Chapitre 21 : Pardonne-moi

Une semaine était passée depuis que Laura avait rencontré Spencer à la bibliothèque. Une semaine qu'elle ne cessait de penser à cette rencontre. Elle avait un drôle de comportement ces derniers temps : trop gentille, trop amicale, trop prévenante. Elle était atterie dans une autre dimension ou quoi ? Ce revirement chez elle était trop soudain, trop faux ; cela n'allait pas durer longtemps, elle en était certaine ! Chassez le naturel et il revient au galop ! Pas question qu'elle se lie avec Spencer ! Elle ne l'avait jamais aimée et ce n'était pas maintenant qu'elle changerait d'avis parce que Mademoiselle avait découvert sa boite et la lame. Spencer qui jouait son rôle de bon samaritain, que c'était comique ! Qui pourrait la croire ? Pas grand monde, surtout après toutes les misères qu'elle avait faites à Eliane et ses amies. Maintenant, il allait falloir se méfier d'elle, être sur ses gardes. Cette petite garce n'avait pas intérêt à révéler ça à tout Poudlard, sinon elle ne répondait pas des conséquences à venir !

La jeune Floyd soupira profondément tout en ramenant une mèche rebelle derrière son oreille. Elle était perdue en ce moment ; elle ne savait plus quoi faire et comment agir avec Corvalis. Ambre semblait chercher un moyen de la coincer pour lui parler. Laura n'avait pas envie de la voir. C'était tellement plus simple de continuer à vivre sa petite vie, sans se poser de questions, sans s'attacher à personne pour souffrir par la suite. Elle ne voulait plus aimer, elle ne voulait plus endurer une quelconque douleur. Elle ne voulait plus perdre une personne qui lui était chère à son cœur et elle savait que Corvalis finirait par se lasser d'elle. Trop renfermée, trop sombre, trop sarcastique ; cela en avait fait fuir plus d'un. Et pourtant, elle s'accrochait désespérément. Pourquoi ? Était-elle sincère ? Elle n'y comprenait plus rien, elle avait l'impression d'être dans un labyrinthe cherchant indéfiniment la sortie, tournant en rond, encore et encore ! Devait-elle lui faire confiance ? Pouvait-elle s'ouvrir à elle ? Ambre aurait dû être dégoutée, révulsée après la découverte de ses automutilations, mais elle continuait de la poursuivre. Cette fille l'intriguait de plus en plus. Elle passa une main fébrile sur ses lèvres, que la Serdaigle avait embrassées lors du bal de Noël. Elle avait peur de ses sentiments, peur d'aimer une fille. Ce n'était pas rationnel ! Ce n'était pas normal ! Seulement, le cœur a ses raisons que la raison ignore. Que pouvait-elle y faire ? Quoi qu'elle fasse, quoi qu'elle dise, Ambre revenait toujours comme un boomerang vers elle, plus tenace que jamais, tandis que son amour grandissait de plus en plus pour elle. Pourquoi est-ce que tout devait être aussi compliqué ?

C'est alors qu'elle sentit deux mains l'attraper par derrière et l'emmener vers une salle vide et déserte, tandis que le loquet de la porte se referma en un déclic. Laura sortit sa baguette et se retourna brusquement vers son agresseur. Elle faillit lâcher sa baguette en apercevant le visage d'Ambre en face d'elle. Ce n'était pas possible ! Elle était maudite ! Son cœur s'accéléra considérablement en pensant qu'elle était seule avec la jeune fille. Elle recula légèrement, cherchant des yeux une porte de sortie, mais la seule qui existait était celle qu'Ambre avait parallèlement fermée à double tour ! Cela ne faisait plus aucun doute, la poisse l'accompagnait en ce moment ! Ça ne devait pas se passer ainsi ! Elle vit alors la Serdaigle faire un pas avant. Le visage de Laura se crispa légèrement.

« Fais-moi sortir ! ordonna-t-elle, serrant fortement sa baguette dans sa main. Alohomora ! »

Malheureusement pour elle, la formule n'eut aucun effet ! Merlin, quel sortilège avait-elle utilisé ?

« Au lieu de penser à comment sortir, écoute-moi, décréta Ambre en s'approchant de plus en plus tandis que sa camarade reculait.

- Je n'ai pas envie d'écouter tes allégations Corvalis ! siffla-t-elle dangereusement. Je n'ai pas de temps à perdre ni de salive à gaspiller pour des personnes comme toi ! »

Un fin sourire se dessina sur les lèvres d'Ambre qui souffla :

« J'adore ton côté sarcastique, cela montre à quel point tu es sur la défensive. J'en conclus donc que cette situation te gêne. »

Laura tiqua sérieusement face à cette phrase. Comment pouvait-elle la connaître aussi bien ? C'était une façon pour elle de se protéger, cela éloignait les gens, mais ça ne marchait pas avec elle ! Pourquoi ?

« Tu as perdu ta langue ? demanda la jeune Serdaigle. Je peux t'aider à la retrouver si tu veux, murmura-t-elle d'une voix suave emplie de sous-entendus. »

La concernée déglutit passablement, reculant de plus en plus pour finalement se retrouver contre le mur. Elle était prise au piège : où qu'elle aille, cette pièce était bloquée. Ambre n'était qu'à quelques centimètres d'elle. Que faire ? Quoi qu'elle fasse, rien ne semblait la repousser ! Que Merlin lui vienne en aide pour une fois dans sa vie ! Son cœur manqua un battement en sentant les mains de Corvalis s'enrouler autour de ses poignets pour les relever au-dessus de sa tête. Elle pouvait sentir son souffle chaud dans son cou et légèrement sur le bas de son visage. Yeux dans les yeux… Le silence était total dans la pièce.

