Chapitre 11 : Le Bal de Noël
Deux semaines étaient passées depuis qu'Eliane était sortie de l'infirmerie, pour son plus grand plaisir et celui de ses amis. Deux semaines, durant lesquelles les trois amies étaient de nouveaux réunies et leur amitié plus forte que jamais. Entre les rires, les cours et le bal de Noël qui approchait à grands pas, elles ne savaient plus où donner de la tête. Eliane se sentait revivre auprès de ses deux meilleures amies et de John qui était un véritable pilier pour elle. Que ferait-elle sans eux ? Pas grand chose, c'était eux sa famille ! Eux et personne d'autre…Elle était heureuse de les retrouver après plusieurs jours passés à l'infirmerie. Mme Pomfresh était une personne très gentille, mais un peu exigeante avec ses patients. Cependant, grâce à elle, ses brûlures avaient pratiquement disparu même si on pouvait encore en voir les traces sur sa jambe, la peau étant quelque peu marquée. Tout en étant dans ses pensées, l'adolescente marchait dans l'épais manteau neigeux qui recouvrait totalement le parc de Poudlard, donnant une atmosphère encore plus féerique à l'endroit. Le château était en totale effervescence depuis l'annonce de ce fameux bal. Eliane aurait tellement voulu y aller ! Malheureusement, si encore il n'y avait que son père, elle aurait pu retarder son départ de deux jours, mais elle n'avait rien à se mettre. John avait insisté pour lui payer tout le nécessaire, mais rien à faire : la jeune fille refusait qu'on lui paye une toilette aussi coûteuse, même venant de son meilleur ami. Elle se serait sentie trop honteuse et gênée.
Ses pas s'enfonçaient lentement dans la neige qui craquait sous son poids. De sa main droite, elle remit en place son écharpe qui volait avec le vent glacial. Elle vit alors la volière, lieu de sa destination. Elle fit attention aux marches glissantes pour finalement arriver à l'entrée en tamponnant une personne. Quelque peu sonnée, elle releva la tête et vit Sirius, grand sourire aux lèvres, ce qui déclencha un rougissement chez Eliane. Pourquoi fallait-il qu'elle tombe toujours sur lui ? Elle était maudite ou quoi ? Pour une fois qu'elle ne pensait pas à lui, il fallait qu'elle le voie! Et pourquoi fallait-il qu'il soit aussi séduisant ? Ce n'était pas permis d'être aussi sexy ! Elle ouvrit grand les yeux devant ses songes, tout en se giflant mentalement ! Mais qu'est-ce qu'elle racontait ? Voilà qu'elle trouvait son professeur sexy ! Elle était tombée sur la tête ou quoi ? Mme Pomfresh l'avait peut-être trop droguée avec ses potions. Cela ne faisait aucun doute, elle n'était pas dans son état normal ! Pourquoi avait-elle aussi chaud en sa présence ? Quelle était cette étrange chaleur qui se diffusait en elle, lentement, mais sûrement ? Ce n'était pas normal, non pas du tout…Mais qu'est-ce qu'il lui arrivait à la fin ? Ce n'était qu'un professeur ! Un professeur diablement canon aussi…Voilà qu'elle recommençait ! Elle était définitivement perdue. Eliane soupira profondément devant ce dilemme qui se posait de plus en plus souvent dans son esprit. Elle se posait beaucoup trop de questions comme à son habitude. Sa tête allait finir par exploser. Elle sentit alors une main sur son épaule qui la fit sursauter et reculer expressément de l'homme qui fronça des sourcils.
Il l'avait de nouveau vue : cette étincelle, cet éclat de peur dans ses yeux bleu nuit. Pourquoi avait-elle peur de lui ? Ou avait-elle peur des hommes en général ? Ce qui expliquerait alors pourquoi il ne la voyait jamais en présence d'autres garçons à part son ami. Il secoua la tête pour chasser ses divagations et dit :
« Je suis désolé, je ne voulais pas vous faire peur…
-Il n'y pas de mal professeur, j'ai juste été surprise, répliqua-t-elle en le regardant droit dans les yeux. »
Merlin, cette fille le rendait dingue ! Il se dégageait d'elle un je-ne-sais-quoi qui le faisait frémir à chaque fois. Elle semblait si fragile et à la fois combative. En plus de ça, elle n'avait pas sa langue dans sa poche ; professeur ou élève, elle disait ce qu'elle pensait, mais tout en pesant ses mots selon la situation, ce qui relevait d'une certaine forme d'intelligence.
« Irez-vous au bal, Miss West ? demanda-t-il curieux de sa réponse.
-Et vous ? rétorqua-t-elle sans se laisser déstabiliser en surprenant Sirius par sa question.
-Il va de soi que j'irais à cette soirée, mais non accompagné, précisa-t-il. »
Il claqua alors sa langue contre le palais de sa bouche ; quel idiot il faisait ! Il devrait tourner sa langue sept fois avant de parler. Pourquoi avait-il dû préciser qu'il n'y allait pas en compagnie d'une jeune femme ? Elle allait se poser des questions, cela ne servait à rien de lui dire ! Elle ne devait se douter de rien. Il fut alors sorti de ses pensées, sans voir le mince sourire de sa jeune élève qui dit :
« Il se peut que j'aille à ce bal, mais rien n'est certain encore, laissa-t-elle en suspens. »
Non, mais elle était stupide ou quoi ? Pourquoi avait-elle eu le besoin de dire ça ? Elle n'irait pas à ce bal et elle le savait ! Elle devait se faire une raison ! Eliane sursauta légèrement en entendant la voix de son professeur lui murmurer à l'oreille, d'une voix si suave qu'elle en frissonnait.
« Qui sait, Noël nous réserve toujours de beaux cadeaux et de belles surprises, dit-il tout en se reculant avec un sourire mystérieux, prêt à descendre les marches.
-Professeur ? l'appela-t-elle.
-Oui, répondit-il en se retournant, haussant un sourcil acquisiteur qui lui donnait un air encore plus sérieux et sublime.
-Merci, dit-elle en surprenant légèrement son professeur, qui la vit rentrer dans la volière. »
Pour quelles raisons l'avait-elle remercié ? Pourquoi cet étrange sourire sur ses lèvres ? Était-il possible qu'elle ait deviné quelque chose ? Non, il devait se tromper. Tout en étant dans ses pensées, Sirius rentra au château en passant une main dans ses cheveux recouverts de flocons de neige. Il secoua la tête comme un chien se secourait après être mouillé. D'un pas alerte et sûr, il se dirigea vers la Grande Salle pour y prendre son petit-déjeuner avec Remus et Nymphadora. La plupart des élèves discutaient entre eux, parlant tous du même sujet : le bal et la sortie à Pré-au-Lard cet après-midi. Sirius s'installa à côté du couple Lupin qui, apparemment, était en pleine discussion qui amena le sourire sur les lèvres tentatrices de notre beau brun. Qui aurait dit plusieurs jours auparavant que son ami, qui refusait sa paternité, enquiquinerait désormais sa femme avec sa santé en la surprotégeant ? Sujet de dispute du couple qui était presque quotidien et dans lequel Padfoot se retrouvait au milieu, à son plus grand malheur. Il tira sa chaise et prit place tout en prenant des toasts.
« Ah, Sirius ! s'exclama Remus. Dis-lui qu'elle ne doit pas trop se fatiguer et que le bal serait de trop pour elle et le bébé.
-Mais enfin Remus ! Je ne suis pas faite en sucre, je suis enceinte d'à peine un mois ! Ce n'est plus de la protection, c'est de la paranoïa pure ! répliqua Nymphadora en haussant les sourcils.
-Moi ? Moi, je suis paranoïaque ? répéta Moony incrédule.
-Entièrement ! Et sache que c'est mauvais de stresser le bébé !
-Qu'est-ce que tu entends par là ? Que je te stresse ? demanda Remus en s'indignant.
-Tout à fait ! affirma la jeune femme en hochant de la tête. Tu es toujours sur mon dos à te préoccuper de mon état et celui du bébé, c'est épuisant à la fin !
-Mais- mais…, tenta-t-il.
-En plus, ce n'est pas un bal qui va m'épuiser. Je compte bien y aller avec ou sans ton approbation ! dit Nymphadora d'un ton se voulait ferme.
-Mais…
-Je crois, mon cher Moony, que tu n'as pas le choix. Qui aurait dit qu'un jour Remus Lupin se laisserait dominer par une femme, rigola Sirius en mettant une tape dans le dos de son ami.
-Redis encore une seule fois ce genre de chose et je m'assure que tu n'aies plus la possibilité de faire la moindre descendance dans les années à venir, menaça Remus avec un regard noir envers le Maraudeur. Mais mon amour, dit-il en se retournant vers sa femme.
-Ne prends pas ce ton mielleux ! Tes yeux de chiot battu ne marchent pas avec moi : j'ai été immunisée grâce à mon très cher cousin ici présent, qui aurait la décence d'arrêter de rire dans son assiette. »
Sirius, qui était en train de boire son jus de citrouille, s'étouffa en déclenchant une quinte de toux à s'arracher les poumons, sous le sourire sadique de Remus. Malheureusement, il ne put observer plus longuement son ami en train de mourir étouffé dans son jus de citrouille, étant rappelé à l'ordre par sa femme. Qui aurait dit que c'était une ancienne Poufsouffle ? Pas lui en tous cas : quand elle s'y mettait, c'était une véritable tigresse. Il soupira alors profondément sous les yeux suspicieux de sa femme qui attendait patiemment la réponse de son mari, les bras croisés.
« D'accord, on ira au bal. Pardonne-moi d'avoir été aussi…
-Étouffant ? proposa-t-elle avec une moue moqueuse.
-Seulement, si je suis ainsi avec toi, c'est parce que je t'aime et que ta santé et celle du bébé me préoccupent, avoua-t-il avec sincérité. »
Les yeux de la jeune femme se mirent alors à briller devant cette réponse qui lui donnait l'impression que son cœur allait exploser de bonheur à tout instant ! Toute sa colère s'évanouit. Elle prit la main de son mari dans la sienne, le regard brillant d'amour et un sourire qui valait tout l'or du monde aux yeux de Remus. Il ferait n'importe quoi pour elle, n'importe quoi pour son bonheur. Il l'aimait et rien ne pourrait le changer.
