Chapitre 23 : Entre soeurs
Quelques jours étaient passés depuis le dîner chez les Potter. La pluie tombait depuis plusieurs jours et cette nuit d'autant plus que les jours précédents. L'orage grondait au loin tandis que des éclairs déchiraient le ciel, illuminant de tant à autre la chambre où dormaient Sirius et Eliane. La jeune fille avait réussi à s'échapper de la présence de ses amies sans éveiller leurs soupçons puisque Joanne était à l'infirmerie, clouée au lit avec un rhume, et Ambre n'était pas revenue de la soirée, sûrement en train de compter fleurette avec Floyd. Elle avait donc eu la voie libre pour dormir avec son amant qui avait été plus que ravi ! Ils avaient alors passé la soirée à discuter tranquillement au coin du feu et à grignoter, tout en apprenant à se connaître encore et encore. Sirius se retourna dans ses draps quand son attention fut attirée par d'étranges bruits étouffés qui ressemblaient fort à des pleurs. Il ouvrit peu à peu les yeux puis se leva tout en fixant le corps secoué de sanglots à ses côtés.
Un éclair traversa une nouvelle fois la chambre, illuminant la pièce, tandis qu'Eliane se recroquevillait sur elle-même tout en mettant ses mains sur ses oreilles. Sa respiration était loin d'être calme ; elle avait toujours eu peur des nuits d'orage et encore plus depuis qu'elle avait retrouvé la mémoire. Elle avait les yeux fermés et crispés. Eliane ne voulait pas les rouvrir par peur de voir son père en face d'elle. Les souvenirs tournaient en elle comme un fléau. Elle sentit alors une main sur son épaule. Son cœur manqua un battement. Elle se débattit férocement, criant, pleurant, suppliant qu'on ne la touche pas, qu'elle se montrerait gentille. Perdue dans le passé, la crainte lui faisait perdre tout contrôle. Sa respiration s'emballa, l'angoisse monta de plus en plus en elle. Elle ne voulait pas revivre ça encore une fois ! Deux mains englobèrent alors son visage et une voix se fit plus claire dans son esprit. Une voix qu'elle connaissait, lui demandant d'ouvrir les yeux. Mais ouvrir les yeux, c'était faire face à la réalité et elle ne voulait pas.
Sirius était complètement bouleversé et ne savait plus quoi faire pour la sortir de son cauchemar et sa détresse. Elle se débattait comme une tigresse, murmurant inlassablement qu'elle serait plus sage et obéissante la prochaine fois, soufflant des pardons à en perdre la tête et la raison. Il ne comprenait pas ce qui l'avait plongée dans un tel état. Tout avait l'air d'aller bien ce soir. Il la prit alors contre lui, enroulant ses bras autour de sa taille, dos à son torse, tout en la berçant de paroles réconfortantes, ne sachant quoi faire d'autre, tentant de la rassurer que tout ceci n'était que le fruit de son imagination et de ses souvenirs, qu'elle était en sécurité. Il sentit peu à peu sa respiration s'apaiser pour mieux distinguer ses pleurs.
« Je suis désolée, désolée, désolée, ne cessait-elle de dire en une litanie sans fin.
-Chut, calme-toi Eliane. Ce n'est pas grave, tu n'as rien à craindre ici, murmura Sirius tout en déposant un léger baiser dans son cou. »
Au même moment, alors que l'orage éclata de plus belle, la jeune fille se raccrocha désespérément à Sirius, enfouissant son visage dans le creux de son épaule. Et Black comprit que c'était de ça dont elle avait peur, c'était ça qui l'avait plongée de nouveau dans ses souvenirs douloureux.
« Tu as peur de l'orage, dit-il, pourquoi ? Que s'est-il passé ? demanda-t-il tandis que ses yeux glissèrent sur son dos dénudé, dévoilant les cicatrices. »
Peut-être que c'était le moment ? Le moment de savoir ? Il n'avait pas encore réussi à trouver le bon moment pour savoir sans casser l'ambiance. Or, il ne pouvait pas mieux trouver à cet instant. Il fut alors sorti de ses pensées en entendant la voix de sa fiancée :
« Je… je n'aime pas les orages, ça me rappelle cette nuit-là.
-Cette nuit-là, répéta-t-il en fronçant les sourcils. Tu veux dire la nuit où il t'a… »
Pour simple réponse, il reçut un hochement de la tête. Bien entendu, de ce point de vue là, il était normal que la tempête l'ait replongée dix ans en arrière. Néanmoins, cela ne répondait pas à cette question qui lui taraudait l'esprit depuis la découverte de ses trois cicatrices. Il devait savoir ! Même si au fond, il se doutait plus ou moins de sa réponse.
« Eliane, murmura-t-il, les cicatrices dans ton dos, depuis quand les as-tu ? Comment se fait-il qu'elles ne soient pas disparues comme toutes les autres ? Les crèmes cicatrisantes n'ont…
-J'en avais pas, avoua-t-elle si bas que Sirius eut de la difficulté à entendre. J'en avais pas, j'étais trop jeune pour m'en acheter. »
Sirius déglutit passablement tout en sentant sa gorge se nouer sensiblement. Il avait mal pour elle. Personne ne méritait une telle torture. Personne ne méritait une telle enfance. Il pressa alors ses mains sur ses épaules pour la reculer un peu et voir son visage ravagé par les larmes.
