Chapitre 14 : Rapprochement ?
Plusieurs jours étaient passés depuis que West logeait chez Sirius Black. Au début, Eliane avait été gênée de vivre avec ses professeurs, qui étaient très gentils avec elle, pour finalement s'y habituer progressivement. Elle restait souvent seule dans sa chambre ou alors dans le salon en train de lire un livre. Elle n'avait reçu aucune nouvelle de ses amis et ne leur avait pas encore envoyé de lettre. Eliane ne savait pas quoi écrire ou quoi dire ; elle ne voulait pas leur mentir et en même temps, elle ne se sentait pas capable de révéler tout ce qui s'était produit chez son père. Elle-même n'arrivait toujours pas à assimiler tout ce qu'elle avait vécu. Elle avait l'impression d'être dans un mauvais rêve où elle finirait par se réveiller !
Malheureusement, c'était bel et bien la réalité des choses et chaque nuit, lors de son sommeil, ses souvenirs prenaient un malin plaisir à le lui rappeler. Eliane arborait des cernes immenses sous ses yeux. Elle dormait mal la nuit. Elle n'arrivait pas à trouver la paix et le repos dès qu'elle fermait les yeux, elle avait cette impression d'être engloutie par le noir et de sentir la présence de son père dans la pièce. La jeune fille se sentait terriblement stupide : elle savait qu'il ne pourrait plus l'atteindre, mais c'était plus fort qu'elle ! Elle restait continuellement sur ses gardes. Combien de fois avait-elle sursauté en entendant une voix la sortir de ses songes ou une main entrer en contact avec elle ? Eliane ne les comptait plus sur ses doigts. Elle n'avait plus pleuré depuis la dernière fois et elle se sentait terriblement honteuse de s'être laissée aller ainsi sur son professeur de Sortilèges. Elle n'était plus une enfant, elle devait être forte ! Elle devait relever la tête, aller de l'avant ! Seulement, c'était plus facile à dire qu'à faire. Elle n'y arrivait pas, c'était encore trop tôt, trop douloureux. Parfois, la jeune fille passait des heures sous la douche, se frottant, se lavant encore et encore, rongée par ce sentiment d'être sale, quoi qu'elle fasse ! Elle se dégoûtait, elle n'osait même plus se regarder dans une glace. Elle détestait son corps tout entier ! Elle était totalement perdue, perdue avec elle-même. Elle se renfermait de plus de plus, ne répondant qu'à ses professeurs par monosyllabe. Elle mangeait à peine, tout lui donnant envie de vomir, tandis que les images et les mots de son père tournaient en boucle dans son esprit.
Puis, il y avait Sirius ; elle fuyait sa présence, elle ne supportait pas son regard. Elle se sentait beaucoup trop abjecte ! Comment pouvait-il encore vouloir être avec elle après ça ? Que pouvait-il bien lui trouver ? Pourquoi continuait-il à la regarder avec autant d'émerveillement dans les yeux ? Elle n'assimilait plus rien. Et ses amis qui devaient se faire de l'inquiétude pour elle, n'ayant aucune nouvelle de sa part. Comment pourrait-elle les regarder dans les yeux ?
Assise sur le rebord de son lit, la lune éclairait la jeune Serdaigle qui fixait inlassablement ses mains posées sur ses genoux. Ses cheveux retombant de chaque côté de son visage, elle ferma douloureusement les paupières, une larme roulant sur sa joue. Elle se mordit les lèvres essayant de retenir au mieux les sanglots qui franchissaient sa bouche. Elle n'y arriverait pas, elle n'y arriverait pas, c'était trop dur, au-delà de ses forces. Rien ne serait plus jamais comme avant, rien. Sa vie était anéantie à cause de lui.
Les larmes affluèrent de plus en plus aux souvenirs de son enfance et des derniers jours. Comment un père pouvait-il faire ça ? L'avait-elle mérité ? Pourquoi ? Qu'avait-elle fait ? Elle aurait dû mourir avec sa mère, avec sa sœur qu'elle ne connaîtrait jamais. Cependant, c'était mieux ainsi : de ce fait, elle n'aurait jamais à connaître leur père. Elle se retrouvait seule : plus de mère, plus de père, plus de sœur, plus de famille. Que lui restait-il ? La vie, ses amis. Cela suffirait-il ? Et Sirius ? Lui ferait-elle assez confiance pour le laisser entrer dans sa bulle ? Qu'en était-il de ses sentiments ?
