Chapitre 17 : Meurtre à Baker Street
Deux semaines avaient passé depuis la fin des vacances et la reprise des cours au château. Deux semaines que la jeune Eliane avait retrouvé ses amis avec beaucoup de bonheur. Entre les rires, les disputes et les cours, elle pouvait oublier durant quelques instants tous ses cauchemars des nuits passées. Elle n'avait pas encore eu le temps de voir Sirius en privé depuis la rentrée. À vrai dire, avec tous les devoirs et les séances d'entraînement de Quidditch, elle n'avait que très peu de temps pour elle. Pourtant, Eliane aurait aimé passer un moment privilégié avec son compagnon, il lui manquait énormément. Parfois, elle se faisait surprendre à rêvasser en plein milieu du cours de Métamorphose par John qui prenait un malin plaisir à la taquiner. Avait-il des soupçons ? West ne savait pas, mais il était fort possible que John ait des doutes, il était loin d'être idiot ! La vie avait repris son cours et cela n'était pas pour déplaire à la jeune Serdaigle. Elle aimait Poudlard, elle aimait être avec ses amis qui lui changeaient les idées quand elle n'avait pas particulièrement le moral. Surtout en ce moment, elle arborait une tête de déterrée entre ses cernes visibles, ses yeux rouges et son teint aussi blanc que de la neige. Eliane mettait tout ça sur le compte du surplus de travail et du stress des ASPICS quand ses deux meilleures amies venaient à lui faire remarquer qu'elle ne semblait pas au meilleur de sa forme. Et pour cause : ses nuits n'étaient pas des plus reposantes avec ses réveils en sursaut, ses crises d'angoisse et de larmes, en rajoutant qu'elle n'avait pas un grand appétit ces derniers temps. Si Sirius ou le professeur Lupin venaient à la coincer entre quatre yeux, elle ne donnait pas cher de sa peau…
La jeune fille soupira profondément tout en remettant une mèche rebelle derrière son oreille. Que pouvait-elle y faire ? Tout n'allait pas rentrer dans l'ordre du jour au lendemain, cela n'existait que dans les contes de fées ! Tout en étant dans ses pensées, elle remuait sa cuillère dans son bol de céréales qu'elle ne mangeait pas avec appétit. Il lui fallait juste du temps, un peu de temps pour que tout aille mieux. Heureusement que Joanne et Ambre ne savaient rien de cette histoire totalement sordide, elle ne voulait aucune pitié de personne ! Elle était une grande fille maintenant, elle pouvait assumer ses problèmes seule. Enfin, elle le croyait. Au pire, Sirius était là pour elle. D'ailleurs, elle n'avait toujours pas développé les cadeaux qu'il lui avait offerts, n'en ayant pas réellement le temps. Elle s'en occuperait ce soir dans le dortoir, elle avait hâte de savoir ce que cela pouvait cacher. Eliane fut alors sortie de ses songes en entendant la voix harmonieuse et mélodique de Joanne et John entrer dans la Grande Salle. Elle soupira tout en secouant la tête, totalement désespérée. Ne cesseraient-ils donc jamais cette guerre ? Une guerre qui ne rimait à rien : Joanne était trop têtue et bornée pour voir que John tenait réellement à se faire pardonner de ses erreurs passées.
La Serdaigle détourna la tête. Quand un vertige l'a pris soudainement, elle ferma automatiquement les yeux, se cramponnant à la table, ayant l'impression d'être sur un bateau qui chavirait lentement.
« Tu te sens bien Eliane ? entendit-elle sur sa droite qu'elle reconnut en la voix d'Ambre.
-Hum, fit-elle en rouvrant ses paupières, rien de grave, un léger étourdissement.
-Tu devrais mieux manger et dormir, la réprimanda-t-elle d'un regard sévère. »
Eliane balaya cette recommandation d'un signe de main tout en absorbant une cuillère de son petit-déjeuner.
« Spencer se tient bien tranquille en ce moment, remarqua Eliane en fronçant des sourcils.
-Je trouve aussi, approuva Ambre en buvant son chocolat. Peut-être que les paroles de John l'ont fait réfléchir…
-Spencer réfléchir ? C'est au-delà de ces capacités intellectuelles, répliqua Joanne en s'installant sur le banc en face des filles, se servant de toasts. Cette fille est une vraie peste, le diable en personne ! Et qu'importe ce que Walker a pu lui dire, c'est le calme avant la tempête ! ajouta-t-elle en croquant dans sa tartine. Qu'est-ce qu'il lui a dit d'ailleurs ? demanda Joanne curieuse.
-Eh bien durant le bal, juste après que tu sois partie, il a dit que sa place était à Serpentard et qu'elle faisait honte à sa maison en se conduisant de la sorte avec nous. Qu'elle était une garce et qu'il ne l'aimait pas ou plutôt ne l'aimerait jamais, raconta en détail Ambre en soutenant le regard de Salder. »
Joanne suspendit sa nouvelle tartine en face de sa bouche, surprise par les révélations de son amie. Ce n'était pas possible, il n'avait pas pu dire ça ! Elle l'avait vu embrasser Spencer ! Alors pourquoi ? Ambre ne mentirait pas, elle disait l'entière vérité. Elle ne comprenait pas : Walker avait véritablement dit que c'était une garce et qu'il ne l'aimait pas ? Cela voudrait dire qu'elle était dans l'erreur depuis le début ? Qu'il n'avait pas menti ?
