Chapitre 5 : St Mangouste
Fin Février 1982.
Elle était de nouveau assisse dans ce cabinet qu'elle commençait à trop bien connaître et surtout qu'elle avait apprit à détester avec le temps.
Combien de fois s'était-elle rendue ici dans l'espoir qu'on lui annonce une bonne nouvelle ?
Combien de fois en était-elle ressortit les larmes aux yeux, esseulée et désespérée qu'on lui trouve un remède ?
Elle ne les comptait plus et ne souhaitait plus le faire.
C'était juste trop difficile, trop douloureux.
Elle savait pertinemment que cette visite routinière était totalement inutile, que cela ne changerait plus rien dans sa vie, mais les guérisseurs souhaitaient encore la voir, l'ausculter. Euphémia tout ce qu'elle voyait c'était qu'elle leur faisait un parfait cobaye pour leurs essais de potions, de baumes, de sortilèges en tout genre qui ne fonctionnaient pas. Elle vit alors Miriam Strout rentrer dans la salle, armée de sa baguette et de son indéfectible sourire.
« Miss Smith, comment allez vous depuis votre dernière visite ? s'enquit la sorcière en s'asseyant en face de sa patiente qui soupira.
- Bien, rien n'a changé, déclara la jeune femme en haussant des épaules.
- Je vois, souffla-t-elle en prenant les avant bras de sa patiente qui étaient comme au premier jour de sa venue ici. Je suppose qu'il en est de même pour les membres inférieurs, constata-t-elle quelque peu abattue.»
Smith dût se retenir de lancer une pique sarcastique au commentaire du guérisseur. Non, elle ne voyait rien, tout cela commençait à terriblement l'agacer. Elle avait subit une malédiction irréversible, quant est-ce qu'ils allaient l'admettre et enfin la laisser en paix ?
« Peut-être pourrions-nous essayer un autre baume en mettant de…
- Non, la coupa Euphémia en reprenant ses bras dont elle redescendit les manches. C'est finit ! trancha la jeune femme en se relevant.
- Miss, ne vous braquez pas ainsi, il est difficile pour nous de trouver quelque chose qui pourrait contrer ce genre d'objet maudit mais, avec du temps et de la…
- Du temps ? répéta-t-elle en se pinçant les lèvres. Cela fait neuf mois, neuf mois que je viens ici, chaque lundi, vous laissant faire pour au final me retrouver toujours dans la même situation ! Il vous faut combien de mois supplémentaires ? Un ? Deux ? Trois mois ? Prenez-vous du plaisir à me faire espérer ?
- Ecoutez, je sais que c'est difficile, tenta d'apaiser la sorcière, mais…
- Non, prononça à nouveau Euphémia la mine basse. Je ne reviendrais plus, j'ai compris qu'il était inutile d'espérer quoi que ce soit, je dois seulement admettre que cela ne partira jamais, un point c'est tout, déclara-t-elle en relevant la tête, le visage déterminé. Merci pour votre travail et bonne continuation à vous.
- Miss ! MISS SMITH ! la rappela Miriam Strout en vain, la porte claquant derrière la jeune femme. »
La main tremblante, elle posa ses doigts sur le haut de l'arrête de son nez tout en fermant les yeux. Elle avait mal à la tête. Elle expira profondément comme pour relâcher la pression sur ses épaules et la détresse qui l'accablait. Une fois fait, elle regarda aussitôt si ses manches longues étaient bien replacées avant de reprendre sa route vers les escaliers menant au rez-de-chaussée. Elle descendit aussi rapidement que possible les marches, sans faire attention à ce qui l'entourait pour finalement percuter violemment une personne.
En quelques secondes, elle se retrouva assise dans l'escalier, son dos et bassin ayant tapés contre le rebord des marches. Euphémia ferma les yeux puis grimaça en sentant la douleur affluer dans son corps avant de ré-ouvrir ses paupières en ayant entendu une voix masculine qu'elle reconnut rapidement
« Euphie ? Est-ce que ça va ? »
Remus.
