Chapitre 29 : La finale de Quiddicth

Deux semaines. Deux semaines que John et Joanne s'étaient séparés. Deux semaines que l'ancien couple avait repris les bonnes vieilles habitudes. Dès qu'ils se voyaient au détour d'un couloir ou qu'ils déjeunaient ensemble, les disputes reprenaient de plus belle sous les yeux désespérés de Corvalis qui ne savait plus quoi faire pour calmer la situation, même si le reste du temps, ils s'ignoraient en beauté. Walker semblait se divertir avec des filles, prenant un malin plaisir à s'afficher avec elles, tandis que son ex petite-amie bouillonnait de colère, de jalousie et de tristesse non feintes. Du jour au lendemain, il s'était retrouvé au bras d'une Gryffondor et ainsi de suite. À croire qu'il l'avait définitivement oubliée. Était-ce possible que leur couple n'ait eu aucune importance ? Comment avait-il pu la rayer aussi vite de sa vie ? S'était-elle trompée sur lui ? Elle avait pourtant cru être importante à ses yeux, qu'il aurait été aussi triste qu'elle, aussi malade d'amour qu'elle pouvait l'être, mais non ! Elle n'était rien ! Rien ! S'il voulait la faire souffrir, il pouvait s'estimer heureux de sa réussite ! Il s'amusait ? Elle pleurait. Il riait ? Elle criait en silence. Elle avait mal et cela plus que jamais. Elle avait le sentiment que son cœur se brisait un peu plus chaque jour en le voyant embrasser, toucher une autre fille qu'elle. Elle le haïssait ! Il se moquait d'elle, il jouait avec sa souffrance en sortant avec elles ! Il agissait odieusement en s'affichant avec ses conquêtes sans le moindre remords! N'avait-il aucun cœur ? S'il voulait jouer à ce petit jeu, parfait ! Il allait entendre parler du payset de Joanne Salder ce petit crétin ! Elle se sentait vide sans lui et quoi de mieux que de se consoler dans les bras d'un autre pour échapper à ce gouffre béant qui l'engloutissait peu à peu. Œil pour œil, dent pour dent !

« Joanne, souffla Ambre d'un regard inquiet.

- Quoi ? demanda-t-elle sèchement, énervée qu'on la dérange dans ses pensées.

- Tu es en train de réduire en miettes toutes tes tartines, remarqua Corvalis avec une moue moqueuse. »

La concernée jeta un coup d'œil auxdites tartines et en effet, elle les avait toutes réduites en morceaux. Non seulement il lui brisait le cœur, mais en plus il lui avait gâché son moment favori de la journée : le petit-déjeuner. Le regard de Joanne se fit plus noir que jamais tandis que sa dernière tartine craqua dans sa main sous l'effet de la colère qui la submergeait. Merlin, elle avait tellement envie de pleurer, de lui crier après, de le secouer, de le gifler, de lui faire mal ! Des sentiments forts et destructeurs. Il l'avait oubliée et cela peut-être à jamais. Que pouvait-elle y faire ? Rien. Elle avait tout gâché, elle avait agi de façon très puérile. Elle soupira profondément, remettant une mèche folle derrière son oreille quand son regard fut attiré par l'entrée de son amie Eliane. Dire que tout cela était arrivé à cause de son comportement envers la Serdaigle. Elle n'avait cessé d'y penser encore et encore et il est vrai qu'elles n'avaient pas procédé de la meilleure manière qui soit. Surtout elle, puisqu'Ambre avait réalisé bien plus tôt son erreur. Est-ce qu'Eliane viendrait à leur pardonner un jour ? Arriveraient-elles à redevenir amies ? Joanne en doutait de plus en plus. Elle avait l'impression que leur amie faisait tout pour les fuir.

Comme tous les matins, elle vit Eliane s'asseoir à la table des Poufsouffles, en face de Liliane et aux côtés de Walker. Salder les aperçut en train de se faire la bise, rire ou encore discuter et face à cette scène, elle ne put s'empêcher de grimacer, sentant son cœur se tordre violemment. Elle aurait aimé être à la place d'Eliane et que toutes les attentions de John soient pour elle. Seulement, tout était terminé. La rouquine reporta son attention sur son bol de chocolat, les yeux dans le vague, plus désespérée que jamais, sans voir le regard furtif de son ex petit-ami.

Il ne pouvait s'empêcher de l'observer au loin. Elle lui manquait. Il n'aurait jamais cru que cette séparation aurait été aussi douloureuse et s'il n'avait pas Eliane à ses côtés, il sombrerait. Étrangement, s'il avait eu toutes les difficultés du monde à se mettre avec Joanne, il avait aussi beaucoup de mal à l'oublier, à réaliser que tout était fini. Il avait pleuré pour elle, lui qui n'avait jamais versé une seule larme pour une femme. Cependant, malgré tout cela, il ne regrettait pas son choix ! Son comportement de la dernière fois avait été la goutte d'eau qui faisait déborder le vase. Elle avait été trop loin dans ses propos envers Eliane. Après tout, Salder n'était pas irremplaçable ! Il y en avait d'autres filles comme elle ! Il avait l'embarras du choix, il lui suffisait de choisir et d'oublier. Seulement plus facile à dire qu'à faire. Quand il embrassait d'autres filles, il imaginait ses lèvres quand il caressait d'autres filles, il imaginait ses courbes quand il venait à atteindre le septième ciel, c'était son nom qui était murmuré. Il l'aimait et cela plus que tout ! Quoi qu'il fasse, il ne pourrait jamais l'oublier. Il pouvait faire semblant, jouer sur les apparences, la regarder au loin et la voir s'éloigner au fur et à mesure de lui. C'était à elle de venir le voir et lui demander pardon. C'est elle qui lui avait posé cet ultimatum ! Si elle l'aimait vraiment, elle finirait par revenir.