« Raconte-moi, que s'est-il passé ? »
Lui raconter ? Cela remontait à si loin et elle avait cru qu'avec le temps elle oublierait, mais finalement, elle s'en souvenait comme si c'était hier, se rappelant des moindres détails aussi simples soient-ils. Ça avait été la pire punition qu'il lui avait infligée. Elle avait souffert comme jamais, si jeune, si jeune et surtout si seule.
« C'était l'été précédent mon entrée à Poudlard. J'avais onze ans, je venais de recevoir ma lettre me dévoilant que j'étais une sorcière. J'étais invitée à venir étudier à Poudlard, l'école de sorcellerie », débuta-t-elle d'une traite.
Finalement, les mots sortaient plus facilement qu'elle ne l'aurait imaginé. Peut-être parce qu'elle ressentait le besoin d'en parler ? Elle reprit alors son récit sous le regard attentif de Sirius.
« J'eus à peine le temps de lire le reste que mon père avait déchiré l'enveloppe, me disant que j'y n'irais pas, que ma place était ici ! Seulement le lendemain, j'en ai reçu une autre et ainsi de suite jusqu'au jour où j'ai pu enfin la lire entièrement à son insu. Il y était écrit de me rendre sur le Chemin de traverse pour acheter les fournitures scolaires. Étrangement, j'avais déjà entendu parler de cette ruelle par les parents de John, mais à cette époque, ne sortant que très peu, je croyais que cela faisait partie du monde moldu. Alors je me suis rendue chez John avec ma lettre et ce jour-là, ma marraine m'emmena avec lui pour faire nos achats, sans lui dire que mon père n'était pas d'accord. J'étais tellement excitée, je voulais découvrir ce monde d'autant plus que John était lui aussi un sorcier. Je n'étais pas seule. Seulement, en rentrant, mon père m'attendait plus en colère que jamais. Je lui avais désobéi, murmura-t-elle en frissonnant de la tête au pied, et ce fut la première fois que je me fis battre. Il me criait que j'étais une sale gamine, qu'il fallait que j'en fasse toujours à ma tête. Puis, d'un seul coup, il s'est calmé avec un étrange sourire aux lèvres, me murmurant que je n'avais qu'à y aller à Poudlard, mais que j'allais devoir en payer le prix pour ne pas l'avoir écouté. Et sans avoir eu le temps de réagir, il m'a coincée entre deux murs et…
-Il t'a frappée, compléta Sirius sachant d'avance ce qu'il avait employé comme objet, mais pas avec les mains.
-Non, réussit-elle à dire en se mordant les lèvres pour empêcher les sanglots sortir de sa bouche.
-Avec une ceinture, murmura son compagnon en serrant les poings de rage. Ce n'est pas possible ! Mais pourquoi tu n'as rien dit ? Tu avais les parents de John ! Tu aurais pu leur demander de l'aide ! s'exclama-t-il hors de lui. »
Il était en colère, en colère contre le père d'Eliane, contre la vie. Il savait qu'elle avait dû être terrifiée, que son père avait dû la menacer de ne rien dire à personne sinon il recommencerait. Si jeune, si incrédule, si naïve, elle l'avait cru comme beaucoup d'autres personnes. Même des adultes se faisaient prendre dans ce piège tortueux. Et il avait recommencé, continué, encore et encore. Seulement, plus elle résistait, plus il accentuait la violence à son encontre, allant de plus en plus loin, pour la briser, la détruire comme sa mère, mais en vain.
« Je sais que j'ai été faible, souffla-t-elle.
-Non Eliane, c'est moi qui raconte des bêtises. Tout le monde aurait réagi de la même manière, même-moi. Moi aussi je n'ai rien dit, il y a plusieurs années de ça… »
À cette confidence, elle releva brusquement la tête. Alors lui aussi avait bel et bien connu les coups d'un membre de sa famille ? Pourquoi ? Et comme pour répondre à son interrogation, Sirius entama à son tour son histoire : sa famille qui ne jurait que par les Sangs-purs, approuvant les idées de Voldemort. Seulement lui, il était contre tout ça. Il fut alors placé à Gryffondor. Sa famille le prit comme une trahison et Sirius en profita pour affirmer ses opinions, défiant, outrageant ses chers et tendres parents qui le rouaient de sortilèges pour lui faire comprendre où était sa place ! Il ne céda jamais pour finalement fuir et trouver refuge chez les Potter qui l'accueillirent à bras ouverts, lançant par la même occasion son frère dans la fosse aux serpents. Regulus, son frère cadet, sur lequel ses parents reposèrent tous leurs espoirs. Regulus qui devint Mangemort pour finalement trahir son maître à qui il avait juré fidélité. Qui était réellement son frère ? Quelles étaient ses pensées, ses idées ? Peut-être que s'il avait cherché à le connaître davantage, à aller vers lui, il l'aurait compris et il aurait peut-être pu le sortir de cette famille de dingues ! Eliane fut touchée par ces confidences qui se firent dans le plus profond des silences et touchée qu'il se confie à elle, qu'elle comprenne enfin sa colère quand elle avait cruellement repoussé sa sœur cadette. C'est bien ce que lui avait confié Remus. Sirius était aussi torturé qu'elle face à son passé et aux regrets amers. Ce fut sur ses révélations plus qu'intenses qu'ils se couchèrent tous les deux, dans les bras de l'un et de l'autre, se consolant mutuellement pour s'endormir.