Il était là, devant elle, dans le pire moment possible. Elle n'aurait jamais voulu qu'il la croise ici, surtout depuis leur dernière rencontre qui avait mal finit. Depuis, ils ne s'étaient pas revus. Elle avait pensé qu'elle ne le reverrait plus, ce dont elle aurait parfaitement compris, au vu de la manière dont elle l'avait éjecté de chez elle.
Néanmoins, malgré cela, il lui tendait sa main, tout en la regardant avec cette lueur inquiète dans ces yeux ambrés. Que pouvait-elle lui répondre ? Oui bien sûr, elle avait un peu mal, mais un peu plus ou un peu moins, qu'est-ce que cela changeait ? Elle commençait à avoir l'habitude. Cependant, prenant une nouvelle fois sur elle, Euphémia lui lança un sourire qui se voulut rassurant tout en répondant
« Merci Remus, je suis désolée, je ne regardais pas où j'allais, ça devrait aller.
- Vraiment ? insista-t-il à nouveau en ne la lâchant pas des yeux. »
Elle déglutit passablement, se sentant acculée par son regard si inquisiteur et sincère. Il savait, elle le sentait, il savait qu'elle mentait. Non, bien entendu que ça n'allait pas, rien n'allait, mais elle n'allait pas le lui dire de but en blanc au risque de se sentir idiote. Hors, elle ne voulait surtout pas paraître stupide à ces yeux.
« Je pense que oui, dit-elle en prenant sa main pour l'aider à se relever. »
La jeune Smith remarqua alors qu'il garda sa main un peu plus longuement que nécessaire dans la sienne. Au vu du regard interrogateur qu'elle lui lança, il finit par lâcher sa main, déclenchant un rougissement chez les deux comparses.
Remus était surprit de la voir ici, il ne se serait jamais attendu à la voir à St Mangouste, surtout en train de descendre du quatrième étage à cette vitesse comme-ci elle cherchait quelque chose ou quelqu'un à fuir ? Que faisait-elle ici ? Et à cet étage qui traitait des pathologies liés aux sortilèges ? Il n'osa pas le lui demander, n'étant pas certain par l'accueil de sa question qui serait sans doute de nouveau intrusive. Alors, une nouvelle fois, il la détailla, elle était pâle et paraissait exténuée, voir amaigrit ? Elle n'avait pas une mine indiquant la meilleure des santés possible.
« Que fais-tu ici ? demanda-t-elle pour essayer de rompre ce silence qu'elle trouvait pesant.
- Eh bien, j'ai un rendez vous au cinquième étage pour un possible entretien d'embauche, l'informa-t-il en continuant de la regarder. Désolé, de me montrer aussi insistant, mais tu es certaine que ça va ?
- Oui, oui, assura-t-elle précipitamment en passant une main fébrile dans ses cheveux. Va vite à ton entretien, nous aurons tous le temps de parler plus tard, bonne journée Remus, dit-elle en lui lançant un petit signe de la main et un sourire peu convaincant. »
Lupin l'observa reprendre sa descente des marches beaucoup moins vive que tout à l'heure tandis qu'il lança un regard vers le cinquième étage qui l'attendait. Pouvait-il réellement la laisser repartir ainsi malgré son entretien ? Non, non, surtout pas après leur dernière conversation, il devait lui parler, essayer de l'inviter au restaurant pour se faire pardonner comme le lui avait signifié Sirius, même s'il avait cette douce sensation de se faire un peu piéger par ses amis d'enfances.
Au diable cet entretien qui ne mènerait sans doute à rien, pour ne pas changer ! Il pivota alors sur lui-même, prêt à descendre les escaliers pour y rattraper la jeune femme qui avait déjà atteint le rez-de-chaussée et la sortie de l'hôpital. Il réussit à atteindre les portes avant qu'elles ne se referment et ne lui fasse perdre plus de temps, quand soudain il la vit s'arrêter subitement dans sa marche, restant stoïque en plein milieu de la rue.
