Chapitre 8 : Une Nouvelle Amie ?
Les yeux de la jeune Eliane s'ouvrirent en grand en voyant ses deux professeurs avancer vers elle et s'installer sur des chaises tandis que Mme Pomfresh refermait les rideaux du paravent, les laissant seuls. Le cœur de West semblait s'être arrêté : que faisaient-ils ici ? Que lui voulaient-ils ? Est-ce qu'ils savaient ? Merlin, qu'allait-elle faire ou dire ? Elle était une piètre menteuse et elle ne se sentait pas capable de tenir encore bien longtemps. Elle savait ce qui l'attendait durant les vacances de Noël, il suffisait de tout leur dire, tout révéler. Seulement, elle n'en aurait jamais le courage, elle avait trop peur. Ses doigts se crispèrent autour des draps sous les yeux attentifs de Sirius et Remus qui se jetèrent simultanément un regard.
Eliane semblait mal à l'aise face à leur visite. Ils étaient persuadés que le père de la jeune fille avait quelque chose à avoir là-dedans. Son jeu d'acteur – le père éploré pour sa fille chérie – avait peut être fonctionné sur l'infirmière et la directrice, mais pas sur eux. Trop de comédie. Sirius avait tout de suite compris ; leurs soupçons se confirmaient par le cinéma de . Cet homme donnait la chair de poule à Padfoot : il y avait dans son regard quelque chose de manipulateur, de vicieux, de pervers. Quelqu'un de vil et de méchant.
Ses yeux se portèrent sur celle qui hantait son esprit, les marques sur son visage avaient pratiquement disparu grâce aux soins de l'infirmière. Sa vue tomba alors sur ses lèvres qu'elle mordillait légèrement, il n'avait qu'une seule envie à cet instant : les déguster, les dévorer encore et encore…Il se gifla alors mentalement ! Il n'avait pas le droit de penser à elle ainsi. C'était interdit, il était son professeur ! Il fallait qu'il se le mette dans la tête une bonne fois pour toute. Seulement plus facile à dire qu'à faire…Pourquoi réagissait-il ainsi en sa présence ? Comme avait-il pu s'éprendre d'elle ? Pourquoi elle et pas une autre ? Il était complètement perdu avec ses sentiments…Malheureusement, il ne put y réfléchir plus longtemps, en entendant la voix de son ami le sortir de ses songes…
« Comment-allez-vous Eliane ? demanda-t-il avec un sourire encourageant.
- Très bien, répondit-elle comme par automatisme, après avoir relevé la tête d'un geste vif. »
Eliane se mordit les lèvres devant cette réponse stupide, montrant à quel point elle mentait. Merlin, mais qu'est ce qu'elle faisait à Serdaigle ? Elle n'était même pas capable de réfléchir correctement avant de répondre à une question ! Comment pouvait-elle aller bien, alors qu'elle était à l'infirmerie ? C'était stupide, stupide et terriblement idiot de sa part ! Elle jeta un coup d'œil furtif à ses professeurs qui ne semblaient pas dupes. Il fallait qu'elle soit plus convaincante, il fallait qu'elle mente à la perfection !
Remus ne cessait de l'observer ; elle paraissait en proie avec elle-même. Elle mentait, il le sentait. Cela se voyait dans son comportement, elle allait mentir durant toute la conversation. Que pouvait-il faire ? Il voulait l'aider ! Mais comment ?
« Hum, fit Sirius, Eliane, nous voudrions savoir d'où viennent toutes ces blessures ? »
Elle avait la nette impression que son cœur venait de s'arrêter ; que pouvait-elle répondre ? Et si elle restait dans son mutisme, ne pas parler ? Elle était douée pour ça…Nerveusement, elle ne cessait de jouer avec ses doigts. Elle entendit alors une chaise racler le sol, le professeur Black se rapprochant encore plus d'elle. Que devait-elle faire ?
