Chapitre 22 : Dîner chez les Potter

La neige avait fondu à Poudlard laissant place à une nature verdoyante qui reprenait lentement, mais sûrement vie pour annoncer la venue du mois de mars. Joanne marchait dans les couloirs de Poudlard. Elle revenait de la volière après avoir posté une lettre à ses parents qui demandaient de ses nouvelles. Les vacances d'avril approchaient à grands pas ainsi que les examens de fin d'année. Elle n'avait même pas encore commencé ses révisions, contrairement à Eliane et Ambre qui se plongeaient ardemment dans leurs bouquins poussiéreux. Certes, elle était une Serdaigle, mais pas au point de passer toutes ses nuits et ses journées dans les livres pour y faire quelques révisions. Les Serdaigle n'étaient-ils pas connus pour leur sérieux et travail tout au long de l'année ? Eh bien, elle estimait qu'avec le travail fourni au cours de ces mois-ci et ses notes au-delà de ses espérances, elle pouvait prendre un peu de repos. Rien de tel pour réfléchir un peu ! Elle stoppa lentement sa marche pour s'accouder négligemment à une fenêtre et porter son regard sur le parc de Poudlard. Un vent frais et printanier vint faire valser ses cheveux roux tandis que Joanne ferma les yeux et se laissa aller au gré du parfum de la nature environnante et de ses pensées.

Cela faisait quelques semaines qu'elle parlait avec Walker. Quelques semaines qu'elle apprenait à le connaître et à le voir différemment de ce qu'il était ou de ce qu'il lui avait fait voir. Elle ne changerait pas d'avis en avouant qu'il était toujours aussi arrogant et prétentieux, mais cela ne faisait-il pas partie de son charme ? Cependant, il pouvait aussi se montrer attentif, à l'écoute d'une personne, il pouvait être sérieux comme blagueur. Joanne ne le qualifierait pas de gentil ; il était loin d'avoir un fond mauvais, mais elle savait de quoi il était capable. À vrai dire, elle devait admettre s'être légèrement trompée sur lui. Et peu à peu, tous les sentiments vainement enfouis revinrent à la surface, faisant battre son cœur deux fois plus vite en sa présence. Elle était perdue, elle ne savait plus quoi faire ! Écouter sa raison ou son cœur ? Et s'il venait à le briser une nouvelle fois ? Son amitié lui suffisait pour l'instant, mais pour combien de temps encore ? Elle se surprenait à rêver de lui, à penser plus souvent à John. Elle appréciait de plus en plus sa présence comme il y a plusieurs années.

Elle était en train de tomber dans ses bras pour son plus grand malheur. Il n'avait jamais rien tenté depuis leur nouvelle amitié, mais il y avait parfois dans son regard quelque chose de troublant, de profond qu'elle ne saurait décrire. Était-ce de l'amour ? Et si oui, était-il sincère ? Comment le savoir ? Autant de questions sans réponse ! Elle soupira profondément quand elle sentit deux mains se poser sur ses yeux, lui cachant ainsi la vue du parc. Son cœur manqua un battement en reconnaissant l'odeur masculine, ou plutôt son parfum. Elle murmura :

« Je t'ai reconnu John. »

Le concerné relâcha alors son emprise et se recula tandis que Joanne se retourna vers lui avec un sourire malicieux sur le rebord des lèvres. Il la trouvait terriblement séduisante. Comment avait-il pu se voiler la face autant d'années ? Ses yeux verts glissèrent sur les lèvres de sa camarade. Il déglutit passablement en l'observant remuer la bouche avec une sensualité affligeante. Il n'avait qu'une seule envie, les croquer, les dévorer, les savourer jusqu'à la dernière goutte, tel un élixir dont on ne pouvait se passer.

Le silence était total entre les deux jeunes adolescents qui s'observaient calmement. Une étincelle brûlait dans leurs yeux, une étincelle d'amour. Et pourtant, aucun des deux n'osa faire un pas ou dire un mot de peur de rompre cette atmosphère plus qu'étrange. Un élève traversa alors le couloir en courant, les sortant quelque peu de leur torpeur.

« Tu me cherchais ? demanda Joanne intriguée qu'il soit ici.

-Eh bien, euh, oui…Tu sais, comment dire… »

La jeune Serdaigle haussa des sourcils, étonnée et surprise devant son comportement. Walker semblait peu sûr de lui, ce qui, avouons-le, était très rare ! Qu'est-ce qu'il voulait lui dire ? Elle le vit passer une main dans ses cheveux blonds qu'il décoiffa légèrement malgré le gel qui s'y trouvait. Joanne ne put s'empêcher de le trouver encore plus mignon face à cette attitude négligée. Elle pouvait déjà s'imaginer en train de passer une main furtive dans sa chevelure tout en l'embrasant sauvagement. Elle secoua alors légèrement la tête comme pour chasser ces pensées peu orthodoxes de son esprit pour finalement entendre Walker lui dire :

« Eh bien comme tu sais, il y a une sortie à Pré-au-Lard ce week-end et je me suis dit… Enfin, je me suis dit que ce serait sympa si tu venais avec moi y faire un petit tour. En toute amitié ! précisa-t-il en fixant un point imaginaire, quelque peu anxieux de la réponse.

- D'accord, répondit-elle sans hésiter une seule seconde.

- Vraiment ? »

La concernée hocha de la tête avec un grand sourire aux lèvres, tout en croisant ses mains derrière son dos. John était, à ce moment précis, l'homme le plus heureux de la terre ! Il n'aurait jamais cru qu'elle accepterait son invitation ! C'était une chance qu'il ne devait pas laisser passer. Certes, ce n'était qu'en simple et pure amitié, mais peu à peu, ils se rapprochaient. Il espérait sincèrement pouvoir sortir avec elle, même s'il allait devoir se montrer patient avant d'en arriver là.

« Tu n'étudies pas avec Eliane et Ambre ? s'enquit John en reprenant sa marche à ses côtés.

- Non, j'avais besoin de prendre un peu l'air pour me changer les idées. Et toi, tu ne révises pas, M. Parfait ? demanda Joanne d'un ton caustique.

- Pas la peine, ne suis-je pas Monsieur Je-sais-tout ? Il va alors de soi que réviser ne fait pas partie de mon vocabulaire, répondit-il d'un sourire narquois. »

Ils se regardèrent quelques instants avant d'éclater de rire devant leur petite scène de ménage, en signe du bon vieux temps. Il fallait avouer que sans les disputes quotidiennes et explosives du couple, la vie à Poudlard était un peu plus calme. Au fond, les professeurs semblaient se réjouir de cette trêve. Mais combien de temps cela allait-il durer ? C'était ce que tous se demandaient et surtout la population féminine. Depuis que John s'était lié d'amitié avec Joanne, il était tout le temps avec le trio. À leur plus grand malheur, le jeune homme ne paraissait plus accorder la moindre attention à toutes ces jeunes demoiselles qui l'entouraient. Cela faisait pratiquement quatre mois qu'il n'était plus sorti avec une fille et il s'en passait très bien ! Joanne l'obnubilait et plus les jours passaient, plus il en apprenait sur elle. Il appréciait Salder et sa compagnie ainsi que son humour, son entêtement, son naturel, ses défauts et ses qualités. Même ce fameux tic qu'elle avait de taper du doigt sur la table quand quelque chose l'énervait. Oui, plus les semaines passaient et plus son cœur battait pour elle. Certes, elle n'avait pas la classe de certaines filles, ni le calme et la grâce de d'autres, mais elle était tout simplement elle et cela lui suffisait amplement.