« Hum hum, fit une voix en se raclant la gorge, je ne voudrais pas vous déranger les tourtereaux, mais certains élèves vous regardent. »
Remus et Nymphadora se séparèrent aussitôt, rouges de gêne, la tête baissée dans leur assiette, sous les éclats de rires de Sirius, semblables à des aboiements de chien. Le couple regarda alors la salle et vit que les élèves en question étaient bien plus occupés à parler du bal que de les observer. Les deux sorciers se retournèrent aussitôt vers leur ami et dirent en chœur :
« Sirius ! »
Tandis que celui-ci continuait de rire, le couple lui lança un regard assassin ! Un regard qui se fana bien vite ; ils ne purent s'empêcher de rigoler avec lui devant leurs gamineries. Qu'il était bon de vivre dans l'insouciance et la paix.
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Quelques instants plus tard, la jeune Eliane entra dans la Grande Salle, se dirigeant vers la table des Serdaigles où ses amis prenaient leur petit-déjeuner. Elle s'installa sur le banc, prenant place entre John et Ambre, Joanne se trouvant en face d'elle. L'ambiance semblait quelque peu tendue comme à l'accoutumée. Les mauvaises habitudes étaient tenaces. Elle tourna un regard vers Ambre qui haussa simplement des épaules. Eliane soupira longuement, tout en reportant son regard vers son bol qu'elle remplit de chocolat chaud. Elle souffla un peu dessus, posant ses mains autour de l'objet pour les réchauffer. Elle venait tout juste de poster la lettre à son père dans laquelle elle l'informait qu'il était possible qu'elle arrive avec un ou deux jours de retard. Elle ne savait toujours pas si elle irait au bal, mais tout au fond de son cœur, elle l'espérait grandement. Peut-être que le professeur Black avait raison ? Peut-être que Noël lui offrirait une surprise de taille pour ce bal ? Si seulement cela pouvait être vrai. En attendant, elle avait préféré prévenir son père au cas où elle resterait pour cette soirée avant de repartir chez elle. Merlin qu'elle n'avait pas envie de passer ses vacances avec son père…Elle appréhendait tellement son retour qu'elle en dormait mal la nuit. Décidément, tout était bien compliqué en ce moment et la jeune fille doutait fortement que cela s'améliore.
Elle fut alors détournée de ses idées par un jeune homme assez élégant, ayant une démarche digne d'un aristocrate, s'avancer vers Joanne. Elle releva quelque peu le nez de son bol en fronçant des sourcils. Qui était-il ? Il ne lui inspirait pas tellement confiance : il était trop, trop… Comment dire ? Trop parfait ! Eliane tourna la tête vers John qui semblait bouillir de rage tout en serrant les poings sur son pantalon en dessous de la table. Étrange qu'il réagisse ainsi. Serait-il jaloux ? Non, impossible ! Et pourtant, sa réaction disait tout le contraire. Elle ne l'avait jamais vu ainsi, aussi crispé et énervé. Quelque chose clochait, ça elle en était sûre, mais quoi ? Telle était la question. Était-il possible qu'il ait enfin ouvert les yeux sur ses sentiments envers Joanne ? Malheureusement, elle ne put y songer plus longtemps en entendant la voix du jeune homme :
« Joanne, je te cherchais justement. »
La concernée se tourna vers lui avec un grand sourire. Eliane n'avait jamais vu son amie être aussi enjouée en la présence d'un élève de sexe opposé. Qu'est-ce qui se passait à la fin ? Elle était un peu perdue. Joanne lui avait parlé d'un certain Andrews qui semblait d'ailleurs la rendre joyeuse, mais est-ce que c'était lui ? Sûrement, vu la réaction d'Ambre qui paraissait méfiante. Apparemment, la jeune Corvalis n'aimait pas du tout, mais alors pas du tout, cet Andrews, ce qui était en soi assez rare. Eliane reporta son attention sur le garçon qui s'assit à côté de Joanne :
« Je suis contente de te voir Andrews, répondit-elle confirmant les soupçons de West. Vas-tu à la sortie de Pré-au-Lard cet après-midi ?
-Oui, d'ailleurs c'est pour cette raison que je te cherchais. Viendrais-tu avec moi ? demanda-t-il avec un sourire charmeur, trop charmeur au goût d'Eliane.
-Eh bien, commença Joanne en regardant ses amies, je devais y aller avec les filles.
-Mais je suis certain qu'elles sauront très bien se passer de toi, n'est-ce pas ? ajouta-t-il à l'encontre d'Ambre et Eliane.
-Bien sûr, affirma Corvalis avec une pointe d'ironie dans la voix, vas avec lui ! Après tout, nous ne sommes que tes amies ! »
« Aie ! Première leçon, ne jamais énerver Ambre : quand elle avait quelqu'un dans le collimateur, ça allait mal ensuite pour son matricule, pensa Eliane. »
Seulement aucun des deux ne semblait avoir remarqué l'amertume dans la voix d'Ambre et les éclairs qu'elle lançait à ce Stanley.
« Tu vois, dit-il avec un autre de ses sourires – sourire qu'Eliane avait envie de lui faire ravaler – Oh ! Et puis, viendrais-tu avec moi au bal ?
-En tant que ta cavalière ? répéta Joanne qui semblait vouloir sauter au plafond tout en lançant un regard furtif à John qui était livide. »
Elle ne pouvait détacher ses yeux de lui, elle était obnubilée. Pourquoi paraissait-il aussi furieux ? Qu'est-ce cela pouvait bien lui faire qu'elle sorte avec Andrews ? Au moins lui, il était charmant et courtois avec elle. Alors pourquoi, pourquoi n'arrivait-elle pas à se le retirer de l'esprit ? Pourquoi pensait-elle encore à lui ? Pourquoi au fond d'elle, son cœur était martyrisé ? Elle avait mal, mal de lui…S'il était en colère ou furieux, pourquoi ne réagissait-il pas ? Pourquoi n'essayait-il pas de faire un geste en sa direction ? Parce qu'il ne l'aimait pas tout simplement ! Cette simple pensée broya les entrailles de la jeune fille qui positionna de nouveau son regard sur Andrews qui attendait sa réponse :
« Je serais ravie d'être ta cavalière.
-Super ! Je t'attends devant ta salle commune dans deux petites heures pour la sortie au village. »
Pour simple réponse, elle hocha la tête. Il fallait qu'elle l'oublie et elle y arriverait ; elle y arriverait avec Andrews. Elle en était certaine ! Alors pourquoi avait-elle cette impression d'avoir fait le mauvais choix ? Elle chassa ses songes d'un battement cil, reportant son attention sur ses amies et Walker qui cracha :
« Comment as-tu pu accepter son invitation ?
-Pourquoi ? Je n'aurais pas dû ? répliqua-t-elle avec défi.
-Non, ce type veut tout simplement profiter de toi ! Tu es stupide ma parole ! cria-t-il en tapant du poing sur la table, renversant un verre.
-Stupide ? répéta-t-elle en se levant de son banc. Tu es simplement jaloux Walker ! Mais tu es trop borné et arrogant pour te l'avouer ! Jaloux que je puisse me trouver un cavalier ! Seulement, il est trop tard pour avoir des regrets ! s'exclama-t-elle, furieuse. Je suis encore libre de faire ce que je veux et de sortir avec qui je veux !
-Alors, vas-y ! Vas le rejoindre ! Ne viens pas pleurer après ! Tu auras eu ce que tu méritais, déclara-t-il froidement tout en se levant et se dirigeant, sous les yeux ahuris du trio, vers la table des Lions. »
Eliane avait les yeux grands ouverts et elle savait d'avance ce qu'il allait faire, rien que pour faire enrager Joanne et la blesser encore plus qu'elle ne l'était. C'était trop cruel, trop cruel. Ça tournait à la mascarade ! Il se pencha alors vers Tracy qui minauda aussitôt. Comment pouvait-il faire ça, comment ? Leur pire ennemie, sortir avec elle au bal de Noël ! La blonde répondit affirmatif aussitôt, trop heureuse de laisser une occasion pareille se présenter. Elle qui convoitait John depuis si longtemps. Voilà qu'elle avait réussi ce à quoi elle rêvait depuis des années : sortir avec John Walker. Le jeune homme lança un regard hautain et froid envers Joanne qui recula d'un léger pas, puis se tourna vers ses amies un instant, pour finalement sortir de la grande salle avec le peu de dignité qu'il lui restait. Elle ne voulait pas pleurer devant lui. Tout, mais pas ça ! Un sanglot s'échappa de sa bouche, un gémissement de douleur. Joanne avait l'impression de sombrer, l'impression d'étouffer avec son propre air. L'impression de mourir. Pourquoi ? Elle croyait pourtant qu'Andrews lui permettrait de l'oublier une bonne fois pour toutes ! Seulement, elle venait se rendre compte qu'elle aimait et aimerait toujours Walker. Quoi qu'elle fasse, il ferait partie de son cœur et d'elle. Un rire amer s'échappa alors de ses lèvres, un rire dément et empli de désespoir. Finalement, il avait réussi, il pouvait être fier de lui ; il l'avait détruite et brisée ! Comment avait-il pu lui faire ça ? Comment pouvait-il sortir avec cette pimbêche ? La jeune fille se mordit la lèvre tout en rentrant ses ongles dans la paume de ses mains jusqu'au sang…Elle avait si mal, une douleur incommensurable et sans nom…Un gémissement plaintif s'échappa de nouveau de sa bouche pour finalement se laisser glisser le long du mur et s'asseoir à même le sol. Une larme roula sur sa joue, une unique et seule larme révélant toute sa tristesse. Plus jamais ! Plus jamais elle ne se laisserait faire. C'était terminé. À quoi bon espérer ? À quoi bon espérer après lui, alors qu'il se faisait un malin plaisir à lui faire du mal ? Rien…
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Pendant ce temps-là, à la table des Serdaigles, Eliane écumait de colère après John. Comment pouvait-il sortir avec cette garce de première ? Comment ? C'était horrible ce qu'il venait de faire à Joanne ! Horrible ! La jeune West voulut se lever pour aller rejoindre sa meilleure amie, mais fut retenue par la main d'Ambre :
« Laisse-la tranquille et seule Ely. Tu connais Joanne, elle a une fierté mal placée dans ces moments-là. Elle ne nous dira rien et nous enverra balader… »
La concernée réfléchit quelques instants, tiraillée entre l'idée d'écouter Ambre et d'aller rejoindre Joanne pour la consoler. Finalement, elle se rassit tout en plongeant les yeux dans son bol. L'amour faisait souffrir, beaucoup trop. Elle se demandait parfois à quoi cela servait d'aimer puisqu'à un moment donné ou à un autre, on ne récoltait que douleur et souffrance. Si peu de bonheur, si peu…Elle regarda alors furtivement son professeur qui rigolait avec le professeur Lupin. Il était si beau quand il riait. Comment pouvait-il continuer de vivre après tout ce qu'il avait vécu ? Après toutes ces années à Azkaban ? Etait-ce un masque ou une façade pour se donner bonne contenance ? Eliane secoua la tête devant ses songes. Non, il était sincère, ça se voyait dans son regard ; ses yeux pétillaient. L'adolescente soupira profondément tout en finissant son bol de chocolat chaud. Le bal de Noël promettait d'être riche en événements et surprises. Son regard se porta alors sur une élève qui venait d'entrer avec une fillette, cette élève qui n'était autre que Laura. Un sourire s'établit sur le visage d'Eliane qui, d'un geste de la main, l'interpella à venir prendre place avec eux. Floyd, suivie de la fillette, s'installa en face des deux Serdaigles. Laura ne cessait de regarder Ambre qui ne la lâchait pas des yeux. Elle n'arrêtait pas de penser aux paroles de Corvalis qui l'avaient fortement bouleversée. C'était assez étrange qu'une personne la trouble autant, ce n'était pas normal. Mais qu'est-ce qu'était la normalité en soi ? Pas grand chose. Elle fut alors sortie de ses pensées par Eliane :
« C'est une amie à toi ? demanda-t-elle en regardant la fillette qui mangeait avidement son petit-déjeuner, écœurant Laura.