Le lendemain matin, Black se réveilla dès les premières lueurs de l'aube. Il trouva alors Eliane pelotonnée contre lui. Il jeta un coup d'œil furtif au réveil qui indiquait les six heures du matin. Ils avaient encore le temps avant d'aller en cours. Un sourire mutin vint s'installer sur les lèvres tentatrices de Sirius tandis qu'il laissa ses doigts glisser le long des bras nus de son amante pour remonter lentement dans son cou. Eliane bougea légèrement et laissa échapper une sorte de grognement qui fit rire Padfoot. Il se pencha vers son visage puis déposa des baisers sur ses joues, son front, son nez, tout en évitant soigneusement les lèvres. Contre toute attente, il entendit :
« Laisse-moi dormir Sirius, souffla-t-elle en se collant à lui. »
Elle était une véritable marmotte décidément. Malgré les protestations de la jeune fille, il continua son manège et sa torture jusqu'à se recevoir l'oreiller en plein visage. Sirius resta quelques instants figé pour finalement entendre un rire à travers toute la pièce. Alors comme ça, elle s'était jouée de lui. Rira bien qui rira le dernier ! Sans plus de commodité, il se jeta sur elle et la chatouilla, déclenchant des rires et des larmes ainsi que des supplications pour qu'il arrête, mais sans grand succès ! Sirius prenait un malin plaisir à la voir ainsi. Elle était magnifique quand elle souriait. Il s'arrêta alors soudainement dans son geste, intriguant sa fiancée. Au-dessus d'elle, il ne cessait de l'observer avec amour. C'était étrange, étrange de goûter à un tel bonheur, il n'aurait jamais cru en connaître la saveur un jour. Cette nuit encore, ils avaient remué chacun le passé avec douleur et souffrance et ce matin même, ils riaient à en avoir mal aux joues. La vie était étrange. Du jour au lendemain, tout pouvait basculer. Ne disait-on pas que dans notre malheur on pouvait y trouver du bonheur ? Si paradoxal, si opposé et si vrai. Il espérait juste que ce bonheur dure des décennies. Il voulait voir ce sourire inscrit sur ses lèvres pour l'éternité et seulement pour lui.
Il prit alors ses mains dans les siennes et les positionna au-dessus de sa tête tout en l'embrassant passionnément et avec désir. Il la sentit se tendre sous lui et l'entendre murmurer :
« Sirius, je ne suis pas prête pour… »
Sans lui laisser le temps d'ajouter quoi que ce soit, il posa un doigt sur sa bouche et répondit avec un sourire enchanteur, amusé par son inexpérience :
« Je n'ai jamais dit que nous ferions l'amour.
-Mais… mais, bafouilla-t-elle, toute rouge,
-Il y a bien d'autres choses que je compte te faire découvrir avant, souffla-t-il au creux de son oreille tout en lâchant ses poignets pour dévorer sa bouche et caresser son ventre. Détends-toi et fais-moi confiance. »
Pour seule réponse, elle hocha la tête, se sentant complètement stupide d'avoir cru que Sirius voulait passer à l'acte. Elle n'y connaissait vraiment rien, elle était si mal à l'aise quand on devait parler de sexe. Ce n'était pas son sujet de discussion favori et quand Joanne venait à en parler, elle prenait ses jambes à son coup. Quelle idiote, elle aurait mieux fait de rester. Peut-être aurait-elle appris certaines choses et compris où Sirius voulait en venir.
Elle pouvait sentir les mains de son amant parcourir son corps à moitié dénudé et elle essayait tant bien que mal de ne pas y penser. Elle devait lui faire confiance, se détendre, se laisser aller. Après tout, la dernière fois, elle avait ressenti plus de plaisir qu'elle ne l'aurait cru. Instinctivement, ses mains retrouvèrent le même chemin que la première fois, parcourant les cheveux de Sirius qui s'activait à caresser, malaxer ses seins dépourvus à présent de son soutien-gorge. Sa langue traçait le contour de ses boutons de chair, mordillant, léchant, attisant un nouveau désir en elle. Eliane sentait que les portes du paradis s'ouvraient à elle tandis que sa peur semblait se dissiper eu à peu. Merlin que c'était bon ! Elle se mordit les lèvres retenant un gémissement qui allait y sortir. Sirius remonta alors sa bouche le long de son cou offert, mordillant et suçotant sa peau si délectable, si savoureuse, décrochant mille et un soupirs chez Eliane, attisant ses sens et son désir incommensurable. Il plaqua son torse nu contre sa poitrine, se frottant sensuellement, lascivement contre elle, glissant ses mains le long de ses hanches, pour finalement écarter chacune de ses jambes et se placer plus convenablement. Elle pouvait sentir sans équivoque tout son désir contenu, mais aucune fuite, aucun recul. Il sut alors qu'il pouvait aller plus loin. Il descendit sa bouche et traça une ligne de feu avec sa langue, de son cou jusqu'à son nombril qu'il titilla quelques instants. Merlin qu'il l'aimait ! Il comptait bien l'amener à l'orgasme, l'entendre gémir son nom qui roulerait sous sa langue comme une musique qu'on aurait inventée.