« Eliane, je sais comme c'est difficile de parler de ce genre de chose, mais on doit savoir. Te rends-tu compte à quel point ces blessures sont graves ? déclara Sirius, anxieux de la voir aussi peu réceptive face à ses paroles. »
Elle le méritait, elle le méritait, son père ne cessait de lui répéter ça ! Qu'elle méritait ses coups, que c'était une mauvaise fille…Elle baissa la tête, honteuse devant ses propres pensées, elle était folle ! Eliane pouvait sentir le regard de son professeur la brûler de l'intérieur et sans savoir ou comprendre pourquoi, une chaleur se diffusa lentement en elle. Son cœur se mit à battre la chamade. Ses yeux et son regard intense la troublaient énormément. Pourquoi ? Elle déglutit passablement en l'observant du coin de l'œil. Il était vraiment beau à faire damner un saint ! Mais à quoi pensait-elle ? Elle disait n'importe quoi ! Cet homme était son professeur ! Elle délirait complètement ! Il fallait qu'elle cesse de lorgner ainsi sur lui ! Qu'elle cesse de penser à lui, tout simplement ! Eliane fut alors interrompue dans ses pensées par la voix de son professeur :
« Eliane, il faut que tu nous parles, dit-il ne se rendant même pas compte qu'il s'était mis à la tutoyer. Il faut nous faire confiance, nous pouvons t'aider, nous voulons t'aider, affirma avec sincérité Remus.
-….
-Ecoute, ajouta Sirius en essayant d'accrocher son regard, je sais ce que tu ressens. Tu as peur de ce qu'il pourrait te faire ou encore de sa réaction ? Seulement une fois que tu nous auras tout dit, plus jamais il ne posera la main sur toi ! Je t'en fais la promesse Eliane, tu seras en sécurité, il ne pourra plus jamais t'approcher ! Nous savons que c'est ton père. Tu n'as qu'à hocher de la tête ou dire oui et plus jamais tu ne le reverras ! Dit-il en accentuant son regard. »
Un frisson parcourut l'échine du dos de l'adolescente. Peut-être avait-il raison, peut-être qu'elle devrait leur faire confiance…Comment avaient-ils pu deviner que c'était son père qui la battait ? Comment avaient-ils fait ? Les mots de son professeur raisonnèrent alors en elle : « Je sais ce que tu ressens ». Serait-il possible que lui aussi ait vécu cette situation ? Pouvait-elle vraiment lui faire confiance ? Et si elle revoyait son père après l'avoir dénoncé, si elle le revoyait ? Il la coincerait dans un endroit et appliquerait ses menaces. La peur régnait en elle et une panique sans précédent la submergea. C'était trop dur, elle n'y arriverait pas…Elle était trop effrayée. Elle ne dirait rien, rien ! Ils n'avaient aucune preuve que c'était lui ! Et que vaudrait sa parole contre celle de son père ? Rien…
Elle sentit de nouveau ses yeux la transpercer. Elle s'attendit à y voir de la tristesse ou de la pitié, mais ne vit que de la compréhension et quelque chose de plus profond…Pourquoi la fixait-il ainsi ? Qu'attendait-il ? Aucun homme ne l'avait regardé avec autant, autant de…Quoi exactement ? Cette situation la mettait mal à l'aise…Ce n'était pas normal, à ses yeux et dans sa tête, qu'on puisse la regarder avec autant d'affection. Non, elle délirait complètement ! Elle était tombée sur la tête ! Comment un professeur pourrait-il ressentir de tels sentiments ? Elle devenait folle, oui c'est ça, elle était folle !
« Tu ne veux pas nous en parler ? soupira Remus.
-….. »
Lupin ne savait plus quoi faire devant le mutisme de son élève qui ne semblait pas vouloir leur parler ou se confier. Pourtant Sirius l'avait prévenu que ça ne serait une mince affaire que de la convaincre ! Cependant, il avait cru, espéré, qu'elle se confierait à eux. Il s'était lourdement trompé et la chute était douloureuse. Il voulait lui venir en aide mais comment ? Elle ne voulait rien dire. Elle était aussi têtue que Sirius.
Remus fronça alors des sourcils face cette réflexion qui lui fit observer son ami. Il avait un étrange comportement ; il était prévenant, presque attentionné avec elle. Non ce n'était pas possible, il devait se tromper ! Et pourtant, pourtant, il y avait ce pétillement dans les yeux, des yeux remplis d'amour ? Merlin, il fabulait complètement, Sirius ne pouvait pas, non, il ne pouvait pas être amoureux d'Eliane West ? C'était totalement idiot, stupide de sa part de croire ça. Mais Tonks ne cessait de dire que Sirius avait changé ces derniers temps, qu'il semblait rêveur avec un sourire niais collé sur le visage. Il avait toujours pensé que sa femme délirait, mais maintenant…Et si Nymphadora avait raison ? Et si Padfoot était amoureux d'une élève ? Il soupira profondément, s'attirant le regard de son ami. Il y réfléchirait plus tard puis en discuterait avec Sirius. Il devait avant toute chose aider son élève ! Seulement, ce n'était pas aujourd'hui qu'ils auraient ses confidences. Cela ne servait à rien de rester.
