Petit Coup de Pub : J'ai écris une nouvelle fanfiction sur les Maraudeurs : O' Children ; Une fanfiction qui raconte toute leur scolarité et vie ! Je me suis lancée un défi celui de brisée toutes les caricatures des Maraudeurs. Peter plus en avant et moins niais, Sirius moins dragueur qui privilégie l'amitié avant tout, James qui ne tombe pas en émoi devant Lily dès le premier regard et Remus torturé, posé ect...Une version des Maraudeurs plus Soft ! Avec un OC bien évidemment : Fauve Grey.

Le premier chapitre est en ligne !

N'hésitez pas à aller lire et laisser vos impressions si vous êtes intéressés.


Chapitre 16 : Retour à Poudlard

Quelques heures avaient passé depuis le retour du quatuor, au Square, chez Sirius. Eliane n'avait pas réussi à entamer une conversation avec son professeur de métamorphose. Elle ne savait pas comment engager le dialogue et surtout, quoi lui dire. La jeune fille n'avait cessé d'être dans ses pensées durant le reste de la journée, repensant aux paroles de Sirius qui l'avaient totalement perturbée, et c'était peu dire. Était-il sérieux avec elle ? Pensait-il vraiment ce qu'il lui avait confié ? Cela lui semblait si inimaginable. Sirius était plus âgé qu'elle et Eliane n'avait aucune expérience en relation amoureuse. Pourquoi elle et pas une autre ? Est-ce que leur couple aurait une seule chance de tenir ? Un jour, il finirait par se lasser d'elle et pourtant, elle voulait y croire ! Croire en cette chance, en cet amour. Seulement aurait-il la patience de l'attendre ? Accepterait-il de patienter jusqu'à ce qu'elle soit prête pour se donner complètement à lui ? Eliane ferma douloureusement les yeux devant les souvenirs qui la submergèrent alors à nouveau.

Elle serra fortement les poings, les yeux rivés sur ses mains, se mordant légèrement les lèvres. Que son père soit maudit ! Elle ne le laisserait pas gagner ! Jamais ! Elle réussirait à vivre avec son passé, aussi dur soit-il ! Eliane soupira profondément, espérant pouvoir tenir cette promesse envers elle-même. Elle savait que le retour à Poudlard ne serait pas fort simple ; ses amis allaient lui poser des questions. Comment allait-elle supporter les contacts familiers alors que cela la répugnait ? Il y avait en plus les cauchemars ; elle allait devoir déposer un sortilège de silence autour de son lit pour ne pas alerter Ambre ou Joanne. Il y avait aussi le Quidditch : l'hiver tirait bientôt à sa fin, la saison reprendrait de plus belle. Puis les Aspics en fin d'année… Qu'allait-elle faire en sortant de Poudlard ? Elle n'avait aucune idée en tête. Trop de questions sans réponse. Elle avait l'impression d'être dans un labyrinthe ces derniers temps, cherchant désespérément la sortie, mais les obstacles se faisaient plus hauts et difficiles à franchir…

La Serdaigle soupira une énième fois tout en se levant de sa chaise pour aller dans sa chambre et être au calme. Alors qu'elle allait prendre la direction de l'escalier pour monter à l'étage, elle entendit une voix l'appeler :

« Eliane ? »

La concernée se retourna lentement, son cœur manquant un battement : c'était la voix de Sirius, elle la reconnaîtrait entre mille. Elle déglutit passablement, sentant ses mains devenir moites et sa gorge se faire sèche. Il était là, accoudé nonchalamment contre l'encadrement de la porte, l'attendant patiemment, les mains dans les poches et le sourire aux lèvres. Se rendait-il compte du charme et du charisme qu'il dégageait par cette simple et unique pose ? Elle en doutait fortement.

« Tu viens me rejoindre au salon ? proposa-t-il. »

Pour seule réponse, elle hocha la tête, sachant qu'elle ne pourrait pas y échapper plus longtemps. Prenant son courage à deux mains, elle le suivit vers le salon. C'est ainsi qu'elle s'installa dans le canapé non loin du feu de cheminée tandis qu'elle le vit prendre place dans le fauteuil à côté d'elle. Son cœur battait à une vitesse folle. La tête baissée, elle n'osait pas relever le regard pour rencontrer ses yeux insondables.

