans ses cheveux et préféra chasser toutes ses questions de son esprit ! Après tout, pourquoi se faisait-il autant de souci pour une élève ? Pourquoi accordait-il autant d'importance à sa réaction ? C'était complètement idiot !

« Le crois-tu ? Demanda sa conscience.»

Bien sûr ! Toutes ses questions étaient stupides ! En quoi ça pouvait bien lui faire que West le repousse ? Rien du tout….

« On penserait presque que tu essaies de te convaincre… »

Saleté de conscience, ne pouvait-elle donc pas se taire ? Il n'avait pas besoin d'elle à ce moment précis, bien au contraire ! Néanmoins, il ne pouvait s'empêcher de douter…Il secoua la tête balayant ses pensées puis reporta son attention sur Nymphadora qui semblait totalement ailleurs…

Et pour cause, la jeune femme ne cessait de réfléchir à la discussion qu'elle avait eu avec son mari, quelques jours plus tôt, pour avoir un enfant avec Remus. Elle savait qu'il ne céderait pas, il était bien trop borné dans ses idées pour changer d'avis à son plus grand malheur. Tonks ne pouvait s'empêcher d'être mélancolique, elle voulait un enfant, elle le voulait…Fonder une famille avec son mari, voir grandir son enfant, leur enfant ! Pourquoi Remus ne pouvait-il pas comprendre ce profond désir d'être mère ? C'est alors qu'une idée lui traversa l'esprit…Bien sûr…La solution c'était ça ! Un fin sourire passa sur le visage de Nymphadora…Puisqu'il ne voulait pas, elle allait employer les grands moyens et il réaliserait tôt ou tard qu'elle avait eu raison depuis le début !

Au même moment la porte de l'appartement s'ouvrit sur son mari qui posa sa veste sur une chaise puis se dirigea vers Sirius et sa femme. Moony prit place dans un fauteuil tout en soufflant face à cette journée épuisante. Poudlard n'était pas de tout repos cette année et avec la pleine lune qui approchait à grand pas, il sentait la fatigue pointer le bout de son nez…Il entendit alors la voix de son ami Padfoot :

« Alors comment s'est passé l'entretien avec mes élèves ?

- Je leurs ai retiré des points mais à part ça que voulais-tu que je fasse ? Se sont des véritables pestes ces filles. Ça ne les empêchera pas de recommencer. Déclara Remus en fixant le feu de cheminée.

-Je suis bien d'accord. Approuva sa femme d'un hochement de tête. Franchement leur comportement fait honte à la maison Gryffondor ! »

Sirius n'en pensait pas moins la même chose. Lui qui avait été si fier d'être le directeur de son ancienne maison, il était déçu que telles filles puissent être aussi méchantes. Quoi que, les maraudeurs n'étaient pas non plus un exemple de gentillesse avec toutes les grasses qu'ils avaient fait à Snape. Néanmoins, elles agissaient avec ruse, perfidie et méchanceté comme des Serpentard.

« Crois-tu que c'est la vérité ? Demanda Nymphadora avant de reprendre la parole et préciser, sur ce qu'elles ont dit à propos de la jeune West ? Comme quoi qu'elle travaille dans un cabaret ?

-Je ne sais pas, répondit Lupin, mais Spencer est futé, elle semblait sûre de ses allégations, puis tu as entendu aussi bien que moi ce qu'a répliqué Eliane West.…

-C'est illégal, elle n'a que dix sept ans, elle ne devrait pas travailler dans un endroit de ce genre ! Déclara Sirius avec vigueur.

-Bien sûr, mais son père semble bien s'en moquer ! Je n'aime pas cette histoire, c'est de plus en plus louche. Dit Remus avec inquiétude.

-Pourquoi ne la convoquerais-tu pas ? Proposa Tonks.

-Pour quels motifs ? Puis elle nierait tout en bloc, je l'ai déjà interrogé, elle ne dira rien. Elle semble terrifiée par quelque chose. Murmura t-il en fronçant des sourcils. Est-ce que tu l'as vu Sirius ?