Il fut alors détourné de ses pensées en sentant Joanne se tendre légèrement à ses côtés, pour finalement ralentir sa marche. Quelle ne fut pas sa surprise en voyant Stanley à l'opposé du couloir. Un sourire narquois et méprisant s'inscrit sur son visage en apercevant celle qu'il avait injustement humiliée au bal.

« Avançons Joanne, l'air devient irrespirable ici, dit John d'une voix assez forte pour qu'Andrews l'entende. »

Hochant de la tête, la jeune fille suivit son nouvel ami. Ils passèrent devant Stanley quand soudain, il déclara :

« Alors ? Ça fait quoi de passer après tous les autres ? Elle est à ton goût ? ajouta-t-il d'un air suggestif. Finalement, tu te les auras tous faits Salder, comme la salope que… »

Avant même qu'Andrews ait pu finir sa phrase, il reçut un violent coup de poing de la part de John, submergé par la colère et la fureur. Son ennemi tomba à terre, tout en maintenant son œil qu'il fermait douloureusement. Énervé par le sourire de Stanley, Walker lui balança un nouveau coup de poing en plein dans la mâchoire sous son cri déchirant. Tandis qu'il allait continuer, il entendit Joanne :

« ARRÊTE ! hurla-t-elle, effrayée par la tournure de la situation. S'il te plait John, arrête, dit Joanne en posant une main sur son épaule. Il n'en vaut pas la peine, laisse tomber.

- Il t'a insultée ! répliqua-t-il en serrant les poings de rage. Ne me dis pas que tu es d'accord avec ses paroles ? »

Pour seule réponse, la jeune Serdaigle détourna les yeux, morte de honte et de tristesse. Il ne l'aurait jamais cru ! Elle qui était forte, qui ne se laissait pas faire, qui n'avait pas la langue dans sa poche, acceptait ça ! John se rendit compte à quel point elle pouvait être fragile dès que cela la touchait personnellement. Comme lors de cette soirée où il l'avait rabaissée plus bas que terre. Finalement, non, il ne la connaissait pas entièrement. Il avait encore beaucoup à apprendre. Il baissa lentement son poing le long de son corps et pointa du doigt Andrews tout en déclarant :

« Ose l'insulter encore une seule fois et ce n'est pas que mon poing dans la figure que tu auras ! cracha-t-il, les yeux foudroyants, tout en prenant la main de Joanne dans la sienne pour l'emmener avec lui. »

John bouillonnait intérieurement. Il était énervé par cet idiot de Stanley et par le manque de réaction de sa camarade. Au moindre faux pas, elle l'envoyait balader, et là, elle ne disait rien ! Elle se laissait faire ! Mais qu'est-ce qu'il se passait dans son cerveau ? Heureusement qu'elle n'était pas blonde, il aurait sérieusement douté de ses capacités d'élocution. Quoiqu'il n'ait rien contre les blondes, lui même ayant cette couleur de cheveux, mais … là il était énervé ! D'ailleurs, tout le monde l'aurait compris face aux traits contractés de son visage. En plein dans ses pensées, il chercha désespérément une salle vide où ils pourraient parler tranquillement. Après plusieurs minutes de recherche, ils finirent par entrer dans une pièce poussiéreuse et seulement éclairée par la lumière d'une fenêtre, les autres étant condamnées. Joanne laissa voyager son regard autour d'elle puis s'accouda contre le mur, fixant John. Pourquoi l'avait-il emmenée ici ? Ne pouvaient-ils pas parler dans la salle commune ? Elle était de plus en plus étonnée face à son comportement, violent tout d'abord puis protecteur. C'était étrange. Ou plutôt, elle n'y était pas habituée. Il semblait bien pensif, son visage était tendu et ses yeux exprimaient une certaine irritation, mais aussi quelque chose de plus profond. Il releva alors la tête, la faisant quelque peu sursauter, et dit :

« Pourquoi n'as-tu rien dit ? Pourquoi n'as-tu pas riposté face à son attaque ?

- Peut-être… Peut-être parce que je n'en pense pas moins la même chose, souffla-t-elle en baissant la tête. »

John crut recevoir un coup de massue. Comment pouvait-elle penser une telle chose ? Elle, une catin ? C'était le monde à l'envers ! Certes, Joanne était loin d'être une fille des plus prudes, mais de là à la traiter de cette façon, il n'acceptait pas !

« Tu as raison, tu n'es qu'une salope qui couche de droite à gauche ! Ou encore une Marie Couche-toi-là si tu préfères ! Stanley était un bon coup au moins ? questionna-t-il avec un sourire narquois sur ses lèvres en s'attirant les foudres de Joanne. Alors ? Tu ne dis rien ? Peut-être n'attends-tu que ça de moi ? Ainsi, tu pourras nous comparer et juger qui a été le meilleur au lit. Oh, mais c'est vrai ! Tu as baisé avec les trois quarts des élèves masculins de ce collège, tu as largement ton point de compara… »

Un bruit de gifle retentit dans la pièce. La main levée, Joanne le darda du regard et de haut, la respiration haletante et les yeux étrangement brillants. C'est alors que Walker emprisonna ses poignets entre ses doigts et la plaqua contre le mur derrière eux. Elle pouvait sentir son souffle chaud sur son visage, chatouillant, effleurant ses lèvres entrouvertes sous la surprise.

« J'adore te rendre folle de rage et de colère, murmura-t-il d'une voix sensuelle et grave à son oreille. J'adore te faire sortir de tes gonds, tu n'en es encore plus belle et excitante. Nous sommes seuls dans cette pièce, personne pour nous déranger, dit John en laissant ses mains glisser le long de ses hanches. Imagine tout ce que nous pourrions faire, ajouta-t-il en se frottant contre elle, laissant sa bouche vagabonder dans son cou.

- Tu n'es qu'un sale OBSEDE ! cria-t-elle en le repoussant au loin d'elle, tout en essayant de reprendre le contrôle de ses émotions. »

Son cœur battait à la chamade et une étrange chaleur naissait dans le creux de son bas ventre face à ses propos qui l'avait plus que troublée. Merlin, il l'avait rendu folle de désir pour lui.

« Tu as raison, je ne suis qu'un obsédé et un homme qui réagit face à une aussi belle femme que toi. Moi aussi, je sais manier les mots et les proses. Étrange que tu ne te sois pas jetée sur moi.

- Pour qui tu me prends !s'exclama Joanne devant son attitude arrogante qui l'agaçait.