Eliane était tellement plongée dans ses sombres pensées qu'elle n'entendit pas la porte s'ouvrir et des pas venir en sa direction. Sirius s'approcha à pas de loup ; il avait entendu de faibles gémissements en remontant du salon pour aller se coucher et s'étant inquiété, il était entré dans la chambre. Elle était assise sur le lit. Apparemment, elle ne l'avait pas entendu. Cinq jours qu'elle le fuyait comme la peste et intérieurement, il en était blessé. Sirius savait qu'il devait lui laisser du temps. Seulement, il avait l'impression de la voir sombrer de jour en jour sans pouvoir rien faire et cela le rendait malade ! Il fallait qu'il aille vers elle sinon il allait la perdre. Il fallait qu'elle ait en confiance en lui ! Qu'elle se confie, qu'elle hurle, qu'elle crie, qu'elle pleure, n'importe quoi, mais elle ne devait pas garder ça pour elle. Il monta sur le lit, s'agenouilla derrière elle et enroula ses bras autour de sa taille. Il allait sûrement lui faire peur, mais ainsi, elle ne s'échapperait pas.
Eliane ouvrit les yeux en grand et commença à se débattre comme une lionne pour finalement reconnaître la voix suave de Sirius qui lui souffla au creux de son oreille :
« Ce n'est que moi Eliane. C'est Sirius. Calme-toi. Je ne te ferai pas de mal, chuchota-t-il. »
La concernée cessa de gigoter, mais elle était aussi tendue qu'un arc dans ses bras, montrant à quel point elle était mal à l'aise. Il desserra un peu son emprise et fut surpris qu'elle n'en profite pas pour s'échapper. Il sentit alors son corps sanglotant contre lui, la tête basse, ses cheveux cachant son visage en pleurs. Il glissa subtilement une main dans son cou et les ramena à l'arrière. Elle semblait si fragile à cet instant qu'il n'eut qu'une seule envie : la tenir contre lui pour l'éternité à venir et ne plus la quitter. Il posa son menton sur son épaule, les yeux fixant la fenêtre en face de lui, et murmura tout en la berçant :
« Parle-moi Eliane. Parle-moi. Fais-moi confiance.
- …. »
Elle pleurait encore et encore, mais dans un silence qui en vint presque à effrayer Sirius.
Il porta un doigt sur sa joue pour effacer les sillons de larmes tandis qu'elle frissonna de peur ? De plaisir ? Il fut alors étonné de l'entendre murmurer :
« Comment-comment peux-tu avoir l'envie de me toucher ? »
Les yeux de Black s'ouvrirent sous le choc de cette question qui aurait pu sembler anodine, mais qui le figea sur place. Il ne comprenait pas : pensait-elle vraiment ce qu'elle disait ? Apparemment oui. Le cœur de Padfoot se serra violemment ; se sentait-elle aussi mal que ça ?
« Eliane, crois-tu vraiment que je puisse te trouver répugnante ?
- Tu-tu ne comprends pas, tu ne me vois pas telle que je suis, déclara-t-elle la voix chevrotante. Je suis, je suis si sale, comment peux-tu me toucher ? répéta-t-elle en se dégageant brusquement de son étreinte. Regarde-moi ! dit-elle en se mettant face à lui avec rage et colère. Mes jambes sont abîmées, j'ai des multiples cicatrices dans mon dos et par-dessus tout, j'ai été…j'ai été, bafouilla-t-elle n'arrivant pas à finir sa phrase.
- Violée, compléta Sirius en se levant, le regard grave. Tu as été violée Eliane. Dis-le !
- Non, non, supplia-t-elle en mettant ses mains sur ses oreilles. »
Il s'avança vers elle et lui déboucha ses oreilles, maintenant ses bras.
« Il faut que tu comprennes Eliane, il faut que tu acceptes ce mot ! déclara-t-il fermement en la regardant droit dans les yeux. Tu as été violée par ton père, tu as été battue. Tu n'es pas sale ou répugnante et j'aurai toujours envie de te toucher ! Toujours, Eliane, affirma-t-il. Tu es belle physiquement et intérieurement. Ton père t'a salie, mais tu resteras toujours l'innocente et pure Eliane. Tu n'étais pas consentante, c'était contre ton gré. Tu n'étais qu'une enfant Eliane, tu ne pouvais rien faire, rien.