« Eliane, détends-toi, je ne vais pas te manger, murmura-t-il avec un sourire encourageant. »

Se détendre, plus facile à dire qu'à faire : elle était seule avec lui tout en sachant que la conversation qu'ils allaient entamer serait sans aucun doute déterminante pour la suite des jours à venir. Elle sentit alors le canapé former un creux sur sa gauche. Eliane tourna la tête et le vit à côté d'elle, l'observant avec une grande attention.

« Tu as peur de moi ? demanda-t-il, anxieux de sa réponse.

-Pas réellement, répondit-elle avec sincérité. Au fond de moi, j'ai confiance en toi sans trop comprendre, mais je crains de ce qu'il va suivre dans cette conversation. »

Sirius hocha la tête en signe de compréhension tout en penchant la tête en arrière et dit :

« Tu te souviens du bal de Noël ?

-Comment ne pas s'en souvenir, souffla-t-elle avec nostalgie.

-J'étais tellement content de t'y voir, dans cette robe qui t'allait à merveille, et de pouvoir danser avec toi. Puis, nous nous sommes embrassés…

-Mais je t'ai repoussé avec énergie. Je n'ai jamais réellement apprécié les contacts physiques et familiers, je suis désolée, confia Eliane en détournant la tête.

-Peu importe comment il a pu se finir, ce baiser restera éternellement dans ma mémoire, avoua-t-il avec honnêteté.

-Pourquoi ? Pourquoi moi ? Je suis jeune, sans expérience. Tu pourrais avoir mille fois mieux, s'exclama-t-elle furibonde. Une femme qui peut répondre à tes désirs et t'aimer comme tu le mérites.

-Tu ne n'aimes pas ? interrogea Sirius en relevant la tête. Pourtant…

-Ce n'est pas la question, le coupa-t-elle avec assurance, je n'ai rien à t'apporter.

-C'est ce que tu crois, toi ! répliqua-t-il. Tu as beaucoup à m'apporter Eliane. Je ne saurais quoi répondre à ta question. C'est toi que j'ai choisie : ta spontanéité, ta joie de vivre, ton intelligence, ta gentillesse, ta maturité ou encore ta timidité, ton inexpérience comme tu dis. Tout cela fait de toi la femme que j'aime, révéla-t-il avec un sérieux à toute épreuve. Je te mentirais en disant que je t'ai aimée au premier regard. J'ai appris à te connaître à travers nos différentes rencontres puis, progressivement, je me suis attaché à toi sans m'en rendre compte. Je me suis mis à t'observer plus souvent, je m'inquiétais pour toi. Je détestais ces filles qui pouvaient te faire du mal, mais à chaque fois tu relevais la tête et tu les affrontais. Je t'admirais et je t'admire encore. Je ne rigolais pas avec Mme Guipure cet après-midi.

-Tu es mon professeur Sirius ! Je suis une élève ! Imagine ce que tu risques si nous sommes pris ? s'écria-t-elle en le regardant intensément.

-J'ai vu bien pire que ça Eliane, répondit-il avec gravité, ses yeux se voilant face aux souvenirs.

-Je ne suis qu'une gamine de dix-sept ans, je ne suis même pas certaine de pouvoir… de pouvoir… tu ne comprends pas Sirius…Tu es un homme qui a des désirs, comme tout le monde, mais… »

Eliane stoppa nette dans sa phrase, détournant les yeux pour se lever du canapé. Elle n'arrivait pas à exprimer ce qu'elle ressentait, ça restait bloqué dans sa gorge. Bien sûr qu'elle était touchée par les paroles de Sirius, bien plus qu'il ne le croyait. Elle l'aimait, énormément, mais comment lui faire comprendre qu'il ne devrait rien attendre d'elle sexuellement parlant ? Elle ne méritait pas son amour ! Elle était si sale et lui

« Tu…tu mérites mieux que moi Sirius.

-Eliane, souffla-t-il avec lassitude, tu ne comprends pas que je ne veux personne d'autre que toi ? Je veux tout partager avec toi, mon argent et mon amour ! Je veux partager ta vie. Tu ne n'aimes pas ? Tu me trouves trop vieux pour toi peut-être ou…

-Non ! s'exclama-t-elle en se retournant face à lui, les yeux brouillés par les larmes.

-Alors pourquoi me repousses-tu ? demanda-t-il en fronçant les sourcils.

-Tu ne comprends pas, je suis complètement figée au moindre contact physique. Qu'espères-tu de moi ? Le moindre baiser me répugnera. Quant au sexe, n'en parlons même pas ! Je suis une femme Sirius, j'ai ma dignité, et je préfère encore rester seule que d'être impotente et ne pouvoir te donner ce que toute femme peut faire ! répliqua-t-elle avec engouement et colère.