« C'est faux ! Ce n'est pas possible, réfuta la rouquine. Je l'ai vu embrasser Spencer !
-Non Joanne, tu as vu ce qu'elle voulait que tu vois ! Ils se sont embrassés, mais c'est elle qui a initié le baiser pas lui, dévoila Eliane. »
La main de Salder se referma sur le rebord de la table comme pour se prouver qu'elle ne rêvait pas. Comme était-ce possible ? C'était-elle trompée sur lui ? Voulait-il vraiment rattraper ses erreurs du passé ? Pouvait-elle lui faire confiance ? C'était trop beau pour être vrai ! Et s'il se moquait une nouvelle fois d'elle ? S'il venait à la rejeter une fois l'avoir eue ? Elle ne voulait plus souffrir par sa faute ! Il lui avait fait trop de mal. Que faire ? Elle était totalement perdue.
« Écoute-moi Jo, prononça Eliane en posant sa main sur son bras, va voir John, parle-lui. Il s'en veut terriblement de ne pas t'avoir aidée lors du bal de Noël. Il est sincère, fais-moi confiance. »
Elle ne voulait pas y croire ! Pouvait-il vraiment avoir changé ainsi ? Pourquoi ce revirement soudain ? Pourquoi voulait-il être avec elle ? L'aider ? Elle n'y comprenait plus rien ! Et si c'était un pari avec quelques-uns de ses copains ? Joanne secoua la tête devant ses idées totalement saugrenues ! Elle devenait paranoïaque. Peut-être qu'Eliane avait raison. Peut-être qu'elle ne connaissait pas réellement Walker ? Mais tous ces mots, ce rejet, ces paroles, elle ne les avait pas inventés ou rêvés ! Pouvait-elle passer outre ? Elle ne se sentait pas capable, pas maintenant. C'était trop difficile, trop à vif ! Il s'était moqué d'elle, il l'avait humiliée plus bas que terre ! C'était trop facile, trop simple ! Elle fut alors détournée de ses pensées par la présence d'un hibou qui se posa devant l'assiette de la jeune West. Étrange, Eliane ne recevait que très rarement du courrier.
La concernée en question détacha la lettre et retourna l'enveloppe pour voir l'expéditeur. Son visage devint aussi livide qu'un cachet d'aspirine. Son père lui avait écrit ? Ses mains tremblèrent tandis qu'elle retira le parchemin où seule une phrase y était inscrite : « Je te retrouverai où que tu sois et où que tu ailles… »
Les yeux de la jeune fille s'ouvrirent en grand, son cœur manqua un battement. Elle avait cru être en sécurité à Poudlard, ne plus entendre parler de lui ! Il avait acheté un hibou spécialement pour lui envoyer cette lettre ? Il s'était alors rendu sur le Chemin de Traverse ! Qu'elle était idiote ! Son père était un Cracmol, il devait connaître le monde magique ! Et s'il décidait de venir à Poudlard ? Ou alors lors d'une sortie de Pré-au-Lard ? Sous les yeux de ses amis, elle se leva de table et sortit précipitamment de la salle, s'excusant comme quoi elle devait se rendre à la volière.
Le parchemin broyé dans sa main, elle courait dans les couloirs. Où ? Elle ne savait pas, mais loin de tout ça ! Pourquoi son père s'acharnait-il contre elle ? Pourquoi ? C'était son père, Merlin ! Son père ! Comment pouvait-il se conduire ainsi avec elle ? Pourquoi tout ce mal ? Sa mère, sa sœur puis elle ? Voulait-il détruire toute la famille ? Était-il fou ? Sans aucun doute ! Doucement, elle ralentit sa marche, la tête basse, les yeux brillants de larmes et de souvenirs. Eliane stoppa face à un mur qu'elle frappa de toutes ses forces, évacuant sa colère et sa tristesse qui la submergeaient lentement, mais sûrement. Elle tapa encore et encore jusqu'à ce que les jointures de ses mains soient en sang, mais peu importe la douleur physique, elle n'était pas aussi importante que cette souffrance au fond de son cœur.
La jeune fille se laissa alors glisser à même le sol, les poings et les yeux fermés. Que devait-elle faire ? Pourrait-il réellement l'atteindre tout en étant à l'école ? Entourée de Sirius et ses amis ? Il avait toujours sa garde jusqu'à sa majorité moldue. S'il décidait de la retirer de Poudlard ? Non, il ne pouvait pas faire ça ! La directrice s'opposerait ainsi que Sirius ! Il lui avait promis de la protéger contre son père ! Elle entendit alors des pas rapides venir en sa direction. S'attendant à ce que ce soit ses amis qui l'aient suivie, quelles ne furent pas sa surprise et sa joie de voir son amant.
Sirius s'agenouilla aussitôt à sa hauteur, le regard empli d'inquiétude et d'interrogation. Que faisait-elle ici et dans cet état ? Est-ce que quelqu'un lui avait fait du mal ? Ses yeux descendirent alors inévitablement vers le bout de papier que tenait Eliane entre ses mains blessées. Sans hésitation, il lui prit littéralement tandis que la jeune Serdaigle tenta de lui reprendre, sachant d'avance sa réaction. Elle vit ses iris s'assombrir alors que les traits de son visage se contractaient sous la colère qui traversait chacune de ses pores. Il releva la tête tout en demandant :
« C'est lui qui t'a envoyé ça ? »
Pour seule réponse, elle hocha la tête en signe de confirmation. Mentir ne servirait à rien. Sirius se releva aussitôt, le regard grave et plus ferme que jamais. Un frisson parcourra l'échine d'Eliane devant son air sérieux. Elle sentait qu'il allait faire quelque chose de stupide et d'irrémédiable ! Quelque chose qui pouvait le mettre en danger, quelque chose au point de pouvoir le perdre à jamais…
« Ne fais pas ça Sirius, supplia-t-elle.
