Note d'auteur.

Bonjour, ça fait un moment !.

Cette fois, c'est un UA Zombie qui se base sur 3 personnages, et plus amplement sur 3 ships : Mika(yachi), Kuroo(Shou), et Oikawa(Iwa). Elle ne sera pas très longue, mais j'avais très envie de l'écrire alors pourquoi pas.

Il y aura 9 parties, trois sur chacun des personnages : 3 sur Mika, 3 sur Kuroo, 3 sur Oikawa. En alternant.

Je risque d'update une fois dans les neiges aha

Bonne lecture quand même !


MIKA (1)


Le canon de son arme sur l'épaule, Mika tourna la tête vers la seule et unique fenêtre de la pièce. De l'autre côté, la nuit était sombre et pleine d'étoiles ; elle soupira discrètement et profita pleinement de ce temps qui commençait doucement à se réchauffer.

Cette année, l'hiver avait été rude. La neige était restée plus d'un mois sur les routes, et les températures avaient largement dépassé la barre des moins dix degrés. À l'automne, Yachi avait insisté longuement afin qu'elles trouvent d'épais manteaux dans un centre commercial désaffecté. Au final, même ces vêtements n'avaient pas suffi, et elles étaient restées enfermées pendant un long moment dans l'ancienne chaufferie, à vivre sur leurs réserves.

Aujourd'hui, l'air était à nouveau respirable, et Mika avait supplié Yachi de reprendre les recherches.

— Mika..., entendit-elle.

Dans son sommeil, la jeune femme remua, et Mika retint son souffle. Les cheveux blonds et courts de Yachi glissèrent sur sa joue, ses sourcils se froncèrent, puis son souffle redevint calme. Comme si rien ne s'était passé, Mika l'observa un instant, puis détourna à nouveau les yeux vers l'extérieur, au-delà de la fenêtre entre-ouverte.

Elle devrait déjà être en train de nettoyer son arme, de la démonter pour astiquer chaque partie afin d'être certaine qu'elle ne s'enraille pas au mauvais moment. Que sa vie ne se termine pas simplement à cause d'un foutu canon mal astiqué.

Mais cette nuit, alors que son tour de garde ne se terminait que dans trois heures, elle préféra observer le ciel. Car il était beau, comme avant, calme et tranquille. À chaque fois, elle se souvenait des moments où son frère lui décrivait la Grande Ourse, ou encore quand il faisait semblant de voir une étoile filante pour la faire bouder.

Elle aimait se souvenir de sa chaleur, de son sourire, de sa moue irritée et de ces moments où elle le trouvait particulièrement emmerdant. Et même si elle finissait toujours par lâcher quelques larmes silencieuses, tant pis. Ça valait largement le coup.

Soudain, tout son corps se figea.

Yachi se retourna silencieusement dans son sommeil, mais Mika ne lui accorda qu'un coup d'œil inquiet. Rapidement, elle se redressa, attrapa fermement son fusil et balaya la rue du regard. À travers le verre plein de poussière, elle n'aperçut rien dans un premier temps. Mais ses oreilles ne la trompaient jamais : des grognements et des pas lents. Plusieurs, au moins trois, mais Mika n'en fut pas certain avant d'enfin les repérer.

Dans l'obscurité, sortant d'une ruelle étroite et longeant le trottoir recouvert de verdures et de fissures, quatre infectés se traînaient difficilement. Toujours en marche, ils erraient à la recherche de leurs prochains repas.

La main de Mika se resserra autour de son arme, et elle la place à autour, son œil en face de la lunette.

De près, ils étaient bien moins impressionnants. Ceux-là ne devaient pas s'être nourris depuis un moment, car ils paraissaient faibles et lents : l'un n'avait plus que la moitié de son crâne, et un autre marchait sur une jambe. Un soupir traversa ses lèvres, et elle abaissa son fusil.

Même si un zombie affamé pouvait toujours se montrer doucement, ce n'était rien ne plus qu'un groupe de rôdeurs. Ils disparurent bientôt au coin de la rue.

— Mika ? chuchota Yachi en se redressant sur sa couche.

La jeune femme se frotta les yeux et lui lança un regard curieux et légèrement inquiet.

— Il y a un problème ?

Mika lui sourit et secoua la tête.

— Rien du tout. Juste un groupe d'infectés, en contre-bas. Ils sont partis.

— Oh.

Elle hocha la tête, et regarda autour d'elle. Son regard fut attiré par l'extérieur, et Mika lui assura :

— Je gère. Repose-toi encore, c'est pas ton tour.

Ses cheveux châtains tombant sur son front, Mika eut envie de s'avancer un peu pour lui toucher la main. Pour poser ses doigts dans ses cheveux, pour frôler son front de ses lèvres et lui murmurer qu'elle pouvait dormir sur ses deux oreilles.

