Chapitre 15 : Déclaration ?
Quelques heures plus tard, le petit quatuor, Sirius, Remus, Tonks et Eliane se préparaient pour se rendre sur le chemin de Traverse. D'un commun accord, ils avaient décidé d'y aller à pied, habitant non loin du lieu principal. Les trois adultes attendaient patiemment la jeune fille, dans le hall d'entrée, qui s'était rendue dans sa chambre pour se préparer. Quelques minutes plus tard, ils la virent descendre les marches de l'escalier, habillée de sa cape avec l'écusson de Serdaigle, de son écharpe et d'une paire de gants qui semblait un peu trop petite. Sirius ne cessait de l'observer de haut en bas. Pourquoi portait-elle l'habillement de Poudlard ? N'avait-elle pas de manteau ? Ne possédait-elle pas une autre écharpe ? Il remarqua alors que ses vêtements semblaient usés et trop petits pour elle, dont la cape un peu courte. Il n'y avait jamais fait spécialement attention et à dire vrai, il doutait fort qu'une personne y ait attaché de l'importance jusqu'à maintenant
Voyant que les sorciers ne cessaient de la regarder, Eliane rougit légèrement, honteuse de ne pas pouvoir porter autre chose pour une sortie en dehors de Poudlard. Malheureusement, elle n'avait jamais débordé d'argent ; elle économisait au maximum sur ses dépenses, attendant jusqu'au dernier moment pour acheter une nouvelle cape ou de nouveaux vêtements. Personne ne s'y était jamais attardé à part Spencer et sa compagnie, la traitant de «clocharde » ou de « mendiante ». Peut-être que cela dérangeait ses professeurs de sortir avec une fille qui portait des vêtements quelque peu miteux ? Que pouvait-elle bien y faire? Ce n'était pas de sa faute si son père avait refusé de subvenir à ses besoins peu de temps après son entrée à Poudlard ! Au seul souvenir de son père, elle frissonna et devint aussi blanche qu'un cachet d'aspirine. Et si elle venait à rencontrer son père dans la rue ? Que ferait-il ? Que ferait-elle ? Ses professeurs ne la laisseraient pas repartir ? Non, Sirius lui avait promis. Décidément, cette sortie était une mauvaise idée, elle ferait mieux de rester ici. L'adolescente fut alors sortie de ses songes par la voix de Remus Lupin :
« Il serait préférable que tu portes autre chose Eliane. Tu n'es pas sensée être avec nous et plus tu te feras discrète, mieux ce sera. Surtout que les élèves de Poudlard ne doivent pas fréquenter les professeurs, ajouta-t-il calmement.
-Oh, réussit-elle à prononcer, la sortie était donc bel et bien fichue. Je n'ai rien d'autre à me mettre, murmura-t-elle la tête basse, devant l'air ébahi des sorciers.
-Tu n'as pas une veste ou un manteau pour cet hiver en dehors de ta cape ou une autre écharpe ? demanda Nymphadora.
-Non, souffla-t-elle en fermant les yeux. Je suis désolée, je-je vais rester ici. C'est mieux ainsi. »
Elle entendit alors un soupir et des pas s'en aller vers une autre pièce. Elle était un véritable fardeau pour tout le monde. Pourquoi n'était-elle pas morte avec sa mère et sa sœur ? Non, non, elle n'avait pas le droit de penser ça ! Sa mère était morte pour elle ! Elle devait vivre, aussi dur cela était-il ! Elle sursauta alors en attendant une voix l'appeler.
« Eliane ? »
La concernée releva la tête et vit Sirius muni d'une cape en velours noir avec une capuche à l'arrière. Un sourire effleura ses lèvres sous les yeux brillants de Black qui lui donna le vêtement, sachant qu'elle supportait peu les contacts ces derniers jours. Elle défit sa propre cape et enfila la nouvelle qui était beaucoup plus chaude et convenue pour l'hiver. Eliane s'emmitoufla dedans, appréciant la texture entre ses doigts aussi douce que de la soie. Elle sentit alors une main dérouler son écharpe bleu et argenté puis en mettre une autre à sa place, d'un beau blanc étincelant.