-J'attendrai le temps qu'il faudra…

-Le temps, murmura-t-elle, mais combien de temps ? Un mois ? Six mois ? Un an ? Cinq ans ? Tu finiras par aller voir ailleurs Sirius, ce que je comprendrai, mais sincèrement, je préfère m'épargner cette scène. »

Sirius ne savait que dire devant ses propos. Peut-être avait-elle raison, mais il ne pouvait s'empêcher de vouloir penser que son amour pour elle serait plus fort. Qu'était-il plus important ? Être avec une personne pour le sexe ou avec une femme qu'on aime ? Il avait couché avec bon nombre de femmes étant jeune et jamais cela ne l'avait rendu aussi vivant et heureux que maintenant.

« Je t'attendrai, répéta-t-il en captant le regard d'Eliane, pour finalement se lever et la rejoindre. Peu importe le temps, je serai là pour toujours, ajouta-t-il. Crois en moi Eliane. Je ne t'abandonnerai pas. Fais-moi confiance, dit-il en glissant un doigt sur sa joue pour essuyer ses larmes. Sortir ensemble ne veut pas dire passer aux choses les plus sérieuses et directement. On pourrait apprendre à se connaître mutuellement, en y allant doucement… »

Eliane ne cessait de regarder Sirius droit dans les yeux ; il semblait sincère. Il est vrai qu'ils pouvaient y aller doucement et ne pas précipiter les choses. Que devait-elle répondre ? Oui ou non ? Elle était perdue : elle voulait tellement être avec lui, mais la peur lui nouait le ventre. Elle ferma quelques secondes les yeux. Elle s'était promis de ne pas laisser le passé empiéter sur le futur. Et ce futur, elle le passerait avec Sirius. Elle l'aimait, elle devait lui faire confiance, croire en lui. N'était-il pas devenu sa raison de vivre ? Il l'avait beaucoup aidée ces derniers jours en étant patient avec elle. Peu importe les conséquences, peu importe qu'il soit son professeur, elle l'aimait et c'était tout ce qui comptait !

« D'accord, murmura-t-elle en rouvrant les yeux. »

Un grand sourire illumina le visage de Sirius, tout en répétant :

« D'accord ? Tu veux bien sortir avec moi ? demanda-t-il à nouveau, n'osant y croire.

-Oui, assura-t-elle en penchant la tête. Oui, réitéra-t-elle. »

Il ne voulait pas croire en ce bonheur qui lui était promis ! Elle avait dit oui ? Véritablement oui ? Il pourrait passer tout son temps libre avec elle ? Passer un bout de sa vie avec elle ? Et rien qu'elle ? Tout les séparait, mais au fond il savait aussi que tout les rapprochait. Il ferait tout pour l'aider à passer au travers de cette épreuve et à remonter la pente !

Il baissa ses yeux sur la jeune femme qui semblait gênée par ce silence. C'est ce qu'il appréciait le plus en elle, son naturel. Il la regarda amoureusement et avec affection, glissant une main dans ses cheveux ébène pour en enrouler une mèche autour de son doigt :

« Je te promets Eliane que plus personne ne te fera du mal ! Plus personne, même ton père. Je te protégerai, quoi qu'il arrive. Peu importe ce qu'il peut arriver dans les jours ou mois à venir, je ferai de toi la femme la plus heureuse du monde. »

Il se pencha légèrement vers elle et déposa ses lèvres au niveau de sa tempe pour l'embrasser avec tout l'amour qu'il éprouvait envers elle. Il glissa sa main dans les creux de ses reins pour la coller contre lui dans une étreinte emplie de tendresse. Il la sentit se crisper un peu, pour finalement se laisser aller. Il se fit alors la promesse qu'il lui ferait découvrir progressivement que le contact physique ne pouvait pas être constitué que de violence et d'agressivité. Il en profita pour humer l'odeur de ses cheveux, content de pouvoir enfin être avec elle. Il était l'homme le plus heureux du monde à cet instant précis et il ferait tout pour la garder avec lui. Tout, tout pour elle. Une étincelle s'illumina dans les yeux de Sirius, une étincelle qui brillerait pour le restant de ses jours.