-Oui, on s'est rencontrées quand des septièmes années l'embêtaient. Enfin, je suppose que Corvalis s'est fait un plaisir de raconter cet épisode, dit-elle froidement. »
Les yeux d'Ambre brillèrent étrangement, face au ton distant de Floyd. Elle était quelque peu blessée de se faire appeler par son nom. Laura était tout sauf amicale avec elle. Pourquoi ? Elle ne savait pas, cette fille était un véritable mystère. Pourquoi faisait-elle confiance à Eliane ? Pourquoi lui avait-elle accordé son amitié et pas à elle ? Ambre stoppa alors soudainement dans ses pensées. Merlin, elle était en train de devenir jalouse d'Eliane ! Jalouse de son amitié avec Floyd ! Elle était complètement stupide ! Pourquoi réagissait-elle ainsi ? Était-il possible de s'attacher aussi vite à une personne ? Était-il possible d'aimer une personne sans la connaître réellement ? Elle perdait totalement la tête, elle devait se calmer ! Elle y réfléchirait plus tard.
« Il est vrai qu'Ambre m'a raconté cet épisode, répondit Eliane tout en regardant la fillette. Comment t'appelles-tu ?
-Elizabeth, Elizabeth White, répondit la Gryffondor avec un grand sourire. »
C'est alors que, sous les yeux de ses amies, Eliane devint littéralement livide ! Sans savoir pourquoi, West se sentait mal. Elle avait l'impression de suffoquer. Étrangement, son mal de tête réapparut et les sons se faisaient lointains et sa vue se troubla légèrement. « Nous l'appellerons…Nous l'appellerons… ». Pourquoi avait-elle ce trouble au fond d'elle ? Pourquoi avait-elle l'effet d'avoir déjà entendu ce prénom quelque part ? « Elle arrivera dans deux mois, deux mois, deux mois, mois, mois…. » Pourquoi était-elle aussi perturbée par ses yeux, son regard ? Elle l'avait déjà vue quelque part, mais où ? Et ce mal de crâne qui se faisait assourdissant ! Elle ferma quelques instants les yeux et les rouvrit, pour voir ses amies plus inquiètes que jamais.
« Ça va Eliane ? demanda Ambre.
-Oui, oui, rien de grave. Juste un moment d'étourdissement.
-Tu devrais aller te reposer, Mme Pomfresh a dit qu'il ne fallait pas trop te fatiguer.
-Ne te préoccupe pas autant Ambre, je ne suis pas en porcelaine. Ce n'est rien, vraiment, insista-t-elle. Sinon Elizabeth, ça te plait Poudlard ?
-Oh oui ! s'exclama la fillette enjouée. J'adore étudier la magie et les professeurs sont très gentils.
-Et tu t'es fait quelques amis ? demanda Eliane, sans savoir pourquoi elle s'intéressait autant à la jeune Gryffondor. Peut-être à cause de sa joie de vivre ou peut-être à cause de quelque chose de plus profond. »
Elle vit alors la fillette perdre son rire et hausser les épaules tout en ajoutant :
« Laura est mon amie, dit-elle avec un grand sourire envers la concernée qui lui répondit discrètement. Les amis de Laura sont mes amis, déclara-t-elle avec toute l'innocence qui lui était due à son âge. »
Eliane sourit légèrement, mais le cœur n'y était pas. Elle ne sentait pas très bien, elle avait chaud et froid, et très mal à la tête. Elle vit alors John se lever de la table des Gryffondors, seul. Il allait sûrement retourner à la tour pour se préparer. Il fallait qu'elle lui parle, qu'elle comprenne son comportement ! Ainsi, elle pourrait laisser Ambre avec Laura. Peut-être que cela aiderait les deux filles à se rapprocher ? Vu le regard de sa meilleure amie, elle devait avoir un léger faible pour Floyd. Elle se retira de table tout en s'excusant comme quoi elle allait prendre un peu de repos, ne se sentant pas très bien, rassurant au mieux ses amies. Les deux jeunes filles se retrouvèrent alors seules avec Elizabeth qui continuait de manger…Le silence et la gêne s'installèrent entre elles. Laura n'arrivait pas à regarder Ambre en face. Elle se sentait trop bizarre, presque intimidée par elle. Pourtant, ça ne lui ressemblait guère. Pourquoi se prenait-elle autant la tête pour cette fille ? Cela ne rimait à rien ! Ce n'était qu'une fille, une fille parmi tant d'autres ! Si encore c'était un homme, elle pourrait alors se poser des questions sur ses sentiments. Mais là, c'était tout réfléchi ! Elle ne ressentait rien, point à la ligne ! Malheureusement, cela n'était pas aussi simple. Elle sentit alors la jambe de Corvalis frôler la sienne et sans en connaître la raison, elle frissonna comme jamais auparavant. Ce n'était pas un frisson dû au froid. Non, c'était différent, elle frémissait. Elle frémissait à son contact comme si, comme si…Son cœur manqua un battement devant la réponse qui se dessinait progressivement dans son esprit. Esprit qui refusait cette réponse qui ne lui correspondait pas du tout ! Elle n'éprouvait rien ! Rien ! C'était la Reine des Glaces et elle le resterait ! Et pourtant, pourtant la glace semblait fondre peu à peu….
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Au même moment, Eliane venait d'entrer dans sa salle commune. Elle se dirigea rapidement vers le dortoir des garçons et entra dans la pièce où dormait John. Elle le vit alors dans une armoire en train de prendre une nouvelle chemise. La jeune fille referma la porte de chambre derrière elle, tout en se maintenant un peu dessus, quelque peu étourdie avec son mal de tête. Le jeune homme n'arrêtait pas de la regarder et il savait qu'à cet instant même, il allait falloir tout avouer à Eliane. Comment réagirait-elle ? Pour quel genre de type allait-elle le prendre ? Il soupira profondément tout en jetant sa chemise sur son lit, prenant place sur le rebord de la couchette, la tête basse et les mains croisées. Il sentit son amie le rejoindre et s'asseoir à côté de lui.
« Je ne te comprends plus John, tu réagis étrangement ces derniers jours. Pourquoi as-tu demandé à Spencer de t'accompagner à Pré-au-Lard et au bal ? C'est terrible ce que tu as fait. Tu l'as fait tout en sachant que tu allais blesser Joanne. Pourquoi ? questionna l'adolescente sans aucun reproche dans la voix.
-….. »
Il s'écœurait lui-même d'avoir agi ainsi. Écœurant ! Il sentit alors une main douce lui caresser les cheveux, puis un poids sur son épaule, la tête d'Eliane se reposant sur lui.
« Te souviens-tu quand nous étions petits ? On s'était toujours promis de tout se dire ! Que peu importe ce qu'avait fait l'autre, on se pardonnerait mutuellement et on resterait ensemble éternellement.
-Je me souviens, murmura-t-il douloureusement. Je doute que tu me pardonnes Ely. Pour la première fois de ma vie, j'ai peur. Te rappelles-tu quand Slughorm m'avait invité à une de ses soirées, il y a deux ans ?
-Oui, je t'avais même proposé d'inviter Joanne en tant que cavalière, répondit-elle en fronçant les sourcils.
-C'est ce même soir que j'ai brisé notre amitié avec Salder. Je l'ai…je l'ai rejetée.
-Rejetée ? répéta West, incrédule et quelque peu en colère.