« Voilà qui est beaucoup mieux, entendit-elle dire, reconnaissant la voix de Remus. Nous pouvons y aller, maintenant. Tu as ta baguette sur toi Eliane ? »
Celle-ci hocha la tête en signe de confirmation puis suivit ses trois professeurs en dehors de la maison, sentant les flocons tomber sur elle et s'accrocher dans ses cheveux pour finalement fondre au contact de la chaleur. Les yeux rêveurs et pétillants d'une nouvelle lueur enfantine, oubliant ses soucis, elle se laissa aller à la magie et à la féerie de Noël sous les yeux rieurs et enjoués de Sirius et ses amis. Finalement, Nymphadora avait eu une excellente idée !
La neige craquait sous le poids de leurs pas, les vitrines illuminées et scintillantes de mille feux sous le regard d'Eliane qui semblait émerveillée par cette ambiance. Elle n'avait pas eu souvent l'occasion de sortir en grande ville durant les vacances de Noël, la plupart du temps restant à Poudlard ou chez elle, enfermée dans sa chambre. Sirius ne cessait de l'observer ; elle paraissait plus radieuse, retrouvant la jeune fille qu'il avait connue à Poudlard. Il était rassuré de voir encore cette facette chez Eliane, rassuré que son monstre de père ne lui ait pas volé toute sa joie et son innocence. Il n'avait qu'une seule envie, prendre sa main dans la sienne et marcher à ses côtés dans ces rues de Londres. Cependant, il se retenait. Il doutait que ce geste soit accepté avec euphorie par l'adolescente et avec une grande considération par Remus. Il soupira légèrement, s'attirant le regard interrogateur de Moony. Il secoua la tête en signe de négation, signifiant qu'il n'avait pas à s'inquiéter.
Sirius enviait son ami et sa cousine qui pouvait s'afficher sans l'once d'un problème. Il était heureux pour eux, tout semblait aller pour le mieux en ce moment. Cependant, Padfoot avait eu les confidences de son ami sur son inquiétude au sujet du bébé. Serait-il Lycan comme son père ? Telle était la question et Remus ne pouvait s'empêcher de se torturer face à cette interrogation même si Sirius avait essayé de le rassurer.
Néanmoins, Padfoot ne pouvait s'empêcher de le comprendre ; il connaissait bien Remus pour savoir que celui-ci s'en voudrait à vie d'avoir donné sa malédiction à son enfant. Il ne restait plus qu'à espérer que le bébé ait hérité des gênes de sa cousine. Il le saurait bien assez tôt puisque le couple avait été convoqué pour un contrôle de grossesse vers mi-janvier.
Le couple Lupin avançait lentement, main dans la main, à travers la rue menant au Chaudron Baveur tandis que Sirius marchait à l'arrière, mains dans les poches, ne lâchant pas des yeux Eliane qui semblait hypnotisée par quelque chose. Il fronça quelque peu les sourcils et dirigea son regard vers le point que fixait West : des parents avec son enfant. Il déglutit passablement sachant à quoi elle devait penser : une famille unie et aimante envers son enfant. Quoi de plus merveilleux pour Eliane ? Rien. Elle aurait aimé connaître ces moments partagés avec ses parents quand elle était enfant. Peut-être en avait-elle vécu de similaire avec sa mère, mais aucun souvenir ne voulait ressurgir ! Seuls ceux de cette nuit orageuse tournaient en boucle dans son esprit. Douleur, tristesse, peur. Voilà à quoi se résumaient son enfance et son adolescence avec sa famille. Pourtant, elle avait dû connaître des moments de bonheur avec sa mère ? Alors pourquoi sa mémoire faisait-elle des siennes, ne se rappelant que des mauvais souvenirs ? Elle sursauta légèrement en sentant une main réconfortante se poser sur son épaule, la sortant de sa léthargie et de ses pensées. Eliane tourna la tête vers Sirius, lui offrant un maigre sourire.