Eliane passa ses mains autour du cou de Sirius, enfouissant son visage dans le creux de son épaule. Elle ne s'était jamais sentie autant en sécurité qu'à cet instant et au fond d'elle-même, la jeune fille savait qu'elle avait fait le bon choix. Elle pouvait compter sur lui. Il serait là, quoi qu'il arrive, parce qu'ils s'aimaient…

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À l'étage, Tonks était en train de ranger les futures affaires du bébé dans une commode tandis que Remus était allongé sur le lit, observant le plafond quelque peu pensif. Le rendez-vous avec le gynécomage était pour bientôt ; il angoissait face à cette visite qui serait sans aucun doute déterminante pour eux et le bébé. Il espérait que celui-ci ne serait pas un Lycan, qu'il serait épargné. Remus ne pourrait jamais regarder son propre enfant dans les yeux en sachant pertinemment que c'était à cause de lui qu'il souffrirait pour tout le restant de sa vie. Certes, il y avait la potion Tue-loup qui avait été améliorée depuis quelques mois, mais qui n'effaçait pas pour autant le rejet des sorciers ou de la société tout entière. Il priait Merlin pour que les gênes de Nymphadora aient pris sur leur futur enfant. C'était tout ce qui comptait, il serait ensuite le plus heureux des hommes. Il soupira profondément tout en fermant les yeux quelques instants. La fatigue des derniers jours commençait à l'envahir et la pleine lune approchait encore une fois à grands pas. Maudite soit cette lune ! Il sentit alors sa femme s'installer à ses côtés et lui caresser tendrement les cheveux, tout en lui soufflant :

« Est-ce que tu m'en veux Remus ? »

À cette question, il ouvrit brusquement les yeux pour tomber sur le visage de la jeune femme qui semblait soucieuse et inquiète. Lui en vouloir ? Bien sûr qu'il lui en avait voulu d'avoir fait cette bêtise, qu'il pouvait néanmoins amplement comprendre avec le recul. Cependant, comment lui en vouloir de souhaiter d'être une mère ? Toute femme avait ce désir et il ne pouvait le lui reprocher. Il glissa sa main dans les cheveux soyeux de sa compagne et répondit sincèrement :

« Je ne t'en veux pas Dora, nous sommes deux à avoir créé cet enfant. Je suis heureux qu'il soit parmi nous aujourd'hui.

-Mais cela te crée beaucoup de soucis, je le sais. Je te connais Remus. Je suis désolée d'avoir fait passer mon désir d'être mère sans réellement penser aux conséquences, confia Nymphadora en reposant sa tête sur le torse de son mari.

-Je ne te cacherai pas mon inquiétude que le bébé devienne comme moi, mais il est là avec nous ; je ne peux pas le rejeter maintenant, je suis son père. Nous sommes ses parents, nous grandirons avec lui et plus tard nous nous inquièterons pour sa future entrée à Poudlard et ses examens, ou encore des bêtises qu'il ou elle aura pu faire. Je ne t'en veux pas Nymphadora, je ne t'en veux plus. Ce bébé nous l'avons fait ensemble, nous assumerons les difficultés à deux qu'il soit Lycan ou pas… »

-Ce sera un garçon, murmura-t-elle avec un léger sourire sur les lèvres, rassurée par les paroles de son mari.

-Un garçon, répéta Remus en rigolant légèrement, et si c'était une fille ?

-Si c'est un garçon, nous pourrions l'appeler Teddy en l'hommage de mon père mort durant la Seconde Guerre, qu'en penses-tu ? proposa-t-elle.

-C'est une bonne idée. Teddy Lupin, ça sonne bien. Et si c'est une fille, nous l'appellerons Séléna…

-Comme ta mère, souffla Nymphadora. Séléna Lupin, répéta-t-elle avec un doux sourire rêveur. Remus ?

-Hum, fit-il quelque peu somnolent en pensant à l'avenir.

-Tu crois que Sirius est en train de parler avec la jeune Eliane ? C'est la première fois depuis sa sortie d'Askaban que je le vois aussi vivant, avoua Tonks en traçant des arabesques imaginaires sur la peau de Remus.

-Je l'ai remarqué aussi. Il est bien possible qu'il lui ait parlé et qu'ils sortent ensemble. Apparemment, West semble éprouver les mêmes sentiments à son égard.