Eliane l'avait traité d'idiot d'avoir réagi au quart de tour pour une telle broutille, qu'elle s'en moquait que Joanne puisse la critiquer à ce point-là et qu'il n'aurait pas dû mettre son couple en danger pour elle. Décidément, sa meilleure amie ne changerait jamais, toujours à penser aux autres. Eliane ferait mieux de prendre soin d'elle. Il est vrai que le départ de Sirius l'avait sonnée les premières semaines, mais elle paraissait aller beaucoup mieux en ce moment. Il le sentait. Elle était plus joyeuse, elle mangeait, elle riait, elle paraissait d'ailleurs plus proche du couple Lupin puisqu'elle passait la plupart de son temps dans leur appartement. Il se demandait bien ce qui avait pu être l'élément déclencheur à ce revirement de situation. Toujours est-il que rien ne semblait s'arranger avec sa cadette. Il avait appris par Laura qu'Elizabeth avait changé depuis quelques jours. Elle était plus pensive, moins encline à discuter et cela, juste après la confrontation avec Eliane. Apparemment, ça c'était mal passé et depuis, White paraissait bouleversée. Malheureusement, Floyd n'avait pas pu lui arracher les mots de la bouche et n'en savait pas plus. Est-ce qu'un jour son amie accepterait sa sœur ? Il en doutait fortement. Eliane ne semblait pas le vouloir elle l'ignorait, comme si elle n'existait pas. Il ne cherchait pas à en savoir plus sur le sujet par peur de la froisser, mais il trouvait fort dommage que les deux sœurs ne se retrouvent pas. Seulement, cela n'appartenait qu'à son amie de bien vouloir renouer avec Elizabeth. Un jour peut-être, qui sait ?

Il gratifia son amie d'un sourire qui lui répondit tout en croquant dans une tartine. Dans tous les cas, ça faisait plaisir de la voir ainsi, plus vivante et enjouée. Elle avait en plus repris des rondeurs, ce qui ne pouvait que lui faire du bien, surtout que dans une heure la finale de Quiddicth allait démarrer. Serdaigle contre Gryffondor. L'équipe tout entière comptait bien gagner ce match et remporter ainsi la coupe dont elle rêvait depuis des années. Cette fois-ci, Gryffondor perdrait ! Foi de Walker !

« Vous êtes prêts pour le match ? demanda Liliane en se servant de chocolat.

- Plus que jamais, répondit John.

- J'espère bien, comptez sur moi pour vous encourager, déclara-t-elle sous le sourire d'Eliane qui savait Ô combien la Poufsouffle prenait son rôle de commentatrice très à cœur. »

La Serdaigle tourna la tête vers la table des professeurs pour capter le regard de Remus qui lui fit un clin d'œil. Apparemment, le couple Lupin lui avait promis une surprise de taille pour cette journée et malheureusement, elle n'avait pas pu leur arracher le moindre mot. Qu'est-ce qui pourrait bien lui faire plaisir ? À part revoir Sirius, elle ne voyait pas grand chose.

Sirius. Elle ne lui avait même pas encore annoncé la nouvelle. Elle ne savait pas comment s'y prendre, comment lui dire. Et surtout comment viendrait-il à réagir ? Serait-il heureux ou aussi anxieux qu'elle pouvait l'être face à cet événement incongru ? Enceinte, enceinte alors qu'elle venait de fêter ses dix-huit ans. Comment allait-elle faire ? N'était-ce pas un peu trop jeune ? Cependant, d'autres personnes étaient passées par là et elles s'en étaient très bien sorties. Après tout, l'âge avait-il vraiment son importance ? Elle sortait bien avec un homme qui faisait le double de son âge. Le treize juin, cela ferait deux mois qu'elle attendait un bébé. Deux mois et ensuite, elle ne pourrait plus avorter. Seulement, plus les jours passaient et moins elle se sentait capable de faire une telle chose. Si elle venait à le faire, elle le regretterait toute sa vie. Puis, Sirius avait aussi son mot à dire. N'étaient-ils pas un couple ? Peu importait l'âge ou l'inquiétude qui la rongeait, au plus profond d'elle-même, elle aimait déjà son enfant, ou plutôt leur enfant. Le fruit de leur amour. Comme elle l'avait déjà promis à Nymphadora, elle ferait bien attention durant le match. Rien ne leur arriverait, rien.

Elle sentit alors une pression sur son épaule qui n'était autre que son capitaine, l'invitant à venir se préparer dans les vestiaires avec John. Eliane pouvait déjà entendre le long discours de Thomas. La jeune fille rencontra alors le regard de son amie Corvalis qui lui fit un léger sourire. Ambre semblait bien décidée à tout faire pour renouer des liens d'amitié avec elle. Peut-être serait-il temps qu'elle leur pardonne ? Après tout, ils étaient en tort toutes les trois. Cependant, elle doutait fort que Joanne finisse par mettre sa fierté de côté pour s'excuser de son comportement. Eliane savait d'avance qu'elle allait devoir faire le premier pas pour se réconcilier avec la rouquine. Elle redoutait déjà la réaction de John. Merlin que c'était compliqué. Pourquoi avait-il fallu que ces deux-là se séparent ? N'avaient-ils pas eu assez de mal pour se mettre ensemble ? À croire qu'ils aimaient se crier l'un sur l'autre et jouer au jeu du chat et de la souris. Cette situation devenait ridicule et avec les caractères bornés de ses deux amis, il allait falloir du temps pour qu'ils redeviennent un couple.