- Pour une catin, tu l'as dit toi-même. »

Joanne parut tétanisée. Elle ouvrit plusieurs fois la bouche, mais aucun son n'en sortit. Elle comprit. Elle comprit que John avait agi de la sorte pour lui faire entrevoir la vérité. Alors, il ne la trouvait pas désirable ? Et encore moins, belle ? Tout ceci n'était que du cinéma. Étrangement, son cœur se serra, une boule se forma dans sa gorge lui donnant envie de pleurer. N'était-ce qu'un jeu pour lui ? Ou avait-il dit un semblant de vérité dans cette mascarade ? La Serdaigle sentit alors les doigts de son camarade remonter et descendre le long de son bras, la sortant de ses pensées.

« Cela n'enlève en rien à ce que je t'ai dit, souffla-t-il à son oreille. Je le pensais vraiment. »

Avant que Joanne n'ait eu le temps de tourner la tête, tout en sentant son cœur s'emballer de nouveau, elle vit John dans l'embrassure de la porte, l'attendant avec un fin sourire. Avait-elle rêvé ? Pourtant, elle avait pu sentir sa présence et son souffle contre sa peau. Elle secoua alors la tête comme pour chasser ses songes puis rejoignit le jeune homme, bras dessus, bras dessous.

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Pendant ce temps-là, Eliane était plongée avec son amie Ambre dans des tonnes de bouquins et de parchemins, révisant au mieux leurs Aspics. Elle soupira une énième fois face à sa mèche folle qui tombait devant ses yeux, lui cachant ainsi la vue. West passa une main nerveuse dans ses cheveux qu'elle ramena en arrière, jetant un coup d'œil furtif à Ambre, tout aussi concentrée qu'elle l'était il y a quelques minutes. Eliane lâcha alors la plume pour faire une petite pause tout en se relaxant sur sa chaise. Merlin, cela faisait des heures qu'elles étaient ici, en train de réviser ! Elle laissa alors son esprit vagabonder vers une seule et même personne : Sirius. Il lui manquait terriblement. D'ailleurs, elle devait le rejoindre ce soir dans son appartement pour un dîner chez les Potter. Elle était terriblement stressée, il allait la présenter à sa famille en quelque sorte. Heureusement que Remus et Nymphadora seraient là ! Elle espérait que tout se passerait bien, même si son compagnon l'avait prévenue que Ginny Potter allait faire des siennes ! Eliane n'osait même pas imaginer. Elle ne se souvenait pas tellement bien de la Gryffondor, juste qu'elle était rousse et qu'elle traînait souvent avec Lovegood.

Eliane appréhendait au plus haut point ce dîner. Elle espérait faire bonne impression, d'autant plus qu'elle avait déjà rembarré Potter, ce qui, avouons-le, ne la mettait pas sur un piédestal. Elle aurait dû tourner sa langue sept fois dans sa bouche ce jour-là ! La jeune fille jeta alors un coup d'œil à la pendule, indiquant qu'il était dix-sept heures passé. Peut-être devrait-elle aller rejoindre son amant ? Qu'allait-elle mettre pour cette soirée ? Il lui fallait être présentable, mais quoi porter ? Quelque chose de tous les jours ou de plus sophistiqué ? Sirius avait certes refait sa garde de robe pendant les vacances de Noël, mais elle n'avait aucune tenue de soirée appropriée. Maintenant, il était trop tard pour acheter quoi que ce soit et de plus, elle n'avait pas l'argent nécessaire pour une telle broutille.

West reporta alors son regard sur Ambre qui semblait en pleine contemplation d'une certaine personne qu'elle reconnut aussitôt. À quelques mètres plus loin, Laura était en train de choisir un livre. Un sourire apparut sur les lèvres d'Eliane en voyant le pétillement singulier reflétant tout l'amour d'Ambre envers Floyd. Elle était heureuse que tout se soit arrangé pour son amie, heureuse de la voir aussi resplendissante.

« Tu devrais aller la voir, tu en meurs d'envie, souffla Eliane.

- Tu crois ? Et toi ? Je ne vais pas te laisser…

- Ne t'inquiète pas pour moi, rigola la jeune fille, je ne vais pas tenir la chandelle. Les révisions sont finies pour ce soir, je vais aller me changer les idées, dit-elle en rangeant ses affaires. Aller, va la voir. »

Ambre hocha la tête et tout en rangeant ses affaires avec Eliane, elle alla vers la Gryffondor contrairement à West qui sortit de la bibliothèque, se dirigeant avec prudence vers les appartements de Sirius. Elle espérait ne croiser personne sur son chemin, ou pire, qu'un inconnu soit dans les appartements de son compagnon. C'était sa plus grande peur depuis sa mise en couple avec lui. Eliane ne voulait pas créer d'ennui à Sirius et encore moins le faire expulser pour avoir eu une relation avec une élève. Tout en étant dans ses pensées, elle arriva devant le portrait et donna le mot de passe. La jeune fille entra dans la pièce et s'avança doucement puis stoppa brutalement en sentant deux mains voiler ses yeux.

« Sirius, soupira Eliane, amusée, je t'ai reconnu. »

Elle l'entendit rire puis, avant qu'elle n'ait eu le temps de dire « Quidditch », il l'embrassa langoureusement, se perdant dans les sensations que lui offrait ce baiser voluptueux et charnel. Un léger gémissement s'échappa d'entre ses lèvres que Sirius possédait entièrement. Eliane sentit les mains de son amant se faire baladeuses tandis qu'elle enfouissait les siennes dans ses cheveux ébène. Merlin, qu'elle l'aimait ! À en perdre la raison, à en mourir d'ivresse et de passion. Il rompit le baiser tout en posant son front contre le sien, caressant sa joue de ses doigts puis souffla :

« J'ai cru que tu ne viendrais pas.

- Désolée, j'étais plongée dans mes révisions, avoua-t-elle en rougissant déclenchant un rire cutané en Padfoot.

- J'aurais dû m'en douter. Serdaigle jusqu'au bout des doigts.

- Que veux-tu, on ne se refait pas, répliqua Eliane avec un grand sourire.

- Et je t'aime ainsi, murmura-t-il en déposant un baiser chaste sur ses lèvres. Dans une heure, nous devons nous rendre chez Harry, ça te laisse tout juste le temps de te préparer.

- Me préparer ? Mais, je pensais y aller dans cette tenue, confia-t-elle surprise.

- Tu n'y penses pas ! rétorqua Sirius, ahuri. Tu es certes tout simplement délicieuse dans cet habit, mais tu n'en seras que plus sublime dans celle que je t'ai choisie. Alors, direction salle de bain, mademoiselle ! ajouta-t-il en la poussant vers la pièce du fond sous les protestations d'Eliane qui se retrouva finalement enfermée. »

Elle n'aurait jamais cru ça, qu'il puisse agir dans son dos en douce ! La Serdaigle marmonna dans sa barbe invisible tout en se déshabillant pour prendre une douche et se pomponner par la suite. Sirius dut se retenir d'entrer dans la pièce en entendant l'eau de la douche couler. Il pouvait parfaitement imaginer la scène devant ses yeux et dans sa tête : elle, nue, dans la cabine, l'eau traçant ses formes, la buée envahissant les vitres. Il déglutit passablement tout en secouant la tête pour chasser ses pensées peu catholiques. Il se dirigea dans sa chambre pour se changer et s'habiller correctement en attendant qu'Eliane ait fini sa toilette. Il était certain qu'elle allait protester et se mettre en colère quand elle verrait la tenue qu'il lui avait achetée, une tenue qui lui irait parfaitement et mettrait ses formes et son physique en valeur. Elle serait sublime, il n'en doutait pas un seul instant.

