Chapitre 13 : Vivants...
28 Juin 1982.
C'était la nuit et comme toutes les nuits depuis la fin de son coma, les cauchemars commençaient à prendre part de son sommeil. Elle courrait dans une sombre forêt, la lune était ronde, elle pouvait entendre le rire hystérique de Bellatrix qui la poursuivait encore et encore, lui lançant des sortilèges qui atteignaient les arbres non loin d'elle. Elle était essoufflée, apeurée, elle avait mal partout quand soudain elle entendit un hurlement retentir…
Remus.
Elle s'arrêta dans sa course effrénée, observant autour d'elle pour finalement se retrouver à même le sol par le sortilège Endoloris que venait de lui lancer Bellatrix. Elle hurla encore et encore, à s'en arracher les cordes vocales pendant qu'elle prenait un malin plaisir à enfoncer son poignard dans sa chair.
Pendant ce temps-là, dans la réalité, elle se débattait comme une forcenée avec les draps, ne cessant de se retourner dans le lit en panique pour finir par se réveiller en sursaut et en sueur. Les yeux grands ouverts, elle se leva aussitôt pour se diriger en toute hâte vers les toilettes où elle vomit son dernier repas. En sanglot au-dessus de la cuvette, elle tentait tant bien que mal de reprendre sa respiration et de laisser partir l'angoisse qui la tenaillait.
En vain.
Inconsciemment, elle se dirigea vers la douche puis alluma l'eau dans l'espoir que celle-ci puisse la détendre et lui faire oublier le goût âcre du vomit dans sa bouche. Totalement déshabillée, elle se glissa sous l'eau pour finalement s'asseoir dans le bac, repliant ses genoux contre sa poitrine et laissant les larmes couler…
Il était certain que si elle avait retrouvé un semblant de quiétude et de bonheur auprès de Remus avant leur capture, désormais il en était tout autre. Les nuits étaient juste horrifiques, la replongeant à chaque fois dans les séances de tortures orchestrées par Bellatrix et son mari. Les images, les sons et même les odeurs se mêlaient aux souvenirs de sa première capture. Si elle avait pu dormir d'un sommeil plus où moins paisible pendant son coma, tout cela était terminé.
Depuis son premier réveil, son premier mot en faveur de Remus, sa première nuit avait été abominable cauchemars sur cauchemars, vomissement sur vomissement, pleurs sur pleurs. Son corps et son esprit assimilant peu à peu qu'elle avait échappé de justesse à la mort mais pas au reste.
Choquée.
C'était le mot qu'avait formulé l'infirmière pour décrire son état psychologique. N'était-ce pas normal en soi ? Qui pourrait rester sain d'esprit après un tel séjour ? La peur et la souffrance lui avaient serré les entrailles jusqu'à étouffer toute autre forme d'émotion. Sauf que, maintenant, telle une enfant, elle n'arrivait plus à gérer ses propres sentiments au point de pleurer sans raison apparente et sans prévenir, même quand elle se sentait heureuse.
L'infirmière lui avait assuré qu'il lui fallait du temps pour que son esprit et son corps comprennent qu'elle était enfin saine et sauve. Seulement, elle comptait les jours depuis son réveil et elle avait la triste sensation de ne pas progresser d'un iota. La simple vue de son corps, la dégoutait d'elle-même et le simple fait que Remus puisse la toucher, l'horrifiait.
« Euphémia ? »
La concernée releva doucement la tête, coupée de ses sombres pensées, révélant toute la détresse qui suintait de ses yeux. L'eau chaude ne cessait de couler et l'enveloppait dans un cocon de chaleur qui était rassurant pour la jeune femme. C'était le bruit de l'eau qui l'avait réveillé, il s'était endormi sur le canapé du salon et ne l'avait pas entendu se lever suite à son cauchemar. Il connaissait son petit rituel par cœur et à chaque fois, sa gorge se nouait douloureusement de la voir dans cet état.
Il tendit une main pour fermer le robinet et prendre un peignoir dans lequel il l'enveloppa avec douceur. Il rencontra alors ses yeux hantés par les fantômes du passé et tenta de caresser son visage pour la tranquilliser, seulement une nouvelle fois son geste resta en suspens sous le regard attristé d'Euphie.