Joanne m'a confié ses sentiments vis-à-vis de moi après la soirée. Et moi, comme l'imbécile et l'arrogant que je suis, je l'ai méprisée. Je l'ai rejetée en lui disant qu'elle ne serait jamais assez bien pour moi, qu'elle n'était rien à mes yeux. J'ai été horrible avec elle Ely. Et aujourd'hui, ce matin, j'ai recommencé. C'est plus fort que moi ! Je ne sais pas comment me comporter avec elle ! Je suis totalement perdu ! Je ne sais plus quoi faire ! Aide-moi Eliane, supplia John, ses yeux implorant son aide. »
La concernée était stupéfaite par ces révélations ; elle comprenait enfin la haine de Joanne envers son ami. Ses larmes quand elle était rentrée de cette fameuse soirée. Merlin, elle n'aurait jamais cru ça possible ! Dire que tout cela lui avait été caché durant deux ans ! Eliane regarda John qui semblait totalement désemparé avec une certaine peur dans les yeux. Peur de la perdre, peur de perdre son amitié. Que pouvait-elle dire ? Le disputer comme un gosse qui aurait fait une bêtise ? Lui dire ses quatre vérités ? À quoi bon, le mal était fait ! Il culpabilisait déjà assez comme ça. Il semblait sincère, elle le ressentait.
« Est-ce que…Est-ce que tu aimes Joanne ? Est-ce pour cela que tu as invité Spencer au bal ? Pour la rendre jalouse ? Tu es jaloux qu'elle soit aussi proche de ce Stanley ? Réponds-moi John ! Est-ce que j'ai raison ? demanda-t-elle en l'observant droit dans les yeux.
-Je…je…Je crois que je suis amoureux d'elle, que j'ai des sentiments pour Joanne. Je suis jaloux de ce type qui lui tourne autour. Si tu le voyais Eliane, il cache quelque chose, je suis certain qu'il va lui faire du mal. Il est louche. Il veut trop bien se faire voir. Il m'énerve avec ses manières de dragueur et charmeur ! s'exclama John légèrement en colère, tout en se levant du lit pour aller vers la fenêtre.
-Alors, tu sais ce qu'il te reste à faire, n'est-ce pas ?
-Bien sûr, mais comment ? J'enchaîne connerie après connerie. Je ne sais pas comment agir avec elle. Elle est si différente des autres filles…
-Reste juste naturel, arrête de montrer ton côté arrogant et aristocrate. Tu n'es pas ainsi avec moi, fais de même avec elle, déclara Eliane en s'approchant de lui.
-Alors, tu ne m'en veux pas ? demanda-t-il en détournant les yeux.
-Eh bien, ton comportement n'est pas des plus brillants. Mais je ne vais pas te crier dessus pendant des heures à te réprimander comme un gamin de dix ans. Tu es adulte et responsable de tes actes, à toi de réparer tes erreurs, dit-elle avec un sourire confiant, tout en se faisant enlacer par son meilleur ami.
-Qu'est-ce que je ferais sans toi ?
-Pas grand chose, rétorqua-t-elle en rigolant avec lui. »
Eliane se blottit dans les bras protecteurs de John qui sentit son étreinte se resserrer autour de lui. Il l'aimait tellement. Heureusement qu'elle était là pour lui remettre les pieds un peu sur terre avec son égocentrisme surdimensionné. Il nicha son nez dans ses cheveux. Aux premiers abords, on n'aurait pu croire à un couple, mais ils étaient tout simplement amis avec des liens très forts, se rapprochant de la fraternité. Ils furent alors dérangés par un hibou tapant son bec contre la vitre. John se dégagea lentement des bras de West qui le regarda ouvrir la fenêtre pour laisser entrer l'animal portant un énorme paquet. Il le déposa sur le lit puis repartit aussitôt dehors, le jeune homme refermant la fenêtre derrière le volatile. La jeune fille s'approcha du colis et vit alors que c'était à son nom. Elle fronça les sourcils puis, curieuse, déballa l'emballage sous le regard inquisiteur de John qui découvrit en même temps que son amie une magnifique robe dans les tons bleu foncé. Elle prit entre ses mains tremblantes la tenue de soirée qu'elle déplia. Devant ses yeux ébahis apparut une robe bustier dentelée sur le haut pour finir en forme évasée. Des lacets de couleur argent partaient du milieu de la poitrine, descendant jusqu'en bas de la robe, dont des formes étaient dessinées et brodées aussi en fils d'argent. Elle se fermait à l'arrière et vu la forme arrondie, on pouvait se douter qu'une partie du dos serait dévoilé. La robe était sans manche : juste une paire de gants dans la même teinte accompagnait la tenue, ainsi qu'une paire de chaussures, un collier et des boucles d'oreilles en saphirs. La robe était simple, mais sublime ! John fouilla dans l'emballage et en sortit une carte où étaient inscrits les mots suivants : Un cadeau de ton admirateur secret qui n'aspire qu'à danser avec toi au bal et de te voir dans cette robe.
Eliane ouvrit grand les yeux et sut désormais que les surprises à Noël existaient réellement. Elle irait donc au bal, tout en pensant à ce mystérieux inconnu. Qui pouvait-il être ? Pourquoi avait-elle cette fameuse impression de déjà connaître l'identité de cet homme sans pour autant se l'avouer. Mais après tout, ne valait-il mieux pas garder la magie de Noël ? Un grand sourire s'installa sur ses lèvres. Elle était heureuse, heureuse d'aller à ce bal. Vivement le 24 décembre !
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Plusieurs jours étaient passés depuis qu'Eliane avait reçu le colis de son admirateur secret. Par la suite, la jeune fille n'avait cessé de se faire charrier et taquiner par John, ou encore par ses meilleures amies qui se faisaient un malin plaisir de lui rappeler qu'un élève avait le béguin pour elle. Étrangement, Eliane n'arrivait pas à croire qu'un élève puisse lui envoyer une toilette de ce genre et John était entièrement de son avis. Il lui avait même suggéré un professeur. Bien évidemment, elle avait compris de qui il voulait parler : Sirius Black. Avait-il raison ? Elle n'en savait rien et pourtant au fond d'elle, West espérait secrètement que ce soit lui et pas un autre ! Elle s'était attachée à lui, à travers une odeur, à travers une simple rencontre sous la pluie, à travers une cape. Elle ne connaissait rien de lui, enfin pratiquement rien, et pourtant elle lui faisait confiance. Peut-être pas autant qu'à John, mais cela semblait déjà surréaliste pour Eliane. Elle qui avait si peu confiance envers les hommes, qui était même effrayée… Elle était en train de tomber amoureuse d'un sorcier beaucoup plus âgé qu'elle. Parce qu'Eliane devait se rendre à l'évidence : elle était en émoi devant son professeur et avait des sentiments pour lui, cela ne servait à rien de se voiler la face. Seulement, il y avait toujours cette peur au fond d'elle. Mais la peur de quoi ? Elle ne savait pas et cela la tracassait énormément. Elle soupira profondément tout en pensant qu'elle aurait du temps pour y réfléchir plus tard.
Demain, le bal de Noël ouvrirait ses portes. Comment se déroulerait la soirée ? Allait-elle connaître l'identité de son admirateur secret ? Serait-elle déçue ? Heureuse ? Autant de questions sans réponse. Toujours est-il qu'elle était euphorique et excitée face à ce bal qui promettait de belles choses. Et quand minuit sonnera, Cendrillon devra s'en aller et retourner à la triste réalité qui l'entourait. John voulait qu'elle reste à Poudlard pour les vacances. Apparemment, il avait peur de quelque chose ; il se faisait beaucoup trop de soucis pour elle. Si seulement son père n'existait pas, si sa vie avait pu être différente…Bien sûr, elle aurait pu refuser de revenir chez elle, mais elle était encore mineure dans le monde des Moldus et son père avait donc tous droits et responsabilités sur elle. Oh certes, Eliane aurait pu fuir, fuguer, demander de l'aide, mais elle avait peur, cette peur qui la tiraillait au ventre. Elle avait peur de son père, peur de sa colère. Il avait installé une telle terreur en elle que désormais, elle lui obéissait au doigt et à l'œil. Si elle ne revenait pas durant les vacances de Noël, les dernières vacances d'été n'en seraient que pires. Ensuite, elle pourrait se trouver un petit boulot et quitter cette maison. Est-ce que son père la laisserait partir ? Bien sûr, il y serait obligé, elle serait majeure dans les deux mondes. Arriverait-elle à se faire une vie ? Elle fut alors sortie de ses songes par les rires de Joanne et d'Ambre qui discutaient tranquillement dans la salle commune, en face du feu de cheminée.
« Alors Eliane, on rêve ? Décidément, tu as bien la tête en l'air en ce moment. Serais-tu amoureuse ? la taquina Joanne avec un sourire mutin.
-Bien sûr que non, que vas-tu chercher là ! Tu sais bien qu'il n'y a que les études qui comptent à mes yeux, affirma Eliane en croisant les bras, tout en s'enfonçant dans son fauteuil.
-En parfaite petite Serdaigle, ajouta Ambre les yeux malicieux, peut-être pensait-elle à son admirateur secret ? Grand ou petit ? Blond ou brun ? Yeux bleus, marrons ou verts ? C'est très mystérieux tout ça.
-Et excitant aussi, insinua Salder tout en se léchant les lèvres.
-Joanne ! réprimandèrent les deux amies avec un regard noir devant l'allusion.
-Et toi Ambre ? Avec qui y vas-tu ? demanda Jo tout en ignorant les propos de ses amies.
-J'y vais seule, répondit-elle en haussant les épaules, quelque peu mal à l'aise.
-Vous auriez pu vous trouver de beaux cavaliers les filles, c'est dommage, déclara Joanne en penchant légèrement la tête. J'ai entendu dire que Spencer se vantait dans les couloirs d'aller au bal avec Walker ! Décidément, qui se ressemble s'assemble, ils feront un couple magnifique, ajouta-t-elle avec désinvolture.
-Tu ne parles pas sérieusement ? interrogea la jeune Corvalis interloquée par les paroles de sa camarade.