Mais à la place, Mika rougit légèrement et Yachi hocha la tête.

— D'accord. À tout à l'heure, alors.

La pièce redevint silencieuse.


Quand Mika apparut dans le dernier rayon du magasin, son fusil tendu devant elle et la mâchoire serrée, elle soupira de soulagement en constatant qu'il était exactement comme les autres : vide. Ses yeux vérifièrent une dernière fois qu'elle n'avait rien loupé, puis elle se tourna en direction de Yachi pour lui faire signe.

La jeune femme soupira de la même manière, puis leva son pouce en l'air. Elle l'a rejoint assez rapidement, engouffrée dans son grand manteau beige.

— Ça fait longtemps qu'on a croisé personne, lui dit-elle en arrivant devant Mika.

Elle rangea son petit pistolet.

— On a croisé trois infectés ce matin. Et deux ce midi, la contredit Mika en fronçant les sourcils.

Yachi secoua la tête.

— Non, de vraies gens. Tu sais, des vivants.

Elle lui fit un petit sourire entendu, et Mika se renfrogna. Elle se détourna et haussa les épaules.

— Aucune envie d'en voir, perso. Qu'ils restent tous dans leurs petits camps, du moment qu'ils me filent des infos.

Du pied, elle retourna un carton avec une grimace. En dessous, ses yeux tombèrent sur deux boites de conserve.

— Bingo, dit-elle tout bas.

Derrière, Yachi fit la moue. Elle ressortit son arme de mauvaise grâce et posa son dos sur la gâchette.

— Je vais aller jeter un coup d'œil dans la réserve. Vois ce que tu peux trouver ici.

Elle lui frôla l'épaule en passant, puis disparut dans les allées. Mika écouta le bruit de ses pas disparaître, puis se mit elle-même en marche.

Ce supermarché était grand : avant la catastrophe, sept ans plus tôt, les gens avaient dû s'y ruer avec violence. Se battre, peut-être. Son frère avait toujours éteint la télévision devant elle, et se contentait la plupart du temps de se ronger les ongles en regardant par la fenêtre. Quand ils avaient été séparés, quand un membre de l'armée lui avait assené un coup sur la nuque, quand Mika avait été emportée dans un camion pour adolescents alors que son frère était resté allongé sur le bitume : à ce moment-là aussi, ses ongles avaient été courts et rongés.

Elle se mordit la lèvre et remplit son sac spécial provision de boite de conserve et de matériaux utiles. Des allumettes, de petites bouteilles de gaz : elle prit tout pour en discuter avec Yachi plus tard.

Mika n'avait jamais été une grande fan de ces lieux : l'Ancien Monde lui faisait peur à présent, l'existence d'une civilisation l'effrayait, et elle préférait largement se dire que sa vie avait toujours été comme ça, et qu'elle n'avait jamais connu le plaisir d'une douche brûlante, de la sensation des draps propres autour de son corps, de l'odeur de ses vêtements tout juste sortis du sèche-linge.

Qu'elle n'avait pas eu un jour des amis, un copain, des parents, et un grand-frère bien présent.

Que tout ce qui lui restait, ce n'était pas juste cette jolie fille avec des nattes qui avaient un beau jour défoncé la tête d'un zombie avec une planche à découper, simplement pour sauver l'inconnue qu'elle était d'une attaque qui lui aurait été fatale.

En y repensant, Mika ne put s'empêcher de frissonner face à la peur qu'elle avait ressentie ce jour-là. Le souvenir du doux sourire de Yachi et de sa voix essoufflée, qui lui avait demandé si elle allait, bien resterait sûrement à jamais gravé dans sa mémoire.

Elle attrapa une nouvelle boite de conserve, qui contenait apparemment des cannellonis à la viande de bœuf. Ses doigts firent reculer la poussière qui s'était déposée sur le pot, et Mika prit quelques secondes pour lire les ingrédients notés sur le côté.

Soudain, un cri déchira le silence du supermarché, et sa conserve tomba sur le sol. Elle n'eut pas le temps de se retourner qu'aussitôt trois coups de feu furent tirés : elle s'élança vers la réserve.

Trouver la porte fut plutôt simple pour son champ de vision réduit, et Mika sentit de la sueur terrorisée prendre place dans son dos. Ses doigts se resserrèrent autour de son fusil, tandis qu'un seul nom résonnait dans ses pensées.

Yachi. Pas Yachi. Ne la prenez pas, elle aussi.

Quand elle arriva dans le couloir, la première chose qu'elle vit fut son amie, assise sur le sol contre le mur, le canon de son arme posé sur le sol devant elle. Ses deux mains serraient encore la crosse avec un tremblement irrationnel.