Il ne lui en parlait jamais, mais lui aussi avait des difficultés à aller de l'avant depuis leur mésaventure. Lui aussi, faisait des nuits blanches et des mauvais rêves, essayant de le lui cacher. Lui aussi avait souffert, lui aussi avait vécu la peur de la perdre, encore plus durant son coma et pourtant, malgré cela, il semblait afficher une mine heureuse. Elle ne savait pas réellement le fin fond de sa pensée et il semblait éviter le sujet.
Quelque part cela la faisait se sentir encore plus ingrate vis-à-vis de lui, des efforts considérables qu'il faisait pour qu'elle aille mieux…
Quelque part, l'état léthargique de Remus, ne contribuait pas au bien être d'Euphémia.
La communication entre eux se résumait à des commodités du quotidien, des questions basiques et de tous les jours. L'un comme l'autre n'osait pas aborder le problème en lui-même. L'un comme l'autre craignait de reparler du calvaire qu'ils avaient vécu ensemble par peur de blesser l'autre.
Elle avait pu voir ses regards fuyants et la colère dans son regard quand l'une de ses manches pouvait se relever et laisser apercevoir les marques…Elle avait pu voir comme, lui aussi, il évitait de la toucher par peur de la briser un peu plus. Leur relation avait stagné comme jamais, la rendant quelque part triste. Elle savait qu'il l'aimait, cette épreuve le lui avait montré, mais cela n'avait rendu les choses que plus difficiles entre eux.
Parfois, elle angoissait à l'idée qu'ils ne viennent à se quitter.
Assise sur une chaise dans le salon, enveloppée dans la douceur du peignoir, elle l'entendit allumer la radio et préparer un déjeuner dont il avait le secret. Le jour ne tarderait pas à se lever et la nuit était finit pour l'un, comme pour l'autre. Silencieusement, elle écouta le bruit de la radio et Remus cuisiner, se laissant doucement bercer par ces bruits rassurants.
« Aujourd'hui, nous sommes le 28 Juin et c'est la fête des Irénée, malheureusement la météo se prévoit capricieuse et le soleil ne sera pas au rendez vous, après tant de chaleur, la pluie fait son retour avec de l'orage en début d'après-midi, prévoyez vos… »
Euphémia n'écouta plus la suite, obnubilée par la date qu'elle aurait presque pu oublier. Les mains tremblantes, elle inspira profondément pour calmer les battements de son cœur.
Un an.
C'était son anniversaire, aujourd'hui même, un an que ses parents étaient décédés. Depuis l'enterrement, elle ne s'était plus jamais rendue sur leur tombe. Il était tellement plus simple d'ignorer plutôt que d'affronter la triste réalité. Elle se leva de sa chaise puis alla observer Remus, par l'entrebâillement de la porte, en train de terminer le déjeuner. Devait-elle lui dire ? Elle croisa alors son regard ambré tandis qu'il lui fit un doux sourire en lui apportant un plateau.
« Tout ce qui vous faut pour reprendre des forces Mademoiselle ! s'exclama t-il de bonne humeur.
- Tu sembles fatigué, nota-t-elle en glissant une main sur sa joue.
- Des élèves de Gyffondor qui sont des petits fauteurs de troubles et s'amusent durant la nuit, mentit-il à moitié en fermant doucement les yeux.
- Cela me rappelle quelques souvenirs, ria –t-elle en s'attirant l'attention de Remus qui lui fit la moue.
- Nous n'étions pas aussi…
- Farceurs ? Compléta-t-elle avec espièglerie en déclenchant un air faussement outré chez son compagnon. Et puis, je n'ai jamais cité de nom...alors dis-moi pourquoi te sens-tu si concerné ? insinua-t-elle avec amusement.
- Est-ce qu'on vous a déjà dit Miss Smith que vous étiez terriblement friponne ? rétorqua Remus d'un ton taquin en tendant une main vers elle pour caresser son visage.
- Seulement vous Mr Lupin, répondit-elle en fermant par avance les yeux pour apprécier son geste qui ne vain jamais. »
Elle ouvrit alors les yeux et vit que Remus avait suspendu sa main en l'air pour finalement se raviser. Une nouvelle fois, il lui tourna le dos comme pour échapper à son air déçu puis s'avança vers la cheminée, déposant le plateau sur la table basse. Elle ne comprenait pas. Pourquoi ? Pourquoi prenait-il autant ses distances ? Pourquoi paraissait-il aussi peiné, en colère et confus ? Que se passait-il donc dans sa tête ?