Ses mains jouèrent avec l'élastique de son boxer en dentelle blanche et alors qu'il allait y glisser ses doigts, il fut retenu par Eliane plus rouge que jamais. Elle était décidément craquante dans ces moments-là. Elle semblait embarrassée plus qu'effrayée. Que se passait-il ? Et comme pour répondre à ses interrogations, elle souffla honteusement :
« C'est… humide. »
Morgane qu'elle avait honte ! Elle avait des réactions bizarres depuis que Sirius la caressait. Elle n'avait jamais éprouvé autant de plaisir. Son père ne lui avait jamais fait ce genre de choses. Elle ferma alors les yeux pour repousser au loin dans son esprit l'image de son père dans son lit. Elle ne devait pas y penser ! Sirius lui avait dit que le sexe était avant tout plaisir et non souffrance. Cependant, était-ce normal de se sentir humide au niveau de son intimité ? Comme si quelque chose s'écoulait contre sa volonté, n'obéissant qu'au mot plaisir et satisfaction ? Elle n'y comprenait rien ; Sirius ne semblait pas dégoûté outre mesure à cette révélation, au contraire. Son regard pétillait de malice, mêlé d'une pointe de fierté. Décidément, elle se sentait de plus en plus nulle et maladroite. S'attendant à une moquerie, elle l'entendit prononcer :
« C'est normal Eliane, confia-t-il en se positionnant au-dessus d'elle tout en l'embrassant. Ça prouve que tu aimes ce que je te fais. C'est naturel, toutes les filles sont humides à cet endroit quand on les caresse, dit Sirius tout en descendant de nouveau sa main vers son bas ventre.
-Toutes les filles, répéta-t-elle étonnée. Je n'avais…Oh ! fit-elle en ouvrant grand les yeux. »
Les doigts de Sirius glissaient lentement en elle, caressant ses lèvres humides tout en la regardant fixement dans les yeux. Il observait la moindre de ses réactions d'une manière assez exhaustive. Ses iris flamboyaient d'un désir, d'une passion incommensurable : la voir ainsi, offerte et pantelante entre ses mains, le ravissait plus que tout ! Ses doigts titillèrent le bouton de sa fleur, décrochant soupirs et gémissements chez sa bien-aimée qui serrait fortement les draps entre ses mains. La tête en arrière, les yeux fermés, jamais elle n'avait ressenti autant de plaisir. Elle avait l'impression que la tête lui tournait et que son cœur allait lâcher à tout moment ! Tout son être était en feu, elle avait le sentiment qu'elle allait se consumer de l'intérieur. Elle pouvait sentir les lèvres de Sirius partout sur elle, dévorant, léchant la moindre parcelle de sa peau. Mille papillons dansaient dans son bas-ventre. Instinctivement, elle remua son bassin pour plus de contact. Au même moment, elle sentit les doigts de son amant se retirer et elle laissa échapper un son de frustration évident. Elle releva la tête et vit Sirius entre ses jambes et cette vision la fit rougir jusqu'à la racine des cheveux. Peut-être était-il un peu tard pour se sentir gênée ? Elle rencontra le regard de son compagnon, un regard de braise, un regard chaud et brûlant comme la lave en fusion. La jeune fille déglutit passablement et sans avoir eu le temps de dire la moindre chose, elle sentit ses mains sur ses jambes remonter irrémédiablement vers l'intérieur de ses cuisses. Son souffle frôlait sa peau luisante d'une fine pellicule de sueur et ce geste aussi simple soit-il l'excita vers un point de non-retour.
Les mains de Sirius se firent entreprenantes, glissant le dernier bout de tissu le long de ses jambes pour finir au bout du lit. C'est alors que sous les yeux ébahis et plus qu'embarrassés de la Serdaigle, il lui fit un sourire mutin avant de glisser un doigt, puis deux, dans son intimité pour la caresser avec sensualité. Il effectua plusieurs pressions sur son bouton de chair, attisant un désir nouveau et sans limites. Elle était toute à lui, magnifique et délicieuse. Et sans lui laisser une seule minute de répit, il plongea sa tête et telle une abeille, il butina le centre de sa fleur tandis que le nectar glissa entre ses lèvres. Sa langue aussi mutine que lui, lécha son bouton rose alors qu'un doigt entra en elle, la faisant sursauter, lui arrachant un léger cri qui résonna dans son esprit. Il n'avait jamais pris autant de plaisir à faire cela à une femme. L'entendre soupirer, gémir et crier lui provoquait des frissons, accentuant son désir, son ivresse pour elle.
Eliane avait l'impression de perdre pied à la réalité environnante. La tête dans les étoiles, son corps tout entier ne semblait que répondre par le plaisir charnel auquel elle était livrée. Elle se mordit les lèvres, serrant les draps sous elle pour se raccrocher à la réalité, mais en vain. Une chaleur sans nom grandissait en elle sous les caresses, la langue et les doigts de son amant qui lui prodiguaient un plaisir non contenu.
« Siriusss, souffla-t-elle, la respiration saccadée. »
Son nom sonna comme la plus belle des mélodies aux yeux du concerné. Il pouvait la sentir proche de son premier orgasme qui déferla en elle avec rapidité et jouissance. Tout son être se contracta quelques minutes pour se relâcher et se détendre. Le souffle court, les yeux fermés et les joues rougies, elle était sublime. Il profita de ce court instant pour la dévorer du regard, entièrement nue sous lui. Il se lécha les lèvres et les doigts tout en remontant vers son visage, soufflant dessus. Positionné entre ses jambes, ses coudes de chaque côté de sa tête, il l'observait à loisir, attendant qu'elle revienne à elle. Finalement, au bout de quelques secondes, elle ouvrit ses paupières et rencontra les yeux insondables de Padfoot qui souriait pleinement, dessinant des arabesques imaginaires sur sa peau. Il murmura alors :
« La prochaine fois, je te ferai grimper aux rideaux. »
Un léger rire résonna dans la pièce, tandis que Sirius l'embarqua dans un baiser sulfureux et acidulé, laissant ses mains baladeuses. Il était fou d'elle ! Il ne pourrait jamais se lasser de son corps, de son odeur, de la douceur de sa peau, de son visage, de ses yeux, de sa voix, de sa bouche ; il l'aimait comme un dingue ! Il rompit progressivement le baiser et prit son visage en coupe. Il l'entendit alors déclarer :
« Je t'aime Sirius. »
Elle se sentait quelque peu maladroite. Il lui offrait monde et merveille, elle aurait voulu lui donner autant de plaisir, mais comment faire ? En serait-elle capable ? Elle savait que dans ces moments-là, il devait être sacrément frustré et elle l'en remerciait intérieurement pour savoir aller à son rythme. Elle se promit que la prochaine fois, ce serait elle qui inverserait les rôles. Et comme pour sceller cette promesse, elle l'embrassa.