« Viens, souffla-t-il en l'emmenant avec lui pour rejoindre Remus et Tonks qui n'avaient pas fait attention à cette interruption. »
Eliane hocha la tête et le suivit, marchant à ses côtés. Elle se sentait gênée d'avoir été prise à cette flânerie. Quelques minutes plus tard, ils arrivèrent devant le Chaudron Baveur, entrant dans le lieu bondé de monde, comme à son habitude. Le quatuor se fit un chemin vers la sortie, arrivant devant le fameux mur qui les séparait du Chemin de Traverse. Elle vit le professeur Lupin sortir sa baguette et la taper sur les briques. Peu à peu, le mur de brique s'ouvrit, dévoilant le lieu dans toute sa beauté. La neige recouvrait toute l'allée, les boutiques étaient finement décorées et l'ambiance chaleureuse. Eliane fut étonnée de voir peu de monde et comme pour répondre à sa question, Nymphadora dit :
« Les gens vont plus souvent à Pré-au-Lard pour les fêtes de Noël et puis certains sont partis en vacances et d'autres préfèrent rester chez eux par ce temps glacial. C'est relativement calme en après-midi.
-C'est encore mieux que durant l'été, déclara Eliane. C'est magique ! »
Elle entendit alors le rire de Remus et Sirius. West fit alors la moue devant l'air moqueur qu'ils abordaient, tout en disant :
« N'oublie pas Eliane que tu es dans un monde magique. Ta phrase est quelque peu enfantine et inappropriée, répliqua gentiment Sirius en riant. »
Pour seule réponse, elle lui tira la langue, oubliant à qui elle s'adressait. Elle mit alors ses mains devant sa bouche, horrifiée par ce qu'elle venait de faire ! Merlin, c'était ses professeurs. Elle rougit jusqu'à la pointe des cheveux sous les airs hilares des Maraudeurs et de Tonks, vite rejoints par Eliane qui passa en même temps une main dans ses cheveux, quelque peu embarrassée. Elle croisa alors le regard gris acier de Sirius rempli de douceur et de quelque chose dont elle n'arrivait pas à identifier.
« Bon, ce n'est pas tout ça les amoureux, dit Tonks en voyant l'échange intense, mais mon cher mari et moi avons des emplettes à faire pour le futur bébé. On se rejoint dans quelques heures chez Florian ? proposa Nymphadora en faisant un clin d'œil à son cousin.
-D'accord, n'épuise pas trop ton mari en question. Et pas trop de rose en vêtement, n'oublie pas que ça pourrait être un garçon ! »
Sa cousine en question lui mit alors une tape à l'arrière du crâne, tandis que Remus répondit :
« Ne t'inquiète pas, je suis là pour surveiller ses achats, on y va Nymphadora ? Un long après-midi nous attend… »
La jeune femme se retourna vers son mari et passa son bras en-dessous de celui de Remus, se collant à lui, tout en lui parlant à l'oreille, marchant tranquillement à ses côtés. Il formait un très beau couple, et original aux yeux d'Eliane. Le professeur Lupin semblait mal à l'aise d'être croché ainsi par Nymphadora qui souriait. La jeune Serdaigle repensa alors aux paroles de Tonks qui les avait décrits comme « des amoureux » avec Sirius. Était-ce le cas ? Leur relation était si ambiguë. Comment la définir ? Qu'étaient-ils réellement ? Ils s'étaient embrassés, mais depuis, plus rien. Juste des regards échangés et des gestes réconfortants. Qu'éprouvait-il à son encontre ? Elle rougit légèrement en repensant aux mots qu'elle avait inscrits sur la vitre du train avant son départ. S'en souvenait-il ? Peut-être qu'il ne l'aimait pas ? Peut-être qu'il ne voulait pas avoir une relation sérieuse ? N'était-elle qu'une passade ? Elle secoua alors la tête, se trouvant totalement stupide ! Elle avait l'impression de devenir comme ces adolescentes dans les romans à l'eau de rose. Qu'importe qu'il l'aimât ou pas, elle n'était même pas sure de pouvoir l'embrasser de nouveau sans se sentir révulsée. Eliane eut la chair de poule au souvenir de son père, la caressant, l'embrassant, prenant son innocence. Elle se dégoûtait tellement ! Sans s'en rendre compte, sa respiration se fit plus accrue, plus forte et elle eut mal à la gorge, mal à la poitrine. Cherchant de l'air, elle avait l'impression d'étouffer, qu'un poids énorme reposait sur sa poitrine, l'empêchant de respirer normalement. La jeune West sentit alors deux mains prendre son visage en coupe et deux yeux gris aciers se plonger dans les siens.