-J'ai l'air de plaisanter Ambre ? répondit-elle en fronçant des sourcils. Je pense entièrement ce que j'ai dit. Au moins, j'aurai la paix avec cet abruti congénital ! Qu'il y reste avec sa Spencer ! »
Eliane et Ambre se jetèrent un regard empli de sous-entendus face à l'attitude de la jeune fille, qui démontrait plus de rancœur et de peine que tout autre chose. Quand cesserait-elle de jouer à cette mascarade ? Elle souffrait et les filles le savaient : parfois, elles entendaient des sanglots étouffés venant de la couchette de Joanne. Elles avaient essayé d'aller vers elle, la faire parler, mais elle avait une fierté mal placée et ne voulait pas admettre devant ses amies qu'elle pleurait pour lui. Alors que Corvalis allait reprendre la parole, elle fut interrompue par l'arrivée de Stanley et une grimace apparue sur le visage de l'adolescente. Comment était-il possible que Joanne le supporte ? Il était tellement faux ! Si seulement elle avait pu se souvenir d'où elle connaissait son nom ? Avec qui elle l'avait déjà vu ? Une fille ou un garçon ? Impossible de se rappeler ! Ambre fut tellement plongée dans ses pensées qu'elle ne vit même pas Joanne sortir avec Andrews. Ce fut seulement la main d'Eliane posée sur son épaule qui la fit sortir de ses pensées.
« A quoi pensais-tu ? demanda-t-elle avec un sourire sous-entendu. Ne serait-ce pas Laura qui occupe tout ton esprit ? »
Ambre piqua alors un fard redoutable sous les yeux rieurs d'Eliane.
« Ce n'est vraiment pas drôle Ely, dit-elle en faisant la moue. En plus, je ne pensais même pas à elle, se justifia-t-elle.
-Fais croire ça à d'autres, mais pas à moi, répondit Eliane. Même pas un petit peu ? »
La concernée grommela quelque chose qui ressemblait à « oui » sous les yeux malicieux de son amie qui se rapprocha d'Ambre, tout en soufflant vaguement :
« Tu te rappelles ce que je t'ai dit la dernière fois : si tu veux en parler, je suis là.
-Je sais. C'est seulement que je suis un peu perdue. Tout est si précipité, avoua-t-elle, je t'ai dévoilé mes sentiments et voilà que maintenant, j'en pince pour Laura. Je… j'ai un peu peur de me tromper sur mes véritables sentiments.
-Tu crains de t'être accrochée à elle uniquement en bouée de sauvetage, du fait que je n'ai pas répondu à ta déclaration ? »
Pour seule réponse Ambre hocha la tête, tout en baissant la tête légèrement honteuse. Elle avait peur de se tromper, peur de souffrir à nouveau. Rien ne prouvait que Floyd aimait les filles. Elle n'aurait jamais le courage nécessaire pour lui avouer ce qu'elle ressentait. Elle sentit alors deux bras l'entourer par la taille et un corps chaud se coller contre son dos. Ambre sut de suite que c'était Eliane. C'était rare quand la jeune West s'adonnait à des contacts physiques de ce genre et en public, mais cela fit énormément de bien à son amie qui soupira d'aise. Elle aurait toutes ses réponses au moment du bal. Seulement à ce moment-là, elle verrait si oui ou non, elle avait une chance avec Laura. Peu importe si elle l'aimait ou pas, une chose dont elle était certaine, c'est qu'elle appréciait être en sa présence. Au fond de son cœur et de tout son être, elle avait hâte de la voir habillée au bal et qui sait, si Merlin et Morganne étaient en sa faveur, peut-être pourrait-elle danser avec elle.
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Le château était en effervescence et pour cause : le bal allait commencer dans à peine une heure. Les filles finissaient de se préparer dans leur dortoir, courant dans tous les sens pour se maquiller, se coiffer, s'habiller. Joanne fut la première à être prête, habillée d'un bustier rouge bordeaux dont les rebords se différenciaient par leur couleur ivoire avec un nœud au niveau de la poitrine tandis qu'une jupe du même rouge que le bustier, plissée et bouffante, venait compléter l'ensemble qui était sublime. Les cheveux flamboyants de l'adolescente étaient légèrement ondulés et retombaient sur ses épaules dénudées, dévoilant la blancheur de sa peau. Un peu de maquillage or reposait sur ses paupières, tandis qu'un masque en plumes rouge et ivoire vint recouvrir une partie de son visage. Elle regarda avec un fin sourire malicieux en direction de ses amies.
« Tu es magnifique Joanne ! dirent ses meilleures amies en chœur.
-Merci les filles.
-Bonne chance à toi, passe une bonne soirée, dit Eliane. Tu vas faire des ravages ce soir, ajouta-t-elle. »
La concernée hocha simplement la tête. Au plus profond de son cœur, elle espérait plaire à un seul et unique homme à ce bal et celui-ci n'était autre que John Walker. Comment réagirait-il ? Peut-être l'accosterait-il ? Peut-être aurait-elle une danse avec lui ? Elle chassa alors ses pensées d'un battement de cil ! C'était complètement stupide de sa part, il était avec Spencer et il resterait avec elle toute la soirée. Elle devrait se contenter d'Andrews. Elle allait passer une formidable soirée avec le Serdaigle, elle ne devait pas penser à lui et gâcher sa soirée uniquement par sa faute ! Elle fit un « au revoir » à ses amies tout en prenant la sortie du dortoir, se dirigeant vers la salle commune où son cavalier devait l'attendre. Alors qu'elle descendait les marches, elle croisa le regard, ou plutôt son regard. Son cœur manqua un battement en le voyant en robe de bal et même si son visage était recouvert d'un masque noir, elle l'avait tout de suite reconnu. Son cœur, tout son être ne vivait que pour lui. Elle s'arrêta quelques secondes au milieu des marches. Joanne pouvait sentir ses yeux sur elle, ses yeux où brillaient étrangement une lueur de désir. Non, elle devait se tromper ! Il ne l'aimait pas, bien au contraire ! Et pourtant… Elle le vit alors approcher, mais au moment où John allait lui adresser la parole, Andrews arriva en sa direction tout aussi élégant que Walker dans sa robe noir et blanche et son masque. Tel un gentleman, il prit la main de Joanne qu'il baisa tout en la complimentant sur sa beauté. Le jeune homme prit le bras de sa cavalière et sous le regard envieux de John, il emmena Joanne à la Grande Salle en lui lançant un sourire victorieux.
Walker serra fortement ses poings, il lui paierait cet affront ! Il observa Joanne de dos et il ne put s'empêcher de la trouver tout simplement magnifique dans cette tenue qui lui allait à ravir. Il danserait avec elle, oui, elle lui accorderait une danse, il s'en faisait la promesse !
Il entendit alors des pas venant vers sa droite et ce qu'il vit le stupéfia sur place ! Eliane qui descendait dans sa robe avec grâce et finesse, son visage recouvert d'un masque en plumes bleu et argent. Sa tenue brillait légèrement avec les broderies argentées et épousait parfaitement ses formes ! Ses cheveux, qu'elle portait habituellement libres, étaient désormais relevés en un chignon dont quelques mèches rebelles et bouclées encadraient son visage, tandis que ses yeux étaient mis en valeur par une touche de maquillage de couleur argent. Un châle venait recouvrir ses épaules et cachait son dos dénudé qui avait causé beaucoup de soucis à Eliane puisque la robe dévoilait sans grande difficulté trois grandes et anciennes cicatrices. Cicatrices dont personne ne connaissait l'existence à part Mme Pomfresh. John eut à peine le temps de faire des éloges à sa meilleure amie, qu'il vit Ambre descendre l'escalier en colimaçon. La jeune fille portait une robe entièrement blanche et argentée, légèrement décolletée sur le devant et dans le dos, tandis que des manches amples et à moitié déchirées recouvraient ses bras. La tenue dessinait à merveille ses formes, descendant jusqu'à ses pieds. Tout comme son amie Eliane, ses yeux étaient recouverts de fard à paupières argent et son visage d'un masque en plumes totalement blanc. Ses cheveux étaient libres, tombant sur ses épaules.
« Merlin, vous êtes magnifiques ! réussit-il à dire, totalement ébahi.
-Tu n'es pas mal non plus, répondit Eliane en regardant de haut en bas John.
-Espèce de petite friponne, tu peux rire. En attendant, je te réserve une surprise de taille. »
Les sourcils de la concernée se froncèrent légèrement devant les paroles de son meilleur ami. Elle craignait le pire, qu'avait-il préparé encore ? Et comme pour répondre à sa question, il souffla :
« Tu le sauras en temps et en heure. Allez princesse, vas rejoindre ton prince charmant, il t'attend, ajouta-t-il avec un clin d'œil, tout en sortant de la salle commune sous le regard noir d'Eliane. »
La jeune West se tourna vers Ambre qui haussa les épaules tout en lui faisant un sourire d'encouragement. Elle avait bien remarqué que son amie était nerveuse à l'idée de rencontrer son admirateur secret, mais elle ne savait pas ce qu'il lui faisait le plus peur. Le fait d'être déçue ? Ou être en compagnie d'un inconnu ? Corvalis posa une main apaisante sur le bras d'Eliane et dit :
« Tout se passera bien Ely. Tu verras.
-J'espère, répondit-elle, quelque peu angoissée à l'idée d'être en compagnie d'un homme qu'elle n'était pas sensée connaître. »
Ce fut sur ces paroles que les deux jeunes filles sortirent de la salle commune, se dirigeant vers la Grande Salle. Les deux amies se séparèrent quelques minutes plus tard avant d'entrer, partant chacune de leur côté. Que le bal commence !
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Sirius entra dans la Grande Salle magnifiquement décorée : une piste de danse avait été installée au milieu tandis que des tables garnies d'aliments en tout genre entouraient la piste en question. Au bout, il y avait une scène de dressée, sûrement pour accueillir le groupe Bizzar's Sister qui ne tarderait pas à faire son entrée après le discours de la directrice. À travers son masque, ses yeux cherchaient une silhouette bien précise parmi cette foule. Il ne fallut que quelques minutes à Sirius pour la repérer ! Elle était là, dans un coin reculé de la salle, seule. Son cœur se mit à battre plus vite qu'à la normale en la découvrant dans la tenue qu'il lui avait offerte. Merlin, elle était encore plus belle que dans ses rêves. Il pouvait voir les regards de plusieurs garçons posés sur elle et rien que cela, ça avait le don de l'énerver. Personne n'avait le droit de poser un tel regard à part lui ! Il entendit alors la musique débuter et vit les couples se former lentement pour aller danser. Certains discutaient, mangeaient, dansaient ; la joie et la bonne humeur régnaient dans la pièce qui était envahie par la voix du chanteur. Il ne savait pas quoi faire ? Devait-il attendre encore un peu ? Ou la rejoindre maintenant ?