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Pendant ce temps-là, à la salle sur demande, deux jeunes filles dormaient dans le canapé, l'une contre l'autre. Elles avaient passé une bonne partie de la nuit à discuter et à faire plus ample connaissance. Ainsi, Ambre avait appris que la jeune Gryffondor avait perdu ses parents pendant la guerre contre Voldemort dans des conditions assez horribles. Elle n'avait pas osé aborder le sujet de ses automutilations, du pourquoi et du comment, de peur de briser ce faible lien qui commençait à les unir. Elle attendrait le moment venu pour en parler et pour l'aider. Elle avait été étonnée de la voir rire et sourire à quelques anecdotes de leur enfance et Merlin sait qu'elle adorait le son de sa voix. Elle n'en était que plus jolie lors de ces instants. Étrangement, elles avaient pratiquement les mêmes centres d'intérêt, comme la lecture, la musique et la danse, les mêmes plats favoris ou encore les mêmes idées et opinions. Coïncidence ou signe du destin ? Peu importe, elle avait passé une agréable soirée en sa compagnie et dormir contre elle n'en avait été que le plus beau cadeau et ce, même dans un canapé aussi peu confortable. Ambre ouvrit un œil puis un autre, en jetant un regard rapide à l'heure de sa montre indiquant les sept heures du matin. Elles n'étaient ni retard ni en avance, en sachant qu'elles devaient se préparer. Elle reporta alors son attention sur Laura qui dormait sur elle à poings fermés. Elle paraissait plus détendue que lorsqu'elle était réveillée, moins distante, moins froide. Dommage qu'aujourd'hui ne soit pas une journée de weekend, elle aurait aimé passer du temps avec Floyd.
Soupirant profondément, elle posa une main sur l'épaule de la jeune fille pour la tirer de son sommeil. Laura sursauta littéralement et se réveilla brusquement pour tomber nez à nez avec Ambre. Elle ne put empêcher ses yeux descendre vers ses lèvres qui semblaient appétissantes. Son regard dériva alors vers sa gorge et le col de son chemisier ouvert dévoilant une poitrine naissante. La Gryffondor rougit brusquement et se recula en toute hâte pour se lever du canapé tout en lissant des plis imaginaires sur sa jupe. Elle était gênée et embarrassée par ses propres pensées qui étaient loin d'être catholiques. D'autant plus que Corvalis était une fille ! Quoique, considérant qu'elle l'avait été embrassée et qu'elle avait apprécié ce baiser, peut-être n'était-ce qu'un détail ? Le sexe de la personne avait-il vraiment de l'importance quand on se sentait bien avec celle-ci, au point de se laisser embrasser ou encore de penser à aller plus loin ? Elle n'avait jamais été attirée par une fille auparavant. Il n'y avait que Corvalis qui lui faisait perdre la tête. Était-ce bien ou mal ? Peut-être était-elle bisexuelle ? Après tout, peu importe ce qu'elle était, qui elle aimait, si c'était bien ou mal ! Elle était certaine que si sa mère était encore vivante, elle lui dirait de foncer sans se poser ces questions qui n'avaient, au final, que peu d'importance ! Tout ce dont elle savait et dont elle était certaine, c'est que l'amour apportait sans aucun doute plus de soucis que la solitude, mais aussi plus de joie et de bonheur que d'être célibataire endurci. Être aimé donnait des ailes. Être aimé apportait sécurité, confiance, sérénité, mais aussi douleur et souffrance.
Elle fut alors sortie de ses songes par la main d'Ambre posée sur son épaule droite. Elle se retourna aussitôt vers la concernée. Elle ne savait plus quoi faire. Elle était perdue entre ce que lui dictaient son cœur et sa raison. Peut-être serait-il temps qu'elle prenne son courage à deux mains ? Elle était attirée par Ambre et ça, elle ne pouvait plus le nier. Laura pouvait encore se souvenir de cette première rencontre qui datait à quelques années en arrière. La Serdaigle était venue la voir à la bibliothèque pour lui demander de l'aide dans un devoir et, sans une once de sympathie, elle l'avait envoyée balader. Et voilà qu'aujourd'hui elles étaient l'une en face de l'autre, à se regarder avec tendresse et affection. La jeune fille grimaça face à ses pensées ; elle était en train de tomber dans la guimauve et devenir aussi niaise que ses couples amourachés. Floyd secoua légèrement de la tête pour chasser ses songes et sans prévenir sa camarade, elle s'en alla vers la sortie. Elle ne supportait plus de rester dans la pièce qu'elle. Ses yeux, sa bouche, sa voix, son regard… Elle avait envie de pouvoir l'enlacer, l'embrasser, la caresser, mais ceci était tout sauf de l'amitié.Désormais, elle était persuadée d'aimer Ambre Corvalis. Elle l'aimait et cela l'effrayait plus qu'autre chose. On pouvait faire des choses stupides et puériles par amour. L'amour était à double tranchant : un peu comme sa lame, elle pouvait procurer du mal comme du bien. L'amour, l'amitié, tout cela lui était devenu étranger au cours de tous ces mois et ces années. Elle avait toujours été persuadée qu'elle finirait seule, aigrie et sombre, mais voilà que toute sa vie venait à être bouleversée par elle. Au fond, elle appréciait cela, peut-être parce qu'elle avait toujours gardé espoir d'être aimée pour ce qu'elle était. Décidément, tout était bien contradictoire et confus dans son esprit. Peut-être devrait-elle cesser de se poser mille et une questions ? C'est alors que Floyd fut arrêtée dans sa marche et poussée contre le mur non loin d'elle.