« Respire Eliane, calme-toi, détends-toi. Tout va bien, ne cessait de murmurer Sirius, tout en glissant ses mains sur ses épaules, la frictionnant gentiment. »
Doucement, sa respiration redevint normale, rassurant l'héritier des Black. Pourquoi avait-elle eu cette crise d'angoisse ? À quoi avait-elle pensé ? Adossés contre une boutique à l'écart du monde, il lui demanda :
« Ça va mieux ? »
Pour seule réponse, elle hocha la tête, honteuse de sa faiblesse. De mieux en mieux ; si elle venait à faire des crises d'angoisses juste en pensant à son père, elle n'était pas sortie de son calvaire ! Que devait penser Sirius ?
« Tu veux rentrer Eliane ? Je comprendrais, proposa le sorcier.
-Non, non, s'il te plait, ça va, vraiment, assura-t-elle. »
Elle sentit alors un grand vide en elle quand Sirius vint à enlever ses mains. C'était étrange ; elle aurait dû être gênée ou mal à l'aise par ce contact, mais elle n'y avait pas vraiment pensé. Au contraire, elle s'était sentie en sécurité comme la fois où il l'avait portée. Lui faisait-elle confiance à ce point-là ? Pourtant, il était un homme. Pourquoi ne se laissait-elle pas autant approcher par le professeur Lupin ? Lui aussi s'était montré attentionné et gentil à son égard ! Y avait-il plus que de la confiance ? Peut-être. Elle ouvrit grand les yeux devant l'idée qui lui avait traversé l'esprit. Bien sûr, c'était si évident : ce n'était pas de la confiance, c'était bien plus que ça ! C'était de l'amour tout simplement. Elle lui faisait confiance parce qu'elle l'aimait ! Seulement, cela suffirait-il ?
Eliane fit un sourire rassurant à Sirius qui l'entraîna vers la banque Gringotts pour y prendre des galions. Quelques minutes plus tard, ils en ressortirent côte à côte, marchant dans le plus profond des silences.
« Où allons-nous ? demanda Eliane, curieuse. »
Il lui fit un grand sourire en guise de réponse pour finalement s'arrêter devant la boutique de Mme Guipure, réputée pour les vêtements de qualité qu'elle confectionnait. La jeune fille haussa un sourcil interrogateur. Que voulait-il faire ici ? S'acheter une cape ? Il ouvrit la porte dans un tintement de clochette et l'invita à entrer en premier. Eliane avança prudemment dans la boutique, regardant avec des yeux émerveillés les robes, les capes, les pantalons ou les hauts étalés et exposés à travers tout le magasin. C'était tout simplement magnifique. Une femme s'avança vers eux, grand sourire aux lèvres, une paire de lunettes sur son nez aquilin, coiffée d'un chignon un peu lâche et bien habillée. Sans aucun doute la patronne de la boutique…
«Mr. Black, quel plaisir de vous revoir ici ! s'exclama la sorcière d'un certain âge.
-Bonjour, Mme Guipure. Comment allez-vous ? Les affaires marchent bien ?
-Bien mieux depuis la fin de cette horrible guerre. Les gens reprennent lentement, mais sûrement leurs habitudes quotidiennes, ça fait plaisir à voir, répondit-elle en remontant légèrement ses lunettes, les yeux pétillants. Oh, mais que vois-je ? dit-elle en tournant son regard vers Eliane. Cette jeune femme vous accompagne ?
-Oui, répondit fièrement Sirius en se rapprochant d'elle tout en déposant une main dans son dos.
-Décidément, vous avez toujours aussi bon goût, ajouta-t-elle avec un clin d'œil, faisant rougir sur place la concernée. Vous venez pour vous ou…
-Non, cette fois-ci, je viens pour cette jeune femme en question, confia le Maraudeur. »
Eliane releva aussitôt la tête. Qu'avait-il dit ? Ils étaient venus ici pour elle ? Il ne comptait quand même pas lui acheter des vêtements ?
« Oh ? fit la sorcière en les regardant alternativement. Toutes mes félicitations ! déclara-t-elle heureuse. Vous êtes ensemble depuis longtemps ?