-Oui, dans le parc. J'ai essayé de lui parler, mais elle s'est enfuit dès que j'ai tenté de l'approcher. J'ai remarqué aussi de la peur dans ces yeux, je ne comprends vraiment pas…Souffla Padfoot en croisant ces mains, pour poser son menton dessus.

-Tu sais, elle me fait penser à toi par moment, confia Remus sous le regard surpris de son ami. Quand nous étions encore à Poudlard, te souviens-tu lorsque nous essayions d'en savoir plus sur ce qu'il se passait véritablement avec ta famille durant les vacances ? Toi aussi, tu démentais nos inquiétudes qui étaient fondés. Je suis certain que tu y as déjà pensé… »

Pour seule réponse Sirius hocha simplement la tête. Il y avait pensé de nombreuses fois. Ses agissements étaient les mêmes que lui quand il se faisait battre par ses parents. Il en frissonnait d'avance…Eliane était une fille seule, qui n'avait plus de mère, seule avec son père et s'il faisait bien plus que la battre ? S'il faisait bien pire de ce qu'ils pensaient actuellement ? S'il abusait d'elle non seulement physiquement mais aussi sexuellement ? Non, c'était impossible ! Son médicomage l'aurait remarqué ! Quoi que…La peur pouvait parfois nous tenir au ventre au point de faire tout et n'importe quoi pour que les gens ne remarquent rien…Sirius ne put s'empêcher de déglutir passablement alors qu'une rage évidente envahit tout son être ! Il devait se calmer ! Tout cela n'était qu'hypothèse, encore une fois, il se faisait beaucoup trop d'inquiétude…

« Je ne comprends pas, avoua Nymphadora en penchant légèrement la tête, à quoi pensez-vous exactement ?

-Remus pense, commença Sirius en prenant une grande inspiration, il pense et moi aussi, que la jeune West se fait battre… »

Un cri horrifié s'échappa d'entre les lèvres de Nymphadora qui mit une main devant sa bouche alors que Sirius et Remus se regardaient gravement. Black sut à cet instant que son ami allait lui demander son soutien pour approcher Eliane. Ayant vécu la même situation, il serait plus facile pour eux d'aider la jeune fille…

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Pendant ce temps Eliane, marchait dans les couloirs de Poudlard en direction de sa salle commune. Le sort s'acharnait sur elle en ce moment, pourquoi fallait-il qu'elle ait autant de malchance ?

Son ventre se tordit légèrement à la pensée de ses amis…

Comment allaient-ils réagir ? Joanne risquait de s'enflammer, Ambre resterait calme comme à son habitude et John…

Elle doutait fortement de sa réaction…

Eliane sécha rageusement ses larmes, cela ne lui servait à rien de pleurer ! Ça ne résoudrait pas ses problèmes ! Elle devait être forte, elle se le devait ! Elle s'était toujours promis de ne pas craquer, c'était trop faible à ses yeux…

Néanmoins, elle avait beau dire et faire, la tristesse et le désespoir avaient terni son cœur. Sa vie n'était que chaos. Un chaos qui la consumait de jour en jour, l'étau se resserrait autour d'elle.

Eliane le sentait…

Elle avait peur, peur de ce qu'elle allait devenir dans les jours ou mois prochains…

Soit elle vivrait…

Soit elle mourrait…

Son père en était tout à fait capable, il se faisait de plus en plus violent avec elle. Elle avait beau être forte et résistante, il suffisait d'une seule fois, d'un accès de violence plus fort qu'à l'ordinaire, pour qu'elle trépasse…

Un frisson parcourut l'échine de son dos, elle se refusait d'y penser, de se laisser envahir par ses idées noires ! Elle y arriverait, elle devait être courageuse, sa mère avait bien réussit elle…

La jeune West stoppa brusquement dans sa marche, que venait-elle de dire ? Elle avala difficilement sa salive et fut pris d'un léger vertige… « Je t'avais interdis de faire de la magie ! » Non pas encore cette phrase… «Maman ! Pas Maman…»…