- Mais la dernière fois, j'aurais dû me méfier, j'aurais dû. Je-je l'ai mérité, je… »
Un bruit de gifle retentit alors dans la pièce, l'adolescente se tenait la joue sous le regard ancré de Sirius. La main levée, il vit les larmes couler sur ses joues tandis que ses lèvres tremblaient. Elle hoqueta, les yeux grands ouverts, ses épaules tressautèrent. Il regrettait déjà son geste, mais c'était pour son bien ! Comment pouvait-elle penser une telle chose ? Elle ne méritait rien de ce qui lui était arrivé ! Rien ! Son état d'esprit était pire que ce qu'il avait imaginé !
« Je t'interdis de penser une telle chose de toi ! Te rends-tu comptes de la portée de tes paroles ? Aurais-tu vraiment mérité d'être violée une seconde fois ? Nous aurions dû te laisser aux prises de ton père ce soir-là ? C'est ça que tu penses ? demande-t-il le regard dur.
- NON ! cria-t-elle. Non ! Je, souffla-t-elle en se laissant tomber sur le sol, je ne sais plus Sirius. Je ne sais plus… »
Les yeux de Black s'adoucirent tout en s'agenouillant à sa hauteur, passant une main dans ses cheveux qu'il caressa affectueusement. Contre toute attente, elle se jeta alors contre lui, accrochant son pull de ses poings fermés, enfouissant son visage dans le creux de son épaule en répétant inlassablement :
« Je-je suis désolée, réussit-elle à dire, désolée, pardon, pardon…
- Ce n'est pas grave Eliane. Ce n'est pas grave. Ce sera long et dur, mais te renfermer ainsi sur toi-même ne t'aidera pas, tu comprends ? Tu n'es pas seule et tu ne seras jamais seule. Il y a moi, Remus, Nymphadora et tes amis. Il faut nous faire confiance. Fais-moi confiance…
- Je-je n'y arrive pas, confia-t-elle, pas totalement.
- Oui, bien sûr, dit-il la gorge nouée, je peux comprendre. Le fait que je sois un homme te bloque ? »
Sirius vit la jeune fille hocher de la tête contre lui quelque peu confuse. Elle n'avait pas à l'être, ce n'était pas de sa faute, que pouvait-elle y faire ? Elle avait mille raisons de ne pas faire confiance aux hommes après ce qu'elle avait vécu. Seulement, au fond de lui, son cœur était meurtri, il avait mal. Aurait-il une chance avec elle ? Lui ferait-elle un jour réellement confiance ? Il l'espérait du plus profond de son âme. Il voulait la rendre heureuse, il voulait l'aimer, être à ses côtés et tout partager avec elle. Il déclara alors avec un fin sourire sur les lèvres :
« Si je comprends bien, il ne me reste plus qu'à me transformer en femme. »
Eliane releva aussitôt la tête, arrêtant de pleurer devant la réplique de celui qu'elle avait embrassé quelques jours plutôt. Un sourire s'étala alors sur son visage au travers de ses larmes qui commencèrent à sécher tandis qu'un petit rire vint remplir la pièce sous les yeux brillants de Sirius qui la rejoignit rapidement. Finalement, peut-être que tout n'était pas perdu, il réussissait au moins à la faire rire. Au bout de quelques minutes, ils finirent par cesser de rire tandis que Black effaça les dernières larmes sur ses joues et murmura :
« Je crois qu'il est temps pour toi d'aller au lit, tu sembles fatiguée. À ce rythme-là, tu vas finir par battre Remus au niveau des cernes. Le sommeil est léger ? Cauchemars ? l'interrogea-t-il en l'aidant à se relever pour la reconduire vers son lit.
- Oui, répondit-elle en détournant les yeux. Ne pourrais-je pas avoir un traitement de potion de sommeil sans rêve ? demanda-t-elle avec se triturant les doigts nerveusement.
- Je ne crois pas que ce soit la solution Eliane, tu auras continuellement ce genre de cauchemars. Or, tu ne peux pas prendre la potion de sommeil tous les soirs, tu en deviendrais dépendante. C'est mauvais pour la santé, pour ta santé, insista-t-il inquiet.