La gorge serrée, elle déglutit passablement pour finalement s'excuser auprès de celui-ci, se rendant dans leur chambre afin de s'habiller. Agacée de cette situation qui s'enlisait, la décision qui vint à elle, lui parut évidente.
Peut-être était-il temps de le faire ?
Peut-être allait-elle devoir enfin faire son deuil et accepter le fait qu'elle n'y était pour rien dans leurs morts ? Bellatrix ne les aurait jamais laissé vivant, elle prenait trop plaisir à tuer et torturer, elle n'aurait rien pu faire contre une telle folie. Elle n'aurait jamais pu sauver ses parents même si elle avait eu sa baguette.
Si cette nouvelle expérience avec les Lestrange avait un goût d'amertume dans la gorge d'Euphémia, elle devait bien reconnaître que cela lui avait fait comprendre les propos de Remus même des sorciers, plus aguerris qu'elle, avaient péris sous la baguette des Mangemort. Elle fut alors sortit de ses pensées en entendant la porte de leur chambre s'ouvrir, laissant apparaitre Remus qui se tenait accoudé contre l'encadrement de celle-ci.
« Hier, j'ai vu Lily, lui confia-t-il. Pourquoi ne m'as-tu pas dit que ton anniversaire était aujourd'hui ?
- Cela ne me semblait pas particulièrement important, répondit-elle en haussant des épaules et détournant la tête.
- Pourquoi dis-tu cela ? Est-ce en rapport avec la mort de tes parents ? la questionna-t-il un peu abruptement. »
Alors il savait, elle avait cru un instant qu'elle pourrait lui échapper et se rendre au cimetière sans qu'il ne se doute de rien…La concernée fit volte-face, croisant son regard ambré qu'elle aimait tant. Seulement, ces derniers jours, elle avait la sensation que ce regard ne faisait que la fuir ou la défier. Qu'est-ce qu'il cherchait ?
« Je veux juste que…que… »
« Je voudrais tes bras » aurait-elle aimé lui dire, malheureusement les mots restaient désespérément coincés dans sa gorge. Elle ferma quelques instants les yeux pour essayer de chasser les larmes qui menaçaient de couler, en vain...Avant que Remus n'ait pu faire le moindre geste envers elle, Euphémia s'enfuit à toute vitesse de l'appartement, refermant violemment la porte derrière elle.
Moony observa la porte comme tétanisé sur place pour finalement balayer d'un revers de main tout ce qui se trouvait à sa portée. En colère, furieux envers lui-même, il finit par s'asseoir sur le lit, le visage entre ses mains, il ne savait plus comment agir avec elle et finissait par la blesser.
Idiot.
Il avait eu peur de la perdre et maintenant qu'elle était là, il se conduisait comme le dernier imbécile. Il n'osait pas la toucher par crainte qu'elle ne le rejette ou bien de lui faire mal. Elle ne lui parlait jamais de ses blessures et de la douleur qu'elle pouvait en ressentir. Elle faisait des cauchemars en permanence et sa présence ne semblait pas l'y aider, il se sentait inutile.
Incapable.
Il y avait aussi la pleine lune qui approchait de nouveau, le mettant dans un état d'angoisse et de fatigue supplémentaire. Pour l'instant, ils n'en avaient pas reparlé mais il avait peur qu'un matin elle finisse par se rendre compte du monstre qu'il était…
Perdu.
C'était le mot qui lui venait le plus souvent en tête, il se sentait perdu tel un enfant pris dans une tourmente contre son grès. Cette épreuve, qu'ils avaient vécue ensemble, n'était pas aussi facile à gérer qu'il aurait pu le croire. Il allait devoir se rattraper et même si elle ne souhaitait pas faire son anniversaire, il allait faire en sorte que cette journée reste gravée en elle comme un bon et merveilleux souvenir…
La chaleur avait laissé place à l'humidité et sa fraîcheur, la pluie ne cessant de tomber depuis ce matin. Elle avait fui leur appartement privé au château de Poudlard. Elle n'avait pas averti Remus de son idée. Elle avait d'abord erré aux abords de son ancienne maison puis maintenant, elle était là, face aux grilles en fer forgé du cimetière où demeuraient ses parents.