-C'est à dire que, euh, marmonna Eliane, rougissante de la tête au pied.
-Ça ne saurait tarder, révéla Sirius avec un sourire à l'attention d'Eliane.
-Formidable ! Vous faites un très beau couple ! prononça Mme Guipure, enjouée. Que vous faut-il ? Une robe de mariée ? demanda-t-elle en riant joyeusement.
-Non, rigola Sirius, mais qui sait ? Peut-être un jour, répliqua-t-il, surprenant Eliane dont le cœur manqua un battement. »
Elle s'imagina alors en robe de mariée, accompagnée de Sirius. Merlin, elle délirait complètement ! Cependant, c'était un très beau rêve. Était-il sérieux en parlant de mariage avec la sorcière ou encore de se mettre ensemble ? Voulait-il vraiment d'elle ? Une douce chaleur se diffusa en elle sans trop savoir pourquoi, elle se sentait plus légère. Elle fut alors sortie de ses songes par la voix de la sorcière, qui l'emmena rapidement vers le fond de la boutique, suivie de près par Sirius pour faire des essayages. Elle n'avait même pas entendu ce qu'avait demandé son compagnon à la gérante ! Eliane fut poussée dans une cabine d'essayage, tandis que Selena Guipure referma le rideau sur la jeune fille qui eut tout juste le temps de voir Black s'installer dans un fauteuil.
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Pendant ce temps-là, à Poudlard, Ambre marchait seule dans les couloirs du château, la tête basse, le sac sur son épaule. Elle revenait de la bibliothèque où elle avait travaillé sur ses devoirs pour la rentrée qui se ferait dans quelques jours. Elle avait espéré voir la jeune Floyd qui y venait souvent, mais personne. Rien. À croire que la Gryffondor faisait tout pour l'éviter ! Pourquoi ce revirement soudain ? Pourquoi ? Elles s'étaient embrassées, elles avaient dansé ensemble. Avait-elle honte ? Regrettait-elle ? Peut-être qu'elle s'était fait des illusions ? Laura ne devait rien éprouver pour elle. Sinon, elle ne réagirait pas ainsi en sa présence. Elle avait dû la dégoûter. Ambre se mordit violemment les lèvres pour empêcher les larmes de couler. Elle avait l'impression qu'on lui arrachait une partie de son être, c'était terriblement idiot ! Elle la connaissait à peine et pourtant elle s'était attachée à Laura de façon surréaliste ! Elle aurait aimé qu'Eliane soit là, avec elle ; elle aurait trouvé les mots adéquats et savoir quoi faire comme d'habitude. Eliane, où était-elle ? Que faisait-elle ? Personne n'avait de ses nouvelles. Ambre avait ce sentiment au plus profond d'elle-même que quelque chose de grave s'était produit, mais quoi ? Telle était la question. Eliane, son amie, lui manquait : ses sourires, son rire, son amitié. Pourvu qu'elle aille bien…
La jeune Corvalis soupira profondément, s'adossant sur le rebord d'une fenêtre, observant le parc recouvert d'un épais manteau blanc. Elle aimerait tellement pouvoir parler à Laura, s'expliquer avec elle. Ambre soupira une énième fois provoquant un nuage de buée sur la fenêtre lui cachant la vue du parc. Les épaules et le moral au plus bas, elle se retourna et reprit sa route vers sa salle commune, espérant y trouver sa meilleure amie Joanne.
Alors qu'elle tourna sur la droite, ses yeux furent attirés par une silhouette qu'elle reconnaîtrait entre mille! C'était elle, Laura ! Se réveillant de sa léthargie, Ambre accéléra le pas, se mettant à courir après l'élue de son cœur.