- Je comprends, soupira-t-elle en se couchant dans son lit, étant déjà en pyjama.
- Si ça ne va pas ou que tu n'arrives pas à dormir, tu peux venir me voir, proposa-t-il en sachant pertinemment qu'elle ne le ferait pas.
- Ça ira, assura-t-elle. Merci pour cette nuit, merci Sirius. »
Il hocha la tête, se pencha lentement vers elle. Étrangement, le cœur d'Eliane se mit à battre plus rapidement en repensant au baiser qu'elle avait échangé avec lui. Elle sentit alors ses lèvres se poser sur son front et l'embrasser tendrement avant de se retirer.
« Essaie de passer une bonne nuit, Eliane. N'oublie pas que je suis là, dit-il tout en la saluant avant de sortir de la chambre. »
Elle passa sa main sur son front, tout en observant la porte. Peut-être lui faisait-elle plus confiance qu'elle ne le pensait. Tout en étant dans ses pensées, elle s'allongea dans ses draps, ses yeux se fermant peu à peu, les bras de Morphée l'appelant aux pays des rêves et des cauchemars.
Au même moment, Sirius entra dans sa chambre prenant place sur le rebord de son lit, passant une main dans ses cheveux. Il était complètement déboussolé par le geste qu'il venait de faire avec Eliane. Merlin qu'il était fou d'elle. Elle l'avait laissé faire, ne cessait-il de se répéter, elle l'avait laissé faire. Cela serait difficile, mais il avait une chance, il le savait. Il ferait tout pour la saisir parce qu'il l'aimait.
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Le lendemain matin, les rayons du soleil vinrent éclairer le dortoir des filles de Serdaigle totalement désertique, et pour cause : Ambre et Joanne étaient en train de prendre leur petit-déjeuner dans la Grande Salle. Chacune d'entre elles était dans ses pensées tout en buvant leur chocolat ou café. Elles n'avaient toujours aucune nouvelle d'Eliane et cela les inquiétait fortement. Pourquoi ne répondait-elle par à leurs lettres ? Peut-être lui était-il arrivé quelque chose de grave ? Les deux amies soupirèrent en même temps dans leur boisson quand elles furent dérangées par une personne s'installant avec eux. Joanne tourna la tête et vit John assis à ses côtés le sourire aux lèvres. Décidément, il devenait un véritable pot de colle avec elle ! S'il croyait l'avoir aussi facilement, il se trompait lourdement ! Elle n'était pas stupide, ses sourires mielleux ne changeront rien à ce qu'elle pensait de lui ! Elle tourna brusquement la tête pour l'ignorer, seulement plus facile à dire qu'à faire quand on respirait le même air que lui ! Joanne jeta un coup d'œil à Ambre qui haussa tout simplement les épaules en lui faisant un signe de tête pour l'encourager à lui parler. Pour seule réponse, elle se replongea dans son bol de chocolat, continuant à manger son petit-déjeuner. Il n'était pas question qu'elle s'abaisse à lui parler ! Il finirait bien par se lasser ! Seulement, c'était mal connaître John, qui comptait bel et bien s'accrocher de toutes ses forces pour se faire pardonner et la conquérir.
Il soupira profondément, ne sachant plus quoi faire pour attirer son attention. Elle l'ignorait encore et encore, mais que pouvait-il y faire ? Pas grand chose, il l'avait bien mérité ! Il avait agi comme un crétin avec elle. Il récoltait ce qu'il avait semé. Que devait-il faire pour qu'elle accepte de l'écouter ? Il posa alors une main sur son bras pour capter son regard. Malheureusement, il eut à peine le temps de dire « Quidditch » qu'il reçut une gifle en plein visage. Les yeux grands ouverts, il vit alors Joanne se lever de table pour s'en aller, ne lui adressant même pas la parole. Elle ne lui parlait plus, elle ne disait plus de paroles blessantes à son égard, elle l'ignorait royalement ! Il pouvait entendre quelques rires moqueurs à la table des Serdaigles ; rira bien qui rira le dernier comme disait le proverbe ! Il ne se laisserait pas faire ! Il l'aurait ! Il se leva de son banc et s'élança vers Joanne la retenant par le poignet pour la retourner face à lui ! S'attendant à une nouvelle gifle, il para sa main avec facilité sous les yeux révulsés de Salder qui déclara avec hargne :
« Je t'interdis de me toucher ! Laisse-moi tranquille à la fin ! Je ne veux plus te voir, tu comprends ? C'est fini !
