Chapitre 7 : Sentiments ?
Eliane sentit alors deux lèvres se presser contre les siennes, son cerveau semblait comme déconnecté de la réalité environnante et de ce qu'il se passait actuellement. C'était la première fois qu'elle se faisait embrasser…Voyant que son amie ne semblait pas la repousser, Ambre plaça ses mains au niveau de sa taille, se rapprochant d'elle pour plus de contact. Elle passa sa langue sur la lèvre inférieure de la jeune West qui ne put s'empêcher de lâcher un gémissement tandis que sa raison ne cessait de lui dire d'arrêter immédiatement ce baiser. Elle se fichait complètement que se soit Ambre qui l'embrassait, elle se moquait largement que se soit une fille. Eliane se sentait à l'aise, songeant que son amie embrassait terriblement bien ! La bouche de la jeune Corvalis se pressa encore plus sensuellement, dévorant les lèvres de sa compagne qui s'ouvrirent lentement…Le paradis s'offrit alors à Ambre qui entremêla sa langue timidement puis voluptueusement à celle de sa meilleure amie, lui décrochant un soupir d'extase. Elle l'embrassait enfin, celle qu'elle aimait depuis des mois…Peu importe les conséquences qui s'en suivraient, elle voulait vivre le moment présent, profiter au maximum…Se laissant envahir par toutes les émotions ressentis, transmettant tout son amour envers Eliane… « Tu es si douce Eliane »…La concernée rompit alors le baiser, se retirant brutalement de l'étreinte, terrorisée par ce qu'elle venait d'entendre et de voir. Les joues rougies et les cheveux en batailles face à une Ambre qui semblait plus que gênée. Merlin qu'avait-elle fait ? Pourquoi n'avait-elle pas rompu le baiser avant ? C'était son amie ! Pourquoi Ambre avait-elle initié le baiser ? Etait-ce une erreur ou… « J'ai quelqu'un en vu mais c'est compliquée… »…Bien sûr, quelle idiote avait-elle été ! Elle aperçut Ambre se relever et partir morte de honte vers les escaliers, seulement c'était sans compter les réflexes d'Eliane qui l'attrapa par le poigné. Ambre était face à elle, les yeux baissés vers le sol. West prit sa main dans la sienne et l'emmena avec elle vers le canapé au coin de la cheminée. Voyant que son amie n'osait pas la regarder, Eliane passa une main sous son menton et releva le visage d'Ambre dont ces yeux brillaient étrangement…
« Tu n'as aucune honte à avoir Ambre. Murmura la jeune fille, rougissant quelque peu en repensant au baisé échangé.
-Je suis désolée, tellement désolée Ely, je…Balbutia t-elle gênée.
-Eh ! Ne t'excuse pas, j'aurai pu te repousser, avant. Ce n'est pas de ta faute, c'est…disons que c'est aussi compliquée que toi Ambre. Mais ne je t'ai pas repoussé par dégoût ! Assura avec véhémence Eliane. Je ne savais pas, je veux dire…je ne savais pas que, que…
-J'aimais les filles. Marmonna Ambre en se mordant gentiment les lèvres.
-Oui. Est-ce, est ce que c'est de moi dont tu parlais la dernière fois, où c'est juste une…une erreur ? Demanda Eliane légèrement anxieuse de la réponse. Tu peux être sincère, quelle que soit la réponse, je ne te rejetterai pas Ambre. »
En guise de réponse, la concernée hocha la tête affirmativement. La situation devenait compliquée, que pouvait-elle faire ou dire ? Elle ne savait pas du tout…Elle n'aurait jamais pensé qu'Ambre puisse l'aimer ainsi…Elle ne voulait pas blesser son amie mais avait-elle seulement le choix ? Elle aimait Ambre comme une sœur et non pas en amour…Eliane ne savait pas quoi faire, pourquoi ce genre de situation n'arrivait qu'à elle ?