Il ne lui fallut que quelques secondes pour poser sa main sur son épaule en l'appelant par son prénom sans aucune réaction de sa part. Trouvant cela étrange, il la contourna pour la voir plus pâle que jamais, semblant mal pour au final la voir fermer brutalement ces yeux et s'affaisser sur elle-même. Heureusement, ses reflexes de loup-garou l'aidèrent en la rattrapant in-extremis avant qu'elle n'atteigne lourdement le sol de la rue piétonne.
« Euphémia ? Euphémia ? L'appela-t-il en la secouant de plus en plus fort mais rien. »
Devait-il retourner à St-Mangouste en sachant qu'elle en sortait à peine et semblait vouloir fuir le lieu ? Sans réfléchir plus longtemps au risque de s'attirer les regards curieux des passants et les questions singulières, il la prise dans ses bras, se dirigea dans le recoin d'une petite ruelle, jetant un dernier coup d'œil autour de lui pour transplaner directement chez elle.
Il se retrouva à nouveau dans le salon toujours aussi bien rangé, il se rendit alors dans le couloir de l'entrée pour chercher la chambre qu'il trouva aussitôt, allongeant la jeune femme dans son lit. Il passa une main précipitée sur son visage puis dans ses cheveux, réfléchissant à quoi faire. Il prit sa température qui paraissait correcte, cela effaçait donc toutes infections, quand un doute s'infiltra en lui tel un venin au souvenir qu'il avait d'elle ce matin. Il s'en alla de la chambre et regarda l'état de la cuisine, très bien rangée au passage, peut-être trop même ? Il se dirigea vers le réfrigérateur qui semblait bien vide. Il fouilla dans les placards qui ne débordaient pas de victuailles. Doux merlin, mangeait-elle correctement ? Et si non, de quand datait son dernier repas ?
Remus retourna à son chevet, observant son teint pale, ses yeux scrutèrent un peu plus en détail la pièce, apercevant à nouveau les quelques cadres photos de ces parents qui trônaient ici et là. Il se dirigea vers la salle de bain en quête d'indice plus probant et y découvrit des fioles de potions vides, certaines avec des étiquettes indiquant des potions de sommeil sans rêves, d'autres sans, ayant pour seule mention le nom du guérisseur et le nom de l'hôpital de St Mangouste.
C'est bien ce qu'il avait cru comprendre, elle venait se faire soigner là-bas, aujourd'hui, curieusement il était lundi, son jour de repos. Il comprenait mieux ces paroles de la dernière fois. Inspirant à nouveau, il lui jeta un dernier regard avant de décider d'aller faire des courses pour préparer un repas. Il était évident que son malaise n'était dû qu'à la fatigue et sans doute au manque de nourriture ingérée.
Sans tarder, il sortit de l'appartement pour se rendre au village de Pré-au-Lard faire quelques provisions, il ne s'attarda pas, faisant au plus rapide afin de rentrer le plus vite possible, n'étant pas rassuré de la laisser seule. A son retour, l'appartement fût toujours aussi calme, ne signalant pas de présence. Il déposa les courses dans la cuisine puis retourna dans sa chambre.
Elle était toujours dans son lit mais en position fœtale, lui tournant le dos. Il s'approcha alors, discrètement puis fronça des sourcils en l'apercevant murmurer des choses incompréhensibles, au début, puis sa voix commença à prendre forme pour finalement s'élever de plus en plus.
« Ne touchez pas à mes parents…pas eux… ne leurs faites pas de mal…Pitié…PAPA !
- Euphémia, l'appela Remus en posant une main sur son avant bras qui déclencha une panique terrible chez son amie.
- Non ! Non ! NON ! Je ne sais pas ! Je ne sais pas où ils sont ! Je ne sais rien ! LAISSEZ-MOI PARTIR ! Cria-t-elle en se crispant de plus en plus avant qu'elle ne hurle, encore et encore.
- EUPHIE ! l'appela de nouveau Lupin plus fermement en s'asseyant sur le rebord du lit, désemparé de la voir encore en proie à ces mauvais souvenirs.