« Laura ! cria la Serdaigle, attirant ainsi l'attention de la concernée qui stoppa dans sa marche. »
La dénommée Laura était complètement interdite, voire pétrifiée. Elle avait reconnu sa voix, c'était Corvalis ! Qu'allait-elle faire ? Elle ne pouvait pas de nouveau la fuir. Pas cette fois en tout cas, elle était coincée. Elle sursauta légèrement en sentant une main se poser sur son épaule qui la fit retourner. Le cœur de Floyd manqua un battement tandis que sa bouche se fit sèche en voyant le visage de la Serdaigle. Elle était vraiment jolie, pas canon ou superficielle comme toutes ces filles. Non, jolie, tout simplement. Elle aimait beaucoup la couleur de ses yeux. Mais que racontait-elle ? Elle divaguait de nouveau ! C'était une fille, une fille et pas un homme ! Alors pourquoi se sentait-elle aussi étrange en sa présence ? Pourquoi pensait-elle autant à Ambre ? Tout cela la dépassait ! Elle n'avait jamais été attirée par une fille avant ! Elle n'avait jamais posé le moindre regard sur le corps d'une femme ou sur ses formes ! Pourquoi elle ? Elle ne connaissait rien de Corvalis, strictement rien ! Et pourtant, elle l'avait laissé l'embrasser, elle avait dansé avec elle au bal, se sentant bien en sa présence, rassurée, protégée. Sa voix la sortit alors de ses songes et multiples questions sans réponse.
« Laura ? Parle-moi, pourquoi me fuis-tu ?
-Je ne te fuis pas, répliqua-t-elle d'un ton acerbe et froid, c'est juste ta présence qui m'indispose ! claqua-t-elle sèchement en voyant le visage d'Ambre se décomposer. »
Elle était horrible. Oui, elle agissait de façon puérile, mais tout cela lui faisait peur, c'était nouveau pour elle. De toute manière, elle finirait par se lasser comme tous les autres avant. Elle ne voulait plus souffrir inutilement. Elle ne voulait pas lui accorder sa confiance pour finalement être déçue et voir son visage d'ange être dégoûté par les marques sur ses bras ou sur son corps. Eliane avait peut-être accepté avec une facilité déconcertante, mais pour Ambre… Non, elle ne pourrait pas, elle avait trop peur, peur de ses sentiments qui allaient la trahir un jour ou l'autre. Il lui fallait prendre de la distance !
« Pourquoi agis-tu ainsi avec moi ? Est-ce que je te dégoûte à ce point ? Tu regrettes le baiser qu'on échangé ? Tu-tu n'as pas aimé ? demanda Ambre en la regardant droit dans les yeux.
-Tu veux vraiment savoir la vérité ?
-Oui, répondit fermement la jeune fille.
-Tu me dégoûtes ! Je regrette d'avoir pu embrasser une fille. Ne m'approche plus, ta présence m'horripile ! déclara Laura avec un goût d'amertume dans la bouche. Sur ce, au plaisir de ne plus te revoir, ajouta-t-elle en tournant les talons. »
Seulement, c'était sans compter la détermination d'Ambre qui ne croyait pas un seul mot de la jeune Floyd. C'est alors que Laura sentit une main la retenir par le poignet puis la retourner face à elle. Pas un mot n'était dit. Yeux dans les yeux, Laura était figée sur place par l'intensité du regard de Corvalis. La Serdaigle glissa ses mains le long de ses hanches et la colla contre le mur derrière eux. Elle souffla alors dans le creux de son oreille :
« Il faut que tu sois plus convaincante que ça Laura. Étrange que je ne te sente pas frissonner de dégoût par cette proximité. À moins que tout cela ne soit que mensonge. Oseras-tu me le dire droit dans les yeux que tout ce que tu viens de m'avouer était vrai ? »
Ambre ne cessait de regarder la jeune fille et si elle ne s'était pas retenue, elle l'aurait embrassée sur place tellement elle la trouvait belle et à son goût, avec un caractère comme elle les aimait. Elle pouvait sentir son souffle chaud caresser son visage tandis que son regard était dans le vide. À quoi pensait-elle ? La Serdaigle se rapprocha de Laura pour littéralement se coller à elle en quête d'une réponse.
« Dis-moi la vérité pourquoi me fuis-tu ? questionna-t-elle.
Il paraît si simple pour toi d'être avec moi, mais ce n'est pas mon cas, répondit Floyd avec sincérité. Tout est nouveau pour moi et cela me fait peur. Écoute, laisse-moi du temps. On se connaît à peine et-et je ne suis pas habituée qu'on me colle autant ! Dans tous les sens du terme, crut bon d'ajouter Laura en posant son regard sur les mains d'Ambre. »
Corvalis haussa un sourcil et sourit légèrement devant cette franchise quelque peu acidulée, tout en retirant ses mains.