Ambre était terriblement mal à l'aise, elle s'en voulait effroyablement d'avoir embrassé Eliane. C'était une idiote de première, elle accumulait les bourdes ! Pourquoi n'avait-elle pas réussi à se contrôler ? Que pouvait donc bien penser Eliane sur elle ? Elle se sentait si honteuse et pourtant son amie lui avait assuré que cela ne la dérangeait pas, mais rien à faire ! Elle releva la tête pour s'apercevoir qu'Eliane réfléchissait intensément, une légère rougeur apparut sur les joues d'Ambre qui se triturait nerveusement les doigts de la main. Elle était à croquer, pourquoi avait-elle fallu qu'elle tombe amoureuse de sa meilleure amie ? Peut être parce qu'elle la trouvait, jolie, intelligente, drôle et son côté mystérieux renforçait sa personnalité. C'est étrange qu'Eliane ne soit jamais sortit avec un garçon…Et sans s'en rendre compte la question frôla indéniablement ses lèvres :
« Est ce que tu aimes les filles Eliane ? »
La concernée releva la tête, un sourire mystérieux arpentant son visage sous l'œil intrigué de sa jeune amie.
« Ah les rumeurs, un véritable fléau. Murmura t-elle en prenant place sur le canapé. Je connais la raison de ta question, bien sûr je me la suis posée moi aussi, mais sincèrement je ne crois pas aimer les filles Ambre. Je suis désolée. Je t'aime énormément mais comme une sœur. Confia Eliane tristement en passant une main autour du son cou pour la rapprocher d'elle. »
Ambre se pinça les lèvres, le cœur lourd par cette simple et unique réponse, elle s'en était doutée depuis le début, mais elle avait espéré quand même…Peut être trop espérée et maintenant elle tombait de haut. Merlin comme elle avait mal, elle se mordit les lèvres pour les empêcher de trembler, ses yeux lui piquaient et se brouillaient lentement de larmes. Elle ne voulait pas pleurer ! Surtout devant Eliane. Seulement une larme roula sur sa joue puis les autres affluèrent sans qu'elle ne puisse rien faire. Elle sentit alors deux bras s'enrouler autour de sa taille, enfouissant sa tête au niveau de la poitrine de son aimée, qui la berçait doucement contre elle.
Eliane avait mal, mal de voir son amie dans cet état, par sa simple faute, n'était-elle douée que pour occasionner souffrance chez ceux qu'elle aimait ? Elle souffla des mots doux à l'oreille d'Ambre dont les sanglots semblaient s'éteindre peu à peu, au fur et à mesure que les minutes s'écoulaient. Elle frotta vigoureusement le dos de sa meilleure amie, puis se recula d'elle, séchant de son pouce les larmes ravageant son beau visage.
« Je suis tellement désolée, Ambre. Je suis heureuse d'avoir reçu mon premier baiser par toi, mais je ne suis pas celle qui te faut. Pour l'instant, tu as mal, mais ça ira mieux avec le temps et je serais toujours là pour toi. Quoi qu'il arrive. Assura Eliane en caressant la joue de son amie, comme une mère maternant son enfant. »
Un léger sourire apparut sur les lèvres de la concernée qui enlaça Eliane, s'imprégnant de son odeur tout en chuchotant :
« Tu ne diras rien à Joanne et aux autres ?
-Ce n'est pas à moi de leur dire, mais à toi. Ton secret sera bien gardé. Si un jour tu veux me parler de n'importe quoi sur ce sujet, tu le peux, tu sais…
-Vraiment ? Je-je ne voudrais pas te-te gêner…Bafouilla Ambre en se décollant d'Eliane.
-Bien sûr que j'en suis certaine ! J'en n'ai pas l'air comme ça, mais je suis très ouverte d'esprit. Je n'ai rien contre les homosexuels, bien au contraire !
-Mais…Mais ce n'est pas normal….Je veux dire, enfin, c'est un homme et une femme normalement. Murmura t-elle en se mordant les lèvres.