Eliane se mordit les lèvres…

Son cœur battait à une vitesse folle tout en serrant fortement ses poings alors que la jointure de ses mains se faisait blanche. Ça mère…Il avait battu sa mère aussi…Non ce n'était pas possible, c'était faux ! Et pourtant ses souvenirs étaient réels…

Une sueur froide coula le long de sa nuque mais ne l'a sentit pratiquement pas, étant trempée des pieds à la tête. Merlin, elle aurait tout donné à cet instant pour être amnésique à vie. Pourquoi devait-elle se souvenir ? A quoi bon ? Qu'est-ce que cela lui apporterait ? Des réponses à ses questions et peut être la paix avec elle-même…

Peut être se pardonnerait-elle ainsi la mort de sa mère, qui à ses yeux, était entièrement de sa faute…

Elle avança la tête basse vers sa salle commune qui se fit soudainement silencieuse à son entrée…Les chuchotements, les regards…Cela leurs passeraient dans quelques jours ! Elle entra alors dans le dortoir ou elle vit Joanne assise sur un lit avec John tandis qu'Ambre était debout. Leurs regards transpercèrent Eliane, la mettant mal à l'aise, surtout celui de Joanne et John.

Elle referma la porte derrière elle puis s'avança, la cape de Sirius toujours sur ses épaules, les cheveux trempés, Eliane les observa droit dans les yeux attendant un mot de leurs parts qui vint rapidement :

« Où-étais-tu ? Demanda John la voix sifflante.

-Dans le parc. Répondit Eliane sans pour autant se démonter devant le ton employé par son meilleur ami.

-Je croyais qu'on était tes amis ! Déclara Joanne littéralement furieuse, ne pouvant contenir sa colère plus longtemps. On ne sait rien de ta vie, de toi ! Tu nous caches tout ! On apprend tous par les autres ! Comment peux-tu travailler dans un cabaret ? S'exclama Jo qui semblait comme dégoûtée.

-Je pensais que des amis étaient là pour soutenir et non pour rabaisser, murmura Eliane durement.

-Ah oui ? Tu nous considères comme des amis, vraiment ? Répliqua-t-elle d'un ton cynique. Tu nous fais à peine confiance ! Hurla Joanne blessée par le manque de sincérité que lui accordait Eliane.

-Qu'est ce que tu veux savoir à la fin ? S'écria Eliane à bout de nerf. Que je dois travailler durant les vacances pour payer mes affaires personnelles ! Figure-toi que je ne le fais pas de gaieté de cœur ! Qu'est ce tu crois ? Que ça me plait de travailler dans un cabaret entouré d'hommes qui ne pensent qu'à leurs bons plaisirs ? »

La jeune fille avait les joues rougies par l'énervement et tout son corps tremblait par les vêtements mouillés qui lui collaient à la peau. Eliane vit John se lever puis se diriger vers elle, l'observant droit dans les yeux, le visage impassible et ferme. Doucement ses yeux s'adoucirent et sans un mot il la prit dans ces bras, lui chuchotant au creux de l'oreille qu'elle aurait du lui demander de l'aide. Elle ferma ses paupières, enfouissant son visage dans le creux de son épaule, celui qu'elle considérait comme un frère. Elle avait eu si peur de sa réaction, mais il était toujours là pour elle et il le serait éternellement…Accrochant ses mains à son pull comme une tentative désespérée de survie, tandis qu'il lui frictionnait le dos pour la réchauffer un peu. Ils entendirent alors une porte s'ouvrir et claquer violemment, qui n'était autre Joanne étant partie comme une véritable furie. Ambre s'excusa, partant à la suite de son amie pour la raisonner. Eliane se sentait mal à l'aise et si leur amitié venait à briser à cause d'elle ? Si Joanne ne lui pardonnait pas ? Peut être avait-elle raison…Peut être devrait-elle leur faire un peu plus confiance et leur parler un peu plus d'elle…Seulement c'était un sujet tabou à ses yeux, se dévoiler aux autres était difficile pour elle