Pendant ce temps-là, Ambre cherchait celle qui hantait son esprit, ce qui n'était pas une mince affaire. Tout le monde portait des masques et reconnaître une personne avec seulement la couleur des yeux ou de la chevelure, autant chercher une aiguille dans une botte de foin. Alors qu'elle désespérait de trouver la jeune fille, ses yeux furent attirés par une adolescente, debout contre un mur, dans l'ombre, avec une robe totalement sublime ! Le bustier sans manche était en plumes noir et vert, une ceinture noire était nouée autour de sa taille avec une boucle en argent, tandis que le bas de la robe qui oscillait entre le noir et le vert tombait avec élégance à ses pieds. Des gants noirs ornaient ses mains montant jusqu'à ses bras. Un masque recouvrait bien évidemment son visage de la même couleur que sa robe. Ses cheveux bruns bouclés tombaient sur ses épaules. Durant un bref et unique instant, elle capta le regard de l'adolescente et il n'en fallut pas plus pour la reconnaître. C'était elle : Laura. Elle était sublime et encore le mot lui paraissait bien faible. Les mains quelque peu tremblantes, elle avança vers elle en inspirant profondément. Une fois en face d'elle, un sourire malicieux apparut sur les lèvres tentatrices de Floyd qui dit :
« Je savais que tu me reconnaîtrais.
-Et si cela n'avait pas été le cas ? rétorqua Ambre en soutenant son regard.
-J'aurais sérieusement douté de l'intelligence des Serdaigles, répondit-elle tout simplement.
-Tu es habillée aux couleurs de Serpentard, remarqua la jeune Corvalis.
-C'est un bal masqué, le but est de dissimuler notre identité aux autres. Je n'aurais pas été maligne en abordant les couleurs de ma maison, dit Laura en frôlant légèrement le bras de sa partenaire qui frissonna à ce contact. Et puis, reprit-elle, le noir et le vert sont mes couleurs préférées. »
Cette confidence réchauffa le cœur de la Serdaigle : c'était la première fois depuis qu'elles s'étaient rencontrées et parlées que Laura lui confiait quelque chose d'aussi personnel. Oh certes, pour certains cela n'avait que peu de valeur, mais aux yeux de Corvalis, ce n'était pas le cas. Elle voulait connaître la jeune fille dans les moindres détails, la comprendre. Les mots franchirent alors ses lèvres plus vite qu'elle ne l'aurait voulu.
« Tu es magnifique. »
Ambre crut décerner un léger rougissement, mais n'en fut pas certaine.
« Je te retourne le compliment, souffla Laura en tortillant légèrement ses doigts de la main. »
La Gryffondor était totalement perdue dans ses sentiments. À la fois, elle était attirée par cette fille, seulement elle était hétérosexuelle ! Enfin, elle le croyait. Elle n'était jamais sortie avec un garçon de Poudlard ou même en dehors. Elle n'était pas particulièrement intéressée. Parfois, elle préférait cent fois la solitude, mais alors pourquoi réagissait-elle ainsi en sa présence ? Pourquoi se sentait-elle aussi bizarre ? Quel était cet étrange fourmillement dans son bas ventre quand elle arrivait dans son champ de vision ? Pourquoi son cœur se mettait à battre plus vite ? Elle ne comprenait plus ! Que devait-elle faire ? Elle s'en serait rendu compte si elle aimait réellement les femmes, ça se voit ce genre de choses. Aucune fille auparavant ne l'avait attirée sauf elle.
Laura releva alors la tête et croisa de nouveau les yeux gris d'Ambre qui s'était rapprochée d'elle. La jeune fille déglutit sensiblement. Peut-être qu'en étant plus souvent avec Corvalis, pourrait-elle analyser ses sentiments ? Peut-être pourrait-elle savoir si c'était de l'amour ou une simple amitié ? Avant qu'elle n'ait le temps de réagir, elle sentit deux lèvres frôler les siennes et au lieu de ressentir du dégoût, le contact la fit frémir. Deux mains vinrent se poser au niveau de ses hanches, la collant légèrement contre le mur à l'abri des regards. Aucun mot n'était dit, aucun geste, juste le silence. Un silence qui devenait insoutenable. Le fond sonore qui alimentait la salle devenait de plus en plus faible. Elles étaient seules, rien que toutes les deux, reculées de tous, dans leur monde ! Elle avait aimé ce baiser aussi bref qu'il avait été, elle voulait de nouveau y goûter, peu importe les conséquences ! Elle était une Gryffondor ! Prenant son courage à deux mains, leurs visages se rapprochèrent doucement. Finalement, leurs lèvres se scellèrent de nouveau. Un gémissement vint franchir la bouche de Laura tandis que ses mains vinrent se placer dans la nuque d'Ambre pour aplatir encore plus leurs lèvres l'une contre l'autre. La langue de Corvalis vint caresser les contours de la bouche de sa partenaire, tout en la mordillant légèrement.
Floyd rompit alors le baiser à bout de souffle, le rouge lui montant aux joues jusqu'à la racine des cheveux. Elle ne savait que dire ou que faire. Les relations à deux n'étaient vraiment pas sa spécialité.
« On peut y aller doucement, proposa Ambre tout en replaçant une mèche de cheveux derrière l'oreille de sa compagne. Apprendre à se connaître et puis les choses se feront par elles-mêmes. »
Laura ne put que hocher simplement la tête. Les mots ne réussissaient pas à franchir ses lèvres, mais cette proposition lui plaisait et comme pour conclure cette promesse, un baiser aussi chaste que le premier vint quémander les lèvres de Laura qui y répondit.
Au même moment, alors que la soirée était déjà bien atteinte, les Bizzar's Sister firent une légère pause tandis que le chanteur du groupe prit le micro et dit :
« Un jeune homme est venu me demander tout à l'heure si je pouvais le laisser chanter avec une de ses camarades sur scène. Ma réponse fut bien sûr affirmative. J'attends que ces deux jeunes gens se montrent pour leur donner ma place. »
Eliane sentit alors une main sur son épaule. Elle se retourna vivement et vit son meilleur ami. Elle ouvrit grand les yeux devant le sourire malicieux de John qui était satisfait de sa petite surprise. Ce n'était pas possible, il n'avait pas fait ça ! Elle n'en serait jamais capable ! Il était fou ! En plus, elle ne chantait pas si bien. Certes, elle aimait le chant, mais être capable de le faire devant plus d'une centaine de personnes, c'était tout autre chose !
« Tu es complètement fou ! Je n'irais pas sur scène avec toi ! s'exclama Eliane en colère. Pourquoi as-tu fait ça ?
-Tu aimes chanter ! rétorqua son ami. C'est une chance pour toi, saisis-la !
-Jamais ! Il n'en est absolument pas question, je n'y arriverais pas !
-Bien sûr que si ! C'est juste le tract, mais tu peux le faire. C'est ton rêve d'enfant de devenir chanteuse. Tu as une voix magnifique en plus de ça, certifia John avec assurance.
-Justement, c'était l'un de mes rêves d'enfant et je n'en suis plus une depuis bien longtemps, répliqua Eliane, le regard voilé. Les rêves ne sont pas forcément tous réalisables.
-Ely, souffla-t-il, vas-y, viens chanter avec moi. Tu ne seras pas seule.
-Je vais me ridiculiser, murmura-t-elle.
-Autant pour moi alors. On est là avec toi, Ambre, Joanne et puis ton admirateur secret, ajouta-t-il avec un clin d'œil.
-Idiot ! déclara-t-elle en le frappant à l'arrière du crâne. Quelle chanson as-tu demandée ?
-You Are My Reason to Be, répondit-il. »
Eliane le regarda, étonnée qu'il ait choisi cette chanson. Qu'est-ce qu'il avait encore manigancé ? Cependant, elle ne put y réfléchir plus longtemps, se dirigeant vers la scène avec John. Chacun d'eux prit un micro, se postant l'un en face de l'autre. Eliane n'osait pas jeter un regard vers la foule. Heureusement qu'elle avait encore son masque, ainsi personne ne la reconnaîtrait sauf ceux qui la connaissaient. Merlin, il n'y avait que John pour faire des choses pareilles ! Elle serra fortement ses mains autour du micro tellement elle était crispée. Elle releva la tête, rencontrant les yeux de son meilleur ami qui lui fit un sourire d'encouragement. Quand la musique vint retentir aux oreilles des deux adolescents, John ramena le micro vers sa bouche et débuta :
When I look into your eyes I realize,
Quand je t'ai regardé dans les yeux, je me suis rendu compte
That my love for you will never ever die,
Que mon amour pour toi ne s'éteindra jamais
Together for the rest of our lives,
Ensemble, pour le restant de nos jours
I always want you here by my side,
Je te veux toujours ici, près de moi.
Tout en chantant, il tourna la tête vers les spectateurs, cherchant une personne qu'il trouva assez rapidement. Elle était là, non loin de lui. Il n'avait pas pu aller l'inviter à danser avec Spencer dans ses jambes, mais cette chanson, il la lui dédiait. Il capta son regard tentant de lui faire comprendre le sens des paroles. Eliane vint alors reprendre la suite. La main tremblante, elle rapprocha son micro et entama les paroles en japonais, ne cessant de regarder John droit dans les yeux comme pour se donner du courage.
Nanimo iwazu dakishimeta,
Sans avoir rien dit,
Anata no iasashisa wo,
Tu m'as serré dans tes bras.
Wasureru hi wa naino,
Je n'oublierai jamais ta douceur....