« Bien, nous allons te laisser Eliane. Repose-toi bien et si tu veux nous parler, sache que ma porte sera toujours ouverte, dit Remus en se levant de sa chaise, suivi de son ami. »
La concernée hocha simplement la tête, regardant ses professeurs partir à travers le paravent. Une larme roula sur sa joue, elle était perdue, elle ne savait plus quoi faire ! Qui avait raison ou tord ? Pourquoi la vie devait-elle être aussi compliquée ? Eliane s'installa de nouveau dans son lit, allongée sur le côté, la tête enfoncée dans son oreiller, ignorant la douleur qui traversait sa jambe…Les yeux dans le vide, des images défilaient sans cesse dans son esprit, ainsi que les paroles de ses professeurs. La détresse pouvait se lire dans les iris de la jeune fille, une détresse sans limite. Tout aurait été plus simple en étant morte dans l'accident avec sa mère, tout aurait été plus simple….
•o•o•o•o•o•o•o•o•o•o•o•o•
Sirius et Remus marchaient le long des couloirs vers leurs appartements dans le silence le plus total. Ils avaient quitté l'infirmerie, sans se parler. Black ne cessait de jeter des coups d'œils furtifs à son ami qui lui avait lancé un drôle de regard en quittant la jeune West. Etait-il possible qu'il ait compris en si peu de temps ? Impossible, il avait été discret, enfin il le croyait. Est-ce qu'il était vraiment amoureux d'elle ? Est-ce que c'était ça aimer ? Etre troublé en sa présence, avoir l'envie d'être à ses côtés, la protéger, l'aimer, la choyer…Merlin, il avait l'impression d'être dans un roman à l'eau de rose. Il soupira légèrement, ne sachant plus quoi penser sur sentiments envers Eliane. Cette histoire devenait de plus en plus ridicule ! Il vit alors Remus ralentir sa marche, se retourner vers lui et dire :
« Es-tu amoureux Sirius ? demanda-t-il, le prenant totalement par surprise. »
Il déglutit passablement face à cette question, il avait vu, il savait ! Il aurait dû s'en douter, Remus n'était pas son meilleur ami pour rien. Il se connaissait depuis l'adolescence, et très bien même. Que devait-il dire, la vérité ou mentir ?
« Qu'est-ce qui te fait croire ça ? rétorqua Black les mains dans la poche, essayant de paraître décontracté, même si ce n'était pas le cas actuel.
-Ton regard, cela faisait des années que je ne l'avais vu aussi vivant depuis ton retour d'Askaban. Ainsi que ton comportement, tu sembles heureux et rêveur. Je ne t'ai jamais vu comme ça, c'est la première fois. Je répète donc ma question : es-tu amoureux Sirius ? Si oui, de qui ? Une élève ? »
Le sang de Sirius se glaça face à ces paroles. Il était pris au piège, il ne pouvait pas mentir à son ami, il le sentirait. Il prit une grande inspiration et dit :
« Je crois qu'il serait bon d'en parler dans ton appartement. En privé, insista Sirius. »
La réponse de Padfoot ne fit que confirmer les gros soupçons de Remus. Il accepta la proposition de celui-ci, hochant de la tête pour finalement reprendre sa route vers son appartement. Quelques minutes plus tard, ils y arrivèrent et là, les révélations amorcèrent. Dans le silence le plus total, Sirius était debout face à la cheminée, tournant le dos à son meilleur ami. Il ne savait pas comment le dire, comment lui expliquer. Il ne le croirait jamais ! Jamais Remus n'accepterait une telle chose. Une de ses élèves en plus ! Merlin, pourquoi cela avait du lui arriver à lui ? Pourquoi ? Il avala difficilement sa salive, passa une main nerveuse dans ses cheveux et murmura :
« Je… je crois être amoureux d'une de tes élèves Remus. Je ne sais pas comment c'est arrivé ! Je te le jure ! Je crois que je l'aime vraiment, elle m'attire comme un aimant ! Je…,bafouilla Sirius s'attendant à la colère de Moony, qui ne tarda point.