Ambre avait plaqué ses mains sur le mur et de chaque côté de son visage, l'empêchant ainsi de fuir, la regardant droit et fixement dans les yeux. Laura déglutit passablement en rencontrant les yeux de sa camarade qui pétillaient, flamboyaient de désir. C'en était déstabilisant et agréable à la fois. Son regard dériva une nouvelle fois vers ses lèvres qui se trouvaient être un appel à la tentation. Et pour la première fois de sa vie, elle avait envie d'agir, de prendre les choses en main, de se laisser aller. Peu importe les conséquences, peu importe si c'était bien ou mal de sortir avec une fille. Elle l'aimait et cela lui suffisait. Doucement, Laura se pencha vers les lèvres d'Ambre pour finalement les toucher. Un frôlement aussi léger qu'une brise printanière tandis qu'une explosion de sentiments déferla en elle comme un volcan en activité. Son cœur battait la chamade et son ventre se tordait étrangement. Ne pensant qu'au baiser, elle traça de sa langue le contour des lèvres de sa compagne qui gémit de surprise et de joie. Finalement, leurs mains se posèrent sur le corps de l'une et de l'autre, se baladant au rythme de leurs cœurs. Ambre ouvrit alors sa bouche, entremêlant leurs langues graduellement, langoureusement sous l'effet de la passion. Le baiser se fit voluptueux et charnel. Plus rien n'existait autour d'eux. L'atmosphère était torride et de braise comme le feu qui crépitait dans l'âtre. Elles avaient chaud et soif d'amour.
Ambre rompit le baiser à bout de souffle, les joues rougies et les yeux brillants, n'osant y croire. C'était trop beau pour être vrai. Elle avait retenu Laura pour s'expliquer avec elle sur son comportement étrange et finalement, cela se finissait en un baiser qui lui avait ravi les sens. Décidément, on ne savait jamais à quoi s'attendre avec elle. Même dans ces moments-là, elle arrivait encore à être plus ou moins impassible. Elle se demandait à quoi elle pouvait penser et si c'était le bon moment pour lui poser la question fatale. Après tout, qui ne tente à rien n'a rien.
« Est-ce que… acceptes-tu de sortir avec moi ? interrogea-t-elle, anxieuse de la réponse. »
Et pour seule réponse, elle obtint un hochement de la tête par la concernée avec un léger et fin sourire. Sans plus de commodité, heureuse et volant sur un petit nuage, Corvalis se jeta sur les lèvres de sa petite amie qu'elle dévora avec ivresse et sensualité. Elle se fit alors la promesse intérieure qu'elle ferait tout pour garder ce bonheur entre ses mains.
Au même moment, quelques couloirs plus loin, Remus et Tonks se préparaient pour leurs cours. La jeune femme venait tout juste d'entrer dans son quatrième mois et son ventre commençait à prendre quelques rondeurs au plus grand plaisir de son mari, mais pas le sien. Voilà maintenant plusieurs minutes qu'elle fouillait ardemment dans ses sous-vêtements pour trouver un soutien-gorge qui accepterait volontiers de soutenir sa poitrine, mais en vain. Rageusement, elle le jeta au travers de la pièce tout en se regardant dans le miroir. Cela ne faisait aucun doute que sa poitrine avait pris du volume et bientôt, elle ressemblerait à une vache à lait ! Elle sentit alors une boule se former au fond de sa gorge et ses yeux lui piquer sensiblement. Comment est-ce que Remus pouvait encore la trouver désirable ? Elle était horrible et en plus, elle avait l'interdiction d'utiliser son don de métamorphosage pour modifier sa silhouette sans en affecter le bébé. Finis ses cheveux roses, elle arborait maintenant de longs cheveux de la même couleur que ceux de son cousin et des yeux bleus. Elle détestait son apparence qui lui rappelait cruellement qu'elle avait tout pris de sa mère et donc de la famille Black. Elle s'en serait très bien passé, mais malheureusement, on ne choisit pas sa famille, seulement ses amis. Ferait-elle une bonne mère ? Et si une fois l'accouchement passé, Remus ne voulait plus de l'enfant ? S'il l'abandonnait à nouveau ? Les lèvres tremblantes, les larmes se mirent à couler contre sa volonté et sans aucune retenue. Ce fut dans cet état que son mari la découvrit en entrant dans la chambre.
Il était étonné de voir sa femme pleurer. Il vit alors bon nombre d'affaires au sol et Nymphadora à moitié habillée. Que se passait-il ? Il avança calmement vers elle et l'enlaça avec tendresse par la taille tout en posant son menton sur son épaule. Remus souffla à son oreille :
« Tu ne t'habilles pas ?
-Je ressemble à une grosse baleine, renifla Tonks. Je ne peux même plus mettre mes sous-vêtements. Je suis horrible !