-Décidément, Sirius ne pourra jamais s'empêcher d'aller contre le règlement et de narguer le danger, murmura-t-elle. Cependant, je crois qu'il a choisi la bonne personne. Je l'aime bien cette fille, elle a du répondant et très gentille. Elle est souvent morose en ce moment…

-On ne peut pas lui en vouloir, je trouve qu'elle affronte bien la situation face à ce qu'elle a vécu, mieux que je ne l'aurais imaginé, mais…

-Le retour pour Poudlard est dans quelques jours, compléta la jeune femme. Ici, on peut la surveiller, mais là-bas…

-Je fais confiance à Sirius. Il saura être là pour elle et puis nous serons là pour l'assister.

-Hum, émit la Métamorphomage. »

Nymphadora se releva légèrement, s'appuyant sur ses coudes pour regarder amoureusement Remus. Il avait les yeux clos, quelques mèches argentées balayant son front. Il était tout simplement magnifique. Elle glissa tendrement un doigt sur sa joue balafrée, traçant les contours de son visage. Elle l'aimait tellement, à en mourir. Elle ne regrettait rien avec lui. Peu importe l'âge qui pouvait les séparer, l'amour était plus fort que tout. La jeune femme était joyeuse à ses côtés et même si ça n'avait pas été facile tous les jours, elle était heureuse. Heureuse d'être la mère de son enfant, heureuse d'être sa femme. Et pourtant, entre la guerre qui faisait rage, Remus qui se faisait têtu et sa mère qui n'approuvait pas totalement leur relation, elle aurait pu abandonner à maintes reprises, mais elle avait tenu bon. Tout ce dont elle avait rêvé s'était finalement réalisé. Sa relation avec Remus, son mariage et bientôt la naissance de leur premier enfant. Elle se souviendrait éternellement du premier baiser qu'ils avaient échangé, la même nuit où Dumbledore fut assassiné, juste après la scène de l'infirmerie où elle avait clamé haut et fort ses quatre vérités à Remus. Il l'avait longuement repoussée, pour finalement céder. C'était en quelque sorte grâce à Sirius qu'ils s'étaient connus. Il avait voulu à tout prix la présenter à Remus et dès le premier regard, ce fut le coup de foudre. Ses yeux de couleur miel, virant sur doré à la lumière du soleil, son regard mélancolique, ses cheveux mi-châtains mi-grisonnants, sa maturité… Il dégageait un charme qui lui était propre et qui l'avait de suite fascinée.

Un fin sourire apparut sur son visage face à tous ses souvenirs. S'apercevant que son mari s'était endormi, elle se leva doucement pour le laisser se reposer puis sortit de la chambre pour descendre au rez-de-chaussée et se prendre un thé. Quelles ne furent pas sa surprise et sa joie de voir Sirius, la jeune West enlacée contre lui. Elle entra dans la pièce, un sourire narquois sur le visage, et dit :

« Je vois qu'on ne s'ennuie pas ici ! »

Eliane se dégagea rapidement de l'étreinte de Sirius, quelque peu gênée d'être prise sur le fait. Elle resta cependant non loin de son nouveau compagnon, répondant au sourire de Nymphadora qui s'avança dans la pièce.

« Et toi chère cousine, toujours là au mauvais moment, déclara Sirius en retournant vers elle, les yeux pétillants de bonheur et de malice.

-Que veux-tu ? Les mauvaises habitudes sont tenaces mon cher cousin, répliqua Tonks. Je savais bien que vous étiez faits l'un pour l'autre, avoua-t-elle avec fierté.

-Ah oui ? Qui te l'a dit ? Ton petit doigt ? demanda Sirius légèrement moqueur. Ou pire, Sybille l'a vu dans sa boule de cristal. Je vois, dit-il à l'attention d'Eliane en prenant un ton mystique et mélodramatique sous ses rires, je vois le Sinistros. Oh malheur, ma chère enfant ! Vous allez vous faire mordre par celui-ci juste avant de mourir dans d'atroces souffrances et… Aie ! cria-t-il en sentant la main de sa cousine s'abattre sur l'arrière de son crâne. On n'a pas idée de frapper les gens comme ça ! Surtout moi ! Espèce de sadique, n'as-tu donc pas de pitié pour ton cousin ?

-Jamais ! répondit-elle. Surtout quand le cousin en question raconte des inepties et se moque de moi !

-Je n'oserais jamais voyons, prononça-t-il en souriant.

-Et moi, je suis la reine d'Angleterre, répliqua Tonks.

-Je doute que la reine d'Angleterre soit aussi punk et maladroite, souffla Sirius dans l'oreille d'Eliane qui se retint de rire.