Et ce fut en effet avec surprise qu'en sortant de la douche la jeune fille découvrit la boite contenant la tenue de soirée. Elle déglutit passablement devant les vêtements que lui avait choisis Sirius. Merlin, cela devait coûter une fortune ! Comment pouvait-il choisir d'aussi beaux habits ? Il est vrai que Sirius avait tendance à soigner son allure, tout comme John. Peut-être parce qu'ils étaient tous les deux des Sangs-Purs ? Peut-être était-ce un reste de leur éducation ? Eliane rougit alors comme une pivoine en découvrant les sous-vêtements assortis. Morgane, voulait-il la faire mourir de honte ? Fébrilement, elle prit le soutien-gorge noir en dentelle sans bretelle puis le boxer de mêmes couleur et matière pour les mettre. Elle sécha par la suite ses cheveux et d'un coup de baguette les remonta en un chignon lâche avec des mèches sur le devant.

Une nouvelle fois, elle se retourna vers le présent de son compagnon. West se mordit légèrement les lèvres en découvrant que le bustier était dos nu. On allait sans aucun doute voir ses cicatrices et il n'y avait aucun gilet, juste une cape en velours noir avec de la fine dentelle sur le rebord et le col, tandis qu'un ruban en satin permettait de fermer la cape en question. Elle soupira légèrement puis s'empara des collants noirs opaques, enfila la jupe en velours noir avec un rebord en tulle et prit le bustier de la même couleur que le reste des vêtements. Un nœud était disposé sur le devant, ainsi que de fines broderies. Le bustier moulait parfaitement sa silhouette et ses formes. Elle se saisit des escarpins noirs à hauts talons puis, en prenant une grande inspiration, elle se regarda dans la glace.

Il lui fallut un certain temps avant de se reconnaître. Elle avait l'impression de voir une autre personne dans le miroir, c'était étrange comme impression. La tenue lui donnait un air aristocratique et une classe sans équivoque. Décidément, Sirius avait du goût ! Elle s'observait sous toutes les coutures et se trouvait jolie. Oui, jolie était le mot. Elle sourit face à son reflet avant qu'il ne se fane pour se retourner brusquement. Dos à la glace, West vit ses cicatrices s'étaler sur toute la largeur de sa peau. Oh certes, on les voyait beaucoup moins qu'avant, mais elles étaient assez perceptibles à l'œil humain. Elle devait le dire à Sirius. Prenant son courage à deux mains, elle sortit de la salle de bain avec la cape en main ainsi que ses gants puis chercha du regard son amant. En attendant un raclement de gorge, Padfoot pivota sur lui même et ouvrit grand la bouche avant de la refermer, ébloui par sa petite amie. Elle était tout simplement sublime ! Cette tenue lui allait à ravir ! Il s'approcha d'elle, un grand sourire aux lèvres, et lui murmura :

« Tu es magnifique Eliane. »

Il la vit alors rougir et faire une sorte de grimace qui ressemblait à un sourire. Lui aussi, était terriblement beau et sexy avec son pantalon noir et sa chemise blanche. Une veste en velours noir venait le recouvrir avec des boutons de manchette en argent tandis que ses chaussures étaient aussi noires en vernis glacé. Son cœur manqua un battement en croisant les yeux gris de Sirius.

« Toi aussi tu l'es, réussit-elle à dire. Merci pour la tenue, sauf qu'on voit ça, dit-elle en se tournant de dos face à ses yeux. »

Sirius aperçut les trois cicatrices barrant son dos. Elles étaient larges et blanches. Il se souvint alors que Mme Pomfresh avait en effet parlé de cicatrices, il y a quelques mois. Ses doigts tracèrent les blessures tout en sentant Eliane frissonner. Était-ce de dégout ou de gêne ? Les cicatrices étaient beaucoup trop larges pour que cela ait été des plaies sans gravité. Avec quoi lui avait-il fait ça ? Les yeux de Sirius s'ouvrirent d'horreur devant l'instrument qui passa dans son esprit.

« Comment… Comment…

- Il y a longtemps, c'est du passé Sirius, souffla douloureusement Eliane. Pas ce soir, s'il te plait…Je ne peux pas porter ce bustier. »

Avant que la jeune fille ait pu dire quoi que ce soit, elle sentit les doigts de Sirius défaire son chignon et relâcher ses longs cheveux qui tombèrent sur ses épaules en de fines boucles anglaises. Tellement longs et épais qu'ils cachèrent sans difficulté son dos.

« Le problème est réglé et tu es tellement plus jolie les cheveux libres, souffla Sirius à son oreille en la serrant contre lui. Personne ne verra rien. »

Eliane hocha la tête, lui faisant confiance. Elle se laissa aller quelques secondes dans ses bras avant qu'il ne se détache d'elle et se dirige vers la table du salon et ramener une boite rectangulaire. Qu'est-ce que…

« Il manque encore quelque chose sur toi que tu mettras sans aucun doute en valeur avec ta beauté, la complimenta-t-il en lui tendant la boite. Ouvre-là, c'est pour toi. »

Elle laissa vagabonder son regard de Sirius à la boite pour finalement l'ouvrir et découvrir une parure de bijoux : un collier de diamants et de saphirs avec le bracelet et les boucles d'oreilles assortis. Il était complètement fou ! Elle releva aussitôt les yeux, foudroyant et noir de colère !

« Je n'en veux pas !

- Eliane, Eliane, souffla-t-il, désespéré par son entêtement. Accepte ce présent !

- Mais ça vaut une fortune ! répliqua-t-elle. C'est, c'est…

- C'est quoi ? Trop beau pour toi ? Je suis certain qu'ils t'iront à merveille et s'accorderont avec tes yeux, affirma Sirius en caressant son visage. Mais il est vrai qu'il manque quelque chose à cette parure pour la compléter. »

La Serdaigle fronça les sourcils, ne voyant pas ce qu'il pouvait y manquer. Elle vit alors Black fouiller dans la poche de sa veste et en sortir un écrin. Son cœur se mit à battre à une vitesse folle, en comprenant enfin où il voulait en venir. Elle crut défaillir et faire un arrêt cardiaque à tout moment. Elle déglutit passablement, sa gorge se faisait incroyablement sèche. Ce n'était pas possible, ce n'était pas possible, il n'allait quand même pas… Non ! Le couvercle se souleva et une magnifique bague s'offrit aux yeux de la jeune fille : un saphir avec deux fins diamants sur chaque côté. La bague était aussi fine et gracieuse que la parure. Eliane releva la tête et entendit Sirius prononcer les mots :

« Veux-tu devenir ma fiancée et plus tard, si Merlin le veut, ma femme ? »

Black avait l'impression que cela faisait une éternité qu'il avait posé cette question. Qu'allait-elle répondre ? Et si elle disait non ? Peut-être avait-il choisi le mauvais moment pour lui annoncer ? Mais il en avait tellement envie ! C'était avec elle qu'il voulait passer sa vie et personne d'autre ! Il se moquait bien du mariage, mais il voulait officialiser leur relation. Il voulait qu'Eliane comprenne qu'à ses yeux, c'était très sérieux.