-Il ne te laissera jamais tranquille Eliane, il n'a pas écouté nos menaces. Il te veut, c'est un malade mental ! Je ne le laisserai jamais te toucher une nouvelle fois ! proclama-t-il avec vigueur, tout en posant ses mains sur ses épaules.
-Ne le fais pas ! Ne fais pas ça, je t'en supplie Sirius, tu risques la prison ! Je ne veux pas que tu retournes à Askaban pour lui ! Il n'en vaut pas la peine ! affirma-t-elle d'un ton soucieux.
-Tu en vaux la peine, certifia Sirius en la regardant droit dans les yeux.
-Tu es fou ! protesta Eliane.
-Fou de toi, sans aucun doute, répondit-il avec un sourire, tout en séchant ses larmes avec son pouce. Ne pleure pas, il ne m'arrivera rien, personne ne saura, personne… »
La jeune femme soupira profondément tout en détournant les yeux. Elle ne voulait pas que Sirius risque sa vie pour elle. C'était idiot et puéril ! Elle admettait que son père ne la laisserait jamais en paix ; il la traquerait jusqu'à sa propre mort et c'est ce que voulait faire son compagnon. Le tuer, le tuer pour elle ! Il était fou ! Est-ce qu'on pouvait se permettre de tuer une personne ? En avait-on le droit ? Son père le méritait-il ? Tout homme sur terre avait le droit de vivre. Et si Sirius venait à se faire prendre ? Que lui resterait-il alors ? Plus rien…
Elle sentit ses mains prendre son visage en coupe, la fixant inlassablement. Eliane souffla alors :
« Pour moi Sirius, ne le fais pas… »
Celui-ci soupira, quelque peu contrarié devant la ténacité d'Eliane. Se rendait-elle seulement compte du danger que représentait son père ? S'il venait à la croiser en pleine rue, seule… Il n'osait même pas imaginer ce qu'il lui ferait.
« D'accord, admit-il, d'accord. »
Soulagée de l'avoir convaincu, elle se colla contre lui, humant son parfum qu'elle aimait tant. Cela faisait tellement bien de l'enlacer, de lui parler. Elle se sentait si bien avec lui, elle ne voulait pas le perdre, pour rien au monde ! Elle était heureuse de l'avoir fait changer d'avis aussi facilement. Peut-être trop facilement…
« As-tu développé mes cadeaux ? demanda-t-il en caressant ses cheveux, changeant ainsi de sujet.
-Pas encore, je comptais le faire ce soir, avoua-t-elle.
-Parfait. Ta rentrée s'est bien passée ? Tu as une mine épouvantable, remarqua-t-il en l'observant sous toutes les coutures.
-Quel compliment, merci, ça me fait plaisir, répliqua-t-elle en croisant les bras, la moue boudeuse. »
Sirius éclata alors de rire devant l'air de sa compagne. Elle était incroyable, plus d'une aurait été vexée devant ses propos.
« Sérieusement, tu dors bien ? Tu manges bien ? »
Elle haussa les yeux vers le ciel tout en soupirant d'exaspération devant ce parfait interrogatoire.
« Tu es de la police ? rétorqua-t-elle avec agacement. Tu n'es pas ma nounou Sirius.
-En effet, mais je suis ton petit ami et en tant que tel, il est de mon devoir de m'enquérir de ta santé, insista-t-il. Alors ?
-Je vais bien, assura Eliane ne démordant pas. »
Elle n'avait pas besoin qu'on la surprotège, elle avait horreur de ça ! Même si son état physique disait tout le contraire, elle se moquait bien de l'avis de Sirius. Il pouvait bien être son amant, il n'avait pas tous les droits sur elle aux dernières nouvelles. Elle ne comptait pas se laisser mener par le bout du nez comme toutes ces greluches sans cervelles avec leur petit copain.
« Tu es une vilaine petite menteuse, dit-il. Tu sais que je suis là…
-Ça fait deux semaines qu'on ne s'est pas vu. S'il n'y avait pas eu cette lettre, se serait-on entrevu aujourd'hui à part en classe ? déclara Eliane avec un soupçon de reproche dans la voix.
-Il est vrai que je n'ai pas été particulièrement présent ces derniers jours. Je suis désolé Ely. J'ai le droit à une seconde chance ? interrogea-t-il en lui faisant les yeux du chiot battu.
-Hum, je ne sais pas, ce genre de chose se négocie M. Black, annonça-t-elle avec un sourire malicieux.