-Sache que c'est mon intuition féminine qui me l'a dit. Dommage que je n'aie pas parié, j'aurais gagné !

-Pour une fois, murmura Sirius en levant les yeux l'air de rien.

-Toi, tu ne perds rien pour attendre !

-Mais justement, je n'attends que ça. J'adore te faire sortir de tes gonds et te taquiner, c'est tellement amusant, confia-t-il tout en riant de la réaction de sa cousine.

-Eliane, je te souhaite bonne chance pour le dresser ! Il y a du travail à faire ! déclara Tonks.

-Hey ! s'insurgea celui-ci.

-Ne vous inquiétez pas Nymphadora. Je le maintiendrai bien en laisse comme un bon toutou fidèle et obéissant à sa maîtresse, déclara Eliane sans l'ombre d'un sourire, ce qui fit peur à Sirius. »

Les deux jeunes femmes se regardèrent quelques minutes avant d'éclater de rire devant l'air incrédule de Sirius, vite rejointes par celui-ci. Tonks félicita le nouveau couple, au plus grand bonheur d'Eliane qui se sentait plus à l'aise ! Elle avait eu peur de la réaction de sa professeure ; Sirius était tout de même son cousin, elle aurait pu ne pas être d'accord. Elle espérait que M. Lupin soit tout aussi joyeux face à cette nouvelle.

Elle n'arrivait toujours pas à y croire : elle venait de se mettre en couple avec Sirius Black, ancien détenu et Maraudeur, son propre professeur. Devrait-elle le dire à ses amis ? Approuveraient-ils cette relation ? Comment allait-elle leur avouer ? Les prochains mois promettaient d'être riches en événements. Une nouvelle année allait débuter, une nouvelle vie commençait pour elle. Elle ne savait pas ce que lui réservait le destin, mais elle ferait tout pour garder ce bonheur aux creux de ses mains. Eliane regarda furtivement Sirius. Il semblait si heureux, elle avait l'impression de le voir rajeunir. Il était encore plus beau et séduisant. Oui, elle avait fait le bon choix et peu importe les hauts et les bas qu'ils devront traverser ensemble. Elle ne regrettait rien.

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Le lendemain matin, Remus apprit la nouvelle par son meilleur ami en personne. Il sortait officiellement avec Eliane West. Après avoir félicité chaleureusement Padfoot, Lupin lui promit qu'il ferait tout pour protéger ses arrières et qu'il les soutiendrait en cas de problème, au plus grand plaisir de son vieil ami d'enfance. Les jours qui suivirent défilèrent à toute vitesse, les rapprochant inévitablement de la rentrée à Poudlard. Ce matin-là, Eliane était terriblement nerveuse et ne put rien avaler de son petit-déjeuner sous les yeux de ses professeurs et compagnon, qui tentaient de la détendre ou de lui changer les idées, mais en vain. Ce fut dans cet état d'esprit que la jeune West monta dans le train en compagnie des trois sorciers. Le trajet se fit dans le plus grand calme, Eliane observant le paysage défiler sous ses yeux, repensant à ces deniers jours qui avaient été les plus beaux de sa vie, entre les chicanes de Tonks et Sirius ou encore les moments intimes qu'ils avaient pu passer ensemble. Elle apprenait doucement, mais sûrement à faire confiance à son amant en se laissant enlacer ou embrasser dans le cou. Il était doux et patient avec elle. Au Square, elle s'était sentie revivre, en sécurité, loin de tous ses soucis ! Seulement, en revenant à Poudlard, c'était de nouveau la triste réalité qui venait la frapper : ses amis ne savaient une fois de plus rien d'elle, Joanne lui en voudrait sans aucun doute, Ambre se ferait compréhensive et John serait en colère sur le coup puis lui pardonnerait. Mais comment leur avouer cette vérité ? Elle qui n'arrivait même pas à mettre des mots sur sa douleur et sur ses cauchemars ? C'était impossible, elle ne pourrait rien leur dire, pas maintenant en tout cas. Et son père ? Que faisait-il en ce moment précis ? Que devenait-il ? Et s'il tentait de la retrouver ? Non, c'était impossible. Poudlard était infranchissable pour un Moldu, sauf que son père était un Cramol comme Rusard. D'un battement cil, elle chassa ses idées noires pour fermer peu à peu les yeux, fatiguée par ses nuits précédentes.