Elle était seule, trempée de la tête aux pieds, depuis combien de temps se trouvait-elle là, à fixer inlassablement l'entrée du lieu ? Elle ne savait pas, la notion du temps et l'inquiétude, qu'elle pourrait causer à Remus pour son absence, était le dernier de ces soucis.
Et maintenant ? Allait-elle enfin avoir le courage de franchir cette porte ? La baguette en main, l'eau ruisselant sur celle-ci tandis que ses cheveux collaient contre son visage. Dans un murmure à peine perceptible pour l'oreille humaine, un « Alohomora » fut prononcé alors que les grilles s'ouvrirent dans un grincement strident.
Machinalement, tel un automate, elle avança, un pas par un pas, l'allée était boueuse et elle savait que par ce temps, elle ne viendrait à croiser personne. Les minutes passèrent et à travers un dédale de tombes, elle finit par arriver à celle qui l'intéressait.
Ils étaient là, leurs noms gravés dans la pierre, les dates inscrites en lettre dorés.
C'était tout ce qu'il restait d'eux, rien de plus, rien de moins.
Un an qu'elle n'était pas revenue les voir.
Une année durant laquelle il s'était passé beaucoup trop de choses, bonnes comme mauvaises.
Elle aurait aimé annoncer à sa mère qu'elle avait un petit copain.
Elle aurait aimé que ses parents rencontrent Remus.
Elle aurait aimé voir son père passer un interrogatoire à son compagnon.
Elle aurait aimé voir sa mère le raisonner et rassurer Remus en l'invitant à manger.
Elle aurait aimé faire des repas avec eux.
Elle aurait aimé tout cela et bien plus encore, mais ils n'étaient plus là.
Elle tomba alors à genoux sur leur tombe.
La pluie se mélangeant à ses larmes tandis que le tonnerre gronda au loin.
Ils étaient partit sans elle.
C'était finit, plus jamais elle n'entendrait le rire de sa mère et les réprimandes de son père.
Elle n'aurait jamais plus de conseils de leur part.
Elle n'aurait jamais la joie d'entendre sa mère la taquiner sur sa relation avec Remus.
Elle n'aurait jamais le plaisir de voir son père l'accompagner pour son mariage.
Elle n'aurait plus rien d'eux et elle regrettait amèrement de ne pas leur avoir plus souvent dit qu'elle les aimait. Elle releva alors la tête, fixa la pierre tombale et murmura d'une voix chevrotante :
« Pardonnez-moi de ne pas être venue avant…Je…Il s'est passé beaucoup de choses…Je… J'ai réussi à survivre, j'ai rencontré quelqu'un durant le nouvel an, c'est une personne charmante, tu l'aimerais maman et toi papa, sans doute le trouverais-tu un peu trop parfait…Comme toujours, tu aurais eu raison, c'est un sorcier comme moi, mais c'est aussi un Loup-Garou…Je…Tu aurais eu peur pour moi, mais…Mais, reprit-elle en sanglotant. Je suis heureuse avec lui, sachez que, que, il prend soin de moi, c'est vrai que c'est un peu difficile en ce moment…Papa, maman, j'aimerais tant que vous soyez là, j'ai besoin de vous, je suis perdue, j'ai du mal à avancer…Je ne veux pas le perdre….Je…Je… »
Un éclair surgit dans le ciel tandis que l'orage éclata, elle n'entendit pas des pas arriver derrière elle et ni la présence dans son dos. La pluie était diluvienne fouettant son visage frigorifié et rendant assourdissant tout ce qui pouvait l'entourer. Elle sentit alors une main se poser sur son épaule, la faisant sursauter et retourner face à l'inconnu qui n'en était pas un :
« Remus, souffla-t-elle étonnée. Que fais-tu ici ? Co-comment ?
- J'étais inquiet, je ne te trouvais pas dans le château…alors, j'ai réfléchis où tu aurais pu te rendre, Lily m'a ensuite indiqué pour le cimetière, dit-il en s'agenouillant à sa hauteur. Tu es trempée jusqu'aux os…
- Tu vas l'être aussi, rétorqua-t-elle en le fixant.
- Peu importe, je t'ai retrouvée et c'est le principal, confia-t-il avec douceur en tendant une main vers son visage pour dégager des mèches de cheveux mais une nouvelle fois, comme bloqué, il se ravisa. Viens rentrons, murmura-t-il en se relevant. »
Elle observa Remus lui tourner le dos et la tombe de ses parents, comme pour y rechercher une réponse ou bien la force de protester.