You are my reason to be,
Tu es ma raison de vivre…
Au fur et à mesure qu'elle chantait, le stress s'envola, se concentrant uniquement sur les paroles qui prenaient peu à peu du sens sous ses yeux ébahis. Toutes ces paroles, cette chanson, elle avait l'impression de la vivre en ce moment même avec ce fameux admirateur secret. Était-ce pour cela que John l'avait choisie ? Elle tourna alors la tête vers la foule et son regard tomba directement sur lui. Il avait une rose blanche dans sa poche de veste comme il l'avait précisé à la suite de son mot lors de son dernier cadeau. C'était le moyen qu'il avait trouvé pour qu'elle le reconnaisse. C'était lui. Armée d'une nouvelle force qu'elle n'aurait su nommer, elle continua de chanter en s'adressant à lui.
As I lay here all alone in my bed,
Je suis seule sur mon lit maintenant,
The thoughts of you keep runnin' through my head,
Et seule ton image occupe mon esprit.
When you're here the time goes by so fast,
Quand tu es là, le temps passe si vite,
The present disappears into the past,
Le présent se change vite en passé.
Elle vivait les paroles de la chanson qui n'avaient jamais eu autant de valeur à ses yeux qu'à cet instant même ! Au plus profond de son cœur, elle voulait que ce soit lui et personne d'autre. Eliane voulait que ce soit Sirius, elle savait que c'était lui ! Tandis qu'Eliane abaissa son micro, John reprit la suite, heureux d'avoir toute l'attention de Joanne :
Of all the people in the Universe,
Parmi tous ces gens dans l'univers,
Who would ever guess I'd find you first,
Qui aurait pensé que c'est toi que j'ai d'abord rencontré?
I'm so lucky that you're here with me,
Je suis tellement chanceux que tu sois ici avec moi.
You are my reason to be,
Tu es ma raison de vivre
Sirius qui était aux abords de la scène restait stoïque devant la voix d'Eliane, qui était sublime. Apparemment, elle l'avait reconnu, ne le lâchant pas du regard et ce n'était pas pour lui déplaire ! Il avait l'impression qu'elle lui faisait inconsciemment une déclaration d'amour sous les yeux de tous. Désormais, la voix de la jeune fille se mélangea à celle de son ami.
You are a dream come true,
Tu es un rêve devenu réalité
You are everything to me,
Tu es tout pour moi
You are so beautiful,
Tu es si magnifique...
You are my reason to be,
Tu es ma raison de vivre
Non loin de là, Ambre et Laura dansaient au milieu de la piste, se préoccupant peu des regards que ce couple occasionnait. Joanne, quant à elle, était en totale admiration devant ses deux amis qui chantaient sur scène ne sachant pas que d'ici quelques minutes, elle serait brisée. Elle l'impression que John ne cessait de la regarder, comme si la chanson lui était destinée. Non, elle devait se tromper. Spencer, habillée d'une robe bustier bleu pâle comme ses yeux, ne cessait d'observer avec jalousie Eliane. Elle la haïssait ! Comment John pouvait-il la délaisser ainsi en plein milieu du bal ? Ses yeux dérivèrent alors vers Andrews et d'un hochement de tête, elle lança le signal comme quoi le plan pouvait se mettre en place.
I never knew how good it could be,
Je ne savais pas à quel point on pouvait être heureux
Till I had you you loving me,
Jusqu'à ce que tu viennes m'aimer
You are uh you are so beautiful to me,
Oh tu es... Tu es tellement magnifique pour moi
You are everything to me,
Tu es tout pour moi
You are my reason to be ...
Tu es ma raison de vivre.
Remus et Tonks, quant à eux, étaient assis à une table, se reposant un peu après avoir danser avec vivacité sur la piste. Le couple savait que Sirius allait tenter quelque chose avec la jeune West. Moony lui avait dit d'être prudent, tout en lui rappelant sa situation et celle de West. Une élève avec un professeur. Il croisait secrètement les doigts pour son ami ; après tout, lui aussi avait le droit au bonheur, surtout après plusieurs années d'emprisonnement et de tristesse. La chanson prit alors fin sous les applaudissements nombreux de tous les élèves et professeurs. Le chanteur des Bizzar's Sister félicita chaleureusement le duo devant leur prestation qui avait été magique ! Eliane descendit de la scène avec John qui lui fit un signe de tête vers le mystérieux inconnu qui l'attendait un peu plus loin. L'adolescente prit son courage à deux mains et s'avança parmi les élèves pour finalement arriver en face du sorcier. Il avait un regard captivant et bouleversant. Il était magnifique dans sa robe de bal bleu et argent, il était très élégant avec un maintien aristocrate. Il était plus grand qu'elle d'une bonne tête et semblait un peu trop vieux pour que ce soit un élève alors…Alors, c'était lui ? Que devait-elle faire ? Que devait-elle dire ? Elle sentit une main se poser sur sa taille, la faisant quelque peu sursauter, tout en frissonnant au contact. Il était à ses côtés et avec un sourire, il déclara :
« Peut-être pourrions-nous faire un tour dans le parc ?
-Volontiers, répondit Eliane en hochant la tête. »
C'est ainsi que le couple se dirigea vers la sortie de la Grande Salle en direction du parc enneigé. Eliane se sentait stupide de ne pas savoir quoi dire, elle ne contrôlait pas la situation, elle ne savait plus quoi penser. Pourquoi n'avait-elle pas peur à son contact ? Lui faisait-elle confiance à ce point ? On dit que l'amour rend aveugle, peut être était-ce son cas ? Peut-être que pour une fois, elle devait cesser de réfléchir et se laisser aller ? Sans s'en rendre compte, elle arriva dans le parc, ses pas s'enfonçant dans la neige qui craquait sous son poids. Le ciel était dégagé, les étoiles et la lune au rendez-vous. La jeune fille avait l'impression de se retrouver dans un de ces romans à l'eau de rose. Une scène des plus clichée en soi, mais peu lui importait ! De l'extérieur, on pouvait encore entendre la musique qui n'était autre que Magic Works.
Sirius stoppa sa marche, s'arrêtant prêt d'un arbre et se retourna vers l'adolescente qui était sublime à ses yeux. Tout son être ne vibrait que pour elle. Sa main remonta lentement le long de ses côtes, doucement, mais sûrement pour ne pas l'effrayer, et vint se placer dans le creux de ses reins, tandis qu'il prit son autre main dans la sienne. Il entama une valse avec elle, tournant sur eux-mêmes, yeux dans les yeux, ne se lâchant pas du regard. Il l'aimait tellement, elle était enfin avec lui, seule, dans ses bras. Il souffla alors d'une voix suave et sensuelle :
« Eliane, laisse-moi voir ton visage. »
La concernée ne put que hocher la tête, les mots lui manquant tandis que sa gorge se faisait sensiblement sèche. Ils cessèrent de danser quand elle sentit ses doigts frôler sa peau pour lui retirer son masque qu'il laissa tomber dans la neige dans un bruit sourd. Une de ses mains prit en coupe le visage de la jeune fille tandis que l'autre alla se caler dans son dos.
« Tu as chanté avec une telle passion. Tu as une voix magnifique, murmura Sirius en la regardant droit dans les yeux. J'ai rêvé de ce moment des jours et des nuits, te tenir dans mes bras. Tu es si belle dans cette robe. Elle te plait ?
-Énormément. Il ne fallait pas faire une telle dépense pour moi, confia-t-elle, embarrassée.
-Rien n'est trop beau pour toi, répondit-il en se collant contre elle.
-J'aimerais voir ton visage, confia-t-elle en déglutissant.
-Peut-être seras-tu déçue…
-J'en doute aisément, répliqua-t-elle en tendant ses mains vers le masque du sorcier. »
Elle avala difficilement sa salive, appréhendant de voir le visage de son admirateur secret. Son cœur fit alors un bond, en reconnaissant les traits de son professeur. C'était lui. Les mains tremblantes, elle lâcha aussi le masque dans la neige. Elle ne put empêcher l'euphorie et la joie s'emparer de tout son être. Elle était heureuse, heureuse que ce soit lui et apparemment, ce bonheur dut se voir sur son visage puisque les lèvres de Sirius s'étirèrent en un sourire éclatant.
« Comment as-tu fait pour savoir ?
-Ton odeur, c'était la même que sur ta cape, et tes yeux gris acier comparables à une étoile dans la nuit, répondit la jeune Serdaigle, les yeux pétillants de bonheur – peut-être d'amour ? »
Sirius la colla contre l'arbre derrière elle, le cœur battant à toute vitesse, donnant l'impression qu'il allait exploser à tout moment. Était-ce ça aimer ? Il avait le sentiment de redevenir un jeune adolescent perdant ses moyens. Il en avait tellement envie, tellement ; ses lèvres étaient un appel à luxure !
« N'aie pas peur, souffla-t-il en se penchant vers son visage.»
Avant qu'Eliane ne put réagir ou émettre le moindre son, elle sentit une bouche contre la sienne. Les yeux grands ouverts par la surprise, elle réagit très vite en passant ses mains derrière la nuque de Sirius. Il glissa alors ses mains au niveau de ses hanches, rapprochant leur corps dans la froideur de la nuit. Il traça de sa langue le contour de ses lèvres, qu'il mordilla légèrement, arrachant un gémissement plaintif à la jeune fille qui avait la sensation de partir vers d'autres horizons. C'était différent du baiser qu'elle avait eu avec Ambre. C'était encore meilleur. Elle ouvrit l'entrée de sa bouche sous la pression de la langue mutine de son partenaire qui s'enroula autour de la sienne dans un ballet empli d'émotions. Un baiser qui se faisait charnel, érotique. Un baiser qui enflammait les sens jusqu'à en perdre la raison. Un baiser sulfureux, avide et acide. Un brasier qui les consumait de l'intérieur ne sentant pas le froid de l'hiver qui les entourait. Les gestes se mêlèrent d'eux-mêmes au même rythme que leurs cœurs qui battaient à la chamade, ou encore leurs langues qui se cherchaient ou se taquinaient. « Tu es si douce Eliane… » Sirius rompit alors le baiser à bout de souffle, les yeux brillants d'amour. Il posa son front contre celui de sa compagne qui semblait totalement ailleurs. « Laisse-toi faire, tu vas aimer… ». Le sorcier fronça les sourcils devant son manque de réaction. Avait-il fait quelque chose de mal ?