Au même moment Joanne était sortit de la salle commune des Serdaigle, debout dans un coin sombre, non loin du portrait, elle entendit des pas s'approcher et vit Ambre. Jo détourna aussitôt la tête, elle allait lui faire la morale comme d'habitude. Elle était en colère après Eliane, furieuse que son amie puisse lui cacher des choses. Elle était blessée, blessée qu'elle ne puisse pas lui accorder la même confiance qu'à Walker. Il se connaissait depuis sept ans maintenant et en sept années, ils ne savaient que très peu de choses sur la vie d'Eliane. Ça l'énervait profondément ! Joanne poussa un énième soupir tout en regardant Ambre qui dit :

« Je suis triste moi aussi qu'Eliane ne nous fasse pas confiance, mais ce n'est pas en nous énervant après elle qu'on aura plus ces confidences.

-Je sais, mais le fait d'apprendre des choses par notre ennemie jurée ne me réjouit guère. Comment Spencer peut savoir autant de chose sur Ely alors que nous ne savons rien ? S'enquit Joanne en fronçant des sourcils.

-C'est du simple hasard Jo, si le père à Tracy n'avait pas été dans ce cabaret ou rencontré celui d'Eliane, elle n'aurait rien su. Répondit Ambre en triturant nerveusement une de ses mèches de cheveux.

-Elle est encore avec Walker. Remarqua Jo ou l'on aurait presque pu sentir une once de jalousie dans sa voix. Elle va se confier à lui mais à nous…

-Un jour, elle se confiera aussi à nous Jo. Assura Ambre avec espoir.

-Ah oui ? Quand la situation l'exigera ? Quand elle sera au pied du mur ou pire ! Cracha Joanne dont ses yeux exprimaient l'agacement. »

Ambre se mordit les lèvres et baissa la tête en simple réponse, bien sûr elle pensait la même chose que Joanne. Il y avait quelque chose dans l'altitude d'Eliane qui était effrayant, mais elle ne saurait dire quoi ! Qu'elle était la véritable vie de son amie ? Pourquoi tant de secrets ou de mensonges ? Peut être que Joanne avait raison…Peut être devrait-il la pousser à ce confier et à répondre à leurs interrogations au lieu d'attendre qu'elle vienne vers eux, avant qu'il ne soit trop tard…

Pendant ce temps là, dans le dortoir des filles, John était assis sur le lit de sa meilleure amie, les rideaux fermés magiquement, seule la lumière de la baguette les éclairait. Eliane assise entre les jambes de l'adolescent qui avait passé ses mains autour de sa taille tandis que son menton reposait sur l'épaule droite de la Serdaigle.

Elle frissonna un peu malgré le sort de séchage que lui avait lancé John. Eliane s'était confiée à lui, elle lui avait raconté son entretien avec son Médicomage et ses cauchemars quotidiens et étrangement cela lui avait fais un bien fou. Un énorme soulagement.

Néanmoins il y avait toujours ce poids sur son cœur quant à la colère de Joanne qui était justifiée. Elle avait raison sur tous les points. Seulement elle connaissait John depuis son enfance, parfois ils n'avaient même pas besoin de se parler pour se comprendre tellement le lien entre eux était fort. Alors qu'avec Joanne et Ambre, elle ne les connaissait depuis sept ans, sept années, mais elle ne les voyait uniquement durant les cours.

Pour Eliane, la rentrée de Poudlard était le seul moyen pour mettre tous ses problèmes au fond de sa tête jusqu'aux prochaines vacances. Elle voulait rire, profiter de ses amies, croquer la vie à pleine dents et non se plaindre ou pleurer sur ses malheurs.

Il y avait des gens encore plus malheureux qu'elle après tout, de quoi avait-elle à se plaindre ? Elle avait l'habitude de la vie qu'elle menait, cela faisait partit du quotidien comme une chose banale. Les yeux d'Eliane s'ouvrirent en grand devant cette pensée quelque peu horrifiante à son goût.

Comment pouvait-elle croire ça ? C'était loin d'être banal de se faire battre par un parent !

Ce n'était pas normal.

Elle n'avait pas le droit de penser ça ! Il ne fallait pas !