-Tu es amoureux d'Eliane West, Sirius ! réprimanda Lupin. Une de tes élèves, elle n'a que 17 ans ! Les relations entre professeur et élève sont strictement interdites !
-Je le sais ! s'exclama-t-il. Crois-moi, je le sais ! Mais que puis-je y faire ? Je suis attaché à elle, c'est plus fort que moi, tu sais ce que c'est ? ajouta-t-il en regardant Lupin droit dans les yeux.
-Oui, je sais ce que c'est d'aimer Padfoot, mais toi, j'en doute ! répliqua Moony d'un ton acerbe. Tu n'as su que courir après les jolies filles depuis ton plus jeune âge, passant de femme en femme, de relation en relation, qui, je te le rappelle, ne durait qu'une ou deux journées !
-J'ai changé ! Je ne suis plus le même qu'avant ! Oui, j'avoue que je ne sais pas ce qu'est véritablement l'amour ! Mais je sais aussi que les sentiments que je ressens envers elle sont plus forts que tous ceux que j'ai ressentis auparavant, envers toutes ses filles ou femmes ! Ce n'est pas un simple désir ! Je tiens à elle, pourtant je la connais à peine, juste en simple élève, mais je suis attiré sans trop savoir comment et pourquoi ! Je ne veux pas lui faire du mal ! Jamais je ne pourrais le faire ! Je ne suis pas aussi ignoble que tu ne le penses ! rétorqua sèchement Sirius, ses yeux devenant progressivement noirs de colère. »
Remus lâcha un énième soupir tout en se laissant choir dans le fauteuil derrière lui. Sirius semblait vraiment sincère dans ses propos. Se rendait-il compte à quel point sa situation était complexe et dangereuse pour lui ? S'il venait à avoir une relation avec Eliane, il serait renvoyé de Poudlard et jugé, même si elle était majeure. Pourquoi devait-il toujours se fourrer dans toutes sortes de guêpiers ?
« Te rends-tu compte dans quelle situation tu te positionnes Sirius ? confia Remus, plus sérieux que jamais.
-Je le sais, répondit tout bonnement Padfoot, ne sachant pas quoi dire d'autre. Tu ne diras rien ?
-Bien sûr que non, je ne vais pas le crier sur tous les toits ! Tu es mon ami avant tout, même si tu te mets dans une position très délicate ! dit Lupin exaspéré. Merlin Sirius, comment as-tu pu tomber amoureux d'Eliane ? Enfin, si tu l'es…
-Je ne sais pas. C'est un coup de foudre, enfin plus qu'un simple coup de foudre, reprit-il devant le regard foudroyant de son ami. Je pensais que le fait d'être tombé sous son charme n'était dû qu'à ces nombreuses années passées à Askaban. Puis je me suis rendu compte que j'éprouvais plus qu'un simple désir pour elle…Je suis aussi perdu que toi Remus. Vraiment, tu me peux me croire ! supplia Sirius.
-Je te crois, déclara Moony, mais tu connais les risques. Je suis heureux pour toi, mais rien ne dit que cette relation se concrétisera. Tu dois aussi garder cette idée en tête. »
Sirius hocha simplement de la tête, il le savait aussi. Néanmoins, au fond de son cœur, il espérait avoir une chance avec elle. Après tout, elle avait gardé sa cape, peut être était-ce un signe du destin ? Remus avait raison, il n'y avait que lui pour se mettre dans ce genre de situation, il était maudit ! Arrivera ce qui arrivera dans les jours prochains, il ne comptait pas abandonner pour si peu…Il savait, il le sentait que ses sentiments pouvaient aboutir à quelque chose. Quelque chose qui le rendrait heureux et parfois malheureux, mais après tout c'était les joies de l'amour ! Oui, peu importe les obstacles, il aimait Eliane et il ferait tout pour être avec elle et lui donner le bonheur qu'elle méritait.