« Eliane ? appela-t-il inquiet. »
Des larmes apparurent alors dans les yeux bleu nuit de la concernée qui repoussa Sirius loin d'elle pour s'échapper. Les mots tournaient en elle, les phrases résonnaient en elle tel un poison parcourant ses veines. Pourquoi fallait-il que ses souvenirs viennent tout gâcher ? Elle sentit une main la retenir par le poignet et la retourner face à lui ! Elle avait l'impression de revivre la scène d'il y a quelques semaines, sauf qu'elle venait de l'embrasser. Que devait-il penser d'elle ? Elle n'était même pas capable d'embrasser un homme sans être effrayée. Quelque chose clochait chez elle. Rien n'allait ! Elle pensait qu'il serait furieux, mais non. Il n'y avait que de l'inquiétude dans son regard.
« Eliane ! Que se passe-t-il ? Explique-moi !
-Je ne-ne peux pas…Je ne comprends pas moi-même, bafouilla-t-elle en tentant de faire lâcher prise à son compagnon. »
Elle avait l'impression d'étouffer, son contact la gênait, elle se sentait sale ! Mais pourquoi à la fin ?
« Calme-toi, Eliane, je ne vais rien te faire, tenta désespérément de lui faire comprendre Sirius.
La jeune fille releva la tête vers Padfoot qui ne savait plus quoi faire pour la raisonner. Quelque chose se brisa alors en elle, quelque chose de profond, quelque chose de lointain. Et sans même chercher, les mots s'installèrent en elle. On avait abusé d'elle. Sa respiration se bloqua pendant plusieurs secondes et profitant que Sirius ait relâché la pression, elle s'échappa. Courant, encore et encore, toujours et toujours plus loin. Les pas résonnaient dans les couloirs de Poudlard. Les larmes coulaient. Elle se sentait plus mal que jamais. Elle voulait tout oublier, elle ne voulait plus se souvenir. Son passé était en train de la briser au moment où elle se sentait la plus heureuse du monde. Pourquoi le destin semblait s'acharner sur elle ? Qu'avait-elle fait ? La voix de son père résonna alors en écho, répétant dans une litanie « C'est par ta faute que ta mère est morte…ta faute…ta faute… » Elle ouvrit la porte du dortoir, la refermant vivement et se jeta sur son lit en pleurs. Minuit sonna. Le bal était fini pour Cendrillon. Il était temps de retourner à la réalité de la vie.
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Au même moment, dans la Grande Salle, Andrews venait juste de repousser Joanne en plein milieu de la piste, la faisant tomber à même le sol, sous les yeux ahuris de la jeune fille qui ne comprenait plus rien. Elle allait l'embrasser quand celui-ci l'avait brutalement poussée à l'arrière, l'observant avec un regard méprisant et dégoûté. Ce n'était pas le jeune homme qu'elle connaissait, il était différent, il semblait si méchant. Quelques couples s'étaient arrêtés de danser, regardant la scène avec curiosité.
« Ne m'embrasse pas espèce de traînée ! cracha-t-il. La comédie est finie. Tu ne pensais quand même pas que j'étais amoureux de toi ? Qui pourrait bien aimer une fille aussi insignifiante que toi ? déclara-t-il, fier de lui, avec un sourire mauvais. »
Un éclat de tristesse passa dans les yeux voilés de Joanne qui avait l'impression de revivre la même situation qu'il y a deux ans.
« Je ne comprends pas…Je…, réussit-elle à dire.
-Tu vas très vite comprendre, répondit-il en faisant un signe de tête vers ses amis qui rigolaient. On a fait un pari comme quoi tu tomberais dans mes bras avant le bal de Noël ! ajouta-t-il avec une mine victorieuse, devant les chuchotements qui prenaient place dans la salle. Il est si simple de te manipuler ! Tu es naïve Salder de croire qu'on puisse te trouver le moindre intérêt ; tu es fade, juste bonne pour coucher, ricana-t-il.
Le regard de Joanne se brisa totalement, baissant la tête morte de honte. Ses amies l'avaient prévenue que ses intentions étaient mauvaises. John aussi l'avait avertie. Ils avaient eu raison, mais elle ne les avait pas écoutés et elle en payait le prix. Pourquoi avait-elle couché avec lui ? Elle se répugnait encore plus. Il venait de l'humilier publiquement ! Elle pouvait sentir tous les regards posés sur elle. Joanne chercha du regard ses amies pour avoir un quelconque soutien quand ses yeux tombèrent sur un couple qui s'embrassait : Spencer et Walker ? John qui embrassait Tracy ? Ce fut le coup de couteau dans le dos ! Ce n'était pas possible, non ! Tout, mais pas ça ! Elle avait pourtant cru qu'il viendrait vers elle ce soir. Il avait chanté pour elle ! Elle essaya de ravaler ses sanglots, mais les larmes glissèrent sans qu'elle ne puisse les retenir. Son cœur se serra violemment, et ne pouvant regarder plus longtemps cette scène s'étendre sous ses yeux, elle sortit précipitamment de la salle de bal. Elle courait en direction de son dortoir. Ce bal était un fiasco. Elle avait si mal… Pourquoi fallait-il qu'elle l'aime ? Pourquoi lui et pas un autre ? Elle était maudite, maudite.
Si Joanne était restée un peu plus longtemps, elle aurait vu John repousser durement Tracy qui était satisfaite ! Son plan avait fonctionné à merveille ! Elle l'avait embrassé pile au moment où celui-ci voulait venir en aide à Salder ! Elle avait tout vu, sa victoire était totale.
« Tu es complètement folle ! Qu'est-ce qui t'a pris à vouloir m'embrasser ?
-Moi t'embrasser ? Salder a sûrement dû penser tout le contraire de la chose, répliqua-t-elle avec un sourire narquois.
-Joanne, murmura John en la cherchant du regard.
-Tu ne la trouveras pas, elle vient juste de sortir en larmes, précisa la Gryffondor en riant. »
Un bruit de gifle retentit alors dans la salle, attirant tous les regards sur eux ! John venait de lever la main sur la jeune fille qui se touchait la joue. Ses yeux la fusillaient sur place ! Il était furieux et encore, c'était un euphémisme ! Qu'elle l'embrasse, c'était une chose, mais faire du mal à Joanne, ça, elle n'en avait pas le droit ! Personne n'avait le droit de faire du mal à ceux qu'il aimait. Il n'avait même pas pu l'inviter au bal avec cette garce ! C'est Joanne qu'il aurait dû inviter au bal ! C'est avec elle qu'il aurait dû y aller et personne d'autre !
« Tu n'es qu'une peste Spencer ! Ta place devrait être à Serpentard et non à Gryffondor, tu ne fais pas honneur à ta maison ! Tu es une fille envahie par la jalousie ! Tu envies Eliane et ses amies ! Seulement, sache une seule chose, tu n'arriveras jamais à leurs chevilles ! Tu n'es rien ! Commence par changer de comportement et peut-être alors que les gens t'apprécieront pour ce que tu es ! Ne reviens jamais vers moi ! Jamais ! Sache que je ne t'aime pas et je ne t'aimerai jamais ! Si tu fais du mal à une seule des trois filles, je te le ferai payer, tu peux compter sur moi, déclara John avec une froideur à figer Tracy sur place.
-C'est trop tard, répliqua-t-elle avec le peu de dignité qu'il lui restait, sentant les larmes monter en elle. Andrews s'est chargé de démolir Salder publiquement ! Tu ne dis rien ?
-Je n'ai pas envie de gaspiller ma salive pour une fille aussi futile que toi. Dégage de mon chemin, cracha-t-il, révulsé de s'être fait avoir comme un débutant. »
Sur ces paroles, le jeune homme se retourna et sortit de la salle tout en pensant à Salder. Comment allait-il faire pour la récupérer maintenant ? Dire que Stanley était de mèche avec Spencer depuis le début ! Il n'avait rien vu venir ! Joanne devait être dans un état lamentable. Il fallait qu'il se fasse pardonner, mais comment ? Elle allait le fuir ou peut-être même encore plus le haïr ? Il était fichu. Il s'en souviendrait longtemps de ce bal. Il espérait juste que cela s'était mieux passé pour Eliane. Il soupira profondément, marchant au hasard dans le château, la tête basse, les mains dans les poches. Il parlerait avec elle, il parlerait avec Joanne en essayant de la convaincre, en essayant d'avoir son amitié. Cela ne serait pas chose facile, mais il réussirait !
Voilà, un nouveau chapitre, il est assez long, j'espère qu'il vous aura plus, il s'en passe des choses ^_^ J'ai cru que je n'arriverais pas à le clôturer ce chapitre. Bien pour la musique, c'est « You Are My Reason to Be » le titre, et oui le même titre que ma fic, ce n'était pas choisi au hasard. La musique est tirée d'un manga culte dont je suis une grande fan depuis plusieurs années maintenant. Peut-être que pour ceux qui suivaient le club Dorothée étant jeunes connaissent la série : c'est Saint Seiya en japonais ou Les Chevaliers du Zodiaque en français. C'est un vieux manga, mais sublime. Bref, la musique est tirée de cette série.
Sinon, alors selon vous, John va-t-il réussir à conquérir Joanne ? Que va faire Spencer ? Comment va-t-elle réagir ? Et Eliane, que se passera-t-il à son retour chez elle ? Le bal a enfin de compte, été seulement profitable pour Laura et Ambre ^_^ et encore…
Joanne pardonnera-t-elle à John ? Hum, dites-vous que je suis très sadique et j'adore faire souffrir mes personnages. Sirius va-t-il empêcher Eliane de retourner chez elle ? Autant de questions sans réponse…
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Lia-Sail