« Tu vas me faire le plaisir de m'écouter maintenant, déclara Ambre sérieuse plus que jamais. Tu pourras m'agresser verbalement autant que tu veux, je reviendrai toujours, je continuerai encore et encore. Tu m'attires comme un aimant, révéla-t-elle. Je suis désolée et pour la dernière fois, je ne voulais pas me montrer désobligeante à ton égard à cause du mal que tu te fais, murmura sombrement la jeune fille avec un léger pincement au cœur. Je veux comprendre, je veux te connaître ! confia-t-elle en lâchant ses poignets pour prendre son visage en coupe. Laisse-moi entrer dans ta vie, baisse une fois dans ta vie tes barrières ! »

La respiration de Laura était légèrement saccadée, ne sachant que dire ou que faire. Elle était troublée par ces paroles : elle semblait si sincère, si réelle, si parfaite. C'était trop beau pour être vrai. Elle entendit alors :

« Je t'aime »

Un je t'aime qui lui glaça le sang, un je t'aime qui lui rappela trop de mauvais souvenirs, un je t'aime trop pur pour elle. Laura ouvrit brusquement les yeux, se dégageant de l'étreinte de sa partenaire pour se diriger vers la porte qui résistait toujours. Elle voulait sortir, elle voulait sortir, fuir cet endroit, la fuir, partir le plus loin d'elle, fuir son amour.

Seulement, c'était sans compter la jeune Corvalis qui la retourna et la colla contre la porte.

« Laisse-moi partir, je t'en supplie, marmonna Laura en fermant les yeux pour retenir ses larmes tandis que l'air lui manquait cruellement.

- Non, non, je ne te laisserais pas fuir. Pourquoi refuses-tu mon amour ? Pourquoi ? demanda Ambre en quête de réponses. Je ne suis pas assez bien pour toi ? Tu n'aimes pas les filles ? Réponds-moi !

-Je… je ne veux plus souffrir ! s'exclama Laura en la repoussant loin d'elle. Je ne veux plus souffrir, murmura-t-elle en mettant ses deux mains sur ses oreilles, pour ensuite se laisser glisser le long de la porte jusqu'au sol. »

Ambre était tétanisée face à autant de détresse. Ses larmes roulaient comme des perles de cristal pour s'écraser mollement par terre. C'était donc ça : elle avait peur de souffrir par sa faute ? Elle n'aurait jamais cru ça, elle s'était tout imaginé sauf ça. Elle se laissa glisser aux côtés de la Gryffondor qui ne releva même pas la tête. Son doigt vint caresser ses joues baignées de larmes puis elle murmura affectueusement :

« Je ne peux pas te faire cette promesse. C'est une chose totalement impossible et je ne veux pas te mentir. Quand on aime, son lot de souffrances s'amène avec, un ne va pas sans l'autre. »

- Je ne veux pas te perdre, révéla-t-elle, je ne veux pas te perdre comme mes parents. Tous ceux que j'aime, je finis par les perdre… Je ne veux pas… »

C'est alors que les lèvres de Corvalis se déposèrent tendrement sur sa joue pour gouter à ses perles salées. Contre toute attente, elle vit les pommettes de Floyd rougir.

« Tu souffriras peut-être par ma faute, mais je te fais la promesse que tu ne me perdras jamais. Je ne suis pas la plus parfaite des filles, mais je prendrai soin de toi, dit-elle en glissant ses mains autour de ses poignets pour remonter ses manches, dévoilant ses bras remplis de cicatrices. Je ne te jugerai jamais pour ce que tu te fais. Je veux juste comprendre ta douleur, te comprendre, te connaître et t'aimer. »

Pour seule réponse, Laura hocha la tête en signe affirmatif lui donnant ainsi la permission d'entrer dans sa vie. Elle sentait qu'elle pouvait lui faire confiance. Il y avait quelque chose qui se dégageait d'elle au point d'envouter les sens. Peut-être était-il temps pour elle de s'ouvrir, prendre sur elle-même et s'appuyer sur une épaule. Cependant, il n'était pas question qu'elle change son attitude envers les autres, elle resterait toujours aussi froide et sarcastique ! Elle essaierait juste d'être plus communicative avec Ambre. Laura sécha rapidement ses larmes, honteuse d'avoir pu pleurer devant elle ! Elle qui haïssait étaler ses sentiments, c'était raté. Aidée de son amie, elle se releva tandis qu'un déclic se fit entendre comme quoi la porte était de nouveau ouverte.

« On pourrait faire un tour ensemble ? proposa Ambre nerveusement. »

Floyd aurait pu détaler comme un lapin et fuir le plus loin possible, oubliant ce qu'elle avait promis à Ambre, mais cette fois-ci, elle agirait comme une Gyffondor. Courageuse, elle ferait face à ses sentiments. Pour simple réponse, elle hocha la tête avec un faible sourire. Corvalis eut l'impression de flotter sur un petit nuage. Elle savait que désormais tout était possible entre elles.