•o•o•o•o•o•o•o•o•o•o•o•o•
A la Grande Salle, Ambre était installée à la table des Serdaigle, seule. Joanne était partie se changer les idées dans le parc et elle avait vu John partir vers la bibliothèque. Tout le monde était à bout de nerf et la tension était pesante. Eliane lui manquait terriblement. Tout était de sa faute ; elle n'aurait pas dû la pousser à parler, mais dans un sens, cela la tracassait aussi. Cette blessure semblait mettre son amie mal à l'aise. Pourquoi ? Comment se l'était-elle faite ? Elle aurait tellement voulu aider, comprendre Eliane qui l'avait si bien acceptée ce fameux soir. Elle aurait pu la repousser, être dégoûtée. Mais non, pas du tout. Merlin, cette simple pensée la rendait véritablement heureuse ! Malheureusement, la soirée s'était mal terminée, à son plus grand désarroi. Peut-être était-elle réveillée ? Elle tenterait bien une excursion à l'infirmerie, au pire elle se ferait renvoyer du lieu médical par Mme Pomfresh…Tout en finissant son déjeuner, elle entendit alors des rires qu'elle aurait pu reconnaître d'entre mille : Spencer et ses compères venaient juste d'entrer dans la salle, se dirigeant vers Ambre avec un sourire totalement faux et méprisant. Merlin qu'elle haïssait ces filles ! Elles étaient comparables à des vipères, répandant leur venin tout autour d'elles. Dommage que Joanne ne soit pas là, elle se serait un peu défoulée.
« Alors Corvalis, tu ne te sens pas trop seule ? Mais après tout, comme dit le proverbe, vaut mieux être seule que mal accompagnée n'est-ce pas ? minauda Tracy, avant d'éclater de rire avec ses amies.
-Et moi, je m'étonne que tu aies l'intelligence de connaître ce proverbe, rétorqua Ambre en feignant l'innocence.
-Insinues-tu que je suis stupide ? Déclara Spencer, toute trace de rire ayant disparu.
-C'est toi qui le dis, pas moi, répondit la jeune Serdaigle avec un sourire narquois. Maintenant si tu veux bien me laisser le passage Spencer, à moins que ce ne soit trop difficile à comprendre pour toi, ajouta Ambre en poussant le groupe pour sortir de la Grande Salle, se retenant à grande peine de ne pas éclater de rire. »
Morgane ! Si Eliane et Joanne avaient vu ça, elles en auraient ri toute la journée. Qu'elle était bécasse cette fille quand même ; aucun contrôle de soi-même, elle tombait directement dans le panneau ! Ambre comprenait mieux pourquoi Spencer n'avait pas sa place à Serpentard : elle était méchante, mais ce n'était que de la jalousie tout simplement ! Elle n'était pas très rusée…La jeune fille secoua la tête, chassant ses idées, et regarda sa montre qui indiquait bientôt le début des cours. Elle avait juste le temps de prendre ses affaires et se diriger vers les serres. Elle irait à l'infirmerie durant son heure de permanence, en espérant voir Eliane et se rendre compte par elle-même de son état pour se sentir rassurée. Peut-être que Joanne accepterait de venir avec elle, si elle arrêtait de faire sa mauvaise tête. Décidément les disputes entre John et Joanne devenaient incontrôlables ! Quant est-ce qu'ils cesseraient d'agir comme des gamins immatures ? Ne pouvaient-ils pas se comporter en adultes pour une fois ? Eliane était à l'infirmerie et au lieu de se soutenir mutuellement, ils se criaient dessus. Cela devenait du grand n'importe quoi ! Vivement qu'ils se déclarent leurs sentiments ! Ça crevait les yeux qu'ils étaient amoureux l'un de l'autre, ils n'y avaient qu'eux pour ne pas s'en apercevoir et se hurler dessus. Décidément, l'amour était bien compliqué et donnait bien du souci…Tout en étant dans ses pensées, elle entra dans la serre où le cours de Botanique l'attendait, se dirigeant vers Joanne qui lui sourit légèrement. Elle n'eut le temps de lui parler, le cours débutant, au risque de faire perdre des points à sa maison. Tant pis, ce serait pour plus tard…
A l'infirmerie, Eliane somnolait dans son lit. Elle venait à peine de se réveiller qu'elle en avait déjà marre d'être ici. Combien de temps resterait-elle ici ? Et ses amis, ils devaient être inquiets pour elle ? West se retourna dans son lit, couchée sur le dos, les yeux fixant le plafond blanc, ne cessant de penser et repenser au professeur Black. C'était terriblement idiot, mais elle ne pouvait faire autrement. Son regard, ses yeux… Merlin, elle en frissonnait. Elle se gifla mentalement devant ses pensées indécentes ! Elle ne comprenait pas ou plutôt ne se comprenait plus ; Sirius Black était un homme. Or, au lieu d'en avoir peur, elle se sentait en sécurité avec lui. Pourquoi ? Pourquoi lui ? Elle fuyait tous les hommes sans exception, sauf John, mais c'était différent ! John était son frère de cœur, elle l'aimait, elle lui faisait confiance. Eliane ouvrit grand les yeux devant ses songes. Était-il possible qu'elle l'aime ? Lui accordaiit-elle sa confiance ? C'était son professeur, ce n'était pas sérieux, ce n'était pas possible ! Ce n'était pas rationnel ! Et pourtant les faits étaient là, devant elle. Il fallait qu'elle se fasse une raison : elle était entrain de s'attacher à lui, sans le connaître véritablement. Son odeur l'apaisait, elle aimait avoir sa cape avec elle, elle aimait quand il la regardait. Elle se sentait valorisée, elle se sentait vivante. Elle savait au fond d'elle, au fond de son cœur, qu'elle pouvait lui faire confiance sans trop comprendre. Mais c'était énorme à ses yeux ! Et sans le savoir, Eliane était en train de tomber amoureuse de Sirius Black.