-Voyez-vous ça, rigola-t-il en s'avançant vers elle pour la bloquer entre lui et le mur, mais c'est toujours un plaisir de faire des affaires avec vous, Miss West, ajouta-t-il en caressant ses lèvres. »
Ses doigts tracèrent le contour de sa bouche avec sensualité tout en la fixant droit dans les yeux. Elle ne semblait pas avoir peur, bien au contraire. Il se pencha doucement vers ses lèvres pour finalement reculer sous le regard interrogateur d'Eliane. Avait-elle fait quelque chose de mal ? S'était-elle mal prise avec lui ? Elle s'agita alors nerveusement sur ses pieds quand Sirius lui souffla à l'oreille :
« Pas ici, c'est trop dangereux. »
Elle hocha la tête en signe de compréhension, rassurée par ses paroles ; il avait entièrement raison, ce n'était pas le moment de se mettre à découvert. Elle salua une dernière fois Sirius, rebroussant chemin vers son dortoir afin de se soigner les mains puis prendre ses affaires avant d'aller en cours. Eliane jeta alors un coup d'œil furtif à son professeur qui l'observait partir. Prise d'un élan de courage et de folie, elle retourna vers Padfoot en courant et l'embrassa rapidement sur la bouche sous les yeux ahuris de celui-ci. Les pommettes rouges, le regard brillant, elle s'élança une nouvelle fois vers sa salle commune, un sourire béat collé sur ses lèvres. Au même moment, Sirius rigola légèrement devant autant d'innocence et de candeur ; elle l'étonnerait toujours. Il défroissa alors le bout de parchemin dans sa main, plus que jamais déterminé. Il le ferait, et ce soir….
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Quelques heures plus tard, Remus et Tonks avaient dispensé leurs élèves de cours ayant un rendez-vous cet après-midi avec le gynécomage de Sainte-Mangouste. C'était aujourd'hui qu'ils allaient savoir si le bébé était atteint de lycanthropie ou pas. Lupin était dans un état d'anxiété pas possible. Il avait peur et encore, ce mot paraissait bien faible face à ce qu'il ressentait. Il savait que Nymphadora devait être aussi inquiète que lui, même si elle dissimulait mieux son angoisse. Au-delà de ça, il était curieux de savoir si c'était une fille ou un garçon. Seulement, sa femme avait décidé de garder la surprise jusqu'au bout, au plus grand désespoir de Remus qui devait avouer son impatience de connaître aussi le sexe du bébé. Tout en étant dans ses pensées, il marchait en direction de Sainte-Mangouste avec sa femme, entrelaçant ses doigts aux siens comme pour se donner du courage mutuellement face cette journée qui pourrait basculer à tout moment.
Ils entrèrent calmement dans l'hôpital, se dirigeant vers le service approprié pour finalement patienter dans la salle d'attente. Ce fut les minutes les plus longues que Remus n'ait jamais eues à vivre. À croire que les médicomages prenaient un malin plaisir à se faire attendre pour ne les stresser que d'avantage ! C'est alors que leur gynécomage les appela à entrer dans son cabinet. Aussitôt dit, aussitôt fait. C'est ainsi que le couple se retrouva assis en face de la sorcière qui suivrait la grossesse de Nymphadora.
« Bien, dit la femme en relevant la tête de ses papiers, mon nom est Isabella Crow, appelez-moi tout simplement Isabella. Alors vous êtes enceinte de deux mois et demi et je suppose que vous êtes l'heureux mari et futur papa ? »
Pour seule réponse, Remus et Nymphadora hochèrent la tête simultanément, se sentant plus à l'aise devant la gentillesse et le sourire de la gynécomage. Ils avaient eu peur pendant un moment que l'entretien se passe mal au vu de la condition de Lupin.
« Lors de cette première séance, nous devrions connaître le sexe de bébé, à moins que vous ne vouliez garder la surprise ? proposa la sorcière.
-Je préférerais, avoua Tonks sous les yeux de son mari qui semblait déçu.
-Nous allons donc faire les examens nécessaires pour savoir si le petit sera contaminé oui ou non par son père. Vous êtes Métamorphomage, si je ne me trompe pas ?
-En effet, répondit Nymphadora. Il est possible que le bébé ait hérité de mes gènes ? »
Mme Crow affirma de la tête tout en invitant la femme de Remus à la suivre dans l'autre pièce pour procéder aux examens. L'attente fut longue et interminable aux yeux de Moony qui tournait en rond dans la pièce, plus angoissé que jamais. Pourquoi est-ce que c'était aussi long ? Et si le bébé était un loup-garou ? Est-ce que Nymphadora pourrait encourir des risques graves durant ou après l'accouchement ? Dire qu'il allait être papa, qui l'aurait prévu ? Pas lui. Il avait une femme, bientôt un enfant, une véritable famille, un travail. Il espérait que ce bonheur ne soit pas éphémère. Il se retourna en entendant la porte s'ouvrir et se refermer, laissant apparaître sa femme plus rayonnante que jamais. Son cœur manqua un battement. Il n'avait besoin d'aucun mot, d'aucune parole pour comprendre. Il ouvrit grand ses bras pour accueillir Nymphadora qu'il souleva dans les airs, tournant sur eux-mêmes. Au bout de quelques minutes, il la reposa à terre, plus heureux que jamais. Il laissa une main glisser sur son visage qu'il caressa tendrement, ses yeux pétillants d'amour et de joie.
« Alors, il n'a rien ? Vraiment ?
-Il ne sera jamais atteint de lycanthropie Remus. Jamais !
-Il ? répéta son mari curieux sous les joues rougissantes de sa femme.