-Eh, souffla Eliane en obligeant son amie à la regarder droit dans les yeux, peu importe la personne qui tu aimes, si tu te sens plus heureuse avec une fille c'est ton droit le plus absolu ! C'est ta vie, nous n'en avons qu'une, profite, fais en ce que tu veux ! Et puis franchement, la normalité c'est stupide à mes yeux. N'ais jamais honte de ce que tu es Ambre, jamais ! Sois en fière ! Les autres tu les envois balader et si un jour un petit imbécile fait des remarques déplaisantes à ton sujet, je me charge de son cas. Dit Eliane avec un sourire sadique. »
Ambre sauta de nouveau dans les bras de son amie, tout en soufflant un grand merci à son oreille. Sans le savoir, Eliane avait grandement réconforté l'adolescente qui se sentait beaucoup mieux avec elle-même. La jeune Corvalis avait toujours eu un peu de mal à s'accepter telle qu'elle était et pour l'instant seul son premier amour était au courant pour sa situation. Son cœur se fit plus léger, même si Eliane ne l'aimait pas, elle serait toujours là pour elle, et ça, c'était le plus beau cadeau qu'on pouvait lui faire. Combien de fois avait-elle eu peur de perdre son amitié en lui annonçant son homosexualité ? Elle ne les comptait plus sur ses doigts. Elle était vraiment heureuse ! Ambre se recula légèrement de son amie qui semblait légèrement ailleurs. Soudainement, elle se souvint de ce qu'il l'avait amené ici, le visage de la Serdaigle se fit alors plus grave…
« Eliane, appela t-elle en attirant l'attention de la concernée. Peut être que cela ne me regarde pas, mais je t'ai confié mon secret, j'aimerais t'aider et comprendre ce qui te tracasse, ce qui te rend aussi triste parfois. Confia t-elle en posant une main compatissante sur son épaule. »
La jeune fille frissonna à ce contact aussi léger soit-il, elle avait cru que son amie avait oublié le sujet principal de leur discussion. Que pouvait-elle lui répondre ? Pourquoi n'arrivait-elle pas à mettre des mots sur ce qu'elle ressentait ou vivait ? Pourquoi se taisait-elle ?
« Parce que tu as peur de lui, tu as toujours eu peur de lui ! » Dit sa conscience.
Eliane se mordit les lèvres à cette simple phrase qui résonnait en elle comme un écho. Oui, elle avait peur de son père, peur des coups qui s'abattaient sur elle, peur de sa voix qui éclatait contre elle. Et dans ces courts instants, elle ne cessait de se demander si la vie valait la peine d'être vécue…Bien sûr, un jour elle serait débarrassée de lui, bientôt même, mais le passé allait la poursuivre comme son ombre. Les souvenirs seraient toujours ancrés en elle jusqu'à sa mort…Comme ses cauchemars perpétuels, elle ne pourrait jamais oublier, jamais…Sans s'en rendre compte une larme roula sur sa joue, alarmant aussitôt Ambre.
« Eliane, tu peux me parler, je te jure que je ne dirais rien, fais-moi confiance, je peux t'aider.
-Non, souffla t-elle douloureusement, tu ne peux pas, au contraire, si-si tu sais tout va empirer…S'il te plait Ambre…
-Qu'est-ce qui va empirer ? Pourquoi fais-tu ses cauchemars ? D'où viens cette blessure à la jambe ? Demanda t-elle en pointant du doigt sa blessure dissimulée par la cape. »
Eliane se leva du canapé, espérant échapper à l'emprise de son amie qui ne cédait pas ! Puis ce mal de tête qui s'était installé, elle posa se deux mains au niveau de ses tempes pour le faire passer mais ses oreilles vinrent alors lui bourdonner. Tout valsait autour d'elle…Eliane ne se sentait pas bien du tout, elle l'avait l'impression d'être sur un bateau. Tout chavirait, elle entendait des cris, des pleures, ses yeux semblaient vouloir se fermer tout seul…Ambre lui parlait mais elle n'entendait rien…Qu'avait-elle ? Elle avait de plus en plus mal au crâne et tous ces bruits, ces images qui défilaient en elle, l'assourdissaient ! Des crissements de pneus, la pluie, une balançoire et cette voix qu'elle haïssait tant ! « Tu es délicieuse Eliane, tu es comme ta mère… ». Un cri plaintif s'échappa de la bouche de la jeune West, qui porta une main sur ventre et s'écroula à même le sol, sous les yeux horrifiés d'Ambre. Elle se précipita auprès d'Eliane qui était inconsciente. Merlin, qu'est-ce qu'elle avait ? C'était de sa faute, elle l'avait poussé à parler ! Elle secoua l'adolescente par les épaules, l'appelait, mais rien…Le cœur de la jeune Serdaigle se mit à battre à une vitesse folle alors qu'une sueur froide coula le long de sa colonne vertébrale…Elle posa alors une main tremblante sur son front qu'elle retira vivement comme brûlée, et c'était le cas ! Eliane était brûlante de fièvre. Comment n'avait-elle pas pu s'en rendre compte ? Ambre ne savait pas quoi faire, il fallait qu'elle demande de l'aide, mais elle ne voulait pas alarmer toute la tour ! Son amie n'avait pas besoin de ça avec les dernières rumeurs qui suffisaient amplement. Elle devait avertir un professeur pour l'emmener à l'infirmerie.