« Oui, murmura-t-elle la voix enrouée.

- Oui, répéta incrédule Sirius. Tu es… »

Et avant qu'il n'ait pu ajouter quoi que ce soit d'autre, il vit Eliane lui sauter au cou et l'embrasser d'un baiser passionné et sensuel. La réponse était on ne peut plus claire. Sirius resserra ses mains autour de sa taille et approfondit le baiser avant de se retirer et lui passer la bague autour du doigt. Eliane avait l'impression que sa vie prenait un tournant décisif. Elle ne savait pas si c'était en bien ou en mal, mais ça ne pouvait pas être pire de tout ce qu'elle avait déjà vécu. Tout ce qu'elle savait, c'est que Sirius la rendait heureuse, vivante, épanouie. C'était lui et personne d'autre ! C'était à lui qu'elle se donnerait entièrement. Elle serait sa fiancée, sa femme et la mère de ses enfants. Oui, elle avait foi en l'avenir, plus rien ne pouvait le bouleverser maintenant. Mais la vie était loin d'être un conte de fées. « Tout est bien qui finit bien » n'appartenait qu'au monde imaginaire de la littérature. La vie pouvait se montrer bien cruelle et dans quelques jours, nous en aurons le goût amer.

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Une heure plus tard, Sirius, Eliane, Remus et Tonks arrivèrent chez les Potter. Eliane ne s'attendait pas à quelque chose d'aussi simple ; aucun manoir ou grande maison, tout ce qu'il y avait de plus normal. Elle se détendit alors légèrement tout en continuant d'être préoccupée de connaître le couple. La jeune fille sentit le bras de Sirius s'enrouler autour de sa taille et la rapprocher de lui afin de la rassurer. Elle le remercia d'un sourire discret et jeta un coup d'œil furtif vers le couple Lupin où le ventre de Nymphadora s'arrondissait de plus en plus les mois passants. Elle en était à son troisième mois de grossesse qui paraissait se dérouler à la perfection. Eliane appréciait énormément le professeur Lupin et Nymphadora sans trop savoir pourquoi, ne les connaissant que très peu. Elle se retourna au moment de l'arrivée de Ginny et Harry, sortant de la salle à manger. La Serdaigle se mordit légèrement les lèvres. Le couple Potter salua les Lupin en premier, tout en félicitant chaleureusement les futurs maman et papa. Finalement, la rouquine se tourna avec un sourire empli de sous-entendus vers Sirius et Eliane.

« Alors voici la mystérieuse Eliane dont Harry ne cessait de me parler et que Sirius aura enfin l'obligeance de nous présenter ! déclara-t-elle en lançant un regard noir vers Padfoot qui sourit.

- Enchantée de faire votre connaissance, répondit West quelque peu tendue.

- Tout le plaisir est pour moi et pas de familiarité entre nous, assura Ginny, surtout que nous n'avons qu'un an d'écart. Alors, alors… Depuis combien de temps êtes-vous ensemble ? Et comment vous êtes-vous rencontrés ? Merlin que c'est romanesque, un professeur et une élève qui sortent ensemble ! Je suis tellement contente pour toi Sirius ! Eliane m'a l'air d'être une personne des plus charmantes, je suis certaine qu'on va bien s'entendre !

- Oh, euh oui, bafouilla Eliane, étonnée par tant de débit et de questions à la fois.

- Je veux tout savoir ! affirma la jeune Weasley en prenant les mains d'Eliane dans les siennes. Mais que vois-je, ajouta-t-elle surprise, ne serait-ce pas une bague de fiançailles ? »

Toutes les têtes se tournèrent alors vers Sirius puis Eliane qui rougit sans pouvoir s'en empêcher. Merlin savait qu'elle avait horreur d'être le centre de l'attention. Pourvu que ça ne dure pas, ce qui était légèrement fichu au vu de la curiosité de Ginny.

« Dis-moi Sirius, n'aurais-tu pas omis de nous dire quelque chose ? reprocha Ginevra en pointant son doigt sur son torse sous le regard amusé de son compagnon.

- Eh bien maintenant tu le sais, Eliane et moi sommes fiancés depuis ce soir, la nargua-t-il, s'attirant les regards étonnés de son filleul et Remus.

- Merlin, c'est… C'est FANTASTIQUE ! Oh, je suis réellement heureuse pour vous deux ! Toutes mes félicitations ! Au moins, certains agissent au lieu de se tourner les pouces, insinua-t-elle en direction de son petit ami Harry qui fit semblant de ne pas entendre, en se dirigeant vers son parrain.

- Je suis vraiment heureux pour vous deux, tu ne pouvais pas mieux choisir Sirius. Tu mérites tout ce bonheur et tu auras toujours mon soutien !

- Ton approbation me touche sincèrement Harry. Je ne pouvais espérer mieux. »

Remus félicita son ami de toujours et Eliane se reçut un beau clin d'œil de la part de Nymphadora qui la serra tendrement dans ses bras. Au bout de plusieurs minutes de bavardages intempestifs et après s'être débarrassés des capes et manteaux, les invités se dirigèrent vers le buffet en commençant par un apéritif. Tout en buvant son kir et en écoutant les conversations diverses d'une oreille lointaine, Eliane ne cessait de regarder sa bague avec émerveillement, la touchant sans cesse avec nervosité. Elle fut alors détournée de ses songes par la voix de Ginny qui revint à la charge pour son plus grand malheur.

« Alors Eliane, raconte-nous, comment es-tu tombée amoureuse de Sirius ? »

La concernée piqua un fard en entendant les conversations se faire moins denses. Que Merlin lui vienne en aide.

« Chérie, je crois que tu la gênes avec tes questions, tenta Harry pour essayer d'aider la jeune fille.

- Pourquoi serait-elle gênée ? répliqua outrageusement Ginny en défiant son compagnon. Je suis certaine qu'Eliane sera ravie de répondre à mes questions ! »

Oh oui, pour sûr qu'elle était ravie, enchantée même. Eliane se tourna vers Sirius qui semblait s'amuser de la situation. Quel sale mufle, il allait lui payer cette trahison !

« Eh bien, il faut avouer que Sirius est quand même pas mal pour son âge », débuta Eliane en rigolant intérieurement. Œil pour œil, dent pour dent.

Sirius crut s'étrangler avec son alcool en entendant le récit d'Eliane. Comment ça, pas mal pour son âge ? Il était plus que pas mal ! Il était beau, sexy, canon ! Certes, il approchait des quarante ans, mais n'était-ce pas le plus bel âge ?

« Il est vrai que Sirius a pris un peu de poids ces temps-si, entendit-il par sa cousine. »

Il toussa légèrement tout en lançant un regard noir à Nymphadora sous les mines amusées de Remus et Harry qui se retenaient à grande peine de rire.