- ARRÊTEZ ! QUE CELA CESSE ! ARRÊTEZ !
- EUPHEMIA ! hurla Moony en posant deux mains sur ces épaules pour la secouer et la tirer de son mauvais rêve. »
La concernée se réveilla en sursaut, hagard, le front en nage, observant tout autour d'elle, crispée, tendue comme un arc avant de sentir deux bras s'enrouler chaleureusement autour d'elle et une voix lui murmurer à l'oreille :
« C'est bon Euphie, c'est bon, je suis là, je te tiens, je te tiens, tu es en sécurité ici…
- Remus ? l'entendit-il prononcer d'une voix enrouée et encore rauque par ses hurlements stridents.
- Oui, c'est moi, tu es en sûreté ici, c'était un mauvais rêve, l'apaisa-t-il en n'arrivant pas à la lâcher, peut-être pour se rassurer lui-même. »
Il pouvait sentir ces doigts s'accrocher à sa chemise, son nez dans son cou tandis que son souffle chatouillait par moment sa peau. Il pouvait encore entendre ces hurlements déchirer le silence, transpercer ses tympans, le faire frissonner de terreur. Que lui avaient-ils fait ? Quel genre de torture avaient-ils pu effectuer sur elle ? Il savait que les Mangemorts étaient sans pitié, certains d'entre eux s'amusant avec leur victime avant de les tuer. Seulement là, à l'entendre murmurer, les supplier, merlin, comment n'avaient-ils pas pu s'arrêter ?
« Euphie, as-tu mangé ce matin ? lui demanda-t-il en la sentant toujours collée contre lui, son odeur le perturbant plus que nécessaire alors que la pleine lune venait de passer.
- Non, souffla-t-elle.
- Et hier soir ? ajouta Remus en y allant prudemment tandis qu'il la sentit se tendre à cette nouvelle question. »
Il y eut un long moment avant qu'elle secoue la tête contre son torse. C'était déjà un premier pas, il ne se faisait pas envoyer sur les roses comme la dernière fois. Peut-être que Lily avait raison ? Peut-être lui faisait-elle réellement confiance ? Enhardit par cette prise de conscience, il essaya alors d'aller plus loin dans ses questions tout en restant prudent.
« Et, ton dernier repas, remonte à quand ? »
A nouveau, un long moment de silence s'installa avant qu'il ne l'entende murmurer
« Samedi matin. »
Il avait donc raison, manger n'était pas son fort, plus les potions qu'elle buvait pour contrer ces mauvais rêves, cela ne l'aidait pas à reprendre des forces.
« Tu sais pourquoi tu es là ? Tu t'en rappelles ? lui demanda-t-il en n'arrivant toujours pas à voir son visage.
- Je, j'avais des vertiges ce matin et mal à la tête, je me suis sentie faible, d'un seul coup, je t'ai entendu puis plus rien, raconta-t-elle. Je me suis évanouie, dit-elle plus comme une constatation qu'une question.
- Oui, je t'ai rattrapé et emmené ici, exposa Remus en reculant légèrement, à contre cœur. Comment-tu te sens, hormis le cauchemar, précisa-t-il en apercevant son visage blême et torturée.
- Je, vaseuse, avoua-t-elle à demi-mot en détournant la tête.
- Je vais te préparer un repas, reste ici, je reviens, déclara Lupin en se relevant alors qu'il sentit la main d'Euphémia se refermer sur son pantalon. »
Il se retourna et la vit assise dans le lit, la tête basse, se mordant les lèvres, paraissant bouleversée et surtout soucieuse.
« Tu, tu as entendu quoi ? lui demanda-t-elle inquiète. »
Que devait-il lui dire ? La vérité ou mentir ? La rassurer ou bien la tourmenter à nouveau par d'autres questions ?