« Cette cape ne t'appartient pas, entendit-elle la sortant de ses songes. »

Elle baissa ses yeux sur la cape puis lâcha un léger cri étouffé par la main devant sa bouche sous le regard intrigué de John.

« C'est horrible John ! C'est la cape de M. Black, je l'ai vu dehors dans le parc et il me l'avait mise sur le dos, sûrement pour me protéger de la pluie.

-Et alors ? En quoi est-ce si abominable…C'est plutôt sympathique de sa part. Remarqua t-il. En sachant surtout que des milliers de filles de ce collège rêveraient être à ta place. Déclara t-il calmement avec un sourire narquois.

-Tu ne comprends pas, dit Eliane en se retournant complètement épouvantée, se rappelant soudainement de son geste. Je l'ai mordu !

-Tu l'as quoi ? Demanda John abasourdi.

-Je l'ai mordu ! Répéta t-elle avec véhémence, il voulait m'approcher et tu sais comme j'ai peur des hommes alors je l'ai mordu. »

John commença à sourire, ses lèvres se mirent à trembler légèrement puis éclata d'un grand rire sous le regard noir d'Eliane.

« Ce n'est pas marrant John, te rends-tu compte ? J'ai mordu un professeur !

-Justement c'est, dit-il entre son rire incontrôlable, c'est trop drôle. Eliane la parfaite petite Serdaigle qui mord un professeur. Eliane se rebelle, le scoop de l'année. J'imagine trop la tête de Black.

-Professeur Black, reprit Eliane en croisant les bras, la moue boudeuse devant le rire hilare de son ami. Je ne vais plus jamais oser le regarder dans les yeux ou encore aller dans son cours ! John comment vais-je faire ? Aide-moi au lieu de rire comme un bêta. »

Elle lui lança alors son oreiller pour qu'il arrête de rigoler ce qui fonctionna aussitôt.

« Eh ! Tu m'as décoiffé ! S'écria John en passant une main dans ses cheveux.

-Oh pauvre chou, à croire que tu ne mets pas encore assez de gel dans tes cheveux gominés. Se moqua t-elle.

-En tous cas tu sembles y tenir à cette cape. Remarqua judicieusement John les yeux pétillants de malices.

-Qu'est-ce que tu racontes ? Demanda t-elle étonnée.

-Eh bien, je vois juste que ma meilleure amie ne lâche pas des mains la cape de son professeur et semble adorer le parfum qui s'y dégage. Amoureuse de la cannelle ? Ou de celui qui porte la cape ? Murmura t-il à son oreille.

-Arrête de raconter des bêtises, tu perds la tête mon pauvre, dit Eliane en lui mettant une tape sur l'arrière de son crâne, le décoiffant de nouveau.

-On verra si je perds la tête tant que ça, Miss West. Déclara t-il de façon narquoise en lui faisant un sourire ravageur qui avait de quoi mettre toutes les filles à ses pieds.»

La concernée haussa les épaules tout en secouant la tête devant les propos de son ami qui étaient stupides aux yeux de la jeune fille. Elle, aimer le professeur Black ? Il débloquait complètement ! N'importe quoi vraiment. Aimer un professeur c'était comme aimer Rusard.

Eliane tira alors la langue devant cette comparaison, non vraiment elle préférait encore aimer un professeur que Rusard !

Quel horreur ! Mais ou allait-elle pêcher des idées pareilles !

Cependant John avait raison sur un point : Cette cape sentait terriblement bon et lui rappelait un vague parfum de son enfance. Elle resserra la cape autour de son corps, elle avait bien envie de la garder, elle était certaine que son professeur ne s'en rendrait même pas compte. Puis il fallait admettre que l'idée que Sirius Black ait pu la porter avait de quoi s'en donner des frissons…

Non mais qu'est ce qu'elle racontait ! Non ! Non ! Elle n'allait pas devenir comme toutes ces groupies qui bavaient sur son chemin pour avoir un de ces sourires ou regards !

Elle divaguait ! C'était sans aucun doute à cause de toutes ses émotions de la journée.