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Pendant ce temps-là, Sirius était assis dans un fauteuil, la barbe mal rasée, le regard vide fixant le feu brûlant dans l'âtre, un verre d'alcool à la main. Une semaine… Une semaine qu'il essayait en vain de parler à Eliane qui lui échappait comme du sable fin entre les doigts. Elle le fuyait. Et lui ? Lui souffrait, il ne voulait pas la perdre, il l'aimait de trop. Il voulait la retrouver, il voulait qu'elle revienne ! Sa présence et ses regards lui manquaient tellement. Si seulement elle savait à quel point il était fou d'elle. Et dire que tout ça s'était passé à cause d'une simple et stupide conversation ! Il aimerait revenir en arrière et ne pas l'avoir giflée. Quel idiot ! C'était un imbécile ! Lui qui avait promis de la protéger et de ne jamais la blesser. Une promesse qu'il n'avait pas su tenir, une promesse qui s'était envolée en un milliard d'étoiles. Il n'aurait jamais cru souffrir autant par amour. Il avait si mal ! Ce sentiment de sombrer dans l'abîme et ne plus jamais pouvoir remonter à la surface. Il fallait qu'elle revienne, il avait besoin d'elle ; c'était son rayon de soleil.

Eliane lui ressemblait trop par moment. Il avait l'impression de se revoir en elle, du temps de sa folle jeunesse. Il ne voulait pas qu'elle refasse les mêmes erreurs que lui ! Il ne voulait pas qu'elle haïsse sa sœur comme lui avait détesté son frère Regulus. Trop de remords, trop de regrets. Il aurait tellement voulu être plus proche de son cadet. Peut-être que s'il ne s'était pas fait de préjugés sur lui dès le départ, cela aurait pu être différent. Peut-être qu'il aurait pu aider Regulus à fuir cette famille de dingues et alors le sauver de la mort. Il ne voulait pas qu'Eliane face cette même erreur, passer à côté des liens fraternels ! Il pouvait comprendre sa rancœur actuelle : sa petite sœur avait eu droit à une famille alors qu'elle avait été prisonnière de son père. Ce n'était pas juste et elle avait raison, mais la vie pouvait se montrer bien cruelle et Eliane y avait trop goûté. Il fallait qu'elle revienne ! Il voulait se faire pardonner ! Mais comment ? Sirius serra les poings de rage tout en lançant le verre contre le mur qui se fracassa en mille morceaux, tout comme son cœur.

Au même moment, Remus montait les marches en direction de la tour d'astronomie. Pourquoi faire une tour aussi haute ? Merlin, il n'était plus tout jeune pour monter un tel escalier ! Heureusement qu'il était sûr que la jeune West se trouvait à cet endroit grâce à la carte des Maraudeurs ! Il espérait avoir une petite discussion avec elle et si possible la faire revenir vers Sirius. Il se doutait que cela ne serait pas chose facile, mais il avait bon espoir. Il aurait préféré que ce soit Nymphadora qui s'y colle, mais celle-ci avait déclaré que c'était à lui d'aller lui parler. Pourquoi ? Il ne savait pas, sa femme lui avait juste dit que cela lui ferait un bon exercice pour son rôle de futur père.

Moony arriva alors à son plus grand bonheur au bout de son calvaire et vit la jeune fille assise sur le rebord de la fenêtre, le regard au loin et les cheveux volant au gré du vent et du froid hivernal. Il s'approcha doucement puis décida de prendre place à ses côtés. Il lui jeta un coup d'œil furtif pour voir sa réaction, mais rien, le néant ; elle ne semblait même pas avoir remarqué sa présence. Ses yeux étaient rouges et gonflés, sa peau plus blanche qu'à l'ordinaire, elle paraissait avoir encore maigri. Pas étonnant avec le peu qu'elle mangeait. Apparemment, Sirius n'était pas le seul à souffrir de cette situation ce qui était, avouons-le, bon signe ! Maintenant, il lui fallait se lancer, chose plus ardue. Comment allait-il entamer cette conversation ? Il passa une main nerveuse dans ses cheveux gris souris puis dit :

« Eliane ? »

La concernée tourna la tête lentement comme si cette épreuve lui était difficile. Elle fixa ses yeux sur le professeur Lupin, quelque peu étonnée, montrant qu'elle ne l'avait pas entendu arriver.

« Professeur Lupin ? Que faites-vous ici ?

- Je suis venu discuter avec toi.

- Sirius vous a tout dit, c'est ça ? demanda-t-elle méfiante.

- Je sais tout c'est vrai, mais c'est normal puisqu'il est mon ami depuis mes onze ans. Tout comme toi tu as parlé avec John, ton ami d'enfance, déclara Remus calmement.

- Comment savez-vous ? questionna Eliane surprise.

- Oh, j'ai l'œil sur tout. J'ai vu que tu t'étais sensiblement rapprochée de lui depuis ta séparation avec Sirius. »

Au mot fatal, le visage d'Eliane perdit de son dernier éclat, un voile de tristesse tombant devant ses yeux bleus, ce qui n'échappa pas à Remus. Ainsi, cette séparation lui était aussi pénible que Sirius. Ces deux-là se ressemblaient beaucoup trop pour leur propre bien. Il se doutait que la jeune fille avait trop de fierté pour aller faire le premier pas et cela en était de même pour Sirius. Peu importe l'amour qu'ils se vouaient l'un envers l'autre, ils avaient trop d'orgueil, au risque de se faire mal. Cela ne serait pas tâche facile de convaincre Eliane d'aller se réconcilier avec Sirius. Et pourtant, au fond, elle n'attendait que ça et il pouvait le sentir.