« Non ! répondit-elle en se relevant tandis qu'elle le vit se retourner brusquement vers elle.
- Non, reprit-il en fronçant des sourcils quelque peu surprit. Pourquoi ?
- Je ne rentrerais pas tant que tu refuseras de m'expliquer certaines choses, ajouta-t-elle en déglutissant.
- Très bien, mais faisons-le ailleurs, ce n'est pas l'idéal pour….
- Non, ici et maintenant, ordonna-t-elle en serrant les poings. Je ne veux plus que tu te défiles Remus, supplia-t-elle. Je ne veux plus que tu te dérobes pour me toucher…
- Je ne me défile pas ! s'exclama –t-il déstabilisé par ses paroles. Je, c'est juste que…
- Juste quoi Remus ? TROIS SEMAINES ! cria-t-elle par-dessus le tonnerre. TROIS SEMAINE QUE TU M'EVITES ! Je, j'avoue qu'au début c'était peut-être moi qui refusait le contact par crainte que tu ne me trouves dégoûtante et…
- Dégoûtante ? s'indigna t-il en faisant un pas vers elle. Jamais je ne te trouverais repoussante ! JAMAIS ! Bien au contraire ! affirma-t-il avec assurance.
- Alors pourquoi sembles-tu aussi en colère, confus et triste ? Je…Quand tu vois l'état de mes bras, tu esquives…Je, toi aussi tu fais des mauvais rêves et tu ne m'en parles jamais ! Tu ne te plains jamais Remus ! déclara-t-elle alors que l'orage éclata une nouvelle fois. Je culpabilise, je me dis parfois que je vais finir par devenir un fardeau pour toi, tu, tu prends tout sur tes épaules sans broncher, avec le sourire et…
- J'AI PEUR ! dévoila-t-il avec vigueur avec surprenant la jeune femme qui s'arrêta dans ses confidences.
- Peur ? Peur de quoi Remus ? Je…
- J'ai eu peur, souffla-t-il à demi-mot. J'ai tellement eu peur de te perdre et encore aujourd'hui je ne crains que tout cela soit un rêve, qu'on se réveille à nouveau dans cette cellule. J'ai cru que tu allais mourir, le coma, tes blessures, tout tourne en boucle et quand je vois l'état de tes bras…Je me sens si, si en colère ! cracha-t-il. Elle est encore en vie malgré tout ça !
- Je sais Remus, mais elle est enfermée avec son mari, elle ne peut plus rien nous faire, c'est terminé…
- BIEN SUR QUE NON ! RIEN N'EST TERMINE ! TES CAUCHEMARS, TES LARMES, TES CICATRICES TOUT CELA ME REND FOU ! avoua-t-il le regard emplit de détresse. Je me sens si impuissant, si inutile…
- Tu ne l'ais pas Remus ! Tu m'as sauvé ! C'est grâce à toi que je suis sortie du coma, parce que je savais que je ne serais pas seule ! Tu me l'avais promis, alors s'il te plait, ne m'abandonne pas, je suis là, en face de toi, vivante, lui rappela-t-elle en s'approchant de lui. »
-Oui, vivante, il ne cessait de se le dire tous les jours depuis son réveil. Il ne cessait d'y penser mais malgré cela, il n'arrivait pas à l'assimiler et à réaliser. Il avait peur de se réveiller et de voir qu'elle n'était qu'un mirage, une illusion. Combien de fois avait-il fait ce cauchemar durant son coma ? Combien de fois s'était-il relevé dans la nuit pour aller la voir à l'infirmerie et se convaincre qu'elle était encore en vie ? Il ne les comptait plus. S'il avait autant de mal à la toucher, c'était aussi dut à cela, il ne craignait qu'elle s'échappe à lui comme dans ses mauvais rêves.
« Il m'arrive aussi de rêver que je ne te dévore cette nuit là, osa-t-il murmurer à son encontre.
- Et tu ne l'as pas fait, je suis bel et bien là, avec toi, lui rappela-t-elle à nouveau.
- Je suis un loup-garou, je, je suis professeur actuellement mais la situation peu changer si quelqu'un vient à apprendre pour mon statut, je pourrais alors perdre mon poste et qu'est-ce que j'aurais à t'offrir ?