Finalement, Eliane accorda de nouveau son attention à Ambre qui ne cessait de l'observer. Pour simple réponse, West répondit à son sourire en faisant de même puis s'en alla de la Grande Salle. En quelques minutes, elle rejoignit les vestiaires puis enfila sa tenue de Quiddicth avant de retrouver son équipe. Thomas était déjà en train de faire un débriefing tandis que les membres de l'équipe paraissaient amorphes, soupirant, le regard rivé vers le plafond sous les yeux amusés de la Serdaigle. Pauvre capitaine, il allait se faire des cheveux blancs avant l'âge. Ils n'avaient aucune pitié pour lui. Dire que c'était le dernier match qu'ils allaient faire ensemble. Ensuite, elle ne les reverrait plus. Ils viendraient à prendre des chemins différents. Tant d'années passées ensemble, tant de fous rires, de galères et de pleurs entre ses murs. C'était étrange de se dire que bientôt, elle ne reviendrait plus ici.

Poudlard. Le château représentait toutes sa vie, ses joies et ses peines. L'école, et surtout l'ambiance, allait terriblement lui manquer même si ces derniers jours n'avaient pas été de tout repos ou plaisants à vivre. Elle fut alors sortie de ses pensées par la voix de son capitaine qui cria :

« HAUT LES CŒURS ET À NOUS LA VICTOIRE ! ajouta-t-il en éclatant d'un rire dément sous les soupirs de ses coéquipiers. »

Alors qu'ils allaient sortir pour entrer sur le terrain, la porte du vestiaire des garçons s'ouvrit sur leur directeur : Remus Lupin. Grand sourire aux lèvres, il s'avança vers eux pour les encourager ce qui fit grandement plaisir à Thomas qui planait plus que jamais sur un petit nuage, prêt à tout pour remporter cette satanée coupe ! John lança un regard en biais à Eliane qui était restée à l'écart, au fond de la pièce, tandis que tous les membres de l'équipe sortaient un à un, laissant la jeune fille seule avec son professeur. Un sourire s'installa sur son visage. Se dirigeant timidement vers Moony qui l'attendait patiemment, face à face, il lui dit :

« Comment vas-tu ?

- Bien, dit-elle, merci d'être venu pour encourager l'équipe.

- Je suis venu en particulier pour toi Eliane. Tu feras bien attention ? Aucun risque ? Ta santé et le bébé avant tout, l'avertit Remus, un pli soucieux barrant son front.

- Promis, approuva-t-elle en hochant la tête.

- J'espère bien, sinon je peux déjà entendre les cris hystériques de Nymphadora et de Sirius. Je doute que mes oreilles le supportent, avoua Remus en rigolant légèrement, rejoint par Eliane. »

Soudain, un bruit résonna dans la pièce qui n'était autre que le balai de West tombant au sol tandis qu'Eliane était dans les bras de Remus. Il répondit sans hésitation à son étreinte, une main dans les cheveux de la jeune fille qui se blottit tendrement contre lui. Elle ne le remercierait jamais assez d'avoir été là pour elle ainsi que Dora. Elle s'était rapprochée d'eux à un point qu'elle n'aurait jamais cru imaginable. Elle les aimait énormément. Ils s'étaient occupés d'elle, l'avaient forcée à manger de nouveau, l'avaient fait sourire, rire, pleurer et câlinée comme des parents. Et ça, c'était le plus beau cadeau qu'ils auraient pu lui faire. Elle n'avait jamais été aussi choyée et aimée. Un amour différent de Sirius, mais tout aussi puissant et bienfaisant, qui l'avait rendue plus vivante que jamais.

« Merci d'avoir été là pour moi, souffla-t-elle, la voix enrouée.

- Tu parles comme si on ne se reverrait plus jamais, remarqua Remus en portant sur elle un regard presque paternel. Si tu veux te débarrasser de nous, c'est manqué, tu vas devoir nous compter dans ta vie, dit-il en faisant relever la tête à Eliane, dont quelques larmes coulaient sur ses joues. Ça a été un plaisir de prendre soin de toi et si nous devons un jour le refaire, alors nous serons là. Tout parent qui soit aurait été fier d'avoir une fille comme toi et nous sommes fiers de toi, glissa Remus à son oreille en effaçant ses larmes. »

Dire que l'émotion était à son comble aurait été un euphémisme. Eliane ne pouvait décrire ce qu'elle venait de ressentir, mais c'était beaucoup plus que de la reconnaissance, de la joie ou du bonheur. C'était indéfinissable ! Ce que venait de lui dire Remus était beaucoup plus qu'elle n'en attendait. Son cœur et tout son être se gonflèrent d'un bien-être total. Elle se jeta littéralement dans ses bras, se moquant bien d'avoir dix-huit ans pour se conduire comme une gamine de huit ans en manque d'amour parental. Elle était là sa famille. Lupin la fit reculer de quelques pas puis murmura :

« Sèche tes larmes. S'il vient à savoir que je t'ai fait pleurer, il va me maudire sur six générations. Puis, tu es tellement plus jolie quand tu souris. »

Eliane sécha alors d'un revers de main ses dernières larmes puis lui fit un énorme sourire, ses yeux pétillants sous le regard protecteur de Remus.