« Sirius va mal et toi aussi, confia-t-il en l'observant. Il regrette de t'avoir giflée et s'être aussi mal exprimé envers toi.

- Il a raison, le coupa-t-elle en baissant la tête, balançant ses pieds dans le vide, je suis horrible d'agir ainsi avec elle. Mais c'est plus fort que moi : quand je la croise ou que je la vois, je me sens prise d'une véritable rancœur et une haine à son égard. Je suis un monstre d'égoïsme ! affirma West en retenant au mieux ses larmes.

- Non, non, ne dis pas ça Eliane ! Tu as aussi le droit de craquer ! Tu es humaine et non pas surhumaine ! Toute personne aurait agi ainsi après un tel vécu. Tu es plus forte que tu as l'air de le croire. Malgré tout ce que tu as pu vivre, tu crois encore à l'avenir, tu vas de l'avant, aussi difficile soit-il, tu as une grande force morale.

- Vous croyez ? murmura-t-elle sombrement.

- Bien entendu ! affirma Remus avec conviction.

- Ai-je autant le droit d'haïr ma propre sœur à ce point-là ? Je me dégoûte d'agir ainsi. Sirius a raison. »

Elle sentit alors une main se poser sur son épaule, ce qui lui fit retourner la tête.

« Écoute-moi. Sirius est connu pour ses coups de tête, il n'est pas du genre à réfléchir et ensuite, il s'en mord les doigts. Crois-moi, Sirius s'en veut réellement, il se ronge les sangs en ce moment même. Il t'aime quoi que tu fasses ou quoi que tu dises. Il te soutiendra jusqu'au bout. Ta situation lui a juste rappelé de mauvais souvenirs et il a peur que tu fasses les mêmes bêtises que lui pour finalement les regretter plus tard.

- Il ne me parle jamais de son passé. Comment puis-je savoir ? demanda-t-elle. Vous viviez à une époque heureuse avant son emprisonnement, non ? Pourquoi ne veut-il pas m'en parler ?

- Si seulement tout était aussi simple Eliane, soupira profondément Moony en repensant à cette époque révolue. Sache que Sirius n'a jamais été une personne qui étale ses sentiments et sur ce point-là, il ne changera jamais. Il est un peu comme toi, il faut lui arracher les vers du nez, se moqua-t-il gentiment en la pointant du doigt. »

Face à cette comparaison, la jeune fille rougit jusqu'à la racine des cheveux sous le rire léger de Lupin.

« Fais-lui confiance Eliane, et sois patiente ; tout vient à point qui sait attendre. L'époque des Maraudeurs, aussi belle soit-elle, est douloureuse face aux regrets amers qui nous submergent. Il finira par s'ouvrir à toi et qui sait, avec de la chance, il te parlera de sa vie à Askaban à laquelle je n'ai jamais pu lui soutirer la moindre information, révéla Remus, soucieux, sachant que son ami en faisait encore des cauchemars. »

Eliane reporta quelques instants son regard vers l'horizon en se disant qu'elle avait encore beaucoup à apprendre sur Sirius. Il était temps pour elle de lui montrer qu'elle était aussi là pour lui ! Elle finirait par connaître le passé de son compagnon, elle s'en faisait la promesse ! Finalement, cette discussion avec Remus s'était montrée des plus enrichissantes et elle se sentait plus rassurée. C'est alors que sous les yeux étonnés de Lupin elle se leva, se dressant face à lui, le sourire aux lèvres.

« Je vous remercie d'être venu me voir, cela m'a fait beaucoup de bien.

- Avec plaisir Eliane, répondit Remus. Tu peux me tutoyer, je ne suis pas si vieux que ça.

- Oh, euh, je, oh pardon, excusez-moi, je ne voulais vous -t'offenser ! bafouilla Eliane rouge de gêne, en s'emmêlant dans les serviettes et les torchons, sous le rire malicieux de Moony.

- Ce n'est pas bien grave, va rejoindre Sirius maintenant, je suis certain qu'il t'attend, encouragea Remus. »

Pour seule réponse, elle hocha la tête, se mordant gentiment les lèvres, remerciant une dernière fois son professeur qui rigola. Il avait l'impression qu'elle revivait et bientôt c'en serait le cas pour son ami. Lupin porta une dernière fois son regard sur le parc et la vue resplendissante que lui offrait cet endroit. Il crut entendre des rires et revoir quatre jeunes garçons soudés plus que jamais, insouciants, profitant et se moquant éperdument de la vie, se croyant forts et invincibles. Rien ne pouvait les atteindre, ils étaient unis à jamais dans la vie et la mort. Tout les reliait et tout les séparait à la fois. Les rires se fanèrent soudainement pour laisser place à un vent glacial qui siffla bruyamment dans la tour, ramenant Remus à la réalité. Il secoua légèrement la tête pour chasser ces images de son esprit. L'époque des Maraudeurs était révolue, bel et bien finie. Ou peut-être pas…