Mika se rua vers elle, et fixa ses yeux écarquillés.

— Yachi ! cria-t-elle en dépit de la première loi de survie dans ce monde : le silence. Yachi !

Elle ne sut quoi demander, et se contenta de poser brutalement ses genoux à côté d'elle en ouvrant son manteau : pas de morsure, pas de plaie ouverte. Les coups de feu avaient bien été les siens.

— Pas moi, je...

La jeune femme fronça les sourcils et avala une grande goulée d'air. Son regard se détacha enfin de la porte ouverte devant elle : d'un coup d'œil, Mika aperçut un homme sur le sol, une arme dans les mains.

— C'est qui ce salopard ?

Yachi frissonna, alors Mika lui ferma son manteau.

— Qu'est-ce qui s'est passé ?

Elle crut bien devoir répéter, mais Yachi finit par secouer violemment la tête. Ses yeux retrouvèrent leur aspect clair et conscient.

— Pardon. J'ai eu peur, et ça fait tellement longtemps. Quand j'ai ouvert la porte de la réserve, y'avait ce mec, et son arme était fixé sur moi alors j'ai...

Elle lâcha son pistolet comme s'il l'avait brûlé. Au début, quand Mika le lui avait mis pour la première fois dans les mains, elle n'avait pas osé s'en servir. Plus, devant l'obligation, elle s'était silencieusement promis de ne pas l'utiliser sur des humains.

Yachi, malgré tout, devait bien être la seule à garder cet espoir idiot sur l'avenir de l'humanité. Les survivants étaient tous des enfoirés, ça allait de pair.

— C'était toi ou lui, répondit Mika en le récupérant sur le sol. T'as fait ce qu'il fallait.

— Si ça se trouve, son arme était même pas chargée.

Mika lança au mort un regard soupçonneux, puis haussa les épaules.

— On s'en fout. Je préfère largement le savoir mort lui, plutôt que toi.

Sa main se posa sur celles de Yachi, puis elle lui toucha distraitement les cheveux.

— Yachi. T'as fait ce qu'il fallait, répéta-t-elle. On s'en fiche de savoir s'il était jeune, vieux, blessé ou en pleine forme. Toi, tu vas bien.

Le supermarché était redevenu silencieux, mais nul doute que le bruit avait du attiré les infectés les plus proches. Ou pire, si ce gars n'était en fait pas si seul que ça.

Mika lui tira doucement la main.

— Lève-toi. Il faut qu'on s'éloigne.

Yachi lui obéit sans discuter, et devant le regard qu'elle lança au cadavre de ce type, Mika ne put s'empêcher de murmurer :

— Pense à moi. Dans ces moments-là, pense à moi, ok ? Je peux largement vivre sans lui, mais pas sans toi.

Puis elle rajouta :

— Ta vie est bien plus importante.


Quand Mika aperçut enfin la porte menant au toit de l'immeuble qu'elles venaient tout juste de traverser, elle essuya la légère sueur qui avait commencé à perler sur son front. D'une voix essoufflée, elle annonça à Yachi qui la suivait :

— C'est juste là. Putain, enfin.

Elle avait l'impression que ça faisait des heures qu'elle le montait, ce bâtiment. Les étages avaient défilé, avec leurs éboulements et leurs cadavres, et plus les escaliers se faisaient longs, plus le haut lui paraissait inatteignable.

Quand elle put enfin donner un énorme coup de pied dans la porte en bois pour la défoncer, Mika ne put retenir un cri libérateur : elle entendit Yachi rire derrière elle, et sortit enfin dans la fraîcheur de fin d'après-midi.

Le vent soufflait fort, mais Mika écarta les bras et écarquilla les yeux devant la vue qui s'offrait à elle. Tout en haut de cette immense tour, perchée loin des infectés et de la nature qui reprenait ses droits, elle put avoir une vision d'ensemble sur cette immense ville qu'elle explorait depuis presque un an. D'abord le nord, puis l'est, l'ouest, et enfin à présent, droit devant, le sud.

C'était son dernier espoir, le dernier camp à visiter avant de finalement baisser les bras.

Yachi passa à ses côtés, et marcha jusqu'à finalement s'approcher du bord.

— Combien d'étages, tu penses ?

Les écriteaux avaient presque tous disparu, ou étaient à moitié effacés.

— Je sais pas... Cent ? J'ai pas l'œil, pour ça.

Les cheveux courts de Yachi volèrent, et Mika les fixa.

— Franchement, moi aussi j'en sais rien. C'est haut en tout cas.

Un blond clair, rendu ainsi par le soleil de l'année passée. Même en se les coupant, ils étaient restés ainsi.

— T'imagines ? Un pas de plus, et tout est fini.