« Parfait, ainsi il pourra voir ton visage rayonnant des gradins, révéla Moony en lui faisant un clin d'œil. »

Les yeux de West s'ouvrirent en grand devant les propos de Remus. Les gradins ? De qui parlait-il ? Se pourrait-il que Sirius soit ici ? Dans les gradins du stade ? Son cœur se mit à pulser à toute vitesse, ayant le sentiment qu'il allait sortir de sa cage thoracique. Il était ici, à Poudlard. Merlin, elle allait le revoir enfin, l'embrasser, le toucher, être dans ses bras, sentir son odeur, entendre sa voix, son rire. Il ne fallut que quelques minutes pour qu'elle embrasse Remus sur la joue avant de sortir à toute vitesse sous le rire de celui-ci. Elle enfourcha son balai, entrant sur le terrain puis rejoignit ses coéquipiers tout en jetant des regards autour d'elle quand ses prunelles se fixèrent sur les gradins de Gryffondor. Il était là, assis à côté de sa cousine, les bras croisés, le sourire aux lèvres, les cheveux dans le vent. Se moquant éperdument des élèves, des réactions ou encore des remarques futures, elle posa sa main sur ses lèvres puis lui fit un baiser volant sous les yeux ahuris de Sirius. Il n'aurait jamais cru qu'elle soit aussi entreprenante et cela devant tout le monde. Au même moment, le coup de sifflet retentit tandis qu'il sentit Remus s'installer sur le banc, l'observant avec un sourire goguenard. Il pouvait bien se moquer de lui. Il s'en foutait royalement. Rien n'aurait pu gâcher cette journée, rien.

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Cela faisait plus de deux heures que la finale était commencée. Le public était déchaîné. Les deux équipes se défendaient très bien et se battaient comme des lions. Serdaigle menait 240 points contre 220. Tout allait se jouer sur le vif d'or. Qui allait l'attraper en premier ? West ou Spencer ? Dans tous les cas, c'était West qui menait largement. On la voyait partout et elle avait failli, plus d'une fois, attraper la petite balle dorée. Les gradins des élèves Serdaigles étaient euphoriques, sentant la victoire approcher à grands pas. Tout le monde était debout, hurlant, criant, sautant, brandissant fièrement leurs drapeaux. Ambre, Joanne et même Laura n'étaient pas en reste, suivant la foule, encourageant leur équipe qui se battait corps et âme sous un soleil accablant. Sirius se crispait à chaque fois qu'il voyait Eliane foncer à toute vitesse sur le vif d'or, de peur qu'il lui arrive quelque chose. Une chute était si vite arrivée, surtout après un match d'une telle durée. Des cris d'excitation se firent alors entendre, ramenant Black à la réalité environnante. En effet, West était en train de faire un piquet droit vers le sol, Spencer à sa poursuite. Les deux ennemies jurées ne cessaient de se lancer des regards furtifs pour accorder de nouveau leur attention au vif d'or. Tout le monde semblait retenir son souffle, attendant le dénouement final avec grande attention. Eliane était en tête et la petite balle de ses rêves était juste à quelques millimètres de ses doigts. Au même moment, elle sentit une crampe au niveau de son bas-ventre. Ignorant la douleur, elle se concentra uniquement sur son objectif tandis qu'elle était coude à coude avec Tracy qui ne lâchait rien. Pourtant, le sol se rapprochait irrémédiablement. Jouant le tout pour le tout, elle n'hésita pas à accélérer pour finalement sentir le vif d'or battre des ailes dans la paume de sa main. Le silence était total dans le stade. Liliane cria alors :

« SERDAIGLE GAGNE ! ELLE REMPORTE LA COUPE ! »

Un commentaire qui sembla ramener tout le monde à la réalité en un tonnerre d'applaudissements et de joie, mêlé aux pleurs des vaincus. Le Souafle vola haut dans le ciel, lancé par les poursuiveurs des Serdaigles, se dirigeant à grande vitesse vers leur attrapeuse qui n'avait pas bougé d'un pouce depuis tout à l'heure. John fronça sérieusement les sourcils en voyant le manque de réaction d'Eliane. Que se passait-il ? C'est alors qu'il la vit doucement basculer de son balai, lâchant le vif d'or, sous les yeux horrifiés de toutes les personnes présentes. Sans même se poser de question, Walker fonça au plus vite vers son amie qui tombait dans le vide. Il se fit alors devancer par une personne qui la rattrapa de justesse et dont il n'aurait jamais cru capable de faire un tel geste ! Spencer tenait dès à présent Eliane dans ses bras, totalement inconsciente, et remarqua une tache de sang en train de se former sur sa robe au niveau de ses cuisses. Serait-il possible que… Les yeux de la blonde s'ouvrirent en grand devant l'hypothèse qui faisait son chemin dans son esprit. Merlin, il fallait faire vite, elle était en train de faire une hémorragie !