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Eliane courait à toute vitesse à travers les couloirs de Poudlard sous les regards curieux de certains élèves. Elle devait le retrouver, elle devait lui parler, s'excuser pour son attitude, reprendre tout à zéro avec lui, sur de bonnes et nouvelles bases ! Elle l'aimait trop pour le perdre avec de pareilles futilités ! C'est alors qu'elle s'arrêta devant un tableau du septième étage, elle prononça le mot de passe et entra. La pièce était éclairée par un feu de cheminée, ronronnant dans l'âtre. Tout était calme, trop calme. Eliane s'avança doucement et vit alors son compagnon couché sur le canapé, tel un ange endormi. C'était la première fois qu'elle voyait Sirius dormir ; cela lui fit un drôle d'effet. Son visage était totalement détendu, il semblait apaisé ou presque. Il remuait un peu trop à son goût. La jeune fille s'approcha davantage et s'agenouilla face à lui. Timidement, elle passa une main fébrile sur son visage et dans ses cheveux. Une barbe naissante de quelques jours commençait à faire son apparition et cela ne le rendait qu'encore plus beau à ses yeux. Sa respiration saccadée s'amenuisa au fur et à mesure des caresses prodiguées par la jeune fille tandis qu'il se fit moins agité dans son sommeil. Elle l'observa quelques minutes de plus et ne voulant pas le déranger. Elle se leva en silence avant de sentir une main encercler son poignet qui la fit sursauter.

Eliane se retourna doucement et vit le regard insondable et gris de Sirius se poser sur elle. Rêvait-il ? Était-elle bien réelle ? Était-ce Eliane ou une simple hallucination ? Et pourtant, il pouvait sentir sa chaleur autour de ses doigts, ainsi que sa peau douce. Elle était revenue ! Ce n'était pas un simple rêve ! D'un bond, il se releva du canapé, se postant en face d'elle. Il glissa ses mains autour de son visage comme pour se convaincre que tout n'était que réalité, et non une vision fantomatique de sa chère et tendre moitié. Il enfouit aussitôt son visage dans son épaule, s'enivrant, comme il le faisait d'habitude, de son odeur qu'il aimait temps. Eliane répondit à son étreinte, en entourant sa taille de ses mains, remontant dans son dos, le serrant fort contre elle. Comme il lui avait manqué ! Plus jamais ! Plus jamais, elle ne referait une pareille bêtise !

« Pardonne-moi Eliane, pardonne-moi, ne cessait de murmurer Sirius, dans une litanie.

- J'ai ma part de responsabilité, moi aussi. Excuse-moi pour tout le mal que je t'ai fait. »

Pour seule et unique réponse, Black se recula de quelques centimètres pour embrasser la jeune fille, tendrement à son plus grand plaisir et étonnement. Elle enroula ses mains autour de sa nuque, oubliant tout, le passé, le présent, le futur. Seul eux et rien d'autre ne comptait à cet instant. Elle sentit la langue de Sirius tracer le pourtour de ses lèvres tout en taquinant, mordillant sa lèvre inférieure pour quémander son ouverture. Le paradis s'offrit alors à lui quand le passage s'ouvrit. Ils enroulèrent leur langue dans un ballet empli d'émotions. Maladroitement au début, puis graduellement, passionnément, sensuellement, décrochant soupirs et mains légèrement baladeuses. Eliane se laissa complètement aller dans ses bras, se sentant au comble de l'extase. Sirius continuait de l'embrasser avec un tel amour, une telle frénésie, au point d'en être ivre de raison et de toute logique. Jamais aucun des deux n'avait eu autant de plaisir avec un simple baiser. Un baiser qui enflammait les sens, un baiser charnel et ardent comme de la braise. À bout de souffle, ils se détachèrent mutuellement. Les pommettes d'Eliane étaient rouges sous les yeux brillants de Sirius qui ne cessait de l'observer avec un amour incommensurable. Front contre front, souffle contre souffle, yeux dans les yeux, unis plus que jamais. Leurs cœurs battaient au même rythme que leur amour. Sirius laissa ses mains glisser le long de ses bras puis dit :

« Tu as légèrement maigri, remarqua-t-il sous les joues rouges d'Eliane. Tu as mangé aujourd'hui ? »

Pour seule réponse, elle hocha négativement de la tête, hypnotisée par son regard. Un sourire s'installa sur son visage. Sirius se recula et déclara :

« Va dans la pièce d'à côté, je t'apporte un petit quelque chose. »

La jeune fille suivit son ordre et s'en alla dans la pièce ou plutôt dans la chambre de Sirius qu'elle découvrit. Elle était très bien rangée et chaleureuse, des photos accrochées un peu partout. Il avait une vue magnifique sur le parc et ses environs. Quelque peu gênée d'être dans sa chambre, elle n'osait pas regarder les photographies et ni s'asseoir quelque part. Elle le vit alors entrer avec un plateau-repas garni jusqu'aux bords. Il l'invita à s'installer sur son lit tandis qu'il se déchaussa et posa le plateau sur les couvertures. Voyant qu'elle avait quelques difficultés à venir le rejoindre, il ajouta en rigolant :

« Je ne vais pas te manger, pas pour l'instant… »

Prenant son courage à deux mains, elle finit par le rejoindre sur le lit après s'être déchaussée aussi. Assise en tailleur, elle se servit volontiers des pattes de poulet et de quelques frites sous le regard rieur de Sirius qui en fit de même.