- Non, dit-il avec sérieux. Non, ce n'est pas fini Joanne ! Cesse de réagir comme une enfant et écoute-moi ! implora-t-il en la maintenant par le bras.
- Moi, agir comme une enfant ? C'est le monde à l'envers. L'enfant ici, c'est toi John, prononça-t-elle avec colère. Un enfant qui n'accepte pas qu'on lui résiste ! Un enfant pourri gâté et capricieux ! Je ne suis un jouet qu'on jette et qu'on reprend par la suite ! J'ai toutes les raisons pour ne pas t'écouter, je suis encore libre de faire ce que je veux ! Alors cesse de polluer mon espace vital en courant après moi ! s'exclama-t-elle en s'arrachant de son contact.
- C'est ce que tu penses de moi ? demanda-t-il, blessé par ses paroles.
- Tu ne me crois pas ? dit-elle en haussant un sourcil. Tiens regarde, voilà ta petite amie, ajouta Joanne sournoisement en voyant Spencer arriver dans la Grande Salle. Va la rejoindre et fous-moi la paix ! »
Avant que Joanne n'ait eu le temps de faire un pas, elle sentit une nouvelle pression sur son bras qui la fit tournoyer sur place pour finalement sentir deux lèvres se presser contre les siennes. Ses yeux s'ouvrirent en grand sous le choc. Elle était en train de se faire embrasser par lui ? Walker était en train de l'embrasser ? Son cœur manqua un battement, en sentant ses mains glisser sur ses hanches pour la plaquer contre lui. Les bras le long du corps, Joanne était totalement ébahie. Elle devait se dégager, ne pas se laisser faire, elle ne devait pas faiblir, non ! Voyant qu'elle ne se dérobait pas comme à l'accoutumée, il glissa sa langue sur ses lèvres, traçant le contour de sa bouche, mordillant sa lèvre inférieure pour quémander son ouverture. Ce fut alors comme un déclic chez Salder qui se recula de son étreinte et lui colla une gifle monumentale sur la joue, tout en crachant « Je te hais ! », avant de s'en aller de la salle où le silence était total.
Il fallut quelques secondes à John pour réaliser ce qu'il venait de se passer. Elle le haïssait, de mieux en mieux. Il empirait la situation de seconde en seconde. La mine dépitée, il retourna vers la table des Serdaigles où Ambre était installée.
« Tu t'y prends très mal avec Joanne, avoua Corvalis. Tu as fait une énorme bêtise en l'embrassant ainsi devant tout le monde, ça va lui rappeler le bal de Noël. »
John releva la tête et observa Ambre. Il voulut dire quelque chose, mais rien ne sortit. Quel idiot, il n'y avait pas pensé une seule minute ! Il s'y prenait comme un manche à balai avec elle…
« Pour le bal, murmura-t-il, est-ce que…
- Non, contrairement à Joanne, je ne crois pas un seul instant que tu ais pu embrasser Spencer, confia Ambre avec un sourire rassurant. Cependant, comprends-la : elle est déjà fortement blessée dans sa fierté à cause de Stanley et en plus de cela, tu l'as repoussée méchamment une première fois et maintenant, tu lui cours après. Elle pense que tu joues avec elle et ses sentiments. Cherche d'abord à gagner son amitié avant son amour. Cesse de coucher à droite et à gauche avec les filles, montre-lui que tu peux agir avec maturité et sincérité. Attends que les vacances se terminent et que cette histoire de bal de Noël se tasse pour tenter une nouvelle approche. Connaissant Joanne, elle doit bouillonner de rage à l'heure qu'il est.
- Merci pour tes conseils Ambre. Comment se fait-il qu'une fille comme toi puisse être encore célibataire ? s'interrogea-t-il curieux.