-Qu'est-ce que tu racontes ? Tu es toujours aussi magnifique et ses quelques rondeurs ne te rendent qu'encore plus appétissante, affirma Lupin avec un regard suggestif.
-Tu ne diras plus ça quand j'aurai un ventre énorme et des vergetures ! Tu finiras alors par me quitter et… »
Le regard de Moony se fit plus dur et sans perdre une seule seconde, il la retourna face à lui et déclara :
« Je ne te quitterais jamais Nymphadora ! Je t'interdis de dire de telles inepties ! Tu seras toujours belle à croquer ! Je t'aime et ça ne changera jamais ! D'accord ? »
Contre toute attente, elle se blottit dans ses bras et pleura contre lui sans plus pouvoir se retenir. Elle ne savait pas pourquoi, mais elle avait envie de pleurer encore et encore. Un rien pouvait l'énerver, la faire rire ou encore la mettre en larmes. Décidément, c'était un fait : elle n'aimait pas être enceinte, ses hormones lui jouaient des sales tours !
« Je crois que c'est la grossesse qui te met dans cet état, mais je ne veux pas que tu penses à des choses aussi négatives, assura Remus en la caressant, déposant ses lèvres dans son cou. Je t'aime quoi qu'il arrive et quoi que tu fasses. Et puis, être enceinte n'a pas que des inconvénients, souffla-t-il dans son oreille en observant sa poitrine avec envie.
-Espèce d'obsédé ! déclara-t-elle en le frappant sur l'arrière du crâne. Vous êtes bien tous pareils les hommes, ajouta-t-elle en prenant un soutien-gorge au passage pour s'enfermer dans la salle de bain en claquant la porte. »
Les femmes étaient décidément bien compliquées ! Il lui disait un compliment et voilà comment il était remercié. Il haussa alors les épaules tandis qu'un sourire mutin se profila sur son visage en pensant à la façon dont il allait se faire pardonner ce soir. Décidément, il adorait que sa femme soit enceinte et il comptait bien profiter de ses nouveaux avantages.
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Cela faisait plusieurs heures qu'Eliane avait quitté son compagnon. Tout en marchant à travers les couloirs pour rejoindre ses amis à la Grande Salle afin de manger, elle ne cessait d'observer sa bague qui brillait à la lumière. Un sourire béat collé sur ses lèvres, elle ne pouvait s'empêcher de repenser encore et encore à ce matin. La seule ombre qui collait au tableau c'était de ne pas savoir comment s'y prendre avec Sirius pour lui rendre tout le plaisir qu'il lui donnait. Comment allait-elle faire ? Elle n'y connaissait vraiment rien et sa réaction de ce matin le prouvait par A plus B. Elle doutait fortement que ce genre de choses s'apprenne dans les livres. Comment est-ce que les autres filles faisaient pour savoir ? Peut-être que si elle demandait à Sirius, il la guiderait ? Elle se voyait mal demander des cours de sexe à Joanne ou même à Ambre, ce serait la honte totale ! Une très mauvaise idée ! Si seulement elle avait encore sa mère, elle aurait pu lui poser des questions. La jeune fille secoua alors la tête de droite à gauche, chassant ses idées de la tête. Sa mère était morte, pas la peine de remuer le couteau dans la plaie !
Elle releva alors la tête et vit au bout du couloir, arrivant dans sa direction, Elizabeth White. West grimaça clairement. Elle qui l'évitait depuis plusieurs semaines, il fallait qu'elle tombe sur elle. Toute la rancœur fut alors ravivée en pensant au choix cruel qu'avait fait sa mère. Pourquoi elle ? Certes, elle n'était qu'un bébé, mais elle alors ? N'avait-elle pas le droit aussi à l'amour d'un foyer et de parents affectueux ? Et si elle venait à faire un pas envers sa sœur, que se passerait-il ? Elle pensait aussi aux regrets amers de Sirius envers son frère ainsi qu'à sa colère quand elle avait rejeté, sans égard, sa propre sœur. Celle-ci ressemblait tant à sa mère. C'était son portrait craché à part la couleur de ses cheveux. Il suffisait d'un geste, d'un mot, mais elle ne s'en sentait pas capable. Trop de colère, trop de haine.
Tandis qu'Elizabeth passait devant sa sœur en lui jetant un regard empli d'espoir, Eliane passa devant elle sans la regarder. Ce fut les épaules voutées et la tête basse qu'elle continua sa route vers la tour des Gryffondors pour finalement entendre :
« Tu ressembles à notre mère. »
La fillette se retourna aussitôt vers son aînée qui s'était arrêtée de marcher et retournée vers sa cadette. Son cœur fit un bond en entendant la voix d'Eliane. Revenait-elle sur sa décision ?
« Tu as tout d'elle, enfin de ce que je m'en souviens, sauf les cheveux : c'est la couleur de notre père, murmura Eliane avec émotion. Désolée, je dois y aller, souffla-t-elle en s'en allant.
-Attends ! cria Elizabeth pour voir sa sœur stopper à nouveau sa marche. Est-ce vrai que notre père est mort ? Ce sont mes parents adoptifs qui me l'ont avoué. »
Eliane se retourna vers sa sœur et avança lentement vers elle, la surplombant de toute sa hauteur. Pourquoi lui parlait-elle ? Elle la haïssait et pourtant ne disait-on pas que la haine se rapprochait de l'amour. Peut-être ne pourrait-elle jamais l'accepter totalement dans sa vie, mais qu'elle pourrait faire un effort pour lui parler ?