« Est-ce toi qui a fait la cuisine ? demanda-t-elle curieuse.

- Ça aurait pu. Avec mes années de célibat, il a bien fallu que je me lance dans la cuisine, mais j'ai demandé aux elfes de maison, révéla-t-il avec un doux sourire ».

Eliane tiqua légèrement au mot « célibat ». N'avait-il donc jamais eu de relations sérieuses ? Pourtant, elle avait cru que Sirius était un homme à femmes. Ou alors, une seule et une nuit… Face au regard interrogateur de sa compagne, il déclara :

« Je n'ai jamais eu de relations sérieuses, sauf toi, confia-t-il en passant une main nerveuse dans ses cheveux. »

Étrangement, son cœur manqua un battement à cette confidence ; ainsi, elle était la seule et unique. Elle était touchée et heureuse que Sirius puisse considérer cette relation avec autant de sérieux. Une relation qui pouvait amener à un avenir, ensemble, tous les deux. Elle en avait toujours douté : la peur que Sirius finisse par se lasser d'elle, la peur de ne pas être assez bien à ses yeux, qu'il puisse mettre un terme à leur relation. Mais maintenant elle savait plus que tout que cette relation lui tenait réellement à cœur, qu'il l'aimait réellement. Son regard se porta alors sur une photo reposant sur la table de chevet de Sirius où trois jeunes adolescents et une fille s'y trouvaient. Elle posa son assiette vide sur le plateau et prit le cadre entre ses mains sous l'œil curieux de Padfoot.

Eliane reconnut rapidement son compagnon, au milieu, enlaçant par le cou deux garçons, un aux lunettes et cheveux ébouriffés qui tenait par la taille une jeune fille rousse. L'autre garçon, celui de droite, semblait plus timide, un léger sourire abordant son visage, un visage qu'elle connaissait : Remus Lupin. Alors le couple qui se dessinait sous ses yeux, empli de vie, devait être les Potter. Sirius paraissait si jeune, si vivant, si heureux entouré de ses amis. Il était incroyablement beau, comme toujours d'ailleurs. Elle sentit son compagnon se déplacer derrière elle, son souffle chaud dans sa nuque. Il murmura :

« C'est la seule photo où Peter n'apparaît pas puisqu'il nous prend en photo. Tu ne m'aurais pas aimé à cette époque, dit-il sous le regard étonné d'Eliane.

- Pourquoi ? souffla-t-elle. Tu es toujours le même Sirius Black.

- Non Eliane, dit-il en secouant la tête pour reporter ses yeux sur le cadre. Tant d'années se sont écoulées depuis. Je n'étais qu'un gamin à cette époque, arrogant, qui s'amusait avec les filles, qui se croyait tout permis. Nous nous croyions invincibles, sauf Remus ; il était là pour nous ramener les pieds sur terre. Rien ne pouvait entacher cette amitié solide. Quelle belle erreur. Si seulement nous n'avions pas été si borné de croire que le traître était Remus. Nous avons sous-estimé ce sale rat ! siffla Sirius en proie avec ses regrets et sa colère.

- Avec des si, nous pouvons refaire le monde Sirius. L'erreur est humaine, tu es humain. Tu resteras toujours Sirius Black, tu as juste grandi et mûri, dit-elle avec douceur, tout en passant une main dans ses cheveux qu'elle caressa, heureuse qu'il se soit un peu confié. »

Oui, Sirius avait mûri et cela se voyait dans son regard autrefois rieur et brillant. Désormais, il était plus terne, reflétant les fantômes du passé et les souffrances endurées. Eliane l'aimait ainsi et pour rien au monde, elle aurait voulu échanger sa place. La guerre et Askaban l'avaient changé. En bien ou en mal ? Peu importe, elle s'en moquait éperdument, elle l'aimait ! Malgré toute cette tristesse ambiante en lui, il lui arrivait d'être gamin, un adolescent à qui on aurait retiré trop tôt sa jeunesse, à laquelle il n'avait pas pu profiter.

Le cadre tomba sur la couverture en un bruit sourd tandis que Sirius l'allongea doucement sur le lit pour ne pas l'effrayer. Il caressa son visage, traçant, mémorisant chaque contour de sa bouche, son nez, ses yeux, son front. Sa main glissa alors autour de sa gorge puis le long de ses hanches. Il ne la lâchait pas un seul instant des yeux et étrangement, son cœur battait la chamade comme un adolescent amouraché. Cela faisait si longtemps qu'il avait caressé, aimé une femme. Il rigola intérieurement en pensant que cela serait aussi sa première fois à lui, n'ayant plus couché avec une femme depuis dix-sept et longues années. Il avait peur de le faire avec Eliane. Cela faisait si longtemps qu'il était effrayé de se montrer trop avide, trop pressé, pas assez doux. Mais il l'aimait. Il l'aimait plus que tout au monde. Il ne lui ferait jamais de mal, surtout de cette manière. Reprenant peu à peu confiance en lui, il s'aperçut que la jeune fille semblait se poser mille et une questions. Il se pencha vers elle et murmura d'une voix rauque :

« Tu m'as tellement manqué. Fais-moi confiance.»