« Je, commença-t-il en la voyant se contracter à nouveau comme-ci elle attendait le couperet final. »
Non, il ne devait pas lui mentir, la vérité attendrait, la tourmenter plus que nécessaire n'était pas le moment. Alors, il s'agenouilla à sa hauteur pour rencontrer ces yeux gris bleuté qui le mettaient à chaque fois en émoi.
« Qu'importe ce que j'ai pu entendre ou voir Euphie, cela ne changera jamais mon opinion sur toi, d'accord ? Tu es et resteras mon amie, quoi qu'il arrive, ajouta Remus en appuyant bien ses mots pour qu'elle se sente tranquilliser. »
Elle déglutit passablement en entendant ces paroles, elle croisa le regard ambré de son ami qui paraissait sûr de lui et loin d'être apeuré ou même dégoûté. Smith hocha la tête en signe d'affirmation, relâchant la pression autour de son pantalon pour finalement se rallonger dans son lit.
« Je reviens, ne bouge pas, j'en ai pour quelques instants, la prévint-il avec douceur en disparaissant par l'encadrement de la porte. »
Son regard fixé sur la porte de sa chambre, elle ferma quelques secondes ses yeux, se sentant terriblement fatigué par son cauchemar qui lui donna à nouveau la chair de poule tout en poussant un gémissement plaintif aux douloureux souvenirs.
Remus avait raison, elle était en sécurité ici, elle n'était pas seule et quelque part sa présence l'apaisait énormément, plus qu'elle ne l'aurait cru. Sentir la chaleur de ces bras autour de son corps, sa voix et ces mains dans son dos, cela lui avait procuré du réconfort mais pas seulement, elle avait pu sentir son cœur s'emballer beaucoup plus qu'à l'ordinaire.
Elle n'était pas idiote, Euphémia sentait qu'elle était en train de s'attacher à lui. Elle lui faisait confiance, plus qu'à n'importe qui d'autre et en savoir les raisons, la terrifiait. Elle ne voulait pas cela, elle ne voulait pas sentir son cœur battre pour quelqu'un d'autre, elle ne le méritait pas. Elle ne voulait plus souffrir. Elle ne voulait plus ressentir ce vide en elle.
« Euphémia ? L'interpella-t-il debout avec un plateau chaud entre les mains tandis qu'il prit place sur le rebord du lit. »
La concernée ouvrit ses yeux sur Remus qui lui souriait avec tendresse tandis qu'il lui montra le plateau garni d'une soupe chaude, d'un verre d'eau et d'un morceau de chocolat. Elle se redressa contre le lit, prenant une position assise tandis qu'il lui glissa le plateau sur les genoux.
« Je ne te garantie pas que cela soit bon, mais cela te fera du bien, assura-t-il en la regardant prendre la cuillère qu'elle remplit de soupe pour ensuite la porter à sa bouche, soufflant légèrement dessus avant de l'engloutir. Alors ? demanda-t-il un peu anxieux de sa réponse.
- C'est délicieux Remus, je te remercie beaucoup, dit-elle en reprenant une autre cuillère tandis que le concerné ne put s'empêcher de rougir face à son compliment. »
Il ne pouvait cesser de la regarder dévorer son assiette de soupe, ses yeux fixant inlassablement sa bouche qui aspirait le liquide chaud. Quelque fois elle glissait sa langue sur le contour de ces lèvres avant de reprendre une autre cuillère et merlin, qu'est-ce qu'il aurait donné pour être cette fichue cuillère à soupe ! Se rendait-elle compte de l'érotisme qu'elle pouvait susciter à cet instant ? L'envie de lécher lui-même ces lèvres le tiraillait de pare en pare quand il fut détourné de ses songes par sa voix :
« Je m'excuse Remus.
- De quoi ? Tu n'as rien fait de…
- Non, je, tu as manqué ton entretien d'embauche par ma faute, n'est-ce pas ? se soucia-t-elle en fronçant des sourcils.
- Oh ça, émit-il en se sentant gêné. Oui, mais ce n'est pas grave, ta santé est plus importante, décréta-t-il.