Prenant son courage à deux mains, elle se dirigea en vitesse vers la sortie de la salle commune, il ne fallait surtout pas qu'elle tombe sur Rusard, sinon il la retarderait ! Il fallait qu'elle se dépêche ! Ou pouvait donc se trouver les appartements de ? A moins qu'elle aille chez la directrice de Poudlard ? Non, il fallait prévenir leur directeur de maison avant tous…Ces appartements devaient forcément se trouver non loin de la tour. Ambre marchait pieds nus à travers le couloir, le froid la tiraillait, mais peu importe, elle devait trouver de l'aide ! Mais qu'elle idiote, pourquoi n'avait-elle pas été voir John ou même Joanne ? Sûrement parce qu'elle était trop obnubilée par l'image d'Eliane évanouit sur le sol. Un sanglot mortifié s'échappa de la bouche de la jeune Corvalis, elle devait retourner à la tour, son amie ne devait pas rester seule ! C'est alors qu'elle tamponna une personne la projetant par terre, la lumière d'une baguette l'éblouissant.
« Miss Corvalis, que faites-vous ici à cette heure de la nuit ? Demanda une voix qu'elle reconnut facilement.
-Professeur, c'est Eliane, elle-elle a eu un malaise, vous devez venir ! Je ne savais pas quoi faire, elle a de la fièvre…Répondit rapidement Ambre, sautant presque à la gorge du sorcier.
-Allez prévenir le professeur Lupin ! Ordonna le sorcier. Ces quartiers se trouvent au prochain couloir sur votre droite, vous verrez un tableau représentant une femme avec un phénix. Vous n'aurez qu'à frapper ou l'appeler. »
Ambre hocha rapidement de la tête se dirigeant vers les appartements de Remus, laissant son autre professeur se diriger à toute vitesse vers la tour des Serdaigle. Il lui en n'avait pas fallu plus pour s'alarmer au simple nom d'Eliane. C'était complément idiot, il s'inquiétait beaucoup trop pour elle, une simple élève. Ça dépassait la limite du simple entendement. Une fois arrivée dans la salle commune en question, il vit le corps inerte de la jeune fille qui se trouvait être tout le centre de ses pensées…Il ouvrit grand les yeux en voyant l'énorme bandage que dévoilait la cape légèrement remontée. Ces joues étaient rouges et ses paupières crispées comme-si elle faisait un mauvais rêve. Sans se poser de question, il rangea sa baguette, passa un bras sous son dos et sous ses jambes pour la porter. Direction infirmerie. Cette comédie n'avait que trop duré ! Sirius ne cessait de jeter des regards inquiets envers Eliane qui marmonnait des choses totalement incompréhensibles tandis que sous ses yeux ébahis, des marques apparurent sur son visage. Un sort de dissimulation qui s'estompait à cause de sa faiblesse actuelle. Il ne lui fallut que quelques minutes pour atteindre l'infirmerie, appelant ou plutôt criant le nom de Mme Pomfresh qui sortit en robe de chambre d'une pièce au fond du lieu médical. La sorcière demanda à Sirius de poser le corps sur un lit, tout en le poussant afin qu'elle l'ausculte, malgré ses protestations hâtives.