La jeune fille fut alors tirée de ses songes en entendant deux voix féminines parler non loin de son lit. Elle reconnut la voix de l'infirmière et l'autre… l'autre lui rappelait une personne, mais impossible d'en trouver le nom. Eliane tendit l'oreille tout en se relevant légèrement dans son lit sans faire de bruit pour entendre quelques bribes de la conversation.
« J'aimerais comprendre… doit être dur… fasse attention à toi…, dit l'infirmière, de ce que l'adolescente put comprendre, me voir dans deux jours.
-D'accord, répondit la voix d'un air las.
-C'est pour ton bien…m'inquiète…faut manger…, ajouta Mme Pomfresh, dont la voix reflétait son inquiétude. »
Qui était cette personne pour laquelle l'infirmière s'affolait autant ? Elle la connaissait, elle en était certaine ! Eliane entendit alors des bruits de pas se rapprocher, la personne allait sûrement passer devant son lit. Quelle ne fut pas sa surprise en voyant une jeune fille élancée aux cheveux d'un noir corbeau avec des reflets bleus qui s'accordaient magnifiquement bien avec ses yeux d'un gris subjuguant. Merlin, elle n'aurait jamais cru que ça puisse être elle ! Elle semblait terriblement triste et abattue. Alors que la jeune Gryffondor allait sortir du lieu médical, Eliane l'appela :
« Laura ? »
La concernée s'arrêta dans sa marche et se retourna lentement vers son interlocutrice, les yeux grands ouverts. Elle paraissait figée et mal à l'aise. Eliane se maudit intérieurement de l'avoir appelée, peut-être n'avait-elle pas envie qu'on la voit ici ? Peut-être n'avait-elle pas envie de parler ? Oh non, ne pensez pas qu'Eliane éprouvait de la simple pitié pour Laura. Elle aurait pu, mais ce n'était pas son genre. Non, elle comprenait ce que la jeune fille devait ressentir. Elle était constamment isolée avec cet air de triste imprégné sur son visage. Elle voulait apprendre à la connaître et l'aider à retrouver le sourire, même si elle ne connaissait pas les malheurs de l'adolescente.
Laura, quant à elle, hésita de longues minutes pour finalement rejoindre la Serdaigle. Elle se tint debout à côté d'elle, la tête baissée, comme un enfant pris en faute. Elle se sentait honteuse ; c'était la deuxième fois que West la surprenait à l'infirmerie. Cette fois, elle avait dû entendre quelques bribes de la conversation. Elle allait penser comme tous les autres, se moquer d'elle ou l'humilier. Mais elle ne se laisserait pas faire, elle avait l'habitude maintenant ! La jeune Floyd releva la tête. Cependant, quel ne fut pas son étonnement en voyant un sourire de tout ce qu'il y avait plus sincère sur les lèvres d'Eliane. Cette fille était décidément bien étrange, pourquoi agissait t-elle ainsi ? Etait-elle honnête ? Ou était-ce encore pour mieux lui faire du mal ? Laura se mordit légèrement les lèvres par la confusion qui régnait dans son esprit. Elle ne semblait pas méchante comme fille, elle n'était pas comme toutes ces jouvencelles qui se traînaient aux pieds de Spencer ! Bien au contraire, elle la défiait ouvertement et n'avait pas la langue dans sa poche pour la remettre à sa place. Peut-être pouvait-elle lui faire confiance ?