Pour seule réponse, elle hocha la tête tout en déglutissant. La peur lui nouait trop le ventre et la gorge pour lui laisser échapper le moindre son. Sa respiration s'accrut légèrement, tout en frémissant. Elle devait lui faire confiance, mais plus facile à dire qu'à faire. Elle sentit sa main remonter et descendre le long de ses côtes tout en lui soufflant :

« Détends-toi. Je ne ferai rien que tu ne voudras pas. Nous ne ferons rien aujourd'hui, dit-il en l'embrassant chastement sur les lèvres. Rien qui n'aille plus loin que des caresses poussées. Fais-moi confiance, répéta-t-il. »

Elle sentit alors les lèvres de Sirius faire pression sur les siennes et une nouvelle fois, elle entrouvrit le passage, enroulant leur langue langoureusement. De multiples sentiments passèrent au travers elle. Jamais on ne l'avait embrassée avec autant d'amour et de volupté. Sirius embrassait comme un dieu même si elle n'avait pratiquement aucun point de comparaison à part son baiser avec Ambre. Peu à peu, elle en oublia ses préoccupations, se concentrant sur le baiser auquel elle répondit avec avidité. Le baiser se fit acide, brûlant. Elle enroula instinctivement ses mains autour de la nuque de Sirius, accentuant l'embrassade, entremêlant ses doigts dans les cheveux de son amant et celui qu'elle aimait plus que tout. C'était tellement bon, elle pourrait embrasser Sirius pour une éternité à venir sans se lasser. C'était encore meilleur que son baiser lors du bal de Noël. Elle sentit alors les mains de Sirius remonter le long de son chemisier. Eliane ne put y penser plus longtemps en sentant la bouche de son compagnon se détacher de la sienne et descendre dans une lenteur presque affligeante vers sa gorge. Une gorge qu'il embrassa encore et encore. Une gorge qui peu à peu s'offrit à lui.

Heureux de la voir plus détendue et en confiance, il osa déboutonner son chemisier blanc tout en continuant de l'embrasser pour ne pas la focaliser sur ce qu'il était en train de faire. Il allait lui montrer qu'on pouvait avoir du plaisir, aimer le sexe. Que faire l'amour ne se résumait pas qu'à la brutalité, la violence et la douleur. Merlin qu'il en avait rêvé de cet instant, de la caresser, de l'embrasser, de l'aimer. Il écarta alors les pans du chemisier dévoilant un soutien-gorge blanc en dentelle et en coton. Il sentit tout son sang descendre vers une certaine partie de son anatomie, tellement cette vision le mit en émoi. Sa poitrine avait tout ce qu'il y a de plus désirable, ni trop grosse, ni trop petite. Sa cage thoracique semblait se soulever plus rapidement et il rencontra le regard d'Eliane. Pour la rassurer à nouveau, il l'embrassa tendrement puis enfouit son visage dans son cou tandis qu'il pouvait sentir ses doigts caresser encore et encore sa chevelure. Elle avait des mains divinement douces. Il savait qu'elle occupait ses mains pour se rassurer, mais il adorait ce geste, aussi nerveux et maladroit soit-il.

Il embrassa sa peau de soie, descendant de plus en plus vers la naissance de sa poitrine emprisonnée dans cette prison de tissu. Il déposa ses lèvres sur le rebord, l'embrassant, léchant sa peau tout en caressant son ventre. Une main se faufila jusqu'à sa poitrine et tout en regardant fixement Eliane qui semblait morte de trouille. Il caressa, malaxa son sein droit puis reprit sa douce torture d'embrasser sa peau, qu'il titilla par endroits, plus sensible que d'autre. Et peu à peu, il put la sentir se détendre, se laisser aller entre ses doigts et mains expertes. Mais il voulait plus, il voulait l'entendre gémir, soupirer son nom dans une litanie et profondeur qui le mettrait dans un état d'extase et de jouissance suprême. Son autre main se faufila alors derrière son dos et après quelques difficultés, il détacha son soutien-gorge sous les yeux surpris de la jeune fille. Ne lui laissant pas le temps d'activer en elle une peur soudaine, il prit entre ses lèvres son téton gauche sous le léger cri de surprise d'Eliane qui rougit incroyablement en sentant un plaisir nouveau s'insinuer en elle. Des milliers de papillons dansaient dans son bas ventre. Elle ferma les yeux tout en se mordillant les lèvres quand elle sentit la main de Sirius emprisonner son sein droit entre ses doigts habiles qu'il caressa encore et encore. Sa bouche mordilla, titilla, lécha, suça la pointe de ses mamelons durcis comme le ferait un nouveau-né en tétant le lait de sa mère, sauf que cet acte aussi naturel soit-il se fit avec amour, désir, sensualité, envie et érotisme, sous les légers soupirs que réussissait à lui décrocher Sirius. Il se glissa alors entre ses jambes pour mieux s'installer tout en essayant de ne pas coller son bassin au sien au risque de l'effrayer par son désir contenu. Il s'autorisa à la regarder quelques instants : les yeux clos, la bouche légèrement entrouverte, les pommettes rouges, les cheveux en bataille, elle était magnifique, la pureté et la candeur même ! Il continua sa torture quand il sentit le bassin de sa compagne cogner contre le sien. Il ouvrit instantanément les yeux et vit dans les iris d'Eliane une peur qui s'insufflait lentement en elle comme un poison. Inconsciemment, elle avait mimé l'acte sexuel et toutes ses appréhensions revinrent en elle : son père la caressant, lui murmurant des choses vicieuses.