« Alors, tu acceptes quand même que je vienne te parler ou qu'on essaye d'apprendre à se connaître ? Tu me laisses une chance ? »
Pour seule réponse, Laura hocha la tête en rougissant légèrement, quelque peu gênée par la situation. Elle ne savait pas où ça allait la mener. Avait-elle fait le bon choix de lui faire confiance ? Après tout, Corvalis était une amie d'Eliane. Floyd rencontra les iris de sa camarade et au fond d'elle, elle savait qu'elle avait fait le bon choix. Et peut-être même que cette nouvelle relation plus qu'ambiguë l'aiderait à avancer vers l'avenir.
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Au même moment, Mme Guipure continuait de chercher des vêtements pour sa jeune cliente. Elle prit plusieurs vêtements et revint vers la cabine d'essayage pour les donner à Eliane. N'ayant pas d'autre choix que d'essayer, West défit ses propres vêtements, évitant de regarder le miroir pour voir son corps dénudé. Elle enfila un pantalon noir évasé au bas et une chemise blanche à manche longue beaucoup trop classe à son goût. Ce n'était pas possible, Sirius n'allait pas lui payer des vêtements de cette qualité ? Il était fou ! Elle chercha des yeux l'étiquette avec le prix, mais ne trouva rien. Il avait tout combiné ; elle ne saurait en rien combien il allait payer ! Eliane entendit alors le rideau se tirer et vit Sirius en face d'elle avec Mme Guipure qui semblaient en admiration.
« Magnifique ! Ces vêtements vous vont à ravir, vous êtes l'élégance même. Simple, mais raffinée. Qu'en pensez-vous ?
-Que c'est tout à fait ce à quoi je pensais, répondit-il en l'observant intensément. Sublime, souffla-t-il.
-Miss ?
-West, Eliane West, dit-elle.
-Miss West, nous allons vous donner une garde-robe digne de ce nom, comme me l'a demandé . Rentrez dans la cabine, j'apporte le reste, déclara Mme Guipure en retournant vers le fond de sa boutique. »
Sirius et Eliane se regardaient droit dans les yeux. Elle ne savait pas quoi dire, elle ne se reconnaissait pas dans ces vêtements. Eliane avait l'impression de se voir différemment. Plus jolie peut-être ? Les vêtements moulaient ses formes à la perfection, mettant en valeur sa silhouette. Elle ne pourrait jamais porter de tels habits, trop beaux, trop chers, elle pourrait les abîmer à tout moment. Elle ne méritait pas ce cadeau !
« Eliane ? appela Sirius. Quelque chose ne va pas ?
-Tu es fou de m'offrir des vêtements de cette valeur ! déclara-t-elle quelque peu en colère et blessée dans son orgueil de se faire payer une nouvelle garde-robe.
-L'argent n'a aucune importance Eliane. Le ministère m'en a donné assez pour vivre pendant au moins un siècle, si ce n'est pas plus, sans travailler, tenta-t-il de la rassurer.