-Je n'ai pas pu m'empêcher de demander à Mme Crow pour le sexe du bébé, avoua-t-elle, honteuse, sous le rire non feint de Moony. Ce n'est pas marrant Remus ! s'insurgea Tonks en croisant les bras.
-Oh que si ! assura-t-il ne retenant plus son hilarité. C'est toi-même qui m'as convaincu de ne pas demander le sexe de l'enfant et finalement, c'est toi qui craques, dit-il en riant.
-Tu te moques de moi alors pour la peine, tu ne sauras plus rien, répliqua Nymphadora en tournant le dos à Remus. »
Celui-ci cessa de rigoler puis s'avança vers sa femme tout en l'enlaçant par-derrière. Il taquina son lobe d'oreille avec sa langue, déposant myriades de baisers dans son cou, sachant qu'elle ne pourrait résister bien longtemps à ce traitement.
« Il s'appellera Teddy Lupin, il est en bonne santé et aura sûrement des capacités comme la métamorphose, dit-elle en se retournant face à lui. Je suis la plus heureuse des mères. »
Pour seule et unique réponse, il l'embrassa avec passion et ardeur, la plaquant contre lui pour un baiser enflammé et rempli d'amour quand soudain, ils entendirent un raclement de gorge qui les fit se séparer très rapidement. Isabella sourit devant l'emportement du couple puis la gêne d'avoir été surpris. Elle les invita à s'asseoir de nouveau, informant la jeune maman qu'elle ne devait plus tenter le moindre transplanage et éviter au maximum de se fatiguer inutilement. Elle leur fixa le prochain rendez-vous au mois prochain par simple formalité et pour suivre la grossesse dans les meilleures conditions. Quelques instants plus tard, ils sortirent de Sainte-Mangouste, plus soulagés que jamais. Un fils, ils allaient avoir un fils ! Teddy Lupin. Autant Remus avait pu être pessimiste à l'annonce que Nymphadora soit enceinte, autant qu'il était ravi et fou de joie, voulant crier son bonheur à la face du monde ! Tout cela il le devait à Tonks, il l'aimait plus que tout au monde et rien ne changerait cela. Il avait hâte d'en aviser Sirius ainsi qu'Harry et sa femme. Peut-être devrait-il penser à choisir un parrain ? Ils devaient prévenir Androméda aussi ; elle serait contente d'apprendre la nouvelle, il en était certain ! Il observa du coin de l'œil sa femme qui paraissait épanouie. Et pour cause, Nymphadora avait l'impression d'être au nirvana ! Elle allait être mère d'un petit garçon en bonne santé et c'est ce qu'on pouvait souhaiter le mieux pour son enfant. Plus de doute, plus de peur, ils pouvaient être enfin tranquilles : Teddy ne serait jamais un loup-garou. Elle savait que cette annonce avait enlevé un énorme poids sur les épaules de son mari et rien que de voir son regard, sa joie immense, elle était rassurée de son choix. Finalement, elle avait eu raison d'arrêter les potions de contraception. Main dans la main, unis comme jamais, ils rentrèrent à Poudlard.
Pendant ce temps-là, Sirius était en train de chercher la baguette de James que lui avait donnée Harry cet été. Il la trouva dans son placard de chambre, soigneusement rangée dans un carton empli de photos et de souvenirs du passé. Son regard s'attarda sur une photo où ils étaient pris ensemble tous les quatre, les Maraudeurs au complet, la seule photo qui ne devait pas être déchirée à l'heure actuelle pour enlever la face de ce sale rat. Secouant la tête pour chasser les idées sombres de son esprit, il sortit alors la baguette de Prongs. Harry avait réussi à la récupérer auprès du ministère peu de temps après la fin de la guerre. Apparemment, les Aurors l'avaient retrouvée dans les décombres lors de cette nuit tragique et l'avaient scellée comme pièce à conviction. Elle mesurait 27,5 cm, était en acajou, flexible et remarquablement efficace pour les métamorphoses. Il se souviendrait éternellement de cette journée qui fut leur rencontre. James était en train de choisir sa baguette lorsque Sirius entra dans la boutique pour s'en acheter une. Étrangement, cela fut explosif entre eux. James n'appréciant pas les Black, il remit Sirius à sa place qui ne se laissa pas faire. Ils se retrouvèrent alors dans la même maison quelques jours plus tard, Prong s'excusa aussitôt pour les paroles proférées à son encontre et ainsi commença leur grande et profonde amitié. Que de souvenirs.
Il rangea la boite puis s'en alla avec la baguette de James Potter vers le salon. Cette baguette n'était plus soumise à la surveillance du ministère puisque le propriétaire était mort. On dit souvent que la baguette choisit le sorcier, il est vrai qu'elle convenait magnifiquement bien à Prongs, mais ce que tout le monde avait oublié, c'est que Sirius pouvait aussi bien la manier que son ancien propriétaire. Si James et Sirius étaient liés comme les deux doigts de la main, c'en fut pareil pour leur baguette respective. Finalement, cela l'arrangeait : il était certain que son ami décédé approuverait sa décision. Dès que le repas dans la Grande Salle serait fini et que la nuit tomberait, il irait vers la cabane hurlante d'où il transplanerait vers Baker là… Il fut alors coupé dans ses pensées en entendant quelqu'un toquer à la porte.
« Qui est-ce ? demanda Sirius avant d'ouvrir.