Jamais elle n'aimerait Sirius Black ! JAMAIS ! Et pourtant, ne dit-on pas : ne jamais dire jamais…

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Deux semaines étaient passées depuis cette fameuse journée. Deux semaines durant lesquelles les rumeurs courraient sur Eliane, alimentées pour la plupart par Spencer et ces compères qui se faisaient un agréable plaisir de critiquer ou d'inventer toutes sortes de choses à son sujet. Eliane n'y faisait même plus attention, elle avait bien d'autres choses en tête. Comme le futur Match de Quidditch contre Serpentard qui se déroulerait très prochainement. Leur capitaine était de plus en plus sévère, demandant toujours et encore plus à son équipe qui rentrait pratiquement épuisée tous les soirs.

Cependant, elle ne s'en plaignait pas au contraire de ces autres coéquipiers. Grâce à la fatigue des entraînements, elle dormait comme une véritable marmotte ainsi elle pouvait se reposer au maximum et éviter les cauchemars. Sa besace accrochée à son épaule droite, elle se dirigeait tranquillement vers sa salle commune ayant enfin finit ses devoirs pour la semaine.

Ces derniers jours avaient été assez mouvementés, Joanne avait fini par lui reparler avec l'aide et le soutien d'Ambre, mais son amie semblait toujours un peu distante avec elle, depuis leur dernière dispute. Elle n'était pas en droit de blamer Salder. Elle avait raison, entre amie on se faisait confiance, on se disait tout, surtout des amies que l'on considérait comme des sœurs.

Elle savait tout de la vie de Joanne ou d'Ambre, enfin pratiquement…

Seulement Eliane n'y arrivait pas, elle s'était trop renfermée sur elle-même, comment aborder un sujet aussi sensible que sa vie actuelle ? Pas simple…

Elle resserra l'emprise de son écharpe autour de son cou, sentant le froid de l'hiver arriver à grand pas en ce mois de novembre. Son esprit dériva alors sur Sirius Black.

Elle avait eu si peur de sa réaction ou de son comportement quand elle avait été dans son cours le lendemain ou elle l'avait mordu…Mais rien ne s'était passé, aucun reproche, aucun rappel, comme s'il avait oublié. Alors pourquoi l'avait-il regardé durant l'exercice de pratique ? Elle avait senti son regard qui lui avait provoqué la chair de poule. Un regard intense en émotion mais à la fois doux et sécurisant.

Elle secoua alors la tête devant ses divagations ! Elle perdait la tête !

Eliane se mordilla légèrement les lèvres, elle ne cessait de penser à lui ces derniers temps, ce n'était pas sain…

En plus elle avait gardé sa cape et parfois elle venait à s'imprégner de son odeur avant de s'endormir dans son lit. Qu'est ce qu'il lui arrivait ? Son comportement était idiot, stupide ! C'était un professeur, elle réagissait comme si c'était son petit ami ou une personne dont elle était…Non…

La jeune fille ouvrit grand les yeux devant sa réflexion, son cœur manqua un battement et son sang ne fit qu'un tour. Impossible ! Elle n'allait pas devenir comme ces greluches de service entrain de baver sur lui ! Elle se pinça les lèvres, l'air farouche, releva la tête puis reprit sa démarche.

Elle n'avait jamais succombé à un homme et ce n'était pas maintenant que cela allait lui arriver !

Quelques minutes plus tard, elle arriva enfin dans la salle commune de Serdaigle et remarqua alors que tous les regards se porter sur elle. Qu'est ce qui se passait encore ? Ils n'avaient pas autre chose à faire que de colporter comme des commères ! C'était la faute de Spencer, elle allait lui payer ça, cette petite garce de première.

Depuis le scandale dans la grande salle, il y avait trois camps, ceux qui la fuyaient comme la peste, ceux qui la collaient comme de la glue surtout les élèves de sexe masculin croyant toutes sortes de choses sur elle, et ceux qui se moquaient royalement de tous ces ragots sur Eliane. Tout en étant dans ses songes, elle alla vers son ami John qui était seul, face au feu de cheminée, un livre dans les mains. Elle prit place à ces côtés, un sourire aux lèvres alors qu'il tourna la tête.