« Merci de l'avoir rattrapée…

- Pas le temps de discuter ! le coupa-t-elle. Elle est en train de perdre du sang, déclara sèchement Tracy en la posant dans les bras de John. Cette folle a fait du sport dans son état ! Il faut que tu l'accompagnes à l'infirmerie où elle risque de perdre son bébé.

Un bloc de glace tomba aussitôt dans les entrailles de John, dont son visage reflétait toute sa surprise et le choc de l'annonce. Enceinte ? Eliane ? Comment était-ce possible ? Il n'avait rien remarqué, rien vu ! Il posa son regard sur le corps inanimé de son amie. Sans plus de commodité et de réflexion, il porta Eliane d'un seul bras, la maintenant de toutes ses forces contre lui puis accéléra de tout son possible pour arriver au plus vite vers l'infirmerie. C'était le seul moyen qu'il avait trouvé à pied, cela aurait été trop long tandis qu'en balai, il avait encore une chance d'arriver à temps ! Il le devait ! Il y arriverait ! Comment avait-elle pu lui cacher son état ? Était-elle inconsciente d'avoir pratiqué du Quiddicth en étant enceinte ? Il est vrai qu'ils n'avaient pas de remplaçant en tant qu'attrapeur et qu'ils auraient sans aucun doute perdu le match, mais cela ne valait pas sa santé ! Idiote ! Il entra alors dans le château, se moquant irrespectueusement du règlement à l'heure qu'il était. Il parcourut en balai les couloirs menant à l'infirmerie qu'il finit par entrevoir à son plus grand soulagement. Il pénétra dans la pièce, alertant Mme Pomfresh par tout le boucan infernal qu'il avait fait en stoppant sa course.

« M. Walker ! Qu'est-ce que c'est que tout ce remue-ménage ? Et entrer dans mon infirmerie sur un…Oh par Morgane ! s'écria la sorcière en voyant l'état de sa jeune élève. Posez-la sur le lit, vite ! »

Essoufflé, John ne se fit pas prier en déposant Eliane sur la couchette. Il ne put détacher son regard de la robe qui semblait se colorer d'un rouge carmin. Quelle victoire amère. Il aurait préféré perdre le match plutôt que de voir sa meilleure amie perdre son enfant. Il expliqua rapidement la situation à l'infirmière qui le vira littéralement de son lieu de travail, tout en s'agitant autour de sa patiente. Il referma les portes, se laissant glisser le long du mur, une main dans ses cheveux. Merlin qu'elle sauve ce bébé. Pourvu qu'il soit arrivé à temps ! Il entendit des pas précipités arriver dans sa direction qui n'était autre que ceux de Sirius Black, de Remus Lupin et de sa femme. Qu'allait-il leur dire, surtout au compagnon d'Eliane ? Le savait-il ? Au vu de son air perdu, ça ne devait pas être le cas. Super ! C'est lui qui allait devoir s'y coller. Il soupira profondément tout en se levant puis se dirigea vers Black, le prenant quelque peu à l'écart. Il eut à peine le temps de dire quoi que ce soit que Sirius demanda :

« Comment va-t-elle ? Que lui est-il arrivé ? s'enquit le principal concerné totalement inquiet et affolé.

- Elle perdait du sang, beaucoup, confia John ne sachant trop comment s'y prendre pour lui annoncer la nouvelle.

- Du sang ? Elle est blessée ? interrogea Padfoot, nageant en pleine incompréhension.

- Non, enfin pas de cette manière. Eliane faisait une hémorragie. Elle… Apparemment, elle atteindrait un enfant. Votre enfant, précisa John en relevant la tête pour croiser la mine ébahie de son interlocuteur. »

Eliane était enceinte de lui ? Comment était ce possible ? Elle ne lui avait rien dit et ils s'étaient protégés… Sauf lors de sa première fois. Il grimaça légèrement à cette pensée, ne réalisant pas complètement la nouvelle. Il comprenait un peu mieux son ami Remus quand sa cousine lui avait aussi annoncé qu'elle était enceinte. Oh bien sûr, il avait toujours rêvé d'être père ! Seulement, il ne s'y était jamais réellement préparé et surtout aussi tôt. Serait-il un bon père ? Y arriverait-il ? Saurait-il donner l'amour dont avait besoin un enfant alors que lui-même n'y avait jamais goûté ? Et s'il reproduisait les mêmes erreurs que ses parents ? S'il venait à être aussi mauvais qu'eux ? À faire des erreurs ? Il sentit une main compatissante se poser sur son épaule qu'il reconnut en Remus. Il se retourna vers lui puis souffla :

« Tu le savais ? »

Pour seule réponse, Lupin hocha de la tête en ajoutant :

« Nous l'avons appris il y a deux semaines. Elle ne savait pas comment te l'annoncer et je t'avoue qu'elle a eu des difficultés à digérer la nouvelle. »

Il est vrai qu'Eliane était jeune et la connaissant, elle avait dû être déstabilisée. Était-elle aussi anxieuse que lui ? À cette pensée, un fin sourire s'installa sur ses lèvres, sourire qui se fana bien vite en pensant que peut-être elle allait perdre le bébé. Il voulut entrer dans le lieu médical, mais fut aussitôt empêché par Remus et John qui secouèrent la tête. Il valait mieux laisser faire l'infirmière et lui accorder une totale confiance. C'est ainsi qu'ils attendirent, encore et encore. Quelques minutes plus tard, ils furent rejoints par Joanne, Ambre et Laura qui demandèrent des explications et quelle ne fut pas leur réaction surprise en apprenant que leur amie attendait un enfant. Joanne intercepta alors le regard moqueur de John dont les lèvres se retroussèrent en un rictus.