Alors que les secondes, les minutes s'écoulèrent, les portes de l'infirmerie s'ouvrirent sur Remus entouré de sa femme et de la jeune Corvalis. Il vit son ami marcher en sa direction, le visage grave et fatigué par l'approche de la pleine lune.
« Qu'elles sont les nouvelles ? »
Pour seule réponse Sirius haussa les épaules, les mains dans les poches, à première vue, on aurait pu croire qu'il s'en fichait pas mal, mais la réalité était tout autre. Il était inquiet, terriblement soucieux pour elle. Il savait que sa vie n'était pas en danger, mais les marques qu'ils avaient vues et la blessure à sa jambe lui avaient rappelé de mauvais souvenirs. Il était persuadé d'une chose, Eliane West se faisait bien battre, qu'elle veuille l'admettre ou pas. La preuve était sous leurs yeux. Il devait faire quelque chose ! Il n'était pas question de laisser passer ça ! Finalement après plusieurs minutes d'attente dans l'angoisse la plus totale, Mme Pomfresh réapparut tout en refermant le paravent derrière elle. L'infirmière se retourna vers les adultes et dit :
« Son état est alarmant, elle n'est pas en danger de mort, ajouta t-elle devant les visages inquiets. Mais elle a de nombreuses blessures sur tout le corps ainsi qu'une à la jambe qui est une horreur. Confia Pom-Pom en grimaçant.
-Expliquez-vous ? Demanda Tonks.
-Est-ce que miss Corvalis pourrait regagner son dortoir ? Dit gentiment l'infirmière, voulant être seule avec les professeurs.
-Mais- mais Eliane est mon amie, je veux savoir ! Protesta Ambre.
-Je suis désolé Miss, vous devez rentrer à votre tour, Nymphadora va s'en charger, Dit Remus en direction de sa femme qui approuva. Vous verrez votre amie demain, en attendant, ne parler de ceci à personne. »
Ambre hocha simplement la tête, que pouvait-elle faire d'autre de toute façon ? C'était une simple élève qui devait obéir à ses professeurs. Tout en soupirant légèrement, elle sortit de l'infirmerie en compagnie de Tonks qui laissa son mari et son cousin en compagnie de Mme Pomfresh. L'infirmière leurs dévoila alors que la jeune West avait des brûlures assez grave sur toute la jambe droite, la plupart avaient cicatrisé mais certaines s'étaient infectées ce qui expliquait la cause de sa fièvre. A cette simple évocation, Sirius devint de plus en plus blême, imaginant le pire…Il ne put y réfléchir plus longtemps en entendant la voix de Remus :
« Comment a t'elle pu avoir ces brûlures ? Et les autres blessures dont vous nous avez parlé, qu'en aient-ils ?
-Pour les brûlures, je pencherais pour de l'eau brûlante. Confia l'infirmière. Quant aux autres blessures, elle a de nombreux bleus sur le visage, au niveau des bras, ainsi que dans le dos. Sois-je me trompe, mais cela ne fait aucun doute qu'elle ait été battue et régulièrement. J'ai repéré d'anciennes fractures et son dos est couvert de vieilles cicatrices devenues blanches avec le temps. Il va falloir prévenir la directrice ainsi que son père. »
Sirius et Remus grimacèrent en même temps, prévenir le père de la jeune Eliane, n'était peut être pas une bonne idée. Il était le seul à approcher l'adolescente en dehors des cours, il était le premier suspect aux yeux des deux maraudeurs. Cela ne faisait aucun doute ! Mais ils n'avaient aucune preuve, à moins qu'Eliane ne le dénonce, or ils n'y croyaient guère.
« Et son Médicomage, comment se fait-il qu'il n'est rien vu ? C'est sa patiente tout de même, il aurait du voir ! S'exclama Sirius qui semblait à bout de nerf.