« Tu as enfin fini tes devoirs, remarqua t-il en fermant son livre marquant la page ou il s'était arrêté.

-Oui, j'avais pris du retard avec les entraînements de Quidditch. Joanne et Ambre ne sont pas ici ? Dit Eliane en cherchant du regard ses amies.

-Je ne sais pas et ce n'est pas le principal de mes soucis, plus Salder est loin de moi et mieux je me porte. Déclara John en passant une main dans ses cheveux blonds, lançant un sourire à une fille de passage. »

Eliane soupira, décidément il ne changerait jamais, un dragueur de première et le pire, toutes les filles succombaient à son charme. Quoi qu'elle devait avouer que son ami était plutôt sexy en son genre. Il était toujours impeccable sur lui, ses yeux verts captivaient la foule, il était intelligent et gentil si on oubliait sa grande arrogance. Elle se demandait même, comment elle n'avait jamais pu tomber amoureuse de lui ? West grimaça rien qu'à cette simple pensée. Non, elle considérait John comme un frère, c'était inconcevable. Elle ne put s'empêcher de remarquer les quelques ressemblances qu'il avait avec le professeur Black. Lui aussi était toujours impeccablement habillé et soigné, ses yeux étaient ensorcelant et il était vraiment beau. Et voilà on en revenait à lui, non mais qu'est ce qui lui prenait ? Ça n'allait vraiment pas dans sa tête !

« Je peux savoir à qui tu penses ? Demanda John en l'observant, quelque peu intrigué.

-A personne. Trancha Eliane légèrement énervée de ne penser qu'à son professeur.

-Je te crois sur parole. Dit ironiquement son ami.

-Je peux savoir pourquoi, ils me regardent tous ? Interrogea t-elle en lançant un signe de tête vers ces camarades Serdaigle.

-Oh ça, la rumeur cours comme quoi tu aimes les filles. Répondit-il naturellement. »

Eliane avala sa salive de travers et se mit à tousser sous le regard amusé de John. Elle, aimer les filles ? C'était la meilleure, mais ou allaient-ils pêcher tout ça ? La jeune fille éclata alors de rire rejoint par son ami. Merlin comme c'était drôle et dire qu'en plus elle y avait pensé brièvement.

« Qui a lancé cette rumeur ? Questionna Eliane remise de ses émotions.

-A ton avis ?

-Spencer. Cette peste si je la tenais entre mes mains, j'en ferais de la charpie pour Dragon. Pourquoi est-elle aussi haineuse envers moi ? Je ne lui ai jamais rien fait !

-Elle est jalouse, répondit John, jalouse de toi Ely, tout simplement.

-Jalouse de quoi ? Je n'ai rien de plus qu'elle, bien au contraire, elle, elle a au moins une…Eliane stoppa sa phrase devant ce qu'elle allait formuler, le mot famille. Cette rumeur est stupide, rien ne prouve que j'aime les filles, sur quoi se base t-elle ?

-Que tu ne sois jamais sortit avec un élève du collège, alors que les propositions ne manquent pas. Ce n'est pas si idiot, même si Spencer est une peste, elle est assez maligne en son genre. Déclara John en croisant les mains derrière la tête.

-Malheureusement. Soupira Eliane. Franchement même si j'ai des propositions, je ne vais pas sortir avec le premier venu ? Sa frise le ridicule. Surtout que certains ne sont pas…terribles.

-Tu savais que Kevin Erne s'intéressait à toi, rigola John sous le regard horrifié de son amie.

-Tu te moques de moi, tu parles de ce Poutsouffle ?

-Oui, on parle bien du même Erne, tu en connais trente six ? S'amusa le jeune Walker.

-C'est un maniaque ce mec, dit Eliane, il porte continuellement des gants pour ne pas être en contact avec les microbes et il essuit tout ce qu'on a pu toucher. D'autant plus, qu'il a des lunettes qui lui donnent des yeux globuleux. Merlin je vais faire des cauchemars cette nuit ! Ajouta t-elle en fermant les yeux. Pourquoi dois-je tomber que sur des types louches ? Je suis maudite.