- Que veux-tu, on ne peut pas tout avoir dans la vie, souffla-t-elle en portant son regard sur Laura. »
Pendant ce temps-là, personne ne vit Spencer sortir précipitamment de la salle, les yeux remplis de larmes face à la scène à laquelle elle avait assisté contre son gré. Il avait embrassé Salder devant elle ! L'aimait-il vraiment ? Pourquoi avait-elle si mal ? Pourquoi ? Elle courait dans les couloirs du château. Elle courait encore et encore. Son cœur était en morceau, elle l'aimait, mais lui…lui, non. Il lui avait pourtant dit, mais elle avait espéré. Espéré quoi d'ailleurs ? Qu'il revienne ? Quelle naïve faisait-elle ! L'amour rendait-il aveugle à ce point-là? Tracy tamponna alors une personne qui la fit tomber lourdement sur le sol. Elle grimaça de douleur tout en relevant son visage ravagé par les larmes et déclara en colère :
« Vous ne pouviez pas faire attention espèce d'empoté !
- Je suis vraiment désolé, déclara le jeune homme en passant une main nerveuse dans ses cheveux. Vous ne devriez pas courir ainsi dans les couloirs, ça peut êtredangereux ! prévint-il.
- Occupez-vous de vos affaires ! Vous pourriez au moins me proposer votre main pour m'aider à me remettre debout ! claqua-t-elle sèchement.
- Oh oui, bien sûr. »
En quelques minutes, Tracy se retrouva face à l'adolescent qui l'avait bousculé, un Serpentard au vu de son écusson. C'était la première fois qu'elle le voyait : ses cheveux étaient châtain clair et ses yeux d'un vert pomme si lumineux qu'on avait l'impression qu'au soleil un millier d'étoiles y résidait. Le cœur de la jeune fille manqua un battement puis se sentit étrangement plus sereine. Il était plus grand qu'elle et très bien bâti. Un joueur de Quidditch peut-être ? Elle fut alors sortie de ses songes par sa voix :
« Je me présente, Eric Carter, je suis en septième année, annonça-t-il, ne cessant de la détailler. Quant à toi, suivant ton écusson et ta chevelure blonde, tu dois être Tracy Spencer. »
La jeune fille en question recula d'un léger pas, l'observant avec méfiance. Elle dit alors avec suffisance :
« Bravo à toi, finalement tu n'es pas si empoté que ça. »
À son grand étonnement, il éclata de rire. Il se moquait d'elle ou quoi ? C'était bien un Serpentard ! Voyant son expression, le jeune Carter cessa de rire et ajouta :
« Désolé de t'avoir donné une si mauvaise impression de moi, je n'ai pas pour habitude de tamponner des jeunes filles tous les jours. Sinon, il n'est pas bien difficile de te connaître très chère Tracy au vu de ta réputation…
- Ah oui ? Et quelle réputation ai-je ? demanda-t-elle durement.
- Eh bien, aux dernières nouvelles, une petite garce qui fait tout pour arriver à ses fins et détruire quelques personnes que tu n'aimes pas spécialement, sûrement pas pure jalousie. »
Tracy serra fortement les poings, la mâchoire contractée, ses yeux lançant des éclairs puis se retourna pour rebrousser son chemin ! Il ne méritait même pas qu'elle gaspille sa salive pour lui ! Comment osait-il lui parler ainsi ? Quel sale type ! Qu'il aille en enfer ! Elle sentit alors une main se poser sur son épaule et Eric lui dire :
« Attends, tu ne m'as pas laissé terminer !
- Je n'ai pas besoin d'entendre la suite. Au plaisir de ne pas te revoir, déclara-t-elle en ne daignant même pas lui porter un regard.
- C'est bien dommage, car j'aurais bien aimé connaître la véritable personne qui se cache derrière cette apparence frigide et de petite pimbêche, ou de garce comme tu préfères ? rectifia-t-il avec une moue moqueuse. »
La jeune Gryffondor stoppa sa marche, était-il vraiment honnête avec elle ? Quel étrange personnage ! Il avait une drôle de manière de se comporter avec elle. Cependant, c'était la première fois qu'on se conduisait ainsi avec elle. Voulait-il vraiment la connaître ? Tracy se retourna vers lui, il l'attendait debout contre le mur, les bras croisés, une lueur brillant étrangement au fond de ses iris. Qu'était-ce ? De la curiosité ? De la malice ? De l'amitié ? Ou plus ? Son ventre se noua sur cette simple pensée. Elle passa une main furtive sur son visage pour s'essuyer les yeux et s'avança vers le jeune homme en question. Après tout que risquait-elle ? Pas grand chose ; au pire, elle serait déçue une nouvelle fois, mais n'en avait-elle pas l'habitude maintenant ? Qui ne tente rien n'a rien.