Quelques minutes ou heures plus tard – elle ne saurait trop dire –, elle sentit une main se poser sur son épaule et la bouger un peu pour qu'elle se réveille. Eliane ouvrit difficilement les yeux avant de sursauter et repousser vivement la personne qui tentait de la sortir de son sommeil. Elle cligna plusieurs fois des yeux avant de se rendre compte que la personne en question n'était autre que Sirius. Elle rougit brusquement, tout en passant une main nerveuse dans ses cheveux :

« Je suis désolée Sirius, j'ai cru que…Enfin…

-Ce n'est pas grave Eliane. Nous sommes arrivés à Poudlard, il faut sortir du train. Remus et Tonks sont partis devant, déclara-t-il en caressant sa joue.

-Oh, on est déjà arrivé, soupira-t-elle en portant son regard vers le château illuminé dans la nuit. »

Tout en inspirant profondément, elle se leva et suivit Sirius à travers le wagon avec son sac à voyage et descendit du train pour se rendre sur le quai. Un souffle glacial vint fouetter son visage et faire valser ses cheveux autour d'elle, tandis que le souvenir d'avoir vu Black courir derrière le train et elle de lui avoir écrit « I Love You » lui revint brusquement en mémoire, comme une douce chanson qu'on ne pourrait oublier. Eliane marcha côte à côte avec Sirius à travers le petit sentier menant aux calèches qui les emmena aux portes de Poudlard. Alors qu'ils rentraient dans le parc, elle sentit la main de Sirius se refermer autour de son poignet puis la retourner face à lui. À la lueur des étoiles, West sentit son cœur pulser à une vitesse folle sous son regard intense qui en disait plus long que des mots. Ils restèrent ainsi quelques minutes, dans le silence le plus absolu, avant qu'il n'aille fouiller dans un de ses sacs pour en sortir deux paquets-cadeaux qu'il lui tendit.

« C'est pour toi Eliane, ouvre-les seulement quand tu seras dans ton dortoir et seule.

-Qu'est-ce que c'est ? murmura-t-elle en ouvrant grand les yeux.

-Quelque chose qui te ou nous servira, répondit-il avec mystère. Range-les avant que tes amis ne les voient.

-Je t'avais pourtant dit de rien m'acheter ! déclara-t-elle en colère. Je n'aime pas qu'on m'offre des cadeaux, surtout que je ne suis pas en capacité de te les rendre !

-Eliane, souffla-t-il d'un ton las, si ça peut te rassurer, je n'ai pas acheté ces cadeaux. Je les ai en ma possession depuis ma folle jeunesse.

-Tu devrais les garder alors, dit-elle en les lui redonnant.

-Tu sais que tu es têtue ? Garde-les, affirma-t-il avec conviction, tu seras heureuse quand tu découvriras à quoi cela sert.

-D'accord, soupira-t-elle. Sirius ?

-Oui ?

-On va se revoir n'est-ce pas ? Je veux dire, en dehors des cours ? marmonna-t-elle en se tordant les doigts, quelque peu anxieuse. »

À ces paroles, un sourire attendri apparut sur les lèvres du Maraudeur qui se pencha vers elle pour glisser une main dans ses cheveux qu'il aimait tant caresser. Il la regarda droit dans les yeux, comme pour la rassurer, puis murmura alors d'une voix suave :

« Oui, ma princesse. »

Elle sentit alors ses lèvres se presser contre les siennes, rapidement et chastement, sans qu'elle n'ait eu le temps de s'en rendre compte. Elle resta stoïque quelques minutes pour finalement s'apercevoir qu'elle avait très bien accepté ce simple et unique baiser. Au fond d'elle, c'était une victoire de plus ; peu à peu, elle y arriverait. Sirius l'enlaça tendrement quelques minutes de plus, s'imprégnant de son odeur, tout en lui insufflant un peu de chaleur pour aller au-devant de ses amis qui devaient l'attendre dans le hall. Prenant son courage à deux mains, elle fit un dernier sourire à Sirius et partit en avant, se dirigeant seule vers le château. Elle vit alors Ambre, Joanne et John debouts, emmitouflés dans leurs capes et écharpes, l'attendant sur les marches du hall d'entrée. Elle courut jusqu'à eux, oubliant ses doutes et ses peurs, le grand sourire aux lèvres. Finalement, c'était bon de les revoir. Qu'est-ce qu'ils avaient pu lui manquer ! Elle vit ses amis se jeter sur elle, tous heureux de la retrouver et de la voir en pleine forme. Eliane resta immobile, grimaçant légèrement tandis que son teint vira au blanc par ce rapprochement intense. Merlin, ce n'était que ses amis ! Ils n'allaient rien lui faire ! Prenant sur elle-même, elle se détendit plus ou moins tout en leur rendant leurs accolades. Elle fut alors assommée de questions et réprimandée par Ambre pour n'avoir donné aucune nouvelle durant ces quinze jours ! Eliane ne put s'empêcher de rigoler devant le comportement mère poule de son amie :