-C'est moi Padfoot, répondit la voix de Moony. »
Il posa la baguette de James sur la table du salon et alla ouvrir à son meilleur ami qui semblait planer vers un autre monde. Remus entra joyeusement dans l'appartement puis déclara à Sirius :
« Je vais avoir un fils Sirius, un fils ! Et le meilleur dans tout cela, c'est qu'il ne sera pas un loup-garou ! »
Black, quelque peu sous le choc de cette nouvelle, finit par se diriger vers le Maraudeur et l'enlaça brièvement tout en le félicitant ! Remus méritait réellement tout ce bonheur ! C'était une chance pour lui !
« Pourquoi Nymphadora n'est pas venue avec toi ? s'enquit-il en fronçant les sourcils.
-La gynécomage lui a dit de se reposer, alors au vu du voyage et des émotions, je lui ai conseillé d'aller dormir un peu. Enfin je l'ai un peu forcée, répondit Remus avec sérieux. »
Sirius éclata littéralement de rire devant le comportement maniaque de son ami. Encore pire que James ! Si Prongs était là, il n'en ferait qu'une bouchée et le taquinerait sans cesse. Serait-il pareil avec sa femme et son futur enfant ? Il s'imagina alors père et tout de suite l'image d'Eliane vint se former dans son esprit. D'un battement cil, il chassa ses pensées pour revenir à la douce et cruelle réalité :
« Je vais demander à Harry s'il veut en être le parrain. Tu crois qu'il acceptera ?
-J'en suis persuadé, c'est une bonne idée, affirma Sirius en s'installant dans le canapé un verre à la main tandis que Moony en fit de même.
-Pourquoi as-tu sorti la baguette de James ? demanda Remus le regard soudainement grave.
-Pour rien, nostalgie, répondit-il le plus nonchalamment possible.
-Je ne te crois pas Sirius. Depuis qu'Harry te l'a donnée, tu ne l'as plus jamais ressortie. Alors pourquoi ce soir précisément ? Dis-moi la vérité ! ordonna le Maraudeur. »
Sirius soupira profondément, sachant qu'il ne pourrait pas mentir bien longtemps à Remus. Il sortit de sa poche le bout de parchemin qu'avait reçu ce matin Eliane et le lui donna. La réaction de Lupin ne tarda pas, la colère crispant les traits de son visage. Ce sale bonhomme avait osé envoyer ce mot à West malgré les avertissements ? Était-il complètement dingue de s'en prendre ainsi à sa fille ? Néanmoins, il ne comprenait toujours pas la raison pour laquelle Padfoot avait sorti cette baguette. À moins que… Remus releva aussitôt la tête tout en disant :
« Non Sirius, ne fais pas ça, il y a une autre solution !
-Laquelle ? Vas-y, je t'écoute ! Ce type est un fou, il l'a non seulement violée, mais en plus, il veut recommencer et la posséder. Sa mère serait encore vivante, elle voudrait protéger sa fille. Eliane est ma petite amie, je l'aime Remus. Tu l'aurais vue ce matin, elle semblait totalement perdue et bouleversée. Que ferais-tu si cela touchait Nymphadora ?
-Eh bien, je suppose que je voudrais la protéger comme toi, mais tu sais que ce que tu t'apprêtes à faire est dangereux. Tu risques la prison et…
-Personne ne saura Remus, le coupa Sirius. Je vais utiliser la baguette de James ainsi s'ils effectuent le « Priori incantatem »sur ma propre baguette, ils ne trouveront rien. Tu sais que la baguette des morts est exemptée de tout contrôle. Personne ne sait que je possède sa baguette.
-Sauf Harry, répliqua Remus, et moi ! Harry est un Auror réputé, nous pourrions lui parler du problème d'Eliane, proposa Moony avec vigueur, essayant de faire changer l'avis de son ami.
-Mais tu sais aussi que cela conduirait automatiquement à un procès ! Je doute qu'Eliane soit assez forte pour qu'on l'interroge sur son passé devant une salle remplie de sorciers et sorcières. Elle ne se confie pas à nous et encore moins à ses amis, penses-tu qu'elle va se livrer à un inconnu ? riposta Sirius en se levant du canapé.
-Avons-nous le droit de le tuer ?
-Tout ce que je sais, c'est qu'il continuera à l'harceler, ravivant sans cesse le passé en elle. Eliane ne pourra jamais guérir s'il ne la laisse pas tranquille, dit Black en observant le parc à travers sa fenêtre. »
Sirius n'avait pas tord, mais au point de le tuer ! Remus avait du mal à s'y faire. Padfoot était du genre à agir sur un coup de tête, mais à cet instant présent, il savait que son ami était des plus sérieux et que son plan était mûrement préparé. Ce fut dans le plus grand silence qu'il approuva la décision de Black. Il lui expliqua alors tout ce qu'il avait projeté lors de cette journée pour assassiner Julian West.
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Il faisait nuit noire dans les rues de Londres. Seule la lumière des lampadaires venait apporter un peu de clarté dans ces ténèbres. Le silence était absolu, seul le bruit des pas craquant dans la neige rompait cette atmosphère tendue. Deux hommes recouverts de capes noires marchaient silencieusement dans Baker Street. C'est alors qu'ils disparurent comme par enchantement. Ils se fondirent dans le décor, invisibles aux yeux de tous. Quelques secondes plus tard, une grille s'ouvrit dans un grincement sordide puis vint le loquet de la porte qui se déverrouilla, laissant entrer les deux hommes toujours invisibles. L'un deux se dirigea vers le salon où Julian West, le verre à la main, semblait plus ivre que jamais.