« Enchanté de faire ta connaissance Tracy, déclara-t-il »
La journée n'était pas si mauvaise finalement.
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Au même moment, au 12 Square Grimaurd, Eliane était dans la cuisine, habillée d'une robe bustier noire avec des collants opaques recouvrant ses jambes et un gilet sur ses épaules pour la conserver du froid. La jeune fille préparait activement le petit-déjeuner pour les habitants de la maison qui dormaient toujours. Elle fit griller quelques toasts, chauffer du café, cuire des œufs avec du bacon tout en mettant la table. Elle avait toujours aimé faire la cuisine. C'était un moyen de détente et puis c'était une façon de les remercier pour leur hospitalité ! Tout en surveillant la cuisson des toasts, elle pensa à cette nuit où Sirius l'avait rejointe.
Comment devait-elle se comporter avec lui ? Comment réagirait-il après ses confessions d'hier ? Il semblait s'inquiéter pour elle. Tenait-il réellement à elle ? C'était si étrange, elle n'avait pas pour habitude qu'on s'occupe d'elle, qu'on se fasse du souci pour elle. Sauf ses amis bien sûr, mais c'était différent ! On parlait de Sirius ici. Celui qu'elle avait embrassé. Celui à qui elle tenait suffisamment pour se laisser un tant soit peu faire. Celui avec qui elle se sentait en sécurité alors que c'était un homme ! Éprouvait-elle vraiment de l'amour pour lui ? Était-ce ça aimer ? Elle se souvenait que Joanne lui avait dit une fois que lorsqu'on était en présence d'une personne qu'on aimait, on se sentait bien, rassuré, qu'on avait sans cesse envie d'être avec lui ou elle, on avait l'impression de planer sur un petit nuage, envie d'être dans ses bras, de l'embrasser, de le connaître, et lorsque cette personne était loin de nous, on se sentait terriblement vide.
Bizarrement, c'est ce qu'elle ressentait avec Sirius sauf qu'en ce moment, elle le fuyait. Seulement, elle ne pourrait pas le faire indéfiniment : les cours allaient bientôt reprendre, c'était son professeur ! D'ailleurs, une relation entre professeur et élève n'était-elle pas interdite ? Elle savait que dans le règlement de Poudlard, il prohibait totalement ce genre de situation ! Elle grimaça quelque peu en sachant qu'ils avaient déjà enfreint cette règle durant la soirée du bal, s'étant embrassés. Merlin, dans quoi s'était-elle fourrée ? Que risquait-elle ? Que risquait Sirius ? Elle soupira profondément, tout en passant une main dans ses cheveux libres. Elle y réfléchirait plus tard. Eliane prit la poêle et versa les œufs dans l'assiette, elle se retourna pour alors foncer dans une personne qui lui fit tomber le bien qu'elle tenait entre ses mains. L'assiette se fracassa en mille morceaux sur le sol, rependant son contenu.
La jeune fille s'agenouilla rapidement, ramassant les débris tout en murmurant :
« Je suis désolée, vraiment, je ne l'ai pas fait exprès, je suis désolée, pardon, je… »
Elle sentit alors une main se poser sur son épaule qui lui fit faire un sursaut tout en croisant les yeux ambre de Remus qui l'observait avec compassion.
« Ne sois pas désolée, c'est de ma faute. Ce n'est pas grave Eliane, c'est juste une assiette brisée, dit-il en sortant sa baguette en prononçant un « Reparo » et un « Recurvite ».
Lupin posa son regard sur la table et avec un sourire, il déclara :
« C'est un beau déjeuner que tu viens de nous faire, merci à toi. »
Pour simple réponse, elle hocha la tête gênée des compliments de son professeur. Elle vit alors Remus s'installer à table tout en servant du café. Il jeta un coup d'œil à son élève qui était toujours debout, le regard baissé. Il fronça quelque peu des sourcils et demanda :
« Tu ne viens pas t'asseoir ? »
Cette question sembla la faire sortir de sa léthargie puis elle rejoignit Remus, s'installant en face de lui en attendant le réveil de Sirius et Nymphadora. Le silence était total dans la pièce, le sorcier ne cessait de l'observer ; elle ne prenait rien à manger comme ces derniers jours. N'avait-elle donc pas faim ? Comment faisait-elle pour tenir avec le peu qu'elle avait dans le ventre ? Elle finirait par avoir un malaise si elle continuait sur cette voie ! Il prit alors une assiette de bacon et d'œufs brouillés qu'il glissa sous son nez et yeux interrogateurs.