« Tu peux t'asseoir Laura, à moins que tu aies cours ? demanda Eliane.
-Non, j'ai deux heures libres devant moi, répondit la concernée en prenant place sur le rebord du lit.
-Comment vas-tu ? interrogea West qui semblait sincèrement inquiète comme l'infirmière. »
Que répondre à cette question, la vérité ou un beau mensonge comme elle les adorait ? Et sans savoir pourquoi, les mots franchirent sa bouche avec franchise :
« J'ai vu des jours meilleurs.
-Je comprends, la vie n'est pas toujours facile, confia Eliane en soupirant sous le regard intrigué et stupéfait de Laura, qui ne s'attendait pas à un tel comportement. »
Elle n'en pensait pas moins la même chose ; la vie était compliquée et difficile, trop par moment. Cela était étrange qu'une personne s'intéresse à elle pour autre chose que les études ou les cours. Peut-être qu'elle voulait vraiment devenir son amie ? Une vraie amie…Voyant le trouble de la Gryffondor, Eliane pencha légèrement la tête et dit :
« Est-ce que j'ai dit ou fait quelque chose de mal ? Tu sembles gênée.
Cette fille avait des dons de légimencie ou quoi ? Elle essaya de reprendre contenance face aux émotions qui semblaient la submerger de plus en plus.
« Non, non, c'est juste que… enfin je ne comprends pas… pourquoi tu t'intéresses autant à moi ? murmura faiblement Laura.
-Ça me semble évident, pourtant.
Devant le regard curieux de la jeune fille, elle ajouta :
-Je ne te connais pas tellement, mais tu es une fille bien Laura, un peu renfermée, mais avec qui on a du plaisir à parler et à vouloir connaître, tout simplement. Ça te semble si étrange que ça ?
-Un peu, oui, admit-elle. En plus, je n'ai pas été très sympa avec toi au début…
-C'est oublié, ce n'est pas bien grave, dit Eliane avec un grand sourire. Amies ? proposa-t-elle en lui tendant sa main. »
Laura observa longuement la main tendue vers elle, tout en regardant la jeune fille. Elle avait le choix, refuser ou accepter. Que risquait-elle ? Pas grand-chose. Elle sentait que West était quelqu'un de bien. Elle prit une grande inspiration et referma sa main droite dans celle d'Eliane.
« Amies, répondit Laura tout en retirant précipitamment sa main. Hum et toi, comment-vas-tu ? Je veux dire...Enfin, que fais-tu ici ? Je ne veux pas être indiscrète…Oh, je m'y prends trop mal, soupira Laura en rougissant.
-Il n'y a aucun souci, j'ai eu un malaise, une blessure qui a mal cicatrisé et qui s'est infectée. Enfin, tu connais Mme Pomfresh, elle est très maniaque avec ses patients, rigola Eliane en essayant de paraître décontractée. »
L'adolescente hocha simplement de la tête, même si elle était à moitié convaincue. En entrant à l'infirmerie, elle avait vu les professeurs Black et Lupin en sortir. Or, pour qu'ils aillent voir l'infirmière ou même une élève, c'est que cela devait être assez grave, en tous cas plus qu'elle ne voulait l'avouer. Et sans s'en rendre compte, les deux jeunes filles se mirent à parler de tout et rien, apprenant à se connaître au fur et à mesure que les minutes passèrent. Pour la première fois, depuis la mort de ses parents, la jeune Floyd rit de bon cœur et de bonne humeur avec Eliane, pour son plus grand plaisir.
Au même moment, Ambre avait profité d'une heure de libre pour se rendre à l'infirmerie avec Joanne afin d'aller prendre des nouvelles de leur amie. Elles tombèrent sur Mme Pomfresh qui leur indiqua le lit où se trouvait Eliane, tout en les informant sur son état de santé et qu'elle avait besoin de repos. Elles se dirigèrent, un peu anxieuses, vers la couchette de la jeune West. Quelle serait sa réaction ? Dans quel état était-elle réellement ? Comment allait-elle ? Autant de questions sans réponse…Quelle ne fut pas leur surprise en entendant des rires provenir derrière le paravent ou se situait Eliane. Les deux amies se regardèrent en même temps, intriguées, pour finalement franchir le rideau blanc et voir l'adolescente rire avec une fille réputée pour son air frigide et glacial. C'était à plus ne rien y comprendre ! Elles devaient rêver, Laura Floyd en train de rigoler avec Eliane !