-Sirius, je ne sais pas ce que vous a dis son médicomage, mais elle n'est suivit que pour son amnésie et les visites médicales à Poudlard ne se pratique plus depuis fort longtemps. De plus, elle ne vient que rarement à l'infirmerie, c'est le genre de choses qu'on ne voit qu'au dernier moment. Avoua faiblement la sorcière. Je dois aller voir la directrice et lui faire mon rapport. Pouvez-vous venir avec moi Remus ? Vous êtes son directeur et j'ai besoin de vous. »
Lupin affirma de la tête tandis que Sirius décida de rester auprès de l'adolescente sous l'œil intrigué de son ami. Padfoot agissait bizarrement ces derniers temps et Tonks ne cessait de lui dire qu'il était amoureux. Il en doutait fortement. Sirius n'avait jamais été amoureux, s'était un véritable coureur de jupons et il avait toujours proclamé haut et fort qu'il aimait cette situation. Cependant, il devait avouer que son ami était souvent dans les nuages, parfois il avait aussi un sourire collé sur le visage, et ça, pendant toute la journée. Peut être que Nymphadora avait raison, peut être que Sirius était amoureux, mais de qui ? Remus chassa ces idées de la tête, sortant du lieu médical avec Mme Pomfresh alors que Padfoot attendit calmement qu'ils partent pour glisser une main à travers le rideau du paravent et rentrer. Il vit la jeune Eliane couchée sur le lit, recouvert d'un drap blanc. Il s'approcha lentement et sans savoir pourquoi, son cœur se mit à battre à une vitesse folle. Il réagissait comme un adolescent amouraché. Il déglutit passablement devant cette simple pensée. Merlin, il était entrain de tomber amoureux d'elle. Son cœur manqua un battement, il ne devait pas, il n'en avait pas le droit ! Il avait trente neuf ans et elle, dix sept ans, c'était son professeur ! Tout les séparait ! Il se répugnait, comment pouvait-il avoir des sentiments pour Eliane ? Elle était jeune et lui vieux. Sirius passa une main nerveuse dans ses cheveux, il détourna alors le regard, prêt à partir quand il entendit :
« Ne part pas. »
Il se retourna aussitôt, s'attendant à la voir réveillée, mais elle semblait profondément endormit. Il s'approcha de nouveau vers elle, en prenant place sur le rebord du lit, il l'observa attentivement. Apparemment elle devait rêver. Un sourire furtif passa sur le visage de Sirius qui tendit une main vers son visage, son doigt glissa sur sa joue jusqu'à ses lèvres…Il retira alors vivement sa main. Qu'est-ce qui lui prenait de réagir ainsi ? Il devait s'avouer que sa peau était terriblement douce, et ces lèvres…Il se gifla mentalement devant ses pensées obscènes. Son regard fut alors attiré par la cape posée sur la chaise avec le reste de ces vêtements. Quelle ne fut pas sa surprise en y reconnaissant sa cape ! Elle l'avait gardé ? Et elle la portait ! L'euphorie et la joie s'empara de son cœur, si Eliane avait conservé sa cape, peut être alors éprouvait-elle quelque chose pour lui ? Peut être que… Non, non et non !
« Ressaisis-toi Sirius, tu as le double de son âge, ce n'est qu'une gamine ! » Pensa t-il. « Alors pourquoi me fait-elle autant d'effet ? Pourquoi ais-je cette envie de la protéger ? »
Se pourrait-il vraiment qu'il soit …qu'il soit amoureux d'elle ? Comment cela avait bien pu arriver ? Surtout à lui ! Pourquoi fallait-il qu'il se mette toujours dans des situations aussi complexes ! Il reposa ses yeux gris aciers sur son visage fort pâle, elle était vraiment jolie, elle n'était pas comme toutes ces filles superficielles. Elle était naturelle, elle avait du charme sans aucun doute ! Il s'aperçut alors qu'elle pleurait silencieusement, les larmes roulant sur ses joues, ses mains crispées au drap, cette vision ne fit qu'attendrir encore plus le cœur de Sirius qui ne semblait battre que pour elle. Il passa son pouce pour essuyer ces larmes, tout en caressant ces cheveux, doucement, elle se détendit et sans un mot de plus, le sourire aux lèvres, Sirius jeta un dernier regard à Eliane. Qui aurait-dis qu'un jour que le grand Sirius Black, ancien Maraudeur, aurait agis avec autant d'amour envers une jeune femme ? Sûrement pas lui…Les mains dans les poches, la tête basse, il sortit de l'infirmerie se dirigeant vers le parc pour prendre l'air, il en avait grandement besoin…S'il était resté encore quelques minutes, il aurait pu voir qu'elle aussi souriait dans son sommeil, apaisée.