« Mais bon, comme tu le dis Eliane, c'est l'âge. Et l'amour rend fou, il ne doit plus faire attention à sa ligne, hein Sirinouchet, fit Tonks en papillonnant des yeux. »

Elle lui paierait ça ! Oh que oui ! Sa cousine allait s'en mordre les doigts ! Il réclamait vengeance !

« Mais bon, Sirius a aussi d'autres atouts en main…Et pas qu'un seul… »

Sirius s'étrangla littéralement avec sa boisson, toussant à s'en arracher les poumons devant les insinuations d'Eliane. Elle était possédée, cela ne pouvait en être autrement. Que ce démon sorte de son corps !

« Oh, que se passe-t-il mon amour, tu as avalé de travers ? Je te le dis sans cesse de boire doucement, tu ne veux tout de même pas que je te donne la béquée, tu n'es pas encore gâteux à ce point-là ! »

Elle se moquait de lui là ! Il n'aurait jamais cru ça ! Il vit alors son filleul et Moony se morfondre de rire entre leurs mains. Quelle bande de lâcheurs ! Aucune solidarité masculine ! Une honte ! Un scandale ! Pourquoi est-ce que les femmes se trouvaient toujours un soutien extérieur ? Ce n'était pas juste !

« À vrai dire, entendit-il dire, je suis tout d'abord tombée amoureuse de l'odeur que dégageait Sirius. »

Il se retourna aussitôt vers elle en voyant son air sérieux et profond. Il s'était toujours demandé comment elle en était venue à avoir des sentiments pour lui. Il était étonné par ses révélations.

« Il sent terriblement bon la cannelle, souffla Eliane. Je suis tombée amoureuse de la cape et l'odeur qui s'y dégageait et le reste c'est fait des plus naturellement. »

Ginny n'y comprenait pas grand-chose, mais apparemment Sirius semblait être sur un petit nuage. Ils s'accordaient très bien ensemble. Un couple magnifique. Elle était certaine qu'ils étaient liés à jamais pour le restant de leur vie désormais. Trop d'amour pétillait dans leurs yeux.

« Et votre premier rendez-vous ? Comment êtes-vous entrés en contact ?

- Au bal de Noël, répondit tout simplement Black.

- Oh Merlin, je ne te connaissais pas aussi romantique Sirius. Tu devrais en prendre de la graine Harry !

- Mais, mais Gin… »

Le dénommé Harry se reçut un regard foudroyant qui le fit déglutir. Il valait mieux ne rien dire. Remus et Sirius crurent revoir James et Lily quand ils venaient à se chamailler ou qu'Evans faisait un reproche à Prongs. Décidément, les rouquines avaient un sacré caractère, quoiqu'Eliane n'en manquait pas.

« Et vous vous êtes mis ensemble lors de cette soirée ? s'enquit la jeune Weasley, avide de détails croustillants.

- Non, quelques jours plus tard, révéla Eliane en se prenant au jeu tout en buvant une gorgée de son kir.

- En somme, à quand le mariage ? interrogea Ginevra. »

Sirius vit alors sa fiancée avaler avec difficulté son alcool.

« Chacun son tour » pensa-t-il en riant intérieurement devant sa réaction.

« Je suis encore un peu jeune pour me marier, répliqua calmement Eliane.

Néanmoins, on n'est jamais trop jeune pour avoir des enfants, déclara Ginny avec un grand sourire aux lèvres et empli d'insinuation envers son très cher mari. »

Sirius resta quelque peu tétanisé devant cette phrase. Il est vrai qu'il avait l'âge d'avoir des enfants, mais Eliane n'avait que dix-sept ans ; elle était encore jeune. Peut-être dans deux ou trois ans. Ils avaient encore le temps ! La jeune West, quant à elle, ouvrit plusieurs fois la bouche, mais aucun son n'en sortit. Ils voulaient tous sa mort prochaine, cela ne faisait aucun doute ! Note personnelle : ne jamais avoir une discussion en privé avec Ginny Weasley !

« Et si nous commencions à manger ? proposa le jeune Potter en se levant pour aller chercher les plats avec sa femme. »

Note personnelle : remercier Harry pour sa diversion. Vivement que cette soirée se finisse, elle n'allait pas s'en sortir saine et sauve. Quelques minutes plus tard, le dîner arriva en multiples plats. Le reste de la soirée se passa plus ou moins sans encombre et au plus grand bonheur d'Eliane, Ginny semblait s'être calmée ! Enfin presque calmée.

« Et dis-moi Eliane, est-ce que Sirius embrasse bien ? demanda-t-elle d'un regard suggestif. »

Finalement, il fallait toujours rester sur ses gardes, l'ennemi pouvait attaquer à tout moment ! Oh que oui, Sirius embrassait merveilleusement bien. Ses baisers étaient comparables à des bonbons acidulés qui nous faisaient frissonner puis découvrir mille sensations et saveurs en les suçant. Certes, cette comparaison pouvait paraître enfantine et stupide, mais c'est ce à quoi pensait Eliane à ce moment précis. Elle n'avait pas envie de répondre à cette question parce qu'il était évident que Sirius embrassait bien et Ginny devait s'en douter plus que n'importe qui. C'était juste pour l'embarrasser et la taquiner, mais la jeune fille jugeait que c'était trop personnel et si elle devait le dire à une personne, c'était à lui et uniquement lui ! Heureusement, Remus crut bon changer de sujet en parlant de Poudlard tout en posant une question plus subtile que les précédentes :

« Que comptes-tu faire comme études après Poudlard ?

- Je n'y ai jamais songé jusqu'à maintenant, avoua-t-elle en surprenant ses professeurs. À vrai dire, aucun métier sorcier ne m'attire réellement, je ne sais pas encore dans quoi je vais me diriger.

- Avec les notes que tu as, tu peux facilement te diriger dans la branche que tu veux sans grande difficulté, dit Lupin en voyant son élève rougir. »

Elle n'avait jamais compté continuer ses études. D'un par le manque d'argent, de deux parce qu'aucun métier ne l'attirait et de trois, si son père n'était par mort et si elle n'avait pas rencontré Sirius, elle aurait travaillé pour subvenir à ses besoins. Elle serait alors partie loin du dernier membre de sa famille pour refaire sa vie ailleurs. Mais tous ses projets se voyaient bouleversés. Que faire maintenant ? Elle n'en avait aucune idée. Peut-être serait-il temps qu'elle y songe sérieusement ? Peut-être pourrait-elle demander l'avis de Sirius ? Les minutes s'écoulèrent rapidement entre rires, conversations et projets. Black n'avait cessé de taquiner son filleul pour qu'il fasse des petits Harry Junior. Remus et Nymphadora avaient demandé à Potter s'il voulait être le parrain de Teddy et ce fut avec joie qu'il accepta ! Tandis que l'horloge du salon sonna minuit, tout le monde décida de partir, demain étant une journée de classe. Ils se dirigèrent alors vers le hall tout en remerciant le jeune couple pour cette invitation des plus sympathiques.

« Je suis vraiment désolé que Ginny ait pu te mettre dans l'embarras Eliane, c'est plus fort qu'elle. Parfois, elle est trop curieuse, s'excusa Harry.

- Ce n'est pas grave, c'est une Gryffondor !