« Dommage qu'elle ne sourit pas plus souvent, elle est encore plus jolie », pensa Ambre.
Non mais qu'est-ce qu'elle racontait ? Floyd jolie ? Elle était tombée sur la tête. Oui, bon, elle était belle, enfin, elle la trouvait belle à ses yeux, mais ça s'arrêtait là ! Alors pourquoi son cœur battait-il la chamade ? Pourquoi sentait-elle le rouge lui monter aux joues quand son regard s'était tourné sur elle ? Pourquoi la détaillait-elle autant ? Elle aimait Eliane ! Oui mais ce n'était pas réciproque, puis était-ce vraiment de l'amour qu'elle éprouvait ? C'était son premier béguin de fille, peut-être que ce n'était qu'une attirance ? Ambre était complètement paralysée, elle n'entendit même pas la jeune Floyd dire au revoir à son amie. Elle la regarda partir jusqu'à ce que sa silhouette disparaisse à la sortie de l'infirmerie.
« Ambre ? Ambre ? appela une voix qui lui semblait lointaine.
-Oui, répondit-elle les yeux dans le vide.
-Est-ce que ça va ? demanda Eliane inquiète de voir son amie dans un tel état.
-Je crois avoir vu un ange, murmura-t-elle.
-Qu'est-ce que tu racontes ? dit Joanne en fronçant des sourcils, ne comprenant pas les propos de son amie. »
Eliane assimila immédiatement la phrase d'Ambre ! Etait-il possible qu'elle en pince pour la jeune Floyd ? A croire qu'elle venait d'avoir un coup de foudre ! En voyant l'air curieux de Joanne, elle crut bon ajouter :
« Tu connais Ambre, c'est une grande rêveuse.
-Oui, bah redescends sur terre, ce n'est pas le moment de rêvasser, déclara la jeune Salder en s'installant sur le rebord du lit. »
Ambre rougit jusqu'à la racine des cheveux et remercia intérieurement son amie pour lui avoir sauvé la mise ! Elle était stupide, un peu plus et Joanne aurait tout compris ! Elle ne sentait pas encore capable de tout lui avouer et surtout, elle avait peur de sa réaction. Eliane l'avait peut être très bien pris, mais cela ne serait peut être pas le cas pour Jo. Elle inspira profondément pour reprendre un peu de contenance et s'avança vers sa meilleure amie, prenant place sur une chaise. Eliane paraissait en assez bonne forme, mais elle ne préférait pas se fier aux apparences.
« Alors, comment vas- tu ? interrogea Joanne, soucieuse. Qu'est ce que tu as exactement ? Tu nous as fait une belle frayeur, tu sais. Quand est-ce que tu sortiras ?
-Je suis désolée pour les soucis que je vous ai causés. J'ai eu un malaise dû à une blessure à la jambe qui s'est infectée.
-Une blessure ? répéta la jeune Salder incrédule. Pourquoi n'es-tu pas aller voir l'infirmière aussitôt ou même nous en parler ?
-Je… je ne peux rien dire. Je te fais confiance, je vous fais confiance, reprit Eliane devant le regard dur de Joanne, mais il y a des choses dont je ne peux pas vous parler. C'est trop… trop dangereux.
-Tes propos ne sont pas là pour nous rassurer ! déclara Ambre qui avait les sourcils froncés. Tu sais que tu peux compter sur nous, on s'inquiète pour toi. S'il t'arrivait quelque chose ? dit-elle d'un air grave. »
Eliane ne sut que dire devant les paroles de sa jeune amie qui étaient emplies de vérité. Ses inquiétudes étaient fondées. Que lui arriverait-il durant les vacances de Noël ? Et si elle venait à en mourir ? Ou si son père tentait quelque chose de plus grave ? Quelque chose qui lui ferait revivre ses pires souvenirs d'enfance qu'elle avait volontairement oubliés ? Seul l'avenir le dirait. Cependant, les jours prochains s'annonçaient sombres…Elle sentit alors la main d'Ambre et de Joanne entourer la sienne, un geste qui démontrait à quel point elle pourrait compter sur leur soutien quoi qu'il arrive. Un sourire apparut sur le visage d'Eliane, un sourire qui allait bientôt se faner….
J'attends vos avis et commentaires avec impatience ^_^ !
Reviews Please ?
Bisous Élise.