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Cela faisait deux jours entiers qu'Eliane dormait. Deux jours durant lesquelles, ses amis, Joanne, Ambre et John se faisaient un sang d'encre pour elle. Mme Pomfresh leurs avait interdis de venir la voir tant qu'elle ne serait pas réveillée et qu'elle n'aurait pas repris des forces. Deux jours de pure angoisse. Les disputes entre Salder et Walker se faisaient encore plus acharner, au plus grand malheur d'Ambre qui n'en pouvait plus. Le sujet de leurs chicanes ? Eliane West, et ce matin ne faisait pas encore défaut dans la salle commune des Serdaigle :
« C'EST DE TA FAUTE SALDER !
-DE MA FAUTE ? Répéta Joanne rouge de colère, les poings sur les hanches.
-OUI TOUT A FAIT ! TU ETAIS SON AMIE TU AURAIS DU VOIR QU'ELIANE N'ALLAIT PAS BIEN ! Déclara John les yeux pétillants de méchancetés.
-AH ! S'exclama t-elle en pointant son doigt sur son torse. TU PEUX PARLER ! N'EST CE PAS TOI QUI SE DECRIVAIT COMME LE PARFAIT MEILLEUR AMI D'ELIANE ? TU LA COTOIE ENCORE PLUS QUE NOUS ! TU AURAIS DU T'EN APERCEVOIR AVANT NOUS ! S'écria Joanne satisfaite de sa réplique.
-ET TOI ALORS ! TU AS LACHE ELIANE JUSTE PARCE QUE MELLE N'AVAIT PAS SA CONFIANCE ! TU AURAIS DU LA SOUTENIR ! TU APPELLES CA ETRE SON AMIE ? Siffla dangereusement John.
-QU'EST CE QUE TU EN CONNAIS AU MOT AMITIE ? TU ES TROP BLESSE DANS TA FIERTE DE MALE, POUR ADMETTRE QUE TU N'AS RIEN VU COMME NOUS TOUS ICI ! Rétorqua Salder l'air farouche.
-TU N'ES QU'UNE…
-Ça suffit ! Hurla Ambre en s'attirant les regards étonnés de ses amis. Vous en n'avez pas marre de vous disputez à longueur de journée ? Croyez-vous qu'Eliane serait heureuse de vous voir ainsi ? Moi, je ne crois pas ! Arrêter de vous rejeter la faute, cela ne sert strictement à rien. Le mal est fait, Eliane est à l'infirmerie, elle va bientôt se réveiller, maintenant je doute que vos chicanes d'adolescents amourachés ne l'aide ! Déclara sagement la jeune Corvalis. »
John et Joanne se regardèrent simultanément se lançant un regard noir et acide, avant de ne détourner la tête, les bras croisés, sous les yeux exaspérés d'Ambre qui se rassit dans son fauteuil. Elle avait hâte que sa jeune amie se réveille, elle était si inquiète pour elle tout comme ses deux autres camarades. L'attente était une véritable torture. Il ne savait rien, strictement rien, même s'il avait été voir le professeur Lupin qui n'avait rien voulu dire. Ils étaient dans le néant le plus total. Ambre soupira tout en fermant les yeux, vivement qu'Eliane se rétablisse. Elle lui manquait.