-Maudite, ça reste à voir, le professeur Black te dévore des yeux parfois. Dit John de façon narquoise.

-N'importe quoi, dit Eliane en rougissant. C'est un professeur, arrête de raconter des inepties ! »

John haussa les sourcils, le sourire aux lèvres en guise de réponse, montrant à quel point il avait touché un point sensible…

Le reste de la soirée se passa dans les rires entre les deux amis qui allèrent se coucher quelques heures plus tard. La plupart des filles du dortoir dormaient sauf Ambre qui n'était pas encore couchée, ayant de la lumière derrière ces rideaux fermés, étrange…

Alors qu'Eliane était allongée dans son lit s'endormant progressivement, il ne fallut que quelques minutes plus tard pour être prise d'assaut par un cauchemar, le cœur battant, le front en sueur, elle avait terriblement froid et chaud à la fois. Encore une fois le souvenir se faisait plus détaillé, elle avait entendu des cris et des pleures émis par une femme, serait-ce sa mère ? L'esprit embrouillé, elle sortit de son lit sachant qu'elle n'arriverait pas à dormir le reste de la nuit…

Elle prit la cape de Sirius, l'accrochant par-dessus sa chemise de nuit et alla, en essayant de faire le moins de bruits possible, vers la salle commune. Elle arriva quelques minutes plus tard devant l'âtre de la cheminée et s'assit au sol, observant les flammes rougeoyantes, se laissant bercer par l'odeur de la cape qui s'y dégageait…

Elle repensa à son rêve, elle était persuadée que s'était sa mère qui criait et pleurait derrière cette porte…

Mais pourquoi ne pouvait-elle donc pas entrer ? Et pourquoi criait-elle ? Et cette main qui s'approchait d'elle, qui caressait son visage…

Si…Si sa mère criait après cette personne, si cette même personne s'était enfermée avec elle dans la chambre, empêchant Anna d'aller la rejoindre ? Mais pour quoi faire ? « Tu es ma femme, tu dois m'obéir ! »….

Un mal de crâne envahit Eliane tout en se frottant les tempes…Elle entendit alors des pas s'approcher et s'arrêter derrière elle. La jeune West se retourna et aperçut Ambre debout en chemise de nuit, le regard emplit d'inquiétude, puis s'assit à ces côtés. Le cœur d'Eliane battait à une vitesse folle, que faisait son ami ici ? Pourquoi ne dormait-elle pas ? Se doutait-elle de quelque chose ? Et comme pour répondre à ses questions :

« Je sais que tu fais des cauchemars Ely, je t'entends certaines nuits te réveiller en sursaut, tu gémis dans ton sommeil. Annonça Ambre en regardant son amie dans les yeux.

-C'est pour ça que tu n'étais pas couchée…Souffla Eliane. Tu attendais que…tu…Que sais-tu encore ?

-Que tu as une blessure dont tu soignes régulièrement mais qui semble sérieuse, avoua la jeune Corvalis. Je n'ai rien dis à personne. Tu peux m'en parler Ely, avoir confiance en moi, je ne dirais rien, assura t-elle en posant une main sur son bras. »

Ambre ne cessait d'observer Eliane droit dans les yeux, qui apparemment ne savait que faire ou que dire. Elle semblait si désemparée d'un seul coup. Elle avait l'impression d'être en face de deux Eliane, une fragile et une autre terriblement forte et courageuse. Elle voulait l'aider ! La comprendre, être proche d'elle…

Elle était terriblement jolie avec ces longs cheveux noirs qui lui tombaient devant ces yeux. On avait qu'une seule envie, passer ses mains dedans, ils devaient être terriblement doux et soyeux au touché. La jeune Ambre se mordilla légèrement les lèvres devant ses pensées, descendant ses yeux vers sa bouche…

Elle la trouvait si belle ! Ambre remonta sa main le long de son bras, surprenant Eliane qui vit alors le visage de son amie se rapprocher dangereusement et s'en avoir le temps de réagir, elle sentit deux lèvres se presser contre les siennes…