Des larmes glissèrent sur ses joues, sa respiration se fit saccadée, voire sifflante, et l'angoisse monta elle. La panique la submergeait à nouveau vers le passé, un passé qui l'enchaînait. Elle avait l'impression de manquer d'air, de ne plus pouvoir respirer. Elle se sentait si sale, si dégoutante. Comment Sirius pouvait donc prendre autant de plaisir ? Padfoot réagit aussitôt en la prenant dans ses bras, la laissant sangloter contre lui tandis qu'il lui caressait les cheveux de manière affectueuse.

« Chut, ce n'est pas grave amour, ce n'est pas grave. Calme-toi, murmura-t-il à son oreille.

- Je suis si sale, comment peux-tu avoir autant de-de plaisir ? bafouilla-t-elle en essayant de reprendre le contrôle de sa respiration.

- C'est si évident Eliane, souffla Sirius avec un doux sourire. Parce que je t'aime. Tout ce désir que j'ai pour toi, c'est parce que je t'aime. Tu n'es pas sale, tu es sublime.

- Je suis nulle, dit-elle en pleurant, je ne sais pas quoi faire.

-Je t'interdis de dire de telle chose, tu es loin d'être nulle, déclara Sirius en prenant son visage en coupe. Tu sais, il est normal d'avoir peur les premières fois, tout le monde à peur, c'est un peu l'inconnu. On est maladroit, on est timide, on découvre de nouvelles choses.

-Mais, mais…moi, moi… »

Il posa alors un doigt sur sa bouche et répondit calmement en la devançant face à ce qu'elle allait dire :

« C'est ta première fois, Eliane. Tu n'es plus vierge, mais ce qu'un détail. Ce sera la première fois que tu feras l'amour. C'est différent de ce que tu as pu connaître, très différent. As-tu aimé ? demanda-t-il en séchant ses larmes. »

À cette simple question, elle rougit comme une pivoine et hocha la tête. Sirius ria légèrement devant autant d'innocence et c'est ce qu'il aimait en elle. Quel vilain garçon il faisait ! Dire qu'il allait la corrompre.

« Eh bien, imagine que tout ce que tu as ressenti aujourd'hui soit cent fois plus fort.

- Et si je ne suis pas normale, si je n'aime pas… Si…

- Crois-moi ma belle, je ferai tout pour que tu aimes, autant, voire plus qu'aujourd'hui, la coupa-t-il avec sérieux. »

Eliane l'observa quelques instants, sentant une bouffée d'amour et de chaleur l'envahir. Elle se blottit contre lui, appréciant d'être dans ses bras. Elle était à moitié nue, mais elle s'en moquait bien, elle était si bien avec lui. Elle savait qu'elle pouvait lui faire confiance. Peu importe ses peurs, il serait toujours là pour elle et la rassurer.

« On prendra notre temps, murmura-t-il d'une voix suave. On ira petit à petit et à ton rythme, ajouta-t-il en caressant son dos dénudé.

-Je t'aime Sirius, entendit-il, le faisant quelque peu sursauté. »

C'était la première qu'elle le lui disait. Ce je t'aime résonna dans son esprit en écho, tel un tintement de cloche annonçant un mariage. Il la serra d'autant plus contre lui, portant un regard empli d'amour à son encontre. Doucement, elle s'endormit contre lui. En sécurité, aimée, une nouvelle vie commençait pour elle, pour eux. Une vie à deux et ça,pour l'éternité


Et voilà ce nouveau chapitre, j'espère qu'il vous aura plus ! Personnellement, j'en suis assez satisfaite, ce qui avouons-le, est très rare…xd (Lexiaa grrr, tu m'as contaminée avec tex Xd, je suis fichue et irrécupérable xd lol !). Sinon, revenons à nos moutons (que le loup se fera un plaisir de dévorer, miam, miam. Je veux bien l'être moi si c'est Remus lool). Ça avance pas mal entre Ambre et Laura, elles vont bientôt se mettre ensemble. Un petit côté nostalgique ce chapitre avec les Maraudeurs. Avez-vous aimé le moment entre Remus/Eliane ? Je vous avais bien dit que Sirius et Eliane allait se remettre ensemble rapidement, ils s'aiment trop. Et quelle réconciliation hein ! Bon, ça s'est un peu mal fini ce moment intime, mais c'est normal. Ce n'est pas rien d'être violée. Pensez-y, mettez-vous à la place d'Eliane. Faire confiance à son compagnon, ce n'est pas facile. Les souvenirs et les peurs ancrés en elle reviennent vite. Hum, hum prochain chapitre…Dîner chez les Potter avec Remus/Nymphadora et Sirius/Eliane, du Joanne/John, et autre chose, mais impossible de m'en souvenir et vu que je n'ai pas mon plan et ni mon brouillon sous les yeux, vous aurez la surprise au prochain chapitre. Mouah, mouah ! J'ai donné un indice aussi gros qu'un éléphant dans le dernier paragraphe. Plus que 12 chapitres avant la fin.

Sur ce, bonne journée à vous. À dans une semaine !

Elise.

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