« Qu'est-ce que tu as à rire ? Tu crois que c'est peut-être le moment ? cingla Jo.

- Ai-je bien entendu ? ricana Walker tandis que les autres observaient la scène tel un match de tennis. C'est toi qui oses me faire des leçons de morale après avoir lâchement abandonné Eliane alors que tu as critiqué sa relation avec Sirius ? Le vent tourne, tu es une véritable girouette finalement, déclara sereinement John en la foudroyant du regard.

- Ah oui ? Si moi je suis une girouette, toi tu es un lapin en chaleur qui saute sur tout ce qui bouge, siffla Joanne les yeux plus noirs que jamais. Tu n'es qu'un coureur de jupon et un beau parleur !

- Et alors ? J'en ai le droit, n'oublie pas que la place est libre, dit-il en s'avançant vers elle. À moins que tu ne souhaites la récupérer, souffla-t-il au creux de son oreille en passant à côté d'elle. Jalouse ? ajouta John en se retournant vers Salder, d'un regard provocant. »

Prise d'une bouffée de colère, elle leva la main pour qu'elle s'abatte sur sa joue, sauf qu'il l'en arrêta avant, puis décréta :

« Cela suffit. À croire que tu aimes te donner en spectacle ! J'en ai soupé de ton impulsivité et ton sale caractère ! Tu n'as que ce que tu mérites. Je couche et j'embrasse qui je veux et j'en ai que faire de ta jalousie. Je ne t'appartiens pas comme bon te semble ! cracha-t-il avec véracité. Nous n'avons plus rien à nous dire. Nos chemins se séparent ici. Ignore-moi à l'avenir et j'en ferai de même, prononça-t-il en lâchant sa main. »

Les lèvres de Joanne se mirent dangereusement à trembler tandis que ses yeux brillaient étrangement. Avant qu'Ambre n'ait pu aller à son encontre, Salder s'enfuit en courant dans le couloir. Elle était humiliée et blessée comme jamais ! Son cœur tombait en lambeaux. Elle n'avait plus rien à espérer de lui, rien. C'était réellement fini. Au même moment, Corvalis s'avança vers John et lui dit :

« Tu as été dur avec elle ! Comment as-tu pu lui parler ainsi ?

- Comme vous avez pu le faire avec Eliane, répliqua le Serdaigle en colère.

- Elle regrette sincèrement et moi aussi, confia Ambre en soutenant son regard.

- Contrairement à Eliane, je suis rancunier. Si elle veut se faire pardonner de son attitude, elle n'a qu'à agir au lieu de pleurnicher sur son triste sort, déclara-t-il.

- Écoutez, je crois que ce n'est pas le moment de se disputer. Vous agissez bêtement et vous êtes sur les nerfs à cause de l'état de santé d'Eliane, comme nous tous ici d'ailleurs. Alors calmez-vous et comportez-vous en adultes et non comme des gamins, prononça Laura sagement. »

Cette phrase eut l'effet escompté et la tension qui régnait dans l'air sembla s'apaiser un peu, sous les soupirs des trois autres sorciers. Au bout de plusieurs heures qui parurent interminables, les portes de l'infirmerie s'ouvrirent sur Mme Pomfresh, assommée par mille et une questions à la fois. Elle finit par réussir à déclarer :

« Elle va bien, elle se repose pour l'instant. Quant à l'enfant, j'ai réussi à le sauver. Cependant, il lui faut le repos le plus complet, aucun stress supplémentaire. Votre amie a eu beaucoup de chance, la tenter une nouvelle fois serait dangereux ! décréta la sorcière d'un ton irrévocable. Je vous autorise à la voir, mais une seule personne et juste pendant une dizaine de minutes, pas plus !

Tout le monde se tourna vers Sirius qui n'hésita pas un seul instant pour pénétrer dans la pièce puis se diriger vers le lit qui était entouré d'un paravent. Le cœur battant, il ouvrit le rideau blanc qui l'entourait puis la découvrit allongée, les cheveux éparpillés autour d'elle sur l'oreiller telle une auréole. Son teint était affreusement pâle et les traits de son visage tirés comme jamais. Il avança d'un pas léger, prenant place sur le rebord de la couchette, l'observant sous toutes les coutures, tandis que ses yeux s'arrêtèrent sur son ventre. Un ventre encore plat, mais qui prochainement allait grossir. Il leva une main tremblante vers celui-ci pour s'arrêter en plein milieu du trajet. Père, il allait être père. Serait-ce une fille ou un garçon ? Il fut alors sorti de ses songes par la voix faible de sa fiancée :

« Tu peux le toucher, réussit-elle à dire. »

Pour simple réponse, il hocha la tête, ne sachant que dire d'autre. Il finit par poser sa main sur son ventre qu'il caressa d'un pouce. Sirius reporta son attention sur Eliane qui tentait de ne pas fermer les yeux par la fatigue.

« Je suis désolée de ne pas l'avoir dit. Je… Je ne voulais pas le perdre. Je…

- Chut, intima Black en posant un doigt sur sa bouche. Ce n'est pas grave. Le plus important, c'est que tu ailles bien maintenant, toi et le bébé.

- Es-tu en colère ? s'enquit Eliane.

- Non, juste surpris et anxieux, assura-t-il avec un demi-sourire.