-Justement, c'est ton argent ! Ne le gaspille pas pour moi, je…
-Tu quoi ? Tu n'en vaux pas la peine ? compléta Sirius en se levant, face à elle. Comprends-moi bien Eliane. Ce que j'ai dit tout à l'heure à Mme Guipure n'était pas des paroles en l'air, dit-il en appuyant sur ses mots. Peut-être est-il encore trop tôt pour t'imaginer sortir avec moi à cause de l'expérience que tu as vécue. Cependant, sache que je t'attendrais le temps qu'il sera nécessaire. Tu ne sembles pas le comprendre, mais je tiens à toi plus qu'à ma propre vie. Quand je t'ai vue cette nuit-là, allongée sur le sol, j'ai tellement voulu le tuer, siffla Sirius ses yeux virant au noir pour s'adoucir à nouveau. Eliane, accepte ce présent de ma part. Ça me tient à cœur. Une jeune fille comme toi ne devrait pas avoir d'aussi vieux vêtements. Depuis combien de temps n'as-tu pas acheté de nouveaux habits ? Ce sont tes parents qui auraient dû te les payer, subvenir à tes besoins, mais tu t'es toujours débrouillée seule. Il est temps que quelqu'un prenne soin de toi, accepte cette idée. Je veux tout partager avec toi, aussi bien mon argent que mon… »
Il fut alors interrompu par l'arrivée de Selena, totalement coupé dans son élan. Il soupira légèrement, il aurait le temps de lui dire un autre jour. Il lui jeta un coup d'œil furtif, elle semblait totalement perturbée par ses paroles. Merlin qu'il avait dû se faire fureur pour s'empêcher de l'embrasser, il avait tellement envie de goûter une nouvelle fois à la saveur de ses lèvres. Avait-elle compris qu'il l'aimait plus que tout ? Il voulait partager sa vie avec elle. Il n'avait qu'elle en tête encore et encore, elle l'obsédait. Comment avait-il pu en arriver là ? Il ne savait pas. Aimer une élève ! Si on lui avait dit ça un jour, il aurait ri au nez de la personne. Ils avaient près de vingt ans d'écart. Était-ce sain ? Que penseraient les gens ? Peu importe l'opinion des gens, il s'en moquait éperdument ! Il l'aimait, c'était ça le plus important. Il vit Eliane rentrer dans la cabine avec de nouveaux vêtements à essayer.
La jeune fille n'arrivait pas à croire aux paroles que lui avait dites Sirius. Elle était complètement chamboulée de l'intérieur. Il lui avait fait littéralement une déclaration ! Il voulait sortir avec elle ? Elle devait rêver, cela ne pouvait en être autrement ! Devait-elle lui donner une réponse ? Qu'allait-elle lui répondre ? Oui ou non ? Elle en avait tellement envie, mais tellement peur à la fois. Ils se connaissaient à peine et pourtant s'aimaient, enfin elle le croyait en tout cas. Est-ce cela qu'on appelait le coup de foudre ? Tout enfilant sa robe, quelque peu déconnectée de la réalité environnante, étant dans ses propres pensées, elle sortit de la cabine pour se montrer. Ainsi se déroula une partie de l'après-midi qui se finit par plusieurs achats de vêtements dont la somme resta inconnue à la jeune fille, à son plus grand mécontentement. Sirius sortit de la boutique avec elle, portant quelques paquets. Le silence était total entre eux, ne sachant que dire ou que faire. Alors qu'elle allait parler à Sirius, elle fut coupée dans sa progression par l'arrivée du couple Lupin, débordant de bonheur et de joie face à l'espièglerie de sa femme qui l'avait emmené dans toutes sortes de magasins, l'assommant de fatigue et de sacs plus gros les uns que les autres. Décidément, ce n'était pas de tout repos la naissance d'un futur enfant. Eliane jeta un coup d'œil furtif à Sirius qui rigolait avec ses amis ; il était encore plus beau quand il souriait. Elle savait qu'une conversation sérieuse l'attendait avec lui en rentrant au Square, une conversation qui serait sûrement capitale pour les jours ou semaines à venir. Une conversation qui déciderait si oui ou non, une relation serait possible entre eux…
Quoi ? Pourquoi vous me regardez avec cet air ? Eh oui, je sais je suis sadique, je coupe de nouveau au bon moment. Que voulez vous ? Chassez le naturel et il revient au galop comme on dit ! Sinon, désolée pour l'énorme retard, mais bon j'ai une petite vie à côté et j'essaie d'en profiter en plus d'écrire mon livre et d'avancer dans mon autre fic, O Children, que je viens tout juste de commencer. Toujours est-il que voilà ce chapitre tant attendu. Il vous a plu ? Que d'espoir dans ce chapitre n'est-ce pas ? Sirius et Eliane ensemble ou pas au prochain chapitre ? Si oui, comment se déroulera leur relation ? Ambre et Laura qui avance doucement, mais sûrement. Prochain chapitre, discussion Sirius-Eliane, retour à Poudlard et qui dit retour à Poudlard, dit face à face Eliane avec ses amis. Quelles seront sa réaction et la leur ? Telle est la question qui sera au prochain chapitre.
Bisous Élise. Merci de vos commentaires et soutien !
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