C'est alors que le père d'Eliane ouvrit les yeux en entendant du bruit. Sous ses yeux, les bouteilles d'alcool qui reposaient sur le bar tombèrent au sol dans un fracassement assourdissant ! Julian se releva aussitôt apeuré. Comment était-ce possible ? Il tourna sur lui-même, essayant d'apercevoir quelqu'un ou quelque chose, mais rien.
« Qui est là ? Qui êtes-vous ? Que me voulez-vous ? »
Une voix retentit dans la pièce, un ricanement d'homme, tout en renversant des fauteuils ou des meubles. Il avait l'impression d'avoir affaire à des fantômes. Mais les fantômes traversaient les murs et les objets, ils ne pouvaient pas les toucher !
« Tu as peur ? demanda une voix d'homme qui n'était autre que Sirius. As-tu peur ? C'est presque trop facile…
-SORTEZ DE CHEZ MOI ! s'insurgea Julian West.
-Bien sûr qu'on va en sortir, mais pas tout de suite, siffla dangereusement le sorcier en lui décochant un coup de poing en plein dans la mâchoire. »
Un cri de souffrance franchit les lèvres du père d'Eliane, portant sa main à sa bouche qui était en sang et brisée.
« Je devrais vous torturer jusqu'à ce que vous en perdiez la raison. Ma famille a toujours été douée pour ce genre de chose, mais je ne m'abaisserai pas à ce niveau ! cracha Black avec une lueur de démence au fond des yeux. Je vous avais prévenu de ne plus jamais approcher votre fille. Vous n'avez pas pris mes propos en compte.
-Elle m'appartient ! répliqua férocement son père en donnant des coups de poing dans le vide.
-Eliane n'appartient à personne, encore moins à vous qu'à moi ! dit Padfoot furieux.
-Sirius, appela une voix venant de la droite, le prévenant qu'il devait faire vite et ne pas s'attarder inutilement. »
Padfoot lança un regard méprisant à Julian pour finalement s'en aller du salon. Il jeta alors une bouteille d'alcool dans le feu de cheminée, suivi d'un puissant Incendio. Le feu s'activa aussitôt, flamboyant plus que jamais dans l'âtre sous les yeux effrayés du Cracmol qui tenta de sortir du salon. Seulement, la porte se referma brutalement d'un sortilège. Le feu se propagea rapidement dans la pièce, brûlant de toute part.
Sirius resta quelques minutes derrière la porte, entendant les appels au secours de West, tapant désespérément contre la porte tandis que les flammes le léchaient dans une torture affligeante. C'était pour tout le mal qu'il avait fait à Eliane et à sa famille. Il se moquait totalement que ce soit juste ou pas : Julian West appartenait au passé désormais. Eliane pouvait être tranquille d'esprit. Padfoot sentit alors une main le ramener sur terre. Il se retourna rapidement vers Remus qui le pressa en voyant le feu consumer la maison tout entière. Sans plus d'hésitation, ils transplanèrent rapidement dans la cabane hurlante puis prirent le tunnel menant au château. Toujours invisibles grâce au sortilège de désillusion, ils parcoururent le parc pour retourner dans leurs appartements respectifs. Sirius rangea la baguette de James dans le carton, puis s'en alla vers le salon se servir un verre de Whisky pur feu pour se remettre d'aplomb après cette soirée bel et bien funèbre.
Au même moment, Eliane se réveilla en sueur et en sursaut, la respiration saccadée et haletante. Elle avait fait un drôle de rêve ou plutôt un cauchemar ! Son père était tué par Sirius qui se faisait condamner à vie à Askaban. Heureusement, ce n'était qu'un mauvais rêve, juste un rêve. Elle essaya de respirer le plus calmement possible, se sentant pantelante et faible. Elle avait chaud et froid. La Serdaigle ne se sentait pas au meilleur de sa forme en ce moment et avec les entrainements de Quidditch qui se faisaient épuisants, cela ne l'aidait pas, d'autant plus qu'Eliane ne mangeait pratiquement rien ! Elle picorait dans l'assiette et les vertiges s'accumulaient, la rendant de plus en plus faible. Seulement, elle n'avait pas faim ! La nourriture la dégoutait ! Les cauchemars tournaient en boucle ainsi que les souvenirs, tel un disque qu'on aurait oublié d'arrêter. Chaque seconde, chaque minute, elle y pensait.
Elle ne supportait plus de se regarder dans la glace. Elle passait du temps sous la douche, frottant encore et encore sa peau. Les seuls moments de liberté étaient avec ses amis et durant les cours. Elle se sentait si mal en ce moment, elle avait l'impression d'être plus seule que jamais. Cependant, c'était de sa faute ; elle ne se confiait à personne. Elle n'y arrivait pas, c'était trop dur. Ses yeux se posèrent alors sur les cadeaux que lui avait offerts Sirius. Pour se changer les idées, elle les prit en main puis déchira l'emballage. Ses sourcils se froncèrent en découvrant un journal intime vierge et un miroir. Qu'est-ce que c'était ? Un mot glissa sur les couvertures de son lit, écrit par la main de son petit ami.