- Ton amour Remus, chuchota-t-elle en déposant une main sur sa joue. Je t'aime, sinon je ne serais pas là, avec toi, aujourd'hui, demain, et après demain. Je suis vivante, je suis là…vivante…vivante, murmura-t-elle dans une litanie en collant son front contre le sien.
- Tes blessures, j'ai peur de te faire mal, j'ai peur de… »
Il sentit alors ses lèvres se presser avec ardeur contre les siennes, le faisant ainsi taire.
Ses mains gelées et mouillées encerclèrent son visage avec fermeté et douceur.
Ses lèvres froides se mouvaient dans une lenteur et une sensualité qui lui fit tout oublier.
Oublier qu'ils étaient collés l'un contre l'autre dans un cimetière sous l'orage.
Elle avait soif de lui.
Son premier baiser avait eu un goût de Whisky, le deuxième un goût de sang.
Ce baiser là avait juste un goût exquis que même la pluie ne pouvait enlever. Elle avait attendu si longtemps, tant de semaines, tant de jours à espérer secrètement de pouvoir à nouveau goûter à sa bouche. Elle n'en pouvait plus de le savoir si près et si loin à la fois. Elle voulait le sentir, le goûter, le toucher et l'aimer. Elle se moquait bien de son statut de loup-garou, des commérages et des regards.
Elle le voulait lui et pas un autre.
Essoufflée, elle rompit le baiser tout en continuant d'envelopper son visage entre ses doigts. Elle colla à nouveau son front contre le sien, plongeant son regard dans le sien, ignorant les battements désordonnés de son cœur.
« Je suis vivante Remus, prononça-t-elle à nouveau. Je suis à toi, entièrement, peu importe mes blessures, tu ne me feras jamais mal, parce que tu m'aimes et que j'en ai envie…Aime moi, souffla-t-elle en déposant un tendre baiser sur sa joue. Aime-moi, encore et encore, murmura-t-elle en scellant à nouveau sa bouche à la sienne. »
Elle sentit alors ses bras s'enrouler autour de son corps, prenant possession d'elle avec passion. Son corps coller contre le sien, elle se sentit comme revivre. Elle avait froid et chaud à la fois. Remus ne prit pas seulement possession de son corps mais de ses lèvres aussi, lui arrachant un gémissement quand sa langue vint rencontrer la sienne.
Les mains se firent baladeuses et quémandeuses.
Le désir et la frénésie l'emportèrent peu à peu sur les doutes et la peur qui pouvaient encore demeurer en chacun d'eux. L'envie et la convoitise pouvaient se lire dans leurs regards enflammés. A bout de souffle, ils se séparèrent mais pour peu de temps, avant même qu'Euphémia ait pu formuler quoi que se soit, Remus transplana avec elle jusqu'à son cottage.
La chaleur artificielle de la petite maison vint les envelopper doucement, comme pour les rassurer et les mettre à l'aise. D'un sortilège informulé, ils se séchèrent puis main dans la main, il l'emmena vers sa chambre, aucun mot ne fut prononcé par crainte de rompre le charme ou bien de réactiver les craintes. Néanmoins, quand les vêtements vinrent à disparaître progressivement, à glisser le long de chaque partie du corps, il n'y avait qu'amour et passion dans le regard de l'autre.
« Mia, souffla-t-il dans le creux de son oreille tout en l'allongeant sur le lit derrière elle. »
Il pouvait la sentir quelque peu tendue, sans doute parce qu'il balayait son regard sur tout son corps à moitié dénudé, seul son soutien gorge et sa culotte restaient. Oui, il y avait de multiples cicatrices et plaies mais à ses yeux, elle restait infiniment belle. Il déposa une myriade de baisers sur chacune d'elles, pour lui montrer que malgré tout il avait envie d'elle, et cela depuis leur premier baiser.
Il remonta lentement vers son visage, embrassant sa gorge offerte juste pour lui.
Il ne put s'empêcher d'y marquer son territoire et sans doute que le loup en lui y était pour quelque chose. Il grogna légèrement quand il sentit ses mains venir s'intercaler et le repousser, le faisant basculer sous elle. A califourchon sur lui, il ne put que noter avec un amusement certain la rougeur de ses joues.
Il la trouva absolument craquante et délicieuse à cet instant.