« Ne ris pas, déclara Corvalis en pointant son index sur sa poitrine. Ou sinon crois-moi, tu verras ma colère s'abattre sur toi ! dit-elle en prenant de grandes intonations qui ne lui correspondaient pas.

-Ambre ? appela Joanne.

-Quoi ? répondit la concernée en se retournant vers Salder.

-Tu es incapable de te mettre en colère et Eliane le sait.

-Ça n'empêche pas que j'étais inquiète pour elle ! répliqua-t-elle en croisant les bras.

-Nous l'étions-nous, confia John, accoudé contre le mur en fixant intensément Eliane.

-Ah bon ? s'étonna Joanne avec sarcasme. Première nouvelle de l'année ! Tu ne semblais pas plus soucieux quant à Eliane ! Tout ce que tu as su faire, c'est courir après tout ce qui bouge ! Comme d'habitude en l'occurrence.

-Ah oui ? Et toi, tu ne sais faire que pleurnicher sur ton propre sort et le passé ! rétorqua John piqué au vif.

-Le mot respect ne doit décidément pas faire partie de ton vocabulaire, mais quoi de plus étonnant pour un crétin comme toi ! asséna Joanne sèchement.

-Espèce de…

-Bon ça suffit vous deux ! s'exclama Eliane. Je reviens à peine et vous commencez déjà à vous disputer ! Vous pourriez prendre de bonnes résolutions pour cette nouvelle année, comme celle d'apprendre à vous connaître et devenir amis, proposa-t-elle sans trop espérer.

-Sauf que Salder ne semble pas comprendre le mot ami, elle préfère largement avoir des amants.

-Vous êtes des cas désespérants ! Faites-vous l'amour et non la guerre, souffla distraitement Ambre.»

Pour seule réponse, la jeune Corvalis reçut un regard noir de la part de Joanne qui se renfrogna et croisa les bras sous les yeux révulsés de John, qui semblait en colère plus que jamais. Il en avait marre de courir après elle, marre qu'elle soit aussi bornée ! Cette fille était aussi têtue qu'une bourrique et insupportable ! Il fallait toujours qu'elle l'attaque de front avec des paroles blessantes alors bien évidemment, il répliquait ! Sauf que maintenant, il regrettait amèrement ses paroles ! Ce n'était pas en criant sur elle que tout allait s'arranger. Quelle plaie ! Pourquoi ne lui faisait-elle pas confiance ? Pourquoi ne croyait-elle pas en ses paroles alors que l'autre Stanley l'avait conquise en un quart de seconde ! Oui, il était jaloux ! Jaloux de tous ceux qui avaient pu l'avoir ou encore l'embrasser, la toucher ! Foi de Walker, elle ne lui résisterait pas longtemps ! Il l'aurait et peu importe le temps qu'il mettrait…


Voilà pour cette fin de chapitre, il a été long à venir n'est-ce pas ? Je n'en suis pas totalement satisfaite, il manque quelque chose, mais je ne saurais dire quoi -_-', Bon, toujours est-il que le retour à Poudlard est fait. J'espère que vous avez aimé la mise en couple de Sirius et Eliane, et oui ils sont ensemble, mais ! Eh oui, il y a toujours un « mais » ! Un couple n'est jamais à l'abri d'une séparation à cause d'une dispute. Mouah, mouah, mais non promis, je ne ferais pas de mal à mes tourtereaux. Quoique…

Au prochain chapitre, Sirius/Eliane – Ambre/Laura – Eric Carter/Tracy Spencer – et prochainement un nouveau match de Quidditch ainsi que le père d'Eliane qui va resurgir de l'ombre, ainsi que sa petite sœur. Que de bonnes choses pour la suite qui arrivent très bientôt. Merci à tous pour vos encouragements et commentaires ! Merci !

En espérant que ce chapitre vous a plu ?

Reviews Please ?

Lia-Sail.