- N'empêche que, je n'ai pas été très correcte avec toi la dernière fois et malgré cela, s'arrêta-t-elle en cherchant ses mots, merci beaucoup, d'être là, ajouta-t-elle en croisant son regard ambré.
- De rien Euphémia, c'est avec plaisir et j'ai ma part d'erreur, je n'aurais pas dû me montrer aussi insistant, je, je ne savais pas pour toi et ta famille, révéla Lupin embarrassé.
- Comment aurais-tu pu le savoir ? rétorqua-t-elle plus calmement. Je ne t'avais rien dit et, j'en parle très peu, mauvais souvenirs, avoua-t-elle en détournant les yeux.
- Oui je comprends, répondit Moony en hochant la tête, le souvenir de ces hurlements encore présent dans son esprit. »
Il put que laisser glisser ses yeux vers ces avants bras dissimulés par les manches longues, se faisant la réflexion qu'elle portait encore des collants, peut-être cachait-elle le même genre de chose que sur ces bras ? Il la vit alors prendre le morceau de chocolat qu'elle regarda quelques secondes avant de lui murmurer :
« Merci pour le chocolat, comment savais-tu que j'aimais cela ?
- Oh, peut-être parce que j'en suis tout autant accro et puis, le chocolat adoucit les mœurs, confia Remus en souriant. »
Pour seule réponse, elle hocha la tête avant de croquer dedans à pleine dent, le bruit cassant du chocolat résonnant dans la pièce. C'est alors qu'il vit une trace de chocolat non loin de ces lèvres, comme hypnotisé, il tendit sa main vers son visage, posant délicatement un doigt sur le coin de sa bouche, essuyant le chocolat avec une lenteur presque tortueuse. Elle plongea son regard gris-bleuté dans le sien, paraissant surprise mais se laissant faire, sentant son cœur battre à tour rompre. Il devait forcément l'entendre, c'était obligé, même-elle avait la sensation de n'entendre que ce bruit.
« Remus, souffla-t-elle.»
Elle le vit alors stopper dans son geste puis éloigner ces doigts d'elle, comme perdu dans ces pensées. Étrangement, un fois de plus, le voir s'écarter ainsi lui laissa une curieuse sensation qu'elle essaya d'ignorer. Alors qu'elle allait émettre une parole à son égard, elle fut coupée par la voix de son ami.
« Euphie, je sais tu ne sembles pas apprécier les fêtes, mais le 10 Mars prochain c'est mon anniversaire, est-ce que cela te dirait de venir chez moi ? Je ferais sans doute une petite fête avec Lily, James et Sirius, je, je serais ravi de t'y compter… »
Prise au dépourvue, elle ne put qu'émettre un « O », ne s'étant pas attendue à cela et à la fois touchée qu'il l'invite. Comment savait-il qu'elle n'appréciait pas les fêtes ? Est-ce que Lily lui aurait dit quelque chose ? Cependant, même si les anniversaires avaient tendance à lui remémorer de mauvais souvenirs, se rendre à celui de Remus, lui ferait énormément plaisir.
D'une pour le remercier pour tout ce qu'il avait fait pour elle.
De deux, pour lui offrir un cadeau comme il le méritait.
De trois, juste pour le revoir.
« Oui, répondit-elle en s'octroyant la surprise de Remus. Je viendrais avec grand plaisir. »
Peut-être était-il temps d'arriver à aller de l'avant ?
Peut-être que Lily avait raison ?
Peut-être devrait-elle cesser de vivre dans le passé et se tourner vers le futur ?
Si c'était le cas, peut-être que son futur était tout simplement devant elle…
Voilà pour ce nouveau chapitre qui vous permet d'en apprendre légèrement plus sur Euphémia dont le personnage s'approfondit au fur et à mesure qu'on avance. J'espère que vous commencez à apprécier votre héroïne ?
Avez vous aimez le rapprochement Remus et Euphie ? Remus qui l'invite à son anniversaire que croyez vous qu'il va se passer ? Surtout avec le couple Potter et Sirius dans les parages...
Remus va t-il enfin réussir à trouver un travail ?
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