Lascivement, elle se frotta contre lui tandis que son sexe durcissait et devenait douloureux. Il en profita pour faufiler ses mains dans son dos afin d'y détacher le morceau de tissu qui enveloppait sa poitrine. Entre ses doigts, il prit un certain plaisir à cajoler ses seins et pincer le bout de ses tétons durcis, lui arrachant des gémissements supplémentaires.
Elle ferma les yeux face aux vagues de plaisir qui déferlaient en elle tel un raz de marée.
Peu à peu la timidité et l'embarras s'envolèrent sous les mains expertes de Remus qui mordillaient et malmenaient sa poitrine comme jamais. Elle avait la sensation que le bas de son ventre était en feu par le désir ardent qui la consumait de l'intérieur.
Elle avait une folle envie de lui.
Elle voulait le sentir en elle, elle voulait se consumer avec lui et tout oublier. Il ne lui laissa pas le temps de reprendre pied avec la réalité qu'il la bascula à nouveau sous lui. Remus glissa lentement mais sûrement entre ses jambes tout en lui retirant le dernier morceau de tissu qui ornait son corps. La tête entre ses cuisses, il gouta au fruit défendu avant même de l'entendre protester, lui arrachant des gémissements qui résonnèrent comme la plus belle des musiques à ses oreilles.
A chaque fois qu'il titillait ou bien mordillait son bouton de chair, il pouvait sentir et goûter son nectar tandis qu'Euphémia se sentait peu à peu envahie par un plaisir incommensurable. Quelque peu perdue dans les limbes de la jouissance, elle sentit à nouveau le souffle de Remus contre ses lèvres puis sa voix, plus grave qu'à l'accoutumée, lui chuchoter un « j'ai envie de toi ».
Elle scella ces mots d'un nouveau baiser enflammé tel leurs cœurs à cet instant qui battaient à l'unisson. Leurs corps s'entremêlèrent pour ne faire plus qu'un dans une danse endiablée et voluptueuse. Les gémissements emplirent la pièce ainsi que leur prénom murmuré dans une litanie sans fin. Les mains se firent avides, l'un et l'autre se dévorant dans une passion sans pareil et une faim intarissable.
Les draps valsèrent et leurs corps aussi, chacun reprenant le dessus sur l'autre comme un jeu, se découvrant, se léchant, se caressant afin de décrocher plus de soupirs et de râles.
Yeux dans les yeux.
Souffle contre souffle.
Elle au dessus de lui, ces mains posées contre son torse chaud et ruisselant de sueur, dans un dernier et ultime mouvement de va et vient, ils parvinrent à jouir ensemble. Il la vit fermer les yeux et se pincer la lèvre inférieure pour finalement la sentir se contracter tout autour de lui avant que le plaisir ne la submerge complètement.
Essoufflée, elle s'allongea contre lui, la tête sur son épaule, les yeux à moitié clos, sa main dessinant des formes imaginaire sur le corps de Remus qui semblait être sur un petit nuage. Il avait imaginé ce moment tant de fois et c'était bien au delà de ses espérances. Il ne put s'empêcher de glousser dans les cheveux de sa bien-aimée qui semblait pensive tout en ayant un sourire béat collé sur son visage. Il ramena les couvertures sur leurs corps dénudés avant de ne prendre froid puis lui souffla dans le creux de l'oreille :
« Joyeux anniversaire Mia… »
La concernée se releva en prenant position sur ces coudes tandis qu'elle lui répondit d'un ton charmeur :
« C'est le plus cadeau que je n'ai jamais eu Mr Lupin, est-ce trop si je vous en redemande ?
- Gente demoiselle, vos désirs sont des ordres, déclara-t-il en se jetant à nouveau sur Euphie qui éclata de rire. »
Un rire qui n'avait pas résonné depuis plus d'un an, un rire que Remus n'était pas prêt de laisser se faner. Il avait compris la leçon et ne referait jamais la même erreur, non, jamais…
Et voilà enfin ce fameux chapitre au bout d'une bonne et longue année...Mea Culpa...Malheureusement, certaines choses dans la vie nous contraignent parfois...Je m'en serais bien passée, mais bon, me revoilà avec la suite, en espérant que vous ayez apprécié ce chapitre et ce Lemon...?
Merci à ceux m'ayant ajoutés dans leur favoris, alertes, et les commentaires !
Un énorme merci !