Le sourire de Mika disparut, et elle fit les gros yeux.

— Yachi. Éloigne-toi un peu.

— Fais pas cette tête, je rigolais.

— C'est pas drôle.

— Je me doute.

— Alors éloigne-toi.

Dans un petit sourire, elle finit par s'exécuter. Quand elle vint près d'elle, Yachi se posta derrière elle et posa son menton sur son épaule. Son souffle retomba dans sa nuque.

— Alors ? On était venu dans un but précis, non ?

De mauvaise grâce, Mika retira son sac à dos et s'agenouilla sur le sol afin de trouver ce qu'elle cherchait. Ses mains écartèrent des vêtements, une casserole et une bouteille de déodorant avant d'enfin mettre les doigts sur le plan touristique de la ville.

Au début de ses recherches, elle avait trouvé cette carte en presque bon état dans un bâtiment public à côté du camp pour adolescents duquel elle venait tout juste de s'échapper. À présent, des parties avaient été barrées, annotées, entourées : des recherches, qu'elle menait depuis un bon moment.

— Alors, marmonna-t-elle en débouchant son stylo. On est là. Et on vient de là.

Elle pointa différents endroits, de part et d'autre, et Yachi se contenta de regarder en silence. Elle hocha tout de même la tête, mais Mika était trop concentrée.

— Si les infos que nous a données ce salaud sont vraies, alors on devrait trouver le dernier camp juste là.

Avant l'hiver, elles avaient trouvé le camp de survie de l'ouest. Protégé comme une véritable forteresse, des hommes les avaient laissé entrer en les reluquant grossièrement, et l'un d'eux avait même essayé d'attraper le bras de Yachi, juste avant de se retrouver avec le canon de l'arme de Mika sur les couilles.

Un endroit rempli d'anciens mercenaires, de membres de la police et de l'armée, où les femmes se faisaient rares. Les quelques unes que Mika avait aperçues avaient le teint pâle, et le ventre rond.

Rien à voir avec le camp de l'est, composé en grande partie de femme, dans lequel elles avaient bien failli rester.

— Il nous avait dit qu'on l'apercevrait depuis la grande tour. Mais même si la vue est superbe, j'ai pas vraiment l'impression de voir grand-chose, intervint Yachi dans une moue pleine de doutes.

Juste avant de partir, Mika avait rencontré un vieillard assez fatigué, qui lui avait demandé si des informations l'intéresseraient. Elle avait dû troquer un bon couteau contre l'emplacement du dernier camp.

Le dernier avant d'abandonner, car si son frère n'était pas là, alors il était certainement mort.

Mika cligna des yeux.

— C'est le nord, là-bas. Il faut qu'on aille de l'autre côté.

Elle entoura un nouvel endroit sur la carte, puis la replia pour la ranger dans son sac à dos. Quand elle se releva, Yachi lui souriait doucement. Elle lui prit la main, et Mika ouvrit grands les yeux en sentant le contact agréable de ses doigts légèrement calleux.

— Il nous reste encore une chance, d'accord. Alors ne fait pas cette tête.

Dès le début, Yachi ne lui avait jamais dit qu'elle faisait tout ça pour rien. Que chercher un membre de sa famille dans cette apocalypse était stupide, et qu'elles auraient largement dû rester dans ce camp où les femmes se protégeaient et vivaient entre elles.

Yachi lui avait toujours dit que tant qu'elle était avec elle, alors il n'y avait pas de problème. Et que si elle voulait à ce point retrouver son grand-frère, alors elle l'accompagnerait.

— Merci, souffla Mika.

Elle se détourna ensuite et, les joues rouges, marcha lentement jusqu'au bord opposé, derrière l'entrée qu'elles avaient empruntée. Le vent souffla encore plus fort, tandis que le soleil descendait.

Le ciel devint rapidement enflammé.

— Là-bas, dit Mika en pointant une immense villa sur la côte. Il m'a dit que c'était là.

De la fumée, du bruit, des drapeaux et de la lumière, cela ne faisait aucun doute. C'était bien un camp.

— Il t'a dit autre chose ?

Yachi la regarda se mordre la lèvre.

— Ouais. Que ce camp ressemblait largement à une foutue secte, et qu'il fallait pas trop s'attarder.

À ce stade, Mika ne savait même plus si elle espérait que son frère y soit. Elle soupira quand même et abaissa sa main.

— On y sera demain soir, si on marche bien. Mais ça serait stupide d'arriver le soir, alors on fera escale là-bas. Ça te va ?

Les yeux de Yachi trouvèrent les siens, et étrangement sa main reprit la sienne. Elle hocha la tête.

— Super, souffla Mika. On devrait commencer à installer notre camp : le dernier étage me semblait pas trop mal.


Des bisous !