- Moi aussi, j'ai peur, confia-t-elle en fermant les yeux. J'ai peur.

- Mais nous sommes deux, la rassura son compagnon en s'approchant d'elle. Nous allons très bien nous en sortir.

- Tu crois, murmura-t-elle, la voix tremblante.

- Bien sûr, parce que nous nous aimons, confia Padfoot en déposant ses lèvres sur les siennes comme pour sceller ses propos. »

Il se recula un peu et s'aperçut qu'elle s'était endormie. Il caressa ses joues, attendri et rassuré de ne pas être le seul à avoir peur. Pour l'instant, il ne réalisait pas encore pleinement la situation et il ne sautait pas non plus de joie jusqu'au plafond. Cependant, au plus profond de son cœur, c'était quelque chose dont il avait toujours rêvé. Quelque chose de doux et de chaud. Une famille. Sa femme et ses enfants. Oui, prochainement, ils seraient tous les deux heureux et comblés par cet enfant, même si pour le moment ce n'était pas encore le cas. Ils avaient juste besoin d'un peu de temps. Merlin que ça faisait du bien de l'avoir à ses côtés, de la toucher, l'embrasser, la voir. Elle lui avait terriblement manqué. Il avait rêvé de cet instant jour et nuit. Plus que deux petites semaines et ils seraient enfin réunis pour toujours.

Durant ce temps-là, la directrice était venue s'enquérir des nouvelles de sa jeune élève auprès de l'infirmière. Rassurée et heureuse qu'il n'y ait aucun dommage, elle soupira de soulagement tandis qu'elle se tourna vers John et dit d'un ton qui se voulait sévère :

« Quant à vous jeune homme, vous avez défié outrageusement le règlement en volant avec votre balai dans le château !

- Mais…

- En plus avec votre statut de préfèt-en-chef ! le coupa-t-elle.

- Mais professeur…

- Pour cela, je vous accorde donc cent points pour votre présence d'esprit qui vous aura permis d'arriver à temps pour votre amie. Cependant, que cela ne se reproduise plus ! décréta-t-elle en partant vers son bureau, le sourire aux lèvres, sous la mine ahurie de Walker. »

Le Serdaigle jeta un coup d'œil à ses professeurs puis à ses amies qui haussèrent tout simplement des épaules. À quoi bon chercher à comprendre. Finalement, la journée ne se finissait pas si mal.

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À quelques mètres plus loin, dans les vestiaires des Gryffondors, seule restait Tracy en train de se changer. Son équipe avait perdu, ses coéquipiers étaient plus que jamais dépités et elle se sentait coupable de ne pas avoir réussi à attraper le vif d'or. Tout était de sa faute. Cependant, elle se devait le reconnaître, West était de loin la meilleure. La victoire leur revenait de droit. Une grimace apparut sur son visage en repensant au sauvetage auquel elle avait participé. Tracy ne savait pas pourquoi elle avait rattrapé Eliane dans sa chute, mais quand elle l'avait vue tomber, elle ne s'était pas posé de questions : elle devait la rattraper coûte que coûte. C'était étrange… Elle n'avait jamais ressenti ça auparavant, le besoin de protéger, aider une personne ou plutôt si, mais cela remontait à des années, quand elle n'était encore qu'une enfant remplie de rêves, croyant aux contes de fées et aux princes charmants.

Quelle triste désillusion cela avait été quand elle avait compris que tout cela n'existait pas. La bulle dans laquelle elle vivait s'était soudainement brisée peu de temps avant son entrée à Poudlard. Ses parents n'avaient jamais été présents pour elle, pas autant qu'elle l'aurait voulu. Cependant, il y avait sa voisine qu'elle aimait comme une grande sœur. Une voisine qui lui avait donné le goût de la médecine, qui s'était occupée d'elle cette même voisine qui avait péri d'une maladie incurable. La vie était injuste, cruelle. Elle s'était sentie désemparée, perdant la seule personne qui l'avait aimée et pris soin d'elle comme une mère avec son enfant. Elle avait maudit Dieu, la vie, le destin et elle avait compris que la vie n'avait rien d'un conte de fées. À sa mort, elle était plus que jamais seule, un elfe s'occupant d'elle. Plus les jours passaient, plus elle devenait aigrie, perdant peu à peu son âme d'enfant, jalousant, haïssant tous ceux qui étaient entourés d'amis et qui goûtaient au bonheur alors qu'elle était seule. Désespérément seule. Les enfants dans le quartier ne l'avaient jamais appréciée, trop étrange ou bizarre à leur goût. Il est vrai qu'à cette époque il lui arrivait de faire de la magie accidentelle. Elle aurait aimé que tout soit différent, mais avec des « si », on pouvait refaire le monde et ressasser le passé n'avait rien de bon.

Aujourd'hui, elle se rendait compte à quel point elle avait été dans l'erreur depuis le début. Quand elle avait sauvé Eliane, elle s'était sentie bien, un sentiment de joie d'avoir accompli une bonne action. La haine et la jalousie ne résolvaient aucun problème. Au contraire, ça n'avait fait que la détruire, elle et son entourage. Si elle voulait être heureuse et goûter au bonheur comme les autres, c'était à elle de le construire par ses propres choix et actions. Elle ne devait pas subir le destin, elle devait le créer et aller de l'avant.