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Au même moment, la jeune fille qui dormait profondément, commença à bouger ses paupières mais les referma aussitôt en sentant une lumière blanche lui agresser les yeux. Finalement au bout de plusieurs secondes, elle réussit à maintenir ses yeux ouverts tout en observant l'endroit, ou était-elle ? Elle tourna le regard et fronça des sourcils en reconnaissant une odeur familière. Merlin, elle était à l'infirmerie. Eliane se releva d'un bond, repoussant ses draps, elle vit alors avec horreur que les brûlures de sa jambe étaient pratiquement guéris. Ils savaient ! Non, ce n'était pas possible ? Que s'était-il passé ? Elle ne comprenait plus rien ! Comment était-elle atterrit ici ? Elle se souvenait d'avoir parlé avec Ambre, elle lui avait révélé son amour, ensuite elle avait essayé d'éviter la conversation avec son amie sur ses fameux cauchemars puis le trou noir. Eliane grimaça de douleur en sentant ce fichu mal de tête qui la poursuivait…Elle se souvint alors de ses souvenirs d'enfances. Cette voix, cette voix d'homme qui lui murmurait des mots à son oreille, c'était son père ? Non, non, ce n'était pas possible, sa-sa mère n'aurait jamais permis qu'il lui fasse du mal, jamais ! Elle avait la nausée et cette impression de se sentir si sale...Pourquoi ? Elle déglutit passablement, tout au fond d'elle, elle doutait fortement de vouloir connaître la vérité…N'était-il pas plus simple de la rejeter une seconde fois ? Mais comment ? Elle avait réussi étant enfant, pourquoi n'y arriverait-elle pas une nouvelle fois ? Elle ne voulait pas se souvenir, elle savait, elle le savait que ça allait la détruire ! Elle secoua alors la tête comme pour chasser toutes ses idées noires de la tête. Elle voulut sortir de son lit, mais au même moment, elle entendit :
« Miss West, vous êtes enfin réveillés, quel bonheur ! Dit Mme Pomfresh en la repoussant sur son lit pour l'ausculter au plus grand désespoir de la concernée qui se laissa faire contre son grès. Bien, vous semblait en meilleur forme physiquement, votre jambe vous fait-elle mal ? »
Eliane rougie jusqu'à la racine des cheveux, à vrai dire ça faisait un petit moment qu'elle ne sentait plus la douleur, tellement elle y était habituée.
« Je-non, elle me fait plus mal. Répondit-elle en bafouillant.
-Bien, la plupart des bleus ont disparus, je pense que vous pourrez sortir assez rapidement. »
Les bleus ? Mais et ses charmes alors ? Merlin, ils avaient du se dissiper ! Qu'allait-elle faire, personne ne devait savoir, personne ! Surtout pas son père ! Un frisson parcouru sa colonne vertébrale, elle était fichue. C'était de sa faute. Elle aurait du faire plus attention ! Elle n'avait qu'une seule envie fuir, fuir le plus loin possible. Elle savait ce qui l'attendait maintenant, un interrogatoire et son père avait déjà du être prévenu, l'infirmière ne fit alors que confirmer ses soupçons :
« Votre père a été avertit Miss. Il était très inquiet pour vous, il a souvent demandé de vos nouvelles. »
Eliane rigola intérieurement, inquiet son père ? Mais bien sûr, inquiet d'être découvert plutôt. C'était un bon acteur décidément, même les professeurs étaient tombés dans le panneau. Personne n'allait la croire, elle allait devoir inventer un mensonge…Qui pourrait croire qu'un père aimant et inquiet bat son enfant depuis des années ? Merlin, qu'allait-elle advenir ? Il allait vouloir qu'elle rentre pour les vacances de Noël, elle en était persuadée. Elle serait punie sévèrement, elle le savait…Tout était finit…Elle fut alors tirée de ses songes en entendant la voix de Mme Pomfresh :
« Deux personnes aimeraient vous parler, Miss. »
La jeune Serdaigle releva les yeux, s'attendant à voir ses amis, mais quelle ne fut pas son étonnement en voyant le professeur Lupin et Black…
Reviews Please ?
Lia-Sail.