- Sans aucun doute, rigola le jeune Potter. Je suis content que Sirius ait trouvé une personne aussi charmante que toi. Tu fais partie de la famille maintenant alors au moindre problème n'hésite pas à nous contacter, assura le survivant le regard grave.

- Promis, merci à toi, répondit la Serdaigle, touchée par ses paroles. »

Elle vit alors Sirius revêtu de sa veste avec sa cape en main. Instinctivement, elle se retourna pour que son compagnon puisse la poser sur ses épaules. C'est alors qu'Harry vit très rapidement des marques dans son dos. Il fronça les sourcils et posa une main sur l'épaule de son parrain tandis que celui-ci secoua la tête de droite à gauche pour lui intimer de se taire.

« C'est à Gryffondor que tu aurais dû te retrouver, déclara Potter quand la jeune fille lui fit face.

- Oh, mais le Choixpeau magique voulait m'y envoyer, rigola-t-elle, ne sachant pas qu'Harry avait eu le temps de voir les blessures sur sa peau. Il hésitait entre Serdaigle et Gryffondor. J'ai choisi Serdaigle pour me retrouver avec John et ne pas être seule. Finalement, cette maison me convient à merveille. Je ne regrette pas mon choix, révéla-t-elle avec joie.

- Je comprends mieux ton caractère bien trempé, confia Sirius en lui faisant un grand sourire.

- Comme toi très cher, mais cela doit être dû à ton aptitude canine. On sait tous que les chiens ont tendance à aboyer pour pas grand chose, répliqua fièrement Eliane.

- Canine ? répéta incrédule Sirius. Sa fiancée n'était pas sensée savoir qu'il était un Animagus.

- Ton rire, il ressemble à un aboiement de chien, confia-t-elle avec une moue moqueuse.

- Espèce de petite friponne ! Tu vas voir ce que les chiens comme moi sont capables de faire ! s'exclama Black faussement outragé avec un regard empli de sous-entendus.

- Pitié, je ne veux plus rien entendre, déclara Harry en se bouchant les oreilles. J'en ai eu pour mon compte ce soir avec Gin. »

Ils éclatèrent alors tous les trois de rire devant les allusions du jeune Potter. Quelques minutes plus tard, chacun des couples prit un Portoloin les menant à leurs appartements respectifs sous le regard songeur d'Harry face à ce qu'il avait vu, et heureux pour son parrain. Il avait l'impression qu'il prenait un véritable coup de jeunesse avec West, tout comme Remus avec Nymphadora. Les deux derniers Maraudeurs méritaient bien ce bonheur après tout ce qu'ils avaient vécu ! Peut-être que la génération des Maraudeurs n'était pas totalement finie ? Après tout, Teddy viendrait bientôt à naître et il était certain de voir une petite ou un petit Black prochainement. Un Lupin, un Black, il ne manquait plus qu'un Potter et les Maraudeurs seraient de nouveau réunis à Poudlard dans quelques années.

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Juste après être revenue du dîner, Eliane avait embrassé Sirius pour finalement retourner vers son dortoir avec un peu de difficulté. Elle essayait de se faire discrète dans les couloirs bien sombres de Poudlard. Pourvu qu'elle ne tombe pas sur Rusard ! Après plusieurs minutes d'angoisse et de marche intensive, elle entra dans la salle commune éclairée par le feu de cheminée. Et là quelle ne fut pas sa surprise en voyant John assis dans un fauteuil, somnolant à moitié. L'avait-il attendue toute la soirée ? Mais pourquoi ? Elle s'avança doucement et remua légèrement le jeune homme qui sursauta et croisa le regard bleu nuit de sa meilleure amie.

« Eliane, souffla-t-il, tu m'as fait peur. Waouh, mais tu es sublime ! s'extasia-t-il en la faisant tourner sur elle-même. Une véritable dame de la société. Je dois reconnaître que ton fiancé à bon goût. »

Les yeux de la jeune fille s'ouvrirent en grand, quelque peu ahurie. Comment pouvait-il savoir ? Elle se souvint alors de la bague que lui avait offerte Sirius. Bien entendu, il l'avait vue. Décidément, il avait l'œil partout. Elle rigola nerveusement, mais au fond elle débordait d'une joie sans limites. Elle avait envie de sauter partout, de tout raconter à John, d'en parler jusqu'à l'aube !

« Que fais-tu ici ? demanda-t-elle pour se donner un peu de contenance.

- Je t'attendais pardi ! Alors comment s'est passé cette soirée ? s'enquit John avec avidité en la faisant asseoir à ses côtés. »

Son amie d'enfance lui raconta alors tout en détail, non sans oublier la curiosité abusive de Ginny Potter qui fit bien rire Walker en imaginant Eliane répondre aux questions. Il lui raconta à son tour sa journée qu'il avait passée pratiquement complètement avec Joanne, qu'il l'avait invitée à la prochaine sortie à Pré-au-Lard et avait donné une correction à Stanley pour avoir insulté leur camarade. Il avait d'ailleurs bon espoir de pouvoir enfin se mettre en couple avec elle, s'étant pas mal rapproché de Joanne cet après-midi. Eliane ressentit un étrange pincement au cœur face à ce récit. Tout le monde était pratiquement en couple. Est-ce qu'ils continueraient à se voir plus tard, après leur sortie de Poudlard ? Elle avait l'impression que le trio prenait doucement, mais sûrement ses distances. Était-ce de sa faute ? Peut-être ne se confiait-elle pas assez à Joanne et Ambre ? Cela faisait si longtemps qu'elles avaient parlé toutes les trois autour d'un bon feu de cheminée. Ou peut-être était-elle en train de se prendre la tête pour pas grand chose au final ? Elle fut alors détournée de ses pensées en entendant son ami John lui parler :

« Au fait, tu ne peux pas entrer dans ton dortoir, annonça-t-il en s'attirant les interrogations d'Eliane. Il a bien fallu que j'invente un mensonge quant à ton absence ce soir. Alors j'ai dit aux filles que tu étais partie à l'infirmerie, ne te sentant pas très bien, et que Mme Pomfresh t'avais gardée pour la nuit.

- Astucieux, mais je dors où maintenant ?

- Pourquoi ne retournerais-tu pas chez ton fameux fiancé, je suis certain qu'il serait ravi de dormir avec toi toute la nuit, souffla Walker en lui donnant un sac. Ce sont tes livres et tes affaires pour demain. Il ne te reste plus qu'à retourner vers ce cher et affectueux professeur.

- J'ai toujours dit que ta place aurait dû être à Serpentard. Tu es aussi rusé qu'un renard ! Tu as tout comploté dans mon dos ! s'exclama Eliane en lui arrachant le sac.

- Tu ne vas pas t'en plaindre, tu vas pouvoir faire tout ce que tu veux avec Sirinouchet.

- Fais encore une allusion et je te lance un sort de mutisme.

- Mais oui, mais oui, va rejoindre ton bel amoureux transi, dit-il en la poussant vers la sortie. Tu me raconteras en détail ta nuit torride.