« Il faut que tu manges Eliane, dit-il avec fermeté ne lui laissant pas le choix. »
Il la vit alors se saisir des couverts et entreprendre son repas tout en grimaçant à chaque bouchée qu'elle avalait. Il se faisait du souci pour Eliane ainsi que sa femme et Sirius. Ici, il pouvait la surveiller, la forcer à manger, mais une fois à Poudlard, que ferait-elle ? Il serait trop loin pour veiller sur elle. Si seulement elle avait bien voulu prévenir ses amis sur son état, il se sentirait plus rassuré et Padfoot aussi. Il tourna alors la tête en voyant Nymphadora enter avec son cousin.
« Je ne te connaissais pas des talents de cuisinier mon chéri, dit la jeune femme en se penchant vers son mari pour l'embrasser furtivement sous les yeux embarrassés d'Eliane.
- Je n'ai pas fait ce petit-déjeuner, c'est Eliane, répondit-il.
- Je me disais aussi, déclara Sirius en prenant place aux côtés de West. Déjà que tu ne sais même pas faire cuire des pâtes, alors des œufs…, se moqua-t-il.
- Tu peux rire ! En attendant, je te rappelle que ce n'est pas moi qui avais failli faire brûler la cuisine de Lily en essayant de produire un gâteau au chocolat ! répliqua Remus avec une moue moqueuse et les yeux pétillants de malice.
- Espèce de traître !
- Maraudeurs un jour…
- Maraudeurs toujours, compléta Sirius avec un sourire.
- Ah les hommes, soupira Nymphadora en lançant un clin d'œil à Eliane qui sourit brièvement devant tant de complicité. Sinon, que diriez-vous de faire un peu les boutiques cet après-midi? proposa-t-elle en prenant des toasts avec de la confiture de fraise.
- C'est une bonne idée, confirma son cousin, nous pourrions aller sur le Chemin de Traverse ?
- Oui, pourquoi pas, dit Lupin en hochant la tête. Qu'en penses-tu Eliane ?
- Moi ? Oh, euh, oui, oui bien sûr, bafouilla-t-elle.
- Parfait ! déclara Sirius en lançant un sourire éclatant vers sa bien-aimée qui rougit. »
Eliane ne vit pas le regard échangé entre Moony et Padfoot. Sa cousine avait eu une excellente idée en proposant cette sortie ! Il allait se retrouver seul avec elle. Une occasion pour se rapprocher d'elle. D'autant plus que cela lui changerait les idées noires qu'elle avait en tête. Sortir, voir du monde et faire les emplettes ne pouvait que lui faire du bien et la débrider un peu de son mutisme. Un fin sourire s'installa sur ses lèvres tout en mangeant le petit-déjeuner d'Eliane, qui était succulent ! Il en profiterait aussi pour lui faire un cadeau de Noël. Oui, décidément cette promenade serait une bonne occasion pour être avec elle. Vivement cet après-midi…
Oui, je sais, j'ai été longue pour publier ce chapitre : près de trois semaines. Je suis sincèrement désolée, mais je bosse un peu cet été et comme je rentre tard le soir, je suis un peu crevée. Le prochain chapitre arrive bientôt. Sinon qu'avez-vous pensé de ce chapitre ? Je sais, j'ai encore coupé au mauvais moment, je suis sadique hein ? Le prochain chapitre sera assez concentré de tomate sur Sirius/Eliane avec du Ambre/Laura à Poudlard aussi. Alors selon vous, est-ce que ce mystérieux Eric Carter va avec Tracy ? Va-t-il réussir à la faire changer ? Et John va-t-il réussir à conquérir Joanne ? Il s'y prend comme un pied avec elle lol. Et Ambre et Laura vont-elles se mettre ensemble ? Mouah mouah, tant de questions sans réponse, enfin pour l'instant ahahha….
Reviews Please ?
Lia-Sail.