« Oui, il est mort, affirma Eliane avec froideur étonnant sa cadette qui sursauta légèrement.
-Je suis désolée, je…
-Tu n'as pas à être désolée pour un homme qui n'avait de compassion que pour sa propre personne, déclara la Serdaigle, toute joie envolée.
-Je ne comprends pas…
-Il n'y a rien à comprendre Elizabeth. Oublie nos parents, ils sont morts et enterrés. Continue ta vie avec les tiens. Cesse de te raccrocher à vouloir connaître le passé de notre famille, il n'y a rien de bon à savoir, décréta West en s'apprêtant à partir.
-Pourquoi dis-tu ça ? questionna la Gyrffondor, ses yeux vrillant ceux de sa sœur. Je veux savoir d'où je viens ! Je veux connaître ma famille, je veux te connaître ! Tu es ma sœur et tu le resteras ! Pourquoi dis-tu ce genre de choses ?
-Pour te protéger, souffla Eliane avec un regard empli de sincérité. Comme l'a déjà fait jadis notre mère. »
Elizabeth recula d'un pas, étonnée par ces propos. La protéger ? De quoi ? Elle n'y comprenait rien ! Il n'y avait donc aucun espoir ? Sa sœur ne l'accepterait jamais réellement dans son existence ?
« Respecte au moins le souhait de ta vraie mère morte pour toi, déclara Eliane en insistant bien sur le « toi ». Si tes parents adoptifs ne t'avaient rien révélé, tu ne saurais rien aujourd'hui et chacune de nous deux continuerait sa vie de son côté. Au fond, cela aurait été mieux ainsi, on se serait fait moins de mal.
-Il n'y a donc aucun espoir pour qu'on soit réunies ? bafouilla la fillette en serrant ses poings pour retenir ses larmes.
-Jusqu'à maintenant, tu t'es très bien passée d'une sœur ! remarqua intelligemment West. Pourquoi cela ne serait plus le cas aujourd'hui ? Suis mes conseils et on s'en portera mieux. Sur ce, bonne soirée à toi et prends soin de toi, murmura Eliane en se retournant, marchant en direction de la Grande Salle. »
Elizabeth regardait sa sœur s'éloigner de plus en plus d'elle. Elle avait raison : pourquoi s'entêtait-elle à vouloir la connaître, à vouloir sa sœur auprès d'elle ? Après tout, elle avait toujours été heureuse jusqu'à maintenant. Enfin presque : elle avait souvent ressenti un vide au fond d'elle sans trop en déterminer la cause et peut-être qu'au fond, elle avait toujours su que quelqu'un l'attendait, une personne particulière. Prenant son courage à deux mains, elle cria :
« Je me moque royalement de tes conseils ! Tu es juste trop lâche pour accepter la réalité. J'ai toujours su qu'un jour je te rencontrerais. Les liens du sang sont plus forts que tout. Je t'aime, peu importe si tu es égoïste, peste ou gentille. Je t'aime parce que tu es ma sœur et tu le resteras à vie. Je t'attendrai le temps qu'il faudra, mais contrairement à toi, je serai toujours là pour toi ! »
Ses paroles résonnèrent entre les murs, martelant le cœur et l'esprit d'Eliane. Elle esquissa un léger sourire en pensant qu'elles se ressemblaient énormément. Elles n'abandonnaient jamais. Néanmoins, elle ne s'arrêta pas, brisant tous les espoirs de sa cadette qui ravala ses sanglots tout en se détournant fièrement, la tête haute, se dirigeant vers sa tour. Elle l'attendrait. Elle le savait : un jour, Eliane finirait par venir vers elle. Peu importe le temps, elle serait là et sa porte toujours ouverte.
Eliane savait qu'elle avait fait le bon choix. Elle n'avait aucun regret ; peu importe les liens du sang, sa mère avait choisi de mettre Elizabeth en sécurité, loin d'eux, loin de leur père et peut-être était-ce mieux ainsi. Ainsi, selon la dernière volonté de leur mère, elle continuerait de protéger sa cadette des secrets de famille. Elle allait grandir loin des cruautés inimaginables pour son jeune âge. Après tout, cela appartenait au passé désormais. À quoi bon remuer les souvenirs ? La jeune West leva les yeux au ciel pour communiquer avec sa mère défunte, le cœur plus léger que jamais. Une nouvelle vie commençait pour elle.
Voilà, pour ce nouveau chapitre de 12 pages Word. En espérant qu'il vous aura plu ! Et oui comme vous pouvez le voir, aucune fin heureuse entre les deux sœurs. Cela aurait été trop simple et trop de rancœur habite le cœur d'Eliane même si au fond, elle aime aussi sa sœur puisqu'elle la protège à sa manière. Ambre et Laura enfin ensemble, je vois déjà certains se dire « Chouette ! ». Alors bientôt la mise en couple de Joanne et John… ^^
Sirius qui se confie un peu plus à Eliane et vice versa, avec un beau lemon. Un peu de Remus et Tonks dont les humeurs changent très vite avec sa grossesse. Pauvre Remus ! T'inquiète pas Mumus, je vais venir te consoler moi, on va faire des folies de ton corps. Mdr !
Au prochain chapitre, il y aura pas mal d'Eric Carter et Tracy Spencer, ainsi que du Sirius/Eliane avec encore un lemon.
Le titre sera : Un Lion et un Serpent
Plus que huit chapitres avant la fin de la fanfiction !
Merci pour votre soutien !
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Lia-Sail.