« Si tu as besoin de moi, appelle-moi à travers le miroir, je te répondrai. Quant au journal, j'ai le même chez moi. Il nous permettra de correspondre par écrit à tout moment, à l'abri des oreilles indiscrètes. Joyeux Noël Princesse. »
Eliane sourit jusqu'aux oreilles devant le surnom que lui avait donné Sirius. C'était sa manie de l'appeler ainsi depuis qu'ils étaient ensemble. Elle n'avait rien d'une princesse pourtant. Elle n'en revenait pas des objets qu'il avait pu lui offrir, c'était des objets magiques ! Où se les étaient-ils procurés ? Pouvait-elle s'en servir maintenant ? Elle avait bien envie de parler à Sirius. Peut-être dormait-il ? D'autant plus qu'elle ne craignait rien, un Silencio avait été déposé autour de son lit. Personne n'entendrait sa conversation avec lui. Les mains tremblantes, elle prit le miroir entre ses doigts, le regardant fixement puis murmura :
« Sirius Black ? »
Elle attendit une réponse, mais rien. Eliane soupira de découragement, se préparant à aller se recoucher quand soudain, le miroir vibra entre ses mains puis une voix retentit :
« Eliane ? Eliane ? »
La concernée reprit aussitôt le miroir et vit à sa plus grande surprise le visage de son amant. C'était absolument fabuleux ! Émue plus que jamais de pouvoir enfin parler tranquillement à Sirius, elle pleura sous les yeux inquiets et soucieux de son petit ami.
« Ely ? Quelque chose ne va pas ? Il est plus de minuit, pourquoi est-ce que tu ne dors pas ? interrogea-t-il, attentif.
-J'ai fait un cauchemar, murmura-t-elle, honteuse, sous la mine tourmentée de Sirius.
-Tes amies dorment ? demanda-t-il.
-Oui, pourquoi ?
-Prends tes affaires pour demain et viens me rejoindre à l'appartement, proposa-t-il totalement sérieux, sous l'air hagard de sa compagne.
-Mais, mais… Et si Rusard me tombe dessus ? répondit-elle anxieuse à l'idée de se faire prendre.
-Aucun risque, il lui arrive de dormir à lui aussi, dit-il avec un clin d'œil.
-D'accord, j'arrive ! approuva-t-elle, trop heureuse de cette proposition pour la refuser. »
Sirius lui expliqua rapidement où se situait son appartement puis lui donna le mot de passe. Il ne fallut que quelques minutes à la jeune fille pour prendre ses affaires en vitesse sans le moindre bruit et se faufiler en dehors du dortoir puis de la salle commune vers l'appartement de Padfoot. Elle trouvait ça plutôt excitant de se voir en cachette, même si elle devait avouer que défier le règlement ne lui plaisait pas particulièrement. Elle arriva rapidement devant la porte ou plutôt le portrait menant chez son professeur. Le cœur battant à tout rompre, Eliane murmura le mot de passe puis entra dans la pièce.
C'était très chaleureux et convivial et surtout très rouge et or. Décidément, il prônait avec excellence les couleurs de Gryffondor. Elle déposa ses affaires sur le fauteuil près de la cheminée, cherchant des yeux son compagnon qu'elle vit arriver avec deux tasses fumantes. Elle rougit soudainement en s'apercevant qu'elle était en chemise de nuit devant Sirius et lui était totalement habillé. Elle tira nerveusement sur sa nuisette qu'elle trouvait beaucoup trop courte à son goût, dévoilant sa jambe marquée par les brûlures. Il ne lui laissa pas le temps d'y réfléchir plus longtemps, la faisant asseoir à même le sol entre ses jambes, face à la cheminée sur le tapis soyeux, encerclant ses bras autour de sa taille. Il posa sa tête dans son cou, humant son arôme qu'il trouva délicieux. Il était heureux de l'avoir contre lui, seuls, tous les deux. C'était un moment rare et privilégié, mais pour rien au monde il n'échangerait sa place. Il savait que demain ce serait une dure journée pour elle. Les Aurors viendraient lui annoncer la nouvelle puis la questionner. Moins elle en savait, mieux c'était. Il déposa un doux baiser sur son épaule dénudée. Aucun mot ne fut échangé durant cette nuit. Aucune parole. Bercée dans les bras de Sirius, peu à peu elle s'endormit contre lui, oubliant tout, jusqu'à ce que la réalité vienne de nouveau la frapper d'une cruelle vérité. Vérité à laquelle elle ne pourrait y échapper éternellement….
Voilà un nouveau chapitre. Le prochain arrivera dans deux semaines avec à la page : révélation du secret de Laura. Haha et tout plein de bonnes choses. Ce chapitre est assez long : 13 pages Word. .J'espère qu'il vous aura plu ! Selon vous, Joanne va-t-elle se lier d'amitié avec Walker et revoir son jugement ? Et oui, Julian West est bel et bien mort ! Seulement à une bonne nouvelle vient s'ajouter une mauvaise nouvelle. Elisabeth va être révélée au grand jour à Eliane. Je peux déjà vous dire que cela va très mal se passer. Bah oui, vous devez vous en doutez, le pays des Bisounours, peu pour moi. Mouah mouah, sadique jusqu'au bout. Et le couple Sirius-Eliane va en souffrir. Ce chapitre était transitoire, du fait qu'il ne se passe pas grand chose en somme.
Les prochains sont pleins de rebondissements en vue. Accrochez vos ceintures ^^
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Lia-Sail.