- Cours toujours, répliqua Eliane en rougissant et en lui tirant la langue sous le rire de John. »

La jeune fille soupira profondément tout en marchant vers les appartements de Sirius. Et s'il ne voulait pas d'elle cette nuit ? Peut-être dormait-il déjà ? Elle allait sans aucun doute le déranger ! Oh Merlin, elle avait déjà dormi avec Sirius, mais elle était à moitié habillée et lui possédait tous ses vêtements. Tandis que là, elle ne voulait même pas imaginer. Elle espérait que John avait prévu un pyjama. Quoique, le connaissant, il aurait aussi bien omis ce détail très important ! Elle arriva alors devant le portrait, prononça le mot de passe et entra dans la pièce vide. Eliane se dirigea vers la chambre de Sirius pour finalement tomber nez à nez avec lui. Torse nu, il portait juste un pantalon très moulant. La jeune fille piqua un fard monumental tout en se retournant brusquement. Oui, elle était coincée et elle s'en moquait éperdument !

« Eliane ? Que fais-tu ici ?

- Eh bien, je ne peux pas retourner dans mon dortoir pour y dormir. John a justifié mon absence par une quelconque maladie imaginaire et je suis sensée être à l'infirmerie pour le restant de la nuit. Je suis donc revenue ici. Mais si je te dérange, je vais trouver une autre solution ! »

Sirius posa une main sur son épaule, attirant ainsi l'attention de sa fiancée et lui proposa avec un grand sourire :

« Va te changer dans la salle de bain, je serais ravi que tu dormes ici. »

Elle ouvrit la bouche, mais la referma aussitôt, détournant les yeux, étant gênée de voir Sirius aussi intimement. Et dire qu'un jour, elle le verrait complètement nu. Oh, par Morgane et toutes les fées, il ne valait mieux pas s'imaginer en sentant son cœur taper violemment dans sa cage thoracique. Elle murmura un faible « merci » et se dirigea vers la salle de bain en question, se déshabillant rapidement pour se retrouver en sous-vêtements plus que sexy. Elle cherchait désespérément son pyjama, mais rien à faire ! John allait lui payer ça demain ! Elle était certaine qu'il avait fait exprès ! Elle ne pouvait pas sortir dans cette tenue ! Eliane se regarda fébrilement dans la glace et se trouvait des plus horribles ; entre son dos cicatrisé, ses jambes et ses cuisses qu'elle trouvait trop grosses, elle était loin d'être jolie. Il est vrai que son compagnon l'avait vue poitrine dénudée, mais … là il était hors de question qu'il la voit en sous-vêtements ! Seulement avait-elle le choix ? Il fallait bien qu'elle sorte de cette pièce, elle n'allait pas dormir dans la baignoire tout de même. Tout en inspirant profondément, elle sortit de la salle de bain et se dirigea en courant vers la chambre plongée dans le noir. Elle en fut étonnée. Est-ce que Sirius y avait pensé ? Si c'était le cas, elle l'en remerciait intérieurement. Elle vit alors qu'il était couché dans son lit et sous ses draps qu'il releva pour l'inviter à le rejoindre. Timidement, elle s'y faufila, sentant son rythme cardiaque s'accélérer dangereusement.

Sirius se rapprocha d'elle pour la coller contre lui. Elle semblait totalement tendue et raide comme un arc. Elle était adorable. Il avait pensé à éteindre la lumière pour la mettre plus à l'aise et heureusement, vu la nervosité qui semblait la tirailler. Il avait adoré cette soirée à ses côtés, un merveilleux souvenir à jamais gravé en lui. Elle l'avait surpris plus d'une fois. Elle était magnifique quand elle riait, une légère fossette se créant tandis que ses yeux pétillaient ! Il était ébloui par tant de beauté, de candeur et d'intelligence. Elle était loin d'être parfaite, mais elle l'était à ses yeux parce qu'il l'aimait. Il passa un bras autour de sa taille, sentant sa peau contre la sienne. Il pouvait parfaitement l'imaginer au point de pouvoir dessiner ses courbes avec ses mains. Peu à peu, elle se détendit, entendant sa respiration se faire plus régulière.

« Tu as aimé cette soirée ?

- Oui, malgré les questions de Ginny, s'amusa-t-elle.

- Tu t'en es très bien tirée, souffla Sirius tout en l'embrassant dans son cou. Et faut dire que j'en ai eu pour mon grade.

- Tu m'as lâchement abandonnée, espèce de sale cabot, dit-elle en essayant de faire transmettre son mécontentement, mais sans grand succès en sentant les lèvres de Sirius parcourir sa peau.

- Tu as raison, je suis un vilain chien, je mérite une punition, dit-il d'une voix lascive. Aie ! Mais pourquoi m'as-tu frappé ?

- C'est ta punition, se moqua Eliane en se retenant de rire. »

Sirius fit alors la moue et les yeux du chien battu, tout en posant sa tête dans le creux de son épaule, inspirant à grande bouffée son odeur. Elle sentait bon la vanille. Il l'entendit alors rire, chatouillée par sa chevelure. Il croisa son regard bleu nuit éclairé par la lune. Il aurait voulu lui demander d'où venaient ses blessures dans son dos, ce que son père lui avait fait. Mais il ne voulait pas plomber l'ambiance. Elle était heureuse et c'était tout ce qui comptait. Il lui poserait la question une prochaine fois. Il la serra fortement contre lui, il pouvait entendre son cœur battre, son souffle caresser sa peau. Il l'embrassa à la commissure des lèvres et souffla :

« Dors amour, je t'aime. »

Elle émit un petit « hum » puis ferma ses paupières lourdes de sommeil. Ils avaient tout le temps pour parler. Elle était à lui, rien qu'à lui, et pour la vie. Un jour, elle s'appellerait Eliane Black, ils auraient des enfants, une maison, un jardin, une balançoire, sa moto, et il continuerait de l'aimer encore et encore. Et si c'était ça la vie, alors quel plus merveilleux cadeau cela pouvait-il être quand on était auprès de la personne qu'on chérissait par delà les temps et les mœurs. Sur ses songes, il s'endormit à ses côtés, apaisé, loin des cauchemars, de la réalité, plus que jamais serein. Un bonheur qui vous prenait au ventre et au cœur, un bonheur et un amour éternel, quoiqu'il arrive.


Vous devez vous dire, enfin, elle le publie ce satané chapitre, mais je vous gâte avec 17 pages Word. Désolée d'avoir mis autant de temps, mais bon, j'étais un peu prise de partout et oui, il m'arrive d'avoir une vie, quelques fois xd.. Le plus long chapitre de la saga, pour l'instant, niark, niark. J'espère que vous avez aimé ! Qu'avez-vous pensé du passage Joanne et John ? Cela devrait satisfaire les éternels fans de ce couple ? Hey, hey ! Vont-ils sortir ensemble ? Bientôt ou pas ? Et le dîner chez les Potter, j'espère qu'il vous aura plu. Je parie vous avoir tous surpris avec la demande de fiançailles de Sirius.. Ahahhaa…Vous ne vous y attendiez pas, avouez-le ! Au prochain chapitre, lemon Sirius/Eliane, du Laura/Ambre et du Remus/Tonks aussi. Merci de continuer de me lire ! Merci de vos chaleureux commentaires !

Merci de votre lecture !

Reviews Please ?

Lia-Sail.