Peut-être pourrait-elle commencer cette nouvelle résolution en allant prendre des nouvelles de West et se faire pardonner pour le mal qu'elle avait pu lui faire. Dans tous les cas, si elle était enceinte comme elle l'avait supposé, Tracy espérait qu'Eliane n'avait pas perdu l'enfant. Tout en soupirant profondément, refermant la porte de son cassier, elle entendit la porte du vestiaire s'ouvrir en un grincement. La jeune fille se retourna et vit dans le contre-jour, une personne dont elle ne se serait jamais attendue de voir ici :

« Éric, souffla-t-elle. »

Le concerné referma la porte derrière lui, puis marcha vers Spencer qui n'osait pas bouger, de peur que tout cela ne soit qu'un rêve. Seulement, une fois en face d'elle, elle pouvait sentir sa respiration tellement ils étaient près. Il n'avait pas changé, toujours le même, et son cœur ne cessait de faire des triples sauts dans sa cage thoracique. Elle était irrévocablement amoureuse de lui. Pourquoi était-il venu ici ? Que lui voulait-il ?

« Tu as été remarquable aujourd'hui, dit-il en la regardant droit dans les yeux.

- Tu te moques de moi, répondit-elle, méfiante. Nous avons perdu aux dernières nouvelles.

- En effet, mais le geste que tu as fait envers Eliane West est sûrement encore plus magnifique qu'une victoire, déclara-t-il en tendant une main vers son visage pour attraper une mèche de ses longs cheveux qu'il enroula autour de son doigt.

- Ne joue pas avec moi, murmura Tracy, la voix étrangement douloureuse, fermant les yeux. Pourquoi es-tu venu ?

- Tu me manques, avoua-t-il. »

À cette simple phrase, elle se recula brusquement puis se retourna, enfonçant ses ongles dans la paume de ses mains. Comment pouvait-il venir ainsi et lui dire une telle chose comme si cela était normal ? Elle ne comprenait pas. Que cherchait-il ? À la faire souffrir ? Il connaissait ses sentiments à son égard, il devait savoir que de tels propos n'étaient pas des plus innocents dans cette circonstance. Que devait-elle faire ?

« Que me veux-tu ? demanda-t-elle sans oser se retourner.

- Redevenons amis, prononça-t-il. Je sais ce que tu ressens pour moi et ce que je te demande est tout simplement égoïste puisque tu vas en souffrir. Cependant, nos discussions et ta présence me manquent. Tu as changé Tracy. Ce que tu as pu faire aujourd'hui le prouve et même si ces derniers jours ton comportement m'a profondément déçu, j'ai ma part de responsabilité. Je sais que tu as agi ainsi parce que tu souffrais. Je suis désolé, je ne voulais pas te faire de mal même si cela ne pouvait être inévitable. Tracy… »

La concernée se retourna doucement et Carter vit son visage ravagé par les larmes. Avant qu'il n'ait pu dire quoi que ce soit, elle se jeta littéralement dans ses bras. Il n'aurait pas cru qu'il déclencherait une telle réaction. Il ne l'avait jamais vue pleurer. Il avait vraiment l'impression, à cet instant, qu'elle était fragile. Il savait qu'au fond, sous ses airs de pimbêche, elle était tout autre. Il fallait juste apprendre à la connaître. Il referma peu à peu ses bras autour de sa taille, une main caressant ses cheveux. Étrangement, cette embrassade le réconforta énormément. Était-ce normal qu'elle lui manque autant ? Peu importe, il l'avait récupérée et il ne comptait pas la perdre une seconde fois. Il resterait à ses côtés autant qu'elle le lui permettrait. Au fond, il s'était fait prendre à son propre piège, un piège qui allait se refermer peu à peu sur lui, les menant vers un avenir bien flou et instable.


Et voila pour ce nouveau chapitre, assez long en soi : 12 pages Word. J'espère que vous aurez aimé. Comme vous avez pu le voir, entre Tracy et Éric

, la fin est assez floue et ça restera ainsi. Je vous laisse le libre arbitre de vous imaginer la suite. Deviendront-ils plus que des amis ou leur relation restera-t-elle ainsi ? Et voila, Sirius va être papa, xd. En espérant que sa réaction aura convenu à tous je voulais changer un peu du refrain habituel où le père saute de joie au plafond, embrassant sa fiancée et tout. Sirius ayant vécu un peu le même traumatisme qu'Eliane (manque d'amour de ses parents), je pense qu'il est normal qu'il soit tout aussi angoissé à l'idée d'avoir cet enfant. Certaines personnes m'ont dit que ce serait mieux qu'elle avorte parce qu'elle est jeune. Il est vrai qu'elle n'était qu'au début de sa grossesse et elle aurait pu.

Mais je vais juste dire quelque chose : l'âge ne veut rien dire. On peut avoir l'âge d'Eliane et élever un enfant en étant une bonne mère ou avoir un enfant à 30 ans et au final ne pas prendre ses responsabilités envers lui. Après tout, l'âge n'est-il pas un sujet sensible dans mon histoire : la relation Sirius/Eliane avec la différence énorme d'âge et maintenant l'enfant. Mais cela a-t-il vraiment de l'importance ?

Sinon, pour John et Joanne, ils vont se remettre ensemble même si ça semble mal parti. Au prochain chapitre, réconciliation du trio, examens, Ambre/Laura et Sirius/Eliane.

Ce sera l'avant-dernier chapitre, ensuite Épilogue.

Merci de vos commentaires !